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Full text of "Le comté d'Anjou au XIe siècle"

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LE 

COMTÉ D'ANJOU 

AU XI' SIÈCLE 



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MAÇON, PROTAT FRÈRES, IMPRIMEURS. 



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LE 

COMTÉ D'ANJOU 

t 

i 

AU Xr SIÈCLE 



Louis HALPHEN 

ARCHIVISTE PALéoORAPHB 
MBMBRB DE l'bCOLB FRANÇAISE DE ROME 




PARIS 
A. PICARD ET FILS, ÉDITEURS 

UBRAIRBS DB LA SOCléri DB L'ÊCOLB DBS CHARTB8 ST UBS ARCHITBS NATIONALES 
82, RUB BONAPARTE, 82 

1906 



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^a 765/ 



ha::varo 

Ukv-:rsity 

LIBRARY 



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PRÉFACE 



•> 



I 



La place prépondérante que l'histoire provinciale occupe 
dans l'histoire de France au temps des premiers Capétiens 
est un fait incontesté, et cette histoire a donné lieu à des 
travaux nombreux déjà et remarquables à plus d'un titre. 
Mais, rebutés sans doute par la pénurie et l'insignifiance 
apparente des textes, les érudits se sont trop souvent, pour 
le XI® siècle, contenté de raconter dans Tordre chrono- 
logique les grands événements dont les chroniques nous 
ont conservé le souvenir ou se sont attachés à tracer des 
biographies dont la pauvreté même des documents eût dû 
d'avance les détourner. Notre but est différent : au risque 
de paraître incomplet, nous voudrions tenter de montrer 
comment s est formé le comté d'Anjou au xi® siècle au 
point de vue territorial et au point de vue interne. Nous 
nous sommes efforcé d'ailleurs de n'omettre aucun des faits 
essentiels de l'histoire angevine, et si imparfait que soit cet 
essai, peut-être, surtout s'il est imité, ne sera-t-il pas sans 
profit pour l'histoire générale. 

Halphen. — Le comté d'Anjou. n 



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1( PRÉFACE 

Au surplus, même en se plaçant au point de vue annalis- 
tique et biographique, l'histoire du comté d'Anjou au 
XI® siècle méritait d'être traitée à nouveau ; car le seul 
livre sérieux, depuis Y Art de vérifier les dates^ où cette 
étude ait été abordée dans son ensemble, VEngland under 
the angevin kings de Miss Kate No^gate^ quelque recom- 
mandable qu'il soit à cause de son élégante netteté, pèche 
trop souvent par une information insuffisante et une critique 
trop superflcielle, et les seules biographies de comtes 
d'Anjou du xi« siècle à apparence scientiCque, celle de 
Foulque Nerra par M. de Salies^ et celle de Geoffroi Martel 
par Sudendorf ^, sont tout à fait sans valeur. Quant aux 
articles « Foulques Nerra », « Geoffroy Martel », «Geof- 
froy le Barbu » et << Foulques le Réchin » du Dictionnaire 
de Maine-et-Loire de Célestin Port*, ils sont utiles à con- 



1. London, 1887, 2 vol. in-8°. Les chapitres consacrés à Thisloire des 
comtes d'Anjou du xi« siècle sont les chapitres III et IV du t. I"". 

2. A. de Salies, Histoire de Foulques A>rra, Angers, 1874, in-12. On 
trouvera une critique aussi sévère que justifiée de ce livre dans la Revue 
critique^ ann. 1874, t. I, p. 407 (art. de M. Aug. Molinier). 

3. H. Sudendôrf, Berengarius Turonensis oder eine Sammlung ihn 
betreffender Briefe, Hamburg et Gotha, 1850, in-8o. Les pages 69-87 de c 
livre, si précieux en raison des documents qui y sont publiés, sont con- 
sacrées à une « Geschichte Gaufrieds, Grafen von Anjou ». — M. Loizeau 
de Grandmaison avait préparé une histoire de Geoffroi Martel, dont il n'a 
publié que le sommaire dans les Positions des thèses.,, des élèves de 
r Ecole des Chartes , ann. 1887. 

4. C. Port, Dictionnaire géographique et biographique de Maine-et-Loire, 
Angers, 1874-1878, 3 vpl. in 8°. — M. G. d'Klspinay a fait paraître sous ce 
titre : La légende des comtes d'Anjou ; 2" Partie : les comtes héréditaires, 
dans les Af^m. de la Soc. d"* agriculture, sciences et arts d'Angers, 4* série, 
t. VII (1893), p. 3-96, un petit mémoire où il s'est contenté d'indiquer ce 
qu'il y a de légendaire dans lès Gesta consulum Andegavorum. La première 
partie de ce travail, concernant les comtes antérieurs à. Foulque le Bon, 
avait paru dans le même recueil, 2" série, t. XXV (1883). 



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PRÉFACE ni 

sulter, mais on ne saurait évidemment y chercher autre 
chose que quelques indications générales. 

Notre tâche s'est cependant trouvée singulièrement faci* 
litée par un certain nombre de travaux de détail et surtout 
par quelques-uns des ouvrages consacrés soit à l'histoire 
des provinces voisines de l'Anjou, soit à l'histoire de la 
royauté. Aitisi, la question des pèlerinages de Foulque 
Nerra, sommairement examinée déjà par Mabille\ a été 
récemment reprise et longuement discutée par M. Jules 
Lair-; les démêlés de Geoffroi Martel et de Geoffroi le 
Barbu avec l'autorité ecclésiastique onl été partiellement 
étudiés avec une précision remarquable par M. Schwabe^, 
puis, en ce qui concerne Geoffroi Martel, par M. Brôcking *; 



1. Chroniques des comtes d'Anjou^ publ. par Marchegay et Salmon, 
Inlroduction par E. Mabille (Soc. de THist. de France), Paris, 187i, in-8®, 

p. LXXVIII-LXXIX. 

2. J. Lair, Études critiques sur quelques textes des X* et A'/« siècleSy 
Paris, 1899, 2 vol. in-4°. L'étude sur les pèlerinages de Foulque Nerra 
forme Tappendice ÏII du t. I". 

3. Ludwig Schwabe, Studien zur Geschichte des zweifen Abendmahl- 
slreits ^Inaugural-dissertation], Côthen, 1886, in-8°. 

4. Wilhelm Brôcking, Die franzôsische Polilik Papst Leos /X, Stuttgart, ' 
1891, in-8®. A compléter avec un Ergânzungsheft paru àWicsbaden, 1899, in- 
8*, et avec deux articles du même: Die Lossagung des Bischofs Eusebius von 
Angers vonBerengar von Tours, dans Deutsche Zeitschrift fiir Geschichtswis^ 
senschaftj t. V, 1891, f* partie, p. 361-365 (avec une correction, ibid., t. VI, 
2* partie, p. 232), et Bischof Eusebius Bruno von Angers u. Berengar von 
Tours, ihid., t. Xlî, 1804-1895, 2» partie, p. 344-350. — L'ouvrage de Schnit- 
zer, Berengar von Tours, 1890, in-8o,et \ Essai sur Bérenger de Tours et la 
controverse sacramentaire au AY« siècle publié par M. Ebersolt dans la Bévue 
de rhistoiredes religions, t. XLVIII, 1903, p. 1 etsuiv., n'ajoutent rien, au 
point de vue qui nous intéresse, aux travaux de MM. Schwabe et Brôcking. 
Il n'y a rien non plus de nouveau à cet égard ni dans Vllistoire de Gré- 
goire VII de M. Tabbé Delarc, ni dans le Saint Léon IX de M. Tabbé Eug. 
Martin (Co//. des saints, Paris, 1904). Ce dernier auteur n'a d'ailleurs pas 
connu les travaux de M. Brôcking. Quant aux Annales ecclésiastiques de l'An- 
jou, publiées dans la Bévue de l'Anjou, 4« série, t. Xlll et suiv., par M. Tabbé 



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IV PRÉFACE 

dans une petite dissertation sur L'acquisition du Gâtinais 
sous Philippe 7®^ \ M. Prou a raconté la lutte de Geoffroi 
le Barbu contre son frère ; enfin M. Beautemps-Beaupré a 
tenté ^, mais avec une absence de critique excessive, d'étu- 
dier certains côtés de l'organisation administrative du comté. 
Pour les rapports des comtes d'Anjou avec les comtes de 
Blois, les ouvrages de MM. d'Arbois de Jubainville^, Lands- 
berger^ et Lex ^ nous ont été très utiles. Ils ne reposent 

Plelloau, elles ne sont guère, pour le xi* siècle (elles ne commencent 
d'ailleurs qu'à 1047), qu'une paraphrase des renseignements donnés par 
Hauréau dans la Gallia chrisfiana^ t. XIV. Outre ce dernier ouvrage, on 
peut consulter pour l'histoire des évêques d'Angers les articles que leur a 
consacrés C. Port dans son Dictionnaire^ mais il n'y a rien à prendre 
dans V Histoire de r église et du diocèse d'Angers de l'abbé Très vaux (Paris- 
Angers, 185», 2 vol. in-8«^. 

1. Mémoires de la Soc. archéologique du GâtinaiSy t. XVI, 1898, p. 177 
et suiv. 

2. Beautemps-Beaupré, Coutumes et institutions de V Anjou et du Maine 
antérieures au XVh siècle^ 2* Partie : Recherches sur les juridictions de 
V Anjou pendant la période féodale^ t. I, Paris, 1890, in-8<>. — Quelques 
indications sur le même sujet ont été données par M. d'Espinay, dans Les 
cartulaires angevins, Angers, 1864, in-8°, et, d'après les notes de M. Beau- 
temps-Beaupré, dans un article intitulé Le droit de V Anjou avant les cou- 
tumes {Mém. de la Soc. d'agric, sciences et arts d'Angers, 5^ série, t. IV, 
1901, p. 5-70). Nous avons nous-même publié un article sur Les institu- 
tions judiciaires en France au XI^ siècle. Région angevine, dans la Revue 
historique, t. LXXVII, 1901, p. 279-307 (art. reproduit dans la Revue de 
l'Anjou, t. XLIV, 1902, p. 337-373), et un article sur les Prévôts et voyers 
du Xl^ siècle. Région angevine, dans Le Moyen Age, 2* série, t. VI, 1902, 
p. 297-325. Nous avons, t»n outre, inséré une bibliographie sommaire de 
l'histoire angevine du xi" siècle dans les Mém. de la Soc. d'agriculture, 
sciences et arts d'Angers, 5« série, t. V, 1902, p. 106-120. 

3. II. d'Arbois de Jubainville, Histoire des ducs et comtes de Champagne 
depuis le VI^ siècle jusqu'au milieu du XIl^ siècle, Paris, 1859-1865, 8 vol. 
in-80. 

4. Jos. Landsberger, Graf Odo I von dcr Champagne (Odo II von Rlois, 
Tours u. Chartres), .995'-/ 037 (Inaugural-dissertation), Berlin, 1878, in-80. 

5. Léonce Lex, Eudes, comte de Blois, de Tours, de Chartres, de Troyes 
et de Meaux (99o-10S7),et Thibaud, son frère, dans les Mém. de la Société 
acad. d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l'Aube, t. LV, 1891, 
p. 191-383, et à part, Troyes, 1892, in-80. 



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PRÉFACE V 

cependant pas toujours sur une critique suffisante des textes. 
Nous ferons la même remarque pour la célèbre History of 
the norman conquest of England de Freeman * et surtout 
pour ï Histoire archéologique du Vendômois de Pétigny'^, 
V Histoire de l'église du Mans de dom Piolin ^, Y Histoire de 
Bretagne de M. de La Borderie '*. Quoique très estimable, 
malgré tout, à plus d'un égard, cette dernière histoire 
ne dispense pas de recourir aux vieux ouvrages de dom 
Lobineau^ et de dom Morice^. La très consciencieuse His- 
toire des comtes de Poitou de M. Richard" a, au contraire, 
rendu à peu près inutiles celle de Besly et les travaux de 
Palustre ^ et de Faye ^. 

Enfin nous avons trouvé dans le Hugues Capet de M. Lot ^^ 
et le Robert le Pieux de M. Pfister*^ un appui qui ne 
nous a fait que plus vivement regretter Tabsence d'ouvrages 
analogues pour les deux règnes suivants. 

1. 3« éd., Oxford, 1877, 5 vol. in-8^ 

2. 2« éd., Vendôme, 1882, in-8°. 

3. Paris, 1851-1858, 4 vol. in-8°. 

4. Rennes, 1896-1899, 3 vol. in-4o. 

5. Dom Lobineau, Histoire de Bretagne, Paris, 1707, 2 vol. in-fol. (le 
second vol. contient les preuves). 

6. Dom Morice, Histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, Paris, 1756, 
2 vol. in-fol., et Mémoires pour servir de preuves à r histoire de Bretagne, 
Paris, 1742-1746, 3 vol. in-fol. 

7. Paris, 1903, 2 vol. in-4°. 

8. Léon Palustre, Histoire de Guillaume IX ^ duc d'Aquitaine, /*** Partie, 
dans les Mém. de la Soc. des Antiquaires de l'Ouest, 2« série, t. 111, 1880, 
p. 63-354. 

9. Léon Faye, De la domination des comtes d'Anjou sur la Saintonge, 
dans la Revue de l'Anjou et de Maine-et-Loire, t. II, 1853, p. 496 et suiv. 

10. Ferdinand Lot, Etudes sur le règne de Hugues Capet et la fin du 
X' siècle {BibL de V École des Hautes-Études, fasc. 147), Paris, 1903, in-8°. 

11. Ch. Pfister, Études sur le règne de Robert le Pieux (ibid., fasc. 64), 
Paris, 1885, in-8°. Cf. du même auteur, De Fulberti Carnotensis vita et 
operibus, Nancy, 1885, in-8°. 



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VI PRÉFACE 



II 



La plupart des travaux consacrés jusqu'à ce jour à This- 
toire angevine péchant par un emploi défectueux des textes, 
il ne sera peut-être pas hors de propos d'indiquer, avant 
d'entrer en matière, ceux que nous aurons principalement 
à utiliser et d'en préciser rapidement la valeur. 

Nous citerons en première ligne les chroniques ange- 
vines. La plus ancienne est celle qui nous est parvenue 
sous le nom de Foulque le Réchin * . Nous croyons avoir 
montré ailleurs ^ que, selon toute vraisemblance, cette 
chronique, dont nous ne possédons plus qu'un court frag- 
ment, est bien son oeuvre, et qu'elle a été rédigée en 1096 
d'après les récits de Geoffroi Martel et les souvenirs person- 
nels de l'auteur : elle a donc une grande autorité. Malheu- 
reusement la partie qui était consacrée à la vie de Foulque 
le Réchin lui-même manque* aujourd'hui presque com- 
plètement, et l'on ne trouve dans le reste qu'un résumé très 
rapide de l'histoire des comtes d'Anjou antérieurs. 

Plus circonstanciés sont les Gesla consulum Ande- 
gavorum ; mais l'ouvrage, remanié à plusieurs reprises, est, 
faute d'une édition critique 3, un de ceux dont l'usage est 

1. Pubh par Marchegay et Salmon, Chroniques des comtes d'Anjou [Soc. 
de VHist, de France), Paris, 1856, in-8«, p. 375-381. 

2. Elude sur V authenticité du fragment de chronique attribué à Foulque 
le Réchin^ dsins la Biblioth. de la Faculté des lettres de Paris, fasc. XIII, 
Paris, 1901, in-S*, p. 7-48. 

3. Les seules éditions sont celle qu*a donnée L. d'Achery dans son Spici- 
legium, l""* éd., t. X, p. 399 et suiv., 2« éd. (in-fol.), t. III, p. 234 et suiv., 
et celle de Marchegay et Salmon, dans les Chroniques des comtes dWnJou, 
p. '34 et suiv. Nous ferons paraître prochainement une édition critique des 
Gesta en collaboration avec M. René Poupardin. 



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PRÉFACE VII 

le plus difficile. Mabille a le premier * signalé comme la 
rédaction la plus ancienne de toutes celles qui nous sont 
parvenues celle qui est contenue dans le manuscrit latin 
6218 de la Bibliothèque nationale et il en a indiqué la 
valeur : de fait, jusqu'au milieu du xi^ siècle, elle est la 
seule à utiliser au point de vue historique, les rédactions 
suivantes ne renfermant qu'un surcroît de légendes ou des 
interpolations, qui obscurcissent le texte primitif. Mabille 
en a attribué la paternité à Eude, abbé de Marmoulier de 
112+ à 1137, et a admis qu'elle avait été successivement 
remaniée, d'abord par Thomas de Loches, puis par Robin 
et Breton d'Amboise, enfin par Jean de Marmoutier. Nous 
ne partageons pas tout à fait cette manière de voir et nous 
estimons notamment qu'il ne subsiste plus aucun manuscrit 
de la rédaction de l'abbé Eude ; mais cette dissidence, dont 
nous donnons la justification ailleurs ^, est sans consé- 
quences graves au point de vue historique pur : car la 
rédaction du manuscrit latin 6218 reste, en tout état de 
cause, la plus ancienne qui soit connue aujourd'hui et 
celle de Jean de Marmoutier, écrite vers 1170, la plus 
récente. 

Les Gesta Ambaziensium domino rum^, écrits en 1154, 
procèdent des Gesta consulum pour tous les événements 
généraux de Thistoire angevine : c'est là un fait jusqu'ici 
méconnu, mais qu'un examen, même superficiel, suffit à 
rendre évident *. Par contre, les Gesta Ambaziensium sont 

1. Introduction aux Chroniques des comtes d'Anjou, i871, p. iv et suiv. 

2. Voir notre thèse complémentaire. 

3. Publ. par L. d'Achery, puis parMarchegay et Salmon, à la suite des 
Gesta consulum. Nous les rééditerons avec cette chronique. 

4. Voir notre thèse complémentaire. 



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vin PRÉFACE 

un texte de premier ordre pour Thistoire même des sei- 
gneurs d'Amboise : les débuts en sont, sans doute, quelque 
peu légendaires, mais depuis le milieu du xi® siècle, 
c'est un guide fort sûr, dont les chartes permettent souvent 
de vérifier Texactitude. 

Nous ne citerons ici que pour mémoire Tabrégé placé par 
Jean de Marmoutier en tête de son édition des Gesta consu- 
lum ^ et nous rappellerons que le texte improprement 
dénommé parMarchegay etSalmon Historiacomitum Ande- 
ffavensium^ n'est qu'une série d'extraits des Abbreviationes 
chronicorum de Raoul a de Diceto » ^ : nous en reparlerons 
plus loin. Ce sont d'ailleurs là des documents tardifs, qui 
ne font que résumer les Gesta consulum en les dénaturant. 

\J Histoire de Saint-Florent de Saumur^ a une tout 
autre valeur : bien que nous n'en possédions qu'une rédac- 
tion datant de la fin du xii® siècle (pour la partie qui nous 
intéresse), nous savons qu'elle dérive d'une Histoire plus 
ancienne, commencée à la fin du xi® siècle et dont il subsiste 
quelques fragments ^. La légende y a reçu une large place ; 
les auteurs, de plus, ne sont pas exempts de passion : ils ne 



1. Chron. des comtes d'Anjou, p. 351-363, sous le titre d'Hisforia 
abbreviata consulum Andegavorum. Sur la place qu'elle doit occuper, voir 
Ma bille, Introd., p. xxxi. 

2. Chron. des comtes d'Anjou , p. 319-347. 

3. Voir la préface de M. Stubbs, au t. II des œuvres de Raoul « de 
Diceto » (Coll. du Maître des rôles), p. xxiii-xxix. 

4. Chron. des églises d'Anjou, publ. par Marchegay et Mabille [Soc. 
Hist, de France), Paris, 1869, in-S», p. 217-328. 

5. Ibid,, p. 207-216, et Introd., p. xxvi. — Il ne nous reste de la rédac- 
tion primitive que de trop courts fragments, à peine utilisables, et d'ail- 
leurs reproduits presque littéralement dans la rédaction définitive. Ce 
dernier fait est de nature à accroître notre confiance dans le texte du 
xii« siècle. 



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PRÉFACE IX 

cachent pas leur animosité contre les comtes d'Anjou * ; mais 
les détails sûrs et précis ne manquent pas dans leur 
ouvrage. 

Les annales de la région complètent utilement les 
chroniques, grâce aux renseignements particuliers qu'elles 
renferment et grâce surtout aux dates précises qu'elles 
fournissent^. Pour le début, jusqu'à Tan 1075, elles dérivent 
toutes d'un recueil formé à Saint-Maurice d'Angers dans 
le courant du xi® siècle et dont les années 965 à 1075 
avaient été écrites par l'archidiacre Renaud, élève de Fulbert 
de Chartres. Les annalistes de chaque établissement ecclé- 
siastique se sont bornés à transcrire intégralement ou par- 
tiellement les notes contenues dans ce recueil en y joignant 
quelques renseignements spéciaux à la maison dont chacun 
d'eux faisait partie : c'est ainsi que l'annaliste de Saint- 
Aubin d'Angers a inséré à leur rang chronologique les men- 
tions d'avènement et d'obit des principaux abbés du monas- 
tère. Après 1075, les diverses annales sont d'ordinaire ori- 
ginales et contemporaines des événements ; mais nous étant 
longuement étendu ailleurs"^ sur leur caractère et leur valeur, 
nous nous bornerons à rappeler ici que l'année y est 
comptée, en général, à dater du 25 décembre ou du 1®^ jan- 
vier. Nous rappellerons aussi que les Annales de Saint- 
Florent de Saumur^ sur lesquelles quelques auteurs ont 
voulu s'appuyer pour réfuter les dates fournies par d'autres 

1. Voir, par exemple, le portrait des comtes Foulque Ncrra et Geoffroi 
Martel, p. 260. 

2. On trouvera le détail de ces annales dans notre Recueil d'annales 
angevines et vendômoises {Coll. de textes pour sei^vir à V étude et à renseigne- 
ment de T histoire)^ Paris, 1903, in-S^. 

3. Voir l'Introduction du Recueil signalé h la note précédente. 

Halphen. — Le comté d'Anjou. b 



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PRÉFACE 

Eimment par les autres annales, sont sans valeur 
e XI® siècle, puisqu'elles n'ont pas été compilées 
\ et que, pour l'époque qui nous occupe, sauf 
ntions relatives à l'abbaye même, nous en con- 
•ectement ou indirectement toutes les sources, 
îs angevins on peut joindre quelques généalogies 
d'Anjou composées, les unes, à la fin du 
s autres, au xii® siècle ^ à Saint- Aubin d'Angers, 
5 de la région ^ et deux textes dont on s'est sou- 
é la valeur : les Miracles de saint Nicolas et 
\aint'Sépulcre de Beau lieu. 
r, longtemps connu seulement par le fragment 
lom d'auteur par Laurent Lepeletier, entête de 
e fundalionis Sancti Nicolai Andegavensis 
nt le début seul a été retrouvé dans un manus- 
liothèque nationale^, a été écrit avant 1080 par 
) la Couture au Mans^. On y lit un récit fré- 
té de la fondation de l'abbaye de Saint-Nicolas 
î récit, qui contient plusieurs inexactitudes, a 
partie d'après une tradition qui avait cours 
et dont on a encore l'écho dans Y Histoire de 
tde Saumur^\ei en partie d'après une charte 



é conservée*^. 



rdiîïjGénéalofjies angevines du Xl*^ siècle, dans les Mélanges 
stoire de VÉcole franc, de Rome, t. XX, 1900, p. 206-208. 
.nales angevines et vendômoises, p. 49. 
versL la liste dans A. Molinier, Les obituaires français au 
i-260. 

'es ce manuscrit dans le Catalogus codicum hagiographi- 
Bibl.Parisiensis, t. III, p. 158-162. 
lier, Les sources de T histoire de France, t. II, n° 1293. 
)us, p. 214, n. 3, et p. 215, n. 1. 
'actes, n* 34. 



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PRÉFACE XI 

h' Office du Saint' Sépulcre de Beau lieu, publié d'après 
un bréviaire du xv® siècle par M. de Salies, en appendice à 
son Histoire de Foulques Nerra \ est tout à fait légendaire ; 
il est postérieur, et probablement de beaucoup, à la dernière 
rédaction desGesta consulum Andegavorum^ dont il trans- 
crit de longs passages^. C'est un amas d'historiettes sans 
valeur sur la fondation de l'abbaye de Beaulieu, près de 
Loches, et sur l'origine des reliques qui y étaient conservées. 

Les chroniques tourangelles ne nous seront que d'un 
faible secours : à part les deux Chroniques de Saint-Julien 
de Tours^^ composées, l'une, celle en prose, dans la seconde 
moitié du xi^ siècle, peut-être vers 1060, et l'autre, celle en 
vers, en partie à l'aide de la première, tout au début du 
XII® siècle S ce sont des textes très postérieurs et dont nous 
connaissons d'ordinaire les sources ^ 

1. -Cet office était connu des anciens historiens de Beaulieu, notamment 
de dom Galland et d'Yve Gaigneron, qui y renvoient Tun et l'autre : pour 
le premier, voir les passages qu'en citent MM. de Salies, loc. cit., et 
Archambault, Ilist, de Beaulieu, dans la Bévue de l'Anjou, t. XI et XII 
(1874), et l'article de M. d'Espinay dans Congrès archéologique de France, 
A'-YA" V/« session, Loches (1869) ; pour Yve Gaigneron, voir son ms. orig. à 
la Bibl. nat., ms. lat. 12662, fol. 105-127. Un extrait de l'office est copié 

' aux fol. 102-103 du même ms. lat. 12662. 

2. M. de Salies {Ilist. de Foulques Nerra, p. 493) n'en a pas moins pré- 
tendu que c'était un texte du début du xii« siècle, citant comme preuve 
cette phrase de la quatrième leçon : « Et istud... nuper fuit divinitus 
aperte monstratum anno ab incarnacione Domini millesimo centesimo 
undccimo. Mais ce texte est tronqué; le voici tel qu'on le lit dans le bré- 
viaire : « Et istud, prout in scholastica narratur hystoria, cuidam mona- 
cho Sancti Laurentii extra muros nuper fuit monstratum. Anno elenim ab 
incarnacione Domini millesimo centesimo undecimo... » (éd. de Salies, 
p. 513). Il est clair que ce nuper vient du texte copié ici par Voffice et 
auquel il renvoie. 

3. Salmon. Becueil de chroniques de Touraine [Soc. archâol. de Touraine, 
Collection de documents, t. I), Tours, 1854, in-S", p. 220-256. 

4. Voir notre Note sur les deux chroniques de Saint-Julien de Tours, 
dans Le Moyen Age, 2« série, t. VIU, 1904, p. 208-214. 

5. On les trouvera dans le Becueil précité de Salmon. Nous signalerons 



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PRÉFACE 

;toire des relations de TAnjou avec le Maine et 
lie, les principaux textes à consulter sont les 
êques du Mans^^ les Gesta Guillelmi ducis de 
le Poitiers *^, VHistoria Normannorum de Guil- 
umièges ^ et VHistoria ecclesiastica d'Orderic 
uels on peut ajouter quelques annales et notam- 
nales anglo-saxonnes^. Les Actes des évêques 
it, dans la partie qui nous intéresse, Tœuvre de 
3aux presque contemporains des événements : 
valeur de l'ouvrage, mais en laisser entrevoir 
mps la partialité. 

mme fournissant une mention intéressante (à Tannée 1093) 
nique de Tours (p. 64-161 de l'éd, Salmon), composée au 
. (voir Molinier, Sources de Vhist.de France, t. III, n° 2515) 
rces en partie conservées et en partie perdues : la note de 
e ces dernières. La Chronique de Pierre Béchin [ibid.^ 
;rite en 1137. Elle n'a pas, comme on Ta dit (Molinier, 
l. de France, t. II, p. 79) « servi de base » aux annalistes 
s'est au contraire servie d'eux dans plus d'un cas. 
ificuni Cenomannis in urbe degentium, éd. Busson et Ledru 
•iques du Maine, t. II), Le Mans, 1901, in-8<>. 
)u Chesne, HLsloriae Normannorum scriplores, p. 178-213. 
t reproduite dans Migne, Patrol. lat., t. CXLIX, col. 1216- 
1 partie qui nous intéresse, dans les Hist. de Fr., t. XI, 

pas encore d'édition criticjue de cet ouvrage : l'édition de 
toriae Normann. scriptores, p. 215-317, donne, non le texte 
elui qui fut remanié successivement par Orderic Vital et 
'origny et qui est pour nous sans intérêt particulier. L'édi- 
a été reproduite dans Migne, Patrol. lat., t. CXLIX, cpl. 
r la partie qui nous intéresse, dans les IIist.de Fr., t. XI, 
il faut, en attendant l'édition annoncée par M. Lair, se 
s. de la plus ancienne rédaction (cf. la préface de VHist, 
; Vital, éd. Le Prévost et Delisle, t. V, p. lxxiu-lxxiv) : 
'ont faites d'après le ms. lat. 2769 de la Bibl. nationale, 
vost et L. Delisle {Soc. de Vllist. de France), Paris, 1838- 



i édition est celle de M. Plummer, Two of ihe Saxon chro- 
)xford, 1892, 2 vol. in-12. 



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PRÉFACE Xll 

Cette partialité toutefois n'est rien, comparée à celle d( 
Guillaume de Poitiers, qui, dédiant vers 1075 son ouvrage i 
Guillaume le Conquérant, n'a rien trouvé de mieux que d^ 
faire un panégyrique éhonté de ce prince. 

Ce défaut est moins sensible, mais non moins réel, che: 
Guillaume de Jumièges, qui dédia, lui aussi, son ouvragi 
à Guillaume le Conquérant. Cet ouvrage est d'ailleurs d'ui 
emploi difficile : sa parenté avec les Gesta Guillelmi de Guil 
laume de Poitiers se remarque dès la première lecture et 
si l'on va plus avant, il devient bientôt évident que, la plu 
part du temps, Guillaume de Jumièges ne fait que les résu- 
mer et quelquefois même assez maladroitement pou] 
omettre des détails indispensables à l'intelligence des événe- 
ments qu'il raconte ^ Il ne faut donc l'utiliser que pour lei 
aits nouveaux qu'il a ajoutés au récit de son devancier ^ 

Quant à Orderic Vital, qui a utilisé en partie les deu^ 
auteurs précédents, il a écrit son ouvrage trop tardivemen 
pour que de nombreuses confusions ne s'y soient pas 
glissées ; aussi ne doit-on le suivre qu'avec une extrême 
prudence. 

Enfin, parmi les chroniqueurs anglais, si Raoul « d< 
Diceto » n'a fait, dans ses Abbreviationes chronicorùm, 
que résumer certains passages des Gesta consulum Ande- 

\ . Voir par exemple, ci-dessous, p. 72, n. 4. 

2. Guillaume de Jumièges ne commence à se dégager de Guillaume d< 
Poitiers qu'à partir du chapitre 9 (chap. 24 de la dernière rédaction) di 
livre VII, et il ne s'en dégage tout à fait qu'à partir du chap. 12 (chap. 2J 
de la dernière rédaction). M. Kôrting n'en a pas moins soutenu danssa dii 
serlation sur Wilhelms von Poitiers Ges la Guillelmi (Dresden, 1875, in-4°) 
p. 21-22, que Guillaume de Poitiers et Guillaume de Jumièges avaien 
eu une source commune, mais ne s'étaient pas copiés mutuellement 
malheureusement M. Kôrting n'a donné aucune raison solide à l'appui de 
cette affirmation que l'examen des deux ouvrages rend tout à fait invrai- 
semblable. 



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XIV PRÉFACE 

gavorum^ William de Malmesbury, qui d'ordinaire, pour 
le XI® siècle, se contente de copier des ouvrages que nous 
possédons encore, nous a laissé, dans ses Gesta regum 
Anglorum ^ (composés dans la première moitié du 
XII® siècle), une page très intéressante sur la révolte de 
GeofFroi Martel contre son père : il dit remprunter à un 
autre narrateur, mais on en ignore la provenance^. Elle a 
d'ailleurs un caractère légendaire. 

En tête des chroniques bretonnes susceptibles de nous 
renseigner sur l'histoire des comtes d'Anjou du xi® siècle, 
nous citerons la Chronique de Nantes^ habilement recons- 
tituée par M. René Merlet^. C'est une chronique de premier 
ordre, rédigée entre les années 1050-1059 par un homme 
qui a entendu parler ou même a vu une partie des événe- 
ments que nous nous proposons de raconter. L'auteur est 
nantais de cœur. C'est à peine si le Chronicon Britannicum ^ 
et la Chronique de Quimperlé^^ écrits tous deux au début 
du XII® siècle (pour la partie qui nous occupe)^, nous 
fourniront une ou deux dates. La petite Chronique du Mont- 



i. Voir Tédition etr la préface de M. Stubbs citées ci-dessus, p. vîii,n. 3. 

2. Éd. Stubbs (Coll. du Maître des rôles), London, 1887-1889, 2 vol. 
in-S». . 

3. Ibid., t. II, p. 291-293, et Préface, p. cxiii. 

4. La Chronique de Nantes, publiée par R. Merlet {ColLde textes pour 
servir à Vétudeet à l'enseignement de lliistoire), Paris, 1896, in-8°. — Voir 
rintroductioû de M. René Merlet sur la composition delà chronique. 

5. Chronicon Britannicum, éd. Lobineau, Hist. de Bretagne, t. II, p. 30- 
36, et Morice, Mémoires pour servir de preuves à Vhisl. de Bretagne, t. l, 
p. 4-8. 

6. Chronicon Kemperlegiense, éd. Maître etdeBerthou, Cartul. deSainte- 
Croix de Quimperlé, Paris, 1896, in-i», p. 55-73. 

7. Voir A. Molinier, Sources de Vhist. de France, t. II, n">* 1258 et 1260. 



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PRÉFACE X 

Saint-Michel ^ ainsi appelée, bien qu'elle soit bretonne' 
parce qu'elle a été tirée des archives du Mont-Saint-Miche] 
n'est pas originale : on y lit des mentions qui se retrouven 
soit dans d'autres chroniques bretonnes, notamment dans 1 
Chronicon Britannicum^ soit dans les Annales de Saint 
Aubin^, Mais seule une étude d'ensemble des annale 
bretonnes permettrait d'établir exactement les rapport 
qui unissent ces divers textes entre eux. 

Pour l'Aquitaine, le texte principal est la Chroniqu 
d'Adémar de Chabannes^ : nous en possédons, en partie 
le brouillon ^ et deux rédactions successives ^. On a cher 
ché dernièrement à en contester la paternité à Adémar^ 
mais il semble que les arguments mis en avant ne soient pa 
d'une solidité à toute épreuve. De toutes façons, la chro 
nique est d'un homme de la première moitié du xi® siècle 
fort bien informé de tous les événements qui se sont passé 

{. Chronicon S. Michaelis in Periculo Maris, éd. Labbe, Nova Biblioih 
mss.y t. I, p. 545-546. Les parties qui nous intéressent ont été reproduite 
d&ns les Hist, de Fr., t. X, p. 175, et t. XI, p. 29. Sur le ms. de ce 
annales, cf. L. Delisle, Chronique de Robert de Torigni, t. II, p. 208, n. i 

2. Cf. Hist. de Fr., t. XI, Préface, p. xi. 

3. Comparer, par exemple, notre chronique au Chronicon Briiannicui 
(indiqué plus haut, p. xiv) pour les années 421 (=490), 513, 534 (=:634 
580, 643, 843, 847 (=848), 851, 857, 869, 874, 920 (=919), 931, 944, iOS 
(=1066). Cf., pour Tannée 1008, l'autre Chron, du Mont-Saint-Michel (Ilis 
de Fr.j t. X, p. 247) et la Chron. de Quimperlé (voir ci-dessus, p. xiv) 
comparer aux Annales de Saint-Aubin les années 987, 992, 1000, 1026, 103' 
(=1032 et 1040), 1033, 1044. 

4. Adémar de Cha bannes, Chronique, éd. J. Chavanon {Coll. de texti 
pour servir à Vétude elk renseignement de Vhist.), Paris, 1897, in-8°. 

5. C'est le ms. // (Bibl. nat., ms. lat. 6190). Cf. L. Delisle, Notice su 
les manuscrits originaux d^ Adémar de Chabannes, dans les Notices ( 
extraits de la Bibl. nat., t. XXXV». 

6. Ce sont les mss. A et C (Bibl. nat., mss. lat. 5927, 5926). 

7. J. Lair, Etudes critiques sur divers textes des X^ et XI^ siècles, t. I 
Paris, 1900, in-4o. 



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XW PRÉFACE 

dans sa province, en dépit de certaines inexactitudes et 
d'un manque de chronologie souvent très marqué *. La 
Chronique de Saint'Maîxent'* y au conirsiire.ndL été compilée 
qu'au milieu du xii® siècle ^ : l'auteur s'est contenté, 
pour les époques plus anciennes, de mettre bout à bout des 
extraits d'autres chroniques ou d'autres annales. C'est ainsi 
qu'il a reproduit textuellement des pages entières d'Adémar 
de Chabannes ou des Annales de Vendôme (ou du recueil 
dont elles dérivent) . Mais ce qui fait l'intérêt de sa chronique, 
c'est qu'à côté de textes connus par ailleurs, il en a copié 
que nous ne possédons plus : il nous fournit à cet égard 
sur certains faits de l'histoire poitevine des détails que 
l'on chercherait en vain dans d'autres documents. 

Enfin, parmi les chroniques d'intérêt général, malheureu- 
sementtrop rares, nous citerons les Histoires de Richer*, qui, 
on le sait, s'étendent jusqu'aux dernières années du x^ siècle 
et sont l'œuvre d'un contemporain très exactement rensei- 
gné^, et celles de Raoul « Glaber » ou le Glabre^, qui 
s'étendent jusqu'à l'année 1044. Ce dernier auteur est un 

1. Voir les trè» importantes observations de M. Ferdinand Lot, Eludes 
sur le règne de Hugues Capet, Appendice VIII. 

2. Publ. par Marchegay et Mabille dans les Chron, des églises d'Anjou, 
p. 351-433. Cette édition, quoique meilleure que celle de Labbe, est fort 
incorrecte, et il est indispensable de la contrôler sur le seul manuscrit 
utilisable de l'ouvrage (Bibl. nat., ms. lat. 4892). 

3. Voir la Préface de Marchegay et Mabille, loc. cit., p. xxxiv. 

4. Richeri Ilistoriarurn lihrl IV, éd. G. Waitz (Scriplores reruni germani- 
carum in usum scholarum), Hannover, 1877, in-8°. 

T). Il est bon toutefois de noter que le comte d'Anjou ne lui est pas très 
sympathique, qu'il parle fré(juemmcnt de son « insolentia » (IV^ 92 et 94) 
ou de sa « tirannia » (IV, 90) et qu'il insiste plus spécialement sur les 
pertes des Angevins que sur leurs succès (IV, 85). 

6. Raoul Glaber, Les cinq livres de ses histoires, publ. par M. Prou {Coll. 
de textes pour Célude et Venseign. de l'histoire), Paris, 1886, in-8°. 



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PRÉFACE XVII 

guide beaucoup moins sûr : il n'a connu les événements 
qu'il raconte que par ouï-dire et la vérité est chez lui mêlée 
à une foule de légendes ou d'erreurs, que sa crédulité lui 
a fait accepter sans défiance. 



III 

Aux chroniques et aux annales il faut ajouter un assez 
grand nombre de lettres et de chartes. Les principales lettres 
nous sont connues surtout par deux séries de recueils : ceux 
qui contiennent la correspondance de Fulbert de Chartres, 
et notamment celui que semble avoir compilé Sigon dans la 
première moitié du xi® siècle * , et un recueil très curieux 
qui concerne l'hérésiarque Bérenger de Tours et que 
Sudendorf publia en 1850 ^ d'après une copie du xvi® siècle 
de la Bibliothèque de Hanovre. On y peut joindre cinq 
autres lettres relatives à Bérenger publiées en 1880 par 
M. Bishop d'après un manuscrit du British Muséum^. 

Quant aux chartes, on possède encore les originaux de 
plusieurs d'entre elles ; mais la plupart ne nous sont plus 
connues que par des cartulaires anciens^ ou des copies 



1. Bibl. nat., ms. lat 14167. Cf. Pfister, De Fulberti Carnotensis vita et 
operihuSy Nancy, 1885, in-8o. — La correspondance de Fulbert est publiée 
notamment dans Migne, Pa/ro/. lai., t. CXLI, col. 189-272, et dans lesHisL 
de Fr„ t. X, p. 443-512. 

2. Sudendorf, Berengarius Turonensis oder eine Sammlung ihn betref- 
fender Briefe, Hamburg et Gotha, 1850, in-S^. Les dates proposées par 
Sudendorf sont en général très sujettes à caution. 

3. Bishop, Unedirte Briefe zur Geschichle Berengar vcn Tours, dans 
Yllistorisches Jahrbuch du Gôrres Gesellschafi, t. I, 1880, p. 272-280. 

4. Marchegay a publié en 1843, dans les Archives d'AnjoUy t. I«'', des 
Recherches sur les cartulaires dWnjou. 



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XVIIl PRÉFACE 

modernes, au premier rang desquelles il convient de citer 
celles qui furent exécutées au xviii® siècle sous la direction 
de dom Rousseau, en vue de la publication d'une histoire 
de l'Anjou et de la Touraine ; ces copies forment à la Biblio- 
thèque nationale la Collection d'Anjou et de Touraine ou 
Collection dom Rousseau. 

Pour l'église Saint-Maurice d'Angers, nous sommes 
assez mal partagés : les originaux ont tous disparu, et du 
Livre noir^ composé au début du xii® siècle, il ne subsiste 
plus qu'une analyse * et des copies modernes ^. 

Par contre, le fonds de l'abbaye de Saint-Aubin d'An- 
gers est encore relativement riche en originaux, et ceux-ci 
sont utilement complétés, non seulement par des copies 
modernes, mais par un cartulaire du xii® siècle, conservé à 
la Bibliothèque d'Angers et que vient de publier M. Ber- 
trand de Broussillon^. 

Les chartes anciennes de l'abbaye de Saint-Serge d'An- 
gers sont surtout connues par deux cartulaires : le Premier 
cartulaire de Saint-Serge, datant duxi® siècle \ a disparu. 



1. Arch. de Mainc-ct-Loire, G 277, p. 777-825. Ce sera souvent d'après cet 
inventaire que nous indiquerons à quel folio et sous quel numéro telle ou 
telle charte était transcrite au Livre noir. 

2. Nous signalerons surtout celles de la Coll. dom Housseau et celles de 
la Coll. Baluze, vol. 39. Ces dernières toutefois, dues à André Du Chesne, 
n'ont pas été faites directement sur le Livre noir, mais sur un « registre 
de papier contenant plusieurs tiltres de rKglise d'Angers et autres », 
registre d'ailleurs fort incorrect à en juger par les copies de la Coll. 
Baluze. 

3. Cartulaire de Vabbaye de Saint-Aubin d'Angers, publ. par Bertrand 
de Broussillon avec une table par E. Lelong {Documents histor. sur rAn- 
jou publ. par la Soc. d^agric , sciences et arts d'Angers), Angers, 1903, 
3 vol. in-8o. 

4. Voir Bibl. nat., ms. lat. 5446, fol. 237, et lat. 17030, p. 29 et suiv. 



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PRÉFACE XIX 

mais on en a des copies qui permettent de le reconstituer ^ ; 
le Second carlulaire de Saint-Serge^ datant, dans sa partie 
essentielle, du milieu du xii® siècle, est conservé au Musée 
Dobrée, à Nantes : M. Tabbé Durville en a tout récemment 
donné une analyse ^. 

Les originaux des anciennes chartes de Saint-Nicolas 
d'Angers sont perdus ^ ; il existait un cartulaire, com- 
posé au XII® siècle, avec additions du xiii®*; mais nous 
n'en avons plus que des analyses et des extraits^.. Laurent 



1. Notamment les copies faites pour Gaignières, dans le ms. lat. 5446 de 
la Bibl. nal. (recopié en partie dans le ms/lat. 17030), et celles de la Coll. 
dom Ilousseau. Au vol. XIIl^ de cette Coll., fol. 246-282, dans le ms. lat. 
42696, fol. 246 et suiv., et dans le ms. lat. 13819, fol. 270 et suiv., on trouve 
des analyses partielles ou intégrales du cartulaire. Marchegay en a tenté 
une reconstitution; son ms. est actuellement conservé aux Archives de 
Maine-et-Loire. 

2. G. Durville, Manuscrits du Musée Dobrée. Le cartulaire de Saint-Serge 
tf^/î^era, Nantes, 1903, in-S». 

3. Un fragment de copie contemporaine d'une des chartes du xi* siècle 
(Catalogue d'actes^ n^ 280) subsiste cependant à Angers, au couvent des reli- 
gieuses du Bon Pasteur. Nous avons pu l'examiner à loisir grâceàTobli- 
geance de M. Taumônier du couvent. 

4. « Ex cartulario Sancti Nicolai, cujus média pars 12° saeculo scripta, 
reliqua ineunte 13<» » (Bibl. nat., ms. fr. 22450, p. 161). 

5. Nous connaissons trois analyses plus ou moins complètes du cartu- 
laire avec indication des folios : une analyse faite pour Gaignières, Bibl. 
nal., ms. fr. 22450, p. 161-183 ; une autre, t'AtV/., Coll. dom Ilousseau, vol. XUV ; 
une troisième, très concise et incomplète, ibid.^ Coll. Baluze, vol. 38, fol. 49 
et suiv. Beaucoup de copies ont été faites, qui donnent l'indication précise 
des folios du cartulaire et souvent des descriptions du ms. : signalons celles 
de Jean Hiret, Bibl. d'Angers, ms. 679 (anc. 616), p. 107 et suiv. ; celles 
du ms. 706 (anc. 636), p. 36 et suiv. et 838 (anc. 754). pièce n° 5, à la même 
Bibl. ; les copies conservées aux Arch. de Maine-et-Loire, sous les cotes 
H 552, H 608, H 640, n^^ i. 6 et 7, Il 655. etc. — Il 640, n° 1 (copie de l'an 
1617), décrit le cartulaire : « Ung gros livre escript en parchemin, couvert 
de bois et cuir par dessus, en cincjuante et vingt V feuilletz. » — Mar- 
chegay a, dans un ms. conservé aujourd'hui aux Arch. de Maine-et-Loire, 
tenté une restitution analytique folio par folio du cartulaire, mais il n'a 
pas indiqué ses sources. 



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XX PRÉFACE 

Lepeletier en a imprimé une partie, d'une manière malheu- 
reusement fort incorrecte, dans son De rerum scitu dignis- 
simarum a prima fundatione monasterii Sancti Nicolai 
Andegavensis ad hune usque diem epitome necnon et ejas- 
dem monasterii abbatum séries^ publié à Angers en 1635, 
(petit in-4o). Il avait, en 1616, publié à Angers comme un 
premier essai beaucoup plus court de cet ouvrage sous le 
titre de Breviculum fundationis et séries abbatum, Sancti 
Nicolai Andegavensis. 

Pour le chapitre de Saint-Laud d'Angers, nous possédons 
un fragment d'originaP et un cartulaire du début du 
xui® siècle appartenant à M. de Villoutreys et publié par 
M. Planchenault^ ; pour l'abbaye du Ronceray d'Angers 
(anciennement appelée Notre-Dame-de-la-Charité), un car- 
tulaire de, la fin du xii® siècle, conservé à la Biblio- 
thèque d'Angers et publié par Marchegay^. Le même 
érudit retrouva et publia en 1843 une grande partie du 
cartulaire de l'abbaye de Saint-Maur-sur-Loire, composé 
au XII® siècle et conservé aux Archives de Maine-et-Loire*. 

Les archives de l'abbaye de Saint-Florent de Saumur 
nous sont connues par de nombreux originaux, conservés 
principalement aux Archives de Maine-et-Loire, et par une 

1. Bibl. d'Angers, ms. 757 (ancien 680, t. I), pièce n® 2 (Catalogue 
d'actes y n® 155). 

2. Cartulaire du chapitre de Saint-Laud d'Angers, suivi de la Vie de saint 
Silvestre et C invention de la Sainte-Croix, publ. par A. Planchenault (Docu- 
ments histor. sur l'Anjou publ. par la Soc. d'agric.^ sciences et arts d'An- 
gers, IV), Angers, 1903, in-S». 

3. Cartulaire de l'abbaye du Ronceray d^ Angers, publ. par Marchogay, 
avec une table par E. Vallée, Paris- Angers, 1900, in-8*>. Le volume avait 
été mis auparavant en circulation sans table, sous le titre d'Archives d'An- 
jou, t. III, Angers, 1846, in-S^. 

4. Marchegay, Archives d'Anjou, t. I, Angers, 1843, in-8o, p. 293-429. 



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PRÉFACE XXI 

série de cartulaires* : le Livre noir ^ du milieu duxi® siècle, 
actuellement conservé à Cheltenham, dans la bibliothèque de 
sir Thomas Phillipps, n^ 70^ ; le Livre blanc^ écrit dans 
la première moitié du xu« siècle, le Livre d'argent^ écritdans 
la seconde moitié du même siècle, et le Livre rouge, écrit 
au xm® siècle, conservés tous trois aux Archives de Maine-et- 
Loire, Marchegay a publié un assez grand nombre de chartes 
de Saint-Florent de Saumur, et notamment les chartes poi- 
tevines dans le tome II des Archives historiques du Poitou 
(1873). 

Les premières chartes des abbayes de la Roë et de Fon- 
levrault, fondées Tune et Tautreà la fin du règne de Foulque 
le Réchin, sont transcrites dans les cartulaires de ces deux 
établissements : le premier de ces cartulaires est conservé 
aux Archives de la Mayenne^; le second, dans la Biblio- 
thèque de sir Phillipps à Cheltenham, sous le n° 67 *. 

Les archives du prieuré de Cunault, encore riches en 
originaux, sont conservées pour la plus grande partie par 
le propriétaire du prieuré, M. de Terrebasse ^, et quant 

4. On trouvera des indications plus complètes sur ces cartulaires dans 
Giry, Notices bibliographiques sur les archives des églises et des monastères 
de r époque carolingienne (Biblioth. de V Ecole des Hautes-Études ^ fasc. 132), 
Paris, 1901, in-8«, p. 61-64. 

i. H en existe une transcription faite par Marchegay, en partie d'après 
le ms. original, en partie d'après les copies de Salmon et de dom Pitra, 
aux Archives de Maine-et-Loire, et une copie faite par Salmon, en partie 
d'après le ms. original et en partie d'après les copies de Marchegay et de 
dom Pitra, à la Biblioth. de Tours, ms. 1338. Nous nous sommes servi de la 
copie de Marchegay. 

3- Il en existe une copie de la main de Marchegay à la Bibl. nationale, 
ms. lat., nouT. acq. 1227. 

4. II en existe une copie de Marchegay aux Arch. de Maine-et-Loire. 

5. Nous en devons la communication à l'obligeance de M. Ch. d'Achon, 
de Geunes. 



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XXII PRÉFAQf 

au reste, aux Archives de Maine-et-Loire, dans le fonds du 
séminaire Saint-Charles * . 

Un assez grand nombre de chartes originales de Tabbaye 
de Bourgueil, pour la fin du x® siècle, le xi® siècle el le 
début du XII®, subsistent encore aujourd'hui^; celles qui 
ont disparu depuis de la fin du xviii® siècle avaient été 
presque toutes copiées pour Gaignières ^. Un cartulaire 
« écrit en papier en 1481 » '* semble perdu, mais on en 
possède des copies multiples^. 

Le fonds de l'abbaye de Marmoutier est actuellement un 
des plus riches : originaux et carlulaires y sont encore 
nombreux. Parmi les cartulaires, nous signalerons spécia- 
lement les deux cartulaires de Chemillé (l'un, en parche- 
min, M Cartulaire vélin », écrit en 1246, l'autre, en papier, 
écrit au xv** siècle), conservés aux Archives de Maine-et- 



1. Cf. sur les archives de Cunaull, l'article de M. Maître, Blbl. de VEcole 
des Chartes, t. LIX, p. 233. 

2. Aux Arch. d'Indre-et-Loire ; à la Biblioth.de Tours, mss. 1338-1339 ;à 
la Biblioth. de Reims, Coll. Tarbé ; au British Muséum, Addilional charters, 
n»» 11225-11230, etc. 

3. Bibl. nat., ms. lat. 17127. Une grande partie des copies de ce volume 
sont faites d'après les originaux. 

4. ïbid,, p. 231. 

5. Celles du ms. lat. 17127 de la Bibl. nat., celles de la Coll. Baluze, 
vol. 38, ibid,, dues à André Du Chesne, celles de la Coll. dom Housseau, etc. 
Au début du xviii« siècle, dom Fouquet fit une ti*anscription intégrale du 
cartulaire de 1481 : son manuscrit, souvent cité par les historiens, était en 
1843, suivant Marchegay {Archives dWnjou, t. I, p. 201-202), en la posses- 
sion de Salmon, archiviste d'Indre-et-Loire; il était en 1878 en la posses- 
sion de M. Goupil de Bouille, suivant M. l'abbé Pasquier, qui en donne une 
description circonstanciée dans son volume sur Baudri, abbâ de Bounjueil, 
archevêque de /)o/ (Paris, 1878, in-8°), p. 11 (Cf. A. de Salies, lïisl, de Foulques 
Aerra, 1874, Inlrod., p. xlv, et Richard, llisL des comtes de Poitou, t. I, 
p. 108, n. 1). Le recueil de chartes de Bourgueil formé par Salmon (Bibl. 
de Tours, mss. 1338-1339) contient plusieurs transcriptions faites d'après 
dom Fouquet. 



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PRÉFACE XXOl 

Loire, le Livre des serfs de Marmoutier, publié parSalmon 
et Grandmaison *, et les cartulaires blésois, dunois et ven- 
dômois, publiés par MM. Tabbé Métais -, Mabille ^ et de 
Trémault '*. Le cartulaire tourangeau a disparu; mais nous 
en avons, notamment dans la Collection dom Housseau, 
vol. XII-, une analyse assez complète et Ton conserve de 
nombreuses copies tirées de ce recueil^. 

De Tabbaye de Beaulieu près Loches, il ne subsiste plus 
que des copies modernes, faites d'après les originî^ux ou 
prétendus tels ^, et des abbayes de Noyers et de Cormery, que 
des copies de cartulaires anciens : ces copies ont été publiées 
par M. l'abbé Chevalier ''et par M. Tabbé Bourassé^. 

Enfin, pour nous en tenir à l'essentiel, on possède 
trois fragments du cartulaire de Tabbaye de la Trinité de 



1. Liber de servis Majoris Monaslerii, publ. par A. Salmon elCh. de Grand- 
maison [Mém. de la Soc. archéol. de Touraine, t. XVI), Tours, 1864, in-8<>; 
une partie en avait paru à Paris, 1845, in-S*». 

2. Marmoutier, Cartulaire blésois, publ. par Tabbé Ch. Métais, Chartres 
etBlois, 1891, in-S» 

3. Cartulaire de Marmoutier pour le Dunois, publ. par E. Mabille, Chà- 
tcaudun, 1874, in-8®. 

4. Cartulairede Marmoutier pour le Vendômois, publ. par A. de Trémault, 
Vendôme, 1893, in-8«. 

5. Le volume publié par P. Nobilleau, sous le titre de Marmoutier ; Dom 
Cl. Chantelou, Cartulaire tourangeau et sceaux des abbés, Tours, 1879, in-8®, 
est sans aucune valeur : il est composé surtout d'analyses en latin d'une 
exactitude plus que douteuse et qui n'ajoutent, en général, absolument rien 
aux autres analyses que nous possédons. — Sur les archives de Marmou- 
tier et les copies modernes, voir Giry, Notices citées, p. 20-25. Marchegay 
avait projeté la publication d'un cartulaire angevin (factice) de Marmou- 
tier : ses copies sont à la Bibliothèque nationale, nouv. acq. fr. 5021-5024. 
. 6. Voir ci-dessous. Appendice III. 

7. Cartulaire de Vabbaye de Noyers, publ. par l'abbé G. (Chevalier [Mém. 
de la Soc. archéol. de Touraine, t. XXII), Tours, 1872, in-8°. 

8. Cartulaire de Cormery, précédé de Vhistoire de Vabbaye, publ. par 
Tabbé Bourassé [ibid., t. XII), Tours, 1861, in-8o. 



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XXIV PRÉFACE 

Vendôme, compilé aux xi®-xii® siècles, etdes copies modernes 
fort nombreuses, faites soit d'après le cartulaire, soit d'après 
les originaux : le tout a été récemment publié par M. Tabbé 
Métais^ 

En terminant cette préface, nous avons à cœur de remercier 
spécialement M. Marc Sache, archiviste de Maine-el-Loire, 
dont la complaisance nous a singulièrement facilité l'explo- 
ration des archives angevines, M. le chanoine Urseau, qui 
nous a libéralement communiqué les copies qu'il a faites 
en vue de la publication prochaine du Livre noir de Saint- 
Maurice (T Angers^ M. Ch. d'Achon, qui nous a permis 
d'examiner à loisir dans son cabinet, à Gennes, les anciennes 
archives du prieuré de Saint-Aubin de Trêves el nous y a fait 
communiquer celles du prieuré de Cunault, enfin M. Trouil- 
lard, archiviste de Loir-et-Cher, et M. de Grandmaison, 
archiviste d'Indre-et-Loire. 



1. Cartulaire de r abbaye cardinale de la Trinité de Vendôme^ publ. par 
Tabbé C. Métais, Paris, 4893-1897, 4 vol. in-S»; puis nouveau t. IV et t. V, 
Vannes, 1900-1904, 2 vol. in-S^. 



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PREMIÈRE PARTIE 



LE COMTÉ D ANJOU SOUS FOULQUE NERRA 
ET GEOFFROI MARTEL 

(987-1060) 



INTRODUCTION 

On racontait au xii*' siècle ^ que les ancêtres des comtes d'An- 
jou étaient venus du pays de Rennes. L'un d'eux, un certain 
TertuUe, ayant, comme bien d'autres 2, émigré sous la menace 
dés conquérants bretons et des pillards normands, s^était enrôlé 
dans les armées de Charles le Chauve et avait, pour prix de ses 
services, reçu un petit bénéfice dans le Gâtinais ^, Son fils Enjeu- 

1. Les origines de la maison angevine ne sont connues que par les Gesta 
consulum Andegavorum; mais rhistoire, pour celte période, s'y trouve 
mêlée à tant de fables que les meilleurs critiques ont presque renoncé à 
l'en dégager : on s'est complu à convaincre d'erreur l'auteur de la chronique 
plus qu'on ne s'est attaché à mettre en relief les quelques points sur les- 
quels il paraît, au contraire, s'être rapproché de la vérité. Il est certain que 
les Gesta ne sauraient nous donner ici des indications très précises; mais, 
si l'on s'en tient à la rédaction la plus ancienne que nous ayons de l'ou- 
vrage (ms. lat. 6218 de la Bibl. nat.), on y peut trouver, croyons-nous, 
comme un écho — lointain, sans doute, et déformé, mais enfln un écho — 
de la réalité. C'est en tenant compte de ces observations que nous essayons 
de retracer en quelques mots les origines de la maison d'Anjou. 

2. Nous pensons spécialement à des textes tels que l'art. 9 du capitulaire 
de Servais, de l'an 953 (éd. Boretius-Kratise, t. II, p. 273), ou l'art. 31 de 
l'édit de Pistes, de l'an 864 (ibid., p. 323). 

3. Sur tout ceci, voir les deux premiers chapitres des Gesta : le père de 
Tertulle y est dit « in pago Redonico oriundus » ; quant au bénéfice que 
reçoit Tertulle, c'est seulement « aliquantum beneficium in Landonensi 
Castro » : il n'est pas question de l'attribution à Tertulle du comté de 
Chàteau-Landon, comme le dit, par exemple, Gélestin ï*ovi {Dictionn., t. IH, 
p. 567). 

Halphbx. — Le comté d'Anjou. 1 



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2 LE COMTÉ d'aNJOU 

ger [Ingelgerius)^ suivant l'exemple paternel, s'était distingué à 
Tours pendant un des assauts livrés à la ville par les Normands * 
et s'était ainsi attiré les bonnes grâces de l'archevêque Adalard ; 
celui-ci lui avait fait épouser sa nièce et concéder la forteresse 
d'Amboise, qu'il était nécessaire de remettre en état après les 
dévastations des pirates. Enfin, sur la recommandation de 
Tévêque d'Angers Rainon, frère d' Adalard, Enjeuger avait été 
chargé de protéger contre les Bretons, dont la domination s'éten- 
dait alors jusqu'à la Mayenne '^, et contre les Normands, tou- 
jours menaçants ^, l'Anjou oriental, àce moment entre les mains 
des descendants de Robert le Fort*. 

1. Suivant les Ges/a, Enjeuger, encore tout jeune homme, aurait servi 
de champion à la veuve du seigneur de Château-Landon dans un procès 
qui lui était intenté pour adultère : le fait semble légendaire (il est à rap- 
procher de tous les récits épiques du moyen âge où le chevalier accomplit 
des exploits par amour pour sa dame) ; mais nulle part, dans la première 
rédaction, il n'est parlé de Tattribution à Enjeuger du comté de Câlinais. 
Il est question ensuite du don que lui aurait fait le roi de la vicomte d'Or- 
léans : entendez peut être qu'il reçut un petit poste militaire à Orléans. 
Après quoi, il fut envoyé à Tours, où il eut la « regia praefectura » ; enten- 
dez, sans doute, qu'il a eu un commandement militaire à Tours. 

2. Les GestSL disent qu'Enjeuger reçut « dimidius comitatus Andegavis 
civitatis » :' Mabille de se récrier [Inlroduclion, p. lvi) : « L'abbé Eudes 
a commis un anachronisme ; il a fait allusion à une division géographique 
d'une durée éphémère, créée par Louis le Débonnaire et qui à l'époque 
dont il parle n'existait déjà plus depuis longtemps. >» Mais c'est Mabille 
qui fait erreur et non l'abbé Eude ; les souvenirs de ce dernier sont, au 
contraire, extrêmement exacts : les derniers travaux sur l'histoire de Bre- 
tagne ont prouvé que l'ancien comte de Nantes Lambert se tailla à la fin 
de l'année 851 un petit état indépendant sur la rive droite de la Mayenne; 
qu'à sa mort (i*"* mai 852), le duc de Bretagne Erispoë s'en empara et que 
Salomon, successeur d'Erispoë, et même Alain le Grand (888-907), succes- 
seur de Salomo^, continuèrent à occuper tout l'Anjou occidental, jusqu'à 
la Mayenne: voir R. Merlet, Guerres d'indépendance de la Bretagne (Exli*ait 
de la Revue de Bretagne^ de Vendée et d'Anjou^ 1891), p. 10 et suiv. ; 
A. Giry, Sur la date de deux diplômes de Véglise de Nantes et de V alliance de 
Charles le Chauve avec E rispoê (Exiv. des Annales de Bretagne^ 1898), p. 8- 
9 et 18 ; Longnon, Allas, p. 86 ; A. de La Borderie, Hist, de Bretagne^ t. Il, 
p. 74, 341, 407. 

3. Nous pensons particulièrement à l'invasion de Tan 886: voir Chron, 
de Nantes, éd, Merlet, p. 66, n. 3. 

4. C'est de cette manière un peu large qu'il faut très vraisemblablement 



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INTRODUCTION 3 

Mais le Véritable fondateur de la dynastie angevine fut 
Foulque le Roux, fils d'Enjeuger^ : après avoir, sans doute, 
participé à l'expulsion des Bretons hors de TAnjou occidental 2, 
Foulque fut, sous Charles le Simple, nommé vicomte d'Angers et 
abbé de Saint-Aubin et Saint-Lézin d'Angers ^ et ne tarda pas, 
dès le deuxième quart du x" siècle ^, à échanger son titre de 

interpréter l'attribution de la moitié du comté d'Anjou à Enjeuger. 
D'ailleurs Tauteur des Gesta n'ignorait pas du tout que l'Anjou relevât de 
la maison de Robert le Fort, comme le montre la phrase : «(... ita jam diu 
rege et praedictisduobus episcopis et aliis primatibus Fra/iciae, qui ibi sta- 
liones suas nimium taediosas facere a rege cogebantur, in custodiis 
civitatis hujus defessis, libenter Ingelgerius, cujus strenuitati omnes con- 
(idebant, ad defendendam regionem et urbem saevis praedonibus oppositus 
est et comes ibi faclus »> (éd. Marchegay et Salmon, p. 46). Voir, en outre, 
tout le début du chapitre 'consacré à Foulque le Roux, qui est beaucoup 
moins éloigné de la vérité, malgré quelques erreurs, que Mabille ne semble 
vouloir le dire. 

1. Cette Gliation, donnée par les Gesta, est confirmée par une charte où 
Foulque le Roux se dit « fils d'Enjeuger » : Cariulaire de Saint-Aubin d'An- 
gersj éd. Bertrand de Broussillon, b° 177. Cette charte était transcrite avec 
d'importantes variantes dans le Livre noir de Saint-Maurice d'Angers, f° 24 
v», copié dans la Coll. dom Housseau, vol. 1, n<* 155. 

2. Les Gesta disent simplement que le descendant de Robert le Fort 
alors maître de la Neustrie (les Gesta sont quelque peu confus sur l'identité 
de ce personnage) donna à Foulque « integrum comitatum Andegavensium, 
qui prius bipartitus erat » : les historiens modernes sont portés, en 
effet, à admettre que c'est vers le début du x« siècle que l'Anjou occiden- 
tal a été arraché aux Br(ïtons (voir les ouvrages cités ci-dessus, p. 2, n. 2). 

3. C'est en effet vicomte et non comte que Foulque le Roux a d'abord 
été nommé, comme Mabille l'a prouvé (//i /roc/., p. lx-lxii) ; mais, somme 
toute, l'erreur des Gesta, qui le font nommer tout de suite comte, est vénielle 
et, en tout cas, cette chronique note avec une grande exactitude qu'en 
même temps Foulque le Roux a été nommé abbé de Saint-Aubin et Saint- 
Lézin (Cf. Cartul. de Saint' Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, u° 177). — 
Nous disons, d'accord avec les Gesta, que c'est sous Charles le Simple que 
Foulque a été nommé vicomte : en effet, si un Foulque apparaît dès 886 
dans la suite d'Eude, fils de Robert le Fort, nulle part il n'est dit qu'il soit 
vicomte; c'est en septembre 898 que pour la première fois il est dit vicomte 
(Mabille, Introd,, pièce justif. n° 2). 

4. En 905, on le trouve qualifié de « vicomte d'Angers et de Tours » 
(Mabille, Introd., pièce justif. n° 3), mais c'est, sans doute, seulement 
par intérim qu'il remplit les foutions de vicomte de Tours et seulement 
parce que le vicomte de Tours Atton étant mort, on n'a pas encore nommé 



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LE COMTÉ d'aNJOU 

e contre celui de comte. Un mariage avec Roussille (/?o«- 
(ille d'un riche seigneur de Touraine nommé Garnier *, lui 
a possession de Loches, Villentrois et la Haye 2. Il eut 
Is Gui, d'abord chanoine de Saint-Martin de Tours, puis 
1 de Soissons, Enjeuger, mort jeune, et Foulque le Bon 3,* 

succéda en 941 ou 942 *. 

ant les Gesta consulum Andegavorum^ le gouvernement de 
le le Bon fut marqué par une longue période de paix et de 
rite. Ce comte cependant ne resta point inactif : après avoir 

Gerberge, dont il eut deux fils, Geoffroi et Gui, et une 
idélaïde ^, il s'unit en secondes noces, en 952, à la veuve 

plaçant. — En 909, dit Mabille, et en 912, Foulque le Roux prend 
de comte : pour 912, la charte qu'il cite ne le prouve nullement ; 
), la charte alléguée- n'est conservée qu'en transcription et il est 
de dire si l'on n'a pas affaire à une simple faute de copiste, 
partir de 929 (Carlul. de Saint-Aubiriy éd. Bertrand de Broussillon, 
que Foulque prend, pour ne plus le quitter, le titre de comte, 
ns la charte de 929, citée à la note précédente, Foulque le Roux 
le ainsi : « Ego Fulco, Andecavorum comes, abbas quoque Sancti 
Janctique Lizinii, necnon et uxor mea Roscilla et filii mei Widdo ac 
.. pro remedium mee anime vel anime Ingelgerio, genitore meo, 
igelgerio, filio meo, necnon pro anima Warnerio, socro meo, et 
la Tescenda... » Pour la qualité de ce Garnier, voir les Gesta. 
sont les Gesla (éd. Marchegay et Salmon, p. 65) qui le disent, et 
cas, dès Geoffroi Grisegonelle, nous avons la preuve absolue que 
tes d'Anjou étaient maîtres de Loches. 

5 trois fils sont nommés dans la charte de 929 citée ci-dessus, 
lir aussi la généalogie n° Il des Généalogies angevines éditées par 
)ardindajis les }félanges d'archéologie et d'hist, de T École française 
e, t. XX (1900), p. 206. — Pour Gui, c'est Flodoard [Annales, 
) qui nous dit qu'il fut chanoine de Saiixt-Martin de Tours (cf. 
iouis IV d'Outremer, p. 136, n. 1). 

st ce qu'établit Mabille (Introd., p. lxiii). Cei>endant il ne 
peut-être pas être trop affirmatif : la seule chose que les documents 
it clairement, c'est que Foulque le Roux vivait encore en 

ir dans le Cartul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, 
une charte de Geoffroi Grisegonelle, qui, d'accord avec son frère 
ur le repos de l'âme de leur père Foulque et de leur mère 
e, fait une donation à l'abbaye de Saint-Aubin. — Pour Adélaïde, 
bille, Introd., p. lxv-lxvi. C'est cette Adélaïde qui s'est égale- 



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ÏNTROPUCTION . 5 

d*Alain Barbetorte, sœur du comte de Blois Thibaud le Tricheur ^• 
Or, ce dernier, à qui Alain avait confié la tutelle de son fils 
Drogon 2, en ayant abandonné la garde à son nouveau beau-frère 
et lui ayant remis, en outre, jusqu'à la majorité de l'enfant la 
suzeraineté du comté de Nantes et des Mauges '', Foulque, à çn 
croire des récits, il est vrai, quelque peu légendaires, aurait pris 
goût à cette domination et aurait même tenté en faisant périr Dro- 
gon de se rendre définitivement maître des domaines qui lui étaient 
temporairement confiés'*; mais les Nantais, attaqués quelque 
temps après par les Normands, ayant en vain imploré son secours, 
labandonnèrent pour se donner aux bâtards d'Alain Barbetorte, 
Hoël et Guérech ^. La tentative de Foulque le Bon échoua donc ; 
mais elle ne devait pas être oubliée par ses successeurs. 

Ses enfants parvinrent tous à de hautes situations : Gui, 
après avoir été abbé de Cormery et de Saint-Aubin d'Angers, 



ment appelée Blanche, comme on le voit aux généalogies n®* II et IV 
des Généalogies angevines citées ci-dessus n. 3 

1. Voir Chron. de Nantes, éd. Merlet, ch. XXXVII. — Plusieurs histo- 
riens ont, d'après le témoignage de VArt de vérifier les daies^ donné à la 
sœur de Thibaud le nom de Gerberge: c'est confondre la seconde femme 
de Foulque le Bon avec la première, qui, nous l'avons vu, a effecti- 
vement porté ce nom. Il est certain, en effet, que ce n'est pas en 952 
que Foulque a pu épouser celle qui fut la mère de Geoffroi Grisegonelle, 
de Gui et d'Adélaïde. — Les auteurs de VArt de vérifier les dates et les 
historiens modernes, conformément au témoignage des Gesta (éd. 
Marchegay et Salnton, p. 75) et de la généalogie n° II des Généalogies citées 
ci-dessus, p. 4, n. 3, admettent que Foulque le Bon eut un fils nommé 
Dreu ou Drogon: il semble qu'il y a eu confusion ici entre le fils de la 
seconde femme de Foulque et les enfants de Foulque lui-même. 

2. Chron. de Nantes, éd. Merlet, ch. XXXVI. 

3. Ibid,, ch. XXXVII. Cf. R. Merlet, Les origines du monastère de 
Saint-Magloire de Paris, dans la Bibl. de P École des Chartes, t. LVI, 1895, 
p. 261, n. 3, et voir la charte de 958 imprimée dans^dom Morice, 
Mémoires pour servir de preuves à Vhistoire de Bretagne, t. I,col. 346, tirée 
du Livre rouge de Saint-Florent de Saumur, fol. 27 v<>. 

4. Chron, de Nantes, éd. Merlet, ch. XXXVII. Cf. Vlntroduction de 
cette édition, p. xlvi. et F. Lot, Derniers Carolingiens, p. 247. 

5. Chron, de Nantes, éd. Merlet, ch. XXXVllI, et cf. A. de La Borderie, 
Hist, de Bretagne, t. II, p. 420-422. 



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6 LE COMTÉ d'aNJOU 

reçut de Lothaire, en 975, Tévêché du Puy-en-Velay *. Adélaïde 
eut une destinée plus brillante encore : après avoir été mariée à 
Etienne, comte de Gévaudan, elle fut quelque temps la femme 
du roi Louis V et finit par épouser le comte d'Arles Guil- 
laume I^*"; c'est de ce dernier mariage que naquit Constance, 
femme du roi Robert -, Quant à Geolfroi, bientôt surnommé 
« Grisegonelle », il succéda à son père vers Tan 960 ^. 

Sous le gouvernement de ce dernier, la maison d'Anjou devint 
de plus en plus forte : continuant la politique esquissée par 
Foulque le Bon, Geoffroi se fit nettement le protecteur — peu 
désintéressé — des comtes de Nantes contre les comtes de 
Rennes, vassaux des comtes de Blois. C'est à ce titre qu'il inter- 
vint en faveur de Guérech, lorsque celui-ci livra à Conan de 
Rennes la première bataille de Conquereuil (981 ou 982) * et 
qu'il eut à repousser une attaque des fils de Conan, qui, pour 
riposter, sans doute, avaient tenté de surprendre Angers ^. Pour 

1 . Voir Lot, Derniers Carolingiens, p. 81 . 

2. Ibid.y p. 427, 1.29, 367, 368. 

3. C'est la date donnée par Mâbille, Introduction, p. lxvii. Elle est 
confirmée par le catalogue des comtes d'Anjou composé au xii« siècle, 
que nous publions parmi les Pièces justificatives, n<* 7. 

4. Chronicon Britannicum, dans dom Morice, Mémoires pour servir de 
preuves à Vhist, de Bretagne, t. 1, col. 4: « Anno DGCCGLXXXII, primum 
bellum Britannorum et Andegavorum in Concruz » ; Chron, Sancii 
Michaelis, dans Labbe, Nova biblioiheca mss., t. I, p. 350 : « Anno 
DGGCCLXXXI, Gonanus Gurvus contra Andegavenses in Goncurrum optime 
pugnavit »; Chron. de Nantes, éd. Merlet, ch. XLI, p. 119. Gf. A. de La 
Borderie, Hist. de Bretagne, t. II, p. 425-427. — Sur la vassalité des comtes 
de Rennes vis-à-vis de la maison de Blois, voir Chron. de Nantes, éd. Mer- 
let, p. 114, n. 2. 

5. Chron. de Foulque le Réchin (éd. Marchegay et Salmon, p. 376) : 
« Et fugavit Britones, qui vénérant Andegavim cum praedatorio exercitu, 
quorum duce^erant filii Gonani. » Sur ce texte, voir les observations de 
Kate Norgate, England under ihe angevin kings, t. I, p. 135 et suiv. Nous 
avons repris ces observations nous-mêmes dans notre Étude sur Vauthen- 
ticité du fragment de chronique attribué à Foulque le Réchin, loc. cit., 
p. 18-20. Aux arguments que nous avons fait valoir avec miss Kate Norgate 
ajouter que les Gesta consulum Andegavorum, faisant allusion aux mêmes 
faits, tout en les dénaturant, les placent sous Foulque Nerra, au temps de 



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mwm^ L'i .- 



INTRODUCTION 



prix de ses services, il sut contraindre Guérech à lui prêter 
hommage *. Il fut également en guerre avec Guillaume Fière- 
brace, comte de Poitiers et duc d'Aquitaine, et, victorieux ou 
non, obtint de lui en fief quelques forteresses et la ville de Lou- 
dun 2. Bien plus, Geoffroi joua certainement un rôle impor- 
tant dans les principales afiTaires du royaume : s'il est assez peu 
vraisemblable qu'il ait été gonfalonier du roi, comme quelques 
énidits l'ont admis ^^ il n'en reste pas moins qu'il prit une part 
active aux expéditions de Lothaire contre le duc de Norman- 
die Richard l^ et ses alliés les Danois ^, ainsi qu'à la cam- 



la deuxième bataille de Conquereuil, ce qui, nous le verrons, est tout à 
fait impossible : or si ces faits eu eux-mêmes sont exacts, il faut bien, 
avec Foulque le Réchin, les placer au temps de la première bataille de 
Conquereuil. 

1. Chron, de Nantes, éd. Merlet, ch. XLII. 

2. Adémar de Chabannes (Chron,, III, xxx, éd. Chavanon, p. 152) 
déclare que Geoffroi fut vaincu, m^ais reconnaît qu'il reçut de Guillaume 
« castrum Losdunum cum nonnullis aliis in pago Pictavorum pro 
beneficio... » ; Foulque le Réchin (Chron., éd. Marchegay et Salmon, 
p. 376) déclare que Geoffroi fui vainqueur, qu'il battit Guillaume aux 
Roches, et s'empara lui-même de la ville de Loudun. Quoi qu'il en soit, 
il est certain, nous le verrons plus loin (p. 54) que les comtes d'Anjou, à 
partir de ce moment, ont tenu Loudun (dont plusieurs textes, par exemple 
le n* 130 bis du Catalogue d'actes, attestent qu'ils sont délenteurs) comme 
vassaux des ducs d'Aquitaine, et nous avons même un diplôme du roi 
Lothaire, il est vrai suspect à plus d'un titre, qui indique Geoffroi 
Grisegonelle comme vassal de Guillaume d'Aquitaine dès 973 (Becueil 
des actes de Lothaire et de Louis V, rois de France, éd. Halphen et Lot, 
n» LXIl). 

3. C'est cependant à peu près ce que serait porté à accepter M. Lot 
{Derniers Carolingiens, p. lOi, n. 2). 

4. Voir Lot, Derniers Carolingiens, p. 346-357. — Nous croyons que 
-c'est à la part prise par Geoffroi Grisegonelle dans cette expédition qu'il 

faut rapporter, en gros, ce que racontent les Gesta (éd. Marchegay 
et Salmon, p. 78-85: 1" rédaction) des combats où il eut à se mesurer 
avec les Danois: il y a eu évidemment confusion entre les exploits de 
Geoffroi à cette occasion et ses exploits lors du siège de Paris en 978; 
mais il faut noter la distinction établie par les Gesta entre ces premiers 
faits d'armes et ceux qui eurent lieu contre les Theutonici (p. 85 de l'éd. 
Marchegay et Salmon): la guerre normande est des années 959-968, c'est-à- 
dire antérieure à la guerre contre Otton II. 



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LE COMTÉ D ANJOU 

ne de Lorraine, en 978 *, et à la défense de Paris contre 
on II. 11 accomplit même dans ces circonstances de tels faits 
rmes que la légende et Tépopée s'en emparèrent aussitôt 2. 
n en cour auprès des Carolingiens ^^ Geoffroi eut, en outre, 
ibileté de rester toujours dans les meilleurs termes avec son 
erain Hugue Capet ^; non seulement il le reconnut comme 
dès son élection, mais il semble même Tavoir aidé à dompter 
résistances qu il rencontra alors ^. Il mourut pendant qu'il 
it occupé à cette tâche, au siège de Marçon, le 21 juillet 987 ^, 
sant deux fils et une fille ^ : Foulque dit « Nerra » ^, né vers 

Annales de Vendôme, dans notre Recueil d'annales angevines et 
lômoises, p. 57 : « Idem (Hlotharius) postmodum Hlotharingiam 
impnialus est; cujus expeditionibus Gosfridus, Andecavorum cornes, 
îi* Fulconis ultimi, interfuit multique alii nost^e etatis viri. » 

Pour la présence au siège de Paris, voir Lot, Derniers Carolingiens, 
01 etsuiv. Sur la légende de Geoffroi Grisegonelle, voir ibid., p. 104- 
, et du même, Geoffroi Grisegonelle dans Vépopée, dans la Romania, 
IX, p. 377-393 ; mais tenir compte de la note 4 de la p. précédente. 

Voir Lot, Derniers Carolingiens, p. 172, en faisant toutefois les 
rves nécessaires (que nous justifierons plus loin, p. 9, n. 4) sur ce 
a trait à l'éducation de Foulque Nerra. 

Voir au Cartul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n» 2, 
charte où Geoffroi Grisegonelle s'intitule « Gautfredus, gratia Dei et 
oris mei domni llugonis largitione, Andecavorum cornes ». Cf. les 
es cités par Loi, Derniers Carolingiens, p. 111, n. 1, et p. 116. 

C'est ainsi que nous croyons devoir interpréter le texte de Foulque 
^échin, Chron. : « Et postea fuit cum duce Hugone in obsidione 
i Marsonum, ubi arripuit eum infirmitas qua expiravit » (Chron, 
comtes d'Anjou, p. 376). 

Ibid, et Annales de Vendôme : a DCCCCLXXXVII. Obiit Gosfredus 
ecavorum comes, pater Fulconis ultimi, XII kalendas augusti, in 
dione Marsonis super Odonem Bufinum facta » [Recueil d'annales 
?r. el vendôm., p. 58), lextc reproduit avec quelques variantes dans les 
des angevines (Ibid, p. 2, 46, 85, 106, 117). On ignore qui est cet* 
e le Boux; quant à Marso, c'est, selon toute vraisemblance, Marçon, 

Château-du-Loir. L'Obituaire de Saint-Maurice d'Angers (voir Chron.' 
églises d'Anjou, p. 9, n. 1) reproduisait le texte des Annales de 
dôme. Par suite de fautes de lecture ou d'essais d'interprétation, deux 
uscrits cités par M. de La Borderie, Histoire de Bretagne, t. II, p. 533, * 
■oduisent aussi ce texte, mais en y remplaçant Marsonis par Ancenis, 

Un troisième fils, Geoffroi, enfant du premier lit, était mort avant 

Voir Mabille, Introduction, p. lxx. 

Sur ce surnom, voir Appendice /•". 



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INTRODUCTION 9 

970 *, qui lui succéda, Ermengarde, qui épousa le comte de 
Rennes Conan 2, et Maurice, enfant d'un second lit ^ 

Avec Foulque Nerra ^ allait commencer pour le comté d'An- 
jou une longue période de développement intérieur et d'accrois- 

1. Cette date peut être établie en se fondant sur un passage de la 
Chron, de Nantes^ XLIV, éd. Merlet, p. 429, où, à propos d'événements 
des années 990-992, il est dit que Foulque était « lors juvenceau de Tasge 
de vingt ans »; mais nous croyons qu'il ne faut pas serrer le texte de trop 
près et aller, comme le fait M. Merlet, loc. cit., p. 129, n. i, jusqu'à 
donner la date précise de 971-972. 

2. Mabille, Introduction, p. lxx et suiv. 

3. Ibid. Maurice, comme Ta établi Mabille, paraît dans plusieurs 
chartes de Cluny à la fin du x® siècle : voir notamment le n® 2484 du 
Recueil des chartes de Cluny publ. par A. Bernard et A. Bruel, t. II. Cf. 
E. Petit, Hist. des ducs de Bourgogne, t. V, p. 493. Pendant le règne de 
Foulque Nerra^ Maurice est cité comme son frère dans deux chartes, Tune 
de 1002-1003, Tautre de 996-1005 {Catalogue d'actes, n«* 20 et 22). — 
Foulque Nerra et Ermengarde étaient nés d'un premier mariage avec Adèle 
de Vermandois ; Maurice, d'un second mariage conclu vers 978 avec Adé- 
laïde, veuve de Lambert, comte de Chalon : voir Mabille, loc. cit., et les 
Généalogies angevines publ. par Poupardin {Mélanges d'archéologie et 
d'histoire de l'École franc, de Rome, t. XX, 1900, p. 206-208), n*» 2-5, et 
celles de notre Recueil d'annales angevines et vendômoises, p. 49. Voir aussi 
Lot, Les derniers Carolingiens, p. 328-329. — Miss Kate Norgate fait de 
Foulque Nerra un fils d'Adélaïde de Chalon {England under the angevin 
kings, t. I, p. 136): dans ce cas, Foulque n'eût pu naître avant 979 ; mais 
les textes s'y opposent (voir notamment Catalogue d'actes, n®» 1, 2 et 3, 
et le passage précité de la Chron. de Nantes, XLIV, éd. Merlet, p. 129) et 
nous montrent, en outre, que Maurice, n'était que le demi-frère de Foulque 
(voir notamment la notice du Cartul. de la Trin. de Vendôme, éd. Métais, 
t. I, n<>* 16-17, où il est parlé de Maurice seulement comme d'un cognatus 
de Geoffroi Martel^ fils de Foulque Nerra). 

4. On ne sait rien de Tenfance de Foulque Nerra. On a quelquefois 
affirmé qu'il avait fait son éducation à la cour des rois Lothaireet Louis V, 
mais en se fondant uniquement sur « la Chronique de Beaulieu », citée 
dans une histoire manuscrite de l'abbaye de Beaulieu-lôs-Loches de dom 
Galland (Salies, Uist. de Foulques Nerra, p. 8, suivi par Lot, Les der- 
niers Carolingiens, p. 162, n. 3, et p. 172. Cf. sur la « Chronique de Beau- 
lieu », Salies, loc. cit., p. 132, n. a, et p. 495). Or, bien que la « Chro- 
nique de Beaulieu » n'existe plus et bien que nous n'ayons pas eu entre 
les mains le manuscrit de dom Galland, dont nous ignorons le proprié- 
taire actuel, les extraits de la « Chronique » donnés d'après dom Galland 
par M. Archambault, dans son Histoire de l'abbaye et de la ville de Beau- 
lieu, au t. XI de la Revue de r Anjou (1874), p. 64-65, sont suffisants pour 



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40 LE COMTÉ D* ANJOU 

sèment. Grâce à des circonstances exceptionnelles, cet état allait 
jouir pendant plus de soixante-dix ans d'une direction énergique et 
continue : Foulque Nerra allait, en effet, régner personnellement 
jusqu'au 21 juin 1040 *, entreprenant et servi à souhait par la 
fortune jusqu'à son dernier jour, puislaisser comme successeur un 
fils déjà mûri par l'âge et l'expérience, Geoffroi dit « Martel » -^ 
né le 14 octobre 1 006 ^ d'un second mariage avec la lorraine 

prouver que le texte visé à été composé, au plus tôt, au xvii* siècle et 
qu'il devait être analogue au Chronicon Bellilocense rédigé en 1685 par le 
moine Yve Gaigneron (Bibl. nat., ms. lat. 12662, fol. 105-127). On n'en 
peut donc invoquer ici Tautorité. Nous ferons d'ailleurs remarquer que les 
chartes nous révèlent la présence de Foulque Nerra dans le comté d'An- 
jou en 974, 978, 985 {Catalogue d'actes, n»» 1, 3, 5). 

1. Annales de Vendôme : « MXL... hoc ipso anno obiit Fulco cornes, XI 
kalendas julii » {Recueil d^ annales angevines et vendômoises, p. 61), texte 
reproduit avec quelques variantes dans les annales angevines {ibid., p. 4, 
46, 118) et dans la Chronique de Saint-Maixent (Chron. des églises d'Anjou, 
p. 393). Foulque le Réchin, Chron, : « Bis etiam Jérusalem adiit. In cujus 
secundo reditu rébus humanis excessit circa festivitatem sancti Johannis 
anno ab incarnatione Domini MXL » {Chron. des comtes d'Anjou, p. 377). Le 
fait est noté sous Tannée 1040 dans la Chronique en prose de Saint-Julien 
de Tours (Salmon, Recueil des chron, de Touraine, p. 231) et au XI des 
calendes de juillet dans les obituaires de Saint-Julien de Tours (Bibl. de 
Tours, ms. 1279, copie du xv« siècle d'un ms. ancien) et de la Trinité de 
Vendôme (Métais, Cartul.de la Trin. de Vendôme, [nouveau] t. IV, Vannes, 
1900, p. 407). 

2. Sur ce surnom, voir Appendice l^^. 

3. Cette date du 14 octobre 1006 était certainement celle que donnait le 
recueil primitif de Saint-Maurice d'Angers dont, pour le début du 
XI® siècle, les annales angevines et vendômoises dérivent. En effet, les 
Annales de Vendôme portent : « MVI. Gosfredus comes natus est II idus 
oclobris » (p. 59 de notre Recueil) ; les Annales de Saint-Aubin : « MVI. 
Hubertus episcopus ordinatus est et eodem anno Goffredus Martellus natus 
est » {ibid., p. 3) ; les Annales de Saint-Florent de Saumur : « MVI. Huber- 
tus ordinalur episcopus. Goffredus comes natus est II idusoctobris » {ibid., 
p. 117). Devant cet accord et étant donnée surtout l'autorité des Annales 
de Vendôme, on ne peut expliquer que par une erreur de transcription l'in- 
dication d'année contenue dans les Notes de Vobiluaire de Saint-Serge 
(lesquelles, on le sait, sont copiées sur le même recueil de Saint-Maurice 
d'Angers que les textes précédents) : « Idus junii. Dies ordinationis 
Huberti presulis, anno ab incarnatione Domini MVII. Eodem anno Gos- 
fridus comes natus est II idus octobris » {ibid., p. 106). Il est donc établi 
que le recueil de Saint-Maurice d'Angers donnait pour la naissance de 



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INTRODUCTION 

Hildegarde ^ Si ce dernier n'avait pas été prématurétnent < 

GeofTroi Martel la date du H octobre 1006. — Il est vrai qu*une no 
CartuL de Saint- Aubin d'Angers, éd. Bertrand de Broussillqn, n° 1, 
par ces mots : « Anno ab inca^natione Domini MVII, indictione \ 
fridus Martellus natus est et pater ejus Fulcho, etc.. » Mais cette 
assez postérieure et qui contient au moins une autre grosse inexa 
chronologique (voir n° 53 du Catalogue d^actes) ne peut prévaloir coi 
textes précédemment cités. 

1. Foulque Nerra épousa en premières noces, vers l'époque 
avènement, Elisabeth, fille du''comte de Vendôme Bouchard le Véi 
et en eut une fille, Adèle ; nous en reparlerons au chap. II, p. 62. 
la mort d'Elisabeth, en Tan 1000 (voir ibid.)^ Foulque épousa Hild^ 
dont on sait seulement qu'elle était Lorraine et d'une lignée il 
« religiosa atque piissima comitissarum, domna Hildegardis, quam 
ut credimus et in rébus manifestum est, omnium conditor Deus a 
riensium partibus, de regali progenie orlam, in hos occidentales 
rum fines ad restaura tionem destitutarum olim ecclesiarum perduxi 
une charte du Roi>ceray d'Angers [Cartul. du Ronceray, éd. Man 
n® 173) ; « illustrem puellam », dit V Histoire de Saint-Florent { 
des églises d'Anjou, p. 260). M. L. de Grandmaison, dans les positi 
sa thèse sur Geofl'roi Martel {Positions des thèses des élèves de VEc 
Chartes, ann. 1887), dit qu'Hildegarde descendait peut-être des coi 
Nordgau ; mais nous ignorons sur quoi cette hypothèse repoî 
contre, c'est par erreur que Gél. Port (Dictionn, de Maine-et-Loir 
p. 359) dit qu'Hildegarde « était sœur de Gildouin de Doué, au 
gnage d'une charte de Saint-Florent », la charte visée {Livre noir dt 
Florent de Saumur, fol. 12 v°, n° 15) relatant seulement un d 
par Gerberge, femme de Geudouin, en 980, du consentement 
propre sœur la vicomtesse Hildegarde (u Signum Girbergane, qua 
dona tionem fecit ; signum Gelduini, senioris ejus ; signum Hild 
vicecomitissae, sororis ejus. Data mense aprili, anno XXV re 
Hlothario rege. Actum Salmuro Castro publiée »).0n ignor 
quelle date naquit Hildegarde ; mais on sait qu'elle ne survécut 
peu à son mari : elle alla mourir à Jérusalem le l*"* avril 1046, e 
ensevelie, selon ses vœux (Cartul. du Ronceray, éd. Marchegay 
33, 64 ; Obit, du Ronceray, dans Chron. des églises d'Anjou, p. 39i 
Obit, de Saint-Aubin d'Angers [Bibl. d'Angers, ms. 830, anciei 
copie de VObit. de Beaulieu-lès-Loches dans Bibl. nat., ms. lat. 
fol. 100 r<», aux calendes d'avril ;i4/m. de Vendôme et Ann. de Saint 
p. 4 et 62 du Recueil d'ann. angevines et vendômoises). Les tex 
prouvent que Geoffroi Martel était fils d'Hildegarde sont très non 
on peut voir notamment les n°* 30, 44, 45, 58, 72, 76, 77, 78, 79 d\ 
logue d'actes. — De son mariage avec Hildegarde, Foulque Ne: 
encore une fille, Ermengarde. Voir Foulque le Réchin, Chron. : 
Fulco cornes Andegavensis, qui fui filius Gosfridi de Castro Lan( 



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! LE COÎITÉ d' ANJOU 

la vie le 14 novembre 1060*, sans laisser d'héritiers directs, 
L ne peut dire jusqu'à quel degré de puissance les comtes 
A^njou seraient parvenus dès le xi® siècle ; mais de 987 à 1060 
irs progrès allaient être assez remarquables pour qu'on pût 
évoir pour leur maison les destinées les plus brillantes. 

mengardis, filiae Fulconis comitis Andegavensis... « (Chron. des comtes 
injoUy p. 375) ; Généalogies angevines publiées par Poupardin, dans les 
langes de VÉcole franc, de Rome, t. XX, 1900, p. 206-208, n«» 2-5 ; 
néalogie publiée p. 49 de notre Recueil d'annales angev. et vendômoises. 
tte Ermengarde, à ce qu'il semble, fut surnommée Blanche : c'est du 
ans ainsi que nous croyons devoir interpréter la charte n° 125 du Car- 
. du Ronceray, éd. Marchegay, où il est question de la fille d'Hildcgarde 
de Foulque Nerra, t cognomine Blancha ». Cette expression « cogno- 
ne » indique nettement qu'il ne s'agit là que d'un surnom ; aussi n'y-a- 

pas lieu de supposer à notre comte une fille de plus, comme l'a fait 
1. Port, Diclionn., t. II, p. 191. — Ce dernier {ibid,) et tous les histo- 
ns de l'Anjou attribuent à Foulque Nerra et Hildegarde encore une 
tre fille, qu'ils nomment Adèle (voir notamment Mabille, Introd, 
V chron, des comtes d'Anjou, p. lxxviii). Le seul texte qu'on puisse 
)duire à l'appui de cette assertion est la phrase suivante des Gesta 
isulum (ms. 6218, p. 45) : « Fulco ex uxore sua Goffridum Martellum 

filiam Adelam nomine genuit. » Mais les Gesta font évidemment con- 
ion entre la fille d'Hildegarde et celle d'Elisabeth, ou plutôt ils ne 
maissent, en fait d'enfants de Foulque Nerra, que Geoffroi Martel et 
èle : « uxor sua » ne désigne pas plus Elisabeth qu'Hildegarde ; elles 
sont nommées ni Tune ni l'autre. — Quant à Ermengarde, elle épousa, 
LIS le verrons (2« partie, chap. I), GeofTroi, comte de Gâtinais, et en eut 
IX fils, Geoffroi le Barbu et Foulque le Réchin. 

[. Annales de Vendôme : ^< MLX. Obiit Heinricus Francorum rcx, anno 
linationis suç XXIX et eodem ipso anno obiit Gausfredus comes, Ful- 
lis filius, XVIII kalendas decembris, feria III, hora diei prima, mona- 
li habitu prius suscepto a domno Adraldo, abbate Sancti Nicholai » 
*cueil d'annales angev. et vendôm., p. 63), texte reproduit dans les 
lales angevines [ibid., p. 5, 108, 119) et la Chronique de Saint-Maixent 
ïron. des églises d'Anjou, p. 402); Foulque le Réchin, Chron. : « In 
lem porro anno (MLX*») rex Ainricus obiit in nativitate sancti Johanniset 
us avunculus Gosfridus tertio die post festivitatem beati Martini bono 
3 quievit » (Chron. des comtes d'Anjou y p. 379). VObituaire de Saint- 
bin d'Angers (Bibl. d'Angers, ms. 830, ancien 747) et VObituaire du 
nceray {ibid., ms. 849, ancien 761, copie du xvi« siècle) notent la mort 
Geoffroi Martel au 18 des calendes de décembre. 



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CHAPITRE I«r 
LES CONQUÊTES 

I 

Le comté d'Anjou, à ravènement de Foulque Nerra, ne 
rappelait qu'assez imparfaitement l'ancien comté ou pagus 
carolingien *: il était à la fois plus vaste et plus restreint. C'est 
du côté de la Touraine et du Poitou que les modifications avaient 
été' les plus profondes: le comte, au lieu de voir sa domination 
arrêtée vers le sud-ouest, comme autrefois, au Layon et à 
rironne, appars^issait désormais comme le suzerain d'une partie 
de cette région des Mauges convoitée déjà par Foulque le Bon *. 
La limite méridionale de l'ancien pagus s'était également quelque 
peu infléchie pour venir englober Vihiers 3. Au sud-est, le cours 

i. 'Les limites de ce pagas ont étéindiquées par M. Longnon dans son .U/as 
historique de la France. Toutefois, sur un point de détail, nous avons cru 
devoir, nous écartant de la cartede M. Longnon, admettre avec Célestin Port 
[Dictionnaire de Maine-et-Loire, Introduction^ p. iv) que le pagus d'Angers 
s'étendait au delà du Layon sur la région de Gonnord, de Melay, de Chemillé : 
celte région a toujours, à ce qu'il semble, fait partiedu diocèse d'Angers et, 
en outre, la Chronique de Nantes, éd. Merlet, p. 97, dit expressément que 
les Mauges s'arrêtaient à l'ironne. 

2. Renaud le Thuringien, vassal du comte d'Anjou, possédait une bonne 
partie de cette région : voir la Chronique de Nantes, éd. Merlet, p. 123. Il 
en légua certains morceaux h son fils, l'évêque d'Angers Renaud : voirie 
diplôme de Robert le Pieux publié dans les Hist, de Fr., t. X, p. 583, et 
une notice du monastère de Saint-Serge d'Angers, datée de l'an i058, dans 
la Collection dom Housseau, vol. 11^, n® 582. Cependant Saint-Florent-le- 
Vieil restait encore dans le comté de Nantes : voir ci-dessous, p. 52. 

3. Une charte-notice de Saint-Aubin d'Angers nous montre Geoffroi 
Grisegonelle disposant de la terre de Vihiers en faveur d'un de ses y^iS- 
s^uw'Carlul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n°85). Or Vihiers 
était en dehors du pagus d'Angers et resta toujours en dehors du diocèse 



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14 LE COMTÉ d'aNJOU 

moyen du Thouet avait cessé de marquer la frontière : dès son 
avènement, Geoffroi Grisegonelle était maître à Méron K 

A Test, c'avait été un bouleversement complet : la prise de 
possession du Saumurois par les comtes de Blois (qui était déjà 
chose faite au^ début du x* siècle ^), avait fait reculer jusqu'à 
Gennes ^ la limite de l'Anjou, qui, laissant en dehors Dénezé, 
Meigné, les Ulmes, Distré ^, venait rejoindre le Thouet entre le 
Coudray-Macouard et Lézon ^. Par contre, en pleine Touraine, le 



ti' Angers. C'est seulement au milieu du x® siècle que les comtes d'Anjou 
s'y étaient installés : car, en 942, Vihiers faisait encore partie des 
domaines de Saint-Hilaire de »Poitiers {Pori^ Dictionnaire y t. III, p. 718). 
. 1. En 966, Geoflfroi Grisegonelle donnait à Saint- Aubin d'Angers une 
partie des domaines de Méron (« sitam in pago Pictavensi ») en rappelant 
que c'était là un bien depuis assez longtemps déjà entre les mains des 
comtes d'Anjou (Cartul. de Saint-Aubin^ éd. Bertrand de Broussillon, 
no224). 

2. En 937, le maître de -Saumur était déjà Thibaud, comte de Blois 
(Hist. de Saint-Florent de Saumur, dans Chron. des églises d'Anjou, p. 230). 
Célestin Port affirme (Dictionn., Introduction, p. x) que « la maison de 
Blois avait, depuis l'expulsion des Wisigoths, réuni à la Touraine tout le 
Saumurois'» ; mais il se fonde sur un texte mal interprété, que nous citons 
à la note suivante. 

3. Hist. de Saint-Florent (Chron, des églises d'Anjou, p. 276) : « Nam a 
priscis Franciae regum temporibus, Andegavam atque Neustriam regionem 
libère tenentium, a castro Salmuro potentissimam dominationcm vulgariter 
vicariam dictam terminabat Gegina vicus. » 

4. Une charte de l'an 990 nous- apprend que lés moines de Saumur 
durent prendre un [)rotecteur pour leurs terres de Dénezé, Meigné, les 
tJlmes, Distré, sur lesquelles Foulque Nerra passait chaque fois qu'il péné- 
trait en Saumurois (Pièces justif., n** 1). 

5. En 976, Geoffroi Grisegonelle ratifiait la restitution faite par un de ses 
fidèles à l'abbaye de Sainl-Aubin d'une terre sise au Coudray-Macouard 
[Cartul, de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, no211). D'autre part, 
Célestin Port (Dictionnaire, t. II, p. 514-515) a montré que Lézon (au con- 
fluent de la Dive et du Thouet) était dans la voirie de Chênehutte, c'est-à- 
dire dans le Saumurois, et dépendait, dès le début du x« siècle, de l'ab- 
baye de Saint-Florent de Saumur. Cependant oh était là sur l'extrême 
limite de l'Anjou et de la Touraine : on 958, nous voyous, en effet, que le 
pays de Véron (entre Chinon et la Loire) est <t in confinio Andegavorum 
Turonorumque u (Mabille, Introd., p. lxiv, n. 3). 



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"j:^^''' 



LES CONQUÊTES 15 

jointe d*Anjou possédait Saint-Épain * , la Haye sur la Creusé ^, 
Ligueil 3, Villentrois ^, Loches ^, Amboise ^, Monnaie, Cour- 
çay ", et sans doute aussi Semblançay, Saint-Christophe, 
Château-la-ValIière ^ et, plus au nord, Chenu ^j possessions 
encore assez clairsemées, mais faciles à relier et formant comme 
un vaste réseau qui menaçait d'enserrer Tours. 

Sur les confins du Maine, la frontière du comté était restée à 
peu près la même qu'àTépoque des premiers Carolingiens : près 
de cette frontière, la Pèlerine *^, Noyant**, GenneteiP^, le Lude*^, 



1. En 1023-1024, nous voyons Foulque Narra renoncer à toutes les mau- 
vaises coulumes établies par Geofîroi Grisegonelle à Parce, Précigné, 
Noyant, Genneteil, Chenu, Saint-Epain,. Ligueil, Courcay, Monnaie (Cata- 
logue d'actes y n® 35). / 

2. VHist. de Saint-Florent [Chron, des églises d'Anjou, p. 274) nous parle 
de la Haye comme d'une place héritée par Foulque Nerra de ses prédéces- 
seurs et les Gesta consul, Andegav. affirment, nous l'avons vu, que la pos- 
session en remontait à Foulque le Roux (éd. Marchegay et Salmon, p. 65). 

3. Voir ci-dessus, n. 1. 

4. Les deux mêmes textes que pour la Haye. 

5. Voir ci-dessus, p. 4, et se reporter, par exemple, au n° 4 du Cata- 
logue d'actes. 

6. Mêmes chroniques que ci-dessus : suivant les Gesta, la possession 
d' Amboise remonte à Enjeuger (ci-dessus, p. 2). 

7. Pour Monnaie et Gourçay, voir ci-dessus, n. i. 

8. Pour ces trois places, nous nous en rapportons seulement au témoi- 
gnage des Gesta, qui nous montrent Foulque Nerra passant à Semblançay 
comme dans un de ses domaines et nous disent que Ilugue d'Alluye, sei- 
gneur de Saint-Christophe et Château-la-Vallière, était le vassal de 
Foulque Nerra (ms. 6218, p. 44; Chron. comtes d'Anjou, p. 91). 

9. Voir la charte citée, ci-dessus, n. 1. 

10. En974, la comtesse Adèle faisait don de la Pèlerine à Tabbaye de Saint- 
Aubin [Cartul, de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n® 3). La Pèle- 
rine était au pagus d'Angers, mais sur les confins de ce pagus. 

11. Voir la charte citée ci-dessus, n. 1. 

12. Ibid. 

13. En 976, Geofîroi Grisegonelle restituait à l'abbaye de Saint-Jouin-de- 
Marnes l'église de Saint-Jouin du Lude, qui, depuis Foulque le Roux, était 
en la possession des comtes d'Anjou [Carlul.de Saint-Aubin, éd. Bertrand 
de Broussillon, n° 821). Le Lude était au pagus d'Angers, comme le 
prouvent non seulement la charte de Saint-Aubin de l'an 976, mais bien 
d'autres textes (voir, par exemple, les Ilist. de Fr., t. IX, p. 543: diplôme de 



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16 LE œMTÉ d' ANJOU 

à Test, Précigné et Parce, dans la vallée de la Sarthe *, Bazouges, 
dans la vallée de la Mayenne 2, étaient encore à la fin du 
x« siècle au nombre des domaines angevins. Cependant, même 
de ce côté, un léger accroissement s'était produit à la suite de 
l'acquisition opérée par Foulque le Bon, aux dépens de l'évêché 
du Mans, des domaines de Coulaines et de Dissay-sous-Courcil- 
lon ^. 

A l'ouest, des modifications très importantes avaient peut-être 
eu lieu, car depuis Louis le Pieux, pendant plus d'un demi-siècle, 
la frontière bretonne n'avait cessé d'être remaniée * ; mais les 
documents qui pourraient nous éclairer à ce sujet font totale- 
ment défaut et c'est à peine si Ton peut affirmer que, sur la Loire, 
le comté d'Anjou s'arrêtait à Ingrandes ^. 

Tan 919), et il a toujours fait partie du diocèse d'Angers ; tout près de là, 
à Test, Vaas était déjà au pagus du Mans et au diocèse du Mans {CarluL de 
Cormery, éd. Bourassé, n° 7). 

1. Voir la charte citée ci-dessus, p. 15, n. i. — Parce était sur Tex- 
trême limite du pagus d'Angers, qui, laissant en dehors Sablé, rejoignait 
un peu en amont la Sarthe, qu'elle remontait jusqu'au-dessus de Parce :en 
face de Parce, de l'autre côté de la rivière, on était dans le Maine. — Sablé 
appartenait au comte du Maine : voir Cariulaire de la Couture (Le Mans, 
1881, in-40), n»» 16 et 29. 

2. 11 y avait longtemps en 1006 que Bazouges comptait parmi les pos- 
sessions du comte d'Anjou {CartuL de Saint- Aubin, éd. Bertrand de Brous- 
sillon, n® \), 

3. Voirdom Piolin, Histoire de Véglise du Mans, t. III, p. 5-6, d'après 
les Actus pontificum Cenomannis in urbe degentium (éd. Busson et 
Ledru, p. 353;. 

4. Voir ci-dessus, p. 2, et ajouter encore un remaniement qui n'y est pas 
mentionné, mais qui est extrêmement obscur : nous voulons dire l'abandon 
que Charlesle Chauve aurait fait en 863 à Salomon, duc de Bretagne, parle 
traité d'Entramnes, dupays«dit Inter duas aquas » (Ann. de Saint-Bertin, 
ann. 863). La Borderie {Hist. de Bretagne, t. II, p. 86) croit qu'il s'agit de 
toute la région située entre la Sarthe et la Mayenne. Peut-être (l'hypo- 
thèse n'a pas encore été émise) s'agit-il simplement de la région située entre 
la Mayenne et la Jouanne (près d'Entramnes) : une localité et un ruisseau 
y portent encore le nom des Deux-Evailles (canton de Montsurs, arr. de 
Mayenne [villa de Duabus Aquosis] : voir le Dictionnaire de la Mayenne de 
M, l'abbé Angot, t. Il, p. 35). En tout cas, ce remaniement fut, sans doute, 
de peu de durée. 

5. C'est vraisemblable (voir Port, Dictionnaire, t. Il, p. 385) et c'est oe 



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LES CONQUÊTES 17 

Telle était Tétendue du comté d'Anjou * au moment où, par 
la mort de Geoffoi Grisegonelle, son père, Foulque Nerra, en 
devenait le maître. L'occasion de Tagrandir allait immédiate- 
ment se présenter à lui. 



II 

En effet, en 990, sur la frontière occidentale, un événement 
significatif se produisit : le comte de Nantes Alain, fils de Gué- 
rech, étant mort sans laisser d'autre héritier qu'un bâtard de 
son oncle Hoël I®'', nommé Judicaël, Conan, comte de Rennes, 
en profita pour se jeter sur Nantes, prit la ville et s'établit 
solidement dans la forteresse du Bouffay ^. Les comtes d'An- 
jou prétendant à la suzeraineté du comté de Nantes, c'était un 
coup direct porté à leur autorité. En outre, le voisinage du 
comte de Rennes était d'autant plus dangereux qu'il était vas- 
sal du comte de Blois ^. D'ailleurs, au même moment, ce der- 
nier — c'était alors Eude I®»" — se jetait sur les domaines ange- 
vins *. 

qu'afQnne la Chronique de Saint-Brieuc^ malheureusement sans grande 
autorité pour cette période là où elle va plus loin que le textede la Chron. 
de Nantes (voir Fanalyse de cette chronique par P. de Berthou dans le 
Bulletin archéolog. de V Association bretonne y t. XIX, Saint-Brieuc, 1901, 
in-8®, p. 27). On peut ajouter que, vers 1050, la limite du comté de Nantes 
et du comté d'Anjou passait à Carbay entre Châteaubriant et Pouancé 
(voir Archives d'Anjou de Marchegay, t. II, p. 1, et surtout, p. 4, n« 2). 
Était-ce déjà ainsi en 987 ? 

1. Nous ne parlons pas, bien entendu, ici des fiefs que les comtes. d'An- 
jou tenaient du duc d'Aquitaine : cela n'est pas le comté d'Anjou. 

2. Chron, de Nantes^ éd. R. Merlet, chap. XLIII-XLIV, et voir les notes 
de l'éditeur aux p. 126-128. La date de 990 est donnée par cette phrase 
de Le Baud (traduisant un passage perdu de la chronique) : « Et après 
ces choses se fist Conan duc sur les Bretons et régenta toute Bretaigne 
universelment et tint laditte cité de Nantes par deux ans » (c'est-à-dire 
jusqu'en 992, comme on le verra plus loin). 

3. Cf. ci-dessus, p. 6, n. 4. 

4. Gesta consul. Andegav, (ms. 6218, p. 42 ;fChron, des comtes d'Anjou^ 
p. 89) : « Monitu nempe pessimi Landrici, Odo Campaniensis et Gelduinus 

Halpheis-. — Le comté d'Anjou. 2 



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18 LE COMTÉ d'aNJOU 

Foulque, qui se sentait soutenu par le roi *, courut d'abord au 
plus pressé : il refoula Eude l^' et répondit à son attaque en 
venant ravager ses états ^. Il poussa même jusqu'aux faubourgs 
de Blois, qu'il incendia ^, et, continuant sa marche, alla mena- 
cer Châteaudun. La garnison fit une sortie ; Foulque, ayant peu 
de troupes, essaya d'éviter le combat et battit en retraite. Mais 
les Dunois, voyant les Angevins reculer, s'élancèrent à leur poui^ 
suite et les harcelèrent. La retraite devenait périlleuse : Foulque 
fit faire volte-face -aux siens et ordonna l'attaque ; les Dunois, 
pris de peur, s'enfuirent en désordre, poursuivis à leur tour, 
l'épée dans les reins, jusqu'aux portes de la ville. Les Angevins 
passèrent la nuit à garder les prisonniers, au nombre desquels, 
disent les Gesta consulum Andegavorum^ se trouvaient vingt 
chevaliers ; le lendemain, ils mirent le pays à sac ; le surlende- 
main, ils se replièrent sur Amboise! 

Là, fortement retranché dans son château, se trouvait un cer- 
tain Landri de Châteaudun, qui, suivant les Gesta^ avait prêté 
un concours actif à Eude I®''. Assiégé par Foulque, il n'obtint 
la vie sauve pour lui et pour les siens qu'à la condition d'éva- 
cuer son château et de quitter Amboise *. 

Salmuriensis Fulconem a Turonia expellere temptaverunt, putantes Amba« 
ziacum et Lochas comiti auferre. » 

1. « Fulco, qui regumpartibus favebat », dit Richer, à cette date {Histor,^ 
IV, 79, éd. Waitz, p. 165). 

2. Richer, IV, 79, éd. Waitz, p. 165 : « Preceps itaque fertur terramque 
prédis, manubiis combustionibusque afTecit...atque haec fera par bien> 
nium » (c'ast-à-dira de 990 à 992). 

3. Ibid : « Et cum apud Blasum loca suburbana saccenderet, incendîis 
aura fiante circumquaque erumpentibus, in coenobium monachorum 
sancti confessons Laudomari ignis plurimus evolavit ; quod mox combus- 
tum dirutum fuit. » Gesta consul, Andegav, (ms, 6218, p. 42-43 ; Chron, 
des comtes d'Anjou^ p. 90) : u Collacto igitur quantum potuit axercitu, 
terram inimicorum audacter introivit et ultra Blesim parfactus ad Cas- 
trum Duni parvanit. » 

4. MM. d'Arbois de Jubainvilla [Hist, des comtes et ducs de Champagne, 
t. I, p. 219) et Lex (Eudes, comte de Blois, dans las Mém, Soc. de VAuhe, 
t. LV, p. 215, et à part, p. 31) placent tous ces événements (expédition 
contre Châteaudun et Amboise), dont le récit nous a été transmis unique- 



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LES CONQtÊTES 19 

Enfin, quelques petites expéditions contre Saumur, Montso- 
reau, Chinon, l'Ile-Bouchard achevèrent de mettre Eude I®'' et les 
siens à la raison \ et cela d'autant mieux que le comte de Blois 
avait à ce moment même d'autres affaires sur les bras ^. 

ment par les Gesta consul, A/tc/e^ao., après Tannée iOiO; mais ils ne donnent 
aucune raison à Tappui de leur hypothèse. Miss Kate Norgate (England 
under the angevin kings, t. I, p. 156 et 193-195) fait de même, mais ens'ap- 
puyant sur les arguments suivants : le chapitre consacré à Maurice par les 
GesU consulum {Chron, des comtes d'Anjou, p. 87-89) doit être interprété 
comme se rapportant à \}ne régence exercée par ce Maurice pendant le 
premier pèlerinage de son demi-frère Foulque, Nerra. Or il y est ques- 
tion dMne attaque de Landri de Chàteaudun contre Amboise au temps de 
Sulpice, « trésorier de Saint-Martin de Tours », et de son frère Archem- 
baud, soit, dit miss Kate Norgate, en 1014-1015, puisque, ajoute-t-elle, 
Sulpice a été promu trésorier en 1014 et qu'Archembaud est mort en 1015. 
Donc, conclut-elle, les Gesla nous apprenant que Tattaque d'Eude de 
Blois (à laquelle l'expédition de Foulque contre Chàteaudun a répondu) a 
eu lieu « peu après la mort d'Archembaud » [fraire suo (Sulpicu) noviier 
mortuo), il faut supposer que notre comte est rentré de Terre Sainte en 1015 
et placer en 101 5-101 6 son expédition contre Chàteaudun. Mais, outre qu^on 
ne saurait inférer de ce fait que Sulpice est qualifié dans les Gesta de trésorier 
à la réalité de ses fonctions au moment précis de Tattaque tentée par Lan- 
dri, les dates adoptées par miss Kate Norgate sont tout à fait erronées : 
c'est en 1023, et non en 1014, que Sulpice a été nommé trésorier (Mabille, 
Pancarte noire de Saint-Martin de Tours, p. 32), à la mort d'Hervé, surve- 
nue en 1022 (Chron, de Saint-Julien de Tours, dans Chron, de Touraine, 
p. 230). Et, d'autre part, pourquoi admettre que l'attaque de Landri contre 
Amboise, au temps du gouvernement de Maurice, soit antérieure à celle de 
Foulque contre Chàteaudun, puisque, de toutes façons, les Gesta font une 
erreur chronologique grossière en la plaçant avant la guerre de Bretagne 
(992) ? D'ailleurs, à examiner de près le texte de8,Ge«/a, on voit que Lan- 
dri a attaqué Amboise du dehors : c'est donc qu'il en avait déjà été 
expulsé ; si ce que racontent ici les Gesta a quelque réalité, l'attaque de 
Landri est, en conséquence, postérieure à l'expédition de Chàteaudun. Enfin 
n'est-ce pas peut-être à cette expédition que pense Richer, quand, après 
avoir raconté l'incendie des faubourgs de Blois, il ajoute : « His exemptis, 
(Fulco) in loca alia exercitum retorquet et vastat... » ? Ces mots 
cadrent bien avec la phrase des Gesta : « ultra Blesim perfectus ad eas-* 
trum pervenit, etc. » 

1. Gesta consul, Andegav, (ms. 6218, p. 44 ; Chron, des comtes d^Anjou, 
p. 91) : « Mirebellum vero et Losdunum possidens, Kainonem, qui Odonis 
proprius erat, Salmurium et MonsoreUum illosque de Insula Bucardi 
abhinc sepe expugnabat et per terram Guennonis, qui dominus Nqastri 
erat, Luchis redibat. « 

2. Voir Lot, Les derniers Carolingiens, p. 271-272, et Hugues Cajiet, 
p. 161-162 et 170. 



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âO LE COMTÉ D^A>'JOL' 

Foulque put alors faire face au comte de Rennes : vers le 
printemps de 992, il mit le siège devant Nantes, dont il s'em- 
para au bout de trois semaines^ grâce à une trahison ^ ; mais il 
se heurta au château, que Conan avait garni de troupe^ d'élite 2. 
Ne pouvant y pénétrer, le comte d'Anjou se contenta de se faire 



1. Chron, de Nantes, éd. Merlet, XLIV, p. 129 : «...et vint à la cité de 
Nantes, laquelle il assiégea de toutes parz ou moys de juign et devant 
icelle tint son sièg^ par l'espace de trois sepmaines. » Richer, IV, 81 : 
« CoUecto exercitu, in Brittaniam(Fulco) preceps fertur Namtasque appé- 
tit. Cujus custodes alios auro corrupit, alios quibusdam pollicitationibus 
illexit. Eis quoque usque ad efîectum suasit, quo sibi satisfacerent, ut 
scilicet urbis introitum panderent. Qui suasi, sacramento tempus consti- 
tuunt. Nec multo post et in urbem admitlunt. Ingressusque pervadit et 
a civibus jure sacramenti obsides accepit » (éd. Waitz, p. 167). — M. Lot, 
Hugues Capet , p. 165, n. 7, rejette avec beaucoup de raison, ce nous 
semble, la date du l«''-5 juin 992 attribuée par M. Merlet, d'après la Chro- 
nique de Nantes, au siège de Nantes par Foulque Nerra. « Entre le début 
de juin, dit-il, et la bataille de Conquereuil, laquelle fut livrée le 27 juin, 
on ne peut entasser tant d'événements : i^ siège et prise de Nantes par 
Foulques, 2<^ Conan rassemble Bretons et Normands pour reprendre 
Nantes, 3<^ Foulques, reparti pour l'Anjou, rassemble une armée, 
4<^ bataille de Conquereuil. j^e siège de juin, ajoute-t-il, est, à mon avis, 
le second, celui que Nantes soutint contre Conan. » Ces remarques nous 
semblent d'autant plus justifiées que l'auteur de la Chronique de Nantes 
ou Le Baud, qui traduit ce texte peut-être d'une manière peu fidèle, n'ad- 
met pas d'intervalle entre les trois semaines du siège de Nantes par 
Foulque et la bataille de Conquereuil ; il ignore même que Nantes est 
tombé, avant Conquereuil, aux mains de Foulque et, a fortiori, que Conan 
est venu tenter de reprendre la ville, faits qui empêchent absolument 
d'admettre que le siège de Nantes par Foulque ait pu à la fois commencer 
en juin seulement et durer trois semaines. Si le récit de Richer est exact, 
comme il y a tout lieu de le croire, celui de la Chronique de Nantes pe l'est 
qu'en gros. 

2. Richer, IV, 81 (éd Waitz, p. 167) : « Arcem solam expugnare non 
valuit, eo quod milites magnanimos haberet. » — Nous disons « le châ- 
teau », sans préciser. M. Lot, Hugues Capet, p. 166, n. 4, dit que c'est 
« évidemment le Bouflfay », construit, nous l'avons vu, en 990 parConan. La 
chose nous paraît, au contraire, fort douteuse, ear la Chron, de Nantes, 
XLIV, p. 127-128, indique l'ancien château des comtes de Nantes, et non le 
château du BoufTay, comme ayant été confié à la garde de l'évêque de 
Vannes Auriscand. 



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LE8 CONQUÊTES 21 

remettre des otages par les habitants de la ville ^ et partit pour 
rassembler une armée plus nombreuse ^. 

Cependant Conan, averti, accourt et investit, à son tour, la 
place avec Faide d*une flotte normande. Du château^ ses parti- 
sans font pleuvoir sur les Nantais une grêle de traits. La situa- 
tion de ces derniers était presque désespérée, quand Foulque 
Nerra, avec une nouvelle armée qu'il venait de recruter, parut 
tout à coup ^. Le combat était inévitable : Conan envoya défier 
son adversaire, lui mandant, dit le traducteur de la Chronique 
de Nantes, a que s'il ne se départoit de la cité de Nantes, que il 
combatroit avecques luj » ; Foulque lui fit .fièrement répondre 
qu'il était a appareillé de commettre bataille contre lui en la 
grande lande de Conquereuz ^, où il avoit esté navré et desconfit 
par avant » ^. 

Le combat eut lieu le 27 juin 992 ^. Conan, arrivé le premier à 

1. Bicher, ibid, : « A civibus jure sacramentî obsides accepit. » 

2. Ibid, : « Unde et cessit, sese recédera deliberans, ut copiis ampliori- 
bus congressurus rediret arcemqûe expuguaret. » 

3. Richer, IV, 82 (éd. Waitz, p. 167). — Sur ralliance de Conan et des 
Normands, voir Lot, loc, cit,^ p. 166, n. 5. 

4. Conquereuil, cant. Guéméné-Penfao, arr. Saint-Nazaire (Loire-Infé- 
rieure). 

5. Chron. de Nantes, XLIV. — Cf. Raoul Glaber, II, 3 (éd. Prou, p. 31) : 
<c Cum igitur diu multumque vicissim sibi mala que poterant irrogassent, 
ab utroque decretum est ut in loco qui Concretus dicitur quisque illorum 
cum suo exercitu die constituto advenientes prelii certamen inirent. » — 
Sur la première bataille de Conquereuil, voir ci-dessus, p. 6. 

6. Pour la date d'année, voir les Annales de Saint-Aubin, les Annales 
dites de Renaud et les Annales de Saint-Florent de Saumur (Recueil d^an^ 
nales angev,, p, 3, 86, 117). Pour le quantième, voir Chron, Rritannicum 
(dans dom Morice, Preuves, I, col. 4) : « Anno DCCCCLXXXXIl, secundum 
bellum Britannorum et Andegavorum in Goncruz, ubi occisus est Conanus 
Britanniae consul V kalendas julii » ; Chron, du Mont-Saint^Michel (dans 
Hist. de Fr,, t. X, p. 175) : «DCCCCXCII. Secundum bellum fuit in Con- 
currum, in quo Fulco cornes Andegavensis victor extitit et Conanus Brito 
occisus est V kalendas julii, filius Juhelli Berengarii » ; Chron. Kemper- 
leg. [Ibid,, p. 294, et dans Maitre et Berthou, Cartul. de Sainte-Croix de 
Qnimperlé, p. 64) : « DCCCCXCII. Obiit Conanus cornes, filius Judicaëlis 
Berengarii comitis Redonensis, qui in bello Concuruc interfectus est 
V kalendas julii. » 



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1 



22 LE COMTÉ d'âNJOU 

Conquereuil *, avait pu choisir un bon emplacement ; il avait fait 
creuser devant le front de ses troupes un fossé long et profond, 
qui avait été ensuite recouvert de branchages et de fougères, 
de façon à faire illusion : Tennemi ne pouvait manquer de choir 
dans ce vaste piège, pour peu qu'on l'y attirât ^, Conan manœu- 
vra en conséquence : il fit semblant, au dernier moment, d'hési- 
ter à engager la lutte ^ ; Foulque, sans se méfier, rappelant aux 

1. Chron. de Nantes^ XLIV, p. 130 : « Lors Conan, cestes choses ouyes, 
avecques ses Brelons vint premièrement en celte lande... » ; Richer, IV, 
83 (éd. Waitz, p. 467), nous montre également Conan « locum gerendi 
belH constituens » et,, par conséquent, arrivé le premier ; Raoul Glaber, 
H, 3 (éd. Prou, p. 31), dit, de même, que les Bretons sont arrivés avant 
les Angevins : « In predicto denique loco, scilicet ubi certamen iniendum 
fuerat, clam prevenientes plerique Brittonum... » 

2. Chron. de Nantes, ibid. : « Et entre ces choses les Bretons foïrent un 
grant parfont et large fossé par le milieu d'icelle lande, afifin que les . 
Engevins ne peussent à eulx passer légièrement. » Richer, IV, 83 (éd. 
Waitz, p. 167) : « Hic Conanus locum gerendi belli constituens, iixsidia> 
mm dolos infodit. Nam fossas quamplures ibi immergens, virgis et vimi- 
nibus stipulisque earum hiatus desuper operuit, intus surculis defixis, qui 
superiora continerent et soliditatem superficiei simularent. Et ut simulata 
superficies penitus lateret, filicem collectam desuper respersit insidiasque 
dissimulavit. » Raoul Glaber, 11,3 (éd. Prou, p. 31) : « In predicto 
denique loco, scilicet ubi certamen iniendum fuerat, clam prevenientes 
plerique Brittonum ibique nimium astute profundum atque peripngum 
fodere vallum, ramisque arborum densatim sUperinsertis, imposita videli- 
cet hostibus muscipula, recesserunt. » 

3. Raoul Glaber, ibid,, dit que les Bretons simulèrent la fuite : « Gens 
Brittonum callida fraudisque proprie conscia, simulans se velle arripere 
fugam, scilicet ut avidius demergeret hostem in latcntem muscipulam. » 
Richer, IV, 84 (éd. Waitz, p. 168), dit seulement que les Bretons, sans 
prendre la fuite, firent semblant d*hésiter à engager la lutte : « Post insi- 
dias ipse acies ordinans, sic fraude (Conanus) usus est, ut diceret se ibi 
mansurum nec ulterius hostes quaesiturum ; si hostes urgerent, ibi tan- 
tum vitam defensurum ; nec ob metum id facturum, at ut hostes, si sese 
querant et impetant, contra jus id faciant ; sic enim eorum ruina facilius 
provenire possit, cum sua temeritate quietos et innoxios aggrediantur... 
Herebat ergo hostesque excepturus opperiebatur. » On le voit, dans le 
fond, les deux textes sont d'accord pour indiquer une hésitation simulée 
de Conan : Richer prête au Breton de soi-disant scrupules destinés à 
donner le change à Foulque Nerra ; Raou} Glaber rapporte une ruse plus 
simple. Bien que cette dissidence n'ait pas grande importance, il faut 



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LES CONQUÊTES 23 

siens dans une courte harangue les droits du jeune Judicaêl \ les 
excitaà profiter de 1 apathie momentanée de l'ennemi ^.Les Ange- 
vins se précipitent en avant ; mais ils arrivent au fossé : la che- 
valerie roule au fond. Les Bretons, loin de vouloir fuir, se jettent 
sur eux et les accablent ; Toncle de Judicaêl^ le vicomte Haimon, 
est tué ; Foulque et Aimeri III, vicomte de Thouars, sont griève- 
inent blessés ; Tarmée angevine est en fuite ^. Mais tout à coup 
Conan, qui, dans Tardeur de la poursuite, s'est trop aventuré au 
milieu des ennemis, est cerné et tué * : les Bretons, à cette 

noter que, d'après la Cliro/i. de Nantes» XLIV, p. 130-131, il semble que les 
Bretons se soient bornés à rester immobiles sans vouloir prendre rofifen- 
sive. Voici, en effet, ce qu'on y lit : « Et touz leurs chevaulx délaissez et 
leurs lances retranchées par le mylieu ainsi appareillèrent se défendre. >» 
i.rChron. de Nantes, XLIV, p. 131 : « Il se fist présenter Judicaêl, Ten- 
fant du comte Hoel, et recorda à touz, espéciallement aux Nantais qui là 
estoient de sa part, que à lui plus justement et plus droiturièrement 
appartenoit la cité de Nantes que à nul autre quelconque. » 

2. Richer.lV, 84 (éd. Waitz, p. 168) : « Fulco Conanum herentem videns 
nec ab eo loco exiturum, cum insidias nesciret, suosmulto hortatu suade- 
bat, quatinus vehementi conamine impetum facerent hostesque aggredi 
non dubitarent, etc. » 

3. Chron, de Nantes, XLIV; Richer, IV, 85 ; Raoul Glaber, II, 3. — On 
ne sait pas au juste qui est le vicomte Haimon : voir La Borderie, Hist, de 
Bretagne, t. II, p. 432, n. 3, et Merlet, p. 128, n. 3 de la Ckron. de Nantes, 
M. Lot, Hugues Capet, Table analyt,, p. 481, en fait un vicomte de 
Nantes, mais nous ignorons sur quoi il se fonde. 

4. Chron. de Nantes, XLIV, p. 132 : « Mais Conan, le prince des Bre- 
tons, homme bouillant, chault et peu amodéré, par trop se aventurer aux 
dangiers de ses adversaires, fut illec navré et occis. » Richer, IV, 86 (éd. 
Waitz, p. 168) : « Conanus intérim in dumetum cum tribus sese recepit, 
armisque depositis, corporis fervorem ad auram mitigabat. Quem quidam 
adversariorum intuitus, facto impetu illum adorsuç, gladio transfixit Ful- 
conisque victoriam extulit. » Toutes les chroniques confirment cette mort 
de Conan : la Chron, de Foulque le Réchin (éd. Marchegay et Salmon, 
p. 377), VHist, de Saint-Florent de Saumur (Chron, églises d'Anjou, p. 260), 
les annales citées ci-dessus, p. 21, n. 6. Une charte du Cartul, de Redon (éd. 
de Courson, dans les Doc, inédits, n® 296 ; cf. ibid., p. 425) contient ces 
mots : (( Gaufridus, Conani Curvi filius, qui cum Andegavensibus apud 
Concuruz prelium commisit, in quo et occisus fuit. » Seul Raoul Glaber 
présente les faits d'une manière différente : « Conanum... truncatum dex- 
tera vivum capientes Fulconi reddiderunt » (Raoul Glaber, IV, 3, éd. 



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24 LE COMTÉ d'aNJOU 

nouvelle, perdent la tête et se débandent ^ — Des deux côtés 
les pertes avaient été énormes ^ ; mais, grâce à la panique finale 



Prou, p. 32). M. Lot a justement fait remarquer (Hugues Capet, p. 168, 
n. 5), après miss Kate Norgate {op, ci/., t. I, p. 148, n. 2), qu'il fallait 
voir sans doute dans ce récit le résultat d'une confusion entre les deux 
batailles de Conquereuil. 

1. Chron, de Nantes^ XLIV, p. 132: « Après la mort duquel (Conan), 
perdirent les Bretons toute espérance de vittoire, et tristes et dollens se 
mirent à fuir. » Aucun texte n'autorise à déclarer que les Angevins aient 
poursuivi les Bretons et en aient fait un grand caraage, ainsi que le dit, 
par exemple, M. Lot, Hugues Capet^ p. 168. Au contraire, la Chron, de 
Nantes arrête la bataille à la mort de Conan : le fait que le chef breton a 
été tué et que ses soldats ont lâché pied suffît à donner la victoire à 
Foulque, lequel était sans doute trop épuisé pour poursuivre sérieuse- 
ment l'ennemi ; aussi bien le chroniqueur ajoute-t^il que le comte d'An- 
jou « s'en retourna à petit de triumphe ». De même, pour Richer (IV, 86), 
c'est la mort de Conan qui marque la fin de la bataille et la victoire de 
Foulque : « Quem (Conanum) quidam adversariorum ^ intuitus, facto 
impetu illum adorsus, gladio transfixit Fulconisque victoriam extulit. » 
De même encore, c'est avant la mort de Conan que ïHistoire de Saint-Flo- 
reni (p. 260 des Chron. des églises d'Anjou) place la mêlée meurtrière, et 
c'est cette mort de Conan qui, aux yeux de son auteur, marque seule la 
victoire angevine : « Cujus belli Victoria post multam utrorumque inter- 
fectionem, Conano necato, Fulco potitus est. » Raoul Glaber, IV, 3 (éd. 
Prou, p. 32), sauf qu'il parle de la capture, au lieu de la mort de Conan, 
présente en gros les faits de la même façon. Toutefois il place un mouve- 
ment offensif des Angevins avant le moment où Conan fut cerné ; mais il 
est seul sur ce terrain et nous croirions d'autant plus imprudent de l'y 
suivre qu'il fait en cet endroit une autre erreur. 

2. Voir le texte de V Histoire de Saint-Florent cité à la note précédente ; 
voir aussi la charte n*» 19 de notre Catalogue d'actes par laquelle Foulque 
Nerra, en 1003, fait une donation « pro pœnitentia de tam magna strage 
christianorum, quae acta est in^ planicie Conquareth ». — Richer et la 
Chron, de Nantes insistent uniquement sur les pertes subies par l'armée 
angevine : suivant Richer (mais ses chiffres sont toujours fantaisistes), 
20.000 Angevins auraient, lors du premier assaut, roulé dans les fossés 
préparés par les Bretons ; suivant la Chron, de Nantes^ Foulque, 
« le vicomte de Thouars et presque touz leurs gens avoient esté griefve- 
ment navrez en celle bataille », et lors du premier assaut tenté par les 
Angevins, ceux-ci auraient rempli les fossés de leurs cadavres. Raoul 
Glaber et Foulque le Réchin insistent, au contraire, uniquement^ sur les 
pertes subies par les Bretons : Raoul Glaber dit que «f presque toute leur 
armée » fut détruite ; Foulque le Réchin parle de 1000 chevaliers bre- 
tons tués avec leur duc. Il est certain, en effet, que tout en ayant le des- 



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LES CONQUÊTES 25 

des Bretons, Foulque Nerra sortait victorieux de la bataille K 
Il profita de la déroute des ennemis et de Témoi causé par la 
mort de Conan pour rentrer dans Nantes et attaquer le château : 
la garnison démoralisée se rendit sans grande résistance. Judi- 
caël fut reconnu comte de Nantes ^ et placé, en attendant sa 
majorité, qui était prochaine, sous la tutelle du vicomte de 
Thouars Aimeri 3. 

sous pendant la plus grande partie de la bataille, les Angevins durent 
massacrer beaucoup de Bretons : la « vigoureuse » attaque à laquelle ces 
derniers « résistèrent » u hardiment », suivant le chroniqueur nantais 
(p. 131), laisse à penser qu'au moment où ils reculèrent, ils vendirent chè- 
rement leur peau. 

1. On a remarqué avec raison combien la bataille de Conquereuil, pour 
tenir tant de place chez les chroniqueurs contemporains, avait dû frapper 
les esprits. 

2. Richer, IV, 86 (éd. Waitz, p. 168) : « Fulco, animo resumpto, Nam- 
tas repetit atque ingreditur, qui in arce erant acriter vexans. Qui principe 
destituti, pêne exanimes, impugnanti cedunt fidemque postulati faciunt. » 
Chron. de Nantes, XLV, p. 133 . «... Judichael, le fils du comte Hoel, qui, 
après la bataille de Conqueruz, par Taide du dessusdit Foulques et du 
vicomte de Thouars, avoit conquis ladite cité de Nantes sur les chevaliers 
que Conan avoit députez à la garder, lesquels, certifiez de sa mort, 
Tavoient rendue audit Judichael, qui s'en appeloit comte. » 

3. Voir Merlet, Chron, de Nantes, p. 133, n. 1, et La Borderie, Ilist, de 
Bretagne, t. II, p. 434 et suiv. Y ajouter les observations de M. Lot, Hugues 
Capet, p. 170, n. 1. — Les Gesta consuL Andegav, (rédaction primitive) 
omettent tous ces événements et les remplacent par une incursion des fils 
de Conan sur Angers : ceux-ci auraient été envoyés par leur père, qui se 
trouvait alors à Orléans, auprès du roi, ainsi que Foulque lui-même. Le 
comte d'Anjou aurait, d'une chambre voisine, entendu le complot et serait 
en toute hâte et secrètement parti à Angers ; il aurait complètement défait 
devant cette ville les fils du comte de Rennes, tué deux d'entre eux, 
regagné enfin Orléans sur le cheval même de l'aîné. Conan, en le voyant 
revenir dans cet équipage, aurait compris son malheur ; mais, grâce à une 
intervention du roi, l'affaire se serait arrangée. Ce récit est parsemé de 
détails légendaires, qu'on a déjà maintes fois signalés (voir La Borderie, 
Hisi. de Bretagne, t. Il, p. 432; G.d'Espinay, La légende des comtes d^ Anjou, 
II, dans les Mém. de la Soc. d'agricult,, sciences, arts d'' Angers, 4« série, 
t. VU, 1893, p. 36-37) ; il est, en outre, très vraisemblablement, le résultat 
d'une confusion entre les guerres de Foulque Nerra et celles de son prédé- 
cesseur (voir ci-dessus, p. 6, n, 5). — Dans la seconde rédaction des 
Gesta, on a copié le chapitre de Raoul Glaber relatif h la bataille de 
Conquereuil. 



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26 LE COMTÉ d'aNJOU 

Ces derniers événements ne tardèrent pas à provoquer de 
nouvelles hostilités entre le comte d'Anjou et le comte de 
Blois ^ Foulque, cette fois, prenant hardiment loffensive, enva- 
hit les domaines de son voisin, les dévasta, enfin vint construire 
sur la rive droite de la Loire, à \me vingtaine de kilomètres de 
Tours, le château de Langeais (994-995) ^. Hugue Capet lepous- 



1. Richer, IV, 90 (éd. Waitz, p. 170): « Cum enim tirannorum insidiis 
Odonis et Fulconis de Briltanniae principsUu rixa resurgeret... » 

2. Richer, ibid, : « Unde Fulco in Odonem preceps ejus terram depo- 
pulatur et post in ea non procul ab urbe Turonica oppidum exstniit atque 
munit, copias ponit, militibus implet. » — L' <( oppidum » auquel il est fait 
ici allusion est, sans aucun doute, le château de Langeais. En effet, 
la Chron. de Saint-Julien de Tours (éd. Salmon, dans Chron, de Touraine, 
p. 228), relate comme deux événements qui se sont succédé immédiatement, 
la construction du château de Langeais et la prise de Tours par Foulque 
Nerra (or ce dernier événement est, sans hésitation possible, nous le 
verrons, de 996) : « Circa hoc tempus Landegavis castrum a Fulcone 
comité construitur, civitas Turonis ab eodem obsidetur et capitur, sed non 
multo post a Berta regina, matre Odonis, recipitur. )> Aussi est-ca le sen- 
timent de tous les historiens que V « oppidum » de Richer est bien Langeais 
(voir notamment Lot, Hugues Capet, p. 174, n. 2). — Mais ce qui est plus délicat 
à déterminer, c^est la date qu^il convient d'assigner à Tincursion de Foulque 
en Touraine et à la construction de Langeais. La Chron, de Saint-Julien 
de Tours, qui seule en indique une, fait forcément erreur, puisqu'elle 
renvoie à Tan 984 : à cette date, le comte d'Anjou était Geoffroi Grise- 
gonelle ; en outre, la prise de Tours étant de 996, la construction de Langeais 
est de très peu antérieure. Peut-être faut-il corriger « DCGCCLXXXIV » 
en « DCCGCLXXXXIV »; mais la date de 994 ne devra être prise 
que comme une approximation (« circa hoc tempus »). Nous croyons 
donc qu'il faut renoncer à la serrer de près et que, d'autre part, la riposte 
d'Eude ne pouvant être antérieure à la fin de l'an 993 (voir plus loin), il 
faut adopter pour l'offensive de Foulque la date de 994-995, peut-être 
même 995 seulement. — Pour la construction de Langeais par Foulque 
Nerra, cf. Chron. de Foulque le Réchin (éd. Marchegay et Salmon, p. 377) : 
« In Turonico siquidem pago aedificavit Lingaim » ; Hist. de Saint-Florent 
(éd. Marchegay et Mabille, p. 274) : « Quod Fulco ut audivit, castrum 
instituensLenniacum... » Dans ce dernier texte, la construction de Langeais 
est d'ailleurs mal placée chronologiquement. — Pour les premiers seigneurs 
de Langeais, voir ci-dessous, seconde partie, chap. II. 



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LES CONQUÊTES 27 

sait lui-même à la lutte et se disposait à venir lui prêter main- 
forte *. 

Eude se hâta de rassembler une armée, députa de tous côtés 
pour obtenir du renfort, et se précipita sur Langeais, où Foulque 
s'était enfermé (fin de 995-début de 996) 2. Ce dernier, pressé 
par l'adversaire, avait déjà entamé avec lui des négociations : 
il allait s'engager, pour le moins, à abandonner la cause du 
comte de Nantes Judicaêl, c'est-à-dire à laisser du côté de la 
Bretagne champ libre au comte de Rennes, vassal d'Eude ^, 
quand, juste à point, parut Tarmée royale, que Richer évalue à 
douze mille hommes ^. Eude, après avoir un instant songé 
à résister en défendant les gués de la Loire, voyant le roi 
remonter le fleuve et s'apprêter à le traverser devant Amboise, 
comprit que la lutte serait pour lui trop inégale : il supplia 
Hugue Capet de lui accorder une trêve, que celui-ci ne lui refusa 
pas (février 996) ^. 

L'intervention royale avait donc permis à Foulque de garder 

1. Richer, IV, 90 (éd. Waitz, p. 170) : « Et quia (Fulco) ad hoc (oppidum) 
diruendum Odonem adventurum sperabat, reg^em petiit, auxilia imploraturus. 
Cui cum PCX auxilium poUiceretur, obstinatiore anixno ferebatur, etc. » 

2. Richer, ibid. — La date est fournie par une charte émanant du comte 
Eude et datée du 12 février 996, « ad ob'sidionem castelli Langiacensis » 
(F. Lot, Huffues Capet, p. 423-426). Le siège ayant duré un temps assez 
long, ainsi qu41 ressort du récit de Richer, a dû commencer fin 995. 

3. Richer, IV, 91 (éd. Waitz, p. 170-171). — Richer met dans la bouche 
de Foulque Nerra des, propositions qui reviennent, au fond, à ce que nous 
disons, mais qui sont jointes à d'autres plus humiliantes et renferment des 
impossibilités matérielles. Par exemple, Foulque y est censé avoir un fils en 
état de pMorter les armes ; or, en 996, il n'avait pas encore de fils. Nous croyons 
que Richer a simplement exagéré, pour déprécier Foulque Nerra. M. Lot 
(ibid, y p. 176) croit que les promesses du comte d'Anjou n'étaient qu'une 
ruse de guerre. Cependant Richer, qui ne manque pas d'ordinaire 
de faire ressortir la rouerie des personnages qu'il met en scène, 
n'en dit rien. 

4. Richer, IV, 92 (éd. Waitz, p. 171). 

5. Richer, IV, 93 (éd. Waitz, p. 171). — Pour la date, cf. ci-dessus, 
n. 2; Eude étant mort le 12 mars 996 et ayant eu le temps de quitter 
Langeais pour aUer à Meaux, puis à Chàteaudun et de là à Tours, le siège 
a dû être levé avant la fin de février 996. 



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28 LE COMTÉ d'aNJOD 

Tavantage : il restait maître de Langeais ; Eude P** en était 
réduit à demander humblement la paix ^ La mort ne devait 
d*ailleurs pas tarder à le surprendre (12 mars 996) 2. 

1. Richer, IV, 94 (éd. Waitz, p. 172): dans ce chapitre, Richer nous 
apprend qu'Eude, qui avait remis des otages (répondant de son abstention 
de toute hostilité), cherche à traiter avec le roi et à se faire pardonner ses 
attaques (et sa participation au complot d'Asselin). 

2. Cette date a été justement établie par M. Lot, Hugues Capet, p. 178; 
mais nous ne pouvons accepter la chronologie adoptée par cet auteur pour 
les événements que nous venons de rapporter. Il admet (p. 174-178) : 
1« que la construction de Langeais est du milieu de l'an 993 ou du commence- 
ment de Tan 994 ; 2^ qu'Eude vint tenter de prendre la place dès 994, qu'il 
en fut détourné par l'arrivée de l'armée royale, qu'il conclut sa trêve avec 
le roi dans l'automne de l'an 994; S'' que la trêve conclue avec le roi 
n'entraîna pas la cessation des hostilités entre Eude et Foulque, mais qu'au 
contraire Eude, après avoir gagné Meaux et avoir séjourné à Chàteaudun, 
vint à nouveau assiéger Langeais au début de l'an 996 (d'où la charte du 
12 février 996, citée p. 27, n. 2) et s'en empara sans doute : car « selon les 
Gesta Ambaziensium dominorum, Eudes II, fils de Eudes 1®% a possédé 
Langeais, et Foulques profita de sa défaite et de sa mort en 1037 pour 
reprendre cette forteresse », 4*» C'est alors qu'Eude se sentant mourant, 
« dépêcha auprès de Hugues et de Robert pour leur offrir ses supplications 
et leur promettre réparation de ses torts passés. » II mourut avant le retour 
de ses envoyés (12 mars 996). — Cette manière de présenter les faits a 
d'abord le défaut grave de se concilier mal avec le texte de Richer, la seule 
source qui nous renseigne sur cette histoire. En effet, Richer, dont le récit 
est ici très serré, déclare formellement qu'une fois la trêve signée avec le 
roi, Eude, tout de suite après s'être retiré à Meaux et de là à Chàteaudun, a 
été saisi par la maladie, non pas au moment où il assiégeait Langeais, mais 
au moment où il s'employait à libérer — en offrant à Hugue Capet des 
conditions satisfaisantes de paix, des réparations convenables pour le tort 
qu'il lui avait fait — les otages qu'il lui avait remis en attendant la signa- 
ture de cette paix. En outre, si la trêve avec le roi avait été conclue en 994, 
comment serait-ce seulement en 996 qu'Eude se serait employé à exécuter 
ses promesses pacifiques ? 11 aurait attendu bien longtemps ; nous venons 
de voir que Richer indique tout juste le contraire. Il y a plus : Richer nous 
montre Eude content de pouvoir s'éloigner de Langeais « indemnis » ; il 
nous le montre s'en allant à Meaux, allant séjournera Chàteaudun: 
comment, le roi une fois parti, si la trêve n'avait pas compris Foulque lui- 
même, Eude ne se serait-il pas empressé de reprendre avec plus d'ardeur 
le siège de Langeais, puisque la place, avant l'arrivée du roi, était prête à 
se rendre? Aurait-il attendu un an et demi avant de poursuivre ses avan- 
tages ? Aurait-il ainsi laissé à Foulque le temps de renforcer la garnison 
de Langeais? Que d'invraisemblances î Au reste Richer (éd. Waitz, p. 172) 



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••■i^m'!"^^ 



LKS CONQUÊTES . 29 



III 



Avant même qu'Eude V^ eût rendu le dernier soupir, Foulque 
avait repris sa marche envahissante ^ La mort de son adver- 
saire, qui ne laissait pour lui succéder que deux jeunes enfants 
sous la tutelle de la comtesse Berthe, leur mère, ne fît que le provo- 
quer ; il envahit délibérément la Touraine ^ et put même, grAce 
au concours d'Audebert, comte de la Haute-Marche et du Péri- 
gord, mettre la main sur Tours (996) •^. 

montre Foulque Narra « troublant la paix » au moment où Eude n'est pas 
encore mort ; il n'y a donc aucun doute que la trêve conclue par Hugue 
Capet avec Eude entraînât pour les deux camps la cessation de toute 
hostilité. L'attitude humble d'Eude, qui cherche à apaiser le courroux 
royal, est assez significative, elle aussi. Enfin les Genla Ambaziensium 
dominorum n'ont pas ici, nous Tavons dit| la moindre autorité: il n'y a 
dooc rien à en tirer quant à la soi-disant conquête de Langeais par les 
comtes de Blois. — Nous reconnaissons qu'on est, en effet, tenté de placer 
dès 994 la construction de Langeais et la tentative d'Eude pour s'en empa- 
rer ; mais puisque Eude assiégeait encore la place le 12 février 996, force est 
de reculer d'un an tous les événements. Au surplus, il a fallu un certain 
temps: i^ pour que Foulque accomplit en Touraine les incursions dont 
parle Richer ; 2® pour qu'il construisît Langeais et y mît une garnison ; 
3* pour qu'il allât solliciter le secours royal ; 4« pour qu'Eude envoyât un 
peu partout (en Poitou, en Lorraine, en Flandre) recruter des troupes ; 
5® pour que l'armée royale arrivât. 

i. Richer, IV, 94 (éd. Waitz, p. 172), nous montre la désolation des 
Blésois au moment où ils sentent qu'Eude n'a plus que peu de jours à 
vivre « eo quod dominum inconsultum amittebant et natis dominandi spes 
nuUa relînqueretur, cum reges patri adhuc animo irato perstarent et Fulco 
insolentiae spiritupacem multifariam turbaret. » 

2. Richer, notes de la fin (éd. Waitz, p. 180), nous montre, en 997, 
Robert le Pieux venant reprendre à Foulque Tours « et alia quae 
pervaserat. » 

3. Richer, ibid : « Rotbertus rex, ducta Berta uxore, in Fulconem, qui 
Odonis adversarius fuerat, fertur et ab eo urbem Tùronicam et alia quae 
pervaserat vim recipit. » Chron, de Saint-Julien de Tours (éd. Salmon, dans 
Chron, de TourainCy p. 228) : « Circa hoc tempus Landegavis castrum a 
Pulcone comité construitur, civitas Turonis ab eodem obsidetur, sed non 
multo post a Berta regina, matre Odonis, recipitur » (Sur la date donnée 
par ce texte, voir p. 26, n. 2). Adémar de Chabannes, Chron., III, 34: 



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30 LE œMTÉ d'anjoc 

Mais un revirement s'était produit à la cour royale : Hugue 
Capet était mort et cette mort avait été suivie du mariage de 
Robert avec Berthe de Blois. Robert, embrassant le parti de sa 
nouvelle épouse, prit dès lors la défense des jeunes Thibaud II 
et Eude II, (ils et successeurs d'Eude P**, et vint lui-même 
reprendre Tours (début de 997) K 

« Urbem quoque Turonis obsidione affccUm io deditionem (Aldebertus) 
accé);)it et Fulchoni comîti Andegavensi donavit. » Celle prise de Tours 
par Foulque Nerra est postérieure à la morld'Eude II de Blois (i2 mars 
996) ; d'autre part, elle se lie aux événements précédents ( voir notamment 
le texte de la Chron, de Saint-Julien de Tours) ; enfin nous allons voir que 
la ville fut reprise à Foulque au début de 997 : or, suivant les chroniques 
que nous avons citées, il ne Tavait eu que fort peu de temps entre les 
mains. — C*est lors de cette occupation de Tours que Foulque viola le 
cloître de Saint-Martin de Tours (voir Pièce Juslif, n® 5). — Si Ton en 
croyait Aimoin, Miracles de saint Benoît , III, 7 (éd. de Certain, p. 147), 
Foulque aurait auparavant prqmis son alliance à Audebert contre le duc 
d'Aquitaine : il représente, en effet, Audebert venant attaquer Poitiers et 
attendant, entre autres secours, celui du comte d'Anjou: « Intérim 
Hildebertum tam ipsum Hugonem quamque caetera exspectantem auxilia 
praecipueque Fulconem Andegavensem comitem... » M. Lot [Hugues Capet^ 
p. 48lj admet de lous poipts ce récit, et M. Richard {Comtes de Poitou , 
p. 142) suppose même que Foulque avait été le provocateur d' Audebert. 
Nous avouons que la phrase d'Aimoin nous laisse sceptique: Tensemble 
des relations des comtes d'Anjou avec les ducs d'Aquitaine à cette époque 
(voir chap. suivant) semble se concilier mal avec une hostilité déclarée de 
Foulque contre Guillaume le Grand, à moins d'admettre peut-être (mais 
alors on tombe dans la pure hypothèse) que la concession de Saintes faite 
par le duc au comte d'Anjou (voir ci-dessous, p. 54, n. 2) a été le prix de 
la paix. M. Richard d'ailleurs semble avoir eu le sentiment de cette 
contradiction, qu'il cherche à expliquer tant bien que mal par le mariage 
de Guillaume avec Aumode, parente du comte d'Anjou {op. cU,, p. 149). 
Bien que contemporain, Aimoin, qui ignore le siège de Tours, a fort bien 
pu confondre les deux événements. 

1. Voir les textes de Richer et de la Chron, de Saint-Julien de Tours 
cités n. précédente ; Adémar de Chabannes, Chron,, III, 34 : « Urbem quoque 
Turonis... Fulchoni comiti Andegavensi donavit; sed ille ingénie doloso 
vicecomitis et civium amisit post paululum et iterum Odo Campanensis 
eam récupéra vit. » (Les deux mots en italique ne se lisent que dans le ms. 
C: sur cette divergence, voir Lair, Études critiques, t. Il, p. 163-166, et 
surtout Lot, Hugues Capet, Append, VIII, p. 351-359.) On voit qu'Adémar 
attribue uniquement aux habitants de. Tours et à leur vicomte la déli- 
vrance de la ville, au lieu que les deux premières chroniques ratlrilnient 



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LES CONQUÊTES 31 

Pendant les années qui suivent, le détail des événements nous 
échappe : nous voyons seulement les partisans du jeune comte 
de Blois Eude II profiter d'une absence de Foulque, parti en 
pèlerinage à Jérusalem à la fin de Fan 1002 ou en 1003 ^, pour 
assaillir à leur tour le comté d'Anjou ^ et Foulque, rentré dans 
ses états, riposter en envahissant le Saumurois, en pillant les 
terres de l'archevêque de Tours et en construisant la forteresse 
de Montrichard sur le Cher en face de celle que Geudouin de 
Saumur venait de bâtir à Pontlevoy ^ ; nous voyons enfin Foulque 

au roi : les deux versions se contredisent moins qu'elles ne se com- 
plètent. Quant à la date, elle est fixée par les deux premières chro- 
niques qui placent la reprise de Tours après la mort de Hugue Capet 
(24 octobre 996) et après le mariage du roi Robert avec Berthe (début de 
997 : voir Appendice IV), voire même avant la fuite de Gerbert (vers mai 
997: voir Lot', Hugues Capet, p. 290). — M. de Grandmaison {Bulletin 
monumental, XL, p. 36) et, d'après lui, MM. Pfister {op cit,, p. 228) et Lex 
(loc, cit., p. 205; à part, p. 21, n. 6) établissent une connexité, que les 
documents n'indiquent nullement, entre la reprise de Tours par le roi 
Robert et le grand incendie qui, le 25 juillet 997, consuma le faubourg 
de Châteauneuf. M. Lot vient de prouver surabondamment que ces auteurs 
étaient dans Terreur {Hugues Capet, p. 359-360); nous renvoyons à sa 
démonstration. 

1. Voir ci-dessous, Appendice IL 

2. Gesta consul, Andegav. (ms. 6218, p. 47 ; Chron, des comtes d'Anjou, 
p. 107): « Conqueruntur homines Fulconis de Odone Campaniensi et 
Gelduino Salmuriensi et, de GofTrido Juvene, Sancti Aniani domino. Qui 
omnes, anno et dimidio quo Fulco moratus fuerat, terram et homines suos 
multis importunitatibus aillixerant. » Suivant Thypothèse de miss Kate 
Norgale [England under the angevin kings, t. I, p. 193), on pourrait, en 
outre, supposer que le récit des Gesta relatif à Maurice doit s'entendre 
d'une sorte de régence exercée par lui pendant cette absence de son 
frère ; il faudrait, par suite, placer ici l'attaque de Landri de Châteaudun 
contre Amboise, d'où nous avons vu qu'il avait été expulsé en 991, 

3. Gesta consul. Andeg., ibid: « Quippe Gclduinus curiam Sancti Pétri 
Pontilevis, utpote proprium fiscum, munierat. Non enim ibi adbuc 
monachi erant. E contra Fulco in monte prope Carum fluvium, qui de 
propria terra Gelduini erat et de feodo archiepiscopi Turonis, villa Rebelli 
Nobilis, que inter ipsum montcm et Carum erat, villaque Nantolii 
destructis, que ambe de feodo Gelduini erant, oppidum quod Montricardum 
vocatur componit et Rogerio Diabolerio, domino Monthesauri, custodire 
manda vit. » — La Grande chron, de Tours (suivie par la Chron, abrégée 
de Tours, éd. Salmon, p. 117 el 187 des Chron, de Touraine) donne la 



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32 LE COMTÉ d' ANJOU 

Neira élever vers la même époque, sur la route de Tours, la 
forteresse de Montbazon ^ Mais il semble que les hostilités s^en 
soient momentanément tenues là. 

C'est qu'après un moment d'accalmie 2, correspondant au 
temps pendant lequel la reine Constance, cousine germaine du 
comte d'Anjou ^, eut quelque ascendant sur son royal époux, 
Berthe avait recommencé à régner en maîtresse sur le cœur de 
celui qui s'était séparé d'elle avec tant de regrets. Ses partisans, 
à la tête desquels était le comte du palais Hugue de Beauvais, 
avaient repris plein pouvoir à la cour *. Le conflit qui couvait 
entre Foulque et le souverain avait brusquement éclaté : un 
jour que Hugue de Beauvais chassait en compagnie du roi, il fut 
tué sous les yeux mêmes de ce dernier et les meurtriers, sitôt le 
crime commis, s'enfuirent dans les états du comte d'Anjou, qui 
leur donna asile : c'était avouer sa complicité (1008) ^. Ce fut 



date de i005 pour la construction de Montrichard: il ne faut prendre cette 
date que comme une approximation due à un auteur très postérieur; mais 
elle correspond h peu près à la réalité. Nous verrons, en effet, au chap. III 
que l'archevêque de Tours refusa, en 1007, de venir consacrer Tabbaye de 
Beaulieu, parce que Foulque Nerra venait d'occuper quelques-uns de ses 
domaines: nous croyons que c'est là une allusion à la construction de 
Montrichard. 

1. Voir la charte de 1002-1006 (Pfister, Catalogue, n» 24), par laquelle 
le roi Robert confirme la promesse faite par Foulque Nerra aux religieux 
de Cormery que les châteaux de Montbazon et de Mirebeau, qu'il vient de 
construire, ne porteront pas dommage aux biens de leur monastère. 

2. Nous venons de voir, par exemple, en 1002-1006 (Pfister, Catalogue, 
n® 24), le roi Robert confirmer une promesse faite par Foulque Nerra, et 
vers la même époque peut-être [ibid,, n° 35) se place un diplôme du même 
Robert nommant le comte d'Anjou protecteur de Tabbaye de Cormery. 

3. Voir Lot, Les derniers Carolingiens, p. 358-369. 

4. Voir Pfister, Robert le Pieux, p. 65-66. 

5. Raoul Glaber, III, 2 (éd. Prou, p. 58), raconte le meurtre en faisant 
formellement de Foulque Nerra l'instigateur du crime: « Veneruntque 
missi a Fulcone, Andegavorum comité,... fortissimi milites duodecim, qui 
supradictum Hugonem ante regem trucidaverunt. » Dans la lettre de 
Fulbert de Chartres que nous citons plus loin, on voit que les meurtriers 
se réfugièrent sur les domaines du comte d'Anjou, et s'adressant à 
Foulque, Fulbert les appelle « tui satellites ». 



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LES CONQUÊTES 33 

alors un véritable scandale : à la cour, on considérait Foulque 
lui-même comme coupable de lèse-majesté ^ Un synode fut 
réuni à Chelles le 16 mai 1008 : les archevêques de Sens et de 
Tours et onze évêques y assistaient 2. La plupart voulurent pro- 
noncer sur-le-champ Texcommunication du comte ; Fulbert de 
Chartres intervint, obtint un délai de trois semaines et écrivit à 
Foulque une lettre, où il lui disait entre autres : « Nous avons 
obtenu du roi que, si tu te rends à son tribunal, sa vengeance ne 
frappera ni la vie ni les membres des coupables, mais seulement 
leurs biens. Nous t'invitons donc à conduire en justice dans le 
délai fixé les auteurs de cet abominable forfait ou tout au moins 
à les chasser de tes états par considération pour le roi ; et quant 
à toi, viens te justifier, comme tu las fait promettre par Tabbé de 
Saint- Aubin, et apaiser le courroux du roi en te soumettant hum- 
blement » 3. Foulque, pénitent et désireux sans doute d'obtenir 
le pardon du Seigneur, abandonnant tous ses projets, n'hésita pas 
à prendre une seconde fois le chemin du Saint Sépulcre ^. 



IV 

Les hostilités ainsi interrompues recommencèrent brusquement 
en l'an 1016. A cette date, Eude II de Blois marcha sur Montri- 
chard : Foulque, informé de la chose, part aussitôt à sa rencontre 
avec don allié, le comte du Maine Herbert Éveille-Chien ; il envoie 
ce dernier en expectative à Bourré sur le Cher, et pendant que 

i . Voir la lettre de Fulbert de Chartres publiée dans les Histor. de Fr,, 
l. X, p. 476: « Tam horrendo facinore praesentiam domini régis tui de- 
decoravere satellites, ut mundani judices asserant capitale te quoque reum 
majestatis, qui eis postea patrocinium tuura et receptacula praebuisti. » 

2. Cf. Pfister, Robert le Pieux^ p. 66 et 67, n. 2, et du même, De 
Fulberti vUa et operibus, p. 59. 

3. Fulbert, lettre citée, loc, cit. Nous nous sommes inspiré de la 
traduction de M. Pfister {Robert le Pieux, p. 67), en la corrigeant sur 
certains points essentiels. 

4. Voir ci-dessous, Appendice II. 

Ualfubic. — Le comté d'Anjou, 3 



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34 LE COMTÉ D*ANJOU 

son adversaire traverse le Beuvron, gagne lui-même Amboise et 
va de là offrir le combat près de Pontlevoy K 

Après un choc terrible, les Angevins plient; les ennemis les 
accablent. Sebrand de Chemillé, qui porte l'étendard du comte, 
est tué; Foulque, désarçonné et grièvement blessé, s'enfuit sur 
la route d'Amboise : la victoire des Blésois semble complète ^. 
Mais è)|ce moment, brusque revirement : Herbert Eveille-Chien 
averti, est accouru ^. L'ennemi, croyant à la victoire, s'était épar- 
pillé ; Eude lui-même, d'après Thistorien de Saint-Florent de 
Saumur, se baignait dans le Cher*, à quelque distance du champ 
de bataille. Herbert fond sur eux. Il était tard : les Manceaux, 
venant de TOuest, avaient le soleil couchant dans le dos, tandis 
que les Blésois en étaient aveuglés. La victoire se changea pour 
eux en une défaite lamentable : les chevaliers enfoncés tour- 
nèrent bride, laissant les hommes de pied aux prises avec les 



1. Gesta consuluni Andegavorum {ms. Q2i\Sy p. 47; Chron, des comtes 
d'Anjou, p. 107) : « Interea Odo ad delendum Moniricardum multos 
milites et pedites Blesis congregat. Quo audito, come& Fulco electissi- 
mos milites et pedites secum adducens, Herberto Cenomannensi consule 
sibi fedcrato et adjuncto, ei occurit. Odo, more suo, nimia multitudine 
confisus fluvium Beuvronis transit. Fulco Ambaziaco prope Pontilevium 
venit. Ilerbertus juxta ripas Cari equitans, Benregio castra fixit. « 

2. Ibid. : « Pugnatur : Fulco et sui pernimium gravantur. Ipse Fulco, 
equo cadens, graviter verberatur. » Hist. Saint-Florent de Saumur [Chron, 
églises d'Anjou, p. 274) : « Anno quoque MXVJo, feria VII*, inter Odonem 
et Fulconem Pontelevense actumest bellum, in quo Andegavorum exerci- 
tus pêne vastatus est signiferque comitis Sigebrannus de Chimiliaco 
peremptus; ipse etiam Fulco Ambaziacum aufugit. » 

3. Gesta consul., ibid.: « Pêne Blesenses victoriam adepti sunt nisi 
nuncius festinus ad Herbertum venisset, qui Fulconem victum captumque 
nunciat. Postquam rumor iste per totum percrebuit ejus exercitum , comes 
Herbertus, ut erat miles acerrimus, advolat cum suis commilitonibus. » 
Hist, Saint-Florent y p. 274 des Chron. des églises d'Anjou : « Quod audiens 
Ilerbertus cognomento Evigila Canem, Cenomannorum comes, eo tetendit. » 

4. On identifie d'ordinaire le gué de Chese dont parle VHist. de Saint- 
Florent, citée à la n. suivante, avec le gué de Ghissay ; mais ce lieu est 
tellement loin du champ de bataille de Pontlevoy que l'identification 
semble insoutenable. 



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LES CONQUÊTES 

troupes de Foulque et de Herbert, qui 
Plus de 3.000 hommes^ d'autres disent i 
tèrent sur le terrain 2 (6 juillet 1016 3). 

1. Hist, de Saint-Florent, ibid. : « Dumc 
fiumine ac vado Chese a loco belli plus leu 
aestum aqua lavarent, celerrime Cenomanne 
atque lassa tos Francos, sole occumbenteillon] 
rante, iteralo bello invadunt, infinitaque pn 
pênes Fulconem miserunt. » Gesta consul, , 
ferocissimos ictus Cenomannorum Andegavoi 
ferenles, protinus in fugam versi, pedites 
dimiserunt. Quibus ad libitum detruncatis, A 
audent insequuntur fugientes, prosternantes 
prévalent. » — Une charte de Saint-Pierre-d 
dom Piolin d'après une copie des Archives 
du ManSy t. III, pièce justif. n® XI, p. 636) ( 
citées dans les Hist. de France^ t. XI, p. 6 
« Redientes ergo a praelio, quod cum Odone 
Evigilans Canem cognomine et Goffridus 1 
ejus, de praelio fugerat) viriliter vicimus, O 
sua et capto, dedimus nostris ecclesiis pro 
nobis contulerat plura donaria, etc. » Cette 
suspecte: en 1016, Geoffroi Martel était tro 
assister et surtout participer à la bataille; ei 
Eude II avait été fait prisonnier, fût-ce 
(c'est ainsi que dom Piolin interprète la i 
chroniques en parleraient ; enfin, il nous sen 
capture d'Eude pourrait bien provenir d'une 
Saint-Martin-le-Beau, en 1044, et la bataille 
donc affaire à une notice rédigée après cou] 
authentique. 

2. Thietmar de Mersebourg donne le ne 
t. X, p. 135) ; les Gesta consul, (ms. 6218 
d^AnjoUy p. 108), celui de 6.000 environ. 

3. La date du 6 juillet 1016 est donnée 
angevines et vendômoises dérivant du reci 
d'Angers : le texte le plus complet est cek 
« MXVI. II nonas julii prçlium Pontelevense 
et Odonem comités ; Victoria pênes Fui coi 
angev, et vendant., p. 59). Ce texte est repr 
sions dans les Annales de Saint-Aubin, les . 
Annales de Saint-Florent, les notes de rO 
du Calendrier de Saint-Aubin {Ibid,, p. 3, 
de Saint-Maixent le reproduit aussi [Chron 



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36 LE COMTÉ D ANJOU 

Cette sanglante victoire eut — on Ta remarqué — un grand 
retentissement, non seulement en France, mais même au delà 
des frontières. Un chroniqueur allemand, Thietmar de Merse- 
bourg, s'en est fait Técho : « En TÉTn 1016, dit-il, dans le 
royaume de Robert, roi pacifique et vénérable en toutes choses, 
les populations se firent mutuellement la guerre et il y en eut 
plus de trois mille de tués » * . Les deux adversaires sortaient d'ail- 
leurs de cette bataille aussi épuisés Tun que l'autre : tout ce que 
Foulque put faire, à la suite de son succès, ce fut de se retirer à 
Amboise avec son butin ^ pour s'y reconstituer une armée et se 
préparer à de nouveaux assauts. 

Le calme ne fut. en effet, que de courte durée. Foulque avait 
eu beau se rencontrer avec Eude au sacre du jeune roi Hugue, 
le 9 juin 1017 '\ ce n'avait pas été le signal d'une réconciliation. 
Au contraire, appuyé à nouveau par le roi, que l'affaire de suc- 



UHist, Saint-Florent^ toc, cit., fixe la bataille un samedi, feria Vll^y ce qui 
concorderait avec le 7 juillet et non avec le 6 ; mais c'est sans doute une 
erreur de chiffre (V//* pour V/», ou non. julii lu pour// non, Julii). 
M. d'Arbois de Jubain ville, qui a disserté sur cette date {Hist, des 
comtes de Champagne, t. I, p. 324, n. 1), s'est appuyé sur des textes 
inexactement établis. Par exemple, il a cru, sur la foi des Hist. de Fr,, 
queVlIistde Saint-Florent portail feria V/». Le ms.de la Bibl. nat. lat. 5653, 
f° 38 v°, donne nettement : feria VIL 

1. Hist, de Fr,j t. X, p. 135*^ : « In regno namque pacifici et per omnia 
venerabilis Roberti régis, comprovinciales hi mutuo confîigentes interfecti 
sunt plus quam tria hominum millia » (reproduit par le Chron, Saxon., 
dans Ilist. de Fr,, t. X, p. 230<=). — Sur cette bataille, voir encore, entre 
autres, le texte de Foulque le Réchin [Chron, comtes d'Anjou, p. 377) : 
« Altcrum vero praelium fecit (Fulco) contra praedictum Odonem, 
potentissimum comitem, super fîuvium Charum apud Pontilevicum, ubi 
multa fuit strages Gallorum et Andegavoiiim ; in quo praelio fuit cum eo 
Cenomannensis comes Ilerbertus qui dictus est Evigilans Canem, ubi, Dei 
gratia, victor exstilit. » 

2. Gesta consul. Andegav. (ms. 6218, p. 48; Chron, des comtes d'Anjou, 
p. i08) : « Fuga et strage hostium peracta, victores ad castra diripienda 
veniunt, coUectisque opimis spoliis, precio et numéro captorum ditati, 
Ambaziaco redeunt. » 

3. Voir le diplôme du roi Robert publié dans les Hist. de Fr,, t. X, 
p. .^>99. 



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LES CONQUÊTES . 37 

cession de Champagne avait brouillé avec Eude *, le comte 
d'Anjou était venu presque aussitôt établir, à quelques kilomètres 
de Tours, sur la Choisille, la forteresse de Montboyau (1017)2 

i. Voir Pûster, Robert le Pieux, p. 239, et Lex, Eude II de Blois, 
p. 35 et suiv. 

2. Aujourd'hui la Motte-Montboyau, c"« de Saint-Cyr-sur-Loire (voir 
notre Recueil d* annales, p. 60, n. 3). Les Gesta Ambaz. dominorum, 
paraphrasant les Gesta consul, Andeg., disent nettement que Mons Budelli 
(qui existait encore au milieu du xii® s.) était sur la Choisille: cela 
renforce Tidentiftcation de ce chftteau avec la Motte-Montboyau. — Les 
textes relatifs . à la construction de Montboyau sont : les Gesta consul. 
Andegav, (ms. 6218, p. 48; Chron. des comtes d'Anjou, p. 108), suivant 
lesquels Tannée qui suivit la bataille de Pontlevoy (sequenti anno), 
M Fulco ad distringendam urbem Turonicam, quam multum desiderabat 
esse suam, oppidum in Monte Budelli statuil » ; VHist, de Saint-Florent 
(p. 276 des Chron. des églises d'Anjou) qui, après avoir raconté la 
bataille de Pontlevoy et avant de raconter la prise de Saumur (1026), 
s'exprime en ces termes : « Tune temporis in Montis Buelli vertice, versus 
urbem Turonicam, Fulco comes castrum firmissimum fecit » ; les Annales 
de Vendôme et les Annales dites de Renaud qui, sous Tannée 1026, parlent 
du château de Montboyau, « quod circiter annos X rétro abhinc contra 
civitatem Turonicam fîrmaverat Fulco » {Recueil d''annales angev. et vendôm., 
p. 60 et 86), c'est-à-dire construit vers 1016 au plus tôt : tous ces textes, 
on le voit, sont parfaitement d'accord, et la date précise de 1017 fournie 
par les Gesta se concilie avec les indications des deux autres sources, 
puisque les Annales de Vendôme et les Annales dites de Renaud ne donnent 
qu'une approximation. Nous ne pouvons, par suite, tenir aucun compte 
des observations de M* d'Arbois de Jubainville, qui, dans son Hist. des 
comtes de Champagne, t. I, p. 233, fixe la construction de Montboyau à 
Tan 1015, sous prétexte que les Annales dites de Renaud la placent dix ans 
avant la prise de Saumur, fixée elle-même par M. d'Arbois de Jubainville à 
l'an 1025 (mais par les Annales dites de Renaud en 4026). Nous verrons 
d'ailleurs que la prise de Saumur est de 1026 et qu'en conséquence la 
construction de Montboyau, à prendre le texte des Annales dites de Renaud 
à la lettre, ne saurait être antérieure à 1016. — M. Lex, op. cit, (p. 216 
des3f^m. Soc. acad. de T Aube et p. 32 du tir. à part) reprend à son compte 
la thèse de M. d'Arbois de Jubainville et la soutient avec des arguments 
bien malencontreusement choisis : « Une preuve oubliée par M. d'Arbois 
de Jubainville, dit-il, c'est qu'Eudes commença la campagne qui aboutit à 
cette bataille même (la bataille de Pontlevoy) par le siège de Montboyau. 
Ce serait à 1017, ajoute-t-il, qu'il faudrait rapporter le fait pour être 
d'accord avec les Gesta (consulum Andegavorum). Nous savons, d'autre 
part, que les hostilités qu'Eudes engagea avec le duc de Lorraine sont 
postérieures à cette date. Les données chronologiques des Ge«ia ne peuvent 



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38 LE GOHTÉ D^NJOn 

et, fort de l'appui du roi*, s*était niis à, piller les biens de 
Tarchevêché de Tours avec l'aide de Tévêque d'Angers Hubert 
de Vendôme, au mépris des sentences d'excommunication 2. 

Mais, sur la route de Tours, Saumur restait comme une entrave 
perpétuelle et une menace incessante. Geudouin, gouverneur de 
la place, était un terrible guerrier : on racontait que Foulque lui- 

donc pas être prises au pied de la lettre. » A Tappui de son premier 
argument, M. Lex renvoie à n D. Bouquet, X, 256 E », où nous lisons : 
« IntereaOdoaddelendum Montricardum(!) multos milites et pedites Blesis 
congregat. » Nous sommes dans les Gesta consul, Andegav, et il s'agit de 
Tattaque de Montrichard narrée plus haut. Le seul texte où il soit fait 
mention d'un siège de Montboyau avant la bataille dePontlevoy, ce sont les 
Gesta Ambaz, dominorum (Chron, comtes d'Anjou, p. 165) ; mais c'est que 
la bataille de Pontlevoy y est placée après la prise de Saumur (tandis que 
ce siège de Montboyau y est correctement placé avant la prise de Saumur) 
au surplus, les Gesta Ambaz, dominorum copient ici avec une inver- 
sion les Gesta consul, Andegav, Le second argument de M. Lex n'est pas 
meilleur: que les Gesta fassent erreur en plaçant en 1017 une campagne 
d'Eude II en Lorraine, la chose est possible et excusable ; il n'en reste pas 
moins que, d'accord avec VHist, de Saint-Florenty texte entièrement 
indépendant, ils fixent la construction de Montboyau après Pontlevoy. 

1. Voir, en effet, le texte commun aux Annales de Vendôme et aux 
Annales dites de Renaud pour l'année 1026 : « Rotbertus rex, immo regina 
ejus Constantia pacem fecerunt cum comité Odone et Fulconem, Andeca- 
vorum elegantissimum in bellicis rébus comitem, solum nequiter 
reliquerunt in gucrra, quam cum illis et pro ipsis sumptam gerebat. » 
{Recueil d'annales angev, et vendôm,, p. 60 et 86). Cf. la lettre de Hugue, 
archevêque de Tours, citée à la note suivante : « Nam quod dicis te 
régis hoc jussu fecisse », écrit-il à Hubert de Vendôme, auxiliaire de 
Foulque Nerra. — Cette hostilité du roi contre Eude II se rattache sans 
doute à l'affaire de la succession de Champagne : voir Lot, Hugues Capet, 
Appendice XI, p. 409-413. 

2. Voir la lettre de l'archevêque de Tours Hugue de Chàteaudun à 
l'évêque d'Angers Hubert de Vendôme dans les Hist, de Fr,, t. X, p. 499, 
et celle de Fulbert à Foulque, ibid.y p. 481 : le premier exhorte son 
suffragant à cesser de collaborer aux ravages commis par Foulque sur 
les terres de son église de Tours ; le second prévient Foulque que l'arche- 
vêque de Tours réclame contre lui une excommunication générale et 
l'exhorte, pour l'éviter, à cesser d'envahir et piller les biens d'Église. 
M. Pfister a justement rapproché ces deux lettres (De Fulberti Carnotensis 
episcopi vita et operîbus, p. 96) ; il les date de 1023 environ : elles sont 
antérieures au 12 mai de cette année, date à laquelle mourut Hugue de 
Chàteaudun (Gallia christiana, t. XIV, coL 58). 



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LES CONQUÊTES 39 

mêfne craignait toujours de rencontrer « ce démon » sur son 
chemin *. 11 résolut de lattaquer de 'front : pendant qu'Eude II 
était occupé d'un autre côté -, il envahit le Saumurois, s'y 
installa, et en réponse, dit la légende, à une démarche de 
Geiidouin, qui lui demandait de « faire trêve », il bâtit sur la 
Loire une forteresse qu'ironiquement il appela Trêves ^. 

Eude cependant accourait : il se jeta sur Montboyau. Foulque, 
abandonné au dernier moment par le roi ^, rassembla en hâte 
quelques troupes, pendant que Geudouin de Saumur partait 
rejoindre le comte de Blois. On s'attendait à un grand combat 
devant Montboyau ^. Mais Foulque avait déjà atteint Brain-sur- 
Allonnes, quand il eut connaissance de la supériorité numérique 

i. Hist, Saint-Florent (p. 275 des Chron, des églises (T Anjou), — A 
Texemple de M. Lot [Hugues Capet, p. 182 et 426), nous rendons en fran- 
çais par Geudouin le Gilduinus ou Gelduinus des textes. Au milieu du xii« 
siècle, on a refait sur la forme française Geudouin, mal prononcée, la 
forme latine Jodoinus (voir, par exemple, Car tu l. du Ronceray d'Angers, 
éd. Marchegay, n° 146 et no211, chartes de 1164 et 1167 ; CartuL de Noyers, 
éd. Chevalier, n« 557, charte de 1147). 

2. Par l'affaire de succession de Champagne. Voir Lex, op. cit. (p. 220 
des Mém. Soc, acad, de VAube^ei p. 36 du tir. à part), Pfister, Robert 
le Pieux, p. 239 et suiv., et surtout Lot, Hugues Capet, Append. XI, 
p. 409-413. 

3. Hisf. Saint-Florent (p. 276 des Chron. églises d'Anjou) : faits placés 
entre 1020 et la prise de Saumur (1026). — Trêves était en plein Saumu- 
roi8(c°* Trèves-Cunault, c°" Gennes, arr. Saumur), la frontière de TAnjou 
et du Saumurois étant à Gennes (voir ibid,) 

4. « Rotbertus rex, immo regina ejus Constantia pacem fecerunt cum 
comité Odone et Fulconem, Andecavorum elegantissimum in bellicis rébus 
comitem, solum nequiter reliquerunt in guerra, quam cum illis et pro ipsis 
sumptam gère bat » (Annales dites de Renaud et Annales de Vendôme, 
p. 60 et 86 du Recueil d'annales angevines et vendômoises), Robert le Pieux 
avait à ce moment besoin d'Eude (voir Pfister, Robert le Pieux, p. 243 et 
375-377). 

5. Gesta consul, Andegav. (ms. 6218, p. 48 ; Chron, des comtes d'Anjou y 
p. 108): « Fulco ad distringendam urbem Turonicam... oppidum in Monte 
Budelli statuit. Odo e contra, diversarum gentium multitudine secum 
aducta; accito cum omnibus suis Salmurensi Gelduino, munitionem illam 
obsedit. Similiter Fulco quos potuit in Valeiam adunat et sapienti usus 
consilio, cum non posset nec auderet pugnare, etc. » Hist, Saint-Florent 
(Chron, églises d'Anjou, p. 276) : « Quod (castrum Montis Buelli) Odo 



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40 LE œMTÉ d'anjou 

écrasante de ses adversaires. Il apprit en même temps que Sau- 
mur était resté sans défenseurs : aussitôt il change de direc- 
tion, traverse la Loire, gagne Saumur à marches forcées et se 
présente le lendemain matin devant les murs de la ville K 

Les habitants, si Ton en croit Thistorien de Saint-Florent de Sau- 
mur, quoique sûrs de la défaite, opposèrent aux Angevins une 
vaillante résistance : laissant à saint Doucelin, dont ils placèrent 
les reliques en travers de la porte orientale, le soin de protéger la 
ville de ce côté, la masse des combattants se groupa à la porte 
occidentale. Il leur fallut plier : Tassant fut donné, la ville livrée 
au pillage et à Tincendie ; ceux qui refusaient de se rendre 
furent poursuivis de coups ou faits prisonniers; le prévôt 
Aimeri fut envoyé dans les cachots de Doué, ses fils réservés 
au supplice; Tabbaye de Saint-Florent elle-même n'échappa pas 
au désastre 2. Quant à la garnison du château, qui restait encore, 
elle n'attendit pas qu'on l'attaquât. « Connaissant l'esprit ardent 
et farouche des Angevins »,dit l'auteur des Gesta consulum 
Andegavorum^ « connaissant aussi l'acharnement avec lequel ils 
exécutaient ce qu'ils s'étaient proposé, sachant enfin qu'il n'y 

cornes cum exercitu magno obsidens, Fulco vero ex adverse repellere 
nitens, viribus utrinque collectis, publicam condixerunt pugnam, ad quam 
Gelduinus cum Salmurensibus, Cainonenses quoque et Insulani cum 
Francis evocati conveniunt. » Annales de Vendôme et Annales dites^ de 
Renaud {Recueil d'annales angev. et vendôm., p. 60 et 86) : « Igitur Odo in 
Francia régis inipedimentis solutus Fulconem expugnare speravit et totis 
nisibus adorsus est annoque presenti (MXXVI) Montis Budelli castellum, 
quod circiter annos X rétro abhinc contra civitatem Turonicam firmaverat 
Fulco, obsedit. » 

i. Hist, de Saint-Florent, toc, cit.; Gesta consul. Andegav,, loc, cit. — 
Foulque le Réchin [Chron. dans Chron. comtes d'Anjou, p. 377) a fait ici 
une confusion entre Angers et Montboyau, quand il a écrit: « Cepil quoque 
(Fulco) castrum Salmuri, in tempore illo quo comes Odo venerat Andega- 
vim cum exercitu suo et posuerat castra sua in Angulata, inter ipsam 
civitatem et fluvium Ligerim. » 

2. Hist. de Saint-Florent, ibid. — Les Gesta consul. Andegav. (ms. 6218, 
p. 48; Chron. des comtes d'Anjou, p. 409) disent seulement que Foulque 
entra sans peine dans la ville « totumque confestim oppidum usque ad 
arcem cepit ». 



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LES CONQUÊTES 41 

avait pas à compter sur leur miséricorde, ils décidèrent de trai- 
ter avec le comte. Laisse-nous, lui déclarèrent-ils, quitter 
sains et saufs ce château, et nous te le livrerons ; protège-nous 
contre tes égorgeurs, accorde-nous la vie en échange de notre 
soumission. Le comte acquiesça à leur demande et les traita 
même avec honneur, voulant par là, dit-on, se concilier ceux 
qui s'étaient rendus et pousser les autres à imiter leur exemple. » * 
La ville entière était entre ses mains (été ^e 1026) ^. 

4. Gesta consul, Andegav., ibid, 

2. Les annales angevines et vendômoises (lesquelles représentent 
toutes une seule et même source perdue) donnent (sauf une erreur de 
transcription dans les Annales de Saint-Florent) la date de 1026 : voir les 
Annales de Saint-Aubin, les Annales de Vendôme et les Annales dites de 
Renaud, p. 3, 60, 86 du Recueil d'annales angev. et vendôm, — VHist, de 
Saint-Florent, au contraire (copiée par la Chron, de Saint-Maixent), 
donne la date de 1025; mais cette date est certainement erronée, comme 
on peut s'en rendre compte d'après les renseignements subsidiaires 
fournis par ÏHist. de Saint-Florent elle-même. En effet, remarquons 
d'abord que la prise deSaumurestde fin juin ou de juillet ou, au plus tard, 
du commencement d'août : car ïllist. de Saint-Florent nous apprend qu'un 
mois après {post mensem dierum) Eude est venu tenter de reprendre la 
place, mais qu'il y a bientôt renoncé parce que l'époque des vendanges 
approchait et que ses hommes voulaient rentrer chez eux (Chron. églises 
d^ Anjou, p. 280). VHist. de Saint-Florent nous apprend encore qu'en août 
1026 les moines, expulsés de Saumur, entreprirent la construction d'un 
nouveau monastère au Chardonnet. La prise de Saumur est donc, au plus 
tard, du commencement d'août 1026 ; mais elle est fort peu antérieure à 
celte date, puisque le choix d'un emplacement au Chardonnet a eu lieu 
sans retard [nec mora : ibid., p. 279). Un autre fait vient confirmer ces 
déductions : après avoir renoncé une première fois à reprendre Saumur, 
Eude, dit VHist. de Saint-Florent (p. 280), est revenu peu après {post 
aliquantum temporis), renouveler l'entreprise; or, à cette date, les moines 
avaient déjà commencé les constructions au Chardonnet; aussi s'inter- 
posèrent-ils. Cette seconde tentative d'Eude II est donc postérieure à 
août 1026 ; la première ne peut être que de quelques mois antérieure : elle 
est, par suite, de 1026 ; par suite encore, la prise de Saumur est, elle 
aussi, de 1026. Allons plus loin : lors de la première tentative d'Eude 
pour reprendre Saumur, il y a tout lieu de penser, d'après VHist. de Saint- 
Florent, que les travaux du monastère du Chardonnet n'étaient pas 
commencés. Cette tentative d'Eude se place donc au début d'août 1026 au 
plus tard, et la prise de Saumur, antérieure d'un mois, se place au début 
de juillet 1026 au plus tard. Toutes ces données concordent bien avec les 



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42 LE COMTÉ D 'ANJOU 

La chute de Sàumur fut pour Eude II et son vassal Geudouin 
un coup aussi terrible qu'inattendu. Geudouin aurait voulu 
qu'Eude levât aussitôt le siège de Montboyau et courût recon- 
quérir la place; mais le comte de Blois croyait si bien être 
sur le point de prendre Montboyau que, pour ne pas perdre 
le fruit de sa campçigne, il différa l'entreprise, promettant à son 
vassal un autre fief au cas où il ne parviendrait pas à lui restituer 
Saumur ^ . 

Cependant Foulque, sans se laisser attarder, remontait la 
Vienne, la traversait entre l'Ile-Bouchard et Nouâtre sur un 
pont de bateaux et venait investir Montbazon, qui, sans doute, 
lui avait échappé -. Eude apprit cette nouvelle au moment où 
tous ses efforts contre Montboyau aboutissaient à un échec lamen- 



indicationâ conlenues dans une charte-notice de Saint-Aubin d'Angers 
(CartuL de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n<» i97) : « Tercio 
enim anno" postquam idem Fulco Salmuriura cepit, ipse est annus 
consulatus suj XLII, etc. » De cette phrase ressort que la prise de 
Saumur a eu lieu la 39® année du « consulat » de Foulque, soit entre le 
21 juillet 1025 et le 2i juillet 1026 : elle est donc bien du début de juillet 1026 
au plus tard. Ceci concorde de même avec les indications contenues dans 
une charte-notice de Saint-Florent, publ. par Marchegay, Archives d* Anjou, 
t. I, 472: « Actum est hoc judicium anno ab incarnatione Domini MLXVI, 
qui est annus XLI a captione castri Salmuri, indictione IV, quarto nonas 
aug^sti. » La Chron. de Saint-Maixent, de son côté, tout en donnant 
(d'après Vllisi, de Saint-Florent) la date de 1025, ajoute un renseigne- 
ment qui, s'il était puisé à bonnes sources, serait une confirmation 
excellente de nos raisonnements : elle fait coïncider la prise de Saumur 
avec la quatrième année de l'ordination de Tabbé Frédéric, laquelle va du 
l®*" septembre 1025 au l**" septembre 1026 (voir Hist. de Saint-Florent i 
p. 270), Puisque la première tentative d'Eude II pour reprendre la place est 
postérieure d'un mois au succès de Foulque et qu'elle est d'ailleurs 
antérieure aux vendanges, il y aurait là une raison incontestable 
d'éliminer l'année 1025 et de s'arrêter à l'an 1026. Mais les raisons précé- 
dentes nous paraissent tout à fait suffisantes. 

1. Hist. de Saint-Florent, ibid,, p. 280. 

2. Gesta consul, Andegav. (ms. 6218, p. 48-49 ; Chron. des comtes 
d'Anjou, p. 109) : « Fulco pro voto Salmurio potitus alias ire disposuit et 
ante Kainonem transiens, inter Noastrum et Insulam Bucardi ponte facto 
de navibus, Vigennam transit et Montem Basonis obsidet. » Nous avons 
dit, p. 32, que Foulque Nerra avait construit Montbazon vers 1004-1006. 



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LES CONQUÊTES 43 

table : une grande tour de bois qu'ail avait élevée pour surplom- 
ber le donjon s'était, une nuit, brusquement effondrée, écrasant 
tous les soldats qu'elle abritait et avait été incendiée par les 
assiégés * . Ce nouveau contretemps et surtout la crainte de voir 
Foulque lui enlever Montbazon, comme il lavait fait de Saumur, 
le décidèrent à lever enfin le siège de Montboyau et à se porter 
à la rencontre de son adversaire. Foulque n'en désirait pas plus : 
Montboyau était sauvé. Il ne voulait pas risquer une bataille ; 
prudemment il remonta l'Indre et vint camper aux environs de 
Loches 2. 

Eude, alors seulement, se décida à faire une tentative pour 

^^prendre Saumur. Mais Foulque, depuis un mois qu'il s'en était 

emparé 3, avait pu y organiser la défense ^ : le comte de 

' Blois se heurta à une résistance acharnée ; le siège traîna en 

longueur. Pour comble de malheur, une grande machine de 

-siège en bois qu'il avait fait établir, comme devant Montboyau, 



1. Annales de ^Vendôme et Annales dites de Renaud, année 1026 [Recueil 
d'annales angev, et vendôm., p. 60 et 86) : «... annoque presenti (Odo) 
Montis Budelli castellum... obsedit el turrim ligneam mirçi altidudnis 
super domgionera ipsius castri erexit. In toto tamen labore tanto nichil 
aliud profecit, nisi quod intérim Salmurum, optimum castellum quod 
adhuc tune in Andecavensi pago habebat, capiente Fulcone, amisit et 
machina illa ad ultimum noctu super eos qui vi'gilias exercebant repente 
comiit multosque optimos et nobiles Francie milites et suo casu contrivit 
et incendio, quod confestim a castellanis superjectum est, concremavit. 
Ita Odo et damno et pudore pariter affectus abscessit. » 

2. Gesta consul, Andegat. (ms. 6218, p. 49; Chron. des comtes d'Anjou, 
p. 109) : « Fulco... Montem Basonis obsidet. Odo ab obsidione Montis 
Budelli secessit et ad Fulconis exercitum pedem dirigit. Ingeniosus Fulco, 
obsidione dimissa, usque ad Lochas recedens in pratibus sua [tentoria col- 
locavit. » Voir aussi la n. précédente. 

3. Hist, de Saint-Florent (loc. cit,, p. 280) : « Post mensem dierum Odo 
cornes Salmurum obsedit » (Cf. plus haut, p. 41, n. 2). 

4. Parlant de Toccupation de la citadelle par Foulque Nerra, les Gesta 
•consul, Andegav, (ms. 6218, p. 48 ; Chron. des comtes d'Anjou, p. 109) 
disent ; « Reddita arce, satellitibus suis ibi dimissis imperavit (Fulco) ut 
de servando Castro curiosi pix)curarent. » 



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44 LE COMTÉ d'aNJOC 

fut incendiée par les assiégés. L'époque des vendanges approchait : 
Eude s'éloigna et licencia son armée *. 

Quelques semaines après, il tenta une nouvelle attaque; mais, 
cette fois, les moines de Saint-Florent craignant pour le nouveau 
jnonastère qu'ils avaient commencé de construire au Chardonnet, 
tout à côté de la ville, s'interposèrent entre les deux comtes : un 
accordent lieu, aux termes duquel Eude renonçait définitivement 
à Saumur et Foulque s'engageait, de son côté, à détruire la forte- 
resse de Montboyau 2, 

Ce fut en vain que, dans le courant de Tannée 1027 3, Eude 
essaya de prendre sa revanche par un coup de surprise : alors 
qu'on le croyait occupé ailleurs, il fondit sur Âmboise en compa- 
gnie du jeune roi Henri ; mais il n'eut pas le même bonheur que 
Foulque à Saumur. La ville était bien défendue par le trésorier 
de Saint-Martin de Tours Sulpice, qui y avait construit un 
grand donjon de pierre : Eude dut se replier et regagner Blois ^. 

1. Hist. de Saint-Florent {loc, cit,, p. 280) : « Sed inclusi, fortiter relue- 
tantes, machinam, quam ex lignorum congerie Franci paraverant, incen- 
derunt. Quod cornes aegre fcrens, taedio laboris et vindemiarum instan- 
tia, Francos ad sua dimisit. » 

2. Ibid. Cf. ci-dessus, p. 44, note 2. — Geudouin de Saumur, comme 
dédommagement, reçut de son suzerain, le comte Eude II, la place de 
Chaumont-sur-Loire (Hist, de Saint-Florent, ibid.). 

3. Postérieurement au 14 mai 1027, date à laquelle le jeune Henri fut 
sacré roi (Pfister, Robert le Pieux, p. 77), puisque ce dernier était déjà 
« rex factus » quand il accompagna Eude au siège d'Amboise {Annales de 
Vendôme, p. 61 de notre Recueil), 

4. Annales de Vendôme {Recueil d'annales angev. et vendôm,, p. 61) : 
« MXXVII. Hoc anno Odo comes, quasi superioris fortunam emendaturus, 
Ambazium castrum de improviso, cum acturus aliud putaretur, obsedit 
habens secum Rotberti régis filium Heinricum jam regem factum^ Sed 
tamen ibi quoque diu laborans nichil profecit, défendante oppidum 
maxime inclito clerico Sulpicio, castellano ejus et Sancti Martini thesau- 
rario, suis rerum copiis ac sapienti industria. » Sur la tour construite par 
Sulpice, voir, en outre, les Gesta Ambaz. dominorum : « Quo intervallo 
Supplicius Ambaziaco, in loco ubi domus praedicti fratris lignea erat, 
arcem lapideam ad opus nepotis sui construxit » {Chron, des comtes d'An- 
jou, p. 169). Un peu plus loin, il y est question de la « turris Ambaziae 
lapidea, quam praefatus Supplicius suis propriis sumptibus exstruxerat » 



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LES CONQUÊTES 4S 

Il ne tarda pas à se jeter à corps perdu dans d'autres entre- 
prises *, pendant que Foulque, poursuivant ses avantages, repre- 
nait Montbazon, qui, nous l'avons vu, lui avait échappé ^, et se 
débarrassait d'un voisin dangereux, Geoffroi, seigneur de Saint- 
Aignan, en se le faisant livrer et en l'envoyant dans un cachot 
de son château de Loches ^, 



Les louvoiements de Robert le Pieux avaient seuls jusqu'alors 
empêché Foulque Nerra de mettre définitivement la main sur la 
Touraine entière. La mort de ce prince (20 juillet 1031) ^ amena 
entre la royauté et le comte d'Anjou un rapprochement, qui 
devait permettre d'atteindre en peu d'années un résultat depuis si 
longtemps poursuivi. Henri P'', en effet, ne tarda pas à comprendre 
qu'il avait tout à gagner en s'unissant à Foulque : Eude s'était 
chargé lui-même de précipiter cette union en se laissant enrôler 
par Constance, qui, dans son désir de renverser le nouveau sou- 
verain pour lui substituer son fils préféré Robert, n'avait pas 
hésité à donner au comte de Bloîs la moitié de la ville de Sens ^. 

Dès 1032, l'alliance entre le roi et Foulque Nerra était renouée 
et ils allaient de concert mettre le siège devant Sens. Le comte 

[ibid) et Sulpice est qualifié de « dominus Turris Lapideae » (ibid.y p. 175). 
Enfin ce sont les Gesta consul, Andegan, (ms. 6218, p.- 49) qui nous per- 
mettent de dire qu'Eude s'est replié sur Blois : « Cum esset Odo Blesis... », 
y est-il dit tout de suite après le récit de sa retraite. 

1. Voir Lex, Eudes de BloiSy p. 45 et suiv. 

2. Gesta consul. Andegav. (ms. 6218, p. 49; Chronique des comtes d'An- 
jou, p. 116) : « Intérim Fulco iterum Montem Basonis obsedit et cepitet 
Guillermo Mirebelli ad servandum tradidit. » 

3. Ibid. : « Arraudus Brustulii aliiquc proditores Gosfrîdum dominum 
suum, Sancti Aniani principem, Fulconi tradunt; qui postea, Fulcone 
absente, Luchis in carcere ab ipsis proditoribus transgulatus est. » 

4. Pfister, Robert le Pieux, p. 81 . 

5. Ibid., p. 82. Cf. Hugue de Fleury, dans les Ilistor. de Fr,, t. XI, 
p. 158*». 



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46 LE COMTÉ d'aNJOU 

se fît même remarquer par son ardeur à violer et démolir le 
cloître de Saint-Pierre-le-Vif *. Peu après, on le vit s'employer 
à obtenir la soumission de Constance et de son fîls ^. Aussi 
Tappui du roi lui eût-il permis, sans doute, dès ce moment, de 
poursuivre ses conquêtes en Touraine, si des difficultés, qui dégé- 
nérèrent bientôt en lutte ouverte, ne Tavaieint mis alors aux 
prises avec son fils GeofTroi Martel ^. 

Ce ne fut, par suite, qu'après la mort d*Eude 11 et même après 
celle de Foulque Nerra, que Tattaque des Angevins reprit: 
Henri I®"", en guerre lui-même avec les deux jeunes successeurs 
d'Eude, Thibaud III et Etienne II ^, y poussa GeofTroi Martel, en 
lui accordant par avance l'investiture de Tours ^. GeofTroi, qui, 
dès son avènement, avait recommencé les razzias à travers la 
Touraine 6, rassembla une forte armée "^ et vint mettre le siège 

1. Clarius, Chron, Sancti Pétri Senon., dans les Histor. de Fr.^ t. XI, 
p. 196 : « Cornes itaque Andeg-avensium Fulco, qui primus post regem 
erat in ipsa expeditione, abbatiam S. Pétri fregit, clausura monachorum 
terra tenus incidi fecit. » Robert d'Auxerre reproduit ce texte (Histor, de 
Fr., t. XI, p. 308 B ). Ce siège de Sens eut lieu en juillet-août 1032, sui- 
vant M. Soehnée, Henri i**" [Positions des thèses des élèves de VÉcole des 
Chartes, ann. 1891). 

2. Raoul Glaber, III, 9 (éd. Prou, p. 85) : « Diu multumque vastando res 
proprias debacatura est donec Fulco Andegavorum cornes, cognatus scili- 
cet ipsorura, matrem (Constantiam) redarguens cur bestialem vesaniam 
erga filios exerceret utrumque parentem in pacem reduceret. » 

3. Voir ci-dessous, ch. II, p. 58 et suiv. 

4. Voir Raoul Glaber, V, 2 (éd. Prou, p. 129); cf. d'Arbois de Jubain- 
ville, Hist, des comtes de Champagne, t. I, p. 357 et suiv. 

5. Raoul Glaber, ibid. : « Contigit enim post multas strages cladis 
utrai-umque partium ut isdem rex, ablato ab eisdem dominio Turonice 
urbis, daret illud Gozfredo, cognomeuto Tuditi... » ; Foulque le Réchin, 
Chron, (Chron, des comtes d'Anjou, p. 378) : « Ex voluntate régis Ainrici, 
accepit donura Turonicae civitatis ab ipso rege. » 

6. Gesta consul. Andegav. (ms. 6218, p. 49-50 ; Chron des comtes d'' An- 
jou, p. 118) : « Itaque Ambaziaco milites muLtos cum Lisoio posuit, qui 
Turonim Blesimque vastarent ;similiter illi de Monte Basonisquidquid erat 
usque Kainonem demoliti sunt ; Luchenses cum Rogerio Diabolerio ter- 
ram Sancti Aniani, Pontilevim et Calvimontem et omnia usque ad Chus- 
sonem fluvium saepe depredabantur. » 

7. Raoul Glaber, V, 2 (éd. Prou, p. 129) : u Qui coUecto magno exer- 



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LES œNQUÊTES 47 

devant la place. Il prit solidement position, en se retranchant 
notamment dans le monastère de Saint-Julien ^ ; mais pendant 
plus d'un an ses efforts étaient demeurés sans succès *^, quand 
enfin Tarmée de Thibaud et d'Etienne, passant par Pontlevoy, 
yint camper non loin de Montrichard, à Saint-Quentin près 
Bléré, sur les bords du Cher 3. A cette nouvelle, Geoffroi Martel 
marche à sa rencontre par Montlouis *. Les deux armées se 
heurtent à Nouy, près du village de Saint-Martin-le-Beau ^. 
Une mêlée terrible s'engage : les Blésois, subitement pris de 
panique, cessent de riposter, puis prennent la fuite ^ ; les 
Angevins se lancent àleurpoiu'suite^. Etienne parvient à s'échap- 



cilu... M ; Gesta consul, Andegav,, loc, cit. : « Martellusad ultimum omni- 
bus suis copiis congregatis.. m 

1. Chron. rimée de Saint-Julien de Tours (Salmon, Recueil de chro- 
niques de Touraine^ p. 247) : « Hoc tempère, nostra abbatia || multa et 
in multis passa est gravamina. || Martellus enim comes eam munierat||et 
de illa civitatem oppugnabat. » 

2. Raoul Glaber, V, 2 (éd. Prou, p. 129) : «... ipsam civitatem anno une 
et eo amplius obsidione circumdedit. » 

3. Gesta consul, Andegav, (ms. 6218, p. 50 ; Chron, des comtes d'Anjou, 
p. H9) : «Gomes Theobaudus cum infinita gente per Pontilevim transiens 
juxta Montricardum ad flumen Cari descendit, et copiosis boum et ovium 
armentis inventis, opima preda sui ditati in pratis Sancti Quintini ante 
Blireium tentoria figentes, nocte ac die recréa ti sunt. » Raoul Glaber, 
loc, cil, : «...adversus quem (Gozfredum) tandem hostili manu pergentes 
dimicaturi rêvera ut afflictç indigentique alimoniis succurrerent urbi ambo 
pi'edicti filii Odonis. » 

4. Gesta consul, Andegav,, loc, cit, : « Martellus, relicta obsidione, Lau- 
diaco Monte prima die eis obvius venit. » 

5. Ibid, (ms. 6218, p. 51. ; Chron. des comtes d'Anjou, p. 120) : « Nec 
mora ante burgum Sancti Martini Belli ad pugnam conveniunt, in loco 
qui publiée Noit vocabatur. » 

6. Les Gesta [ibid.], après avoir raconté une première mêlée, ajoutent ; 
ce Andegavi siquidcm denuo eos invaserunt, quorum virtutem Theobau 
dini satellites diutius non sustinentes, pavore subito sibi immisso, in 
fugam versi, scapulas dederunt. » Raoul Glaber, loc. cit, : « Dumque 
venirentutreque partes incomminus tantus terror invasit exercitum duorum 
frati"um ac si vincti ligaminibus omnes pariter imbelles exstiterunt. » 

7. Gesta consul. Andegav, (ms, 6218, p. 51-52 ; Chron. des comtes d'An- 
jou,^, m). 



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48 LE COMTÉ d'aNJOU 

per ^ ; Thibaud, moins heureux, est surpris avec le gros de ses 
troupes dans le bois de Bray, où la marche des chevaux est 
entravée par les branchages, et fait prisonnier en même temps 
que six ou sept cents de ses vassaux (21 août 1044) 2. Emmené 
à Tours 3, il lui fallut, pour obtenir la paix et la liberté, abandon- 
ner au vainqueur non seulement cette ville, mais aussi les autres 
places fortes de Touraine qui dépendaient encore de lui, notam- 
ment Ghinon, TIle-Bouchard, Châteaurenault et Saint-Aignan 
(24 août) 4, 

1. Raoul Glaber, loc, cil, : « Stephanus autem arrepta fuga cum aliqui- 
bus militibus evasit. » 

2. Raoul Glaber, ibid, : « Tetboldus vero cum cetera multitudine totius 
exercitus captus... » ; Gesta consul, Andegav. (ms. 6218, p. 52 ;Chron, des 
comtes d''Anjou, p. 421) : «... in neraore quod Braium dicitur juxta aulam 
Hastuini comitem Theobaudum consequuntur et capiunt cum quingentiset 
octoginta militibus : non enim in Braio equi currere potuerunt ; consulem 
ab Braio abstractum (sic nempe nemus vocatur) Martello reddunt. » 
Foulque le Réchin, racontant le même événement, donne pour les cheva- 
liers faits prisonniers le nombre de mille : «...Unde postea guerra in ter 
eum (Gosfridum) et Teothbaldum adeo ingrava ta est quod inierunt prae- 
lium inter civitatem Turonum et Ambaziam castrum, in quo Teothbaldus 
captus est et usque ad mille de equitibus suis » (Chron, des comtes d'An- 
joUy p. 378). Hugue de Fleury dit qu'il y eut 760 chevaliers faits prison- 
niers : « Cum quo (Tetbaudo) Gaufridus congressus, illum protinus supe- 
ravit et cepit cumseptingentiset sexaginta militibus » (Hist.de Fr. y i. XII, 
p. 795). Les annales angevines donnent la date : « MXLIV. Tedbaldus, 
filius Odonis comitis, a Gosfrido comité Andecavorum captus XII kalen- 
das septembris, post tridie civitatem Turonum reddidit » (Annales de 
Vendôme^ dans le Recueil d'annales angev. et vendôm.^ p. 62. Cf. ibid.^ 
p. 4, 87 et 107, trois textes presque identiques dérivant de la même source 
que celui des Ann. de Vendôme). Les mss. des Gèsta consul, portent 
la date erronée de MXLII. 

3. Raoul Glaber, loc. cit. : «... ad Turonensem civitatem deducitur. >» 

4. Voir le texte des Annales de Vendôme cité ci-dessus, n. 2; les 
iJesta consul. Andegav. (ms. 6218, p. 52 ; Chron. des comtes d'Anjou, 
p. 121) : « Iste Theobaudus cum csset in vinculis et pro eo nullam 
argenti et auri Gosfridus Martellus redemptionem vellet accipere, captivus 
mori metuens et semetipsum plus quam sua diligens,... pro sua delibera- 
tione Turonim Gosfrido Martello in perpetuum habendam concessit. Mar- 
tellus comes, Turonia quiète suscepta (nam sibi Theobaudus Kainonem 
et Lengiacum (?) que adhuc possidebat, cum omnibus que eis jure appen- 
debant reddibit), rege Francorum mediante, cum Theobaudo paci^catus 



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LES CONQUÊTES 49 



VI 

Cette paix était le couronnement de Tœuvre entreprise depuis 
de longues années par les comtes d'Anjou et spécialement par 
Foulque Nerra et son fils sur la frontière orientale de leurs états. 
Défendue par les comtes de Blois pied à pied et au prix de 
luttes sanglantes, la Touraine tombait enfin tout entière aux mains 
de Geoifroi Martel : de gré ou de force, tous les seigneurs de la 
région devenaient ses vassaux ^ ; ceux qui résistèrent n'y 
gagnèrent qu'une dépossession immédiate 2. De son côté, Thi- 

est » ; Foulque le Réchin, Chron, (Chron, des comtes d'Anjou^ p. 378) pré- 
cise encore certains points : « Accepit itaque (Gosfridus) civitatem Turo- 
nicam et castella in circuitu : Chinonum et Insulam et Castrum Rainaldi et 
Sanctum Anianum ; pars autem alia Turonici pagi sibi contigerat ex pos- 
sessione paterna. » Cf. Chron. rimée de Saint-Julien de Tours, dans Sal- 
mon, Recueil des chroniques de Touraine, p. 247 : « Quam tandem (civita- 
tem) a Tetbaldo || comité recepit », et Hugue de Fleury, dans les Histor. 
de Fr.y t. XII, p. 795 : « Quem etiam (Tetbaudum) tamdiu vinculis tenuit 
corapeditum, donec ab iilo preafatam extorqueret civitatem. » Les Gesta 
consulum Andegav, ajoutent une phrase qui a été d'ordinaire, croyons- 
nous, mal interprétée : « Itaque Martellus, facto hominagio pro suscepta 
terra, Theobaudo ipso délibéra to. donaria militibus constituit » (ms. 6218, 
p. 52 ; Chron, des comtes d'Anjou, p. 124). On a compris que Geoffroi 
Martel avait fait hommage de la Touraine à Thibaud (d'Arbois de Jubain- 
viWe, Hist. des comtes de Champagne, t. I, p. 369) ; le texte que nous avons 
cité ne dit rien de semblable. Les Gesta notent même plus loin [Chron, 
des comtes d'Anjou, p. 139) comme une nouveauté Thommage prêté au 
comte de Blois par Foulque le Réchin en 1068. Ce sont d'ailleurs les 
Gesta Amhaziensium (Chron, des comtes d'Anjou, p. 170) qui semblent 
responsables de Terreur. 

1. Ainsi les Gesta consul, Andegav. (ms. 6218, p. 52 ; Chron. des comtes 
d Anjou, p. 124) disent du seigneur de Chaumont-sur-Loire et de son fils: 
« Gelduino Salmûrensi et filio ejus Gosfrido Calvi Montis Martellus omnes 
feodos que habuerant citra Vigenne fluvium et decimam Sancti Cirici 
reddidit ... insuper etiam Gosfridus Calvi Montis pro predictis Martello 
hominium fecit. » 

2. Ce fut, par exemple, le cas de Guichcr, seigneur de Châteaurcnault, 
de Geoffroi Fouel, baillistre de File-Bouchard. Pour le premier, voir la 

Halphen. — Le comté d'Anjou. 4 



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80 LE COMTÉ D*ANJOU 

baud se résigna, et le seul conflit signalé dans la suite entre 
lui et Geoffroi eut lieu (vers 1050-1037) sur les confins du 
comté ^e Vendôme et peut-être à cause de cette province. 
Ce fut un conflit long, mais, semble-t-il, sans grande 
importance ; car aucun chroniqueur n'en a fait mention 
et tout ce que nous en connaissons, c'est la prise de Fréteval parle 
comte d'Anjou^ et une trêve conclue à la Cha pelle- Vendômoise *. 



charte n« 40 du CartuL blésois de Marmoulier,éd. Métais,où il est dit que 
Guicher de Chàteaurenault fut dépossédé de son château au profit d'un 
certain Renaud, qui est Renaud II de Château-Gontier (voir Car/i//. de Mar- 
moutier pour le VendômoU, éd. de Trémault, n° 37). Guicher rentra d'ail- 
leurs plus tard en possession de son fief {ibid,). La restitution qui lui en 
fut faite se place après 4062, date où une charte nous apprend qu'il vivait 
encore en exil (CartuL blésois de Marmoulier, n® 86) et même après 1066, 
date où Renaud de Château-Gontier, époux d'Elisabeth ou Isabelle, était 
encore installé à Chàteaurenault (charte de Saint-Julien de Tours copiée 
dans la Collection dom Housseau, IP, n* 693). Entre temps, le château de 
Guicher, qui ne s'appelait jusque-là que Château, avait pris le nom de 
CA^/eaM-Zîe/iauc/, du nom du seigneur de Ghâteau-Gontier. — Pour Geoffroi 
Fouel de l'Ile-Bouchard, voir une charte extraite du fol. 172 v« du CartuL 
tourangeau de Marmoutier, cTopiée notamment dans la Collection dom 
Housseau, IP, n» 450, et éditée par l'abbé Métais, CartuL de la Trinité 
de Vendôme, n® 399 : il y est dit en propres termes que Geoffroi Martel, 
au moment où il envahit la Touraine, chassa de leurs fiefs beaucoup de 
seigneurs et notamment Geoffroi Fouol. — Enfin rapprocher de ces deux 
exemples la phrase suivante d'une charte-notice de Marmoutier : « In illa 
rerum conversione et mutabilium mutatione quae facta est cum cornes 
Gausfredus Turonorum civitatem cçpisset, aliorum ad alios incolarum ad 
extraneos possessiones et hf reditates, Deo cuique justa tribuente, transi- 
erunt » (Arch. d'Indre-et-Loire, H 322, orig.), et cette autre : « Cum civi- 
tatem Turonenscm cornes Gauzfridus cepisset, habitatoribus maxima ex 
parte et illis potissimum qui aliquid esse videbantur expulsis, antiquae 
possessiones no vos accepere possessores et altcrorum honores, utpote 
terreni, non célestes, ad altcros migra verunl » (charte de Marmoutier, 
copiée dans la Coll. dom Housseau, vol H"^, n*-480). 

1. Cartulaire de Saint-Père de Chartres, éd. Guévaivd {Qocurnents inédit»), 
t. I, p. 24 : « ...Que (Nivelone) mortuo, filius ejus Paganus modico tem- 
pore patris beneficio fungiturrnam cum debellaret castrum quod vocitatur 
Fracta Vallis, patri a Gausfrido Marlello sublatum, inipsocastri introitu ab 
hostibus gladiis intorimitur. » Dans sa notice sur Fréteval (Cartulaire blé- 
sois de Marmoutier, Introduction, p. xxii), M. l'abbé Métais a rapporté 
cet événement à la guerre de 1044, ce qui est impossible, puisque, comme 



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LES CONQUÊTES 51 

Quant au comte de Rennes, qui, on s'en souvient, avait 
été au début un des auxiliaires du comte de Blois, on n'avait pu 
l'empêcher de ressaisir à Nantes une influence prépondérante : 
pendant que Foulque Nerra avait été occupé à lutter contre 
Eude I*"", Geofifroi Bérenger, fils et successeur de Conan ^, s'était 
jeté sur Judicaël et, après l'avoir forcé à se soumettre^, n'avait 
pas tardé, à ce qu'il semble, pour se débarrasser de lui, à le faire 
tomber dans un guet-apens (1004 environ)^; puis il avait incité 
l'évéque de Nantes Gautier contre le fils de Judicaël, Budic, et 
avait tenté d'expulser ce dernier; son successeur, Alain, avait 
suivi la même politique^, et Budic, après avoir d'abord appelé à 



il rétablit lui-même (ibid,^ p. xxiii), Névelon de Prélevai, père de Païen, 
mourut après 1048 et même après 1050. 

1. Le souvenir nous en a été conservé par une charte datée comme 
suit : » Hujusmodi donum factum est apud Capellam Blescnsem (aujour- 
d'hui la Cha pelle- Vendômoise, arr. de Blois) ante comilem Tetbaldum et 
ante comitem Gaufredum,cognomine Martellum, qui ibi ambo convcnerant 
ad faciendum inter se concordiam pacis. » Les deux comtes souscrivent 
l'acte et il est dit qu'un bien dont il est question a été possédé pendant treize 
ans « antequam convenirent praefati comités ad supradiclum locum » et 
que, « cum non possent comités omnino inter se firmare pacem nisi tre- 
guam tantummodo », le comte Thibaud n'en a pas moins demandé à Geof- 
froi Martel de faire restituer la main-ferme de Putellis par Bouchard de 
Caresme [Cartul. dunois de Marmoutier, éd. Mabille, n® 102 ; Catalogue 
d'actes^ n® 122). L'époque de cette guerre est fixée par deux chartes du 
CarluL de la Trinité de Vendôme, éd. Métais, n«« 115 et 122 : Tune 
(n« 115) est datée de Tan 1057, au temps où Geoffroi Martel et Thibaud 
étaient en guerre ; l'autre, datée de l'an 1058, fait allusion aux dévasta- 
tions que le Vendômois, le Blésois et le Dunois viennent d'avoir eu à 
subir pendant la guerre entre les deux comtes et relate la trahison de 
deux serfs du comte de Vendôme Foulque (ce qui nous reporte après 
1050). Cf. ibid.y n*» 109, charte antérieure à 1057, où il est question de la 
même guerre. Voir encore la charte n® 25 du Cartulaire blésois de Afar- 
moutier, éd. Métais, où se Ht cette phrase : «... cum pro guerra que erat 
inter comilem Tetbaldum et comitem Gauffredum res illius loci (Majoris 
Monasterii) habebant intaxamentum. » 

2. Geoffroi Bérenger, comte de Rennes de 992 à 1008. 

3. Chron, de Nantes, éd. Merlet, XLV, p. 133-134. 

4. Ibid,, XLVI, p. 134 eX p. 135, note. 

5. Tout ceci ressort des chap. XLVI-XLVII de la Chron. de Nantes, 



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52 LE COMTÉ D^ANJOU 

son secours son suzerain Foulque Nerra *, avait fini, se ravi- 
sant, par écouter les promesses de ses adversaires *-. La suzerai- 
neté angevine s'était donc trouvée écartée de Nantes ; mais 
Foulque Nerra avait pris ses précautions en s^établissant plus 
solidement dans les Mauges : à Montrevault vers Tan 1000 •^, à 
Montfaucon vers 1026^, et surtout en venant occuper le territoire 
de Saint-Florent-le- Vieil, resté jusqu alors englobé dans le comté 
de Nantes, et en y établissant une forteresse, dont Budic essaya 
en vain d*entraver la construction (1030 environ) ^. Geofifroi Mar- 

Gautier, évêquc de Nantes, fut constamment soutenu par les comtes de 
Rennes, dont il semble bien avoir été la créature. 

i. Dès le début, Budic s'était reconnu le vassal du comte d'Anjou : « Nam 
comitis Fulconis saepe repetens curiam et servitium pro terris alodiis 
reddens... ■, est-il dit au chap. XLVI de la Chron. de Nantes, éd. Merlet, 
p. 435-136, et VHist, de Saint-Florent (p. 282 des Chron, des églises dWn- 
jou) s'exprime ainsi : « Denique Budicus, Nannetensium comes, cum ipse ac 
sui praedecessores Andegavensiumcomitibus servire solerent... » — H est 
donc tout naturel que Budic, menacé, ait fait appel à Foulque Nerra : voir 
Chron, de Nantes, éd. Merlet, p. 138 ; mais le texte restitué hypothéti- 
quement par M. Merlet d'après la traduction de Le Baud ne nous semble 
pas tout à fait exact ; Le Baud a dû mal interpréter un passage voulant 
dire : Budic appela Foulque à son aide au nom de l'hommage qu'il lui 
avait prêté. Sans cette interprétation, il y aurait contradiction entre les 
divers passages de la Chronique. 

2. Chron. de Nantes, XLVII, éd. Merlet, p. 139 : « Et Budico latenter 
promittens magna beneûciorum munera, eos pacificavit, ut, Fulcone Ande- 
gavensi relicto, deinceps Namnetensem ur^em ipse Budicus ab Alano 
reciperet. » 

3. Voir ci-dessous, 2« partie, chap. II. 

4. Ibidem. 

5. Ibidem. — La Chron. de Nantes place la construction du château 
de Saint-Florent-le- Vieil avant la reconnaissance par Budic de la suzerai- 
neté du comte de Rennes : de la sorte, c'est Foulque Nerra qui est censé 
avoir le premier rompu le contrat féodal en envahissant les domaines de 
son vassal. UHist. de Saint-Florent présente une version tout opposée : 
c'est Budic qui, le premier, a rompu le- contrat féodal {contraria cœpit 
agere servus in dominum) et l'occupation de Saint-Florent-le- Vieil n'appa- 
raît plus que comme un châtiment ou une précaution prise par le comte 
d'Anjou. Etant donné que VHist. de Saint-Florent n'est pas favorable au 
comte d'Anjou, loin de là, et (jue, dans l'espèce, elle n'a aucune raison de 
dénaturer la vérité, c'est son récit qui semble devoir être préféré. — 
Quant à la tentative de Budic pour empêcher la construction du château, 



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LES CONQUÊTES 53 

tel crut un instant qu'il allait pouvoir regagner le terrain perdu : 
par suite de luttes intestines fort confuses, Hoël, comte de 
Nantes, se trouvant en 'état de rébellion contre le comte de 
Rennes Gonan II ^, dut implorer l'appui du comte d'Anjou et, 
pour ce, le reconnaître comme suzerain ; mais Geoffroi ayant 
voulu abuser de la situation et s'emparer de Nantes, Hoël vint 
lui reprendre la ville 2. C'en était donc bien fait de ce côté de 
rinfiuence angevine. 

elle est signalée en ces termes par VHist, de Saint-Florent [Chron, des 
églises d'Anjou, p, 283) : « Quod Budicus cornes Nannetensis non aequa- 
nimiter ferens, cum exercitu advenit, suisque mox per pascua ad praedam 
concurrentibus, cum reUquis quantum ex burgo potuît incendit atque vas- 
tavit sicque discedens non quantum voluit malum pereglt. » — Budic est 
mort en 1038. 

1. Voir La Borderie, Histoire de Bretagne y t. III, p. 16. 

2. Annales de Vendôme (Recueil d'annales angev. et vendâm,, p. 62) : 
« Civitas Namnetica comiti Gosfrido ab Hoel comité reddita est. Qui non 
bona usus fide auferre eam illi temptavit, sed vix XL dies retentam tur- 
piter amisit. » Il y eut même sans doute quelque combat avec le comte 
de Rennes, car Foulque le Réchin, dans sa chronique [Chron. des comtes 
d'Anjou, p. 378), dit que Geoffroi Martel lutta « cum Hoello comité Nan- 
netensi et cum Britannorum comitibus qui civitatem tenebant Redonensem. » 
Nous avions admis dans notre Étude sur,,, la chronique de Fofilque le 
Réchin (Bibl, Fac, des lettres de Paris, XIII, p. 37) que la confiscation de 
Craon avait donné lieu à une guerre entre le comte de Rennes et Geoffroi 
Martel : un examen plus complet des textes de Ménage et Le Baud nous 
oblige à rejeter cette manière de voir (cf. ci-dessous, 2« partie, chap. I. 



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CHAPITRE II 

RAPPORTS AVEC L'AQUITAINE, LE VENDOMOIS 
ET LE MAINE 

C'est du côté de la Bretagne et surtout de la Touraine que 
Foulque Nerra et son fils ont frappé leurs coups les plus déci- 
sifs ; mais avec leurs autres voisins ils ont su avoir une politique 
non moins arrêtée et non moins féconde : on en verra la preuve 
dans Thistoire de leurs rapports avec l'Aquitaine, le Vendômois 
et plus encore avec le Maine. 



I 

Pendant la plus grande partie du gouvernement de Foulque 
Nerra, les rapports du comte avec l'Aquitaine furent excellents. 
Nous avons vu * que GeofTroi Grisegonelle avait reçu de Guil- 
laume IV Fièrebrace le Loudunois en fief : Foulque renouvela 
pour cette possession Thommage prêté par son père et reçut, 
par surcroît, Saintes et quelques châteaux de Saintonge '^. A 



1. Introduction, p. 7, 
- 2. Adémar de Chabannes, III, 41 (éd. Chavanon, p. 164) : u Cumque 
comitem Andegavensem Fulchonem in manibus suis commendatum haberet, 
concesserat ei pro beneficio Losdunum cum aliis nonnullis castris in 
Pictavorum solo, Santonas quoque cum quibusdam castellis. » C'est bien à 
tort que M. Lair (Éludes critiques, t. II, p. 180) a voulu voir là une contra- 
diction avec la phrase du chap. 30, citée ci-dessus, p. 7, n. 2. — Nous 
voyons que Foulque Nerra est bien chez lui à Saintes par un autre texte 
d'Adémar de Chabannes (III, 64). Mirebeau faisait aussi partie des fiefs 
tenus de Guillaume V par Foulque : dans un diplôme du roi Robert (n® 24 
du Catalogue de Pfister, Robert le Pieux) y on voit, en effet, que cette ville 
est aux mains du comte d'Anjou, bien qu'elle soit « in comitatu Pictavo », et 



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AQUITAINE, VENDÔMOIS ET MAINE 55 

ce double titre, il resta personnellement toute sa vie un vassal 
soumis du duc d* Aquitaine. 

Si nous manquons de détails sur ce point pour le temps de 
Guillaume IV, nous en avons de très précis pour celui de Guil- 
laume V le Grand : Adémar de Chaban\ies nous apprend que 
Foulque ne négligeait pas de venir lui « faire sa cour » ^, et 
nous relevons, en effet, sa souscription au bas de plusieurs chartes 
données par Guillaume en plein Poitou 2. Un texte fort curieux, 
où sont relatées toutes les machinations dont Huguede Lusignan, 
vassal du comte d'Anjou et arrière-vassal du duc d'Aquitaine, fut 
victime de la part de ce dernier, nous permet même de voir com- 
bien Foulque s'entendait avec son suzerain^. En 1025, le trésorier 
de Saint-Hilaire de Poitiers Augier {Hildegarius)^ écrivant à 
Tévêque Fulbert de Chartres pour le prier de venir à Poitiers, lui 
rappelle qu'il peut traverser l'Anjou sans crainte. Foulque Nerra, 
« le vassal très Gdèle et très familier » de Guillaume, ayant 
promis de lui faire bon accueil ^. Enfin, nous avons une lettre 

de même, dans la charte de fondation de Saint-André de Mirebeau, vers 
1052, on voit que la ville est « de feudo comitis Andegavensium MartelH 
GofTridi », mais du « comitatus » du comte de Poitiers (pièce justiflcat. n^ 1 
d'Ed. de Fouchier, La baronnie de Mirebeau,. dan» les Mém, de la Soc, des 
ant'uj. de rOuest, 2«» série, t. I, 1877, p. 279-281). —Sur les prétendues 
hostilités de Foulque contre Guillaume le Grand en 996, voir chap. 
précédent, p. 30, note. 

1. Adémar de Chabannes, III, 56 (éd. Chavanon, p. 182): «Tune a 
prtmatibus malivolis et precipue a Fulcone comité, qui tune in servitio 
ducis Pictavis erat tempore quadragesimae, suadebatur ei destruere locum 
Sancti Johannis, etc. » 

2. Catalogue d" actes, n»» 21, 24, 32. 

3. HUt. de Fr., t. XI, p. 534 c et 537A-D. Dans le second de ces deux 
passages, on voit que Hugue de Lusignan est V u homme >» de Foulque 
Nerra, lequel est à son tour le vassal de Guillaume le Grand. Pour le 
commentaire, nous renvoyons à Imbert, Histoire de Thouars ("S'iori, 1871, 
in-8»), p. 39-40, et à Richard, Hist, des comtes de Poitou, t. I, p. 157-167. 

4. Hist. de Fr., t. X, p. 489 : « Est etiam comiti nostro G[uillelmo] 
satelles fidelissimus et familiarissimus Fulco comes. Appelatus a comité 
Guillehno ne vobis tecnam in ter vias moliatur, respondit in vera Gde, sicut 
nobis visum est, nuUam se moliturum; velle etiam sibi praemandari 
adventum vestmm, ut conducat vos per sua. » 



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36 LE COMTÉ d'aNJOU 

attribuée à Foulque lui-même et qu il aurait écrite la même 
année au roi Robert pour lui faire des ouvertures de la part de 
son « seigneur », quand celui-ci tenta d'obtenir la couronne 
d'Italie pour son Ris aîné ^. 

La mort de Guillaume V, en 1029, vint compliquer la situa- 
tion. Il laissait quatre fils : Tainé, Guillaume le Gros, issu d^un 
premier mariage avec Aumode, lui succéda; le second, Eude, 
né d'un deuxième mariage, avec Brisce, sœur de Sanche, duc 
de Gascogne, fut appelé peu après à gouyerner la Gascogne; 
enfin deux enfants encore en bas âge, Pierre et Geoffroi, étaient 
nés d'un troisième mariage avec Agnès, fille du comte de Bour- 
gogne Otte-Guillaume 2. Le fils de Foulque Nerra, Geoffroi Mar- 
tel, résolut, malgré son père, d'épouser Agnès, d'écarter Guil- 
laume le Gros et Eude, et d'assurer ainsi le pouvoir aux deux 
mineurs Pierre et Geoffroi, qui seraient dans sa dépendance. 
Il se heurtait, il est vrai, à un empêchement canonique: l'Église, 
le considérant comme l'allié au troisième degré de la veuve de 
Guillaume V, condamnait ses projets 3. Mais cet obstacle ne 

1. Hist, de Fr., t. X, p. 500: « Guillelmus, Pictavorum cornes, herus 
meus, loquutus est mihi nuper dicens quod etc. Nune ergo mandat vobis, 
postulans, etc. Et ego precûr significari litteris aut nuntiis quid animî 
vobis sit super hoc quod ipse rogat, ut renuntiem illi. » Sur ces événe- 
ments, voir Pfister, Robert le Pieux, p. 374 et suiv. 

2. Voir Pfister, ihid., III, 3, Palustre, dans les ilf^m.,(/e la Soc. des antiq, 
de VOuesty 1880, passint, et Richard, Hist. des comtes de Poitou^ t. I. 

3. A cette époque, on admettait, en efîet, que les empêchements résul- 
tant de Taffinité s'étendaient aussi loin que les empêchements résultant de 
la parenté (voir Esmein, Le mariage en droit canonique, t. I, p. 374 et suiv.). 
Il y avait donc empêchement au mariage de Geoffroi avec Agnès, son 
alliée au troisième degré canonique. Cette afllnité elle-même ressortira de 
la généalogie suivante : 

Herbert II de Vermandois (!•' de Troyes). 

LiROBARD, ëp. Thibaud le Tricheur. Adèle de VBRMANDOis^ëp. Geof. Grisegonelle. 

Emma, ép. Guillaume IV d'Aquitaine. Foulque Nerra. 

Guillaume Vd'Aquit.,ép. Agnès. Geoffroi Martel. 

Comme preuve, voir les généalogies indiquées dans notre introduction; 

Mabille, Introd. aux Chron. des comtes d'Anjou ; Lex, Eudesde Blois , loc cit.. 



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AQUITAINE, VENDÔMOIS ET MAINE 57 

rairêtapas. Le l'"" janvier 1032, lunion fut conclue ^ et, sans 
tarder, il se mit en posture d'en tirer le profit qu'il en 
attendait : il marcha contre Guillaume le Gros, le battit et le 
fit prisonnier au Mont-Couër près de Saint-Jouin-de-Marnes, 
le 20 septembre 1033 2. 



p. 203; Pûster, Robert le Pieux, p. 234; Lot, Les derniers Carolingiens^ 
p. 372, et surtout Lot, Hugues Capet, p. 405. — Sur le caractère anticano- 
nique de Tunion d'Agnès et de Geo ffroi, voiries textes cités à la n. suivante 
et Hist, de Saint-Florent, p. 282 des Chron. églises d'Anjou : on y dit que 
GeolTroi Martel a épousé Agnès « inceste conjugio ». 

1. « Kal. januarii. Gaufridus cornes Agnetem comitissam, quç fuerat 
consobrinisui Willelmi comitis Pictavorum uxor, incesto conjugio assumpsit 
anno ab incamatione Domini MXXXII » (Obit, de Saint-Serge, dans Recueil 
d'annales angev, et vendant., p. 107). Ce même texte, plus ou moins 
complet, se retrouve dans les Annales de Saint-Aubin et les notes du 
Calendrier de Saint- Aubin (Ibid, p. 3 et 46). 

I 2. « XII kalendas octobris. Gosfridus comes, Fulconis comitis filius, 

I Willelmum Pictavorum comitem cepit anno ab incarnatione Domini 

MXXXIII etexinde exoriri cepit et paulatim ingravari bellum illud execrabile, 
quod contra patrem suum per annos fere VII subséquentes impie gessit » 
[Obit. de Saint-Serge, ibid, p. 107). Ce texte est reproduit par les mêmes 

I documents que le précédent {Recueil d'annales angev. et vend,, p. 4, 46). 

j Voir, en outre, la Chron. de Saint-Maixent (Chron. des églises d'Anjou, 

p. 391-392) : « Qui (Guillelmus Pinguis), quarto anno post mortem patris, 

I habens certamen cum Gaufredo Martello, convenerunt in praelium simul ; 

I ubi utriusque exercitus conveniens ad praelium juxta monasterium Sancti 

Jovini, ad Montem Coerium, magnis animositatibus certatum a Pictavis et 
Andegavinis. Tandem Guillelmus dux traditur et capitur XII kalendas 
octobris » ; la Chron. de Foulque le Réchin [Chron. des comtes d'Anjou, 
p. 378) : « nie autem (Gosfridus Martellus), in vita patris sui miles extitit et 
novitatem militiae suae contra finitimos exercuit fecitque duo praelia, unum 
apud Montem Consularem contra Pictavos, ubi comitem Pictavensem 
apprehendit, etc. » ; Raoul Glaber, IV, 9 (éd. Prou, p.- 113): « Willelmus 
etiam, Pictavorum comes, multis peccuniis liber a captione qua filius 
Fulconis, Gozfredus cognomento Martellus, illum in prelio capiens, spacio 
trium annorum tenuerat, ad propria remeans, ipso in anno finem vite 
habuit. » Les Gesta consul. Andegav. confondent la bataille du Mont-Couër, 
en 1033, avec celle de Chef-Boutonne, en 1061 : le fait a été signalé depuis 
longtemps. — Pour la captivité de Guillaume le Gros, voir encore une 
charte du Cartul. de Saint-Maixent {Archives histor, du Poitou, t. XVI, 
no 93), par laquelle Guillaume « positus in captione », fait à Saint-Maixent 
une donation pour obtenir sa liberté, « pro ereptione mea ». — L'empla- 
cement de la bataille au Mont-Couër (et non à Montcontour) a été établie 



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58 LE COMTÉ d'aNJOU 

Foulque Nerra intervint, comme il le devait, en faveur de son 
suzerain, et bientôt cette intervention dégénéra en lutte ouverte 
entre le père et le fils K Celui-ci parut d'abord conserver Tayan- 
tage : il finit bien, en 1036, par rendre la liberté à Guillaume le 
Gros contre une forte rançon * ; mais Guillaume étant mort peu 

par M. Imbcrt, Hist, de Thouarsy p. 42. Cf. Richard, HUt, des comtes de 
Poitou, t. I, p. 229. 

i. Voir les textes cités à la n. précédente, suivant lesquels la lutte est 
le résultat de la capture de Guillaume le Gros en 1033 ; mais cette lutte n'a 
commencé véritablement à devenir aiguë qu'en i036, puisque à cette date les 
Annales dites de Renaud (p. 86 de notre Recueil), qui dérivent de la même 
source que les textes de Saint-Serge précédemment cités, notent : 
« Initium belli plus quam civilis fuit inter Fulconem et filium ejus GofTridum. » 
Cependant ne serait-ce pas une erreur ? et au lieu de « MXXXVI » ne 
faudrait-il pas lire « MXXXIII » ? Nous ne le croyons pas : 1© parce que les 
Annales de Saint-Florent, copiant lamcme source, portent aussi « MXXXVI » 
(p. 118 de notre Recueil) ; 2*» parce que les Annales de Vendôme et les 
Annales dites de /îe/iawc?- indiquent sous Tannée 1037 la continuation des 
hostilités commencées pour presque cinq années : « Et eodem ipso anno 
exortum bellum plus quam civile inter Fulconem comitem Hierusolîmita- 
num et filium suum Gosfredum, qui cognominatus est Martellus, fere per 
annos .V. protractatum est » (Recueil, p. 61 et p. 86). Or cette indication 
concorde avec celle des autres annales qui font durer les hostilités sept 
ans après les avoir fait commencer en sept. 1033. D'une part, on compte : 
1033-1034, 1034-1035, 1035-1036, 1036-1037, 1037-1038, 1038-1039, 1039- 
1040 ; d'autre part, on compte : 1036, 1037, 1038, 1039, 1040. — A tous 
ces textes ajouter Chron. de Foulque le Réchin (p. 37 des Chron. des comtes 
d^ Anjou) : « Contra suum etiam patrem guerram (Gosfridus) habuit, in 
qua mala multa facta fuerunt » ; la lettre publiée sous le n^ 19 du Cartul, 
de la Trin, de Vend., éd. Métais : « Clamorem apud te feci ; sed tu occu- 
pa tus eras de ira tui patris et ideo non potuisti me adjuvare. » 

2. Chron. de Saint-Maixent (p. 392 des Chron. des églises d'Anjou) : 
« MXXXVI. Isembertus episcopus Pictavis fecit synodum, ubi magnam 
pacem ûrmavit. Qui cum Euslachia,uxore Guillelmi comitis, aliquantulum 
expoliavit monasteria auro et argento, unde redimerent eum ; qui postea 
paucos dies vivens ûnem vitae sortitus est. » Voir aussi le texte de Raoul 
Glaber, IV, 9, cité p. 57, n. 2. D'autre part, une charte nous montre que Guil- 
laume le Gros était en liberté au mois de mars 1037 (style moderne). Cette 
charte [Cartul. de Saint-Jean d'Angély, éd. Musset, t. I, n*» 42, dans le 
t. XXX [1901] des Archives histor. de la Saintonge et de l'A unis) a été 
signalée déjà par les auteurs de VArt de vérifier les dates et auparavant 
par Besly, Hist. des comtes du Poitou, p. 88-89; mais ce dernier, par suite 
d'une erreur étrange, renvoie « à un tiltre pour l'Église de Valence, du 



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AQUITAINE, VEÎîDÔMOIS ET MAINE 59 

après (fin de Tan 1038) ^ et Eude, duc de Gascogne, ayant voulu 
tenter de recueillir sa succession, GeofTroi triompha de ce nouvel 
adversaire : Eude se heurta à la forteresse dç Germond, nou- 
vellement construite ^, échoua au siège de Mauzé et succomba 

mois de mars 1037, du règne du roy Henry le 10« ». M. Alfred Richard, 
Hist. des comtes de Poitou, t. I, p. 232, rapproche de. ce texte une seconde 
charte de Tan 1037 pour la même abbaye de Saint-Jean-d'Ang^ly. 

i. Guillaume le Gros parait encore dans un acte pour Saint-Jean-d'An- 
gély daté du 6 septembre 1038 [CartuL de Saint- Jean-d" Angély , éd. Mus- 
set, t. I, n*» 254). Cette date paraît sûre, bien que ou plutôt parce que le 
scribe la fait concorder avec Tindiction IV : en effet, en 1038, Tindiction 
était VI ; mais c'est d'une manière à peu près régulière qu'on a indiqué à 
Saint-Jean-d'Angély, vers cette époque, une indiction en retard de deux 
années : en 1067, Tindiction III au lieu de l'indiction V (même CartuL^ 
n» 21); en 1068, l'indiction IV au lieu de l'indiction VI {ibid., n*» 205); en 
1070, l'indiction VI au lieu de l'indiction VIII (iZ>i(/., n»278).— M. Richard, 
Hist, des comtes de Poitou, t. I, p. 233, fixe la mort de Guillaume le Gros 
au 15 décembre 1038 : que cette mort soit en effet de la fin de Tan 1038, 
la chose nous paraît infiniment vraisemblable ; mais le quantième indiqué 
par M. Richard est très hypothétique. Cet auteur se fonde sur ce fait que 
Tobit d'un « comte Guillaume » est inscrit dans l'obituaire de la Trinité 
de Poitiers (Bibl. de Poitiers, ms. 430, f» 167) au XVIII des calendes de 
janvier. « Comme on est renseigné, ajoute-t-il, sur le jour du décès de 
tous les comtes du Poitou du. nom de Guillaume, sauf pour Guillaume le 
Gros, nous n'hésitons pas à attribuer cette mention de l'obituaire à la f>er- 
sonne de ce comte. » Or M. Richard oublie qu'on ignore le jour du décès 
de Guillaume Aigret, de Guillaume Fièrebrace et de Guillaume Tête 
d'Etoupes. — Quant à la date du 13 septembre 1038 que beaucoup d'au- 
teurs ont donnée, elle repose sur une base plus frêle encore ou, pour 
mieux dire, sur un simple échafaudage d'erreurs. En effet, bien que ces 
auteurs ne citent aucun texte à l'appui de leur dire, il est visible qu'ils se 
fondent : 1» sur deux passages dépourvus de valeur de Gyillaume de Poi- 
tiers {Ilist. de Fr,, t. XI, p. 78*) et de William de Malmesbury {ibid., 
p. 478*) fixant la mort de Guillaume le Gros au quatrième jour de sa déli- 
vrance (le second autour dit : trois jours après celui de sa délivrance, ce 
qui revient au même) ; 2<> sur un texte de Richard le Poitevin qui fixe à 
cinq ans le temps pendant lequel Guillaume fut retenu prisonnier (Hist. 
de /♦>., t. XI, p. 28.')), texte, lui aussi, sans valeur; 3*' sur une indication 
erronée donnée par Besly (op. cit., p. 88), d'après laquelle c'aurait été le 
9 septembre 1033 que Guillaume aurait été capturé : partant de ces trois 
affirmations, toutes aussi fausses les unes que les autres, nos auteurs 
auront fait durer la captivité de Guillaume du 9 sept. 1033 au 9 sept. 1038 
et placé sa mort quatre jours après, soit le 13 septembre 1038. 

2. Chron. de Saint-Maixent, dans les Chron, des églises d'A(iJou, 



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60 LE COMTÉ d'aNJOD 

devant cette place, le 10 mars 1039 ^ Mais Geoffroi Martel avait 
à vaincre d'autres obstacles : la lutte se poursuivait avec son 
père; au même moment, il lui fallait tenir tête à Tévêque du 
Mans Gervais, contre lequel il avait également pris les armes ^ : 
battu par ce dernier, gisant la cuisse fracassée à Vendôme 3, 
force lui fut de se soumettre à Foulque Nerra. Il fit donc avec 
lui sa paix vers Tautomne de l'an 1039^, d'ailleurs parvenu à ses 
fins ^, puisque l'Aquitaine allait désormais, par l'intermédiaire 
de la comtesse Agnès, être soumise à son autorité., 

Pendant plusieurs années, il en (ut bien ainsi : jusqu'à la majo- 
rité de son fils aîné Pierre, appelé désormais Guillaume Aigret, 



p. 392 : « Willelmo comité mortuo, Pictavenses in magno angore et anxie- 
tate positi de morte principis sui, sicut oves sine pastore relicti, Odonem 
comitem, germanum ejus ex pâtre supradicto ab Gasconia convocaverunt. 
Eodem tcmpore Gastinenses Germundum castrum construxerunt auxilio 
Andegavorum, Guillelmo Partiniacensium in eodem Castro principe. » Pour 
la date de ces événements, voir A. Richard, Hist, des comtes de Poitou^ 
t. I, p. 235-237. 

1. Chron, de Saint-Maixentj loc. cit. : « Interea Odo cornes veniens a 
Gasconia voluit capere Germundum castrum, sed non potuit. Inde reversus 
Mausiacum, quem pari modo reperit repugnantem, expugnare cepit ; ubi 
inhiando, cum cepisset attendere, occisus est. » Voir, de même, Richard, 
loc, cit.f spécialement pour le quantième de la mort d'Eude, fixé par l'au- 
teur d'après Tobituaire de la Trinité de Poitiers. 

2. Voir ci-dessous, p. 69. 

3. Cartut, Trin. de Vendôme, éd. Métais, n« 68, texte cité p. 70, n. 1. 

4. Ci-dessus, p. 58, n. 1, nous avons montré comment toutes les ahnales 
angevines, dérivant d'une même et unique chronique composée à Saint- 
Maurice d'Angers, donnaient pour date finale des hostilités l'an 1040. Mais 
cette date n'y est indiquée que comme une approximation (« fere per 
annos... ») qu'il faut corriger légèrement : en effet, nous verrons que 
Foulque Nerra eut le temps, une fois la paix faite, d'aller en Terre Sainte, 
et de regagner Metz, où il mourut le 21 juin 1040. C'est donc vers la fin de 
l'an 1039 qu'a dû avoir lieu la cessation des hostilités entre Geoffroi Mar- 
tel et son père. 

5. La Chron. de Saint-Maixent {ibid,, p. 392-393) dit explicitement 
que c'était bien là le but de Geoffroi Martel : « Per haec tempora, Gaufre- 
dus Martellus duxcrat uxorem supradictam, causa Pictavensium, ut habe- 
ret sibi subditos, adhuc duobus filiis suis, scilicet Petro et Gaufredo, par- 
vulis... » 



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AQUITAINE, VENDÔMOIS ET MAINE 61 

Agnès jouit en Aquitaine d'une autorité incontestée ^ qu'elle 
exerça de concert avec, son mari, devenu comte d'Anjou 2. 
Il continua d'en être ainsi pendant les premières années qui 
suivirent la majorité de Guillaume Aigret (1044 environ) ^ : sans 
paraître lui-même en Aquitaine *, Geoffroi Martel pouvait 
toujours compter sur l'influence prépondérante dont Agnès 
jouissait ^. 

Mais vers 1050, sans doute parce qu'il n'en avait pas eu 
d'enfant, Geoffroi la répudia ^, et de ce jour la situation fut subi- 
tement modifiée; d'alliés, Agnès et ses fils devinrent les ennemis 
du comte d'Anjou. En 1033, Geoffroi Martel ayant marché à la 
rencontre de Guillaume Aigret, une bataille faillit avoir lieu. 
Le duc d'Aquitaine préféra traiter ^. La paix fut d^abord 
respectée de part et d'autre ; mais en 1058, Guillaume vint subi- 
tement mettre le siège devant Saumur, où Geoffroi Martel se 
laissa enfermer ^. Heureusement pour le comte d'Anjou, )>endant 

1. Voir Richard, Histoire des comtes de Poitou y t. I, p. 238. 

2. Ibid., p. 239. 

3. Ibid,, p. 240-246. 

4. Nous no constatons qu'uno fois sa présence en Saintonge, en 1047 
{Catalogue d'actes, n® 80). 

5. Richard, toc cit., p. 246. 

6. La répudiation est postérieure au 6 janvier 1049, date où Agnès parait 
aux côtés de Geoffroi {Catalogue d'actes, n* 91) ; elle est antérieure au 
15 août 1052, date où la nouvelle épouse de Geoffroi, Gréciede Montreuil- 
Bellay, est à Orléans avec son mari {Catalogue d'actes, n^* iii et \\2), 

7. Une charte du Livre noir de Saint-Florent de Saumur, fol. 81, se 
termine par ces mots : « Actum publiée apud Montem Glisiacum, anno incar- 
nationis dominicae millesimo quinquagesimo tertio, scilicet eodem anno 
quo Gausfridus cornes Andegaveusium pugnaturus cum Willelmo comité 
cum magno exercitu Pictavorum pavescit eumdemque Willelmum metu 
pugnae perterritum sibi in amicitia copulavit. » Peut-être Aimeri IV de 
Thouars avait-il, lors de cette expédition, été Tallié de Guillaume Aigret : 
ceci expliquerait la phrase où Foulque le Réchin dit que Geoffroi Mar- 
tel combattit « cum Haimerico vicecomiteThoarcensi » {Chron. des comtes 
d'Anjou, p. 378). 

8. Chron, de Saint-Mairent {Chron. des églises d'Anjou, p. 400) : « Anno 
MLVIIIWillelmus,qui et Petrus cognomento Acer, adunato exercitu, val- 
lavit castrum Murum simul et Gaufredum Martellum inclusit in eo. » 



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LE COMTÉ D ANJOU 

éparatifs de Tassaut, Guillaume fut atteint d'une violente 
terie ; il dut en hâte lever le siège et ne tarda pas à mou- 

ir rinstant tout au moins le danger était conjuré et le 
d'Anjou gardait l'avantage. 



II 



s complets cependant furent les résultats de la politique 
ine dans le comté de Vendôme. Le point de départ de cette 
jue fut le premier mariage conclu par Foulque Nerra, vers 
ue de son avènement, avec Elisabeth, fille du comte de 
)me Bouchard le Vénérable 2. Cette union ne dura 
temps fort court, la comtesse ayant trouvé la mort en 

000, dans un terrible incendie ^; mais, à défaut d'un fils 

kron, de Saint-Maixent, loc. cil, : «... ubi iniando dum aptaret ad 
i exercitum dolore dissenterie morbis percussus, revcrsus est infir- 
ex qua infirmitatc mortuus est, relinqucns térrenum regnum. » 
arluL de la Trin, de Vendôme j éd. Métais, n<* 6 : « Post Raina Idum 
cem, comitis Burchardi filium, remansit honor Vindocinensis in 
Fulconis consulis Andegavorum. Habuerat siquidcm sororcm defuncti 
cis uxorem, de qua nullum habuit filium, unam soiummodo filiam 
'at ex ea... » Cette fille de Bouchard le Vénérable, nous voyons dans 
arte de 989 (n® 7 du Catalogue d'actes) qu'elle s'appehiit Elisabeth 
; textes cités à la n. suivante). On a quelquefois placé le mariage de 
le avec Elisabeth en 985, parce que cette année-là, au mois d'août, 
eirdse trouvaità Angers avec son futur gendre et avec Geofîroi Grise- 
B {Catalogue d'actes, n» 5) : c'est l'opinion de Péligny, Uisl. 

1. du Vendômois, 2* éd., p. 242, n. 1, suivi par M. Bourel de la Ron- 
dans son édition de la Vie de Bouchard le Vénérable par Eude de 
Maur {ColL de textes pour Vétude et Venseign. de Vhistoire), Introd,, 
Cette opinion nous paraît par trop hypothétique. 

nnales de Saint-Aubin : u M. Prima incensio urbis Andegave, que eve- 
ucis diebus post combustioncm comitisse Helisabeth » {Recueil 
angev. et vendant., p. 3), texte reproduit avec une erreur de date dans 
inales de Saint-Florent {ibid., p. 117). Une légende se forma de 
heure pour expliquer cette mort; on la trouve dans VHist.de Sainl- 
\t deSaumur {Chron. des églises d'Anjou, p. 273) : « Fulco vero cal- 



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AQUITAINE, VENDÔMOIS ET MAINE 63 

impatiemment attendu par les jeunes époux ^ une fille, Adèle, 
en était née ^. Mariée à Boon 3, fils, semble-t-il, du comte Landri 
de Nevers ^, elle se trouva en J016, à la mort de Tévêque de 
Paris Renaud, fils et successeur de Bouchard le Vénérable, la 
seule héritière du comté de Vendôme : elle transmit ses droits à 
son fils aîné Bouchard, et comme il était mineur, lui donna 
pour bail son propre père, le comte d'Anjou ^. 

Foulque Nerra exerça donc l'autorité pendant plusieurs années 
dans le comté de Vendôme. Mais il n'apparaît pas dans les docu- 
ments, contrairement à ce que les historiens admettent d'ordi- 
naire ^, qu'il ait fait pour l'obtenir violence à sa fille ou qu'il ait 

lidus ingenio, cum Elysabeth conjugem suam Andegavis, post immanc 
praecipitium salvatam, occidisset ipsamquc urbem, paucis defeudcntibus, 
flammarum incendiis concremasset... o 

1. Voir le préambule de la charte n^ 7 du Catalogue d'actes (989) : « Ego 
quidem Fulco, Dei nulu Andecavorum cornes... pro remedio animae geni- 
toris mei Gaufridi atque genetricis meae Adelae seu animae meae atque 
Helisabeth, uxoris meae, et ut Deusomnipotens, per intercessionem piissimi 
confessons Martini, nobis filios tribuat, qui post nos haereditari pos- 
sint... » 

2. Voir le texte cité ci-dessus, p. 62, n. 2, et CartuU de la Trin. de 
Vendôm€yéd, Métais, n° l,où il est dit que la mère de Bouchard le Chauve 
de Vendôme s'appelait Adèle ; voir aussi Içi n. suivante. 

3. CartuL de la Trin, de Vendôme^ éd. Métais, n^ 6 : « Hanc itaque Ful- 
conis comitis filiam, neptem videlicet suam, defunctus praesul in vita sua 
cuidam potenti longius manenti conjugio tradiderat. » Le nom de ce puis- 
sant seigneur, Boon le Bourguignon, est donné par une charte attribuée 
à Geoffroi Martel, fort suspecte quant à sa forme, mais assez exacte quant 
au fond {Catalogue d actes, n<» 96) : « Cum vero nepoti meo Fulconi hono- 
rera Vindocinensem, quem patri ejus Bodoni cuidam Burgundioni paler 
meus Fulco cum filia sua, sorore mea Adela... ante contulerat, etc. » 
Boon et Adèle eurent quatre fils : les deux aînés furent Bouchard le Chauve 
et Foulque l'Oison [CartuL de la Trin, de Vendôme, n*» 6). 

4. On sait par une charte [Ilistor. de Fr., t. XI, p. 418, n. a) que Landri 
de Nevers eut un fils nommé Boon et nous avons vu (n. précédente) que 
le mari d'Adèle était bourguignon. Landri aurait eu d'ailleurs, d'après 
VOrigo comitumNivernensium, plus d'une attache avec TAnjou : voir F. Lot, 
La chanson de Landri, dans la Roniania, t. XXXII, 1903, p. 9. , 

r>. Voir les notices n»* 1 et 6 du CartuL de la Trin. de Vendôme, éd. 
Métais. 

6. Voir surtout Pétigny, HisL archéoL du Vendômois, 2« éd., p. 257, 
et PBster, Robert le Pieux, p. 243. 



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LE COMTÉ d'aNJOU 

S considéré ce comté, dont la garde lui était confiée, comme 
[ue chose de plus qu une possession temporaire ^ Toujours 
qu'il le remit entre les mains de Bouchard dès que ce der- 
3ut atteint sa majorité ^. 

lis les liens qui unissaient le Vendômois à TAnjou allèrent 
;serrant tous les jours : chaque progrès de Foulque en Tou- 
rendait le contact plus étroit; en outre, Bouchard, quoique 
ir, n'en continuait pas moins à prendre, à Toccasion, con- 
e son grand-père ^. Il sentit bientôt le besoin de se procu- 
le protection plus effective ^ : du consentement de sa mère 

^oir, par exemple, le n° 1 du Cartul. Trin, de Vend, y éd. Mêlais : 
: cujus morlem, Fulco, Andegavorum cornes, honorem Vindocini in 

custodiendum recepit deditque Villam Episcopi totam, sicut tene- 
[anielino, patri Wallerii, tali convenienlia ut eam nolummodo teneret 
ad lempus quo haeres naturalis honorent reciperei. » 
»Iêmes chartes du CartuL de la Trin. de Vendôme. 
]artul. Trin. Vend., n®6: « Cumque puer honorem suum recepissel, 
isilio consulis Fulconis, qui eum tenuerat... » 

/abbé Simon, dans son Ilisi. de Vendôme, t. I, p. 38, et, d'après 
*éligny, Hist, archéol. du Vendômois, 2« éd., p. 258, expliquent 
conduite par une révolte des colons de la forêt de Gâtines que Bou- 

aurait été impuissant k calmer; et Pétigny, toujours poussé par 
idée que Foulque Nerra n'a cessé d'agir en ennemi des comtes de 
^me, va même jusqu'à déclarer que le comte d'Anjou était très vrai- 
ablement l'instigateur de cette révolte. Mais sur quels textes s'ap- 
l'abbé Simon ? — Après avoir rapporté les détails fournis par la 
! n*» 1 du Cartul. de la Trin. Vend., éd. Métais, il ajoute : <j Voilà ce 
iconte le manuscrit de Saint-Georges de Vendôme ; mais le manu- 
de l'abbaye dit que ceux du bas Vendômois, qui avaient joui des 

du comté, s'opposèrent à l'entreprise de Bouchard et qu'ils s'attrou- 
t pour lui résister et que ce jeune comte ne se sentant pas assez fort 
les mettre à la raison, forma le dessein de remettre, avec le consen- 
it de sa mère, le comté de Vendôme entre les mains ,de Geoffroy 
1. » Et il ajoute, p. 39, en note : « Le manuscrit de Saint-Georges 
\T M. Dubellay, chantre de cette église, parle bien de la démission 
mté de Vendôme entre les mains de Martel, mais il dit n'en savoir 
i raison. Il paraît par le manuscrit de l'abbaye qu'il n'y en eut point 
'c que celle que nous venons de dire.» De ces deux passages, il nous 
le ressortir assez clairement que le ms. de Saint-Georges de Ven- 

donnait la version du n® 1 du CartuL Trin. Vend.Qi que le ms. de la 
é de Vendôme (ms. de « l'abbaye ») donnait la version du n» 6 du 



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AQUITAINE, VENDÔMOIS ET MAINE 65 

et de celui du roi Henri l®*", il fît hommage de son comté à Geof- 
froi Martela 

Quand il mourut, Adèle vint trouver ce dernier avec son 
second fils, Foulque TOison, que Geoffroi, en sa qualité de suze- 
rain, investit régulièrement du comté, tout en stipulant qu il lais- 
serait à Adèle la jouissance d*une moitié des domaines. Le jeune 
comte de Vendôme ne se contenta pas longtemps de cette situa- 
lion : il voulut se débarrasser de sa mère pour exercer sa domi- 
nation sur l'ensemble du comté. Adèle s'en vint tout éplorée 
solliciter lappui de Geoflfroi Martel et lui vendit sa part des 
domaines vendômois. Geoffroi somma alors Foulque l'Oison de 
cesser ses violences : à cette sommation, le comte de Vendôme 
répondit en prenant les armes et en dévastant les territoires ven- 
dus par sa mère. Geoffroi le déclara rebelle, prononça sa déchéance 
pour manquement au devoir féodal, et triomphant de sa résis- 
tance, confisqua tout le comté 2. Dès lors il y agit en maître 
incontesté, disposant des fiefs, construisant dans sa capitale une 



même Cariul, : or, loin de parler de « révolte des colons de Gâtines », 
ce n® 6 dit, au contraire : « Unde cum veniret (Burchardus) ad forestam 
de Wastino, videns eam pluribus in locis extirpatam et a multis invaso- 
ribus invasam, domos ab eis in ea constructa incendit et messes quas 
ibidem seminaverant, ut erat justum, suo in usu colligi fecit. » C'est 1res 
probablement d'un contresens que dérive toute cette histoire de la révolte 
des colons de Gâtines. 

1. Cartul, delaTrin. de Vend,, n°6 : a Post haec igitur, puero matrequc 
volentibus et Henrico rege Francorum, donatur honor iste, de quo loqui- 
mur Gaufredo comiti, filio Fulconrs, avunculo pueri. Eo quidem pactoGau- 
fredus cornes a rege percepit bonorem quatenus et mater et puer ejus ab eo 
tenerent ; quod et factum est quandiu vixit isdem puer. » Voir aussi le n° 1 
du même CarluL, qui, à partir d'ici, n'est qu'un résumé (inexact) du 
n«6. 

2. Nous résumons les mêmes n°» du CarluL de la Trin, de Vend. L'abbé 
Simon, Hist. de Vend., t. I, p. 45-46, déclare (et il est suivi par tous les 
historiens sans exception : Pétigny, Port, Compain, etc.) que GeofFroi 
Martel battit Foulque i'Oison « dans la plaine d'Huisseau, à une lieue de 
Vendôme » ; mais il ne cite à l'appui de cette assertion aucune autorité et 
nous ignorons si son dire mérite quelque crédit. 

Halphen. — Le comté d'Anjou. 5 



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66 LE COMTÉ d'aNJOU 

abbaye nouvelle, celle de la Trinité de Vendôme, et exploitant 
lui-même tous les domaines du comte K 

f La domination directe des comtes d'Anjou en Vendômois ne 
devait guère d'ailleurs survivre à Foulque Nerra, au su duquel 
tous les événements précédents avaient eu lieu 2 : en 1050, 
semble-t-il, Geoffroi Martel finit par consentir à restituer le 
comté confisqué à Foulque TOison ^ ; mais ce comté était devenu 
un état vassal et Tinfluence angevine y était définitivement 
implantée. 



III 

Du côté du Maine, les comtes d'Anjou devaient obtenir 
un succès plus franc encore. Orderic Vital ^ affirme que déjk 
Foulque Nerra « subjugua » Hugue II ^ par la violence ; nous ne 

i. Voir les chartes dxiCarlul.de la Trinité de Vendôme, éd. Métais, anlé- 
rieures à 1050 et les n** 103, 116, 118 du CartuL de Marmoutier pour le 
Vendômois y éd. de Tréma ul t. 

2. C'est ainsi qu'au n° 6 du CartuL Trin. Vend. (éd. Métais, t. I, p. 17), 
il est. dit : « Gumque mortuus esset (Burchardus)... et mater cum alio 
fratre suo, nomine Fulcone, reverteretur ad patrem (Fulconem Nerram) et 
ad fratrem suum, comitem Gaufredum, etc. » : c'est en présence de 
Foulcjne Nerra, avec son consentement, que Geoffroi Martel investit donc 
Foulque FOison. La brouille entre Foulque et son fils n'est survenue que 
plus tard, à propos de TafTaire d'Aquitaine. Ici d'ailleurs, Pétigny 
(notamment p. 257-258) nous semble avoir bien compris les faits. Au con- 
traire, Port, Dlctionn,, t. II, p. 252, Kate Norgate, England under the 
angevin kings, t. I, p. 172, Lair, Études critiques, t. I, p. 85, etc., nous 
paraissent avoir présenté les faits d'une manière très inexacte. 

3. Voir la charte n° 96 du Catalogue d"* actes. L'acte semble faux, mais la 
date de 1050 qu'il donne pour la restitution du comté de Vendôme est 
acceptable et repose, sans doute, sur des données sérieuses. 

4. Orderic Vital, IV, 12, éd. Le Prévost, t. II, p. 252 : « Post morlem 
Ilugonis, quem Fulco senior sibi violenter subjugarat... » 

5. Nous adoptons ici pour les comtes du Maine une numérotation nou- 
velle. M. Flach a, en effet, au t. III de ses Origines de l'ancienne France, 
p. 543-545, attiré l'attention sur les impossibilités de la succession des 
comtes du Maine jusqu'alors admise ; mais il a fait de nouvelles erreurs 
qui nous obligent à revenir rapidement sur ce point. Hugue I", fils de 



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AQUITAINE, VENDÔMOIS ET MALNE 67 

saurions dire, il est vrai, ni quelle portée il convient d'attribuer 
à cette expression, ni quelle confiance le chroniqueur — très 
postérieur, on le sait, — mérite sur ce point. Mais ce qu'il y a de 
certain, c'est que Herbert « Eveille-Chien », qui succéda, vers 
1015, à Hugue II dans le comté du Maine, se montra d'abord un 
auxiliaire fidèle et docile du comte d'Anjou : nous avons déjà 
vu le rôle éminent qu'il joua en cette qualité à la bataille de 
Pontlevoy, le 6 juillet 101 6 «. 

Toutefois, quelques années après, sans que nous en saisissions 
bien les motifs, d'amicaux, ces rapports devinrent hostiles ^. 

David, est cité dès 954 au CartuL de Saint-Père de Chartres, éd. Guérard, 
t. I, p. 199 ; en 967 et en 971 dans deux chartes de Saint-Julien de Tours 
publ. par M. de Grandmaison, BibL de V Ecole des Charles, ann. 1886, 
p. 229, et au temps de Tévêque Sigefroi (971-997) dans deux chartes de 
Saint-Pierre-de-la-Cour au Mans éditées par dom Piolin, Histoire de 
r église du Mans, t. III, p. 630-631. Cf. les Actus pontificum Cenomannis 
in urbe degentium, éd. Busson et Ledru, p. 353-355. Hugue !•' eut trois 
fils, Hugue II, Foulque et Herbert Bacon. Les deux premiers sont nommé» 
à côté de leur père dans les chartes précitées de Saint-Julien de Tours et 
de Saint-Pierre-de-la-Cour ; quant au troisième, il est dit frère de Hugue II 
dans deux chartes du CartuL de Saint-Videur au Mans, éd. Bertrand de 
Broussillon, p. 4 et 6. Hugue H, fils de Hugue I'*", est cité comme comte 
avec son frère Foulque en 992 au n°71 des Chartes de Saint-Maixent, éd. 
Richard, t. I, p. 78 ; en 1014 et 1000-1015 avec son frère Herbert Bacon 
dans les deux chartes déjà indiquées de Saint-Victeur au Mans. Il a pour 
fils Herbert Éveille-Chien (« neveu de Herbert Bacon », disent les Actus, 
éd. Busson et Ledru, p. 363), lequel donne à son tour le jour à Hugue III, 
époux de Berthe et comte de 1036 à 1051. 

1. Voir ci-dessus, p. 34. 

2. Orderic Vital, IV, 12, éd. Le Prévost, t. II, p. 252 : « Herbertus, 
Cenomannorum comes...cognominari Evigilans Canem pro ingenti pro- 
bttate promeruit. Nam post mortem Hugonis, patris sui, quem Fulco 
senior sibi violenter subjugarat, in eumdem arma levans, nocturnas expe- 
ditiones crebro agebat et Andegavenses homines et canes in ipsa urbe vel 
in munitioribus oppidis terrebat et horrendis assultibus payidos vigilare 
cogebat » ; Ibid,, III, éd. Le Prévost, t. II, p. 102 : « Post obitum Her- 
berti... qui vulgo Evigilans Canem cognominabalur, propter gravissimas 
infestationes, quas a perfidis aflinibus suis Andegavensibus inccssanler 
patiebatur. » Cf. Adémar de Chabannes, III, 64 : « Tune temporis, comes 
Andegavensis Folco, cum manifeste superare nequiret Arbertum, Ceno- 
mannis comitem... m 



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68 LE COMTÉ d' ANJOU 

Finalement, Foulque atiii*a son ennemi dans un guet-apens : il 
lui donna rendez-vous à Saintes, qu'il voulait, disait-il, lui sous- 
inféoder ^ pour mettre un terme à leur différend. Herbert s'y ren- 
dit sans défiance ; mais le comte d'Anjou, loin de chercher à 
traiter, le fit prisonnier dans la nuit du 7 au 8 mars 1025 et 
l'enferma dans le château -. Au dire d'Adémar de Chabannes, la 
comtesse d'Anjou Hildegarde aurait eu mission de faire subir le 
même sort à l'épouse de Herbert ; le coup aurait manqué et Foulque, 
dans la crainte de voir les seigneurs manceaux se soulever 
contre lui sous la conduite de leur suzeraine, n'aurait pas osé se 
débarrasser du comte du Maine par un meurtre, comme il l'avait 
d'abord projeté 3. Au bout de deux ans, il se décida donc à 
remettre Herbert en liberté ^ ; mais il exigea au préalable de lui 

1. Nous avons vu ci-dessus, p. 54, que Foulque tenait Saintes en fief du 
duc d'Aquitaine. 

2. Adémar de Chabannes, III, 54 (éd. Chavanon) : « Dolo acciit eum 
capitolium Sanctonae urbis, quasi in beneficio urbem ipsam ei concederet ; 
et incautum et nihil mali suspicantem, inclusum capitolio, nefanda eum 
cepit traditione, primae ebdomadae quadragesimae secundo die. » — Nous 
établissons la date de 1025 en nous fondant sur ce double fait que 
lo d'après les Annales de Vendôme (p. 6i de notre Recueil)^ Herbert était 
en liberté en 4027, et que 2° d'après Adémar de Chabannes, la captivité 
dura deux ans (« biennio carceratum diligentissime custodivit »). D'autre 
part, depuis le début de l'année 1026, Foulque a été trop occupé par la 
guerre de Touraine pour qu'on puisse placer cette capture après 1025. 
Nous nous séparons donc sur ce point de la plupart des auteurs et surtout 
de M. Chavanon, qui, dans son édition de la chronique d'Adémar, place 
l'événement en 1029 (!). — Quant au mois et au quantième, nous les éta- 
blissons en tenant compte des deux rédactions A ei H (éd. Chavanon, 
p. 189 et p. 206) de la chronique d'Adémar : d'après U, l'événement eut 
lieu de nuit et le premier dimanche de Carême ; d'après A y il eut lieu le 
lundi de la première semaine de Carême : celte différence vient très certai- 
nement de ce que révénement eut lieu dans la nuit du premier dimanche 
au premier lundi de Carême, soit, en 1025, dans la nuit du 7 au 8 mars. 

3. Adémar de Chabannes, III, 64 (éd. Chavanon) : « Uxor vero ejus (Ful- 
conis) uxorem Arberti dolo temptavit capereipso die, antequam virum 
captum audiret ; sed ad eam quidam anticipavit prodere cautelam. Ideo 
Folco uxorem Arberli et principes timens, non est ausus eum inter- 
ficere. » 

4. Ibid, : « Biennio carceratum diligentissime custodivit et a manibus 
ejus Dominus innocentem eripuit. » 



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AQUITAINE, VENDÔM018 ET MAINE 69 

une prestation ou un renouvellement d'hommage ^ et des otages 
qui répondraient de sa fidélité ; et bien que ces otages, enfermés 
au Lude, lui eussent été enlevés Tannée même par le comte de 
Rennes Alain ^^ toute velléité d'indépendance parut dès lors 
étouffée chez le comte du Maine. 

La mort de Herbert Eveille-Chien, survenue en 1036, et Tavè- 
nement de son fils Hugue III, encore en bas âge, vinrent 
malheureusement compromettre pour quelque temps l'œuvre 
de Foulque Nerra. En effet, au moment même où mourait 
Herbert, Tévêque du Mans Avesgaud était remplacé par son 
neveu, Gervais de Château-du-Loir. Entre ce dernier et le tuteur 
de Hugue III, Herbert Bacon, frère de Hugue II, une lutte éclata 
, aussitôt: Herbert Bacon, craignant Gervais, refusait de le laisser 
entrer au Mans ; Gervais voulait, de son côté, expulser de la 
ville son adversaire et gouverner au nom du jeune Hugue III ^. Le 
fils de Foulque Nerra, Geoffroi Martel, qui était alors maître du 
Vendômois ^, fut sollicité d'intervenir des deux côtés à la fois ^ : 
quoique à ce moment même en guerre contre son propre père, il 
ne craignit pas de prendre parti pour Herbert Bacon et de 
marcher contre Gervais ^. 11 fut battu par ce dernier, qui le 

1. Voir sur ce point noire Étude sur la chronique de Foulque le Réchin 
(Bibl. delà Faculté des lettres, t. XIII), p. 20-21. 

2. Annales de Vendôme (p. 61 de notre Recueil) : « MXXVII... Eodem 
ipso anno, Britto Alanus^ Lus obsidens, a Fuleone obsides omnes, quos ei 
Herbertus dederat extorsit. » — Sur ralliance de Herbert et d'Alain, anté- 
rieurement à 1027, voir un passage des Actus pontifîcum Cenomannis in 
urbe degentium, éd. Busson et Ledru, p. 358 . 

3. Sur tous ces événements, voir les Actus pontif. Cenomann., éd. cit., 
p. 363, et une note importante dans les Hist. de Fr,, t. XI, p. 632 c . 

4. Voir ci-dessus, p. 65. 

5. Actus pontif, Cenomannis in urbe degentium,% éd. Busson et Ledru, 
p. 364. — Cf. Imbart de la Tour, Les élections épiscopales dans t église de 
France, p. 268. 

6. Geoffroi Martel a, en effet, lutté à deux reprises contre Gervais : une 
première fois, du vivant de son père, une seconde, après la mort de 
Foulque. Sur cette première lutte, voir le n® 62 du Carlul. de h Trin. de 
Vendôme, éd. Métais : « In guerra priori quam idem comes (Gosfredus) 



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70 LE COMTÉ D*ANJOU 

contraignit à faire la paix et à lui céder quelques domaines *. 
Gervais, triomphant, s empara de la personne de Herbert Bacon, 
qu il relégua dans un monastère, et fit son entrée au Mans (1038) ^ : 
le jeune Hugue III tombait du même coup dans sa dépen- 
dance. 

On pouvait donc croire que c'en était fait de l'influence 
angevine dans le Maine ; mais ce fut une illusion de courte 
durée. En effet, sitôt la conquête de la Touraine achevée, 
Geoffroi Martel s'employa tout entier à la soumission du puissant 
baron qu'étçiit Tévêque Gervais, seigneur de Château-du Loir ^. 
L'évêque ayant, pour bien affirmer son indépendance, et 
probablement pendant que Geoffroi était parti en Italie ^, 



contra Gervasium episcopum... habuit » ; ibid.y n® 68, on voit Geoffroi 
obligé de traiter avec Gervais et d'en passer par les conditions que celui- 
ci lui impose, parcequ'il est « occupatus ex dissensione patema. » — Sur 
celte lutte entre GeolTroi Martel et son père, voir ci-dessus, p. 58. 

1. Voir le n® 68 du Carlul. de la Trin, de Vend,, éd. Métais : « Quando 
pacem fecit Goffridus cornes cum Gervasio episcopo post invalitudinem 
illam quam ex fractura coxe apud Vendocinum decubuerat, coactus est 
donare illi aliqua suorum hominum casamenta, hoc est Salomonis de Lavar- 
zino et aliorum quorumdam ; non autem voluntaria donatione sed coacti- 
cia, eo quod idem Gervasius rébus comitis multis impedimentis obstaret, 
videns illum occupa tum ex dissensione paterna. » La paix de Geoffroi Martel 
avec Gervais est donc antérieure à la paix qu'il fît avec son père : ceci est 
confirmé par le n® 15 du même CarfuL, qui prouve que la paix était faite 
en 1039. 

2. Acius ponlif. Cenomannis in urbe degenlium, éd. Busson et Ledru, 
p. 365 : « Quod cum audisset Gervasius praesul, concilium iniit cum paro- 
chianis et heroibus terrae, dicens illis ut exheredarent illum Bachonera 
forasque civitatem projicerent et rectum haeredem, Hugonem videlicet, 
Herberti filium, bonae indolis adolescentem omnino in honore exhereda- 
rent; quod et factum est. Hugone autem apicem comitatus adepto, mona- 
chus effectus est Herbertus Baccho. u La date de 1038 ressort de cette 
phrase des Aclus pontif. Cenoniann., éd. cit., p. 365 : « Herbertus cornes, 
cognomine Bacco... per duos annos aditum intrandi prohibuit ei (Gerva- 
sio) », ce qui correspond aux années 1036-1038. 

3. Voir en particulier, outre les Actus pontif, Cenomann,, la charte de fon- 
dation du prieuré de Saint-Guingalois de Chftteau-du-Loir, aux Archives 
de la Sarthe, H 361, n» 1. 

4. Sur ce voyage, voir ci-dessous, chap. V, § IIL 



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AQUITAINE, VENDÔMOIS ET MAINE 71 

commencé par marier de sa propre autorité Hugue III à la veuve 
d'Alain de Bretagne, Berthe, sœur de Thibaud de Blois *, c'est-à- 
dire du pire ennemi de Geoffroi, celui-ci essaya sans succès 
de s'emparer de Château-du-Loir ^, mais réussit, par contre, à se 
faire livrer Gervais et l'emprisonna 3. 

Geoffroi avait compté sans un nouveau rival, le duc de 
Normandie, Guillaume le Bâtard, qui, porté lui aussi à faire du 
Maine un état tributaire du sien, devait fatalement se heurter au 
comte d'Anjou. Par surcroît de malheur, le roi de France, non 
content d'avoir contribué à asseoir en Normandie même la 
puissance du duc ^, lui prêta son aide contre ce comte qui n'avait 
pas craint de mettre un prélat sous les verrous. De concert, le 



i. Acius pontif. Cenomann.y éd. Busson et Ledru, p. 365. 

2. Ihid, et cf. la charte de fondation du prieuré de Saint-Guingalois de 
Château-du-Loir, en 1067, rappelant la fuite des chanoines de Saint-Guin- 
galois quand, à la suite de la guerre survenue « inter comitem Gaufridum 
et dominum illius castelU », ledit comte « cuncta sub circuitum castello 
ferro et flamma disperderet » (Archives de la Sarthe, H 361, n*> 1, orig.). 

3. ActuSj loc, cit. Cet événement est postérieur à mars 1047, date où 
Geoffroi Martel rentrait seulement de son long voyage en Italie (voir le 
D** 89 du Catalogue d'actes) ; il est, d'autre part, antérieur à l'ouverture du 
concile de Reims (3 octobre 1049), puisque Léon IX s'y occupa dès le 
début de l'emprisonnement de Gervais. On peut, en outre, préciser, grâce 
à une lettre écrite très peu de temps après (avant l'été lt)52, nous le prou- 
verons plus loin) par Geoffroi Martel lui-même et où le comte affirme 
s'être plaint d'abord à l'archevêque de Tours et aux papes Benoît IX et 
Clément II avant de se résoudre à emprisonner Gervais (Sudendorf, Beren- 
gariua Turonensis, p. 213, n® 8). Comme Clément II a été pape du 25 
décembre 1046 au 9 octobre 1047, il faut, si l'affirmation de Geoffroi Mar- 
tel a quelque fondement, supposer que Kincarcération de Gervais a eu lieu 
à la fin de fan 1047 ou en 1048 au plus tard. D'ailleurs les Actus pré- 
tendent que Gervais resta enfermé pendant sept ans : prise à la lettre, 
nous le verrons, cette indication est très inexacte ; mais si l'on suppose 
que Terreur vient de ce que Ton a compté les années écoulées entre le 
moment où Gervais fut fait prisonnier et celui où, sans être rentré dans 
révêchédu Mans, il obtint l'archevêché de Reims (1055), on arrive à peu 
près pour l'emprisonnement à la date que nous avons proposée. Enfin la 
vraisemblance nous force à placer cet emprisonnement avant la campagne 
de Henri I*' et de Guillaume le Bâtard. 

4. A la bataille de Val-des-Dunes, en 1047. 



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72 LE œMTÉ d'anjoc 

duc et le roi vinrent mettre le siège devant Mouliherne, qui se 
rendit (1048) ^ 

Nous ignorons si Geoffroi Martel leur tint tête - ; mais, peu 
après, il riposta en occupant par surprise Alençon, dont il avait 
réussi à gagner les habitants -^ Le duc Guillaume, pour tenter 
de ressaisir la place, fit une diversion en venant menacer 
Domfront, qui, à cette date, faisait partie du Maine ^. Guillaume 
de Poitiers raconte que la garnison de Domfront ayant appris 
rapproche des Normands, essaya de les surprendre, mais qu'elle 
fut repoussée jusque dans ses retranchements ^. Un siège en 
règle commença alors : Guillaume le Bâtard cerna la place et, 
malgré la rigueur de Thiver, poursuivit Tattaque sans relâche. 
Appelé par les assiégés, Geoffroi Martel accourt avec une forte 
armée : le duc, laissant une partie de ses hommes devant Dom- 
front, marche à sa rencontre et l'envoie défier par Roger de 
Montgommery et par son sénéchal Guillaume, fils d'Osberne ^. 
S'il fallait en croire Guillaume de Poitiers, au dernier moment, 
Geoffroi Martel, pris de peur, aurait précipitamment battu en 



1. Guillaume de Poitiers, dans les Ilist. de Fr., t. XI, p. 77 : « Rex ele- 
xiim Hcnricus, conlumeliosis Gaufredi Martelli verbis irritatus, exercitum 
contra eum duxit et castrum ejus quod Molendinum Herlae vocabatur in 
pago Andegavensi eum manu valida obsedit et expugnavit. » En octobre 
1048, Henri I»' était à Tentrevue d'Ivois (cf. Soehnée, Henri /«"•, dans les 
Positions des thèses des élèves de V^cole des Chartes, ann. 1891) ; la 
prise de Mouliherne se place donc avant l'automne. 

2. Nos seuls guides étant ici Guillaume de Poitiers et Guillaume de 
Jumièges, tous deux panégyristes de Guillaume le Bâtard, nous ne con- 
naissons guère des événements que ceux-là seulement qui sont à la 
louange du duc normand ou peuvent servir à expliquer ses actions d'éclat. 
. 3. Guillaume de Poitiers, dans les Hist. de Fr., t. XI, p. 79^. 

4. Ihid, — Guillaume de Jumièges, VII, chap. 7 (chap. 18 de la der- 
nière rédaction), utilisant Guillaume de Poitiers, commet les plus graves 
confusions, en faisant débuter la campagne par une marche de Geoffroi 
Martel sur Domfront, qui faisait alors partie du Maine, ce qui rend tous 
les événement^ incompréhensibles. Cf. Freeman, History of Ihe norman 
conquest, t. II, p. 285, n. 2. 

5. Guillaume de Poitiers, ibid., p. 79. 

6. Ibid. 



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AQUITAINE, VENDÔMOIS ET MAINE 73 

retraite ^: mais -s'il faut suivre plutôt les vraisemblances qu'un 
narrateur aussi partial, on sera porté à croire qu'après avoir voulu 
aller droit à Tennemi normand, Geoffroi aura fait volte-face 
parce qu'il aura appris, sans doute, au même moment, que le 
roi se jetait sur la Touraine ^. Guillaume, ainsi débarrassé de 
Tennemi, se porte en hâte sur Alençon, surprend la ville au 
matin, donne Tassant, met le feu aux maisons, châtie les habi- 
tants en faisant couper à trente-deux d'entre eux mains et pieds 
et reçoit la soumission des troupes de la citadelle, terrifiées par 
sa farouche énergie ^. Quant à la garnison de Domfront, n'espérant 
plus en Geoffroi Martel, elle se rend à son tour dès que Guillaume 
se présente devant ses murs (fin de 1049 ?) ^. _ 

Cependant le roi de France Henri I®'', en septembre 1049, 
avait convoqué une armée ^ et, envahissant la Touraine, s'était 

i. Guillaume de Poitiers, ibid. 

2. Voir ci-dessous, p. 74. 

3. Guillaume de Poitiers, loc, cit. y p. 80 ; Guillaume de Jumièges, VII, 
chap.7(Bibl. nat., ms.'lat, 2769, fol. 105 ro), ch. 18 de la dernière rédac- 
tion (Hisl. de Fr,y t. XI, p. 44), complète ici Guillaume de Poitiers. 

4. Ibid, — Nous avons vu que lé siège de Domfront par Guillaume le 
Bâtard s'était prolongé pendant Thiver, ce qui fournit à Guillaume de 
Poitiers [Uisl, de Fr,, t. XI, p. 79) l'occasion d'admirer l'endurance de son 
héros. On ne peut, à cause des événements suivants, placer la prise de 
Domfront plus tard que la fin de l'an 1049, et, d'autre part, la placer 
pendant l'hiver 1048-1049 ne permettrait pas d'expliquer la retraite subite 
de Geoffroi Martel. Le plus vraisemblable nous semble donc de supposer 
que les faits de guerre survenus autour d'Alençon et de Domfront ont 
occupé l'été, Tautomne et le début de l'hiver de l'an 1049. Ce n'est là 
toutefois qu'une vraisemblance, et l'on verra que malheureusement nous 
en sommes réduits là à peu près pour toute la guerre. 

5. Anselme, Historia dedicaiionis ecclesiae S. Remigii^ dans Aligne, Patro- 
logie lai,, t. CXLIl, col. 1423, et dans les Hi»L de Fr., t. XI, p. 465c-d : 
les conseillers du roi lui font valoir, pour empêcher l'ouverture du 
concile de Reims, qu'il y a lieu de marcher contre « quibusdam viris 
potenlibus dominationis ejus jugum detreclantibus terrasque et castella 
quaelibetabipsius domina tione abalienantibus » et qu'il lui faut « principes 
suos et totius exercitus sui potentiam commovere iti rebelles ». C'est 
M. Schwabe (Sludien zur Geschichte des zueilen Abendmahlstreits^ p, 56) 
qui a le premier, à notre connaissance, eu l'idée d'utiliser ainsi ce passage: 
la convocation au concile de Reims, rejetée par le roi sous le prétexte 



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74 LE COMTÉ d'aNJOU 

rendu maître de Sainte-Maure*; Geoffroi Martel avait, à cette 
nouVelle, comme nous Tavons dit, brusquement quitté le Maine 
pour marcher à la rencontre de ce nouvel adversaire. Le roi 
se retrancha dans Sainte-Maure 2 et une lutte s'ensuivit, sur 
laquelle nous ne possédons malheureusement aucun rensei- 
gnement 3. 

La situation de Geoffroi Martel était critique : le pape l'avait 
excommunié pour sa conduite envers Tévéque Gervais^; un 
concile réuni à Tours, devant lequel le comte avait fait compa- 
raître ce dernier et avait tenté de se justifier, paraissait n'avoir 
point abouti ^ ; Château-du-Loir avait résisté à tous les assauts ^ ; 
les Manceaux, sous la conduite de leur comte, étaient eux- 
mêmes soulevés*^. Par bonheur, le 26 mars 1051 (?), le comte 

qu'on vient de lire, est de septembre i049 ; d'où la date que nous donnons 
pour le début des hostilités. 

1. C'est ce que suppose le siège soutenu par le roi dans Sainte-Maure : 
voir la n. suivante. 

2. JUne charte copiée dans la Coll. dom Housseau, vol. XII 2, n® 6740, 
d'après le Cartul. tourangeau Âe Marmoutier^ fol. 120 r«, et publiée dans 
le Cartulaire de Noyers, éd. Chevalier, n*> 479, relate la mort de Hugue le 
Bourguignon survenue devant Sainte-Maure, alors que la place « a rege 
teneretur et a Gausfrido comité obsideretur ». 

3. Nous savons seulement qu'à une date indéterminée une bataille était 
imminente, grâce à cette phrase d'une charte de Marmoutier : « In diebus 
quibus imminebat pugna inter Heinricum regem et Gausfredum comitem... » 
(Archives de Maine-et-Loire, fonds de Marmoutier, prieuré de Saint- 
Gilles-du-Verger, n° 3, orig.). Foulque le Rôchin parle sans préciser, 
dans sa chronique, de la guerre soutenue par Geoffroi Martel « cum Gallis » 
[Chron, des comtes d'Anjou, p. 378) et Guillaume de Poitiers dit seulement 
que Geoffroi « vexavit Franciam universam, régi rebellans » [Hist, de Fr,, 
t. XI, p. 79 A). 

4. Voir ci-dessous, chap. V. 

5. Ibidem. 

6. Actus pontif, Cenomann., éd. Busson et Ledru, p. 366. 

7. Voir la lettre déjà citée de Geoffroi Martel à Léon IX : « Et tamen 
paci consulens publicae et quieti meaeque prospiciens saluti et incolumi- 
tati, levare vinculis et carcere formidabam immanissimum hominem 
animaesuaeinrevocabiliterhostem, divina et humana promiscua habentem, 
propter ingruentia mihi undique bella et maxime propter ipsorum 
Cenomanensium rebellionem, qua me injustissime impugnabant. Sed 



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AQUITAINE, VENDÔMOIS ET MAINE 75 

Hugue mourut*, et les Manceaux, privés de chef et las de 
combattre, préférèrent traiter : Geoffroi Martel entra par une des 
portes du Mans, où il fut reçu à bras ouverts, pendant que la 
veuve de Hugue, Berthe, éplorée, était chassée par une autre et 
réduite à se sauver en Normandie avec son fils Herbert et sa fille 
Marguerite 2. Gervais, découragé, consentit alors, pour obtenir 
son élargissement, à en passer par les conditions que Geoffroi 
voulut lui imposer: il abandonnait Château-du-Loir pour sa 
rançon ^ et s'engageait à rester sous la garde d'un seigneur de 
son choix, tant que la lutte durerait entre le comte et le roi, et à 
observer la neutralité dans la suite; à ces conditions, une fois la 
paix faite, Geoffroi promettait de le laisser reprendre possession 
de son siège épiscopal *. 

postquam comiti ipsorum, qui a fidelitate mea defecerat,. .. » (Sudendorf, 
Berengarius Turon.^ p. 214, n* 8). 

1. Le quantième de sa mort (26 mars) est donné par le Martyrologe de 
Véglise du Mans (Bibl. du Mans, ms. 244, fol. 47) : « VII kalendas aprilis. 
Hic obiit Hugo cornes, Herberti filius etc. « Cette mort, d'autre part, est, 
antérieure à la mise en liberté de Gervais : le fait est formellement 
attesté par les Actus, éd. Busson et Ledru, p. 366, et par la lettre précitée 
de Geoffroi Martel au pape Léon IX (Sudendorf, p. 214, n® 8). Or nous 
allons voir que la mise en liberté de Gervais est elle-même antérieure 
au 15 août 1052, c'estdire que la mort du comte Hugtje est du 26 mars 1052 
au plus tard. D'après la lettre précitée de Geoffroi Martel, Hugue n'étant 
mort qu'après le concile de Tours devant lequel Gervais comparut vers le 
milieu de l'an 1050 au plus tôt, on ne peut hésiter, semble-t-il, qu'entre 
le 26 mars 1051 et le 26 mars 1052. Enfm, comme entre la mort du comte 
Hugue et le 15 août 1052 il s'est écoulé un temps suffisant pour que 
Gervais fût mis en liberté, pour qu'il s'enfuit en Normandie et y fomentât 
une nouvelle guerre, la date du 26 mars 1051, qui est d'ailleurs la date 
traditionnelle, paraît de beaucoup la plus vraisemblable. 

2. Actus, éd. Busson et Ledru, p. 366. 

3. Ihid, — Une charte du CartuL de Saint-Aubin d'Angers^ éd. 
Bertrand de Broussillon, n^ 402, nous montre Geoffroi Martel en possession 
de ChAteau-du-Loir. 

4. C'est du moins ce qu'affirma Geoffroi Martel presque aussitôt après 
dans sa lettre -au pape Léon IX (Sudendorf, Berengarius Turon.^ p. 214, 
n*8) : « Hominem vinculis et carcere omnino levavi eumque ad ipsius 
optionem donec pacem cum rege haberem, quod modico lemporis effectum 
iri sperabatur, cuidam fîdeli suo et affîni omni honorificentia habendum 



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'^6 * LE COMTÉ d' ANJOU 

Mais Gervais était à peine remis en liberté qu'il se sauvait 
1 Normandie auprès du duc Guillaume * et mettait tout en 
juvre pour empêcher un accord entre Geoffroi Martel et 
[enri I*"* 2. ges efforts n'eurent d'ailleurs qu'un succès médiocre : 
j comte d'Anjou et le roi de France ne tardèrent pas à traiter 
[052) 3, et tout ce que Gervais gagna à sa mauvaise foi, ce fut 
i perte définitive de son évêché, où Geoffroi jura que, lui 
ivant, il ne rentrerait pas *. 



mtradidi. Nihil illi ad plenam in statum pristinum deerat, omnia illi ad 
bitum presto eranl, omnes qui perlinebant ad episcopatum ipsius in eum 
tendebanl, omnes illi, sicut prius, deferebant ad omnia. Dimiseram illi 
nnia que habueram adversus eum et ipse nihil ab eo nisi paeem et 
lietem publicam exegeram. Omnino inter me et ipsum de conservanda in 
mpus reliquum pace convenerat, datis preflxionibus, sicut . convenerat 
ter nos, et per sacra omnia jurejurando firmatis. » De ce passage ressort, 
i outre, que la mise en liberté de Gervais a précédé de peu la paix avec 
roi, laquelle, nous Talions voir, est du courant de Tan 1052. 

1. Actua, loc. cit. y p. 366: « Abiitad Willelmum, Normanniae comitem.» 
ans sa lettre à Léon IX, Geoffroi Martel dit que Gervais « ruptis omnibus 
le mihi juraverat, leso jure fîdelitatis et affinitatis quod fideli suc 
ibuerat, in Normanniam evasit » (Sudendorf, p. 214, n*» 8). Enfin une 
larte de cette époque nous révèle la présence de Gervais à la cour 
)rmande (Bertrand de Broussillon, La maison de Lavaly t. I, p. 35, n° 20). 

2. Ecrivant à ce moment même, Geoffroi Martel dit que « nunc per suos 
lanta potest latrocinia exercens et rapinas gentem illam (Normannos) 

Franciae regem concitat in pervasionem rerum quibus me présidera 
)luit Deus et bellicam devastationem, fraudulente linguae contagio 
meta corrumpens » (Sudendorf, op. cit., p. 214, n^ 81. Les Actus, 
c. cit. y montrent également Gervais se plaignant à Guillaume de 
ormandie. 

3. La paix était faite le 15 août 1052, date à laquelle Geoffroi Martel, 
'ec sa femme Grécie, accompagnait les fils de Geoffroi de Sainte-Maure 
iprès du roi pour obtenir de lui un diplôme en faveur d'un serf (Cata- 
)gue d'actes y n*» 111). 

4. C'est ce que disent les Actus pontif, Cenom,, éd. Busson et Ledru, 
366, mais en le plaçant dès le moment de la libération de Gervais : 

Comes GaufridusGervasiumdecarcereexirepermisit, tali videlicet sacra- 
ento, ut, quamdiu ipse Gaufridus adviveret, inlra civitatemCenomanicam 
ervasius non intraret. » Si ce n'est pas là une décision prêtée après 
)up à Geoffroi Martel, il faut admettre qu'elle n'a été formulée, en tout 
is, qu'après la fuite de Tévêque en Normandie ; car de toute la lettre du 



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r 



AQUITAINE, VENDÔMOIS ET MAINE 77 

Il ne restait plus à Geoffroi Martel, pour que son succès fût com- 
plet, qu'à prendre sa revanche contre Guillaume le Bâtard. Allié 
cette fois au roi de France, qui comprenait enfin combien la gran- 
deur normande était menaçante pour la royauté, il envahit le Nor- 
mandie au début du mois de février 1054 ^ La tentative ne fut 
pas heureuse. L'armée des envahisseurs avait été divisée en deux 
corps : Eude, frère du roi, traversant la Seine, avait été dévaster 
le pays de Caux, tandis que Henri P' et Geoffroi Martel occupaient 
le pays d'Évreux. Guillaume, marchant lui-même à la rencontre 
de larmée du sud, envoya contre Tarmée du nord \me bonne 
partie de ses troupes 2. Eude se laissa surprendre à Mortemer, 
au moment où ses soldats se livraient au pillage : ce fut, parmi 
les Français, un sauve-qui-peut général ^. La nouvelle de cette 
déroute découragea Henri I", qui, laissant Geoffroi Martel aux 
prises avec Tennemi, ne songea qu'à se retirer de la lutte le plus 
vite possible et au mieux de ses intérêts ^. 



comte d'Anjou à Léon IX (Sudendorf, op. ci7.,p. 214, n<* 8), il ressort (avec 
des détails trop circonstanciés pour être tous imaginés à plaisir) qu'après 
la mise en liberté de Gervais, GeofTroi a recherché ou a fait semblant de 
rechercher un accord. 

1. La date de 1054 est donnée par Guillaume de Jumièges (ici indépen- 
dant de Guillaume de Poitiers), VII, chap. 9 (Bibl. nat., ms. lat. 2769, 
foL 105 V»), chap. 24 de la dernière rédaction {Hist. de Fr., t. XI, p. 46) ; 
par les Annales Uticenses, éd. Delisle, au t. V de VHist. d'Ordcric Vital, 
éd. Le Prévost et Delisle, p. 157 (Cf. Orderic Vital, ibid,, t. I»»", p. 184, 
l. III, p. 160), etc. Orderiq Vital, VII, 15, éd. Le Prévost, t. III, p. 237, dit 
que la bataille de Mortemer a eu lieu « in hieme ante quadragesimam », 
c est-à-dire avant le 20 février, ce qui place au début du mois l'invasion 
do la Normandie. , 

2. Guillaume de Jumièges, loc, cit, 

3. Ibid, et Guillaume de Poitiers, dans les Uist, de Fr.y t. XI, p. 84. 

4. Ibid, — Suivant Guillaume de Poitiers, le roi aurait, en guise de ran- 
çon pour ses vassaux prisonniei's, autorisé Guillaume le Bâtard à conser- 
ver tout ce qu'il avait pu jusqu'alors enlever à Geoffroi Martel et ce qu'il 
pourrait lui enlever par la suite. C'est là très vraisemblablement une de 
ces informations tendancieuses, qu'on est accoutumé à rencontrer sous la 
plume de Guillaume de Poitiers ; le roi dut se borner à promettre sa neu- 
tralité. 



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78 LE COMTÉ d/aNJOU 

Geoffroi Martel dut battre promptement en retraite. Guillaume 
envahit à nouveau le Maine et vint s'établir solidement au Mont- 
Barbet*, près du Mans, et à Arabrières, non loin du confluent de la 
Varenneet delà Mayenne 2. Mais bientôt les vivres manquent, le 
duc est obligé de laisser une partie de son armée s'éparpiller : à 
cette nouvelle, Geoffroi accourt avec Guillaume d'Aquitaine^ et 
Éon de Bretagne ^ et vient mettre le siège devant Ambrières ; la 
place résiste ; le duc de Normandie a le temps de rassembler ses 
troupes, force Tarmée angevine à battre en retraite, et marchant 
droit sur Mayenne, dont le seigneur, Geoffroi, était im des prin- 
cipaux soutiens de Geoffroi Martel, prend la ville, emmène 
Geoffroi de Mayenne en Normandie et le contraint à lui prêter 
hommage ^. 

1. Guillaume de Jumicges, VII, chap. 10 (Bibl. nat., ms. lat. 2769, fol. 
106 r°), chap. 27 de la derniùi-e réd. {Ilist, de Fr,, t. XI, p. 48) : « In quo- 
rum (Cenomannorum) medio ad domandam eorum insolentiam duo muni- 
cipia slabilivit, que suis militibus custodienda commisit. »> La rédaction 
suivante donne le nom de cet municipia : «... duo municipia in Monte 
Barba to seu Barbello ». Grâce à un passage d'Orderic Vital (X, 7, éd. Le 
Prévost, t. IV, p. 50), il est permis de dire que ces deux forteresses du 
Mons Barbatus se trouvaient à côté du Mans : l'unie garda le nom de Mons 
Barbatus et Tautre prit celui de Mons Barbatulus, En note au passage 
d'Orderic Vital, Le Prévost dit qu' a il ne reste plus trace de ces forteresses. 
La principale, ajoute-t-il, était située dans le voisinage et à TO.-N.-O. de 
la cathédrale ; la seconde, nommée en français la Motte-Barbet, dans le 
môme quartier, mais en deçà, à TO.-S.-O. » 

2. Guillaume de Poitiers, dans les Hist. de Fr., t. XI, p. 84, ne parle 
que de la construction d' Ambrières ; Guillaume de Jumièges, VII, chap. 7 
(Bibl. nat., ms. lat. 2769, fol. 105 r°), chap. 18 de la dernière rédaction 
(Hist, de Fr., t. XI, p. 44), place la construction d' Ambrières à la suite de 
la prise d'Alençon et avant Mortemer ; mais comme il a pour source en 
cet endroit Guillaume de Poitiers, nous donnons la préférence à ce 
dernier. 

3. Sans doute, le futur duc d'Aquitaine Gui-Geoffroi.. Voir Richard, Hist, 
des comtes de Poitou y t. I, p. 271-272. 

4. Second fils de Geoffroi I*"" et petit-fils de Conan le Tort, comtes de 
Rennes, Lon avait jusqu'alors passé son temps à tenter de renvei'ser son 
neveu Conan II. Voir La Borderie, Hist. de Bretagne^ t. III, p. 14 et sutv. 

5. Guillaume de Poitiers, dans les Hist. de Fr,^ t. XI, p. 84 ; Guillaume 
de Jumièges, VII, chap. 10 (Bibl. nat., ms. lat. 2769, fol. 106 r°), ch. 27 
de la dernière rédaction {Hist, de Fr.^ t, XI, p. 48). 



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AQUITAINE, VENDÔM018 ET MAINE 79 

Malgré le silence des panégyristes de Guillaume le Bâtard, les 
seuls auxquels nous devons d'être renseignés sur ces guerres, il 
est certain que les succès normands furent seulement temporaires 
et que Geoffroi Martel ne tarda pas à regagner dans le Maine le 
terrain perdu *; enfin, en 1058, comme quatre ans plus tôt, dési- 
reux de prendre sa revanche, il se joignit au roi de France pour 
envahir la Normandie. Cette fois encore,' la campagne, à ses 
débuts au moins, fut malheureuse : Henri I®"* et Geoffroi Martel, 
partis sans bruit, avaient à peine traversé THiémois, que leur 
arrière-garde fut surprise au moment où elle passait la Dive au 
gué de Varaville, et, le gué étant devenu impraticable par suite 
de la marée, ils ne purent qu'assister impuissants au massacre 
des leurs*. Ce ne fut cependant pas là, comme voudraient le faire 
croire les chroniqueurs normands, un désastre irréparable : 
quoiqu'ils n'en disent rien, la guerre continua néanmoins, 
puisque, le 21 juin 1060, Henri P' assiégeait Thimert^ et 



1. En ofFct, nous savons que l'évêque Gervais ne rentra pas au Mans 
(voir les Aclus pontif, Cenom,, éd. Busson et Ledru, p. 366) et nous 
allons voir que Geoffroi Martel put faire nommer à sa place T Ange vin 
Bougrin ; enfin nous constatons qu'Ambrières échappa à Guillaume le 
Bâtard, puisquVn 1063 cette place était aux mains de Geoffroi de Mayenne 
(Ordcric Vital, III, 8, éd. Le Prévost, t. II, p. 103). Gela n'a pas empêché 
M. Schwabe {Studien zur Geschichte des zweiten AbendmahlstreilSy p. 74) 
d'affirmer que Geoffroi Martel ne put déloger les Normands du Maine ; 
mais il n'a cité, à Tappui de son dire, qu'un passage de la dernière 
rédaction de Guillaume de Jumièges, VIII, 5 {Ilist, de Fr.^ t. XI, p. 55 D ), 
passage écrit par Robert de Torigni un siècle après les événements et 
à Taide d'Orderic Vital (voir la préface de M. Delisle à VIUsL d'Orderic 
Vital, éd. Le Prévost et Delisle, t. V, p. lxxvi). Ce n'est pas une 
autorité. 

2. Guillaume de Poitiers, dans les Hisl. de Fr,, t. XI, p. 84-85. Guillaume 
de Jumièges, VII,chap. 11 (Bibl. nat., ms. lat. 2769, fol. 106 r°), reproduit 
le récit de Guillaume de Poitiers ; dans la dernière rédaction, chap. 28 
(Hist, de Fr., t. XI, p. 48), Robert de Torigni a ajouté qu'à la suite de la 
défaite de Varaville, Henri I®"^ avait traité avec Guillaume le Conquérant 
en lui cédant Tillières : on va voir que ce détail est inexact, puisque 
la paix n'était pas encore conclue quand Henri I'''' mourut. 

3. Voir R. Mcrlet, Du lieu où mourut Henri /«""j roi de France^ dans 
Le MQyen-Age, t. XVI, 1903, p. 206-207. 



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80 LE COMTÉ d'aNJOU 

qu^au moment de sa mort, le 4 août de cette même année, la paix 
n'était pas encore conclue^ ; maison ignore dans quelle mesure 
Geoffroi Martel prit part à ces dernières hostilités. 

Qu'il eût d'ailleurs ou non tiré vengeance de Guillaume le 
Bâtard, Geoffroi Martel n'en était pas moins parvenu à faire du 
Maine un état vassal : le fils de Hugue III, Hugue IV, réfugié à la 
cour normande 2, n'était comte que de nom; la papauté, en 
nommant Gervais à l'archevêché de Reims 3, avait fini par 
reconnaître la vacance du siège du Mans et Geoffroi Martel avait 
pu, en 1055, y installer un Angevin * : il était véritablement le 
seul maître du Maine. 

1. Voir R. Merlet, Du lieu où mourut Henri /«*•, roi de France^ dans 
Le Moyen-Age, t. XVI, 1903, p. 208. 

2. Voir ci-dessus, p. 75. 

3. Actus ponlif. Cenom,, éd. Busson et Ledru, p. 367. Cet événement 
se place en 1055. 

4. Voir ci-dessous, chap. V. 



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CHAPITRE III 

LA RENAISSANCE INTÉRIEURE DU COMTÉ 
D'ANJOU 

En même temps que ce mouvement d'expansion, un mouve- 
ment non moins remarquable de rénovation intérieure se pro- 
duisait en Anjou. C'est surtout dans Fhistoire du clergé que ce 
mouvement apparaît. 



I 



A Tavènementde Foulque Nerra, Tétat de ce clergé était encore 
lamentable : plusieurs églises, la cathédrale d'Angers elle-même, 
tombaient en ruines ^, et quant aux monastères, à part Saînt- 
Âubin d'Angers, qui avait dû à sa situation de monastère comtal ^ 

1. Voir la charte qui en relate la restauration, datée de 1030 (?), autrefois 
transcrite au Livre noir de Saint-Maurice d'Angers, fol. 21-22, n® 29, et 
copiée notamment dans la Coll. dom Rousseau, vol. II ^, n*»* 406 et 408: 
Hubert, évêque d'Angers, dit qu'il a entrepris de restaurer « hanc domum 
sanctam Deibea tique Mauricii, sedem videlicet episcopalem, indecenti prius 
ac periculosa infirmitate per vetustatem vel prisca incendia mutabundam 
ab ipsis fundamentis » (Nous serions porté à corriger la date de l'acte en 
1025, à cause du contexte). 

2. Dès le ix* siècle, nous voyons que le titre d'abbé de Saint- Aubin est, 
en quelque sorte, indissolublement uni à celui de comte d'Angers. Ainsi, 
en 846, renversé du comté de Nantes, Lambert est nommé par Charles le 
Chauve comte d'Angers : aussitôt il sépare du titre d'abbé de Saint-Aubin,, 
que le roi lui a évidemment conféré, et il exerce le pouvoir abbatial 
(Carlul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n®* 15 et 17, et cf. 
}lier\elj Guerres d'indépendance de la Bretagne [exlr. de la Rev, de Bretagne, 
Vendée, Anjou, 1891], p. 7). En 850, le comte Lambert ayanttrahi la cause 
du roi, le comté d'Anjou lui est enlevé pour être conféré à Eude : du 
même coup encore, cet Eude devient abbé de Saint-Aubin et les actes 

Halphen. — Le comté d'Anjou, Ç 



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82 LE œMTÉ d'anjou 

d'être le premier restauré*, ils étaient, pour la plupart, plongés 
dans une profonde misère. 

Saint-Maur de Glanfeuil, déchu de son antique grandeur, avait 
été complètement submergé sous le flot des invasions nor- 
mandes et réduit au rang d'humble prieuré de Saint-Maur-des- 
Fossés ^. La petite « celle » fondée à Chalonnes par saint Mau- 
rille n'offrait plus que ruines 3. Saint-Serge d'Angers, tombé 
d'abord aux mains des ducs bretons, avait fini par devenir la 
propriété des évêques d'Angers * ; mais toutes ces tribulations et 
surtout les pillages des Normands l'avaient « presque réduit à 
néant » ^ : les moines l'avaient déserté et les domaines en avaient 

nous le montrent agissant en cette qualité (Cartul. de Sainl-Aubin, n<» 16; 
Merlet, ibid.^ p. 10). S'il restait des chartes de l'abbaye pour les dernières 
années du ix" siècle, nous pourrions constater, sans aucun doute, que 
Robert le Fort, Hugue l'Abbé et le futur roiEude ont été, eux aussi, abbés 
de Saint-Aubin : en tout cas, dès le moment où un vicomte remplace à 
demeure en Anjou le dux Francorum, les documents montrent que ce 
n'est pas seulement l'autorité politique qui lui a été déléguée, mais que 
c'est aussi la charge d'abbé de Saint-Aubin (en même temps que de 
Saint-Lézin, d'ailleurs) : \oir Cartul. de Saint-Aubin^ n*"» 36 et 177. Et quand le 
vicomte est devenu comte à son tour, cette charge lui reste : l'abbaye est 
aux mains de Gui, fils de Foulque le Bon, comte d'Anjou (Cartul, de 
Saint' Aubin, n°« 224, 38 [antérieur au n° 2J, 2); Geoffroi Grisegonelle 
enfin procède à sa réorganisation. — La version des moines de 
Saint-Aubin, au début du xii* siècle, sur cette possession de l'abbaye par 
les comtes était que Geofl*roi Grisegonelle l'avait reçue de Lothaire et de 
Hugue Capet {Cartul, de Saint-Aubin, t. II, p. 408-409). 

1. Il l'avait été en 966 par Geoffroi Grisegonelle {Cartul, de Saint- 
Aubin, n° 2). 

2. Voir Cél. Port, Dictionnaire, t. III, p. 428-429. 

3. Voir la charte de dédicace de Saint-Maurille par l'éveque Hubert, 
jadis transcrite au i***" Cartul. de Saint-Serge, n° 18, dans Mabillou, 
Annales ord, Sancti Benedicti, éd. fie 1739, t. IV, p. 411. Il y est question 
de r « oratorium... per multum tempus vetustate prolapsum ». 

4. Voir Cél. Port, Dictionnaire, t. I, p. 67. C'est le duc de Bretagne 
Alain le Grand (888-907) qui céda Saint-Serge à l'évoque Rainon, posté- 
rieurement à 897 (La Borderie, Uist, de Bretagne, t. H, p. 341). 

5. « Fuerat idem locus ante noslrae aelatis tempora, incertum an 
Normannorum incursione an quil)us aliis impedimentis desolantibus, 
poene omnino destitulus et ad miserandam destructionem redactus » : 
ainsi s'exprime l'éveque Hubert dans une charte des années ij)41-1047 
(Bibl. d'Angers, ms. 837, ancien 754, n° 1, orig.). 



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^prf, Tjl-.- ■■ 



RENAISSANCE INTÉRIEURE DU COMTÉ 83 

été saccagés et usurpés par les évêques marnes qui eussent dû 
s'employer à les protéger ^ 

Foulque Nerra et Geoffroi Martel travaillèrent avec ardeur à 
relever tous ces établissements ruinés : par leurs soins, Féglise 
Saint-Martin d'Angers fut restaurée et une collégiale y fut orga- 
nisée 2, des chanoines furent installés à Saint-Florentin d'Am- 
boise ^ ; ils n'épargnèrent point enfin leurs libéralités envers les 
anciens monastères ^. Mais ils se distinguèrent plus encore par 
toute une série de fondations, dont quelques-unes exigèrent une 
ténacité peu commune. Nous n'en voulons pour preuve que l'his- 
toire de Tabbaye fondée par Foulque Nerra à Beaulieu, en 
Touraine ^. 

1. Nous verrons en effet (p. 91) que Févêque Renaud dut y introduire 
des moines ; aussi Port, t. I, p. 67, dit-il que « dès le ix« siècle un corps 
de chanoines ou de clercs y avait remplacé les moines ». Quant aux 
domaines, on verra plus tard les évêques Renaud et Hubert obligés d^en 
restituer à Tabbaye ou de lui en faire restituer un grand nombre (voir les 
deux diplômes de Robert le Pieux publiés, Tun dans les Hist, de Fr., 
t. X, p. 583, Tautre dans Pfister, Robert le Pieux, p. l). 

2. Catalogue d'actes^ n® 48. 

3. Gesta consul. Andegav. (ms, 6218, p. 46; Chron, des comtes d'Anjou, 
p. 106). 

4. Voir le Catalogue d'actes, passim, 

5. L'histoire de cette fondation a été complètement dénaturée par 
l'emploi que l'on a fait de chartes fausses (voir Appendice III), à l'aide 
desquelles certains auteurs, et notamment Hauréau (Gallia christiana, 
t. XIV, col. 280) et M. Pfister (Robert le Pieux, p. 320, n. 3), suivis par 
M. Sackur [Die Cluniacenser, t. II, p. 87, n. 3), ont même voulu réfuter les 
chroniques. Quelques érudits, M. d'Espinay lui-même, contre son usage 
(Congrès archéologique de France, XXXVI, Session de Loches, 1869, 
p. 98, n. 1), ont cité comme fournies par des actes des dates qui ne 
s'y rencontrent pas. Enfin il s'est trouvé quelques personnes (voir 
notamment Kate Norgate, England under the angevin kings, t. I, p. 154) 
pour accueillir, en partie au moins, les légendes contenues dans VOffice de 
Beaulieu, édité par Salies, Hist, de Foulques Nerra, et ^ont nous avons 
indiqué (voir la Préface) le peu de valeur: on y voit (p. 527) Foulque, avant 
d'aller à Jérusalem, passant à Rome a et sua peccata ac peregrinationis 
propositum domino papaSergio (!) humili confessione pandens» et alors le 
pape ( « motu proprio decemente cenobium in honore sancte et individue 
Trinitatls etc. ») ordonnant que Foulque Nerra devra, à son retour, construire 
un monastère en l'honneur de la S^ Trinité, des Chérubins, des Séraphins et 



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84 LE COMTÉ d'aNJOU 

Au retour d'un pèlerinage qu'il avait fait à Jérusalem en 1002 
ou 1003-lOOi ^, Foulque, désireux d'installer dans une nouvelle 
demeure des religieux qui prieraient pour son salut, avait fait 
choix d'un domaine qu il possédait près de Loches, à Beaulieu, 
au diocèse de Tours ^. Quand l'édifice fut achevé, il y appela des 
moines, qu'il dota richement 3, et pria l'archevêque de Tours 
Hugue de venir consacrer Téglise ^. Hugue refusa : c'était très 
peu de temps auparavant (1005 ou 1006) que le comte d'Anjou 
était venu piller quelques-uns de ses domaines et y établir le 
château de Montrichard ^ ; Hugue entendait, avant de se rendre 
à Beaulieu, qu'on lui restituât son bien ^. Foulque, furieux de 

du S* Sépulcre ; Foulque s'y engageant et recevant même du pape l'indica- 
tion de l'emplacement qu'il devra choisir. Puis Foulque, au retour de 
Jérusalem, choisit un alodum : « Quod quidem alodum geneste repletum 
quidam prenominati castri ( Loçharum) et Sancte Maure vassus nomine 
Ingeirannus possidebat. Qui, digna recepta pecunia, insuper comité illum 
super humeros bajulante ab alodi medio usque ad pontem, subvectus sic 
inquicns comes dum eum deposuit : StuUus a proprio expellUur alodo ». 

1. Voir Appendice IL 

2. Raoul Glaber, II, 4, éd. Prou, p. 32. Le nom de Beaulieu n*est pas 
dans Raoul Glaber, mais il est dans la charte de fondation (Pièce Jus tifi- 
cative n*» 5). 

3. Voir la charte de fondation, Pièce justificative n* .^. 

4. Raoul Glaber, loc. cit. — Il importe ici de faire remarquer que 
l'archiépiscopat de Hugue de Chàteaudun a commencé avant 1007, date 
que M. Pfister (Robert le Pieux, p. 67) considère cependant comme en 
marquant le début, pour avoir lu trop rapidement l'article de la Gallia 
christ. Suivant un catalogue épiscopal, assez exact pour les x* et xi« siècles, 
Hugue aurait été archevê(jue 18 ans, 5 mois, 9 jours, et aurait succédé à 
Archembaud après une vacance de i mois et 18 jours (Duchesne, Fastes 
épiscopauxy t. II, p. 289) : comme il est mort le 12 mai 1023(Ga//ia cArw/., 
t. XIV, col. 58), cela place son avènement au 3 janvier 1005. Archembaud 
était mort le 18 ou le 17 novembre précédent [ibid.^ col. 56), ce qui ne 
fait pas un délai beaucoup plus long que le délai indiqué par le catalogue. 

5. Voir ci-dessus, p. 31. 

6. Raoul Glaber, II, 4, éd. Prou, p. 33 : « Expleto denique quantotius 
basilicae opère, protinus misit ad Hugonem Turonorum archipresulem, in 
cujus scilicet constituta crat diocesi, ut illam sacraturus, qucmadmodum 
decreverat, adveniret. Qui venire distulit, dicens se minime posse illius 
votum dicando Domino committere ; qui videlicet matri ecclesie sedis sibi 
commisse predia et mancipia subripuerat non pauca, » 



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RENAISSANCE INTÉRIEURE DU COMTÉ 85 

cette résistance, s'adressa directement au pape Jean XVIII et fit 
si bien, que celui-ci ordonna à son légat Pierre, évêque de 
Piperno, de procéder à la consécration K Les protestations 
furent vives ? ; mais enfin la consécration eut lieu en grande 
pompe au mois de mai, sans doute de Tan 1007 ^. Raoul Glaber, 
qui s^indigne de ce qu'il considère comme une usurpation des 
droits de l'ordinaire, note que cependant plusieurs évéques, par 
crainte de s'aliéner le comte d'Anjou, assistèrent à la cérémonie ; 

1. Raoul Glaber, ibid, — Raoul Glaber raconte que Foulque Nerra alla 
lui-même à Rome trouver Jean XVIII : la chose n'est pas tout à fait 
impossible, mais elle est peu vraisemblable. — Le légat Pierre envoyé par 
Jean XVIII est Pierre, évêque de Piperno, qu'on trouve cité en 1008 envi- 
ron (Jaffé-Wattenbach, Regesia, n» 3958) et en 1015 (Ughelli, Italia sacra, 
2* édition, 1717, t. I, col. 1280) — Nous ne tenons pas compte ici des 
balles de Jean XVIII et de Serge IV, car elles «ont fausses (voir Appen- 
dice III). 

2. Nous pensons surtout au texte si souvent cité de Raoul Glaber, II, 4, 
éd. Prou, p. 33-34. 

3. C'est la date, pour ainsi dire, traditionnelle et c'est celle de Mabil- 
Ion, Ann, Bened.y LU, civ, éd. de 1739, t. IV, p. 180 ; c'est celle qui nous 
parait la plus vraisemblable, sinon absolument certaine. En effet, nous 
ferons remarquer d'abord que les fausses bulles de Serge IV étant écar- 
tées (voir la n. 1), il n'y a plus aucune raison dépenser, comme on l'avait 
fait quelquefois (par exemple, Pfister, /îoZ)er/ le Pieux, p. 320), à une erreur 
de la part de Raoul Glaber, quand il écrit que Pierre avait été envoyé par 
le pape Jean, — Ceci dit et la construction de Beaulieu ayant eu lieu dès 
que Foulque Nerra fut revenu de son premier pèlerinage (à ce sujet, Raoul 
Glaber, II, 4, les Gesla consulum Andeg., VHist. de Sainl-Florent de Sau- 
mur, etc., sont d'accord), on ne peut penser à identifier le pape dont parle 
Raoul Glaber qu'avec Jean XVIII, qui a siégé du 25 décembre 1003 au 
mois de juin 1009. Raoul Glaber disant que la consécration eut lieu au 
mois de mai ( t die quadam mensis maii » ), cette consécration ne peut 
se placer en 1008 : car en mai 1008 l'affaire de Ilugue de Beauvais battait 
son plein (Pfister, Robert le Pieux, p. 66-67); on ne peut, pour la même 
raison, retenir la date de 1009 : d'ailleurs cette date nous éloignerait déjà 
beaucoup de l'an 1004 ou de Tan 1005, époque à laquelle Foulque se mit à 
construire l'église de Beaulieu. De ce que nous avons dit, d'autre part, au 
sujet de Ilugue, archevêque de Tours, du pillage de ses terres par le 
comte d'Anjou et des délais nécessaires à la construction du monastère, 
ressort qu'on ne pourrait hésiter qu'entre mai 1006 et mai 1007 ;les diffi- 
cultés qui firent traîner quelque temps l'affaire nous semblent devoir 
faire écarter la date de mai 1006. 



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86 LE COMTÉ d' ANJOU 

mais, ajoute-t-il, le jour même un ouragan vengeur survint 
et sévit avec une telle violence, que la toiture de l'église 
s'écroula *. 

Au retour d'un second pèlerinage en Terre Sainte, Foulque 
entreprit, pour réaliser im vœu fait pendant son voyage, de con- 
struire à côté d'Angers même un autre monastère dédié à saint 
Nicolas 2. Et encore une fois, les difficultés ne lui furent pas 
épargnées au début. D'abord, tout alla bien: l'abbaye, convena- 
blement dotée ^, peuplée de moines de Marmoutier ^, consacrée 
solennellement en i 020 par l'évêque Hubert ^, semblait être 
assurée d'un brillant avenir, quand tout à coup l'abbé Baudri quitta 
son poste furtivement. Sur la demande de Foulque, l'abbé de 
Marmoutier Albert (1032 env. -1064®) envoya pour le remplacer un 
autre moine de son mopastère, nommé Renaud ^. Mais Geoffroi 

1. Raoul Glaber, loccit, — Nous ne disons pas avec MM. Pfister (/oc. cit,y 
p. 320), Sackur [Die Cluniacenser, t. II, p. 87-88) et beaucoup d'autres 
auteurs, que Foulque fit de son monastère un monastère exempt : ni le 
texte de Raoul Glaber, ni la charte de fondation ne disent rien de sem- 
blable ; seule la bulle attribuée à Jean XVIII en parle ; mais nous avons 
dit qu'elle était fausse. Le fait que ce fut un légat du Saint-Siège qui con- 
sacra l'église ne prouve rien, et Raoul Glaber ne Ta pas compris ainsi. 
Aussi ne précisons-nous pas. D'autre part, étant donné ce que nous avons 
dit des bulles de Jean XVIII et de Serge IV, il ne peutplus être question de 
deux consécrations de l'église. (Sur cette question, voir G. d'Espinay, dans le 
Congrès archéol. de Loches, 1869, p. 97-105.) 

2. Nous y reviendrons en traitant des pèlerinages de Foulque Nerra 
[Appendice II). Sur cette fondation, une légende sans grand intérêt se lit 
dans VHist. de Saint-Florent (Chron. des églises d'Anjou, p. 275) : 
«... dumque equumsuum adMeduanam aquam sub castello Sanctae Mariae 
ad aquatum mitteret, pavore valido equus cum sessorc percussus est. Tune 
cornes propter haec ait : O inimice, modo monachos illic mittam ; quod et 
fecit. » 

3. Catalogue d'actes, n® 30. 

4. Ibid., n<» 34. 

5. Ibid. : Foulque dit qu'il a fait consacrer son église « millesimo vige- 
simo anno ab incarna tione Domini a domno praesule Huberto nomine. » 

6. Gallia christ., t. XIV, col. 201-204. 

7. Catalogue d'actes, n^ 34 : « Postquam vero Baldricus abbas monaste- 
rium dereliquit heremumque furtim petiit ac postremum Majus Monas- 
terium repatriavit [et] apud Thabennensium monasterium vitam finivit, 



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RENAISSANCE INTÉRIEURE DU COMTÉ 87 

Martel, alors maître du Vendômois et soulevé contre son père, sut 
si bien faire miroiter aux yeux du nouvel élu la promesse de Tabba- 
tiat dans le monastère dont il avait commencé la construction à 
Vendôme ^ que Renaud, sans attendre même sa consécration 
à Saint-Nicolas et sans demander la moindre autorisation à Fabbé 
Albert, s'enfuit à Vendôme auprès du comte rebelle 2. Cette fois, 
Foulque Nerra s'emporta : il renvoya à Marmoutier tous les moines 
de Saint-Nicolas et en demanda d'autres à Tabbé de Saint- Aubin 
Gautier (élu en décembre 1036 ^). Celui-ci y consentit et sous la 
direction d'Audouin, jusqu'alors prieur de Saint-Aubin, l'abbaye 
de Saint-Nicolas d'Angers put enfin rentrer dans la tranquillité ^. 
Ces difficultés ne lassèrent pas l'ardeur de Foulque Nerra : dès 
le 14 juillet 1028 '^j on le voyait faire procédera la dédicace 
d'une abbaye de femmes que, lui et son épouse, la comtesse 
Hildegarde, avaient fondée près d'Angers sur les ruines véné- 
rées de la petite église Notre-Dame-de-la-Charité ^. GeoflFroi 

post hune domnus Albertus abbas Raginaldum monachum loco ejus resti- 
tuit. » Cf. les Miracles de Saint^Nicôlas de Joël (Catalog, cod. hagiogr, 
Bibl, Paris., t. III, p. 159) et VHist. de Saint-Florent, p. 275, des Chron, 
des églises d^ Anjou, 

i. Cf. ci-dessus, p. 66, et pour les débuts de la construction de la Tri- 
nité de Vendôme, voir CartuL de la Trin, de Vendôme, éd. Métais, n^» 8 
(1032-1040) et 15 (25 juin 1039). 

2. Catalogue d'actes, n^ 34 : « Qui (Raginaldus) ante benedictionem ad 
filium meum GaufTridum fugiit atquc regimén monasterii Vindocinensis 
onviter constructi absque licentia sui abbatis suscopit. » Cf. Pétigny, 
Uist. archéol, du Vendômois, 2« éd., p. 274, n. 1. 

3. CartuL de Saint-Aubin d'Angers, éd. Bertrand de Broussillon, n* 27. 
Le cartulaire du xii« siècle donne la date de 1038, mais Tindiction 4, qui 
ne convient qu*à 1036, date donnée par les Annales de Saint-Aubin 
[Recueil d'annales angev, et vendant., p. 4). 

4. Catalogue d'actes, n® 34 : « Postquam me vidi illusum a duobus abba- 
tibus, iratus valde jussi ut monachi alii ad monasterium suum cilo 
remeassent. Deinde rogavi domnum Walterium, abbatcm Sancti Albini, 
ut domnum Hildinum, priorem illius ecclesiae, concessisset. » Dans la 
région angevine le nom Hildinus ou Hilduinus est devenu de bonne heure 
Alduinus puis Auduinus : d'où noire traduction Audouin. 

5. Catalogue d'actes, n** 44. 

6. Voir la charte citée à la n. précédente et cf. G. d'Espinay, Revue de 



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88 LE COMTÉ d'aNJOU 

Martel, à son tour, non ^content d'avoir fondé à Vendôme le 
monastère de la Trinité*, s'occupait dès 1047 d'en établir à 
Angers une succursale, qui était achevée en 1056 ^, et fondait 
la célèbre collégiale de Saint-Laud d'Angers, à laquelle il don- 
nait pour église la chapelle même de son château ^. 



II 



Aussi, vers le milieu du xi* siècle, Tétat du clei^é angevin, et 
surtout du clergé régulier, s'était-il singulièrement, amélioré : 
grâce aux comtes, grâce aussi à leurs imitateurs, le comté 
d'Anjou commençait à être le pays béni du Seigneur. 

Sans parler des vieilles abbayes du sol tourangeau, sans par- 
ler de Saint-Florent de Saumur, qui, depuis la prise de Saumur, 
en 1026, réinstallée au Chardonnet *, était en train de devenir 
peu à peu une des plus brillantes abbayes de France, c'était par- 
tout un renouveau de vie et d'éclat : en Anjou proprement dit 
brillait au premier rang la vieille abbaye comtale de Saint- 
Aubin d'Angers, dont l'abbé, en vertu d'anciens privilèges cpn- 
firmés par Néfingue en 972, était après l'évêque même dans le 



r Anjou j nouv. série, t. XII, p. 49-62 et 143-155 (reproduit dans les Notices 
archéologiques du même auteur, t. I*"") ci CartuL du Roncerat/y éd. Mar- 
chegay, préface de M. Bertrand de Broussillon, p. v-vi. Une légende fut 
inventée pour expliquer la fondation de Tabbaye : voir C/iro/i. des églises 
d'Anjou, p. 279, n. 1. 

1. Catalogue d'actes, no 65. 

2. Ibid., no- 82. 120. 

3. Ibid., n° 155. 

4. Uist, de Saint-Florent, p. 279 des Chron, des églises d'Anjou. Sur le 
Chardonnet, Campus Spinosus, plus tard quartier de Saumur, voir Port, 
Diclionn., t. III, p. 360, et t. I", p. 626. — En 1030 déjà on pouvait trans- 
porter dans la nouvelle église du Chardonnet le corps de saint Florent 
{Hlst, de Saint-Florent, ibid.) et en 1041 on pouvait procédera la dédicace 
(ibid,, p. 292). 



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RENAISSANCE INTÉRIEURE DU COMTÉ 89 

diocèse le premier personnage de Tordre ecclésiastique et dont 
le prieur marchait immédiatement après le doyen du chapitre 
cathédral ; son église était le lieu obligatoire de consécration pour 
chaque évêque nouvellement promu ; enfin elle était soustraite 
aux interdits qui n'atteignaient pas le diocèse tout entier*. Depuis 
la fin du X* siècle, elle avait vu les donations affluer et avait 
commencé à établir des prieurés un peu de tous côtés : aux 
Alleuds 2^ auLion-d'Angers^, à Craon^, àChampigné-sur-Sarthe^, 

1. Tous ces privilèges sont énumérés aun» 20 du CartuL de Saint- Aubin ^ 
éd. Bertrand de Broussillon (28 février 972). Cf. ibid., n'> 558. 

2. Dès le temps de Tabbé Gautier (1036-1055) on trouve mention du 
prieur des Alleuds (Car/u/. de Saint-Aubin, n*» 205 : Ascelinus, decanus de 
Alodis). La donation de l'église des Alleuds aux moines de Saint-Aubin 
semble avoir été faite en 974 par la comtesse Adèle {Cartul.de Saint-Aubin, 
n® 3, analyse placée en tête par le rédacteur du cartulaire) ; cependant dans 
le corps de la pièce consacrée aux donations de cette comtesse, Téglise 
des Alleuds n'est pas mentionnée : or on possède cette pièce en original 
aux Archives de Maine-et-Loire, H 100, n<»73. D'autre part, dès la fin du 
xi«8. (avant la composition du cartulaire, par conséquent), on rapportait bien 
à la comtesse Adèle la donation de Téglise en question (Cartul, de Saint- 
Aubin, n'> 203 : ann. 1082-1101) et l'auteur des Annale^ de Saint-Aubin 
{Recueil d'annales angevines, p. 1) partageait cette manière de voir. 

3. C'est en 1006-1028 que le trésorier de Saint-Maurice d'Angers Gui 
fit don aux moines de Saint-Aubin de l'église du Lion pour y fonder un 
prieuré, a ut eam monastice religioni pro arbitrio et posse suo interiori 
et exteriori cultu coaptarent » {CartuL de Saint- Aubin, n« 160). Gui dota 
richement le prieuré et nous y voyons les moines installés très peu après 
{Cartul. de Saint-Aubin, n^ 162). Nous n'avons cependant pas relevé de 
prieur avant Garnier, mentionné en cette qualité dans une charte des 
années 1082-1106 {Cartul., n» 172). 

4. Les moines installèrent dès le début un prieuré à Craon : voir Car^ 
tul. de Saint-Aubin, n° 721, et cf. Cartul. de la Trinité de Vendôme, éd. 
Métais, n°* 96, 97 ; or la donation de l'église Saint-Clément de Craon eut lieu 
au temps de l'abbé Hubert (1000-1027) : voir le même no.72i du Cartul. de 
Saint-Aubin et cf. Bertrand de Broussillon, La mainon de Craon, i, I, p. 18.' 

5. On trouve mention d'un prieuré constitué à Champigné dès le temps 
de l'abbé Gautier (1036-1055). Voir Cartul. de Saint-Aubin, n» 104 : 
« Donavit abbas Walterius et monachi Sancti Albini Hucberto dimidiam 
curtem Campigniaci, excepta mansione et curte et ortis quos ibi babent in 
dominico, per talem conventum ut de toto bosco ipsius curtis monachus 
qui ibi in ohoedientia en/faciat ibi bosoniam suam, etc. » 



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LE COMTÉ d'aNJOU 

ux « , à Méron 2, à Trêves 3 , à Saille *, à Saint- 

•la-Varenne ^, à Brion « et peut-être aussi à la Pèle- 

à Château-Gontier ^ ; plusieurs églises dépendaient 

int-Aubin possédait le domaine depuis 970-977, par donation du roi 
e (CartuL de Saint-Aubin^ n» 937. Cf. no» 938,940) ; la constitution 
Lire date de Foulque Nerra : «... Iterum monachi resumpseninl 
ctam terram, annuente comité Fulcone et Gaufridb, filio ipsius, et' 
ommendaverunt obedientiam Magnardo monacho, ut edificaret eam 
iliter » {CartuL de Saint- Aubin, ïï° 940). 

i ne trouve pas mention formelle d'un prieuré avant le temps de 
jautier (1036-1055), mais les termes dans lesquels il est alors men- 
supposent une existence plus ancienne. Voir Cartul. Saint-Aubin, 

«... pro hoc dederunt monachi qui tune apud Maironem mo raban- 
elinusscilicet et Gurhannus, etc. «Cf. n^ 231 (1055-1093) : «Tempore 
cradus monachus preerat Mairono.etc. » Cf. aussi n° 213, etc. L'his- 
i domaine de Méron est clairement résumée dans Port, Dictionnaire, 

Méron. 
I domaine appartenait anciennement à Saint-Aubin (voir Port, Dic- 
t. III, p. 629) ; mais la première mention du prieuré n*est pas anté- 

1056-1060 {CartuL de Saint-Aubin, n" 218 et 219). Les termes du 
lu CartuL supposent cependant un prieuré depuis quelque temps 
lé. 

i n° 906 du CartuL de Saint- Aubin (ann. 971) semble ressortir 
>rieuré existait à Saille déjà avant Foulque Nerra. 
! domaine, donné indivis à Saint-Aubin et Saint-Lézin d*Angers 
ilque le Roux en 929-930 (CaWr//. de Saint-Aubin,!!"" 177), avait été 

en 1014 {ibid., n»» 178 et 197). Dès 1060 env. au plus tard, le prieuré 
t comme constitué : voir le n° 189 du CartuL de Saint-Aubin^ où il 
stion de Robert Cadefaldus, « Varcnne obedientiarius ». 
i fondation du prieuré de Brion est des années 1039-1055 {Cartul, de 
ubin, n° 376). 

1 ne trouve pas mention d'un prieuré de la Pèlerine avant le troi- 
iers du xi« siècle {CartuL de Saint-Aubin , n° 374), mais la possession 
ise et du domaine par Saint-Aubin remonte à la fin du x« siècle (Car- 
^aint-Aubin, n^ 3 : 974, donation de la comtesse Adèle) et il semble 
l'un prieuré s'y soit de bonne heure constitué. 

1 première mention du prieuré est contemporaine de celle du prieuré 
èlerine (CartuL Saint-Aubin, n° 678, ann. 1082-1106), mais la dona- 
Téglise et du domaine avait été faite à Saint-Aubin dès la fin du 
e libid,, n°* 1 et 677). 



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RENAISSANCE INTÉRIEURE DU COMTÉ 91 

d'elle * ; enfin, en . même temps que croissaient ses richesses, 
le nombre des moines qui venaient lui demander asile n'avait 
cessé d'augmenter 2. 

L'abbaye de Saint-Serge d'Angers, quoique en moins belle 
posture, commençait cependant, elle aussi, à sortir de la misère 
et de Tabandon où elle avait été si longtemps plongée. L'évêque 
Renaud en avait relevé les bâtiments, y avait appelé des moines 3, 
leur avait donné un abbé particulier ^, enfin s'était employé à 



i. Notamment celles de Chartrené et des Ponts-de-Cé et la chapelle 
Saint-Hilaire du Mont {Cartul. de Saint-Aubin, n''^ 3, 430,241). On ne 
constate l'existence d'un prieuré à Chartrené qu'en 1077 {ibid.yU^ 242). 

2. Le nombre des moines est de cinquante-sept, plus l'abbé, en 4036 
[Cariai, de Saint-Aubin, n" 27), de quatre-vingt-six en 4060 (ibid., n<* 30) 
et il sera de cent cinq en 4082 {ibid., n^ 34). 

3. Robert le Pieux, confirmant les donations faites à cette occasion, s'ex- 
prime ainsi : « Est autem Andegavis abbatia distans a civitate milliario 
semis versus orientem in honore sanctorum Sergii et Bacchi dedicata, in 
qua misit monachos Rainaldus, praefatae civitatis episcopus... » (Hist, de 
Fr., t. X, p. 583). Plus tard (en 4044-4047), l'évêque Hubert s'exprime 
ainsi : « Hune sancti loci et per venerabilem antiquitatem reverendi casum 
magnifiée excellentiae vir, predecessor noster beatae memoriae Rainaldus 
presul, non ferens, instaurare incaepit et monachorum ibi quantulam cater- 
?am sub abbate degentium ordinavit » (Bibl. d'Angers, ms. 837, ancien 
754, n° 4, orig.). 

4. On a nié l'existence d'abbés particuliers à Saint-Serge avant la 
nomination de Bougrin, sans doute influencé par ce fait que la liste des 
abbés du monastère insérée au xiii<^ siècle dans le manuscrit des Annales 
de Saint-Serge (Recueil d'annales angev, et vendant, , p. 409) ne donne pas le 
nom de ses prédécesseurs ; mais il faut remarquer que l'auteur de cette liste, 
d ailleurs assez peu exacte, n'a pas la prétention de remonter plus haut que 
Tépiscopat de Hubert de Vendôme. En outre, quels ont été, suivant les éru- 
dils auxquels nous faisons allusion, les premiers abbés de Saint-Serge au 
XI® siècle ? — Ils n'ont pas nié, et pour cause, qu'il y en ait eu ; mais ils ont 
prétendu que les deux prédécesseurs de Bougrin avaient été communs à Saint- 
Aubin et à Saint-Serge. C'est là l'opinion qu'on trouvera exprimée dans la très 
médiocre Historia regalis abbatiae SS. Sergii et Bacchi prope Andegapum 
d'Alex. Fournereau (^ecj/e c/e« Soc. savantes, 5* série, t. II, 4870, 2* semestre, 
p.373 et suiv.), admise sous réserves par Hauréau [Gallia christ., t. XIV, col. 
643)etsans aucune réserve par Cél. Port (Dictionn., 1. 1, p. 67). Cette opinion 
non seulement ne s'appuie sur rien, mais est formellement contredite 
parles textes. Le premier abbé de Saint-Serge après la restauration s'est 



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92 LE COMTÉ d'aNJOU 

leur recréer des domaines *. Son successeur, Hubert, en y nom- 
mant comme abbé le célèbre Bougrin [Vulgrinus) et en lui 
donnant la « celle » de Saint-Maurille de . Chalonnes, relevée 
elle aussi de ses ruines, en avait définitivement assuré la pros- 
périté 2. 
Saint-Maur de Glanfeuil suivait, le mouvement ^ ; Marmoutier 



bien appelé Renaud, tout comme l'abbé de Saint-Aubin en fonctions de 988 
à 996 environ ; maïs dans la charte où apparaît Renaud, abbé de Saint- 
Serge, il est simplement qualifié « venerabilis abbas Rainaldus ex caeno- 
bio sanctorum Christi martyrum Sergii et Rachi » (charte du /**" Car- 
lui. de Saint-Serge, n» 46, copiée dans le ms. de la Ribl. nat. lat. 5446, 
p. 239, et Coll. dom Housseau, vol. II*, n« 347). De plus, si la date de Tan 
4000 généralement adoptée pour la restauration de Saint-Serge d'après 
une note publiée p. 434 des Chron.de^ églises d'Anjou (nous n'avons pu 
en retrouver la source) était exacte, ce qui est possible sans être certain, 
il s'ensuivrait que Tabbatiat de Renaud de Saint-Serge aurait commencé 
quand Renaud, abbé de Saint-Aubin, avait disparu. Pour Hubert, succes- 
seur de Renaud à Saint-Serge, il y a impossibilité plus absolue encore à 
toute identification avec Hubert ou Humbert, abbé de Saint-Aubin : ce 
dernier a été abbé de Saint-Aubin de 4000, ou plutôt 999, à 4027 (voir 
CarluL de Saint-Aubin, n'»» 25 et 26), tandis que l'abbé de Saint-Serge 
Hubert était encore en fonctions en 4040 (charte de Saint-Serge aux Arch. 
de Maine-et-Loire, H 857, n» 4, orig. des ann. 4040-4045; autre charte 
copiée d'après le 4*=' Cartul. de Saint-Serge, n" 28, dans le ms. de la 
Ribl. nat. lat. 5446, p. 245. et dans la Coll. dom Housseau, vol. Il*, n» 424); 
enfin, de même que Renaud, Hubert, abbé de Saint-Sei'ge, est qualifié 
« abbé du monastère de Saint-Serge », sans plus. Inversement, dans les 
chartes de Saint -Aubin relatives aux abbés Renaud et Humbert, il n'est pas 
question pour eux d'autres fonctions que l'abbatiat de Saint-Aubin. 

4. Voir le diplôme de Robert le Pieux publ. dans les Hist, de Fr., t. X, 
p. 583, et la charte de l'évêque Renaud copiée d'après le 4«' Cartul, de 
Saint-Serge, n® 16, dans Ribl. nat., ms. lat. 5446, p. 239, et Coll. dom 
Housseau, vol. IP, n° 347. 

2. La charte par laquelle l'évêque Hubert nomme Rougrin, moine de 
Marmoutier, abbé de Saint-Serge et donne, en outre, à cette abbaye le 
monastère de Chalonnes est conservée en original à la Ribl. d'Angers, 
ms. 837, ancien 754, n*» 4 ; Mabillon l'a éditée partiellement dans ses 
Ann. ord. S. Bened,, IV^ iv, n» 73, en la datant à tort de 4036 : elle est des 
années 4044-4047, car elle porte le quantième du 4" mars, est postérieure 
à l'avènement de GeoflTroi Martel (21 juin 1040) et antérieure à la mort de 
l'évêque Hubert (4047). 

3. La plupart des chartes du CarluL de Saint-Maur, éd. par Marchegay, 



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RENAISSANCE INTÉRIEURE DU COMTÉ 93 

commençait à essaimer sur le sol angevin ^ ; les monastères 
nouvellement fondés, et surtout Saint-Nicolas d*Angers et Notre- 
Dame-de-la-Charité (plus tard appelée le Ronceray) ^, voyaient 
les donations affluer ; bref, la vie religieuse, qui semblait au 
x« siècle prête à s'éteindre, avait repris de toutes parts avec plus 
de force que jamais. 



III 



Ce n'était pas seulement la vie religieuse qui avait repris ; 
c'était aussi la prospérité générale. On verra, en effet 3, qu'à 
cette même époque les comtes^ pour appuyer leur politique de 
conquêtes, furent amenés à construire sur le sol angevin une 
grande quantité de nouveaux châteaux forts et que leurs vassaux 
imitèrent cet exemple : ce fut pour les paysans comme autant 
de points de ralliement ; exposés en rase campagne aux pil- 
lages et aux attaques, ils accoururent en masse autour de ces 
châteaux protecteurs : des bourgs ainsi naquirent, qui peu à peu 
devinrent des villes *. 

Plus encore la renaissance des établissements religieux devait 
hâter ce mouvement : à côté de chacun d'eux, à côté des monas- 



Archivett iT Anjou, t. !«'', sont fausses (voir celles que nous citons au 
Catalogue exactes) ; mais elles tiennent sans doute lieu de pièces perdues 
et le fond peut en être exact, à le prendre en gros. 

1. Les prieurés de Chemillé et de Saint-Quenlin-en-Mauges furent fondés 
vers 1040 ; ceux de Chalonnes et de Daumeray entre 1040 et 1047 ; ceux de 
Champ tocèaux, de Montjean, de Carbay, vers 1050 : voir Marchegay, 
Archives dTAnjoUy t. II, préface. 

2. Voir notamment au Catalogue d'actes les nombreuses chartes de 
donations des comtes d'Anjou à ces deux monastères. 

3. Deuxième partie, chap. II. 

4. C'est le cas de Baugé (Port, Dictionnaire, t. I, p. 227), de Chàteau- 
Gontier (Angot, Dictionn. de la Mayenne, t. I, p. 576, et Cartul, de 
Saint-Aubin, n» 1).. 



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94 LE COMTÉ d'aNJOL* 

tères surtout, un bourg ne manquait jamais de se former. Ceux 
des anciennes abbayes renaquirent en même temps qu'elles ; 
autour des nouvelles, il en surgit de nouveaux. Ainsi, c'est, nous 
l'avons vu, sur im simple petit domaine, une « villa » située 
près de Loches ^ que Foulque Nerra fonde une abbaye en 1007 : 
aussitôt un bourg se forme, le bourg grandit, et bientôt c'est une 
ville -, L'exode des moines de Saint-Florent, en 1026, et leur 
établissement au Chardonnet, près de Saint-Hilaire, suscite 
immédiatement aussi la création d'un boui^, que nous trouvons 
tout constitué déjà avant 1040 ^. Saumur, qui, à la fin du 
X® siècle, était encore enfermée dans ime étroite encôinte *, se 
développe et se reforme autour de Notre-Dame de Nantilly ^. 
Et enfin si l'on veut saisir ou plutôt deviner l'étendue de ce 
renouveau, qu'on prenne le cas d'Angers. 

La ville proprement dite n'occupait encore qu'un espace res- 
treint^ ; elle était divisée endeux parties, la cité et le bourg'^. La cité , 

4. Voir lacharle authentique de fondation, Pièce j'uslif. n® 5 : « ... belluin 
in ipsa villa sit »; dans la charte fausse il est à tort question de bourg^ 
dès 1007. 

2. Voir Archambault, Hist. de Beaulieu, dans la Revue de V Anjou , 
nouv. série, t. XI et XII (1874). 

3. Il en est question dans une charte de 1026-1039 {Catalogue d'actes^ 
no 56). 

4. Voir G. d'Espinay, A^o^ices archéologiques;^^ série: Saumur, 1876, 
in-8° (et dans la Rev, de V Anjou, t. XIV, 1875) et Port, Diclionn.^ 
t. III, p. 486. 

5. Port, ibid., p. 490. 

6. Pour toute la description qui suit, voir Péan de la Tuillerie, 
Description de la ville d'Angers, éd. Cél. Port (Angers, 1869, in-12), avec 
les notes ; Thorode, Notice de la ville d'Angers, éd. E. L[ongin] (Angers, 
1897, in-8o), avec les notes ; G. d'Espinay, Notices archéologiques : Angers ^ 
ddins Isk Revue de r Anjou, nouv. série, t. VII-XIII, 1872-1875, et en vol., 
Angers, 1875, in-8*' ; Port, Dictionnaire, v® Angers ; voir enfin Farcy et 
Pinier, Le palais épiscopal d'Angers dans Revue de V Anjou, t. XXX, 1895. — 
Nous suivrons ces auteurs, n'indiquant nos références que là où nous nous 
éloignons d'eux. 

7. Cette distinction n'est pas faite par les archéologues modernes. Elle 
est cependant très nettement indiquée dans les textes : il y est question 
comme de deux parties distinctes de la civitas et du burgus Andegavensis, 



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RENAISSANCE INTÉRIEURE DU COMTÉ 95 

garnissant le sommet de la colline et dominant la Maine presque 
à pic, était resserrée dans d'épaisses murailles datant de Tépoque 
barbare * et percées de quatre portes : la porte An ffevine^ au nord, 
la porte Hugon^ à lest, la porte Chanzé, au sud, la porte de Pied^ 
Boulet^ à l'ouest. Le bourg, qui, en contre-bas de cette étroite 
enceinte, arrêté à l'ouest par la Maine, s'était étendu le long de 
la route du Mans, avait à son tour été, avant la fin du x^ siècle ^^ 
enfermé dans une enceinte, où deux portes avaient été seule- 
ment pratiquées pour laisser passage aux routes qui débou- 
phaient de la cité : la porte Boulet, en face de celle de Pied-Bou- 
let, sur la route du Lion-d'Angers, et la porte Girard, en face de 
la porte Angevine, sur la route du Mans 3. — Dans cette double 
enceinte la ville étouffait : le bourg n'était guère qu'un long mais 
étroit couloir et la cité suffisait à peine à contenir les édifices 
multiples qui s"*}^ étaient autrefois bâtis, tels que le château des 
comtes, avec la petite chapelle Sainte-Geneviève ^, qui, à côté de la 
porte Chanzé, dominait la Maine au sud, le palais épiscopal, à 
côté de la porte Angevine, l'église cathédrale Saint-Maurice et 
la petite église Saint- Aignan ^. 

Aussi, bien avant Foulque Nerra, Angers avait débordé en 
dehors de ses murailles : partout aux alentours s'étaient cons- 
truites des églises comme Saint-Pierre, Saint-Martin, Saint- 

Voir, par exemple, les n^» 36 (924) et 76 (1060-1081) du Cartul. de Saint- 
Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, et aussi le n° 47 (1080 env.) du 
Cartul, du Ronceray, éd. Marchegay, où il est dit expressément qu'on 
sort de la civitas pour se rendre à la porte Boulet, D'ailleurs, encore au 
XVII 1* siècle, Péan de la Tujllerie (/oc. ct7.) distingue nettement la « cité » 
de la «'ville >». 

1. Du V" siècle, suivant M. d'Espinay. Cf. Farcy et Pinier, toc, cit,^ 
p. 127. . ' 

2. Cette enceinte daterait même du ix« siècle, suivant M. d'Espinay. 

3. Miss Kate Norgate a donné d'Angers à cette époque un plan d'une 
grande inexactitude au t. I, p. 164-165, de son England under the angevin 
kings. 

4. Voir la charte n° 25 du CartuL de Saini-Laud, éd. Planchenault. 

5. L'église Saint-Aignan était au cœur de la cité : voir Annales de 
Saint-Serge, ann. 1132 [Recueil d'ann. angevines et vendôm., p. 95). 



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96 LE COMTÉ d'aNJOU 

Michel du Tertre, Saint-Michel-la-Palud, à Test, Saint-Evroult, 
au sud, Saint-Samson, au nord, ou bien des monastères comme 
Saint-Aubin, Saint-Lézin, Saint-Serge. Mais les bourgs, qui cor- 
respondaient à ces églises et à ces monastères, avaient été ruinés 
évidemment en même temps que ces établissements mêmes ; en 
présence de la menace perpétuelle des pillards normands ou 
bretons, il avait fallu fuir cette banlieue et chercher ailleurs un 
refuge. Tous ces bourgs ruinés ou disparus se reconstituèrent ; 
de l'autre côté de la Maine, autour des deux nouvelles abbayes de 
Notre-Dame-de-la-Charité et de Saint-Nicolas, il en naquit de nou- 
veaux ^ ; un pont de pierre fut bâti pour les relier à la cité ^ et 
quand l'un d eux brûla quelques années plus tard (1088), il 
avait pris une assez grande extension pour que les annalistes 
angevins pussent en noter Tincendie comme un événement 
important^. De même, sur la rive gauche de la Maine, les maisons 
s'entassèrent si rapidement le long de la route des Ponts-de-Gé, 
qu'en 1032, lorsque le feu prit à l'église Saint-Maurice, il put se 
propager jusqu'au monastère de Saint- Aubin et le détruire pres- 
que en entier ^. 

i , Voir notamment CartuL du Roncerat/y éd. Marchegay, n*» 42 à 63. 
Au n° 5 on voit que le bourg de Notre-Dame-de-ia-Charité (qui n^existait 
pas encore en 1028, car il n*en est pas question au n* 4), existait dès 1040. 

2. Port, Dictionn,^ t. I, p. 105, a justement fait remarquer que sur 
remplacement de ce Grand Pont un pont avait certainement existé a 
l'époque romaine ; mais le pont romain ou bien avait été détruit, ou bien 
était un simple petit pont de bois. La première hypothèse est la plus 
vraisemblable, car dans une charte du Ronceray où il est question du pont 
de pierre que, vers 1028, Foulque Nerra et Hildegarde firent construire en 
cet endroit, on s'exprime ainsi : u Po/i« Meduane, quod lapideo opère 
multisque sumplibus inter ipsum monasterium etcivitatera construxerunt» 
(CartuL du Ronceray, éd. Marchegay, n° 63) : de ces expressions il semble 
ressortir que, sans ce pont de pierre, la nouvelle abbaye n'eût pas été 
reliée à la ville. Sur cette construction, voir encore ibid., n" 4 : Hildegarde 
et Foulque donnent aux nonnes des pêcheries « de toto ponte Meduane, 
quod videlicet lapideo opère construximus ». 

3. Annales dites de Renaud et Ann, de Saint-Aubin, p. 6 et 89 du 
Recueil d'annales angev, et vendôm, 

4. Ann. de Saini-Aubin, de Vendôme, de Renaud, et Obit, de Saint-Serge, 



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RENAISSANCE INTÉRIEURE DU COMTÉ 97 

ibid,y p. 3, 46, 61, 86, 107 ; Chron, de Saint-Maixent, p. 391 des Chron. des 
églises d'Anjou, — Remarquons en terminant ce chapitre que si les vilains 
ont bénéficié de ce mouvement général de renaissance, ce n'a ét^ 
qu'indirectement ; on ne voit pas qu'à cette époque on ait, pour les attirer 
dans les bourgs nouvellement créés, exonéré des plus lourdes charges 
ceux d'entre eux qui viendraient y habiter. A l'appui de cette idée, 
M. Flach, Origines de Vancienne France^ t. II, p. 168-169, n'a pu citer que 
la fausse charte de fondation de Beaulieu (voir Appendice IV) et à la p. 165, 
n: 1, il a interprété à tort la charte n*» 269 du CartuL du Ronceray, éd. 
Marchegay, comme une concession faite en faveur des vilains, alors qu'elle 
est faite en faveur du monastère. Nous ne parlons même pas de M. de Salies 
qui, dans un élan de lyrisme imprévu, déclare reconnaître en Foulque Nerra 
un souille civilisateur puissant [Hist. de Foulques Nerra, Introd.). 



Halphen. — Le comlè d'Anjou. 



l 



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CHAPITRE IV 
L'ORGANISATION ADMINISTRATIVE DU COMTÉ 

• 

En même temps que Tétat angevin renaît, que les campagnes 
se repeuplent, que les villes se reforment, la nécessité s'impose 
au comte d'administrer ou tout au moins d'exploiter ses domaines. 
Aussi voit-on les quelques restes surannés de l'administration 
carolingienne disparaître ou s'adapter aux nouveaux besoins 
et une organisation administrative très rudimentaire, mais plus 
pratique, poindre lentement. 



I 

On sait que le comte carolingien était assisté d'un vicomte, 
dont le rôle était de le remplacer en cas de besoin et de l'aider à 
administrer son comté. On retrouve tout naturellement un 
vicomte aux côtés des comtes d'Anjou du x® siècle ^ Le père de 
l'évêque d'Angers Renaud, appelé lui-même Renaud et surnommé 
le Thuringien [Thuringus ou Torench)^ qui avait rempli cet 

1. En 976, GeofTroi Grisegonelle exempte un domaine de Thébergement 
(( de son vicomte et de ses voyers » (cela ne paraît pas être une ancienne 
formule) : « Nam nobilis comes Gaufridus...concessit auctoritate sua 
perpetualiter permanere ut nullam dominationem hospitalitatis ab ullo 
homine habeatur ibi nec vicecomitis nec cujuslibct vicarii » (CartuL 
Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, u^ 34). Dans une rédaction des 
Miracles de saint Martin de Vertou qui date de la fin du x« ou du début 
du XI* siècle, on trouve cette allusion à un vicomte d'Angers Renaud, qui 
semble être celui dont nous allons parler: « Vidimus etiam nostris dîebus 
quosdam Roma redeuntium ex eodem génère, juxta incolarum testimonium, 
pelles émisse et domum nibilominus pro indicio detulisse. Cujus rei testis 
est venerabilis Rainaldus Andegavorum vicecomes, qui baec et alia plurima 
de Martino stupenda narrât miracula » {Mon, Gerni,, Script, rerunimerov,^ 
t. III, p. 568). 



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l'organisation administrative du comté 99 

ofRce sous GeofFroi Grisegonelle, Toccupa encore quelque 
temps sous Foulque Nerra K C'était un grand seigneur, 
plein d'indépendance, qui avait su se tailler dans les Mauges, 

i. Carlulaire de Saint-Aubin^ éd. Bertrand de Broussillon, n® 281 
(ann. 960-964), no 18 (a/i/i. 966), n^ 21 (ann. 970), n^ 3 (ann. 974), n» 34 
(ann, 976), n» 211 (ann, 976), n» 821 [ann. 976) et jcf. la note précédente. 
Dans toutes ces chartes, « le vicomte Renaud » souncrit après le comte et à 
une place d'honneur (voir spécialement le fac-similé du n^ 821, joint au 
t. III du CartuL de Saint-Aubin), Au n° 3, le vicomte Renaud est dit père 
de révêque d'Angers Renaud (voir le fac-similé de l'original au t. III du 
Cartul.) Or, comme nous le verrons plus loin (chap. V, p. 113), le père de. 
révêque Renaud était Renaud le Thuringien. — Renaud le Thuringien resta 
certainement en fonction du temps de Foulque Nerra, car il vivait encore 
vers 990 {Pièce justificative n<* 1). — De tous les textes que nous avons 
cités, aucun cependant ne donne à Renaud le titre de « vicecomes 
Andegavensis » (sauf les Miracles de saint Martin de Vertou, d'une date 
trop incertaine pour faire foi). D'autre part, une glose du Livre noù' de 
Saint-Florent de Saumur (fin du xi® s.), que l'on trouvera publiée plus loin, 
Pièce justificative n^ 2, dit Renaud le Thuringien u pater Fulcodii 
vicecomitis de Roca Forti ». Nous trouvons, nous Talions voir, un Foucois, 
« vicomte » (fils, à ce qu'il semble, de Renaud le Thuringien) dans les 
chartes des premières années du xi« siècle : ce Foucois et, par suite, Renaud 
le Thuringien lui-même, n'auraient-ils pas été simplement des vicomtes de 
Rocheforl-sur^oire ? On remarquera en effet que, suivant une charte 
transcrite par A. Du Chesne (Bibl. nat., Coll. Baluze, vol. 39, fol. 62 r<»), un 
Renaud, qui ne peut être que Renaud le Thuringien (car il est mari de 
Richilde tout comme ce dernier : voir le diplôme de Robert le Pieux, dans 
les Hist. de Fr., t. X, p. 583, confirmation de donations faites par l'évêque 
Renaud pour le repos de l'âme de sa mère Richilde), a reçu en 969, 
moyennant un cens annuel, le domaine et l'église de Caslellarium, « cum 
antique castello et quantumcumque ad ipsam ecclesiam vel ad ipsum 
castrum aspicit » et que ce Castellarium, d'après le titre que portait la 
charte dans le recueil conservé à Saint-Maurice d'Angers où la copiait 
Du Chesne, ne serait autre que Rochefort-sur-Loire ( « Exemplar manusfîr- 
mae de alodio ubi situm est castellum Rupisfortis »). Bien que Port, qui a 
connu l'acte par ailleurs, ait contesté le bien fondé de cette identification 
et ai vu dans Castellarium les Châteliers, sur la Loire, dans la commune 
des Murs {Dictionn.y t. I, p. 643), l'hésitation serait possible s'il n'y avait 
pas pour rejeter l'identification cette double raison : 1° Renaud paraît comme 
viconote avant 969, date de la concession de Rochefort ; 2<> jamais, au 
xi« siècle, les seigneurs de Rochefort n'ont pris le titre de « vicomtes de Roche- 
fort ». La glose de Saint-Florent doit donc fee comprendre ainsi : Renaud de 
Rochefort^sur-Loire, père du vicomte Foucois, ou Renaud, père du vicomte 
Foucois, [seigneur] de Rochefort. 



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100 LE COMTÉ d'aNJOU 

aux dépens du comte de Nantes, un fief importante A sa 
mort, Foucois, qui paraît avoir été son fils, le remplaça pendant 
quelques années ^. Mais Foucois est le dernier vicomte que nous 
rencontrions : TofBce avec lui disparaît. 

C'est son inutilité même qui fut, sans doute, cause de sa dis- 
parition : le comte n'avait plus que faire d'un vicomte ; quelques 
hommes de confiance lui suffisaient amplement. Un chef d'état 
qui a le temps, comme le fait Foulque Nerra vers 1010, de 
s'occuper personnellement d'un procès où il n'est question que 
de quelques malheureux serfs revendiqués par l'abbaye de 
Saint-Florent de Saumur^, n'a guère besoin de s'offrir le luxe 
d'une « administration centrale » compliquée. Il est donc probable 
que les rudiments de ce que nous serions tentés d'appeler de ce 

4. Voir la C/iro/i. de Nantes, éd. Merlet, ch. XLII. Sur son ascendant, 
voir Pièce justificative n** i. 

2. On trouve le vicomte Foucois dès 993 : « f Fulconis comitis. Signum 
Rainaldi episcopi. S. Fulcoius vicecomes » (Catalogue (Pactes, n° 8) ; on le 
retrouve en Tan 4000: « Signum Fulconis comitis. Signum Fulcoii vicecomi- 
tis » (Catalogue d'actes, n° 17) ; en 1003, il souscrit une charte pour 
Saint-Aubin d'Angers: « S. Fulconis f comitis. S. Rainaldi presulis -J-. 
S. Fulcodii vicecomitis » (Cartul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Brous- 
sillon, n<> 130) ; en 4005, il accompagne l'évêque Renaud partant pour 
la Terrre Sainte : « Ad sepulchrum Domini Jerosolimam, comitante Ful- 
coio vicecomite (Rainaldus episcopus) tendebat... » (Coll. dom Housseau, 
vol. II*, n° 349, d'après le Livre noir de Saint-Maurice d'Angers, fol. 20 
vo, n® 28. Cf. ci-dessous, Appendice II) ; enfin, en 1014-4027, il sous- 
crit une charte de Foulque Nerra pour Saint-Aubin d'Angers : « S. Ful- 
conis comitis. S. Suhardi militis. S. Fulchoii vicecomitis... » (Cartul. de 
Saint-Aubin, n» 4). — Quant à la preuve que Foucois était fils de Renaud, 
elle est donnée par la glose du Livre noir de Saint-Florent citée à la note 
précédente ; le fait que Foucois accompagna Té vêque Renaud en 4005 donne 
à cette glose beaucoup de vraisemblance ; enfin l'hérédité de Toffice est 
assez naturelle. — L'évêque Renaud, dans un diplôme de Robert le Pieux 
datant de Tan 4000 environ (//i»/. de Fr., t.X, p. 583), estdit restaurer l'ab- 
baye de Saint-Serge « pro anima sua et patris sui equivoci et matris 
suae Richildis et fratris sui Hugonis et Gaufredi comitis et Fulconis filii sui 
et pro animabus suorum succossorum episcoporum » : on peut s'éton- 
ner qu'il ne nomme pas le vicomte Foucois, si celui-ci était son frère ; 
mais nous croyons que l'objection n'est qu'apparente : de ses proches, 
l'évêque ne nomme que les défunts. 
3. Pièce justificative n® 6. 



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l'organisation administrative du comté 101 

nom se confondaient alors avec les serviies de la domesticité : 
au reste, une charte-notice nous apprend par hasard qu'un serf 
nommé Dodon est devenu bouteiller de Foulque Nerra * ; le fait 
y est noté en passant, comme une chose qui n'a rien d'excep- 
tionnel, et aucun document ne nous autorise à penser qu'il y ait 
eu, en dehors de cet humble serviteur, quelque autre personnage 
préposé à l'ofiBce de bouteiller. De même, si l'on remarque que 
ce n'est pas un, mais plusieurs chambriers à la fois qu'on 
voit aux côtés du comte 2, si l'on remarque, en outre, qu'il n'est 
jamais fait la moindre distinction entre eux ^ et qu'ils sont, 
avec les prévôts et les cellériers, simples servientes pourtant *, les 
personnages qui constituent son entourage habituel, n*en devra- 
t-on pas conclure que ce sont là encore de simples servi- 
teurs? ^ 

i. Pièce justificative n<* 6 : « Tandem tamen... consensit abbas... ut par- 
tireatur filii Landrici predicti servi [et Letheardis ancille comitis]. Accepit 
ergo Fulco cornes in suam partem istos : Odonem Brunellum et Dodonem^ 
huitellarium postea suum, Witbergam quoque uxorem Hubaldi vena- 
toris, etc. » 

2. Nous ne connaissons pas de chambrier de Foulque Nerra, mais une 
charte du CartuL de Saint-Aubin^ éd. Bertrand de Broussillon, n® 72 , nous 
donae le nom d'une chambrière de sa femme : « Hildegardis comitissa 
quondam accepit quinque arpennos vinearum de Sancto Albino... De ipsis 
autem vineis habuit 0</a, sua cameraria, très arpennos... » On peut donc 
supposer que Foulque Nerra a eu, lui aussi, des chambriers. Geoffroi Martel, 
en tout cas, en a eu au moins deux, nommés Garnier et Renaud. On les 
trouve cités, par exemple, dans la plus ancienne charte de Saint-Laud 
d'Angers (Catalogue d'actes, n» 155): « Ego GofTridus comes firmitatem 
factl hujus sancte crucis impressione roboravi» audientibus istis : Roberto 
Burgundione, Altardo, Huberto Ragoto, Israël, Raginaldo [et] Garneriocame- 
rariiSy Garino et Girardo cellarariis, etc. » (Cartul, de Saint-Laud, éd. Plan- 
chenault, n<*25). On trouve aussi Garnier cité en 1060(Marchegay, Archives 
îT Anjou, t. II, p. 51). Enfin Garnier et Renaud paraissent dans une 
charte des années 1060-1067 du Cartul. du Ronceray, éd. Marchegay, 
n* 8 : « Testes isti affuerunt présentes 1*. Girorius, dominions vassus... 
Garnerius camerarius.,, Raginaldus camerarius,.. » 

3. Voir n. précédente. 

4. Ainsi, en 1076, le cellérier du comte Foulque le Réchin, Guérin, sera 
cité parmi les servientes avec un forestier [Catalogue d'actes, n® 231) ; cela 
n'empêche pas le même Guérin de faire partie d'un tribunal constitué par 
le comte en 1063 {CartuL du Ronceray, éd. Marchegay, n« 38). 



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102 LE COMTÉ d' ANJOU 

C'est seulement peu à peu que Ton voit, à la cour du comte, 
les services se répartir entre quelques fonctionnaires attitrés et 
se constituer un groupe de grands offices comtaux, analogues à 
ceux de la cour royale. On a dit ^ que Foulque Nerra avait eu, 
dès le début de son règne, un sénéchal, Lisois d'Amboise : n'est- 
il pas qualifié de ce titre par Tauteurdes Gesta consulum Andega- 
vorum 2 ? — On eût dû remarquer qu'il ne Tétait que dans une 
•phrase unique et d'une manière incidente et que le chroniqueur, 
après nous avoir montré Lisois distingué par le prince, puis 
gagnant petit à petit sa confiance, récompensé enfin par diverses 
faveurs, ne nous dit nulle part qu'il ait reçu l'office de sénéchal. 
Ce seul fait qu'une fois par hasard, voulant trouver un terme 
pour le désigner, le chroniqueur du xn® siècle, par une assimi- 
lation facile à expliquer, l'appelle « le sénéchal Lisois », ne 
permet pas de dire qu'il ait effectivement exercé cet office. Nous 
noterons, au contraire, que non seulement Lisois n'est jamais 
dans les chartes où il apparaît qualifié ainsi 3, mais que dans 
aucun des actes de Foulque Nerra on ne rencontre la souscrip- 
tion d'un sénéchal du comte. Ce n'est pas avant les dernières 
années de GeofTroi Martel que nous en voyons apparaître un, 
du nom de Babin *, et ses successeurs seront assez fré- 
quemment cités dans la suite ^ pour qu'il soit permis de placer 
vers le milieu du xi« siècle seulement le développement de 
cet office. 

On a dit, de même, que, dès le temps.de Foulque Nerra, la 
charge de connétable était héréditaire chez les seigneurs de 

i. Beautemps-Beaupré, Coutumes et institutions de f Anjou et du Maine ^ 
2« Partie, 1. 1, p. 229 et suiv. 

2. « Cornes senescallo suo Lisoio neptam Supplicii thesaurarii uxorem 
dédit » (ms. 6218, p. 49 ; Chron. des comtes (F Anjou, p. 116). 

3. M. Beautemps-Beaupré Ta lui-même remarqué. 

4. Il souscrit une charte du comte (Marchegay, Arc/iire« d' Anjou, i. II, 
p. 31-32 ; Catalogue d'actes, n° 179), avec le titre de « senescallus comitis ». 
(La lecture Babinus, donnée par Marchegay, est la bonne, quoi qu'en dise 
M. Beautemps-Beaupré.) 

5. Voir 2" Partie, chap. IV. 



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l'organisation administrative du comté 103 

Chemillé. Mais les seuls documents sur lesquels on ait pu 
s'appuyer sont : l^ un passage de Y Histoire de Saint- Florent 
de Saumur^ où il est dit qu'à la bataille de Pontlevoy, en 
1016, fut tué Sebrand de Chemillé, <( signifer comitis » * ; 
2** une série de chartes établissant que Foulque le Réchin avait 
un connétable nommé Sebrand '*. En présence de ces textes, 
on a admis, pour ainsi dire, ipso facto, que le connétable de 
Foulque le Réchin, Sebrand, était seigneur de Chemillé; les 
seigneurs de Chemillé ayant, en effet, alternativement, au xi« 
siècle, porté les noms de Sebrand et de Pierre, la conjecture 
s'est imposée d'elle-même: émise comme une vérité indiscu- 
table par Marchegay dans une note de ses Archives d'Anjou ^, 
elle a fait fortune et a été répétée sans examen, notamment par 
Célestin Port ^. — Malheureusement dans aucun des très 
nombreux actes relatifs aux seigneurs de Chemillé qui nous ont 
été conservés, nous ne voyons ceux-ci prendre le titre de con- 
nétables ; inversement, dans aucun des actes où paraît « le con- 
nétable Sebrand », sous Foulque le Réchin, nous ne le voyons 



1. Hist. de Saint-Florent de Saumur^ dans les Chroniques des églises 
d'Anjou, p. 274 : « Anno quoque MXVI, feria VII, inter Odonem et Ful- 
conem Pontelevense actum est bellum, in quo Andegavorum exercitus 
pêne vastatusest signiferque comitis Sigebrannus de Chimilliaco peremp- 
tus. » — Sigebrannus s'est de bonne heure transformé en Segebrnnnus, au 
xii*" siècle en Seebrannus, et de là en Sebrannus. 

2. Ces chartes n'ont pas été citées par les auteurs auxquels nous faisons 
allusion ; en voici quelques-unes : Catalogue d^acies, n°* 247 (7 mai 1085), 
250 (1087), 256(1090), 269 (1093), 279 (1096), 282 (1084-1096), 283 (1098), 
289 (1100), 318 (1106-1109). 

3. Archives d'Anjou^ t. I, p. 381 ; pour la charte n° 38 du CartuL de 
Saint'Manr portant la souscription du connétable Sebrand, Marchegay met 
en note : « Seigneur de Chemillé. La charge de connétable du comté d'An- 
jou était anciennement héréditaire dans cette famille. Voir Livre rouge de 
Saint'Ftorent ^ f. 55 (c'est le texte de ïllist. de Saint- Florent, auquel nous 
avons renvoyé). » 

4. Dictionnaire de Maine-et-Loire, t. I, p. 670 : « Au x® siècle... la 
terre [de Chemillé] a été inféodée par le comte d'Anjou à un de ses plus 
puissants vassaux, dont la famille porte le nom du fief et dont le chef lui est 
attaché personnellement h titre de connétable. » 

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104 LE COMTÉ d'aNJOU 

se dire seigneur de Chemillé ; enfin, constatation plus grave 
encore, à Tépoque où vivait le connétable Sebrand, le seigneur 
de Chemillé se nommait Pierre et non Sebrand ^ : rien, par 
conséquent, ne nous autorise à déclarer que les fonctions de 
connétable aient été, au xi® siècle, héréditaires dans la maison 
de Chemillé. Mais le texte de V Histoire de Saint-Florent doit-il 
nous faire admettre que Sebrand P' de Chemillé, sinon ses 
successeurs, ait été, lui, connétable de Foulque Nerra ? Nous ne 
le pensons pas davantage : car comment prétendre que la 
qualification de « signifer » (qui n'est d'ailleurs pas l'équivalent 
de « connétable » ), que lui donne, encore ici, en passant une 
chronique très postérieure, soit sufiBsante pour autoriser une 
pareille conclusion, surtout quand nous ne voyons pas apparaître 
dans les chartes de connétable d'Anjou avant le dernier quart du 
XI® siècle 2 ? 

Enfin, on a voulu dresser la liste des chanceliers de Foulque 
Nerra et de son fils, et l'on a nommé Audemand, Bernard de 
Clermont et Renaud. Lf premier, dit M. Beautemps-Beaupré ^, 
était même déjà en fonctions sous. GeolTroi Grisegonelle : dans 
une charte de ce comte, de l'an 976, nous le voyons se faire 
suppléer par un certain AUeaume *, et on le trouve encore 

1. Sebrand II de Chemillé, qui succéda vers i047 à son père Pierre I'^"' 
(Cartul.de la Trin. de VendôniCy éd. Métais, n° 73; charte de Marmoutier 
de 1047-1061, copiée par Marchegay, Bibl. nat., ms. nouv. acq. fr. 5022, 
fo 13), est cité jusqu'en i074 [CartuL de la Trin. de Vendôme, n° 245) ; mais 
dès 1082, c'est son fils Pierre II qui lui a succédé (Bibl. nat., nouv. acq. 
fr., 5022, fo 18) ; on le trouve en 1093 [ibid., f°21), en i094 [Livre noir de 
Sainf-Maurice d'Angers, f^ 39 v°, dans dom Ilousseau, IIÏ, n° 958), en 1100 
(Bibl. nat., nouv. acq fr. 5022, f» 284), en 1101 (ibid., f« 285), en 1105 
[Cariul. Trin. Vendôme, éd. Métais, n» 412), en 1109 (nouv. acq. fr. 5022, 
f° 257), en 1110 [ibid., fo»206, 207, 211, 290), et il meurt seulement en 1120 
{ibid.y f^« 29 et 30), et c'est non plus un Sebrand, mais un Gauvain qui lui 
succède (ibid., f° 264 : cf., ^• 284, 285, 290, 211). 

2. On n'en trouve pas avant Sebrand, connétable de Foulque le Réchin, 
qui, nous l'avons montré p. 103, n. 2, n'apparaît que vers i085. 

3. Op. cit., p. 219. 

4. Cariul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n^ 34 : c'est une 



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l'organisation administrative du comté 105 

souscrivant une charte de Tan 993 *. Quant à Bernard de Cler- 
mont, il paraît dans une charte de Tan 1015 2. Renaud enfin 
souscrit un acte de Geoffroi Martel en faveur de Saint-Nicolas 
d'Angers ^. — Mais Tacte où paraît Bernard de Clermont est 
un faux manifeste, reconnu comme tel depuis fort longtemps ^ ; 
et en ce qui touche Audemand et Renaud, M. Beautemps-Beau- 
pré a pris pour des chanceliers du comte des chanceliers du 
chapitre de Saint-Maurice d'Angers ^ et peut-être dans un cas 
un scribe de Saint-Aubin d'Angers ^. Foulque Nerra et Geofifroi 



notice de Tachât fait par Tabbé de Saint-Aubin à un vassal de Geoflfroi 
Grisegonelle (lequel ne fait que souscrire) ; après la date, on lit : « Adhelel- 
mus sacerdos subscripsit ad vicem Hildemanni. » 

1. Catalogue (T actes, n» 8 ; cette charte de Foulque Nerra se termine 
p>ar ces mots : u Hildemannus archidiaconus atque cancellarius scripsit, 
anno ab incarnatione Domini MIII » (qu'il faut corriger en 993). M. Beau- 
temps-Beaupré indique par erreur cet acte sous Tannée 995 ; il ajoute un 
renvoi inexact à une charte de 990 [Archives d'Anjou, t. Il, p. 60). — Hil- 
demannus a été de bonne heure, en Anjou, écrit Aldemannus, puis 
Audemandus. 

2. Ménage, Hist. de Sablé, p. 342. 

3. Laurent Le Peletier, Breviculum fundationis S, Nicolai Andegaven-~ 
siSy p. 17 (Catalogue d'actes, n° 147). 

4. Voir Catalogue d'actes, Actes faux, n<> 2. 

5. C'est ce que prouve à Tévidencela série des chartes du Livre noir de 
Saint-Maurice d'Angers. M. le chanoine Urseau se propose d'ailleurs de 
donner en tête de l'édition qu'il prépare de ce cartulaire la liste des digni- 
taires du chapitre cathédral d'Angers au xi« siècle. Nous y renvoyons par 
avance. 

6. D'ailleurs, Alleaume, qui écrit à la place d'Audemand, remplit le 
même office en 970 (Cartul. de Saint-Aubin, n° 21). Cet Audemand est 
exactement dans les mêmes conditions que Bertin, scribe d'une charte 
souscrite par Geoffroi Grisegonelle (comme dans l'exemple cité par 
M. Beautemps- Beaupré, où la charte n'est pas rendue au nom de Geoffroi 
lui-même) en 973 : « Bertinus monachus scripsit hanc cartam » (Cartul, 
Saint-Aubin, n° 131). Ce Bertin est expressément désigné comme chan- 
celier du monastère dans une charte de 970 (ibid., n*» 40). C'est encore le 
cas d'Amauri, moine de Saint-Aubin, écrivant une charte de Tan 976 que 
Geoffroi Grisegonelle souscrit (Cartul. de Saint-Aubin, n^ 211, et cf. ibid., 
n® 394 : ann. 974). Cf. les moines-scribes Jean (Cartul. de Saint-Aubin, 
no» 18, 285, 859: ann. 964, 966, 969) et Ongier (ibid., n^* 232, 282: 
ann. 977). 



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106 LE COMTÉ d'aNJOU 

Martel, il est vrai, ont eu des chapelains ^ qui auraient pu, sui- 
vant un usage fréquent, que nous retrouverons en Anjou même 
un peu plus tard -, être en même temps préposés à la chan- 
cellerie ; mais aucun texte ne le montre, et de personnage 
qualifié « chancelier du comte », on n'en trouve point avant le 
dernier tiers du xi® siècle^. Foulque Nerra et GeofTroi Martel 
faisaient simplement rédiger leurs actes par les scribes ou les 
chanceliers des églises et des monastères ^ et c'est seulement 
tout à fait à la fin du règne de Geolfroi Martel que, semble-t-il, 
Tusage du sceau s'introduisit à la cour angevine ^ ; dans ces 
conditions, un chancelier eût été bien inutile. 



II 



Si nous passons maintenant en revue le personnel de V « admi- 
nistration locale », nous y découvrons la même évolution que 
nous avons signalée en parlant du personnel de Y « administra- 
tion centrale » . 

1. Nous connaissons, sous Foulque Nerra, Baudouin, qui fut plus tard, 
aumônier de Saint-Aubin d'Angers {Carlul. de Saint-Aubin^ éd. Bertrand de 
Broussillon, n° 7), et sous Geoiïroi Martel, Bernard ou Bemaud, cité notam- 
ment dans une charte du /*"'' dartul. de SnintSerge, n° 37 (copiée dans 
le ms. de la Bibl. nat., lat. 5446, p. 248). 

2. Voir 2« Partie, ch. IV. 

3. Voir ibid. 

4. Les exemples mêmes cités par M. Beautemps-Beaupré pour prouver 
Texistence de chanceliersde Foulque et ceux que nous avons donnés p. i05, 
n. 6, le montrent. Ajouter encore le n<» 25 du CarluL de Sainl-Aubin, 
éd. Bertrand de Broussillon : il s'agit là d'une charte émanée de Foulque 
Nerra lui-même, laquelle est écrite par un moine de Saint-Aubin, Galon ou 
Ganelon, que nous retrouvons dans une autre charte du monastère, de l'an 
993 [ibid., n° 33). Voir encore la charte n° 34 du Catalogue d'actes, qui est 
dite écrite par les deux archidiacres Bérengeret Renaud. 

5. Voir (Catalogue d'actes, Observations préliminaires. Le signe de vali- 
dation uniquement usité jusque vers 1060 fut la croix tracée par le comte 
lui-même ou par le scribe. 



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é l'organisation administrative du comté 107 

On sait qu'au temps des premiers Carolingiens le comte avait 
sous ses ordres un certain nombre de fonctionnaires nommés 
vicarii, à chacun desquels incombait l'administration d'une 
fraction du comté, ou vicaria, et le jugement dans ce ressort 
des causes inférieures. Qu'étaient devenus les vicarii d'An- 
jou au cours du x« siècle? — Prétendre, comme on l'a fait 
quelquefois, qu'ils étaient parvenus à s'assurer vis-à-vis du comte la 
même indépendance que le comte vis-à-vis du roi, c'est aller 
contre l'évidence : car on serait bien en peine de citer un seul 
grand seigneur de la fin du x® siècle ou même du débi;t du xi® 
ayant comme capitale le chef-lieu d'une de ces anciennes 
vicariae ^ Au contraire, quelques rares textes montrent que, 
pendant tout le x® siècle, les comtes avaient continué à avoir des 
vicarii^ ou voyers, répartis sur leurs domaines ^; mais ces 
derniers, par suite d'une extension progressive de leur pouvoir, 
avaient fini par remplir les fonctions de juges même dans les 
causes importantes. A l'avènement de Foulque Nerra, nous 
trouvons donc des voyers qui administrent les domaines du 
conite et qui, chacun dans sa circonscription, y assurent à eux 
seuls tous les services, percevant les redevances, exigeant les 
corvées, dirigeant la levée de l'ost, rendant la justice aux vilains, 
veillant à la police générale ^, 

Peu à peu, on voit poindre un nouveau groupe d'agents : ce 
sont les prévôts. Dès l'an 1000, on trouve trace d'xin praepositus 
du comte ; maia ce praepositus semble s'occuper de l'adminis- 

i. On trouvera un relevé de ces vicariae dajis Tlntroduction du Diction- 
naire de Cél. Port, p. xii, et, pour la région tourangelle, dans la Notice sur 
les divisions territoriales et la topographie de C ancienne province de Touraine 
de Mabille [BibL de lÉcolc des Chartes, t. XXV,. 1863, p. 247). Nous avons 
essayé en vain de compléter ces listes. 

2. Ainsi, en 929 {CartuL de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, 
n® 177), nous trouvons un «Fulcovicarius »,qui est certainement vicarius du 
comte d'Anjou; en 976 (ibid., n° 34), le comte soustrait un domaine i\ 
Taction de ses vicarii. 

3. Cf. Louis Halphen, Prévôts et voyers du XI^ siècle, dans Le Moyen 
Age^ t. XV, 1902, p. 298 et suiv. 



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108 LE COMTÉ d'aNJOU 

ration générale des domaines comtaux, plutôt que d'une 
îirconscription spéciale ^ : c'est une sorte d'intendant, à moins 
cependant que ce ne soit Tancêtre du prévôt d'Angers 2. Quoi 
ju'il en soit, l'organisation prévôtale ne se dessine que lentement 
ît, comme nous l'avons montré ailleurs 3, c'est seulement vers 
es dernières années de Foulque Nerra que, sur les domaines 
lu comte, comme sur ceux de ses vassaux, elle se généralise et 
ju'on voit un peu partout les prévôts se superposer aux voyers. Au 
;emps de Geoffroi Martel, on peut dire que l'institution est 
i^énérale. 

On trouve d'ailleurs encore en sous-ordre une foule d'agents 
inférieurs: percepteurs de tonlieux, péagiers, fourriers, fores- 
tiers *, châtelains ou gardiens des forteresses comtales ^ ; autant 



1. Le Moyen Age, loc. cit,, p. 345, n. 5. — Dans la charte de lOli-1013 où ce 
oraeposUus apparaît jouant un rôle actif {Pièce Juslificative n° 6), il est occupé 
i régler un partage de serfs qui semble être une affaire d'ordre général. 

2. Le prévôt d'Angers a, en effet, toujours conservé plus d'importance 
:{ue les autres prévôts d'Anjou et a été plus qu'eux mêlé à l'administration 
générale. 

3. Le Moyen Age, loc, cit., p. 314-319. 

4. Ces divers agents ne se trouvent pas tous mentionnés dans les 
[ïhartes de Foulque Nerra ou de Geoffroi Martel ; mais ils existaient au 
temps des Carolingiens et on les retrouve après Tan 1060. On peut 
ionc tenir pour certain que, dans les textes où ils ne sont pas expres- 
sément désignés, ils rentrent dans la catégorie des servientes du comte. 
5ous Foulque Nerra, nous trouvons mention explicite du forestier comtal 
lu bois de Chacé, Renaud de Brion {CarluL du Ronceray, éd. Marchegay, 
a® 7). Pour les fourriers, voir Cartul. de Saint- Aubin, éd. Bertrand de Brous- 
ûllon, n° 89 : Ogier, fourrier du comte Foulque le Réchin ; et CarluL du 
Ronceray, éd. Marchegay, n° 112 : Isembert, fourrier du comte Geoffroi le 
Barbu (1060-1068); les fourriers du comte, Ogier et Eude, cités au 1^^ CarluL 
de Saint-Serge, n°* 117, 201, copies de Gaignicres à la Bibl. nat., ms. lat. 
5446, p. 260, 275. Pour les percepteurs de tonlieux, voir ibid,, n« 36, nas. 
lat. 5446, p. 247 : Bernier, telonearius [du comte], etc.. 

5. CarluL de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n° 1 : dans cette 
charte, on raconte la fondation par Foulque Nerra, en 1006, du château de 
[]hâteau-Gontier : « Firmato itaque castello eoque ut poterat munito ex 
lomine cujusdan villici sui illud castrum Gunterii appellavit. » Cf. Érard, 
::usto8 arcisk Loches, suivant les Gesta Ambaziensium dominorum [Chron, 
des comtes d'Anjou, p. 168). 



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^p^ 



l'organisation administrative du comté 109 

de fonctionnaires que le comte avait hérités de Tadministration 
carolingienne. 



III 



En outre, en dehors des cadres administratifs réguliers, bien 
des personnes ont coopéré à l'administration du comté ou à 
la direction des affaires. Sous ce rapport, il faut faire une place 
à part aux fidèles du comte, c'est-à-dire à ceux de ses vas- 
saux ou même de ses agents qui vivaient dans son entourage ou 
qu'il lui a plu d'appeler auprès de lui dans telle ou telle circon- 
stance, ou enfin qui venaient, en vertu des obligations féodales, 
lui faire le « service de cour ». Jamais sans eux. Foulque Nerra, 
ou Geoffroi Martel ne prennent une décision. Ce n'est pas qu'ils 
jouent toujours un rôle bien actif: parfois ils sont de simples 
témoins ; mais parfois aussi le comte les consulte, s'assure de 
leur acquiescement * ; parfois enfin il s adjoint quelques-uns 

1. Ainsi, entre les années 990 et 1011 {Pièce justificative n° 2), Foulque 
Nerra, ayant à examiner une plainte portée contre un de ses vassaux nommé 
Aubri, fait une enquête avec se« fidèles (« cumnostris fidelibus inquiren- 
tes » ). — De même, en 1006-1021, Foulque Nerra autorise la construction 
d'une église à Vihiers et la dote de divers biens « cum consilio homi- 
num meorum in ipso Castro habitantium, scilicet Sigebranni, Ogerii, 
Aimerici filii, Attoni, Hemmeluini, Giraldi vicarii aliorumque multorum ibi 
habitantium n (Catalogue d'actes, n° 31). — Entre les années 987 et 1011, 
Foulque Nerra fait faire une charte « coram fidelibus nostris, ut remitteret 
unusquisque pervasiones et malas consuetudines quas faciebant in terra 
Sancti Florentii » : chacun deô fidèles s'engage personnellement à respecter 
les droits et les domaines de Fabbaye {Catalogue d'actes, n<>26). — En 1040, 
au moment de son avènement, (Geoffroi Martel tient un grand plaid : 
« Auno millesimo XL ab incarnatione Domini nostri Jesu Christi, habuit 
Gauzfridus comes, Fulconis comitis filius, cum fidelibus suis générale placi- 
lum apud Andegavam civitatem de reprimendis depredationibus sive cor- 
rigendis pravis pervasionibus vel malis consuetudinibus in terras sanclo- 
rum ultra débitas consuetudines impositis. » A ce plaid, on examine 
dans le détail toutes les réclamations et Ton statue {Catalogue d'actes, n* 66). 



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LE COMTÉ D ANJOU 

re eux ou en délègue un certain nombre pour prononcer un 
nent dans une affaire qui lui a été soumise par les 

côté des fidèles^'le comte a trouvé encore dans sa famille 
3 d'utiles auxiliaires : la comtesse Fa assisté dans son œuvre 
euse, et nous avons même vu qu'elle a pu être, à l'occasion, 
ée de missions politiques ^ ; et si elle n'a eu d'ordinaire que 
pouvoirs très limités, elle a pu indirectement, par son 
ince, provoquer les décisions de son mari. Aussi voyons-nous 
i s'est parfois adressé à Hildegarde pour obtenir de Foul- 
ievra quelque faveur: ainsi fît, vers 1026, l'abbé de Saint- 
3ur de Redon, qui, désireux d'obtenir du comte d'Anjou 
exemption de tonlieu pour les produits de ses vignobles, 
It à la « très pieuse Hildegarde », en la priant d'inter- 
auprès de" son mari 3; ainsi fit encore, vers 1028, Hamelin 
eaupréau, qui, menacé d'être déshérité par son suzerain, 
ia Hildegarde d'apaiser le courroux du comte, lui offrant 
se de Seiches pour prix de ses services ^, De même, Geoffroi 
îl, avant son avènement, quand il ne prit pas les armes 

cquiescement des fidèles du comte est mentionné, au moins pour la 
, dans les chartes de nomination des abbés de Saint-Aubin par le 
[Cfiriul. (Je SHint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n^** 21-26). 
]f. Louis Halphen, Les institutions Judicùiires en France au Xl^ siècle^ 
n angevine, dans la Revue historique, LXXVÏI (1901). 
iJous faisons allusion au rôle que prête à Hildegarde Adémar de Cha- 
s, lors de la tentative faite par Foulque Nerra contre le comte du 
Herbert Eveille-Chien (ci-dessus, chap. II. p. 68). 
list. de France, t. X, p. 503«.Cf. Cartul. de Vabbaye de Redon, éd. X, de 
on (Documents inédits), Prolégomènes, p. xlvii. Pour la date, nous 
)yons pas que les arguments de M. de Gourson soient décisifs. 
'Jartul. du Ronceray, éd. Marchegay, n*» 125 : « Igitur Hamelinus, 
virilem comitis animosilatem et promeritam iram nullo alio modo 
•e posset nisi ad inlercessionem confugeret comitisse Ilildegardis, 
benignitas sepe etiam pro malis bona retribuebat, obtulit ei spontanea 
Late ecclesiam Cepie perpetuo sibi retinendam aut cui vellet dandam 
n ut eum seniori suo pacificaret et ei reliquura patris beneficium a 
e impetraret. Quodilla. sicut eratininterventus trenua, sapienter effe- 



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l'organisation administrative du comté . m 

contre son père, concourut à l'administration du comté: en 
1026, il fut chargé du gouvernement de Saumur nouvellement 
conquis * et reçut sans doute la garde de TAnjou pendant la 
dernière absence de Foulque Nerra (1040). Peut-être Foulque 
avait-il d'ailleurs déjà eu recours, dans des conditions semblables, 
aux bons offices de son demi-frère Maurice, pendant son pre- 
mier pèlerinage ^. 

Enfin, 11 convient de faire remarquer que non seulement 
certaines hautes fonctions militaires ont pu être exceptionnelle- 
ment accompagnées de délégations générales de pouvoirs •^, mais 
encore que, dans bien des cas, l'inféodation restreinte a pu être 
originairement comme un mode d'administration ^. 

Ces divers correctifs étaient nécessaires, afin d'enlever aux 
mots « administration », « personnel administratif )i, « fonction- 
naires », que nous avons été contraints d'employer, ime bonne 
partie des notions précises de régularité et de fixité que nos 
esprits modernes sont accoutumés d'y rencontrer. 

1. Livre noir de Saint^Florenl de Saumur, fol. 99 : « Quia Andecavorum 
cornes Gaazfridus, postquam castrum Salmurum donopatris suis accepit in 
suum, etc.. »; ihid., fol. 108 v^ : « Tempore quo Fulco Andegavensis cornes 
castrum Salmurum cepit, erga ipsius loci habitalores mutatio magna fuit : 
cornes namque Goffridus, ejus filius, in cujus manu dono patris venit, prout 
sibi placuit aliis abstulit, aliis dédit. » 

2. Voir sur cette hypothèse, ci-dessus, p. 3i, n. 2. 

3. Cesl ainsi qu'il faut interpréter ce que disent les Gesla consulum 
Andegav.de Lisois d^Amboise : « Denique Fulco cornes négocia sua pertrac- 
tans quemdam virum -bellicosissimum militaribus armis efficacissimum, 
Lisoium de Bazogerio... Luchiset Ambaziaco prefecil etmilitibus tam majo- 
ribus quam minoribus ut ei obedirent precepit » (ms. 6218, ^. 44; Chron. 
des comtes d^ Anjou, p. 91). 

4. Voir, par exemple, l'histoire de Chàteau-Gontier dans le Cartul. de 
Saint-Aubin, éd. Bertrand deBroussillon, n° 1, et l'histoire de Montrichard 
suivant les Gesta consulum Andeg. (ms. 6218, p. 47 ; Chron. des comtes 
d'Anjou, p. 107) : « Oppidum quod Montricardum vocatur componil [Fulco 
et Rogerio Diabolerio, domino Monlhesauri, custodire mandavit. » 



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CHAP.ITRE V 
LE COMTE 

I 

Si ladministration est rudimentaire, le comte n'en est pas 
moins, dans ses états, un chef respecté et plein de force. Il a 
pour lui non seulement la tradition carolingienne, mais, en 
outre, sur les autres seigneurs du comté, une supériorité de fait 
considérable, parce qu'il est le plus grand possesseur et, par 
suite, le suprême dispensateur de lîefs. Qu'on passe en revu^ les 
principaux d'entre les fiefs angevins, et Ton verra que c'est lui 
qui les distribue: BrioUay au père du trésorier Bouchard, 
Montrevault à son fidèle Etienne, Montreuil-Bellay à Bellay I****, 
Mateflon au père de Foulque P"", Durtal à Hubert le Rasoir ^ 

Ces vassaux, qui lui doivent tout, restent à sa merci : car les 
concessions de terres sont encore essentiellement précaires et 
révocables. Au moindre désaccord avec le comte, le vassal risque 
de voir son fief confisqué. Ainsi, pour une cause ou pour une autre, 
Orri de Champtoceaux mécontente Geoflfroi Martel: celui-ci le 
dépouille de ses domaines et en dispose en maître absolu au profit 
d'un autre de ses vassaux, Thibaud de Jarzé ^ ; Suhard de Craon, 
accusé de forfaiture, subit le même sort et voit ses biens attribués 



i. Voir ci-dessous, 2* Partie, chap. II, p. 159-163. 

2. Sur la dépossession d'Orri, voir Cartul, de Sainl-Aubin d'Angers^ éd. 
Bertrand de Bmussillon, n° 113. Sur l'attribution du fief à Thibaud de 
Jarzé à la suite de cette dépossession, voir une charte extraite du /«*• Cartul, 
de Saint-Serge d'Angers, n» 10">, dans le ms. lat. 5446 de la Bibl. nat., 
p. 258, et dans la Coll. dom Ilousseau, vol. I, n° 288. Thibaud apparaît 
encore comme seigneur de Champtoceaux dans une charte de Marmoutier 
éditée par Marchegay, Archives d'Anjou, t. II, p. 14-17. 



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LE COMTE H 3 

par le comte à Robert le Bourguignon ^ ; Hubert de Durtal est, lui 
aussi, expulsé de son fief et remplacé par Renaud de Maulévrier - ; 
Aubri, second fils du trésorier de Saint-Maurice d'Angers Gui, 
est chassé de sa seigneurie du Lion d'Angers, pendant que Geoffroi 
Rorgon de Candé est appelé à recueillir sa succession ^. 

Ce ne sont, sous Foulque Nerra et Geoffroi Martel, que dépos- 
sessions de fiefs ; il n'est guère de seigneur qui n'ait à 
craindre de se trouver ainsi du jour au lendemain réduit à néant 
par la volonté toute-puissante du comte et qui ne se fasse bien 
humble pour obtenir son pardon quand il Ta irrité. Tel 
Hamelin de Beaupréau qui, nous l'avons vu, à la mort de son 
frère Girois, en 1028 ou 1029, s'étant vu refuser la succession 
du fief par Foulque Nerra, parce qu'il avait prêté la main à 
l'enlèvement d'une de ses filles, n'hésita pas, pour tenter de 
le fléchir, à implorer la comtesse Hildegarde et à lui offrir même 
une église afin qu'elle intervînt auprès de son époux *. 



II 



Ce ne sont pas seulement les seigneurs qui sont à la discrétion 
du comte ; le clergé angevin lui est soumis. L'évêque d'Angers 
n'existe que par lui : ainsi, celui que Foulque Nerra trouva sûr 
le siège épiscopal en 987, Renaud, était une créature de Geof- 
froi Grisegonelle, auprès de qui il avait dû faire négocier sa 
Domination par son père ^, le vicomte d'Angers Renaud le Thu- 

1. Voir Bertrand de Broussillon, La maison de Craoriy t. W, p. 20-2i. 

2. Cartul. de Saint-Auhin d'Angers^ éd. Bertrand de Broussillon, n^ 289 
(1067-1082). 

3. Ibid., n» 167 (vers 1060). 

4. Cartul, du Ronceray d'Angers, éd. Marchegay, n° 125. 

5. Voir la charte n® 22 du Catalogue d'actes : Foulque Nerra et son 
frère Maurice disputent à l'évêque Renaud des biens qu'il avait hérités de 
son père, prétendant qu'ils devaient leur revenir en vertu de ce qui avait 
été stipulé par Geoffroi Grisegonelle « in conventiis episcopatum adipis- 

IIalphbx. — Le comté d'Anjou. « 



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H4 LE COMTÉ D ANJOU 

ringien* ; quand il mourut (12 juin 1005) 2, on vit le vicomte de 
Vendôme Hubert venir à son tour faire en faveur de son fils 
Hubert des offres avantageuses à Foulque Nerra 3, qui s'empressa 

cendi ». Renaud nie le fait, mais ne conteste pas qu'il y ait eu un marché 
conclu en vue de sa nomination à Tépiscopat. Cette nomination était d'ail- 
leurs déjà décidée du vivant de Tévôque précédent Néfingue : « Cui 
ilico successit domnus Rainaldus. ...utpote illo adhuc vivente jamdesigna- 
tus episcopus », disent les Annales de Vendôme {Recueil d'' annules angev. et 
vendôm., p. 58). 

4. On voit dans la charte n° 22 du Catalogue d'actes et dans le diplôme 
de Robert le Pieux publié dans les Hist, de Fr,, t. X, p. 583, que le père de 
révêque Renaud s'appelait Renaud, lui aussi ; dans une charte transcrite 
au fol. 116 r° du Livre noir de Saint-Florent de Saumur et publiée 
ci-dessous. Pièce justificative n° 1, on voit qu'il s'appelait Renaud le 
Thuringien (Torench), Enfin la charte n* 3 du CartuL de Saint-Aubiny éd. 
Bertrand de Broussillon, nous prouve qu'il faut l'identifier avec le vicomte 
d'Angers Renaud, dont il a été question précédemment, p. 98, car parmi 
les souscriptions on lit, à la suite de celle de l'évêque Renaud, le 
« signum Raynaldi vicecomitis patris, ojus » (cf. p. 99, n. 4). 

2. Obituaire de Saint-Maurice d'Angers^ extr, dans Bibl. nat.. Coll. 
Baluze, vol. 39, fol. 31 r« et 32 v» : « III idus junii. Obiit Rainaldus 
illustris, venerabilis et munificus episcopus Andegavensis anno ab 
incarnatione Domini nostri Jesu Christi MV, ordinationis.autem suae XXXI » ; 
Annales de Vendôme (Recueil d'annales angev, et vendôm., p. 59): « MV. 
Obiit domnus Rainaldus episcopus » (texte reproduit dans les Annales de 
Saint-Aubin et celles de Saint-Florent y ibid,, p. 3 et 117). La date de 1040, 
communément admise, est tout à fait impossible, car elle est contredite 
non seulement par les textes précédents, mais aussi ])ar ceux qui indiquent 
l'avènement de son successeur Hubert de Vendôme (ci-dessous, p. 115). 
D'ailleurs on l'a admise uniquement en se fondant sur une notice, autrefois 
transcrite au Livre noir de Saint-Maurice d' Angers ^ fol. 20 v", n« 28, 
éditée dans la Gallia christiana^ t. XIV, Instr,^ col. 557. Cette notice 
raconte la mort de l'évêque qui, arrivé à Embrun « quadam feria secunda 
jam vesperasccnte », pendant un pèlerinage, y mourut le jour même, 
« in natali sancti Barnabae apostoli, qui est III idus junii » (et non « qui 
est in idus junii », comme le porte l'édition d'après une mauvaise copie d'A. 
Du Chesne), au moment de l'oflice de matines et en « MX ». Mais il faut 
certainement corriger MX en MV, car la concordance du lundi et du 11 juin 
ne se trouve, à cette époque, qu'en 1005. — Dans notre texte, nous 
indiquons la date du 12 juin : en cfTel, le jour débutant le matin et non la 
nuit dans le comput du moyen âge, quand on nous dit qu'arrivé le lundi 
11 juin au soir, Renaud est mort le même jour au moment des matines, 
nous devons comprendre qu'il est mort le mardi 12 juin au matin. 

3. CartuL de la Trin. de Vendôme, éd. M étais, n° 44 : « Curtem et eccle- 



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■-^'T'}^W- 



LE COMTE 115 '1 



d'agréer pour évêque (1006) * un clerc plus expert peut-être à 
manier Tépée qu'à prier Dieu et qui était, en outre, un seigneur 
riche et puissant ^. Dans la plupart des monastères, c'est le 
comte encore qui nomme les abbés ; du moins, Tinvestiture devant 
lui être demandée avant la consécration, il est de fait maître de 
Tëlection ^. ËnGn, son influence n'est sans doute pas étrangère 

siam Maziaci Hubertus Vindociiiensium vicecomes Fulconi comiti, de cujus 
tenebat fevo, pro episcopatu Andegavensi filio suo Huberto impetrando 
guerpivil. » Outre ce texte, on peut voir, entre autres, comme preuve que 
levêque était Ois du vicomte de Vendôme Hubert une charte originale 
des Archives de Maine-et Loire, G 785, n° 1. 

1. L'année de Tordination est donnée par les Annales de Saint-Aubin 
(T Angers (Recueil (Tannales angev. et vendant, , p. 3) ; le quantième, 13 juin, 
par les notes de VObit, de Saint-Serge {ibid., p. 106). Dans ce dernier texte, 
l'année indiquée est 1007 ; mais c'est une erreur de transcription : car la 
source de ces notes est la même que celle des Annales de Saint-Aubin et 
des Annales de Vendôme, et si ces dernières ne notent pas Tordinatioa de 
Hubert, du moins notent-elles la naissance de Geoffroi Martel (qui dans 
toutes les annales précédentes y est rattachée) sous l'année 1006. D'autre 
part, rOjbi/iiaire c/e Saint-Maurice d'Angers (Bibl. nat., Coll. Baluze, vol. 39, 
fol. 30 r®) dit que Hubert mourut l'an 42 de son ordination, ce qui force (sa 
mort étant du 2 mars 1047 : voir ci- dessous, p. 120) à placer cette ordina- 
tion avant 1007 et la fixe même très exactement en 1006, si l'on calcule en 
gros (comme le fait d'ordinaire cet obituaire) : an 1006 = an 1, an 1046 
= an41, an 1047 = an 42. 

2. Non seulement il était fils du vicomte de V^endôme, mais oncle 
d'Emma, vicomtesse du Mans : voir une charte extraite du 1*' Cartul. de 
Saint-Serge, dans la Coll. dom Housseau, vol. H^, n*» 582(1058). 

3. C'est le cas, par exemple, à Saint-Aubin d'Angers. Les deux textes les 
plus significatifs à cet égard sont la charte par laquelle, en 1036, les moines, 
ayant élu Gautier, demandent pour lui au comte l'investiture [CartuL de 
Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n° 27) et la notice relative à la 
nomination de l'abbé Thierri, en 1056 ; après avoir relaté l'élection 
de ce dernier, la àotice ajoute : « Facta est autem ista electio consilio 
atque auctoritate domni Alberti abbatis Majoris Monasterii, qui, hoc in con- 
ventu monachorum ritu celebri peracto, obtulit eliam fralrem predictum 
Gaufrido preclarissimo comiti, sub cujus ditione locus ipse consifitit, 
a quo etiam donum rerum temporal\um ad idem pertinentium cenobium 
suscepit. » Après quoi, les moines vont trouver l'évoque, qui donne la 
consécration [ibid.. n° 28). Pour plusieurs abbés de Saint-Aubin, on n'a que 
l'acte par lequel le comte déclare lesnommer (c/e/e/yare a AAa/em) en se con- 
formant à la décision de la communauté (salva voluntate monachorum) : 
voir CartuL de Saint-Aubin, n<"'23, 24, 25, 26, 27. — Pour la nomination 



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116 LE COMTÉ D*ANJOU 

au choix des principaux dignitaires du diocèse : car, à côté de 
clercs éminents comme Bernard, Tauteur des Miracles de sainte 
Foy *, comme Renaud le Grammairien ^ ou Bérenger de Tours 3, 

des abbesses de Notre-Darae-de-la-Charité (le Ronceray d'Angers), la pro- 
cédure est exactement la même. Voir le Cartul. du Ronceray d^Angers, éd. 
Marchegay, n°* 15 et 17. 

1. Sur lui, voir surtout Rangeard, Histoire de rUniversilé d'Angers, t. I, 
p. 10-14, et t. II, p. 5 et suiv. ;Hist. litlér., t. VII, p. 310 et suiv. ; Port, 
Dictionnaire de Maine-et-Loire, t. I, p. 320; Clerval, Les écoles de Chartres, 
p. 74 ; Miracles de sainte Foy, éd. Bouillet (ColL de textes pour Vétude et 
Vens. de Vhist.), introduction. Bernard fut écolâtre à Saint-Maurice d'Angers 
(Miracles de sainte Foy, éd. Bouillet, p. 2, et Cartul. de Cormery, éd. Bou- 
rassé, n^ 35). 

2. Sur lui, voir surtout Rangeard, op, cil,, t. II, p. 14-19 ; Hist. lillér,, 
t. VIIÏ, p. 32-38 ; Port, op, cit., t. III, p. 220 ; Clerval, op. cit., p. 74-75 ; 
Halphen, Recueil d^ annales angevines et vendônioises, introduction. — VHist. 
littér. et, d'après cet ouvrage, M. Tabbé Clerval font de Renaud un archi- 
diacre d'Outre-Maine : nous ignorons sur quoi cette tradition repose. Il est 
bien certain que, quoi qu'on en ait dit, il y avait dès cette époque trois 
archidiaconés au dipcèse d'Angers, car dès 966 on trouve mention de trois 
archidiacres simultanément à côté de l'évêque {Cartul. de Saint-Aubin, éd. 
Bertrand de Broussillon, n*» 18) ; dans une version de la charte n° 177 du 
Cartul. de Saint-Aubin, qui avait été insérée au fol. 24 v*> du Livre noir de 
Saint-Maurice d'Angers (copie dans la Coll. dom Housseau, vol. I, n*» 155), 
on trouve le « signum Otberti archidiaconi trans Ligerim » et au n® 110 du 
Cartul. de la Trin. de Vendôme, éd. Métais (1057 env.), il est dit que 
l'église Saint-Jean-sur-Loire faisait partie « antiquitus » de l'archidiaconé 
« Transligerensis ». La division du diocèse d'Angers en archidiaconé d'An- 
gers, archidiaconé d'Outre-Loire, archidiaconé d'Outre-Maine existait donc 
dès l'époque de Renaud le Grammairien ; mais rien ne prouve que celui-ci, 
avant d'être « grammairien », c'est-à-dire écolâtre, ait été archidiacre 
d'Outre-Maine. Nous ferons seulement remarquer qu'il n'était pas archi- 
diacre d'Outre-Loire, car il paraît dans plusieurs chartes (Cartul. de Saint- 
Aubin, n*» 6 ; Coll. dom Housseau, v.ol. IP, n* 582) à côté de l'archidiacre 
Landri, qui était préposé à cet archidiaconé (Cartul. de la Trin. de 
Vendôme, éd. Métais, n*» 110). Mais il était peut-être archidiacre d'Angers, 
car les Annales dites de Renaud [Recueil d'annales angev. et vendôm., 
p. 85 et 88) le qualifient « archidiaconus Sancti Mauricii Andegaven- 
sis. » 

3. Sur Bérenger, en tant qu'archidiacre d'Angers, voir, entre autreâ, 
parmi les travaux innombrables consacrés à sa biographie, VHist. litlér., 
t. VIII, p. 197-288, Port, Dictionn., t. I, p. 318, et les ouvrages de Suden- 
dorf et Schwabe cités dans la Préface. 



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LE COMTE H7 

on voit dans les hautes fonctions ecclésiastiques des personnages 
tels que Gui, seigneur du Lion d'Angers *, ou Bouchard, seigneur 
de BrioUay -, dont Tun tout au moins passa la plus grande 
partie de son temps à guerroyer pour le 'compte de son 



suzeram 



3 



Un tel clergé ne pouvait qu'être docile: c'est ce que Thistoire 
de Hubert de Vendôme et d'Eusèbe Brunon, son successeur, 
montre avec une netteté parfaite. Hubert se fit l'allié de Foulque 
Nerra dans la guerre contre Eude II de Blois ; il poussa même 
Taudace jusqu'à marcher contre son supérieur ecclésiastique, 
l'archevêque de Tours Hugue. 

Entre ce dernier, puissant vassal du comte de Blois, puisqu'il 
avdit été vicomte de Châteaudun avant que d'être archevêque *, 

1. Gui fut trésorier de Saint-Maurice d'Angers et archidiacre: voir une 
chaHe ejiiTaiiie du Livre noir de Saint-^faurice d'AngerSy foi. 2i-22. n*» 29, 
copiée dans la Coll. dom Rousseau, vol \l\ n*» 406, 408, et dans la Coll. 
Baluze, vol. 39, fol. 63 (1030). Voir comme preuve de sa double situation 
de seigneur et père de famille, d'une part, et de dignitaire ecclésiastique, 
de l'autre, len» 160 du Cartul. de Sainl-Auhin^éâ, Bertrand de Broussillon ; 
les n°* 40 et 201 du Cartul. du Ronceray, éd. Marchegay, et cf. Miracles 
de sainte Foy de Bernard d'Angers, éd. Bouillet, I, xxxiv, p. 87 : « Necnon 
et ille optimus Vuido, prefatae sanctae ma tris ecclesiae Andecavensis 
edituus, vir locuples omnique probibate non mediocriter preditus. » 

2. Une de ses chartes, en faveur de Tabbaye de Saint-Serge (Arch. de 
Maine-et-Loire, H 857, n*» 1, orig.) débute ainsi : « Ego Burchardus, 
clericus et thesaurarius Sancti Mauricii matris ecclesiae Andegavensis sed 
et beneOcium laicale possidens per paternamhaereditatem exdono senioris 
mei Gosfridi, filii Fulconisincliti comitis, ac per hoc sub iisdem bellicosis- 
simis principibusmultisdefatigatus bellorum et laborum negotiis, tandem 
per divinam clementiam concessa regioni nostrae aliquantula tranquillitate 
pacis... » Après ce préambule, il déclare, du consentement de sa femme 
Judith et de leurs enfants Hilaire et Enjeuger, faire don à Saint-Serge de 
l'église Saint-Marcel sise auprès de son château de Briollay. Bouchard est 
encore cité en tant que trésorier de Saint-Maurice aux n°' 1 (1028) et 5 
(1040j du Cartul. du Ronceray, éd. Marchegay, et aux n*»» 39 et 40 (1040) 
du Cartul. de la Trin. de Vendôme, éd'. Métais. 

3. Voir la note précédente. 

4. Voir Gallia christiana, t. XIV, col. 56-58. On verra apparaître ïlugue 
comme doyen du chapitre cathédral de Tours- et en même temps comme 
vicomte de Châteaudun antérieurement à son épiscopat, notamment dans 



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118 LE COMTÉ d'aNJOU 

et le comte d* Anjou, un conflit était inévitable et n'avait pas 
tardé d'éclater. Foulque étant venu bâtir le château de Montri- 
chard en partie sur les terres de Hugue, celui-ci avait riposté, 
nous l'avons vu *, en refusant de venir consacrer l'abbaye de 
Beaulieu, nouvellement construite dans son diocèse. L'abbaye 
avait été consacrée malgré lui (1007), mais on peut penser qu'il 
avait saisi avec empressement, en 1008, au synode de Chelles, 
l'occasion qui lui avait été offerte de se venger, en réclamant 
l'excommunication immédiate du comte d'Anjou, impliqué alors 
dans l'affaire de Hugue de Beauvais ^, D'où, sans doute, à titre de 
réplique, le pillage commis peu après par Foulque sur les terres 
de l'église de Tours: c'est dans cette razzia que l'évêque d'Angers 
Hubert ne craignit pas de se joindre aux troupes angevines. 

L'archevêque riposta en déclarant anathèmes à la fois le comte 
et son allié et en priant les autres évêques, tout au moins en ce 
qui concernait Foulque, d'imiter son exemple -^ ; il écrivit enfin à 
Hubert une lettre de menaces : « La démence t'a saisi, lui disait- 
il, toi qui de prélat es devenu chef d'une troupe de soldats, 
toi qui portes le fer et le feu dans notre pays, toi qui nous 
menaces de mille morts ! » Et comme Hubert avait allégué, 
entre autres mauvaises excuses, que c'était uniquement pour 
répondre aux attaques d'Eude de Blois qu'il avait ainsi agi: 

une charte de Marmouticr copiée dans la Coll. dom Housseau, vol. I, 
n^ 257. Il eut pour successeur à Chàteaudun son neveu Geoffroi : voir 
Cartul, dunois de Marmoutier, éd. Mabille, n° 3. 

1. Voir ci-dessus, chap. III, p. 84. 

2. Voir ci-dessus, chap. I"*"^ p. 33. Nous savons par une lettre de Ful- 
bert de Chartres qu'au synode de Chelles, en mai 1008, beaucoup d'évêques 
demandèrent J'excommunication immédiate de Foulque {IlUt. de Fr., t. X, 
p. 476) et un diplôme du roi Robert souscrit par les prélats présents à 
Chelles nous permet d'afflrmer que l'archevêque de Tours prit part au 
synode {ibid,, p. 591). 

3. Voir la lettre de Hubert citée un peu plus loin [Hist. de Fr,, t. X, 
p. 499) et la lettre qu'adressa Fulbert à Foulque à cette même occasion 
{ibid,y p. 481) : « Propter haec peccata monuit archiepiscopus Turonensis 
omnes episcopos nostros et inter alios me pusillum ut te excommunicare- 
mus... M 



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LE COMTE H 9 

(c Comment oses-tu dire cela, ajoutait l'archevêque, toi qui n as 
pas touché à une seule de ses vignes et qui, sans compter tous 
les autres maux que, sur Tordre de ton divin Foulque, tu as fait 
endurer à ton église-mère, as rasé jusqu'à la racine celles de 
mes chanoines . . . Cet oi^eil qui te pousse à me faire de sem- 
blables réponses, ce dédain avec lequel tu traites la sentence 
d mterdit que j'ai portée contre toi, cette audace avec laquelle, 
quoique excommunié, tu ne crains pas de célébrer le service divin, 
finiront bien par plier ^. » 

La mort de l'archevêque (1023 2) vint mettre un terme au 
conflit. En outre, Hubert comprit la nécessité de heurter un peu 
moins ouvertement les convenances. On le vit même, à partir 
de ce moment, soucieux des devoirs qui lui incombaient, 
s'employer avec ardeur à l'œuvre de restam'ation des églises et 
des monastères que son prédécesseur avait entamée. Il fit notam- 
ment reconstruire l'église Saint-Maurice d'Angers, Ht à ses 
chanoines plusieurs donations importantes ^ et mérita ainsi de 
ces derniers le brillant éloge qu'ils insérèrent dans leur nécrologe : 
« Plus encore que ses prédécesseurs, ce prélat généreux, noble 
et éclairé, s'appliqua avec zèle à tirer notre chapitre de l'état 
misérable auquel l'avaient réduit l'oppression des tyrans et la 
négligence des évêques, et à y ramener la prospérité. En raison 
des bienfaits de cet homme vénérable et de la reconnaissance 
étemelle à laquelle il a droit, notre chapitre doit conserver tout 
particulièrement son souvenir et vouer à sa mémoire un culte 
spécial. Que chacun de nous et tous nos successeurs rappellent 

1. Ilist, de Fr,^ t. X, p. 499. Pour la date de cette lettre, voir Pfister, De 
Fulberti Carnoiensis episcopl vita et operibus^ p. 96 : la date de 1023 que 
M. Pfister propose semble impossible puisque Tarchevôque Hugue mourut 
le 12 mai de cette année (GaÛia chriatiana, t. XIV, col. 58); la vraie date 
doit être cherchée, croyons-nous, aux environs de 1018. Cf. ci-dessus, 
chap. II, p. 38, n. 2. 

2. Voir la note précédente. 

3. Charte de Tan 1030 (?) autrefois transcrite au Livre noir de Saint- 
Maurice d'Angers fol. 21-22, n° 29, copiée dans la Coll. dom Housseau, 
vol. IP, no» 406 et 408. 



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120 LE COMTÉ D*ANJOU 

fréquemment son nom dans leurs prières et leurs oraisons, afin 
de ne pas paraître, par notre ingratitude, indignes de la bienveil- 
lance qu'il nous a témoignée*. » 

Malgré sa piété, Eusèbe Brunon, qui succéda le 6 décembre 
1047 2 à Hubert, mort le 2 mars de cette même année ^, fut 
pour Geoffroi Martel un soutien non moins fidèle. Rien ne 
le montre mieux que Thistoire des démêlés du comte avec le 
pape Léon IX à propos de l'emprisonnement de l'évêque du Mans 
Gervais. 

Cet attentat à la dignité épiscopale, que nous avons raconté 
précédemment ^, appelait une répression de la part de Tautorité 
ecclésiastique : mis au courant de la situation lors du concile de 
Reims (3-6 octobre 1049), Léon IX fit savoir à Geoffroi qu'il eût 
à comparaître au prochain concile, qui devait se tenir peu après 
à Mayence, pour s'y entendre excommunier, s'il n'avait d'ici là 
rendu la liberté au prisonnier ^. Le concile de Mayence s'ouvrit 
le 19 octobre ^; mais Geoffroi n'avait tenu compte ni de la menace, 

1. Obit, de Saint-Maurice d'Angers^ copie de la Bibl. nat.,Co11. Baluze, 
vol. 39, fol. 30. 

2. Annales de Vendôme et Noies de Vobii. de Sainl-SergCy p. 62 et 108 
du Recueil d'annales angevines et vendômoises, 

3. Cette date est donnée par les annales angevines [Recueil d'annales 
angev. et vendôm.y p. 4, 62, 107) ; voir aussi Y Obit, de Saint-Maurice 
d' Angers, copie de la Coll. Baluze, vol. 39, fol. 30. : « VI nonas martii. 
Obiit domnus Hubertus praesul.. anno ab incarnatione MXLVI (1047, 
/i. st.)j ordinationis ejus XLII. » 

4. Ci-dessus, p. 71. 

o. Anselme, Historia dedicationis ecclesiae S, Remigii, dans Migne, Patro- 
logie latine, t. CXLII, col. 1437, et dans les //«/. de Fr„ t. XI, p. 523 : 
« Vocavit et Gozfridum Andegaveiisem usque ad synodum futuram Mogun- 
tiae ibi excommunicandum nisi relaxaret quem captum tenebat domnum 
Gervasium. » D'une lettre écrite plus tard à Léon IX par Geoffroi Martel, il 
semble ressortir que c'est alors que les amis de Gervais intervinrent 
auprès du pape pour qu'il s'occupât du conflit : « Tum ecce prevaluerunt 
super me apud sublimitatem tuam verba iniquoru.m, qui tibi persuase- 
runt nimia severitale, quasi pro non recte facto, in me esse consurgendum 
eversoremque ac perturbatorem pacis publicae et quietis revocandum esse 
in suum slatum » ( Sudendorf, Z^ere/j^ar/ws Turonensis, lettre n*> 8, p. 213). 

6. Jaffé-Wattenbach, Regesta, n^ 4188. 



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LE COMTE 121 

ni de la convocation : plus tard, il exposa, non sans raison^ qu il 
lui avait été impossible d'aller si loin pour se justifier, ajoutant 
d'ailleurs que, si le pape avait délégué ses pouvoirs aux person- 
nages qui étaient venus Tinviter à comparaître, il se fut 
de suite expliqué devant eux ^ Il avait, en outre, dès ce moment, 
demandé atl pape soit de venir lui-même jusqu'en Anjou, soit d'y 
envoyer une commission devant laquelle il déposerait ^ ; mais 
on n'avait pas finalement donné suite à sa demande et, consta- 
tant seulement qu'il n'avait pas paru à Mayence, Léon fulmina 
contre lui l'anathème et suspendit dans ses états tout service 
divin ^. 

1. Sudendorf, Derengarius Turonensis, lettre n<> 8, p. 213 : « Quod tamen 
ego ounquam facere distulissem, postquam legati de eo tui pervernerunt ad 
me, si mihi in audientia sùblimitatis tuae causam agere licuisset vel si 
legati vicem in eo tuam supplere potuissent et mihi de culpa viri, si resti- 
lueretur, in his que habebam adversus illum satisfacere suscepissent. » 

2. Ibid. : « Quia vero neutrum fieri potuit, alios, quos velles quosque in 
eo posse vicem tuam supplere constaret, cum tuam me adiré presentiam 
ratio nuUa permitteret, ad nos a te mitti postulavi. » Lettre d'Eusèbe Bru- 
non, peut-être à Gui, archevêque de Reims, dans Sudendorf, op. cil,, n^ 3, 
p. 203 : u Dominum vero comitem, quem tanta consideratione, ne dicam 
lemeritate, Romam vel Vercellis vocabat, justiorem facit jam habere cau- 
sam, quia factionem vel discussîonem in causa episcopi nunquam suffugit : 
proposuit enim domino papae per ipsius legatos utrumque si venisset, 
sicut constituerat ipse dominus papa, vel si misisset, quod te maxime res 
ipsa attingebat, sublimitatem tuam ad ea loca ubi nostro tutum esset 
audire et audiri, sicut prescribunt loges tam ecclesiasticae quam seculares. 
Cum ergo ipse contra condictum suum venire destiterit teque, ad quem 
maiime pertinebat, ad nos minime miserit, quid vult faciat comes noster?» 
De cette lettre, il semble ressortir que le pape avait d'abord pris en con- 
sidération la demande du comte. 

3. Chronique de Saint-Maixent^ dans les Chron, des églises d'Anjou, 
p. 398 : M Anno ML Ainrico imperatori filius natus est et a domno Leone 
papa baptizatus est, qui eodem anno excommunicavit Gaufredum Martellum 
propter Gervasium episcopum quem tenebat captum. » (Nous coUationnons 
le texte sur le ms.). Voir aussi les lettres de Geoffroi Martel et d'Eusèbe 
Bninon citées à la note 2 : Geoffroi Martel {loc, cil,, p. 213) se plaint 
de ce que le pape Tait excommunié, lui et les siens (meque ac meos), sans 
l'avoir entendu ; Eusèbe Brunon (ibid,, p. 202) se plaint de l'interdit. Il est 
fait encore allusion à ces événements dans une notice de la fin du xi« siècle 
racontant les circonstances dans lesquelles Tarchevêque de Tours Raoul 



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122 LE COMTÉ d'âNJOU 

Il n*en fallait sans doute pas plus pour amener Eusèbe Bru- 
non à embrasser résolument le parti de Geoffroi Martel : furieux 
de rinterdit jeté sur son diocèse, il prit immédiatement le chemin 
de Rome. Il finit par obtenir quelque tempérament à la sentence 
prononcée, mais attendit en vain le pape aune entrevue, que celui-ci 
lui avait promise pour régler la question à fond, et revint en Anjou 
plus furieux encore de tant de dérangements inutiles et plus 
attaché que jamais à la cause du comte, devenue la sienne 
propre '. 

Les choses en étaient là, quand Léon IX somma une seconde 
fois GeofTroi de comparaître devant lui à un des deux conciles 

fut expulsé de son siège en 1081 ; Grégoire VII s^exprime ainsi : « Reduco 
ad memoriam sanctae recordationis et beatae memoriae virum dominum 
Leonem IX papam, praedecessorem nostrum, cuidam canonico praeposito 
Carnotensi in synodo Romana super clerum B. Martini proclamant! (quia 
cum cessarent vicinae ecclesiae pro Gervasio Cenomannensi episcopo a 
Gaufredo Martello capto, ipse clerus S. Martini, servata suae ecclesiae con- 
suetudine» cessare noluerit) et ut idcirco excommunicaret obnixe postulant!, 
se quod consilium daret facturum usque in tertium diem promisisse >» 
{Hist, de Fr,, t. XII, p. 460). Sur Tinterprélation de ce document, cf. Brôc- 
king, Die franzôsische Poliiik Papst Leos IX. Ergânzungshefl (1899). 
p. 14-15. — Quant à la date de l'excommunication, nous ne croyons pas 
que les documents permettent de la fixer d'une manière tout à fait sûre : 
M. Schwabe {Studien zur Geschichte des zweitem Abendmahlstreits, p. 45) 
admet, en tenant compte du texte de la Chron. de Saini-Maixent et de 
Tensemble des événements, qu'elle est du début de Tan 1050; M. Brôcking 
{Die franzôsische Politik Papst Leos IX, p. 100) n'accorde aucime valeur 
au, texte, trop postérieur, suivant lui, de la Chron. de Saint-Maixent, et s'en 
tenant au passage où Anselme nous apprend (voir ci-dessus, p. 120, n. 5) 
qu'au concile de Reims Léon IX avait annoncé l'excommunication pour le 
concile de Mayence, place celle-ci à ce moment (octobre 1049), sans s'ar- 
rêter comme M. Schwabe, à la brièveté du délai. Nous ferons remarquer 
tout au moins que la Chron. de Saint-Maixent, quoique postérieure, repré- 
sente, notamment ici, des annales anciennes, aujourd'hui perdues ; nous 
accordons d'ailleurs que les dates y ont souvent été altérées, mais en con- 
clurons seulement que la certitude sur ce point n'est pas possible : l'excom- 
munication fut peut-être prononcée dès le concile de Mayence, peut- 
être seulement quelques semaines après, peut-être enGn seulement au 
début de l'année 1050 ; les textes ne permettent pas d'aller plus loin. 

1. Voir la lettre d'Eusèbe Brunon déjà citée (Sudendorf, Berengarius 
Turonensis, lettre n° 3, p. 202). 



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LE COMTE ' 123 

qu'il devait tenir dans le cours de Tannée 1050 à Rome, puis à 
Verceil ^ Eusèbe se chargea de faire présenter au pontife sa 
défense et celle du comte par un prélat, qui semble avoir été 
Tarchevêque de Reims Gui '^, Dans une lettre qu'il lui écrivit à cet 
effet, il déversa tout son (iel : « 11 était las, disait -il, de demander 
en vain justice ! Le pape oubliait-il qu'il y avait im pontife plus 
paissant que lui, Jésus, et que son autorité à lui n'existait qu'à 
la condition de se conformer à celle du Seigneur? Le croyait-il 
assez aveugle pour ne pas voir que l'obéissance n'était pas due 
même aux anges, si leurs ordres étaient contraires à la volonté 
du Christ ? N'était-ce pas enfin faire apparaître le bon droit 
du comte, son maître, que d'aller, avec une présomption sans 
pareille, le convoquer à Rome ou à Verceil, alors que celui-ci se 
déclarait prêt à se justifier devant le pape en personne, s'il voulait 
venir, ou devant ses délégués, s'il voulait lui en envoyer? 
Avait-il la prétention que le comte courût à Rome, alors qu'ici 
ses ennemis complotaient sa perte nuit et jour ? On voulait qu'il 
relâchât l'évéque ; mais c'était un ennemi public qu'il détenait ! » 
et Eusèbe terminait son épître en qualifiant d'indigne la conduite 
du pape '"*. 



\. Ibid,, p. 203 : i< Dominum vero comitem, quem tanta consideratione, 
ne dicam temeritate, Romain velVercellis vocabat... » Le concile de Rome 
se tint du 29 avril au 12 mai 1050, celui de Verceil au début de septembre 
delà même année (JafFé-Wattenbach, Regesta, n«>« 4213-4226 et 4233). 

2. C'est du moins Thypothèse fort ingénieuse' de M. Schwabe, Studien 
zur Geschichle des zweiten Abendmahlstreiis^ p. 46-50, 

3. Sudendorf, Berengarius Turonensis, lettre n« 3, p. 202-204. Nous para- 
phrasons les passages les plus significatifs de cette lettre audacieuse. 
M. Schwabe la date du début de l'an 1051 (Schwabe, op. cU,, p. 39-45) ; 
M. Brôcking, qui avait d'abord accepté cette date sans restrictions {Diefranz, 
Politik Papst Leos IX^ p. 101-104), a depuis admis (op. cit., Ergànzungs- 
heft^ p. 13) qu'il était plus vraisemblable déplacer la lettre vers l'été de 
1050, parce qu'il y est parlé de l'hérésie de Bérenger comme d'une 
nouveauté. Nous ferons simplement remarquer que la lettre est postérieure 
à la fois au concile de Mayence d'octobre 1049, puisque c'est alors, au plus 
tôt, qu'ont pu être prononcés l'excommunication et l'interdit contre. Geof- 
froi Martel et ses sujets, et au concile de Latran d'avril-mai 1050, devant 



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124 LE COMTÉ d'aNJOD 

Bien loin de s'apaiser, le conflit s'envenimait : Thérésie de 
Bérenger, qui éclatait au même instant, était un nouvel élément 
de discorde, Eusèbe et le comte prenant fait et cause pour 
Tarchidiacre d'Angers, dont le pape n'hésitait pas à condamner 
les doctrines ^ Pour tâcher de satisfaire l'opinion publique, 
Geoffroi Martel avait bien soumis sa propre cause à un synode 
réuni à Tours en 1050 ou 1051 -; mais il semble que cette 

lequel Eusèbe Brunon était venu défendre sa cause ; elle est antérieure à 
la réconciliation de Geoffroi Martel avec le roi Henii I**', c'est-à-dire au 
i5 août 1052, au plus tard, comme on l'a vu ci-dessus, p. 76 : elle se place 
donc soit dans la seconde moitié de 1050, soit en 1051, soit même dans la 
première moitié de Tannée 1052. Comme, d'autre part, ainsi que Ta fait 
remarquer M. Brôcking (op. cit., p. 102-103), il n'y est pas encore ques- 
tion du synode que Geoffroi Martel réunit à Tours, les vraisemblances 
nous reportent, à l'année 1051, au plus tard. Suivant alors qu'on com- 
prendra la phrase où il est fait allusion au concile de Verceil comme ayant 
été écrite avant ou après ce concile, c'est-à-dire avant ou après le mois de 
septembre 1050, suivant qu'on sera plus ou moins frappé de l'argument 
relatif à Bérenger, on sera porté à préférer Tannée 1050 ou Tannée 1051 ; 
mais nous croyons qu'une certitude sur ce point est encore impossible à 
atteindre : mieux vaut donc rester dans le doute que de viser à une 
fausse précision. 

1. Voir la lettre d'Eusèbe Brunon citée à la note précédente, où Tévêque 
prie son correspondant de prendre devant le pape la défense de Bérenger. 
Pour l'attitude générale d'Eusèbe dan^ la controverse provoquée par 
Bérenger, voir les ouvrages relatifs à cet hérésiarque et notamment ceux 
de Sudendorf, Schwabe et Brôcking. Quant à Geoffroi Martel, nous le 
verrons prendre nettement position quelques années après : cf. ci-des- 
sous, p. 126. 

2. Voir la lettre de Geoffroi Martel déjà citée (Sudendorf, op. cif.^ lettre 
n*» 8, p. 213) : «... convenire feci quos potui de prpvincia episcopos et 
abbates atque eis Gervasium episcopum presentem exhibui ut vel ipsis, 
quod tibi non poterat, culpa illius manifcstissima fieret. » Dans ce même 
synode on examina le cas de Bérenger ; car dans une lettre écrite à l'ar- 
chidiacre plusieurs années après par Eusèbe Brunon, Tévêque lui rappelle 
que sa doctrine avait été jugée à Tours, non seulement lors du concile tenu 
par le légat Hildebrand (en 1054), mais déjà auparavant, dans le concile 
tenu dans cette ville « inpresentia domniGcrvasii tune capti» (Cl. Ménard, 
S, Aurelii AugustiniHipponenstaepiscopi contra secundam Julianireapon^ 
sioneni,,, Paris, 1616, p. 74, et K. Semisch, Eusebius Brunoy Bischof von 
AngerSj dans le Zeitschrift fiir die historiche Théologie^ t. XXVII, 1857, 
p. 159). 



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LE COMTE 125 

manifestation ait été sans résultat pratique : chacun restait sur 
ses positions. 

La mort de Hugue III, comte du Mans, finit par amener 
indirectement la solution du conflit: Gervais, voyant dans le 
Maine sa cause définitivement perdue, promit à Geoffroi Martel 
tout ce que celui-ci voulut_ exiger de lui et obtint ainsi sa 
mise en liberté *. Léon IX se décida sans doute alors à lever 
excommunication et interdit ^, sans toutefois consentir à déclarer 
Gervais déchu de son siège 3, malgré une lettre où le comte lui 
exposait, non sans fermeté, que Gervais, continuant, en dépit de 
ses engagements, à se conduire vis-k-vis de lui en ennemi, avait 
définitivement perdu ses droits à Tévêché du Mans ^. Geoffroi 
Martel devait d'ailleurs finir par obtenir gain de cause même sur 
ce point après la mort de Léon IX ^ ; mais ce qu'il importait 
surtout de signaler, c'est combien dans toute cette lutte il y eut 
partie liée entre Eusèbe et le comte. Cette entente ne devait 
jamais se rompre, et c'est ce qui explique que, quelques années 

1. Voir ci-dessus, p. 75. 

2. Ce n'est que vraisemblable. M. Schwabe admet que Léon IX ne leva 
jamais ni l'interdit ni Texcoramunication et même que Geoffroi Martel resta 
excommunié jusqu'à la fin de sa vie [Sludien, p. 85-86) ; M. Brôcking [Die 
franz. Poliiik Leos AY, p. 79, n. 1) a avec raison, selon nous, considéré 
l'opinion opposée comme infiniment plus probable. 

3. Le transfert de Gervais sur le siège de Reims n'aura lieu qu'après la 
mort de Léon IX, dans le courant de l'année 1055, et ce sera seulement 
alors qu'un nouvel évoque sera élu au Mans : voir ci-dessous, n. 5. 

4. Sudendorf, Berengarius Turonensis, lettre n° 8, p. 212-214 : cette 
lettre est antérieure, non seulement à la mort de Léon IX (19 avril 1054), 
mais au 15 août 1052, date à laquelle la paix était faite entre Geoffroi et le 
roi (voir ci-dessûs, p. 76, n. 3). 

5. Gervais fut, en effet, transféré sur le siège de Reims à la mort de 
rarchevôque Gui, et Geoffroi Martel, à cette nouvelle, fit procéder k l'élcc- 
lion d'un nouvel évêque du Mans ; ce fut un abbé angevin, Bougrin [Vul- 
grinus)j abbé de Saint-Serge d'Angers, qui fut choisi (voir les Actus ponti- 
ficum Cenomannis in urbe degentium, éd. Busson et Ledru, p. 373). Cette 
élection eut lieu le 31 août 1055. puisque Bougrin, mort le 10 mai 1065 
[Soles de Vobit. de Saint-Serge, p. 108 du Recueil d'annales angevines e( 
wnt/omoises), fut évèque neuf ans, huit mois, onze jours, suivant les Aclus 
ponlificum Cenomannis in urhe degentiuni^ p. 374. 



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126 LE œMTÉ d'anjou 

après, Geoffroi Martel ait pu prendre très nettement la défense 
de Bérenger, et par cela même de son protecteur Tévêque d'Angers, 
contre un parti qui avait à sa tête le pape lui-même *. 



III 

Personnellement d'ailleurs le comte ne manquait pas de pres- 
tige ; non pas que Foulque Nerra et Geoffroi Martel aient été des 
hommes supérieurs, mais parleur énergie, leur audace, par leur 
piété ardente, quoique grossière, par leur violence même 2 ils 
en ont imposé à leur entourage et ont laissé une trace profonde 
dans l'imagination populaire. 

Cela est surtout vrai de Foulque Nerra : plus vive fut chez les 
contemporains l'impression produite par ce prince extraordinaire 
qui, après avoir succédé à son père dès Tâge de dix-sept ans à 
peine ^, occupa le pouvoir jusqu'à sa soixante-dixième année, 
étonnant jusqu'au bout le monde par son ardeur infatigable, 
et que la mort vint surprendre sur les grands chemins, à Metz, 
au retour d'un lointain pèlerinage en Terre Sainte (21 juin 1 040) *. 
Geoffroi Martel, au contraire, enlevé prématurément à l'âge de 

1. Voir dans Sudendorf, Berengarius Turonenais, p. 215, n*> 10, une lettre 
écrite au nom de Geoffroi Martel pour prendre la défense de Bérenger 
auprès d*Hildebrand. Cette lettre, postérieure au concile de Tours de 1054, 
se place au début de Tannée 1059, au moment où Bérenger se rend au 
concile de Rome de Pâques 1059 (voir Schwabe, S/u(fie/i, p. 88). 

2. Voir, à cet égard, pour Foulque Nerra, une charte très significative 
au Livre noir de Saint-Florent de Sat/mi/r, fol. 129 [Pièces Ju si if. ^ n® 6), et 
pour Gepffroi Martel le Cartul. de Saint-Aubin d'Angers, éd. Bertrand de 
Broussillon, t. II, p. 209 : «... Hesit in hoc comes Gaufridus et, ut qui pre- 
valebat utens sua vi constanter immo violenter, pro potestate asseruit 
quia... • Cf. le passage de 17/ts/. (/e Sam/-F/oren/ cité ci-dessous, p. 131, 

3. On se souvient, en effet, qu'il était né vers 970 et avait succédé à son 
père en 987 : voir ci-dessus, p. 8-9. 

4. Sur la date de sa mort, voir ci-dessus, p. 10, n. 1. Sur les circon- 
stances et le lieu de cette mort, outre le passage de Foulque le Réchin 
déjà cité au môme endroit, voir Raoul Glaber, IV, 9, éd. Prou, p. 113-114 : 



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LE COMTE 



127 



cinquante-cinq ans *, après un court règne personnel de vingt 
ans, rendit simplement le dernier soupir dans son lit, à Tabbaye 
de Saipt-Nicolas d'Angers, où il avait revêtu Thabit monastique 
(14 novembre 1060) 2, sans avoir pu, malgré ses nombreux 
mariages^, s'assurer une postérité. Moins riche aussi en 

« Preterea Fulco, Andegavorum cornes, de quo superius quedam retulimus, 
1er Iherosolimam jam perrexerat veniensque Meltensem urbem, ibidem 
obiil » (texte paraphrasé par les Gesta, 3« réd.) ; Cartul. de Cormery^ 
éd. Bourassé, charte n® 35 : « Annoab incarna tione Domini M<>LIV<>... flo- 
rente quoque in principatu, lam in Andecava regione quam in Turonica, 
bellicosissimo comité Gauffredo, Fulconis comitis filio, illius videlicet Ful- 
conis qui obiit peregre dum reverteretur a sepulcro Domini... » C'est, bien 
entendu, à Metz en Lorraine et non à Metz en Gàtinais (qu'on n'eût pas 
qualiûé urbs), comme le suppose miss Kate Norgate [England under ihe 
angevin kings, t. I, p. 168, n. 2), que mourut Foulque ; suivant la 3« rédac- 
tion des Gesta conêulum, ses entrailles y furent déposées dans le cime- 
tière de la cathédrale {Chron, des comtes d'Anjou ^ p. 117) ; mais son corps 
fut rapporté en grande pompe en Anjou et inhumé, suivant ses dernières 
volontés, à l'abbaye de Beaulieu près Loches (Foulque le Réchin, loc, cil, ; 
Raoul Glaber, IV, 9, éd. Prou, p. 114; Miracles de saint Nicolas^ dans le 
Calalogus codicum hagiogr. latin, Bibl, Paris, , i, III, p. 160; n<^ 78 du 
Catalogue d^ actes). L'emplacement du tombeau de Foulque Nerra était 
encore marqué à Beaulieu, au xviii" siècle, par un monument d'époque tar- 
dive : voir Appendice V. 

1. II était né le 14 octobre 1006 : voir ci-dessus, p. 10. 

2. Pour la date, voir p. 12; pour les circonstances de cette mort, 
joindre aux textes cités p. 12 le passage suivant de la Chron, de Foulque le 
Réchin : « Nocte siquidem illa quae praecessit fmem ejus, deponens 
omnem curam militiae rerumque saecularium, monachus factus est in 
monasterio Sancti Nicholai, quod pater ejus et ipse multa devotione con- 
stnixerant et rébus suis suppleveranti {Chron. des comtes d' Anjou ^p, 379). 
Les chartes prouvent, elles aussi, que Geoffroi Martel mourut à Saint-Nicolas 
d'Angers sous l'habit monastique et y fut enterré (Catalogue d^actes^ 
n*» 158, 280). Au moment de sa mort, il avait été soigné par un moine de 
Marmoutier (Catalogue d'actes^ n® 157). 

3. Nous avons vu (chap. II, p. 57) qu'il épousa d'abord Agnès, veuve 
de Guillaume le Grand d'Aquitaine, le l'^' janvier 1032. Il la répudia vers 
1050 (i/>i</., p. 61, n.6), pour épouser, avant le 15 août 1052 (ibid,), Grécie, 
veuve de Bellay de Montreuil-Bellay. II répudia cette dernière, à son tour, 
pour épouser Adèle, « fille du comte Eude », dit une charte du Ronceray, 
peut-être une fille du comte Eude II de Blois ; puis il reprit Grécie 
quelque temps (on la trouve aux côtés de son mari, avant ou après sa 
première séparation, postérieurement au 14 janvier 1056, au n«121 du Cala- 



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28 LE COMTÉ d'aNJOU 

ontrastes, apparut la figure de Geoffroi Martel : son seul voyage 
nportant eut pour objet d aller avec sa femme Agnès assister 
la marche triomphale de l'empereur Henri III à travers 
Italie (1046) ^ ; si bien que les chroniqueurs n'ont retenu 
e son caractère que la violence et l'ambition 2. 

>gue (facien) ; enfin il la quitta une fois encore pour épouser Adélaïde 
la Teutone » : voir CartuL du Ronceray dWngers, éd. Marchegay, n« 64, 
Li il est question d'une vigne que Geoffroi Martel « concubinis potiusquam 
xoribus dédit, Agneli primo, deinde Grccie, postea Adèle, comitis filie 
donis, item.dcnuo Grecie, postremo Adelaidi Theutonice ». Il est ques- 
on de Grécie en tant que comtesse et veuve de Bellay dans la charte 
" 147 du Catalogue d'actes. Elle est nommée encore aux n*»» lil, 112, 113, 
ÎO, 146, 148, 149, iriOdu Catalogue. Elle mourut un 25 avril, suivant VObi- 
laire de Saint-Maurice d'Angers (copie de la Coll. Baluze, vol. 39, fol. 30 
») :»VII kal. (maii).Obiit Grecia comitissa, uxor Gaufridi Martelli, postea 
mctimonialis. » Il est question d'Adélaïde la Teutone comme dernière 
mmë de Geoffroi Martel dans deux chartes délivrées par ce dernier, l'une 
irant le 22 mai 1060, l'autre au moment de sa mort et dans deux chartes du 
)mte Geoffroi le BRihu (Catalogue d'actes, n»» 130 bis, 157, 167, 168, 169). 
n a prétendu qu'Agnès avait été reprise peu après sa première répudia- 
on (L. de Grandmaison, Geoffmy II Martel, dans les Positions des thèses 
? V École des Chartes^ ann. 1887 ; Métais, CartuL delà Trin, de Vendôme, 
I, p. 170, n. 1), mais uniquement en se fondant sur des documents sus- 
Bcts ou niai interprétés : voir notre étude sur Les chartes de fondation 
?. la Trinité de Vendôme et de VEmèrc d'Angers (réponse à M. l'abbé 
élais),dans Le Moyen Age, 2« série, t. VHI, 1904, p. 401-411. 
1. Voir une charte du CartuL du Ronceray, éd. Marchegay, n« 35, délivi-éc 
quand Geoffroi et sa femme Agnès revenaient de Fouille », en mars 
)47 {Catalogue d'actes, n® 89). Une charte de Bourgueil fut confirmée 
quando Gauzfredus comes venit de imperatore Homa » (Arch. d'Indre- 
;-Loire, H 24, n«> 39, orig.). Agnès, et son mari probablement avec elle, 
rofitèrent de ce voyage en Italie pour faire un pèlerinage au Monte Gar- 
mo. Hermann Contractus, dans sa Chron., au début de l'année 1047, 
jte le fait en ces termes :«Sed socru imperatoris démonte Gargano Bene- 
mtum reversa, orto tumultu, Beneventani cives quibusdam eam injuriis 
riciunt»(éd. Pertz, Mon, German., Scriptores, t. V, p. 126). Lambert 
3 Hersfeld nous apprend, en outre, qu'Agnès (et sans doute aussi son 
lari) avait été rejoindre l'empereur à Goslar, en Prusse, et s*y trouvait à 
[ Noël 1045 (ibid., p. 153), vers le moment où la fille de la comtesse 
Anjou, l'impératrice Agnès, venait de donner le jour à son premier 
ifant. Cf. Steindorff, Jahrbucher des deutsch. Reichs unter Ileinrich III, 

1, p. 287-288. 

2. Voir Guillaume de Poitiers et Guillaume de Jumièges, dans les Ilist, 
? Fr,, t. XI, p. 43 et 78, et cf. ci-dessus, p. 126, n. 2. 



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LE COMTE 129 

Au contraire, la figure de Foulque Nerra devint de , bonne 
heure légendaire. En réalité, il nous apparaît comme un homme 
ardent, acharné, s'adonnant tout entier à son ambition et à sa 
cupidité et dominé par la passion guerrière ; puis brusquement 
se ressaisissant à la pensée des peines éternelles et essayant alors 
d obtenir par quelque donation ou quelque pénitence le pardon 
du Dieu ou des saints que ses violences ont dû courroucer. Une 
charte nous le montre trop occupé de guerres pour songer 
aux choses d'église ^ ; dans une autre, il est question de son 
caractère emporté, farouche, ne souffrant point la contra- 
diction • ; et tout cela condorde avec ce que nous apprennent 
le récit des guerres qu'il soutint, ses rapports avec lé comte du 
Maine, avec Hugue de Beauvais. 

Ailleurs, au contraire, nous le voyons, pris de crainte, faire 
ime donation à Féglise Saint-Maurice d'Angers « pour le salut 
de son âme pécheresse et pour se faire pardonner le massacre 
épouvantable des chrétiens qu'il a fait tuer sur la lande de 
Conquereuil » ^; une notice nous le représente au moment 
de la prise de Tours, en 996, pénétrant à main armée dans 
le cloître de Saint-Martin, puis tout à coup, à la vue des 
chanoines qui entourent d'épines les châsses et le crucifix et 
ferment les portes de leur église, se hâtant de venir humble 'et 
pieds nus faire amende honorable devant le tombeau du saint 
qu'il a offensé '*. En 1026, quand il prend Saumur, la fureur 

1. Catalogue d"* actes f n° 48 : u Comitissa vero, maxime viro suo miliciae 
suae inlento, elemosinam suam augere cupiens... » 

2. Pièce Justificative n*» 6 rTabbé de Saint-Florent, malgré son bon droit, 
cède devant les revendications de Foulque Nerra <( ob immanitatem fero- 
ciae ipsius ». Il faut noter toutefois que le rédacteur de la notice est sus- 
pect de partialité. 

3. Catalogue d'actes^ n° 8 : « Quapropter ego Fulco... propter remedium 
animae meae et pro poenitentia de tam magna strage christianorum quae 
acta est in planicie Conquareth et ut beata Maria Dei genitrix Virgo et 
sanctus Maurilius pontifex intercédant ad Dominum nostrum Jesum 
Christum pro me peccatore... )> 

4. Pièce Justificative n** 3. 

Halphbn. — Le comté d'Anjou. 9 



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1«30 LE COMTÉ d'aNJOU 

remporte d'abord : il pille tout, incendie tout, n'épargne 
même pas l'église de Saint-Florent; puis sa grossière piété 
reprend subitement le dessus : « Saint Florent, laisse-toi 
consumer, s'écrie-t-il ; je te bâtirai à Angers ime plus belle 
demeure ! » Mais comme le saint ne se laisse pas gagner par ses 
belles promesses, comme la barque où il a fait charger son 
corps refuse de bouger, il s'emporte contre « cet impie 
et ce rustre qui décline Thonneur d'être enseveli à Angers » *. 

Ses violences sont grandes, mais ses pénitences éclatantes: 
en 1002 ou 1003, il part pour Jérusalem. Il est à peine de 
retour qu'il se souille en faisant tuer Hugue de Beau vais : 
nouveau voyage en Terre Sainte, dont les périls d'une 
traversée mouvementée et l'hostilité des infidèles ne peuvent 
le détourner (1008 ?). Enfin, presque' âgé de soixante-dix ans, à 
la fin de l'année 1039, il n'hésite pas, pour gagner son salut, à 
affronter encore une fois les fatigues et les dangers d'un dernier 
pèlerinage au tombeau du Sauveur 2. Voilà qui donne bien 
l'impression d'un tempérament fougueux, farouche même, mais 
perpétuellement dominé par la crainte de la vengeance céleste. 

Sur ce double thème la légende se plut à broder. Cet homme 
violent est devenu le type de la plus atroce férocité : on Ta 
représenté poignardant sa femme, portant Tincendie à travers 
Angers même «^ imposant à son fils rebelle l'obligation de faire 
plusieurs milles une selle sur le dos et, alors que celui-ci se 
traînait humblement à terre devant lui, le repoussant brutale- 
ment du pied en criant victoire ^ ; et un moine de Saint-Florent 

1. Hist. de Sainl-Florenlt dans les Chron, des églises dAnJou^p. 277-278. 

2. Voir V Appendice II. 

3. Voir ci-dessus, p. 62, n. 3. 

4. William de Malmesbury, Gesta reguin Anglorum, III, 235 (éd. 
Stubbs, l. II, p. 292) : « Tune senis frigidus jam et eiîoelus sanguis ira 
incaluit filiumque juveniliter insultantcm paucis diebus maturiori consilio 
adco infregit, ut pcr aliquot milliaria sellam dorso evchens pronum se cum 
sarcina ante pedes patris exponcret. Ille cui vêtus animositas adhuc palpi- 
taret, assurgens et pede jacentem pulsans : Victus es tandem^ vicias ! ter 
quaterque ingeminat. » 



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LE COMTE 131 

de Saumur, il est vrai suspect de partialité, a pu nous laisser de 
lui et de son fils ce sombre portrait : « Ils égalèrent presque les 
bétes fauves par leur férocité et leur cruauté : foulant leurs 
ennemis aux pieds, n'ayant de pitié pour personne, sans cesse 
en guerre, s'appropriant les biens des églises pour y bâtir des 
forteresses qu'ils distribuaient à leurs vassaux, bouleversant 
tous les domaines, ils ne souffrirent en aucun cas qu'on osât 
protester, fût-on abbé ou évêque ; leur cœur dur et avide 
châtiait les moindres paroles » K 

De même encore Foulque est devenu dans la légende le type 
du guerrier vaillant et rusé, capable d'accomplir les tours de 
force les plus extraordinaires: il entendra, par exemple, à 
travers une cloison, parler d'une tentative machinée contre sa 
capitale, pendant son absence, par les fils de Conan; et aussitôt, 
d'une seule traite, il galopera d'Orléans à Angers, taillera 
ses ennemis en pièces et regagnera Orléans avec une telle 
rapidité qu'on n'aura même pas eu le temps de remarquer 
son absence 2. Il sera le sauveteur du pape, qu'il délivrera par 
des exploits merveilleux des brigands les plus dangereux et 
du redoutable Crescentius ^. Il aura enfin Tesprit si retors, qu'il 
saura éviter les pièges que les infidèles auront le mieux combi- 
nés contre lui '*. 

1. Hist. de Saint-Florent, p. 260 des Chron, des églises d'Anjou, Nous 
traduisons assez librement. 

2. Gesta consulum Andegav. (ms. 6218, p. 44-45 ; Chron, des comtes d'An- 
j'ou^ p. 92-93). Cf. ci-dessus, p. 25, n. 3. 

3. Voir Vllisl, de Saint-Florent (Chron, des églises d'Anjou, p. 273) et 
surtout la dernière rédaction des Gesta consulum Andegav, (Chron. des 
comtes d'Anjou, p. 100-106), où se trouve un récit d'allures épiques tout 
comme celui que M. Lot à signalé pour Geoffroi Grisegonelle dans la 
Romania, t. XIX (1890). 

4- Gesta consulum Andegav, (ms. 6218, p. 46 ; Chron, des comtes d'An- 
jou, p. 102) : Foulque, après avoir pu pénétrer dans Jérusalem en peyant 
force argent, se voit refuser Taccès du Saint-Sépulcre. Les infidèles, 
« cognito quod vir alti sanguinis esset, deludondo dixerunt nullo alio modo 
ad sepulcrum optatum pervenire posse nisi super illud et crucem domini- 
cam mingerel. Quod vir prudens licct invitus, annuit. Quesita igitur arietis 



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132 LE COMTÉ d'aNJOU 

De cet homme que la crainte du ciel saisissait par instants, 
la légende a fait le type idéal du pécheur repentant : ce ne sera 
plus trois fois, ce sera quatre fois qu'il aura accompli le pèlerinage 
de Terre Sainte ' ; on le représentera se faisant traîner demi-nu, 
la corde au cou, dans les rues de Jérusalem, flagellé par deux 
valets et criant : « Seigneur, ayez pitié du traître 2 ! » 

Mais toutes ces exagérations en bien comme en mal, ces 
traits légendaires ou même épiques ne prouvent-ils pas mieux 
qu'aucun discours ne pourrait le faire l'importance singulière 
que les AngeVins de ce temps attachaient à la personne du 
comte qui en était Tobjet ? 

vesica purgata atquc mundata et optimo albo vino repleta, quin etiam apte 
inter ejus femora posita est et cornes discalciatus ad sepulcrum Domini 
accessit, vinum super sepulcrum fudit et sic ad libitum cum omnibus sociis 
intravit. » 

4. Voir ï Appendice II. 

2. William de Malmesbury, Gesla reguni Anglorum, III, 234, éd. Stubbs, 
U II, p. 282. 



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DEUXIÈME PARTIE 



LE COMTÉ D'ANJOU SOUS GEOFFROI LE BARBU 
ET FOULQUE LE RÉGHIN 

(1060-H09) 



CHAPITRE I"- 
GEOFFROI LE BARBU 

1 

GeofTroi Martel, nous ravonsdit, ne laissa pas d'enfants; mais 
avant de mourir il avait réglé sa succession et partagé ses biens 
entre ses deux neveux, Geolfroi le Jeune, plus tard surnommé 
« le Barbu », et Foulque dit « le Réchin »*, fils l'un et l'autre de sa 
sœur Ermengarde et de GeofTroi, comte deGâtinais ^. Foulque, le 

i. Sur ces surnoms, voir Appendice I. 

2. Foulque le Réchin, dans sa Chronique, dit qu'il est fils « Gosfridi de 
Castro Landono et Ermengardis, filiae Fulconis comitis Andegavensis » 
(Chron. des comtes d' Anjou , p. 375). Une généalogie de la fin du xi« siècle 
publ. par R. Poupardin (Généalogies angevines du A'/® siècle, dans les Mél, 
d'archéologie et d'histoire, t. XX, 1900, p. 208, n° 6) donne la filiation sui- 
vante : « Ex Béatrice Gosfridus cornes de Castello Landonensi ; ex Gau- 
frido Gaufridus et Fulco presens. » Les textes qui prouvent qu'Ermen- 
garde, fille de Foulque Nerra, était mère de GeofTroi le Barbu et de Foulque 
sont nombreux : on peut voir, entre autres, le n° 8 du Cartul, du Ron- 
ceray, éd. Marchegay. D'autre part, dans une de ses chartes, GeofTroi le 
Barbu dit faire une donation à Saint-Serge d'Angers, afin qu'on y célèbre 



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r LE COMTÉ d'aNJOU 

et, âgé de dix-sept ans, avait été armé par lui chevalier en 
0, au moment de la Pentecôte ' , et avait dès ce moment reçu eu 
nage la Saintonge,dpnt Féloignement rendait la défense difli- 
et qui était alors exposée aux attaques d'un seigneur de la 
ion, Pierre de Didonne '^. Sa part d'héritage comprenait, en 
re, la châtellenie de Vihiers. Mais tous ces biens, il devait les 
ir en fief de son frère aîné Geoffroi 'K Marié à Julienne, 

livcrsaire de son père Geoffroi : a Ipsi vero constitulum habent pro 
beneficio annis singulis facere anniversarium patris mai Gaufridi, quod 
Il kalendas niaii, non minus diiigenter quam abbalum suorum anniver- 
ï\ y) {Catalogue d'actes^ n°205), et on Ht, en effet, dans VObituaire de 
tt-Serge (Bibl. d'Angers, ms. 836, ancien 753), parmi les mentions du 
iiècle, la note suivante au 2 des calendes de mai : u Obiit Gaufridus 
es [G]uastinensis ; ut de abbate, ita de eo. » Une donation de Foulque 
échin est faite « pix> remedio anime mee seu patris mei Gauffridi atque 
ris mee Ermengardis » [(lataloguo d'actes^ n°232). Ces textes suffisentà 
ler l'opinion généralement admise et défendue en dernier lieu par 
. Prou (U acquisition du Gatinais sous Philippe I*'^, dans les Annales de 
oc. histor. et archM. du Câlinais^ t. XVI, 1898, p. 177, n. 2) et d'Espi- 
{Les comtes du Gatinais, dans les Mt^m. delà Soc. d'agricult.^ sciences et 
d'Angers^ 5« série, t. I, 1898, p. 25) suivant laquelle le père de Geoffroi 
arbu et de Foulque le Réchin se serait appelé Aubri et non Geoffroi. 
t là une tradition fausse accréditée par la Chron. de Saint-Maixent 
^on. des églises d\Anjou,p. 402), parOrderic Vital (éd. Le Prévost, t. II, 
2 et 253), Hugue de Fleury [Mon. Gennaniae, Scriptores, t. IX, p. 390) et 
ul « de Diceto » (éd. Stubbs, t. I, p. 185, et p. 333 des Chron. des comtes 
ijou)y tous auteurs sans autorité. Les historiens du Gàtinais ont été en 
e, bien à tort, embarrassés par une charte, aux termes de laquelle le 
te de Gàtinais, en 1026, se nommait Aubri et non Geoffroi (Dubois, Ilist, 
'S. Parisiensis, t. I, p. 636) : cette charte ne peut servir à établir le 
i du comte de Gàtinais quelques années plus tard ; elle nous apprend 
leurs qu' Aubri avait deux frères, Geoffroi et Liétaud ; le premier de 
t-ci pourrait bien avoir été le successeur d' Aubri et le père de nos 
K comtes. 

Chron. de Fouhjue le Réchin : « In hujus extremo vitae anno, me 
3tem suum ordinavit in militem in civitate Andegavis festivitate Pen- 
stes, anno ab incarnationo Domini MLX^ » (Chron. des comtes d'Anjou^ 

■9). 

Ibid. : « Et commisit mihi Sanlonicum paguni cum ipsa civitate 
>a cujusdaVn guerrae quam habebat cum Petro Didonense. » 

Une notice du Livre noir de Saint-Florent de Sauniur, fol. 29 v'^-SO r« 
alogued^ actes, lY* 208), contient la phrase suivante : « Gosfredus, Fulconis 
s, Andegavensium comes, cognoscens diem mortis imminere, condonavit 



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GEOFFROI LE BARBU 135 

fille d'Hamelin, seigneur de Langeais*, celui-ci avait déjà hérité 
du comté de Gàtinais - avant la mort de son oncle et il lui succé- 
dait dans le comté d'Anjou et Touraine*^ : à sa domination immé- 

Gosfrido nepoti suo comitatumsuum, Fulconi vero, fratri hujus, inter caetera 
V'ierensium castrum, praecipiens tamen ut omnia a fratre suo teneret. » 
Une charte de Foulque le Réchin des années 1060-1068 (Catalogue d'actes 
Ti^ 207), donnée par lui en sa eour, à Vihiers, commence ainsi, après un 
long préambule : « Quapropter ego Fulco, illustris quondam et prepotentis 
Andecovorum comitis Gausfridi, Fulconis filii, nepos, aliquantulum de his 
quae jure hereditario ex beneficio ipsius me contingunt et ad castellariam 
Vigerii, unde me dominum et possessorem fecerat, pertinent, pro mea et 
illius anima servis Dei relaxare disposui^ » 

r. Julienne souscrit -dès 1060 une charte de son mari (Catalogue d'actes, 
n" 158) ; elle souscrit encore notamment un acte du 7 août 1067 (ibid,^ 
n° 186). Une charte de Hugue de Langeais des années 1068-1082, confirmée 
par Foulque le Réchin {Catalogue d'actes, n° 240). porte la souscription 
d'une « comtesse Ilaroeline », qu'une glose du Cartulaire de Bourgueil disait 
« filia Hamelini de Langiaco, uxor, Goffridi Barbati comitis Andegav. » 
(glose indiquée dans toutes les copies de la charte que nous avons relevées 
au Ca/a/o^i/e c/'ac/es). Le Cartulaire de Bourgueil n'avait été, il est vrai, 
écrit qu'au xv* siècle ; mais cette glose était évidemment la transcrip- 
tion d'une note ancienne, soit de l'original même, soit d'une copie. Aussi 
y a-t-il toute raison pour en admettre l'exactitude. D'autre part, « Hame- 
line »ne peut être qu'un surnom de Julienne, puisque celle-ci est restée, 
au témoignage des chartes précitées, la femme de Geofîroi le Barbu jus- 
qu'à la déposition de ce dernier. On conçoit d'ailleurs qu'elle ait reçu ce 
surnom, puisque a Hamelin » était le nom de son père. 

2. Une charte nous montre l'abbé de Saint-Père de Chartres venant se 
plaindre à GeofTroi Martel, comte d'Anjou, de son neveu Geoffroi, comte 
deGàtinais (Cartul. de Saint-Père de Chartres, éd. Guérard, t. I", p. 126,; 
Catalogue d^ actes, n'^ 154). Le père de GeofTroi le Barbu était d'ailleui^ mort 
avant la comtesse Hildegarde (décédée le l"*" avril 1046), comme on le voit 
au n« 8 du Cartul. du Ronceray, 

3. Une charte est donnée par Geofîroi Martel à son lit de mort en pré- 
sence de ses deux neveux Geoffroi, son successeur, et Foulque (Cata- 
logue d'actes, n<> 157) ; nous avons cité (p. 134, n. 3) une notice du 
LtiTe noir de Saint-Florent tout à fait concluante ; une autre (Catalogue 
(Tactes, n» 171), de l'an 1063, parle de Geoffroi le Barbu « cum post illius 
(Gausfredi)obitum Andecavensem ac Turonensem obtineret et ipse pariter 
comitatum » ; enfin l'ensemble des chartes inventoriées sous les n°*>.158 à 
210 de notre Catalogue d'actes prouvent notre assertion jusqu'à l'évidence. 
Foulque n'y a même pas le titre de comte. Aussi faut-il reléguer définitive- 
ment dans la légende, comme on l'a déjà fait, le prétendu partage du comté 
entre Foulque et son frère indiqué dans la rédaction primitive des Gesta 



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136 LE COMTÉ d' ANJOU 

diate, en dehors de l'apanage constitué à son frère Foulque le 
Réchin, le territoire de Saumur, donné en douaire par Geoffroi 
Martel à sa dernière femme *, échappait seul, et encore allait-il 
dès Tan 1062 rentrer dans le domaine comtal ^, 

Au début, Foulque le Réchin se contenta de la situation 
subordonnée qui lui était faite, et les deux frères vécurent en 
bons termes : on vit Foulque souscrire docilement les chartes 
de Geoffroi ^ ; Geoffroi, de son côté, vint prêter aide à Foulque, 
quand, en 1061, le duc d'Aquitaine Gui-Geoffroi, revendiquant 
la Saintonge ^, commença ses attaques contre Saintes : Geoffroi 
se joignit à son frère ; marchant au devant de Gui, ils le rencon- 
trèrent à CheP-Boutonne et, après une lutte acharnée, mirent 
l'armée poitevine en fuite (21 mars 1061) ^. Mais, en 1062, Gui- 

consul. Andegav, en ces termes : « Reliquit (Gosfridus Martellus) Ande- 
gaviam et Santonas Barbato, Turoniam cum Landonensi castre Fulconi » 
et en ces termes dans les rédactions suivantes : <c Andegaviam et Santonas 
Fulconi, Turoniam cum Landonensi castro Barbato donavit » [Chron, des 
comtes d'Anjou, p. 131). 

1. Voir les chartes, n»» 167, 168, 169 du Catalogue d'actes, 

2. Ibid., no 168. 

3. Ibid., no» 161, 167, 168, 195, 196, 199, 204. 

4. C'est en effet vraisemblablement à ces événements qu'il faut rappor- 
ter en gros ce que disent la Gesta consul, Andegav. {Chron, des comtes 
d'Anjou, p. 126) des revendications des Poitevins et des Angevins au 
temps de Geoffroi Martel. 

5. Chron, de Saint-Maixent, dans les Chron, des églises d'Anjou, p. 402. 
M. Richard, Hlst, des comtes de Poitou , t. I**", p. 284, a fort ingénieuse- 
ment tenté d'établir la date du 21 mars, en supposant que les détails 
donnés parles Gesta consul. Andegav., loc. cit., sur la bataille de Chef- 
Boutonne étaient dans l'ensemble admissibles, quoique cette bataille y fût 
placée au temps de Geoffroi Martel par confusion avec celle de Saint-Jouin- 
de-Marnes : il y est question du froid intense dont les vainqueurs 
cherchèrent à se protéger en s'abritant derrière les cadavres des 
vaincus. Or la Chron. de Saint-Maixent fixe le combat au jour de 
la saint Benoit : on pouvait hésiter entre la saint Benoît d'été et 
la saint Benoît d'hiver ; l'observation de M. Richard permet, semble- 
t-il, de se prononcer pour la seconde. Il faut d'ailleurs remarquer que 
la Chron, de Saint-Maixent, dit, en même temps, que le combat eut 
lieu un mardi, et que, en 1061, le 21 mars tomba un mercredi : ou bien il 
y a erreur, et l'erreur, dans ce cas, doit porter plutôt sur le jour que sur le 



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GEOFFROI LE BARBU 137 

Geoffipoi ayant renouvelé son attaque et mis le siège devant 
Saintes, la place, à bout de ressources, dut se rendre, sans que, 
à ce qu'il semble, Geoffroi le Barbu eût fait effort pour venir la 
dégager *. 

Avec? la Saintonge, Foulque perdait le plus gros morceau de 
son apanage : son mécontentement dut être Torigine ou le motif 
de ses premiers dissentiments avec son frère 2. En 1063, nous 
les voyons en pourparlers à Candé ^ ; la bonne entente était, 
sans doute, déjà rompue, car le nom de Foulque n'apparaît plus 
désormais dans les chartes de Geoffroi *. 



II 



La situation de Geoffroi était cependant encore loin d'être 
compromise : au début de cette même année 1063, il se sentait 
assez fort pour aller dans le Maine soutenir Gautier de Mantes 
contre le duc de Normandie Guillaume le Bâtard ^. M^is par 

quantième ; ou bien — mais ceci nous paraît trop douteux — on faisait 
alors commencer les fêtes la veille (c'est Topinion suivie par M. Prou, 
V acquisition du Gâtinais sous Philippe /««•, dans les Annales de la Soc, 
hist. et archéol. du Gâtinais, t. XVI, 1898, p. 178) : en ce cas, il faudmit 
corriger la date donnée en 20 mars, au lieu du 21 mars. — Il est fait allu- 
sion à la victoire de Chef-Boutonne dans une charte de Tan 1063, qui est 
dite donnée « Philippe rege in Gallia régnante et Gaufrido comité, qui 
Guidonem, Pictavorum comitem, jam in prelio devicerat, Andecavem pro- 
curante >» (Arch. de Maine-et-Loire, G 1541, fol. 5, original). 

1. Chron, de Saint-Maixent, loc. oit,, p. 403. 

2. C'est ce que semble indiquer un fragment provenant de Fleury-sur- 
Loire, où d'ailleurs les confusions sont assez nombreuses [Hist. de Fr,, 
t. XI, p. 158). 

3. Catalogue d'actes, n® 172. 

4. Au témoignage de Foulque le Réchin lui-même (Chron, des comtes 
d'Anjou, p. 379), il y eut entre lui et son frère une longue lutte coupée de 
trêves avant les événements de l'an 1067. 

5. Guillaume de Poitiers, dans les Hist. de Fr,, t. XI, p. 86 : « Accito 
saepius Gaufredo, quem praeses eoruni Galterius dominum sibi ac tulorem 
praefecit, praelio decernere minati sunt nonnunquam. » Une charte rap- 



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138 LE COMTÉ d'aNJOU 

me politique violente et maladroite, il ne tarda pas à s'aliéner 
juccessivement tout le clergé de ses états. 

11 commença d'abord, sans qu'on sache pourquoi, à persécuter 
'archidiacre Bérenger, dont Tévêque Eusèbe Brunon ne cessait 
l'être le fidèle protecteur * ; il le dépouilla de tous les biens 
]u'il possédait à Angers et, en dépit de ses fonctions, finit par 
'expulser de la ville - : ses violences furent telles que le pape, 



3orte une difficulté survenue entre Marmoutier et Geoffroi le Barbu quand 
;e dernier « aliquando in adjutorium Cenomannensium contra Bigotos para- 
ret )) ; plainte est portée au comte quelques jours après, le 14 mars 1063 
Catalogue d'actes y n° 171). C'est, sans doute, à cette expédition que Tauteur 
des Gesta consulum Andegav. fait allusion quand il dit, en confondant les 
[loms et les temps : « Gosfridus Barba tus, armis strenuus, cum Cenomannen- 
sibus est foederatus ; cujus auxilio Ilelias de Fisca Cenomannum recupera- 
vit, quod Willelmus rex Anglorum sibi auferebat » (Chron, des comtes 
d'Anjou, p. 134). 

1. M. Brôcking nous paraît avoir parfaitement prouvé contre M. Schwabe, 
Studien zur Geschichte des zweiten Ahendmahlslreits^ p. 99-100, qu'Eusèbe 
Brunon n'a abandonné Bérenger qu'après le concile de Latran de 1079 
[Brôcking, Die Lossagung des Bischofs Eusebius von Angers von Berengar 
von Tours, dans Deustche Zeitschrift fiir Geschichlswissenschaft, t. V, 1891, 
l""» partie, p. 361-365 [avec la correction du t. VI, 1891, 2« partie, p. 232], 
et du même, Bischof Eusebius von Angers und Berengar von Tours, même 
recueil, t. XII, 1894-95, 2« partie, p. 344-350, en réponse à un article de 
M. Schnitzer, dans le Kalholik, ann. 1892, 11, p. 544 et suiv.). On sait d'ail- 
leurs qu'Eusèbe Brunon prit publiquement la dc^fense de Bérenger lors 
d'un synode réuni à Angers en 1062 pour examiner sa doctrine : c'est Béren- 
ger lui-même qui nous l'apprend, dans une lettre éditée par Sudendorf, 
Berengarius Turonensis, p. 219, n° 12 (cf. Schwabe, op. cit., p. 99, et pour 
la date de la lettre, voir les articles cités de Brôcking). Enfin on jugera de 
l'hostilité à laquelle Eusèbe Brunon finit par en arriver vis-à-vis de Geof- 
froi le Barbu par la lettre de Tévèque éditée dans Sudendorf, op. cit., 
p. 222, n° 15. Nous y reviendrons plus loin. 

2. Bérenger se plaint de ces persécutions dans une lettre adressée par 
lui au cardinal Etienne (Sudendorf, op. cit., p. 224, n*> 16) : « Noverit ergo 
bene affecta erga me humanitas vestra omnia que mihi apud Andegavem 
munificentia divina contulerat odium comitis perturbasse, accessum ad 
urbem et quam Andegavonsi ecclosiae clericus archidiaconusque debebam 
frequentiam per plures jamannos omnino pernegasse. » Sudendorf (op. ci/., 
p. 163-172) rejette sans raison valable la date de 1060-1067 pour cette 
lettre, qu'il croit devoir reporter au temps de Foulque le Réchin, en 1073. 
Comme Bérenger y parle de l'évêque du Mans, la lettre est antérieure au 



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6E0FFR0I LE BARBU 139 

se rendant à l'appel de Thérésiarque, dut faire, par Tarchevêque 
de Tours et Tévêque d'Angers, enjoindre au comte de cesser ^ 
puis lui écrire lui-même pour Tinviter formellement à la modé- 
ration 2. Geoffroi le Barbu restait sourd à ces avertissements : le 
pape le menaça d'excommunication ^. 

Conseils et menaces ne servaient de rien ; Geoffroi, redou- 
blant de maladresse, déchaînait au même moment la fureur des 
moines de Marmoutier. L'abbé Albert étant mort le 20 mai 
i064 '* et les moines ayant élu Barthélemi à sa place, Geoifroi 
le Barbu exigea que ce dernier, avant d'entrer en fonctions, vînt 

10 mai 1065, date de la mort de Bougrin, après laquelle l'évêché resta 
plusieurs années vacant (voir ci-dessous, p. 141) ; elle se place donc exac- 
tement entre le 14 nov. 1060 et le 10 mai 1065, et comme il y est dit que les 
persécutions du comte durent depuis plusieurs années, la date peut être 
cherchée aux environs de 1064 (date adoptée d'ailleui*s par M. Schwabe, 
Sludien zur Geschichte des zweiten AbendmahlsireitSj p. 101). 11 est fait 
allusion aux mêmes faits dans la lettre citée à la note suivante. 

1. Bishop, Unedirte Briefe zur Geschichte Berengars von Tours^ dans, 
Yllistorisches Jahrbuch, t. I, 1880, p. 274, n» 3(Jaffé-Wattenbach, Reyesta 
n'*4588) : « Relatum est nohis G. comitem quoruradam suorum instinctu qui 
confratri nostro domno Beringerio sacerdotiinimicantur, in ejusdem odium 
quasi sub defensione christiane fidei exarsisse adeo ut in aecclesia Ande- 
gavensi, in qua ipse confrater noster archidiaconii honore fungitur, 
officium suum minis suprafati comitis implere perterritus non audeat. Qua- 
propterfra terni ta ti veslre, nobis dilectc, mandavimus quatenus ipsi comiti 
nostravice precipiatis neulterius hac occasione supradictum virum inquie- 
tare présumai. » 

2. îbid., p. 273, n° 2(Jaffé-Wattenbach, Regesta^n'^ 4547): le pape écrit à 
Geoffroi le Barbu pour lui dire :iu'il s'étonne « ut semper persistas inobe- 
diens nostre legationi » ; c'est une allusion — la suite delà lettre le montre 
— aux réprimandes que l'archevêque de Tours et Tévêque d'Angers avaient 
été chargés de lui faire. Le pape réitère lui-^ême à Geoffroi l'ordre de 
cesser. 

3. Ibid.y p. 274, n» 4 (Jaffé-Wattenbach, Regesla, n° 4601). Apres avoir à 
nouveau demandé à Geoffroi de laisser Bérenger « procurare res suas, 
exercere negotia, administrare officia », le pape termine ainsi sa lettre : 
«Circa hocmihiobedientiam tuam patri fdius negare ne présumas. Quod si 
presumpseris, non ulleriusadmonitoremsed animadversorem potiusetana- 
theraatis in tantam contumatiam experieris exsertorem. Vale, si exhibueris 
ohedienliam; si non, incurreris anathema. » 

4. VoirpourcctledateM. Prou, Uacquisilion du Gâtinais sous Philippe /«i" 
^(lansles Mém. de la Soc. archéol. du Gâtinais^ t. XVI ), p. 6 du tirage à part. 



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140 LE COMTÉ d' ANJOU 

recevoir Tinvestiture de ses mains *. Pour beaucoup d'autres 
[Tionastères cette prétention eût été légitime - ; mais Tindépen- 
iancede Marmoutier vis-à-vis du comte d'Anjou avait été expli- 
îitement réservée lors de la cession de la Touraine à Geoffroi 
Martel en 1044 ^. Malgré les protestations des moines, Geoffroi 
'estait intraitable ; il menaçait de détruire leur n^onastère s'ils 
le se soumettaient. Les moines tentèrent de négocier ; mais plusT 
Is tardaient à obéir, plus la colère du comte augipentait : des 
nenaces, à les en croire, il ne tarda point à passer à la violence 
ît fit main basse sur leurs biens, sans les épargner eux- 
nêmes. Les religieux appelèrent à leur secours le vénérable 
Hugue, abbé de Cluny ; mais les supplications de ce saint 
lomme furent vaines, elles aussi. Geoffroi criait qu'il saurait 
)ien mater ces moines, ainsi que des ânes, et comme Hugue, 
jour implorer sa pitié, essayait de l'arrêter par un pan de son 
nanteau, le comte, arrachant la fibule qui le retenait, partit 
furieux sans lui répondre ^. 

4. Gesla consulum Andegav, (rédaction du ms. lai. 6006 de la Bibl. nat.), 
). 134 des Chron. des comtes d"* Anjou, 

2. Voir 1" Partie, chapitre V, et ci-dessous, chapitre IV. 

3. C'est ce que nous apprend une charte de Marmoutier de Tan i096 : 
... et quia pater suus apud eam sepultus erat, in tantum caram habuit 

Theobaldus) ut cum totam Turonicam cum civitate ipsa Iraderet Andega- 
orum comiti Gaufrido Martelio, (jui eum ceperat in redemptiônem sui, 
psam tamen, idest abbatiam Majoris Monasterii, nominatim exciperet 
tque sibi in proprio dominio retineret » [Carlul, danois de Marmoutier^ 
d. Mabille, n° 92). — Dans les Gesta consulum Andegav. (rédaction du 
as. lat. 6006 de la Bibl. nat.) le motif du conflit a été tout à fait déna- 
uré : les moines auraient refusé de se rendre aux prétentions du comte, 
irétendant que leur abbaye dépendait directement du roi. M. Lévêque a 
ustement fait remarquer que ce récit se rattachait à une tentative faite 
près coup par Marmoutier pour revendiquer ce prétendu privilège 
Lévêque, Trois actes faux ou interpolés des comtes Eudes et Robert et du 
oi Raoul en faveur de Vabbaye de Marmoutier^ dans la Bibl. de l'Ecole des 
Chartes, t. LXIV, 1903, p. 54 et suiv.). 

4. Gesta consul. Andegav., loc. cit. y p. 134-138; Ilildebert de Lavardin, Vie 
'e saint Hugue, dans les Hist. de Fr., t. XIV, p. 70, d'après la même source 
ue les Gesta. Une allusion est faite à ces événements dans la lettre adros- 
ée peu après au pape par l'évêque EusèbeBrunon : «... nihilominus detes- 



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GEOFFROI LE BARBU 141 

Enfin, conime si ce n'était pas assez de tant de mécontents, 
Geoffroi le Barbu était encore, en 1065, entré en conflit avec 
larchevêque de Tours : le 10 mai de cette année, Tévêque du 
Mans Bougrin {Vulgrinus) étant mort ^ sous Finfluence évi- 
dente du duc de Normandie Guillaume, le Normand Arnaud 
fut élu au siège vacant 2. Empêcher, si possible, la consé- 
cration de Télu était certainement, en principe, pour le comte 
d'Anjou, de bonne politique ; mais à un moment où il eût fallu à 
tout prix éviter d'exciter davantage contre lui le clergé d'Anjou 
et de Touraine, la conduite de Geoffroi fut d'une insigne mala- 
dresse. C'est, en effet, à l'archevêque de Tours Barthélemi, 
duquel dépendait la province du Mans, qu'il appartenait de 
consacrer Arnaud : Geoffroi le lui interdit ^. On allégua qu'Ar- 
naud, étant lîls d,e prêtre, n'était pas éligible ^. Le clergé du 
Mans porta plainte au pape Alexandre II, qui enjoignit à l'ar- 
chevêque de procéder sans retard à la consécration et au comte 
d'y laisser procéder ^. Geoffroi redoubla de menaces contre Bar- 
thélemi s'il passait outre. « Ce nouveau Néron, écrivait l'arche- 
vêque en réponse aux injonctions du pape, a dépassé en impiété 
tous ses prédécesseurs... Il a mis à sac tous mes biens et ceux 
de mon église, renversé ma demeure et celle de mes chanoines, 
il nous a rendu le séjour de notre cité impossible... J'ai reçu de 
Votre Autorité l'interdiction de me prêter à une substitution 



tabili pervasione beati Martini adortus ecclesiam... » (Sudendorf, Berenga," 
riu8 Turonensis^ p. 222, n<» 15). C'est a tort qu'on a cru d'ordinaire qu'il 
s'agissait là de Saint-Martin de Tours : nous ne connaissons de différend 
de Geoffroi le Barbu qu'avec Saint-Martin de Marmoutier. 

1. Notes de VObit. de Saint-Serge, p. 108, et liste des abbés de Saint- 
Serge, p. 109 de notre Recueil d'annales angev, et vendôm, 

2. Actus pontif. Cenomannis in urbe degentium, éd. Busson et Ledru, 
p. 374-375, 

3. Barthélemi s'en plaint vivement dans une lettre adressée au pape 
(Sudendorf, Berengarius Turonensis, p. 221, n° 14). 

4. Aclus, loc. cit. y p. 375. 

5. Ibid, et voir la lettre du pape (Jaffé-Wattenbach, Regesla^ n^ 4642) 
publiée dans le Neues Archiv, t. VII, p. 160. 



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142 LE COMTÉ D*ANJOU 

d'évêque ; mais, pour m'empêcher de vous obéir, il a, n'ayant 
aucun droit sur Tarchevêché de Tours, mis en œuvre contre moi 
les menaces les plus terribles. J'ai dénoncé son audace aux 
autres évêques à Orléans, en la cour du roi, alors qu'il y était 
lui-même ; mais ni les efforts des laïcs, ni ceux des clercs ne 
parvinrent à le calmer ; ils eurent beau lui interdire de par Tau- 
torité royale d'attenter à la personne d'un archevêque royal ^, 
rien n'y fit. Tout cela joint aux tentatives que j'avais, suivant 
tes avertissements, faites auprès de lui pour qu'il cessât de pour- 
suivre de sa haine et de ses violences notre frère Bérenger 2, et 
d'autres causes encore n'ont fait que provoquer chez ce vassal de 
mon église un redoublement d'oppression. » Barthélemi terminait 
son épître en annonçant au pape qu'il avait avec les évêquçs du 
synode d'Orléans excommunié le comte rebelle et en le priant de 
confirmer la sentence et de faire savoir aux suffragants de Tours, 
notamment à l'évêque d'Angers, qu'ils eussent à s'abstenir de 
tout rapport avec l'excommunié ^. — Le pape écouta cet appel 
et dépêcha en Anjou le légat Etienne ^. 



1. On sait par ailleurs que l'archevêque de Tours était à la nomination 
(lu i-oi : voir Imhart de La Tour, Les élections épiscopales dans Vtglise de 
France, p. 244, n. 1. 

2. Béœnger riiérésiarque. Voir ci-dessus. 

3. Sudendorf, Berengarius Turonensîs, p. 221-222, n° 44. Cettre lettre, 
où il n'est pas fait allusion à la première déposition de Geoffroi le Barbu 
en avril i067 et qui est postérieure à la mort de l'évêque du Mans Bougrin 
(10 mai 1065), doit se placer, à ce qu'il semble, dans le courant de l'année 
1066. 

4. Dans une lettre adressée un certain temps après l'emprisonnement 
définitif de GeofTroi le Barbu (Sudendorf, op. cit,, p. 222, n^ 15), l'évêque 
d'Angers Eusèbe Brunon dit expressément que c'est pour mettre fin aux 
violences du comte que le pape a envoyé le légat Etienne : « Misisti eiiim 
ad nos proxime abacto tempore beati Pétri cardinalem Stephanum, qui 
vicem paternitatis tuae suppleret ascendendo ex ad verso et murum oppo- 
nendo pro ecclesia Turonensi contra illum angelum Satanae transfiguran- 
tem se in angelum lucis, Josfridum dicimus, comitem juniorem illum 
Andegavensem. » 



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GEOFFROl LE BARBU 143 



III 



Dès ce moment, la situation de Geoffroi le Barbu était presque 
désespérée : le comté d'Anjou était à la merci de la première . 
attaque et si, à la fin de Tannée 1 066, le comte de Rennes 
Conan, après avoir pris Pouancé et Segré *, n'était subitement 
mort devant Château-Gontier (décembre 1066) 2, si, à la même 

1. Cette prise de Pouancé et de Segré n'est connue que par Le Baud 
[Histoire de Bretagne, p. 157), lequel ne donne aucune référence et dont la 
source semble perdue : « Et premièrement mena son exercite devant le 
chastel de Poucncé, lequel luy fut rendu par Silvestre, seigneur d'iceluy 
chastel et de la Guerche... puis après alla Conan assiéger Segré, qu'il 
print. » — Guillaume de Poitiers (//ts/. JeFr., t. XI, p. 89) semble croire 
qu'à ce moment Conan et Geoffroi étaient de partie liée contre Guillaume 
le Bâtard ; mais il fait évidemment erreur, ou veut exagérer les difficul- 
tés avec lesquelles son héros se trouva alors aux prises. 

2. Annales de Vendôme et Annales dites de Renaud : « Illo item anno 
MLXVIl) comes Britannorum Gonanus, juvenis et maliciosus, Andecavo- 

rum terram superbe pervasus, pervasioni suç ac superbiç in ipsa Andeca- 
vorum terra subita morte pr^reptus est » (Recueil d'annales angev, et 
vendôm., p. 64, 87). Guillaume de Jumièges [Hist. de Fr,, t. XI, p. 50) 
précise en disant que c'est devant Château-Gonlier que Conan est mort ; 
il attribue d'ailleurs cette mort à un crime commis à l'instigation de Guil- 
laume le Conquérant et la place vers l'époque du départ de ce dernier 
pour l'Angleterre, c'est-à-dire à la fin de l'année 1066. Cette date est con- 
firmée par l'épi taphe de Conan (publiée dans Lobineau, Hist. de Bretagne, 
t. II, col. 117, et dans Morice, Mémoires pour servir de preuves à Chist, 
de Bretagne, t. I, col. 427), qui fixe la mort du comte de Rennes en 
* décembre 1066. Un fragment annalistique breton [Hist. de Fr., t. XI, 
p. 413, n.) fait par erreur mourir Conan devantCraon. C'est cette erreur qui 
a dû être le point de départ de tout un petit roman bâti (peut-être aussi à 
l'aide de quelques récits légendaires) par Le Baud dans ses Chroniques de 
Vitré (publiées à la, suite de Y Hist, de Bretagne, éd. d'Hozier, Paris, 1638, 
in-fol.) chap. XIII, p. 11. Suivant cet auteur, l'origine de l'invasion de 
Conan serait la forfaiture commise parGuérin, seigneur de Craôn, qui, désa- 
vouant son seigneur, le comte d'Anjou Geoffroi Martel, fit hommage au 
comte de Rennes. Il en résulta, dit-il, une guerre où Guérin appela à son 
secours le sire de Vitré, son gendre, et le comte de Rennes : Conan mou- 
rut à Craon en 1066 ; mais après sa mort, Guérin reprit la lutte et profi- 
tant de ce que Geoffroi Martel étaijt occupé à Brissac, « entra en celle terre 



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144 LE œMTÉ d'anjou 

époque, le duc de Normandie Guillaume n'avait été occupé à 
conquérir l'Angleterre, l'avenir de ce comté eût pu être sérieu- 
sement compromis. L'occasion était si favorable, que Foulque le 
Réchin jugea pouvoir tenter un coup de force et, le 25 'février 
1067, se rendit par surprise maître de Saumur K 

Quelques jours après, le légat Etienne arriva dans la ville et 
sous sa présidence s'y tint im synode auquel prit part notam- 
ment l'archevêque de Tours 2. Les prélats renouvelèrent l'ex- 
communication prononcée contre Geoffroi le Barbu pour ses 
violences envers l'archevêque et Marmoutier 3, firent inviter 

que Geoffroy a voit reprise après la mort de Conan et la brusia et destrui- 
sit du tout jusques à l'Arche d'Angiers ; puis de là se départant vint au 
port d'Espinay ». Guérin se laisse surprendre à Espinay (Epinaces), y est 
blessé mortellement et expire à Craon, pendant que Geoffroi Martel entre 
dans la place, s'en rend maître et la donne à Hugue le Bourguignon. 
S'apercevant, dans son Histoire de Bretagne, p. 157 et suiv., que Geoffroi 
Martel était mort depuis longtemps en 1066, Le Baud essaya d'arranger 
les choses en remplaçant partout le nom de Geoffroi Martel par celui de 
peoffroi le Barbu. Ménage enfm, dans son Histoire de Sablé, p. 121 et 
suiv., brochant sur le tout, a augmenté encore la confusion. En réa- 
lité, Le Baud a fondu deux choses distinctes : l^la confiscation de Craon 
faite par Geoffroi Martel au profit de Robert le Bourguignon et aux dépens 
du fils de Guérin I«*' de Craon (beau-père de Robert de Vitré), Suliart le 
Jeune, accusé de forfaiture (les textes ne précisent pas quelle forfaiture), 
événement qui se place après 1041 et avant 1053 (voir Bertrand de Broussil- 
lon, La maison de Craon, t. I»', p. 21) ; 2° l'invasion de l'Anjou par Conan 
en 1066. Les deux faits, faute de bien connaître l'histoire des comtes 
d'Anjou au moment où il rédigeait ses Chroniques de Vitré, lui auront paru 
tout d'abord contemporains et il les aura amalgamés ; plus tard, quand, 
en rédigeant son Hist, de Bretagne, il s'aperçut que le comte d'Anjou était 
Geoffroi le Barbu depuis 1060, il corrigea son premier récit sans recourir 
aux textes mêmes, mais en se contentant de relire assez rapidement ses 
Chron. de Vitré, auxquelles seules il renvoie. 

1. Chron, de Saint-Maixent : u Eodem anno (MLXVII) traditio Salmuri 
castri factaest Fulconi, fratri Gaufredicomitis Andegavorum, prima domi- 
nica die quadragesime, V kalendas marcii )> [Chron, des églises d'Anjou, 
p. 403). 

2. Voir la charte n« 182 du Catalogue d'actes, La charte, donnée à Sau- 
mur le 11 mars 1067, est souscrite par plusieurs prélats et par le légat 
Etienne. 

3. L'évêque d'Angers Euscbe Brunon écrivant peu après l'emprisonne- 
ment de Geoffroi le Barbu en 1068, rappelle d'abord l'envoi du légat 



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M. 



i 



GEOPFROI LE BARBU 145 

Tévêque d'Angers, qui n'était point présent ^, à faire de même '^, 
et enfin, sans aller évidemment jusqu'à prononcer la déposi- 
tion de Geoffroi au profit de son frère, comme ce dernier le fit 
raconter plus tard ^, ils laissèrent carte blanche h Foulque, et 
s'inclinant même jusqu'à un certain point devant le fait accom- 
pli, souscrivirent une charte que celui-ci délivra alors de sa 
propre autorité et avec le titre de comte en faveur de Saint-Flo- 
rent de Saumur (H mars 1067) ^. 

Fort d'un tel appui. Foulque le Réchin, qui s'était gagné des 
partisans parmi les plus puissants vassaux de son frère, marcha 

Etienne, puis ajoute : « Hic ergo (Josfridus), conventus de abominabili 
vecordia sua,qua matri suae ecclesiae Turonensi manum injicere et, quanta 
erat, in terram detahere non veritus fuerat, nihilominus detestabili 
pervasione beati Martini adortus ecclesiam, cum ad contemplum Chrisli 
domini et ecclesiae, paternitalis etiam tuae, qui ad revocandum a tanto 
sacriiegio iilum mittere non dissimulaveras, inrevocabilem se exhibuisset, 
ecclesiae communione privatus est a legato Romanae ecclesiae, a nobis 
etiam, Cenomannensi, Andegavensi atque Namnetensi episcopis » (Suden- 
dorf, Berengarius Turon., p. 222, n° 15). Dans une lettre écrite en 1094, 
Hugue de Die rappelle, de son côté, que Geoffroi le Barbu avait été excom- 
munié par le légat Etienne pour sa conduite envers Marmoutier (HisL 
deFr., t. XIV, p. 19i^eiCarlul. de Saint-Laud d'Angers, éd. Planchenault, 
n» 16). 

1. Il ne souscrit pas la charte n° 182 du Catalogue d'actes déjà men- 
tionnée p. 144, n. 2. 

2. Eusèbe Brunon, dans la lettre citée p. 144, n. 3, dit expressément 
que Tévêque d'Angere excommunia Geoffroi. 

3. Hugue de Die s^est fait Técho de ce bruit tendancieux dans sa 
lettre de Tan 1094 déjà citée p. 144, n. 3 : il dit en effet qu'il a appris 
« virorum probabilium, clericorum et laicorum, relacione » que « Ful- 
coni huic principatus Andegavensis comitatus ab ipso legato ex parte 
sancti Pétri donatus erat » ; il ajoute d'ailleurs que Foulque avait reçu ce 
comté « ab avunculo suo Gauffrido ». 

4. Catalogue d'actes, n® 182. Nous avons montré dans notre Catalogue 
que cette charte, souscrite par Foulque le Réchin au moment où il venait de 
se rendre maître de Saunaur, ainsi qu'il y est dit, ne saurait être du 11 mars 
1068, n. st., comme l'a supposé M. Prou (L'acquisition du Câlinais sous 
Philippe Z*', dans les Annales de la Soc. hist. et archéol. du Câlinais, 
t. XVI, 1898, p. 180). Le légat Etienne duf quitter Saumur très peu après 
le 11 mars 1067, car dès le l*"" avril, il était à Bordeaux [Cariul. de la Tri- 
nité de Vendôme, éd. Métais, n» 237). 

Halphbx. — Le comté d'Anjou. 10 



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146 LE œMTÉ d' ANJOU 

sur Angers, et le 4 avril, grâce à une trahison de Geoflfroi de 
Preuilly, de Renaud de Château-Gontier, de Giraud de Mon- 
treuil-Bellay et du prévôt Robert, prit la ville et se saisit de 
Geoffroi (4 avril 1067) *, qui fut jeté en prison dans le châ- 
teau de Sablé ^, 

En faisant excommunier Geoffroi le Barbu, le pape, lui au 
moins, n avait pas entendu prêter la main à une dépossession : 
il enjoignit à Foulque de relâcher son frère. Foulque dut s'incli- 
ner devant cet ordre ^, peut-être parce que le clergé intimidé ces- 
sait dès lors de le soutenir. Dès le 16 juillet au plus tard, Geof- 
froi était de nouveau reconnu comme comte ^ ; Tentente était 

1. Annales de Vendôme et Annales dites de Renaud : « Ipso iterum anno 
Gaufridus cornes junior, quem Barbatum cognominaverunt, traditus est a 
suis Fulconi fratri suo et civitas Andecavis pridie nonas aprilis, IV feria 
ebdomade que -dicitur penosa, inter duo Pascha. Quam traditionera ultio 
divina teiribilis celeriter subsecuta est : nam die crastina dominice scilicet 
cène anniversaria, ab Andecavina lurba maligno spiritu turbata, miserabili 
nece peremptis tribus maximis auctoribus illius traditionis, Gaufrido vide- 
licet de Pruilliaco, Rainaldo de Castro Gunterii, Giraido de Monasteriolo 
quartoque capto ac non multo post simili modo mortuo, Rotberto scilicet 
ipsius Andecavis prçposito, pluribus plures proinde, ut existimatio dédit, 
tribulati sunt ac mortui » {Recueil d'ann, angev, et vendôm.y p. 64, 87). Un 
abrégé du même texte se lit dans les autres annales angevines (ibid.j 
p. 5, 47). 

2. Une charte du Cartul, du Ronceray, éd. Marchegay, n® 176 (Catalogue 
d'actes, n» 210), nous le montre au sortir de sa prison de Sablé ; il ne peut 
s'agir que de Temprisonnement de 1067, puisque après Temprisonnement 
de 1068, Geoffroi le Barbu ne revint pas au pouvoir et qu'il fut du reste à 
cette date emprisonnée Ghinon. Le fait que Geoffroi fut enfermé en i067 à 
Sablé, château qui appartenait alors à Robert le Bourguignon (voir Ber- 
trand de Broussillon, La maison de Craon, t. I, p. 20), prouve que ce puis- 
sant baron s'était lui aussi rangé au parti de l'usurpateur. 

3. Voici, en effet, ce qu'il dit lui-même dans sa chronique (en reculant 
le début des hostilités dans une intention qu'il est facile de saisir : pour ne 
pas avoir eu l'air d'accepter comme légitime, fût-ce deux ou trois ans seu- 
lement, l'autorité de son frère) : « Quam tribulationem cum per annos octo 
protendissemus, guerram saepe facientes et interdum inducias habentes, 
cum etiam fratrem meum de vinculis ubi eum tenueram liberavissem jussu 
papae Alexandri... ))(G/iron. des comtes d'Anjou, p. 379). 

4. En effet, une charte relatant un jugement prononcé par Robert le 
Bourguignon et publiée par M. Bertrand de Broussillon, La maison de 



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GEOFFROI LE BARBU 147 

même officiellement rétablie entre les deux frères : car, dans un 
de ses actes, le 7 août, Geoffroi déclarait agir du consentement 
de Foulque, et nous les voyons tous deux, à cette date, soutenus 
par le roi, venir mettre le siège devant Chaumont-sur-Loire ^, 
dont le seigneur, Sulpice d'Amboise, avait, semble-t-il, tenté, 
grâce à la situation, de se rendre indépendant ^. 

Mais l'accord n'était qu'apparent : dès le début de l'année 1068 
au plus tard, là lutte reprenait ; Foulque, qui avait recruté de 
nouveaux partisans 3, s' étant rendu maître de Brissac, Geoffroi 
vint mettre le siège devant la place ; Foulque lui offrit le com- 
bat, mit son armée en déroute, fit prisonnier un millier de ses 
hommes, s'empara de lui ime seconde fois et Tenferma dans 
un cachot du château de Chinon(1068, vers le mois d'avril) ^. 



Craon, t. I, p. 37, n® 27, est datée comme suit : « Data est XVII kalendas 
augusti. Actum est hoc apud Credonense castrum, anno MLXVIl ab incar- 
natione Domini, indictione quinta, régnante Phillipo Fi*ancorum rege anno 
octave, anno quoque Gosfredi comitis seplimOy etc. » 

1. Catalogue (Tactes, n° 186, charte confirmée par le roi Philippe I*' au 
siège de Chaumont. 

2. Celan'est qu'une hypothèse ; maisles Ges/a Ambaziensium [Chron. des 
comtes d'Anjou, p. 176) disent que pendant cette lutte entre Geoffroi et 
Foulque, Sulpice ne vint soutenir ni l'un ni l'autre : « Barba to Emulfus, 
Fulconi Ricbin Fulcoius favebat, Supplicius neutri. » 

3. Peu nombreux sans doute, étant donnée la manière dont Foulque le 
Réchin en parle dans sa chronique : «... equitavi contra illum- cum illis 
proceribus quos Dei clementia mihi permiserat- (Chron. des comtes d'An- 
jou, p. 379). 

4. Ibid. : « Invasit me iterum idem frater, ponens obsidionem circa 
quoddam castrum meum quod vocabatur Brachesac, ubi equitavi contra 
ilJum... et pugnavi cum eo campestri praelio, in quo eum, Dei gratia, 
superavi et fuit ipse captus et mihi redditus et mille de civibus suis cum 
60. » Foulque, qui écrit au début de l'an 1096, dit ensuite qu'il a tenu 
alors le comté pendant vingt-huit ans, ce qui date l'événement de 1068. 
Cette date est confirmée par les Annales de Vendôme, celles de Renaud 
et celleâ de Saint- Aubin [Recueil d'annales angev. etvendôm., p. 5, 65, 87), 
représentant toutes une même source, et dont voici le texte le plus com- 
plet ; « In sequenti anno, (MLXVIU), captus est item supradictus comes 
Gaufridusa Fulcone fratre suo in bello publie© ac Fulco in comitatum ab 
Andecavinis, vellent noient, receptus. » Enfin on peut préciser l'époque de 
l'année où eut lieu la bataille de Brissac grâce à la lettre déjà souvent 



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148 LE COMTÉ d'aNJOU 



IV 



Du même cçup, le comté tout entier tombait entre ses 
mains ^ Mais Geoffroi le Barbu gardait encore des partisans, - 
les grands feudataires du voisinage et le roi lui-même étaient 
menaçants, certains seigneurs enfin jugeaient Toccasion bonne 
pour se soustraire à la domination comtale : Foulque dut faire 
face à presque tous à la fois. 

Le seigneur de Chaumont-sur-Loire, Sulpice, qui était en même 
temps le maître de toute une portion d' Amboise et y possédait la 
forteresse de la Tour-de-Pierre, et son beau-frère Thibaud, sei- 
gneur de Rochecorbon, refusant de le reconnaître pour suzerain 
Foulque prit d'abord ses précautions en congédiant le gardien 
de son château d'Amboise (le Domicile), Ernoul, trop attaché 
à la cause de Geoffroi le Barbu, et en le remplaçant par un homme 

citée d'Eusèbe Brunon, écrite au lendemain des événements, et où il est 
dit que la mort de Tarchevêque de Tours Barthélemi, survenue le 9 avril 
1068 [Gallia christ. , t. XIV, col. 63) fut de peu antérieure : «... non post 
multum tcmpus ôtiam gladio sensuali, divina in ipsum animadvertente jus- 
ticia,omni sublimitate lemporali et gloria, a fratre in prelio victus, exutus 
(est), archiepiscopo illo nostro Turonensi, cui utinam purgando tanta illa 
persecutionis fornax, Domino miserante, succensa fuerit, paulo ante 
hominis extrema experlo » (Sudendorf, Berengarius Turonensis^ p. 222, 
n® 15). Cf. Gesla consul, Andegav., p. 139 des Chron, des comtes d'Anjou, 
Geoffroi le Barbu resta enfermé à Chinon jusqu'en 1096, date à laquelle 
Foulque le Réchin se décida à le remettre en liberté sur les instances du 
pape Urbain II (Orderic Vital, IX, 4, éd. Le Prévost, t. III, p. 477). A cette 
date, il était devenu fou. Voir la lettre écrite par Hugue de Die en 1094, à 
la suite d'une visite faite à Geoffroi, dans les Hist, de Fr,, t. XIV, p. 791, 
et dans le CarluL de Saint-Laud d'AngerSy éd. Planchenault, n® 16. Le 
fait est attesté encore par les Gesta consulum Andegav., p. 141 des Chron, 
des comtes d' Anjou ^ et par Hildebert de Lavardin, dans sa vie de saint 
Hugue de Cluny (HL^t, de Fr., t. XIV, p. 71). 

1. « Proinde accepi civitatem Andegavem et Turonum et Lochas cas- 
trum et Lausdunum, quae sunt capita honoris Andegavorum consulum >», 
dit Foulque dans sa chronique {Chron. des comtes d'Anjou, p. 380). Dans 
une charte du 19 juin 1068 (Catalogue d'actes, n» 211), Foulque se félicite 



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GEOFFROl LE BARBU 149 

tout à sa dévotion, nommé Renard Pourceau * ; puis avec Faide 
de Bouchard, seigneur de Montrésor, et d'un puissant baron d'Am- 
boise, Foucois de Thorigné, il commença la guerre contre Sulpice 
et son allié 2. Ceux-ci ripostèrent en dévastant tout le pays, de 
Loches à Tours. Une trêve intervint ; mais Sulpice se laissa sur- 
prendre par Foidque à Amboise, dans le Domici/e même, et la lutte 
reprit plus ardente que jamais, le comte assiégeant la Tour-de- 
Pierre, que les gens de Sulpice défendaient vaillamment, pen- 
dant que Lisois, frère de ce dernier, tentait de faire diversion 
par des attaques répétées. Une paix fut faite : Sulpice, en échange 
de la Tour-de-Pierre, que le châtelain Evrard avait trop tôt ren- 
due au comte, recevait une autre forteresse située près d' Am- 
boise^. 

Cette paix n'était pas durable : Foulque ayant peu après 
requis contre le comte de Blois le concours militaire de Sulpice, 
celui-ci allégua qu'il était lié envers Thibaud par son serment 
de vassalité et refusa encore ime fois d'obéir. D'où un nouveau 
conflit : Foulque cherche à s'emparer de Sulpice ; celui-ci, averti, 
se réfugie dans Téglise Saint-Martin de Tours et de là à Roche- 
corbon, grâce à l'aide que vient lui prêter Salomon, seigneur de 
Lavardin, enfin va se retrancher aux environs d' Amboise en un 
lieu appelé Salgio, d'où il dévaste et pille tous les environs, de 
Indre au Cher et du Cher à la Loire, étendant même ses ravages 
depuis Tours jusqu'à Montrichard, dont le seigneur était Bou- 
chard de Montrésor, et jusqu'à Saint- Aignan. Il lui fallut cepen- 
dant faire sa soumission : la Tour-de-Pierre lui était restituée, 
à la condition qu'il serait désormais fidèle, et pour répondre 
de sa fidélité, il donnait son fils Hugue en otage ^. 

d'être enfin entré en possession du comté, qui, prétend-il déjà, lui revenait 
par droit héréditaire : « Fulco Andecavorum cornes, Dei gracia, propulsis 
advcrsitatibus et adepto principatu hereditario jure michi compétente 
donatione etiammei avunculi Gaufredi gloriose recordationis viri... » 
i. Gesla Ambaz, dominorum^ p. 176 des Chron, des comtes d'Anjou, 

2. Ibid., p. i77. 

3. Ibid., p. i78-179. 
4.15m/., p. 179-181. 



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150 LE œMTÉ d' ANJOU 

Cet épisode de la lutte soutenue par Foulque le Réchin contre 
les barons qui refusaient de reconnaître son autorité est le mieux 
connu, mais il n'est pas unique ^ Ainsi Hardouin, seigneur de 
Trêves, après avoir soutenu Tusurpateur, se crut assez fort pour 
faire brusquement défection : mal lui en prit ; le comte vint 
mettre le siège devant son château, s'en empara, le détruisit de 
fond en comble et fit aveugler le rebelle (19 juin 1068) ^. 

Quant aux Voisins enfin, pour écarter leurs attaques ou leurs 
menaces, il avait fallu leur faire de nombreuses concessions : au 
roi il avait fallu céder le Gâtinais ^ ; au comte de Blois,qui, allié 
à Philippe I®** et aux Manceaux, réclamait la mise en liberté de 
GeofTroi, il avait fallu prêter hommage pour la Touraine *. Seul, 
le duc d'Aquitaine Gui-Geofifroi, qui, le 27 juin 1068, était venu 
incendier Saumur, put être repoussé ^. 

1. Cf. le texte précité (p. 147, n. 4) des annales ang^evines, où il est 
dit que les Angevins se soumirent « vellent noUent >», et le préambule de 
la charte citée p. 148, n. i (a propuisîs adversitatibus »). 

2. C'est ce que nous apprennent deux chartes {Catalogue d'actes, n^ 211 
et 212), dont Tune, datée du i9 juin 1068, est donnée le jour même de la 
destruction de Trêves. 

3. Gesta consul. Andegav., p. 139 des C/iron. des comtes d* Anjou, Cî. Prou, 
L'acquisition du Gâtinais sous Philippe /«••, dans les Annales de la Soc. hist, 
et archéol.du Gâtinais, t. XIV, 1898. 

4. Gesta consul. Andegav., toc. cit, : « Fulco cum Stephano, hominag^o 
sibi facto, concordatus... » Cf. ci-dessus, p. 48, n. 4. 

5. Chron, de Saint-Maixent : « Anno MLXVIII, judicio Dei juste omnia 
judicans {sic), castrum Salmurum horribili incendio combustum est a Gui- 
done comité Pictavorum cum ecclesia sancti Florentii sanctique Johannis 
Baptiste et sancti Pétri apostoli nichilque penitus remansit de toto suburbîo 
ejusdem castri cum domibus extra et intra murum degentibus quod non 
incenderetur, V kalendas julii » (Texte du ms. de la Bibl. nat., lat. 4892, 
très inexactement reproduit pour ce passage dans les Chron. des églises 
d'Anjou, p. 404). Par un acte du mois d'août 1074 (Ca^a/ogri/e d'actes, n° 227), 
Foulque le Réchin fait une restitution à l'abbaye de la Trinité de Vendôme en 
exécution d'un vœu fait par lui peu avant, lors d'une bataille livrée contre les 
Poitevins et dont il était sorti victorieux. C'est évidemment aux événements 
del'an 1068, et non, comme le croit M. Richard {Hist. des comtes de Poitou^ 
t. I, p. 285, note), à la bataille de Chef-Boutonne, de treize ans antérieure, 
que cette charte fait allusion. C'est ce qui nous fait dire que l^âttaque de 
Gui-Geoffroi fut repoussée. 



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GEOFFROI LE BARBU 151 

De toutes ces luttes, F Anjou sortait diminué et épuisé : au 
témoignage de Foulque lui-même, le pays n'était plus que 
ruines *. 

i. Dans le préambule d'une de ses chartes du 19 juin 1068 (Catalogue 
(T&ctes, n<* 211), Foulque parle en effet des biens « quondam bene statuta 
in terra nostro domina tui mancipata« sed mundi conturbationibus nunc 
pêne destructa. » L'auteur de la rédaction primitive des Gesta consulum 
Andegav, dit de même que Foulque fit* prisonnier son frère en 1068, 
« deleta pêne Andegavia etTuronia » (Chron. des comtes cT Anjou, p. 139). 



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CHAPITRE II 

LES BARONS 

Le plus grave, c'est que de cette crise Tautorité du comte sor- 
tait terriblement menacée. Pour parvenir à renverser son frère, 
il n'avait pas sufH à Foulque d'avoir lappui moral de l'Eglise ; il 
lui avait fallu attirer dans son parti quelques-uns des plus grands 
vassaux du comté et il n avait dû son succès qu'à leur compli- 
cité. Quant aux défenseurs de Geoffroi le Barbu, il avait été con- 
traint de les réduire les armes à la main. Mais — nous en avons eu 
déjà quelques exemples — les uns et les autres avaient pu ainsi 
prendre conscience de leur force : soit que le comte leur dût le 
pouvoir, soit qu'il eût dû transiger avec eux, soit même qu'il 
eût dû les abattre, la possibilité de lui résister apparaissait évi- 
dente à leurs yeux. En face de Tautorité comtale, une puissance 
nouvelle avait surgi : la puissance des barons. 



I 



Cette puissance s'était d'ailleurs préparée de longue date. 

Au temps des incursions normandes, c'avait été de préférence 
dans les anciennes places fortes des bords de la Loire, les plus 
menacées, que les Angevins avaient organisé la résistance : se 
réfugiant dans des villes comme Angers, Saumur, Amboise, ils 
avaient abandonné la rase campagne aux dévastations des enva- 
hisseurs ^ Aussi, une fois le péril normand disparu, pour arrêter 

i. Voir l'exposé de ces invasions normandes dans Farticle que leur a 
consacré Mabille, dans la Bibl. de l'École des Charles, t. XXX 1869, sur- 
tout p. 171-190. 



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LES BARONS 153' 

leurs voisins, devenus menaçants du jour où ils n'étaient plus mena- 
cés, et encore plus pour avoir une base d'attaque qui leur permît 
à eux-mêmes d'étendre leurs états, les comtes d'Anjou avaient 
dû se préoccuper. à la fois de relever les quelques anciennes for- 
teresses qu'ils pouvaient trouver * et d'en édifier une quantité 
de nouvelles. 

Au temps de Foulque Nerra, celui que les modernes ont 
appelé (( le grand bâtisseur », et au temps de son fils, cette flo- 
raison de châteaux avait été innombrable : du côté de la Tou- 
raine, objet principal de leurs attaques, c'avait été, vers 994-995, 
le château de Langeais, à l'ouest de Tours ^ ; vers 1005, celui de 
Montrichard, à l'est ^ ; puis, plus près encore, le château de Mont- 
bazon, au sud^ ; vers 1017, celui de Montboyau, à quelques kilo- 
mètres seulement de la ville ^. Après avoir préparé l'occupation 
du Saumurois par la construction delà forteresse de Trêves, vers 
1020 '^, Foulque en avait garanti les abords par celle du château 
de Montreuil-Bellay "^ ; peut-être aussi avait-il élevé lui-même 

4 . Il y en avait quelques-unes, témoin le vieux château dit Castellarium 
dont fut gratifié Renaud le Thuringien en 969 (Gollect. Baluze, t. XXXIX, 
^ 62 V» : cf. ci-dessus, p. 99, n. 1). 

2. Voir ci-dessus, p. 26. — Des restes de là construction de Foulque 
Nerra se voient encore aujourd'hui à Langeais : c'est un donjon en petit 
appareil avec insertions de briques ; il est carré et n'a jamais été voûté. 
Les archéologues s'accordent à reconnaître que cette construction ne sau- 
rait dater d'une époque plus récente que l'extrême fin du x« siècle. 

3. Voir ci-dessus, p. 31. 

4. Voir ci-dessus, p. 32. 

5. Voir ci-dessus, p. 37. 

6. Voir ci-dessus, p. 39. 

7. Foulque le Réchin, dans sa chronique, attribue formellement la cons- 
truction du château de Montreuil-Bellay à Foulque Nerra et son témoignage 
est entièrement confirmé par celui de l'auteur de la Chronique de Méron, 
qui, écrivant au milieu du xiic siècle, déclare formellement que le château 
de Montreuil-Bellay a été bâti par un comte d'Anjou, qui l'a inféodé au 
premier seigneur du lieu [Chron, des églises d^ Anjou, p. 85.): «...antequam 
castrum Mosterioli a comité Andecavorum fuisset constructum et praede- 
cessoribus Giraudi illius datum. » Ce comte d'Anjou ne peut être que 
Foulque Nerra, contemporain du premier seigneur de Montreuil-Bellay. 



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154 LE COMTÉ d' ANJOU 

OU fait élever par quelques-uns de ses^ fidèles les châteaux de 
Montrésor et de Sainte-Maure K Au sud, ils*était fortifié à Mire- 
beau, vers 1005 2, et peut-être aussi à Faye-la- Vineuse, à Mon- 
contour, à Passavant, à Maulévrier ^. A Touest, où il s'était agi 



1. Pour ces deux derniers châteaux, nous n'avons que le témoignage de 
Foulque le Réchin, lequel dit formellement qu'ails ont été élevés par 
Foulque Nerra. Nous avons montré dans notre Etude sur la Chronique de 
Foulque le Réchin^ loc. cit.j p. 27-28, ce que cette assertion avait de vrai- 
semblable. 

2. Voir le diplôme de Robert le Pieux publié dans les Hisl. de Fr,^ 
t. X, p. 577, et dont l'original existe encore aux Archives d'Indre-et-Loire, 
H 75 : « Ipse namque Fulco comes construxit suo tempore in comitatu 
Turonico castellum quoddam, quod vocatur Mons Basonis, in terra ipsius 
coenobii et alterum construxit castellum in comitatu Piclavo^ quod vocatur 
Mirebellum^ terrae ipsius coenobii proximum, etc. » Ce diplôme est des 
années 1002-1006 (PÛster, Robert le Pieux, Catalogue, n* 24). Foulque 
le Réchin, dans sa chronique, oite aussi le château de Mirebeau comme 
ayant été construit par Foulque Nerra. 

3. Pour ces quatre châteaux, on n'a que le témoignage de Foulque le 
Réchin : « In Pictavico Mirebellum, Montem Consularem, Faiam, Muste- 
rolum, Passavantum, Malum Lepoi*arium [aedifîcavit] » (éd. Marchegay et 
Salmon, p. 377.) Dans notre Étude sur la Chron. de Foulque le Réchin, loc, 
cit., p. 28-31, nous nous sommes efforcé de montrer ce que cette asser- 
tion avait de vraisemblable. Toutefois plusieurs rectifications ^doivent être 
apportées à ce que nous avons dit alors ; 1<> En ce qui concerne Passavant, 
c'est par suite d'une singulière distraction que nous en avons noté la des- 
truction en 1010, en nous appuyant sur le témoignage de Hugue de Flavi- 
gny {Hist, de Fr., t. X, p. 206O-207A). H ne peut être question chez cet 
auteur de Passavant en Poitou. Rien ne permet de supposer l'existence du 
château de Passavant avant Tépoque du premier seigneur, sur lequel nous 
reviendrons plus loin. — 2o En ce qui concerne Faye-la- Vineuse, de nou- 
velles recherches nous ont amené à penser que les affîrmations de Bou- 
rassé (Notice sur Faye-la- Vineuse, dansles Mém. Soc. arch. de Touraine, t. III, 
1847, p. 161 et suiv.) et de Carré de Busse rolle (^Z>ic<ion/i. d^ Indre-et-Loire, 
t. III, dans les Mém. Soc. arch. de Touraine, t. XXIX) quant à l'existence de 
seigneurs de Faye avant le début du xi'' siècle étaient dénuées de fonde- 
ment : ces auteurs ne donnant aucune indication précise, il est difficile de 
critiquer leurs dires, mais il semble bien qu'ils aient en vue pour 
établir l'existence de Landri de Faye, d'Ebbon et d'Érard des textes du xi*8. 
mal interprétés (Lirre noir de Saint-Florent, f»» 39 v® et 43 r»). La première 
mention d'un seigneur de Faye que nous ayons trouvée est de 1031 au plus 
tôt et rien ne prouve l'existence d'un château à Faye-la-Vineuse avant 
cette date. 



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LES BARONS 155 

d'occuper les Mauges, Foulque et Geofifroi avaient pris soin 
d'établir sur chaque point dont ils prenaient possession quelque 
nouvelle forteresse : Montrevault, vers Tan 1000 * ; un peu plus 
loin, Montfaucon, vers 1026 ^\ enfin Saint-Florent-le- Vieil ^. Au 
nord, c'avait été les châteaux de Château-Gontier, vers 1007 ^, de 



1. Voir une charte de Saint-Serge d'Angers, de Pan 105B, copiée dans la 
Collection dom Housseau, vol. 11*^ n^ 582, où il est rappelé que Foulque 
Nerra avait, pour construire son château de Montrevault, enlevé à Téglise 
Saint- Maurice d*Angersdes domaines donnés par Tévêque Renaud et situés 
dans les Mauges. Le don de Renaud se place vers Tan 1000 : voir le 
diplôme du roi Robert, n<> 8 du Catalogue de Pfister, Robert le Pieux. 

2. Hist, de Saint'Florent (Chron. des églises (f Anjou, p. 281) : « Denique 
Fulco cornes versus Toarcenses in jus Sancti Florentii castellum ex monte 
et nido falconum nuncupatum instituit> quod duodecim, coacti a monachis 
Espevan degentibus, cum aliis operariis peregerunt. » Cela se place immé- 
diatement après rinfructueuse tentative faite par Eude II de Blois pour 
reprendre Saumur (1026). 

3. Ibid,^ p. 282 : « Fulco vero cum filio Goffredo et uxore Agnete... 
Glomnam Montem tetenderunt et in occidenii parte montis castellum 
determinaverunt. » Chron. de Nantes, éd. Merlet, XL VII, p. 139-140 : 
« Insuper abbatiam Sancti Florentii Namnetici territorii... Fulco comes 
rccenter abstulerat et castellum ibi... fecerat. » Le château ne fut achevé 
que sous Geoffroi Martel, comme le prouve une charte souvent citée du 
Livre noir de Saint-Florent de Saumur, f» 54 r*» et v®, éditée par Marchegay 
dans la Bibl, École des Chartes, t. XXXVI. 1875: Geoffroi le Barbu, en 1061. 
y dit : « Avus meus et avunculus castellum terraeque cumulo ac lignis 
magnae altitudinis asilum circa monasterium Beati Florentii, quod vêtus 
dicitur, construxerunt, etc. >> Voir ci-dessus, p. 52. 

4. Voir la charte de Saint-Aubin n® 1 du Cartul. de Saint-Aubin, éd. 
Bertrand de Broussillon : « Anno ab incamatione Domini MVII, Gaufridus 
Martellus natus est et pater ejus Fulcho, nobilissimus comes Andecavo- 
rum, filius Gaufridi fortissimi comitis qui cognominatus est Grisia 
Gonella, finhavit castellum super Meduane fluvium in curte quae vocalur 
Basilicas... Firmato itaque castello eoque ut poterat munito, ex nomine 
cujusdam villici sui illud Castrum Gunterii appellavit. » Nous disons seu- 
lement que c'est vers 1007 que ce château a été construit, parce que la date 
de 1007 est peu sûre (voir ce qui a trait à la naissance de Geoffroi Martel, 
ci-dessus, p. 10, et le Catalogue d'actes, n» 53). Foulque le Réchin, dans 
sa chronique [loc. c//.), note la construction de Chàteau-Gontier par 
Foulque Nerra. 



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156 LE COMTÉ d' ANJOU 

Baugé *, vers^ le même temps, de Mateflon 2 et de Dur- 

1. Foulque le Réchin, dans sa chronique [loc. cit,)^ attribue à Foulque 
Nerra la construction du château de Baugé. Dans notre Étude sur cette 
chronique {loc, cit., p. 31-32), nous avons cherché à montrer ce que cette 
aflîrmation avait de vraisemblable. Mais pour avoir suivi avec trop de con- 
fiance les indications fournies par Marchegay dans ses Recherches sur le 
Vieil' Baugé (Revue de V Anjou et Maine-et-Loire, série I, 2« partie, 4852, 
p. 277), nous avons avancé plusieurs assertions inexactes : il faut, plus 
nettement qu'on ne Ta fait, distinguer Baugé et le Vieil-Baugé, C'est le 
Vieil'Baugé (appelé Baugé tout court, tant que Tautre n'exista pas) qui 
fut en la possession des seigneurs de Beaupréau, descendants de Jossclin 
de Rennes. Baugé, où fut bâti le château de Foulque Nerra et qui devint 
le centre de la région, ne cessa pas, au contraire, pendant tout le 
XI* siècle, d'appartenir au comte d'Anjou personnellement : le comte y eut 
prévôt et voyer (voir notre étude sur les Prévôts et voyers du XI* siècle dans 
le Moyen Age, 2* série, t. VI, 1902, p. 297 et suiv.), y tint fréquemment 
sa cour, y eut des vassaux >et des tenanciers ; enfin on sait que Baugé 
fil partie des domaines que Foulque le Réchin hérita de Geoffroi Martel 
(voir spécialement, pour l'époque de Foulque Nerra, lesn*»» i 12, 301 du 
Cartul. du Ronceray, éd. Marchegay ; 254, 265, 272, 284 du Cartul. de 
Saint-Aubin^ éd. Bertrand de Broussillon ; 216, 514 du Cartul, de la Trin, de 
Vendôme, éd. Métais, etc...) Or ces observations permettent de rendre à 
ï>eu près certain le fait de la construction du château de Baugé par 
Foulque Nerra : en eff'et, en 999 (charte n* 12 du Catalogue d'actes) Balgia- 
eus, simple villa, désignant encore le Vieil-Baugé, on en peut conclure 
qu'il n'y a pas à ce moment d'autre Baugé ; en 999, le château de Baugé 
n'existe pas. D'autre part, ce même château (qui, nous l'avons vu, ayant 
appartenu dès l'origine au comte, n'a pu être construit que par le comte) a 
certainement existé du temps de Foulque Nerra, comme on le voit au 
n<* 301 du Cartul. du Ronceray^ éd. Marchegay : « Venerabilis comitissa 
Hildegardis dédit S. Marie molinum unum in stangno Balgiaci castri, in 
temj>ore Fulconis comitis. » Conclusion : c'est bien Foulque Nerra qui a 
construit le château de Baugé. — Quant à la date de la construction, Mar- 
chegay [loc. cit.) et Port (Dictionn,, I, p. 227) supposent qu'il faut la 
chercher entre 1015 et 1025, cette construction se rattachant,' selon eux, 
à la conquête du Saumurois par Foulque Nerra » (?). 

2. Voir le n® 130 du Cartul. du Ronceray, éd. Marchegay. Cél. Port, 
Dictionnaire, t. II, p. 614, fait erreur quand il dit : « Un des petits-neveux 
du comte Geoffroy Grisegonelle, Foulques, de la famille de Champagne, 
éleva de 1030 à 1040 un château fort. Le domaine lui avait été donné par 
le comte Foulques Nerra pour tenir en bride et mater les vassaux félons et 
sous l'obligation particulière de protéger contre toute attaque l'église et 
la villa de Seiches, faisant partie de la dotation du Ronceray d'Angers. » 
Ces indications inexactes proviennent sans doute d'une interprétation 



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LES BARONS 157 

tal *, après 1040. Enfin une foule d'autres châteaux étaient alors 
sortis de terre, soit grâce au comte, soit grâce à tel ou tel de ses 
vassaux : Briollay 2, Beaupréau 3, Montjean 4, Chemillé ^ et bien 

fausse du n^ 85 du Cartul. de Saint^Aubin, éd. Bertrand de Broussillon. Le 
premier seigneur du lieu a été, aux termes de la charte citée du Ronceray 
[Idt. cit,, p. 94, 1. 26), le père de ce Foulque de Mateflon qui paraît de 
4074 à 1115 environ (CariuL de la Trin. de Vendôme, éd. MéUis. n» 245 ; 
Càrlul. de Saint Aubin, n»" 108, 412, 678, 742, etc.). 

1. Voir Cartul, de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n®306. 

2. Port, Dictionn., I, p. 504, s'avance beaucoup quand il dit : « Foulques 
en ût don vers 980 à son fidèle Burchard, qui y fonda sous le château une 
église. » Outre que la date de 980 est forcément inexacte. Port n'a sans 
doute pas d'autre document à l'appui de son dire qu'une charte conservée 
en original aux Arch. de Maine-et-Loire, H 857, n° 1, laquelle ne contient 
rien de semblable. Le trésorier Bouchard, en 1040-1045. y dit seulement : 
w Ego Burchardus clericus et thesaurarius S. Mauricii matris ecclesiae 
Andegavensis sed et beneficium laïcale possidens per paternam haeredi- 
tatem ex dono senioris mei Gosfridi, filii Fulconis incliti comitis, etc. » 
Tout ce qu'on peut conclure de là, c'est que le château de Briollay (men- 
tionné explicitement plus loin dans l'acte) a existé au temps de Foulque 
Nerra ; on n'en trouve pas trace avant. 

3. Voir ce que nous disons plus loin des seigneurs de Beaupréau : c'est 
sous Foulque Nerra que se fonde cette maison et par suite très vraisem- 
blablement le château. 

4. Ici encore Port {Dictionn.^ H. p. 714) en dit trop quand il parle du 
château de Montjean existant « dès la fin tout au moins du x« siècle » ; 
tout ce qu'on peut dire, c'est que ce château existait au temps de l'abbé de 
Saint-Florent Giraud de Thouars (1013-1022), époque où, suivant VUisl, de 
Saint-Florent iChron, des églises d'Anjou, p. 265), Aubri, seigneur « Montis 
Johannis castri »>, entra en possession de l'église de Châteaupanne. (Port 
écrit bien à tort, ibid. : « Le premier seigneur, Albéric, s'était fait 
céder par les moines de Saint- Florent le château voisin de Château- 
panne, et, pour rester seul maître, l'avait sans doute rasé). 

5. Pour Chemillé aussi, Port [Dictionn., I, p. 670) force les textes quand 
il dit : « Au x* siècle, sans que l'évêque ait perdu son droit de suzerai- 
neté, la terre a été inféodée par le comte d'Anjou â un de ses plus puis- 
sants vassaux... Mais dès les premières années du xi« siècle, le château 
fort, casirum, bâti à Saint-Pierre, avec l'église primitive, est abandonné par 
le seigneur qui a transporté sa demeure à distance sur un faîte plus 
escarpé et de plus facile défense. » En réalité, le castrum de Chemillé 
n'est mentionné explicitement que dans le second quart du xi« siècle (la 
charte que Port cite p. 668, col. 2, comme étant de 1002, est fausse : voir 
Marchegay, dans Bibl. nat., nouv. acq. fr. 5022,f°l); quant aux seigneurs 
de Chemillé, nous montrerons plus loin qu'on n'en trouve pas trace avant 



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158 LL COMTÉ d'aKJOU 

d'autres sur lesquels malheureusement nous manquons de ren- 
seignements précis. 

Or ayant trop peu de ressources en hommes et en argent pour 
assurer eux-mêmes directement la garde de leurs châteaux et ne 
pouvant pas toujours non plus bâtir ou achever de bâtir tous 
ceux dont ils avaient besoin, les comtes avaient été tout natui%l- 
lement amenés à en concéder une bonne partie en Gef à leurs 
fidèles. Ainsi, è Château-Gontier, Foulque Nerra s'était contenté 
d'abord d'un fortin élevé rapidement vers 1007 et auquel il avait 
préposé un simple gardien ; puis, plusieurs années après, 
comme la construction était insuffisante, il avait voulu entre- 
prendre d y adjoindre un grand donjon ; mais, absorbé par la 
guerre et peut-être aussi faute d'argent, il avait dû renoncer à 
réaliser lui-même ses projets et inféoder le tout à Renaud Ivon, à 
charge de continuer et mener à terme l'œuvre commencée *. 

Les comtes du x® siècle n*avaient sans doute pas complète- 
ment ignoré ce procédé : nous voyons, par exemple, que, sui- 
vant les Gesta consulum Andegavorum^ Geofifroi Grisegonelle, 
non content du château qu'il possédait en propre à Amboise, 
en avait bâti un autre plus petit au sud de la ville et l'avait 
inféodé à un de ses fidèles nommé Landri de. Châteaudun ^ ; 

les premières années du xi« siècle, et nous ne savons où Port a pu prendre 
ce qu'il dit d'un premier château qui aurait existé au x«. 

\, Nous analysons la notice n» 1 du CartuL de Saint-Aubin^ éd. Bertrand 
de Broussillon ; voici le passage essentiel : « Post multumvero lemporis, 
cum idem comes turrom non parvis sumptibus eodem Castro edificare 
ccpisset jamque in altum aliquantulum porrexisset, insurgcntibus sibi 
guerris, principali largitate dédit castrum cuidam optimo militi, Rainaldo 
videlicet Yvonis,qui castri turrem a comité inceptam augmentare studuit..« 
sed tamen comes, ut vir prudentissimus, ejusdem turris propriam domina- 
tionem sibi retinuit. » 

2. « Hune Landricum pater Mauricii Gosfridus consul Ambazio heredî— 
taveral et domum munitissimam a meridiana parte Novi Castri silam 
cumpluribus casamentis ei donaverat » {Chron. des comtes d'Anjou, p. 88). 
Indépendamment de cette forteresse de Landri, le comte avait dans 
Amboise son château propre, ce qu'on appelait « le Domicile » (Gesf^ 
Ambaz,, ibid,, p. 175), qu'il faisait garder par un châtelain, custos, à ses 



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LES BARONS 159 

mais si le fait est exact, il avait dû être un peu exceptionnel. 
Au contraire, Foulque Nerra et Geoffroi Martel, multipliant 
leurs forteresses, avaient été du même coup amenés à multiplier 
ce genre d'inféodations, et l'on peut même dire que presque 
chacune de leurs fondations de châteaux avait eu pour résultat 
innnédiat la formation d'une nouvelle seigneurie. 

Ainsi, nous avons vu Foulque Nerra fonder le château de 
Langeais vers 994 ; presque aussitôt nous constatons que 
Langeais est devenu le siège d'une nouvelle maison féodale : 
Hamelin !•*" de Langeais apparaît vers l'an 1030, et quand il 
meurt, sous Geoffroi le Barbu, sonfîef passe à ses descendants ^ 
Quelques années après, Foulque avait fondé le château de 
Montrevault ; immédiatement il l'avait inféodé à Etienne, beau- 
frère de l'évéque d'Angers Hubert, et ime nouvelle seigneurie avait 
encore paru: Etienne avaitmarié sa fille Emma au vicomte du Mans 
Raoul, qui, succédant à son beau-père, avait pris le titre de vicomte 
du Grand-Montrevault, pendant que tout à côté, sur une terre 

ordres : Foulque Nerra y eut pour gardien Léon de Meung, qu'on trouve 
aussi cité dans les chartes sous le nom de Léon d'Amboise (voir ibid,^ 
p. 175, et CariuL Trin. Vend,, éd. Métais, n*» 35, 38, 40, etc.). Plus tard, 
nous verrons Sulpice le trésorier construire à Amboise une nouvelle forte- 
resse dite « la Tour-de-Pierre » ; et sous Geoffroi Martel, alors que la 
<^^maison de Landri de Châteaudun » n'existera plus depuis longtemps, il 
y kura à Amboise, outre « le Domicile >» et « la Tour-de-Pierre », une 
troisième demeure fortifiée appelée « la Motte Foucois » (Chron, des comtes 
(TAàJou, ibid,). 

i. ^^ous nous sommes longuement étendu sur la maison de Langeais 
dans n^tre Étude sur la Chronique de Foulque le Réchin, loc. cit,, p. 22-26 ; 
mais en Nce qui touche les débuts de cette maison nous avons peut- 
être eu tolrt de nous fier à Carré de Busserolle, Dictionn, d'Indre-et-Loire^ 
t. IV (yo Langeais) : en effet, malgré de nombreuses recherches, nous 
n'avons pu ti^uver de « seigneur de Langeais » avant Hamelin I«', lequel 
paraît dans leàv chartes à partir de 1032 et est surtout cité après 1060 : en 
1063, dans le CàrtuL tourangeau de Marmoutiery f» 63 r<>, analysé dans la 
Coll. dom Housséau, vol. 1, n« 233^ ; entre les années 1034 et 1064, dans 
une charte de Marfhoutier relative à Fontcher copiée ibid,, vol. II*, n<>609, 
où il est cité avec scto fils Gautier et sa femme Hersent ; en mai 1065, avec 
ses frères Hugue et Gautier dans une charte du Cartul. de la chambrerie 
de Marmoutier, f® 12 vV copiée ibid,, vol. IP, n® 689. 



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160 LE œMTÉ d' ANJOU 

reçue en fief, elle aussi, de Foulque Nerra par Roger le Vieux, 
étaient nés et avaient grandi le château et la maison du Petit-Mon- 
trevault^ Vers le même temps, Foulque avait fondé le château de 

i. En ce qui touche les débuts des deux maisons de Montrevault, qu'il 
est parfois malaise de bien distinguer, Célestin Port (Dictionn.y t. II, 
p. 728 et 730, et t. III, p. 448) est assez confus et même inexact. Voici ce 
qui nous paraît pouvoir être dégagé : en 1047-1058, d'après les termes 
d'une charte de Saint-Serge, de l'an 1058, copiée dans la Coll. dom Hous- 
seau, vol II*, n° 582 (donation de Raoul, vicomte du Mans, pour la sépul- 
ture de sa femme), il semble bien qu'il n'y ait encore qu'un Montrevault, 
car on y dit que Foulque Nerra a construit^ /e château « quod Montem 
Rebellem nominavit >> et il y est question d'une église « juxtâ praedic- 
tum castellum Montis Rebellis », sans qu'on éprouve le besoin de distin- 
guer, comme on le fera plus tard, entre le Grand et le Petit Montrevault. 
Or à cette date le « seigneur de Montrevault » est Raoul, vicomte du 
Mans (étant vicomte par ailleurs, il s'intitulera « vicomte de Montre- 
vault »), époux d'Emma, elle-même fille (voir la charte précitée) 
d'Etienne, beau-frère de l'évêque d'Angers Hubert. Dans la charte de Saint- 
Serge que nous venons de citer, il est dit que Raoul tenaille fief de Mont- 
revault du chef de sa femme Emma (« Radulphus vicecomes, ad qucm 
per praedictam Emmam possessio illa pervenerat »). De qui celle-ci le 
tenait-elle elle-même? — Il n'est pas téméraire, croyons-nous, de suppo- 
ser que c'était du chef de son père Etienne, lequel devait être un de ces 
chevaliers auxquels, suivant les termes de la charte, Foulque Nerra dis- 
tribua tout le domaine, château y compris (« factoque ibi castello quod 
Montem Rebellem nominavit, militibus universa per beneûcium donave- 
rat »). Ce Montrevault, c'était le futur Grand-Montrevault : nous savons, 
en effet, d'une manière précise que le siège de l'autre maison de Montre- 
vault, sur laquelle nous allons revenir, était au Petit-Montrevault et nous 
savons également, tant par Vllist. de Saint-Florent (p. 299 des Chron, des 
églises d'Anjou) que par quelques autres documents, que le fils du 
vicomte du Mans (Raoul I" de Montrevault), c'est-à-dire Raoul II de Mont- 
revault, était seigneur du Grand-Montrevault. — Le Petit-Montrevault n'a 
donc pu, lui, se constituer que dans la seconde moitié du xi* siècle : sous 
Geoffroi le Barbu (1060-1068), nous voyons que le seigneur en est Foulque 
Normand {Hist. de Saint-Florent, p. 298 des Chron, des églises d'Anjou) ; 
une charte du CarluL du Ronceray (éd. Marchegay, n® 38, ann. 1063) nous 
apprend que Foulque Normand avait hérité son bien de Roger de Montre- 
vault, contemporain du comte Geoffroi Martel (1040-1060), qu'on trouve en 
effet cité dans les chartes de cette époque (par exemple, entre les années 
1040 et 1055 au /•■• Cartul. de Saint-Serge, n° 66, dans Bibl. nat., ms. lat. 
5446, p. 253 ; entre les années 1031 et 1060, dans une charte de Mannou- 
tier copiée par Marchegay : Bibl. nat., ms. fr, nouv. acq. 5022, f» 79, r« Cf. 
t/)i(/., 5021, fo» 338, 340, 341, etc) et qui, d'après cette même charte du Ron- 



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LES BARONS 161 

Montreuil-Bellay : immédiatement encore il lavait inféodé à son 
fidèle Bellay ^ Un peu plus tard, quand Geoffroi Martel avait 
fondé les châteaux de Durtal et de Mateflon, il les avait inféodés 
aussitôt, Tim à Hubert le Rasoir ^^ l'autre au père de Foulque I**" 
de Mateflon ^. Des seigneurs s'étaient installés de même à 
Passavant avant 1026 ^*, à Maulévrier ^, à Faye-la- Vineuse 6, 

ceray, était lui-même Théritier de Roger le Vieux. Ce Roger le Vieux se 
qualifie « de Montrevault » dans une charte des années 1026-i039 (Cata- 
logue (TacteSy n® 57) et était probablement du nombre des seigneurs aux- 
quels Foulque Nerra distribua le domaine de Saint-Remy en Mauges ; 
mais — contrairement à ce que dit Célestin Port — nous avons vu que ce 
n'est pas lui qui avait reçu le château construit par le comte. 

i. Voir notre Étude sur la Chron.de Foulque le Réchin^ loc. cil.^ p. 29- 
30. — Bellay I'*" est cité au temps de Foulque Nerra dans une charte par 
laquelle il fait une donation à Saint-Florent de Saumur (Livre noir de 
Saint-Florent, ^i08 r»). 

2. Voir Cartul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n® 306. 

3. Voir ci-dessus, p. 156, n. 2. 

4. En 1026, paraît Sebrand !«' (n» 37 du Catalogue d'actes ; cf. Hlst. de 
Saint-Florent, p. 294 des Chron. des églises d'Anjou) ; il n*est pas, il est 
vrai, qualifié « seigneur de Passavant » ; mais on voit peu après son fils 
Guillaume, « seigneur de Passavant », confirmer ses donations qui con- . 
cernent des fiefs dépendant de la seigneurie de Passavant : voir notam- 
ment Livre noir de Saint-Florent, f®» 79 v^-SO r®. 

5. Nous avons cité dans notre Élude sur la Chron. de Foulque le Réchin, 
loc. cit., p. 31, une charte prouvant l'existence d'Aimeri l*»*, seigneur de 
Maulévrier en 1027 env. (Coll. dom Fonteneau, VI, p. 623 et 629) ; il vivait 
encore en 1047 (voir une charte des années 1046-1061 copiée sur le Car- 
tul. de Chemillé par Marchegay : Bibl. nat., ms. fr. nouv. acq. 5022, 
f" 13 r*»), mais dut mourir peu après : car dans une charte, suspecte, il est 
vrai, de l'an 1050 (Cartul. de la Trin. de Vendôme, éd. Métais, n® 95 ; 
Catalogue d'actes, n° 96), et, en tout cas, en iOQ2 (ibid., n» 157) et en 1060- 
1068 (Cartul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n° 265), on ne 
cite plus que son fils et successeur Renaud I®»". 

6. La première mention sûre (voir ci-dessus, p. 154, n. 3) du seigneur 
de Faye est celle de Nive, dame du « castrum » de Faye, qui paraît au n° 2 
du Cartul. de Noyers, éd. G. Chevalier (t. 22 des Mém. Soc. archéolog. de 
Touraine, 1872), au temps de Tabbé Evrard (1031-1058). Quelques années 
après, on trouve pour seigneur Aimeri le Jeune où l'Enfant. Cet Aimeri 
était-il le fils de Nive, comme le disent Bourassé et Carré de Busserolle 
(ouvr. cités ci-dessus, p^ 154, n. 3) ? Nous n'avons trouvé aucun document 
permettant de Taflirmer : nous savons seulement que le père d'Aimeri le 
Jeune était un certain Aimeri de Loudun, dont aucune des chartes du 

Halphen. — Le comté d'Anjou. 11 



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2 LE COMTÉ D ANJOU 

îainte-Maure ^'à Trêves avant 1040 2. Partout de grandes 
iisons avaient surgi : là, celle de Briollay, dont le château 

rluL de Noyers ne permet de dire s'il avait épousé Nive. Il semble 
me que s'il l'avait épousé, il paraîtrait vers 1031 à ses côtés dans la 
u'te n° 2 du Cartul.^ et nous savons en outre que son fils Aimeri le 
ine fut seigneur de son vivant même [Cartul.^ n°* 20 et 167). Aimeri le 
me mourut en 1061 (ibid.), laissant enceinte sa femme Ausent, qui 
vait quelques mois après mettre au monde son fils Aimeri II. Mais cet 
meri n'étant pas encore né, faute d'héritier, le fief de Faye fut repris 
r le suzerain, Geoffroi le Barbu, qui en disposa en faveur d'autres fidèles 

même cas s'est produit à la même époque pour le fief deChampigné : 
ir Cartul. de Saint-Aubiriy éd. Bertrand de Broussillon, t. I, p. 101), 
bord Gui de Nevers [Carlul. NoyerSy n° 20), puis Ganelon de Châtillon 
te?., n<* 45). C'est seulement à la mort de ce dernier qu'Aimeri II put 
trer en jouissance du fief et qu'ayant eu de sa femme Eustache un fils 
imeri III), l'établissement de la maison de Faye-la-Vineuse fut assuré, 
r tout ceci, outre les chartes citées, voir pour Aimeri le Jeune le CartuL 
Noyers, n<> 653 (1061) ; pour son fils Aimeri II, ibid., n^ 45, 64, 67, 408, 
[), 148, lîW, 157, etc., et pour la filiation d'Aimeri de Loudun, d'Aimeri 
Jeune et d'Aimeri II, voir Marchegay, Chartes poitevines de Saint-Florent 
Saumur, dans les Archives hist. du Poitou, t. II, p. 20, n® 9. — Pour ces 
buts de la maison de Faye, les indications de Bourassé et de Carré de 
sserolle sont pleines de lacunes et d'inexactitudes. 
L Voir A. de la Ponce, dans les Méni. Soc, archéol, de Touraine, t. VI, 
)4, et not^re Etude sur la Chron.de Foulque le Réchin, loc, cit., p. 27-28. 

trouve le premier seigneur, Josselin, peut-être dès 1037 (n®53du Cala- 
med'acles), en toutcasdès 1040 (Car/u/. Trin. deVend., éd. Métais,n»»35 
40).. Il est aussi mentionné dans une charte de Saint-Nicolas d'Angers 
s années 1040-1046 {Catalogue d'actes, no 78). 

l. Port, Dictionn., t. III, p. 627, col. 2, dit : « Ce premier château... 
raît avoir été inféodé tout d'abord par le comte au seigneur de Sablé, 
rbert le Rasoir, Rasorius, qui le servait dans sa guerre de Touraine, 
is tard à Thibaud le Bouteiller, Buticularius, puis à Geoffroy le Fort, 
^tus Fortis, dès 1036. » Nous ne savons où Port a pu trouver l'indication 
la première inféodation. Herbert le Rasoir semble, en tout cas, une 
*eur pour Hervé (voir Cartul. Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, 
85). Personnellement, le premier seigneur que nous ayons rencontré est 
ibaud le Bouteiller, beau-père d'Aubri I«' de Montjean et qui paraît, au 
nps de l'abbé de Saint-Florent Frédéric (1022-1055), dans deux chartes 
Livre noir de Saint-Florent de Saumur, fol. 110 et fol. 128-129 r*. Puis 
nt Geoffroi le Fort cité dans des chartes immédiatement postérieures à 
mort de Foulque Nerra (Cartul. Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussil- 
1, n® 178 [1040-1060], charte de Marmoutier, des années 1041-1045, dans 
irchegay, Archives d'Anjou, t. II, p. 50-51). On trouve son successeur 



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LES BARONS 163 

avait été inféodé par Foulque Nerra au père du trésorier de 
Saint-Maurice d'Angers Bouchard ^ ; ici, celle de Beaupréau, 
fondée par Josselin de Rennes, un soldat de fortune, sans 
doute, que Foulque Nerra avait distingué ^ ; ailleurs, la puis- 
sante maison de Chemillé, dont le fondateur, Sebrand I*^'', un 
des meilleurs capitaines de Foulque Nerra, avait été tué en 1016 
à Pontlevoy, mais qui avait laissé une lignée capable de conti- 
nuer brillamment son œuvre '^ Alors aussi étaient nées les mai- 

Aimeri dès 1063 (Marchegay, ibid., p. 30, eL cf. Cartul. de Saint-Aubin, 
n° 216, CartuL de Saini-Maur, éd. Marchegay, au t. I des Archives d'An- 
jou, n» 32, CartuL de Saint-Nicolas dans Collect. dom Housseau, vol. III, 
nMOOl, etc.). 

1. Voir ci-dessus, p. 117, n.2, et p. 57, n. 2. 

2. Aucun acte, à notre connaissance, ne donne à Josselin de Rennes le 
titre de seigneur de Beaupréau; mais nous savons d'une manière expresse 
que son fils Hamelin et son petit-fils Girois, seigneurs de Beaupréau, 
étaient ses héritiers (voir notamment Cartul. Saint-Aubin, éd. Bertrand de 
Broussillon, n" 242). Josselin de Rennes paraît en 1014-1027 dans la charte 
n° 4 du même CartuL Saint-Aubin, Il mourut avant 1028 : car dans une 
charte antérieure à cette date, on voit son fils Girois faire une donation 
à Saint-Aubin pour le repos de l'âme « de son père Josselin de Rennes 
dont le corps est enseveli dans le cimetière de cette abbaye » {CartuL Saint- 
Aubin, n°2^i). Il ne peut donc figurer cui037 parmi les témoins d'un autre 
acte de Saint- Aubin (ibid., n® 1 : n® 53 du Catalogue d^ actes). Josselin de 
Rennes avait épousé une certaine Gondrade (CartuL Saint-Aubin, n°241), 
dont il eut trois fils: Gautier, mort jeune avant 1028 [ibid.), Girois, que 
nous avons vu faire une donation à Saint-Aubin d'Angers entre les années 
1007 et 1027, alors qu'il avait succédé à son père (ibid.) ci qui fut tué par 
les gens du vicomte de Thouars un peu avant 1028-1029 (CartuL du Ron- 
ceray, éd. Marchegay, n<» 125), et enfin Hamelin, lequel eut quelque peine 
à obtenir de Foulque Nerl'a l'investiture du fiof rendu vacant par la mort 
de son frère Girois (ibid.). Cet Hamelin, qui entra en possession de la sei- 
gneurie en 1028-1029, est expressément qualifié « de Beaupréau » (ibid.^ 
n° 175). Son fils Girois de Beaupréau devait lui succéder dès 1062 (au plus 
tard) : voir pour cette date une charte du i^^ CartuL de Saint-Serge, fol. 25, 
copiée dans la Coll. dom Housseau, vol. IP, n° 655, et le Livre rouge di 
Saint-Florent de Saumur, fol. 29; voir aussi le CartuL de Saint-Aubin, éd 
Bertrand de Broussillon, n*»» 263, 264, 265 (ann. 1060-1067), et n» 242 (ann 
1077) et le CartuL du Ronceray, éd. Marchegay, n*»» 93, 94, 175 (ce der- 
nier numéro indique bien la filiation avec Hamelin \^^ de Beaupréau). 

3. Sebrand I®** de Chemillé portait l'étendard du comte à la bataille d< 
Pontlevoy (1016), où il fut tué (Histoire de Saint-Florent, p. 274 des Chron 



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164 LE œMTÉ D*ANJOU 

sons de Montsoreau, avec Gautier de Montsoreau^, de Blaison, 
avec Thibaud I" ^, de Montjean, avec Aiibri de Montjean •^, de 



églises d'Anjou). Pierre I«"* de Chemillé se dit expressément son fils dans 
une charte des années 1032-i064 pour Tabbaye de Marmoutier (copiée par 
Marchegay : Bibl. nat., ms. fr. nouv. acq. 5022, P» 6). Ce Pierre I*' est 
mentionné, en outre, avant la mort de Foulque Nerra, en 1040, dans les 
chailes relatives à la fondation de la Trinité de Vendôme (Cartul. de la 
Trin. de Vend., éd. Métais, n°* 35 et 40); nous avons eu Toccasion (p. i04, 
n, 1) de parler brièvement de ses successeurs. Les seigneurs de Chemillé, 
à la fin du xi"= siècle, avaient une vraie cour. Voir les chartes des cartulaires 
de Chemillé copiées par Marchegay (Bibl. nat., ms.fr. nouv. acq. 5022) et 
notamment une charte de Tan 1093 (ibid., f°* 21-22) où Pierre II de Chemillé 
apparaît entouré de deux sénéchaux, d'un chambrier et d'un bouteiller. 

1. Sous GeofTroi Martel, Guillaume I®*", seigneur de Montsoreau, se dit fils 
de Gautier I*"*" de Montsoreau (copie du Cartul. de Bourgueil, fol. 168 r*», 
dans Coll. dom Ilousseau, vol. 11^, n*» 512). 

2. Thibaud I'' de Blaison apparaît dans une notice (n® 178 du Cartul, de 
Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon) racontant qu'en 1014, abbé laïque 
deSaint-Lézin d'Angers, il ravageait les terres appartenant en commun à 
cette maison et à Saint- Aubin (Cf. Cartul. de ^aint-Aubin, éd. Bertrand de 
Broussillon, n*»* 922, 923). On y apprend qu'il eut pour successeur son fils 
Thibaud II, cité en 1040 au n° 35 du Cartul. de la Trin.de Vend., éd. 
Métais (il apparaît aussi au n° 1 du CartuL de Saint- Aubin, daté 1037 ; mais 
cette date est fausse : voir n° 53 du Catalogue d'actes). C'est vers 1050 que 
celui que la notice citée ci-dessus appelle le <« tertius hères » du fief succéda 
àThibaud II: il s'appelait Éon (Eudo) : voir Cartul. delà Trin. de Vend., éd. 
Métais, n°« 88, 95 ; Cartul. du Honceray, éd. Marchegay, n°175 ; charte de 
Marmoutier dans Marchegay, Archives d'Anjou, II, p. 2, etc. 

3. Aubri I'"'* de Montjean apparaît encore comme simple fidèle du comte en 
990-1011 (Catalogue Pactes, n'* 21) ; ilélaii seigneur de Montjean quelques 
années après, au temps de l'abbé de Saint-Florent Giraud de Thouars 
(1013-1022), dont il obtint l'église de Châteaupanno (ci-dessus, p. 157, n. 4). 
Une charte des années 1019-1031 (Catalogue d'actes, n** 49) nous le montre 
érigeant en collégiale l'église Notre-Dame de Loudun. Il est cité en 1040 
dans les chartes relatives à la fondation de la Trinité de Vendôme (Car- 
tul. Trin. de Vend., éd. Métais, n°* 35, 40) et dans une charte du Livre 
noir de Saint-Florent de Sauniur, f*» 28 v<>. Il est encore cité entre lesannées 
1040 et 1046 dans une charte du Cartul. de Saint-Nicolas copiée dans la 
Coll. dom Ilousseau, vol. II*, n^ 593 ; mais en 1062, ni lui ni son succes- 
seur Pierre I*"** n'étaient plus en vie (charte de Marmoutier dans Mar- 
chegay, Archives dWnJou, t. II, p. 75). — On trouvera quelques bons 
détails sur les seigneurs de Montjean 'dans les Notes sur Montjean 
publiées par un anonyme dans la Revue de V Anjou, nouv. série, t. XXI 
(1890) etsuiv. 



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LES BARONS 165 

Craon, avec Suhardle Vieux *, de Jarzé, avec. Thibaud I®*" ^^ de 
Rillé, avec Érard le Prévôt ^, de Thouarcé, avec Gazon *, pen- 
dant que sur les domaines des comtes de Blois dont la con- 
quête de 1044 avait amené la réunion à T Anjou étaient 
apparues parallèlement, à Textrême fin du x® siècle, avec Cor- 
bon I*', la maison de Rochecorbon^ et, au début du xi® siècle, des 
maisons comme celles de Maillé ^», de Chaumont-sur-Loire '^^ de 
Châteaurenault 8, de TIsle-Bouchard ^. 

i. Bertrand de Broussillon, La maison de Craon, t. I, p. 18 et Angot, 
Dictionnaire de la Mayenne, t. I, v® Craon. Suhard apparaît vers 1010. 

2. Voir, entre autres, des mentions de Thibaud I«'au n° 301 du CarluL du 
Bonceray, éd. Marchegay (1040-1060), au n® 287 du CarluL de Sainl- Aubin, 
éd. Bertrand de Broussillon (1047-1067), au n<» 157 du Catalogue d'acte» 
(1060), aux no«157 et 158 du Cartul, Trin. de Vendôme, éd. Métais (1062). 

3. Voir Marchegay, Archives d Anjou, t. II, p. 28-30 (1063). Érard était 
prévôt de Tours (cf. Arch. d'Anjou, t. II, p. 31 et p. 34) ; il eut pour fille 
Marca, qui épousa Geoffroi Papebeuf. 

4. Isembard h^ de Thouarcé, qu'on trouve à partir de 1060 environ, était 
fils de Gazon, comme nous Tapprend une charte des années 1055-1068, 
débutant ainsi : « Ego Isembardus Toarciaci dominus, Gathonis filius... » 
{Livre blanc de Saint-Florent de Saumur, fol. 17-18 r^). 

5. Corbon apparaît d'abord comme simple fidèle du comte de Blois 
en 984, dans une charte du CartuL tourangeau de Marmoutier, fol. 76 v®, 
copiée dans la Coll. dom Housseau, vol, Xll*, n» 6719. Le 15 février 999, 
on le voit installé dans son château des Roches (charte orig. de Boui;gueil, 
Archives dlndre-et-Loire, H 24, n<» 16). Il vit encore en 1014 (voir Lex, 
^i/(/es c/e B/ois, Catalogue, n® 26), mais dès 1015-1023 est remplacé par 
son fils aîné Ardouin (Lex, ibid., pièce justif. n° XIll). 

6. Joubert I" de Maillé apparaît dès 1034-1037 (Lex, ibid,, pièce justif. 
n« XXlIiy. Son fils aîné Ardouin est cité comme seigneur en 1040-1047 au 
n» 88 du Catalogue d'actes et dans une charte par laquelle il fait, avant de 
mourir, un don auquel son frère et successeur désigné Gcudouin consent 
(charte orig. de Marmoutier, Archives d'Indre-et-Loire, H 292. Cf. deux 
notices postérieures de Marmoutier copiées pour Gaignières dans le ms. de 
la Bibl. nat., lat. 5441^, p. 384«et 384^-385). Geudouin, cité comme seigneur 
de Maillé dans une charte de Marmoutier dont l'original a été copié dans 
la Collect. Moreau,à la Bibl. nat., vol. 23, fol. 177, est dit récemment défunt 
dans une charte de Tan 1062 {Livre des serfs de Marmoutier, éd. Salmon,n°66). 

7. C'est Eude II de Blois qui inféoda Chaumont à Geudouin de Saumur 
après 1026 (Ilist. Saint-Florent, ddius les Chron. des églises d'Anjou, p. 280). 

8. Le prçmier seigneur que nous connaissions est Guicher I**", dépos- 
sédé en 1044 : voir ci-dessus, p. 49, n. 2. Le récit qu'on trouve dans les 
dernières rédactions des Gesta consulum Andegav, [Chron. des comtes 
d Anjou, p. 124-125) est un pur roman. 

9. Le premier seigneur connu est Ilugue V^, qui vivait au temps de 



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166 LE œMTÉ d'anjou 



II 

Il était inévitable que les fidèles du comte, en prenant pied 
dans tous ces châteaux, qu'ils se transmettaient d ordinaire de 
père en fils et qui leur assuraient la domination du plat pays 
environnant, arrivassent au bout de peu de temps à une force 
dangereuse *, et cette menace s était réalisée d'autant plus vite 
que les seigneurs châtelains avaient de bonne heure tendu à ne 
contracter d'alliances qu'entre eux et à former ainsi une caste à 
part. 

Qu'on observe, par exemple, ce qui s'était passé dans la 
région d'Amboise, pour laquelle nous avons dans les Gesta 
Ambaziensium dominorum un guide fort précieux et d'une 
grande exactitude depuis le milieu du xi® siècle. Lisois d'Am- 
boise, un vassal du comte que l'on voit apparaître à l'époque de 
Foulque Nerra, avait eu deux fils et trois filles : l'une des filles 
avait épousé le seigneur de Mon trésor, Bouchard ; une autre, le 
seigneur de Rochecorbon, Thibaud ; une troisième, un grand 
baron d'Amboise, Foucois de Thorigné ; enfin le fils aîné avait 
épousé la nièce et héritière de Geoffroi de Chaumont-sur-Loire -. 
Ailleurs, on avait vu Thilde, fille de Joubert de Maillé, épouser 
Geoffroi le Fort, seigneur de Trêves ^. Une série d'alliances du 

Foulque Nerra, qu'on trouve cité notamment, en 1032-1037, au n° 37 du 
Cartul. de Cormery^ éd. Bourassé, et qui est dit défunt depuis assez long- 
temps dans une charte des années 1040-1045 du Car lui, tourangeau de Mar- 
moutier, fol. 172 v®, copiée dans la Coll. dom Housscau, vol. in,n*» 450, et 
éd. dans Mêlais, CartuL de la Trin, de Vendôme^ n^ 399. Les indications 
données par Carré de Busserolle, Dictionnaire d'Indre-et-Loire, t. III, 
p. 363 et suiv., qui font remonter la maison de TIsle-Bouchard à 887, 
paraissent tout à fait fantaisistes. 

1. Sur la force que le château assurait aux vassaux, voir Guilhiermoz, 
Essai sur l'origine de la noblesse en France, p. 143. 

2. Chron. des comtes d'Anjou, p. 172. 

3. Thilde de Maillé est citée parmi les enfants de Joubert de Maillé, 
avant son mariage, dans une charte de Marmoutier des années 1034-1062 



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LES BARONS 167 

même genre lia entre elles les maisons de Mon treuil-Bellay, 
Doué, Montsoreau, Sainte-Maure, quand Aliénor, fille de Bel- 
lay I*', eut épousé Hugue l^^ de Sainte-Maure^ et qu à la fin du 
XI* siècle Grécie, fille de Girs^ud de Montreuil-Bellay, se fut unie 
d abord à Geudouin, seigneur de Doué 2, puis à Gautier, seigneur 
de Montsoreau ^. Le cas fut le même pour les maisons de Jarzé^ 
du Petit-Montrevault, de Candé, de BrioUay, qu'une série de 
mariages rapprocha Tune de Tautre : mariage d'Agnès, fille de 



(orig. aux Archives d'Indre-et-Loire, II 292 ; copie dans la Coll. dom Rous- 
seau, vol. IP, n® 612j ; la même est dite mariée à GeofTroi le Fort, seigneur 
de Trêves, dans une charte de peu postérieure (copie de l'orig. dans la Coll. 
Moreau, à la Bibl. nat., vol. 23, fol 177) et elle apparaît encore en cette 
qualité, notamment aun<> 217 du Carlul. de Saint-Aubin^ éd. Bertrand de 
Broussillon, et dans une charte autrefois transcrite au Cariul. de Saint" 
Nicolas d^ Angers f fol. 13, dont on trouve des analyses à la Bibl. nat., dans 
la Coll. dom Housseau, vol XIIH, n^ 9509, dans la Coll. Baluze, vol. 38, 
fol. 49, et dans le ms. fr. 22450, p. 162. 

1. C'est ce que disent les Gésta Ambaz, dominorum (Chron, des comtes 
d'Anjou, p. 194), et cela semble confirmé par des chartes qui donnent à 
l'épouse de Hugue I**" de Sainte-Maure le nom d'Aliéner (voir Carlul, de 
Noyers, éd. Chevalier, n° 139, et cf. A de La Ponce, dans les Mém. de la 
Soc.archéol. d^ Touraine, t. VI, 1854). 

2. La femme de Geudouin de Doué, mère de GeofTroi, Aimeri et Geudouin 
de Doué, est indiquée comme s'appelant Grécie au Livre d'argent de 
Saint-Florent de Saamur, fol. 66 v*» (1080), au Livre blanc de Saint-Florent, 
fol.30vo (1087) et fol. ^l,aiU Livre noir de Saint-Florent, îo\. 74 v° (1093), au 
Livre noir de Saint-Maurice d'Angers, fol. 71 v®, n° 111 (analysé dans la Coll. 
dom Housseau, vol. IV, n^ 1268, et copié dans la Coll. Baluze, vol. 39, fol. 55 
et 66), charte de 1116. Une charte de 1105 du Cari, de Saint-Nicolas d'An^ 
gers, fol. 55 (copiée dans la Coll. dom. Housseau, vol. IV, n® 1243, et analy- 
sée ibid., vol. XIIH no 9536, et Coll. Baluze, vol. 38, fol. 49 ; éd. dans VEpitome 
Sancti Nicolai, p. 42), nous apprend que Geudouin, un des fils de Grécie, 
était neveu de Bellay de Montreuil-Bellay, ce que confirme le n<» 143 du 
Carlul, de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, et ce qui établit la 
filiation de Grécie (cf. Carlul. de Saint-Aubin, n° 221, et la note suivante). 

3. Carlul, de Fontevrnult, n° 723 (HIO environ), donation de Bellay de 
Moirtreuil-Bellay du consentement de Gautier de Montsoreau, de Grécie, 
épouse dudit, de Guillaume et Pèlerine, enfants de Gautier, et d'Aimeri et 
Geoffroi de Doué, enfants de Grécie. Ibid., n° 724, donation de Bellay du 
consentement de Grécie, sa sœur, et de Guillaume de Montsoreau, fils 
de ladite Grécie. 



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168 LE COMTÉ d'aNJOU 

Thibaud I*"" de Jarzé, avec Roger II de Montrevault ^ ; mariage de 
Normand de Montrevault avec Denise, fille de Rorgon de Candé^; 
mariage de Guermaise, fille de Geoffroi de Jarzé, avec Geoffroi de 
Briollay 3. 

Ces unions entre fils et filles de grandes familles seigneu- 
raies avaient eu et eurent d'abord pour résultat immédiat 
de faire de plus en plus des barons une aristocratie se suffisant 
à soi-même et trouvant facilement dans son sein des éléments 
de résistance redoutables contre le comte en personne, 

Du même coup aussi, le nombre des seigneuries qui tombaient 
par voie d'héritage entre les mêmes mains devait aller grandis- 
sant. Nous avons vu le mariage de Sulpice d'Amboise avec Denise 
de Chaumontamenerlunion des deux seigneuries ^ ; des mariages, 
de même, avaient entraîné ou devaient prdvoquer la fusion des 
fiefs de Langeais et de Montoire ^, de ceux de Candé, du Lioa- 
d' Angers et du Petit-Montrevault ^ et de ceux de Craon, Sablé, 
Ingrandes et Champtocé ^. Et comme si ce n'était pas assez de ces 
conséquences inévitables d'im état de choses qu'il avait contri- 
bué à former presque malgré lui, on avait pu voir le comte lui- 

i. Voir une charte extraite du /«*■ CartuL de Saint-Serge, n» 180, dans 
le ms. de la Bibl. nat. lat. 5446, p. 27i. 

2. CartuL de Saint-Aubin d'Angers^ éd. Bertrand.de Broussillon, n*» 172; 
charte orig. de Marmoutier, aux Arch.de Maine-et-Loire, fonds de Chemillé^, 
copiée dans le Cartul. vélin de Cheniillé (ibid,), n® 44. 

3. Voir une charte de 1103 du Livre noir de Saint-Maurice d'Angers, fol, 
64 vo-65 r», copiée dans la Coll. dom Housseau, vol. IV, n® 1228, et une 
charte du /«"^ Cartul, de Saint-Serge^ n<» 325, copiée dans le ms. de la Bibl. 
nat. lat. 5446, p. 287. 

4. Ci-dessus, p. 166. 

5. Voir notre Étude sur la Chron, de Foulque le Réchin, loc, cit., p. 24 
et 25. 

6. Quand Normand de Montrevault épousa Denise de Candé (ci-dessus, 
n. 2), les fiefs de Candé et du Lion-d'Angers étaient déjà unis (ci-dessus, 
p. 113, n. 3) : Denise en hérita, et Normand en devint ainsi seigneur. Voir 
Cartul. de Saint-Aubin d'Angers, éd. Bertrand de Broussillon, n® 172, et 
Orderic Vital, XI, 16, éd. Le Prévost, t. IV, p. 216. 

7. Voir Bertrand de Broussillon, La maison de Craon, t. I, p. 54 et p. 59, 
no 100. 



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LES BARONS 169 

même hâter ces réunions en ne confisquant, par exemple, Champ- 
toceaux que pour le livrer àThibaud, seigneur de Jarzé, le Lion- 
ci' Anger§ que pour le livrer à GeofTroi Rorgon, seigneur de Candé, 
Durtal que pour le livrer à Renaud de Maulévrier ^. Toutes ces 
petites principautés constituaient désormais à côté des domaines 
comtaux comme autant de noyaux de résistance. 



III 

Si seulement le comte eût été de taille à tenir tête aux barons ! 
Mais en face d'eux ils ne rencontraient qu'un homme sans 
prestige, dont la conduite privée fut un objet de scandale : après 
avoir perdu sa première épouse, la fille de Lancelin de Beau- 
gency 2^ on le vit, passer de femme en femme, d'Ermengarde de 
Bourbon, qu'il répudia presque aussitôt sous prétexte de parenté ^, 
à Orengarde de Châtelaillon, qu'il épousa le 21 janvier 1076 ^ 

1. Voir ci-dessus, p. i 12-113. 

2. Gesta consulum Andegavoruniy p. 140 des Chron, des comtes d'Anjou. 
Foulque le Réchin n'eut qu'une fille de cette première femme, Ermengarde 
(voir ibid.)^ sur laquelle on trouvem d'utiles indications dans Port, 
Dictionnaire de Maine-et-Loire, t. II, p. li 6-117. 

3. « Post mortemfilie Lancelini, duxit Ermengardin, filiam Archembaudi 
Fortis de Borbono, ex qua genuit Gosfridum Martellum... (quam) dimisit, 
afBrmans eam de génère suo fuisse » [Gesta consulum Andegav,, ibid., 
p. 140). Cette Ermengarde souscrit une des chartes de Foulque le Réchin 
(n® 229 du Catalogue d'actes). Comme il est dit dans les Gesta, elle eut pour 
fils Geoffroi Martel le Jeune, dont nous reparlerons. 

4. Une charte de Saint-Florent de Saumur (Arch. de Maine-et-Loire, 
fonds de la mense commune, domaine de Saumur, orig.) est ainsi datée : 
« Acta sunt haec apudSalmurum anno ab incarna tione Domini millesimo 
LXX quinto, mense januario, feria quinta, die festivitatis sancte Agnetis 
virginis, quo die prenominatus comes Fulco, accepta in uxorem Auren- 
garde, filia Isemberti de Castello Allione, nuptias celebrabat » (le jeudi 
21 janvier, jour de la sainte Agnès, nous reporte à Tannée 1076, n. st. ; 
f)ar exception, on a donc suivi ici le style de Pâques ou celui du 25 
mars). Orengarde parait aux côtés de Foulque le Réchin dans une charte 
du 17 mai 1076 (n» 230 du Catalogue d'actes). 



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LE COMTÉ d'aNJOU 

ais dont il se sépara en 1 080 ^ ; de la fille de Gautier I*''' de Brienne , 
parente ^, à la belle Bertrade de Montfort. C'est surtout du 
ur où sa passion pour Bertrade a parlé qu'il s'avilit et avilit 
i même temps aux yeux de tous l'autorité comtale : pour la 
»sséder d'abord, on le voit promettre la paix au duc de Nor- 
andie ^ ; mais la lune de miel dure peu : après lui avoir donné 
{ fils, Foulque le Jeune ^, la belle Bertrade, aussi volage que 
lie, gagne le cœur du roi et, dans la nuit du 15 mai 1092, se 
uve de Tours pour aller rejoindre Philippe qui l'attend à 
'léans •'*. Foulque s'indigne d'abord : lui qui venait de promettre 



1, Aux termes d'une charte [Catalogue d'actes^ n® 236), Oreng^rde se fit 
igieuse le 9 juin 1080, sans doute à Beaumont-lès-Tours. 

2. Ce mariage n'est signalé que par une généalogie rédigée à Saint- 
ibin d'Angers au temps de Foulque le Réchin (Poupardin, Généalogies 
gevines du XI*' sièclCy dans les Mélanges d'archéol. et d'histoire de V École 
inç. de Rome, t. XX, p. 208). Ménage avait déjà publié cette généalogie 
ist. de Sablé, p. 340) et relevé ce mariage [ihid., p. 85). Gautier I®' de 
ienne est cité du 28 décembre 1035 au moins jusqu'après le 6 juin 1050 
. d'Arbois de Jubainville, Catalogue d'actes des comtes de Brienne, dans la 
bl. de VÉcole des Chartes, t. XXXIII, 1872, p. 143 et suiv). La seule fille 

Gautier dont nous connaissions le nom (voir ibid.^ p. 148, n° 33) s'ap- 
lait Mantia . 

J. Orderic Vital, VIII, éd. Le Prévost, t. III, p. 320-321. Cf. ci-dessous, 
ap. III § III. 

\, Gesta consulum Andegav., p. 140 des Chron. des comtes d'Anjou. 
). Gesta consulum Andegav, ihid., p. 142-143 :« Rex libidinosus Phi- 
pus Turonisvenit et cum uxore Fulconis locutus eam fieri reginam cons- 
Liit. Pessima illa, consule dimisso, nocte setjuenti regem subsequitur, 
i Mindraio propepontem Bevronis milites dimiserat qui eam Aurelianis 
xerunt. » Orderic Vital, VIII, 20, éd. Le Prévost, t. III, p. 386, raconte 
Bertrade, craignant d'être abandonnée par Foulque, fit savoir son amour 
•hilippe I*"^. « Denique mollis princeps, comperta lascivae mulieris volun- 
e, flagitio consensit ipsamque, relicto marito, Gallias expetentem cum 
udio suscepit. >» La Grande Chron, de Tours (Salmon, Chron. de Tou- 
rne, p. 128), copiant évidemment un texte ancien, raconte que Phi- 
pe I*^"* a enlevé Bertrade la veille de la Pentecôte, lors de la cérémonie 

la bénédiction des fonts de Saint-Jean de Tours. Le fait y est rap- 
rté sous l'année 1093 ; mais c'est une erreur pour 1092, date que donnent 
is les textes et notamment Clarius de Sens {Ilist. de France, t. XII, 
280) et une charte extraite du Cartul, tourangeau de Marmoutier^ 
. 137 r*», copiée dans laColl. dom Rousseau, vol. XII 2, no 0749, et datée 



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LES BARONS 171 

aux prêtres de ne plus se marier sans leur consentement (1094) ^, 
il réclame Bertrade, accuse le roi d'inceste -. La violence ne dura 
pas: Bertrade sut trouver le secret de contenter à la fois 
ses deux amants; les barons angevins purent même voir, en 
U06, leur comte faire au roi et à Bertrade les honneurs de sa 
capitale "^ et comme un esclave se mettre' sur un escabeau aux 
pieds de son ancienne maîtresse, qui continuait à faire de lui 
tout ce qu'elle voulait '*. 

Un tel comte n'était pas fait pour en imposer à des barons 
aussi puissants et qui, grâce à la crise de 1067-1068, avaient pu 
prendre conscience de leur force. Aussi après 1068 ne sont-ceque 

ainsi : « Actum aiino ab incarnatione Domini MXCII, agentibus nobis sub 
domno abbate Bernardo, ipso anno quo rex Philippus accepit sibi uxorem 
conjugem Fulconis comitis Andegavensis. » En 1092, la Pentecôte tom- 
bant le 16 mai, la fuite de Bertrade, d'après la Grande Chron. de TourSy 
est du IT) mai (Cf. dom Brial, Préface du t. XVI des Hisl, de France), Le 
mariage du roi avec Bertrade était consommé le 27 octobre 1092, date à 
laquelle Urbain II blôme Tévêque de Senlis de s'y être prêté (Hisl. deFr.^ 
t. XIV, p. 702; Jaffé-Wattenbach, Regesta, n» 5469). 

1. Catalogue d'actes^ n° 272. 

2. Une lettre d'Ive de Chartres rappelle que Foulque avait envoyé à la 
cour des gens pour établir Tinceste et réclamer Bertrade (Hisl, de Fr., 
t. XV, p. 150). Cf. Orderic Vital, VIII, 20, éd. Le Prévost, t. III, p. 388 : 
<' Unde inter opulentos rivales minarum ingens tumultus et proeliorum 
conatus exortus est. » 

3. Voir une charte-notice extraite du Carlul. de Saint-Nicolas d'Angers, 
fol. 50 vo, copiée dans la Coll. dom Rousseau, vol. IV, n^ 1259, et publiée 
dans VEpitome S. Nicolai, p. 50, racontant que le 10 octobre 1106 le roi 
Philippe I**" vint à Angers avec la reine Bertrade et fut reçu « a Fulcone 
comité et ab Andecavensibus tam clcricis quam laïcis cum honore 
maximo et reverentia. » Cf. Orderic Vital, VIII, 20, éd. Le Prévost, t. III, 
p. 388 : « Verum versipellis mulier inter rivales simultalem compescuit 
ingenioque suo in tantam pacem eos compaginavit ut splendidum eis 
convivium praepararet et apte, prout placuit illis, ministraret. » 

4. Suger, Vie de Louis le Gros, éd. Molinier, p. 57 : « Mater etiam (Ber- 
trada), his omnibus potentior viragocjuc faceta et eruditissima illius admi- 
randi muliebrisartificiiquo consueverunt audaces suis etiam lacessitos inju- 
riis maritos suppeditare, Andegavensem prioremmaritum,Iicetthoroomnino 
repudiatum, ita mollificaverat ut eam tancjuam dominam vencraretur et 
scabello pedum ejus sepius residens, acsi prestigio fieret, voluntati ejus 
omnino obsequeretur. » 



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172 LE œMTÉ d'anjou 

révoltes de leur part ^ Quand Sulpice, seigneur d'Amboise et de 
Chaumont, meurt, c'est sous le coup des menaces que Foulque le 
Réchin doit remettre en liberté Hugue, fils et successeur du 
défunt 2. Peu après, il s'avise de confier la garde de son châ- 
teau d'Amboise, le Domicile, à Aimeri de Courron ; le choix 
déplaît aux gens de Hiigue : cinq d'entre eux se glissent dans le 
donjon, surprennent le veilleur, le font prisonnier et plantent sur 
la tourTétendard de leur maître, pendant que celui-ci se retranche 
dans sa forteresse d'Amboise et se met à harceler les troupes 
du comte. Ce dernier arrive enfin, mais n'ose se mesurer avec 
son adversaire et préfère composer avec lui ^, L'accord n'est 
pas de longue durée ; le vassal insoumis n'attend qu'une 
occasion pour se soulever à nouveau : brusquement, en 
1106, un jour que le châtelain du Domicile, Hugue du Gué, 
était à la chasse du côté de Romorantin, Hugue d'Amboise 
surprend le château et le détruit. La lutte recommençait: Foulque 
le Réchin s'alliant à Aubri de Montrésor et à Josselin et 
Hugue, les deux fils du seigneur de Sainte-Maure Hugue I®*", se 
jette sur Saint-Cyr, un des domaines héréditaires de la maison 
de Chaumont ; Hugue d'Amboise, soutenu par son beau-frère 
Jean, seigneur de Lignières, riposte en venant piller les fau- 
bourgs de Tours et tous les environs de Loches, Montrichard et 
Montrésor. La lutte était dans son plein quand la mort vint 
successivement enlever Josselin et Hugue de Sainte-Maure, puis 
Foulque le Réchin lui-même^. 

Partout la situation est la même : un jour, c'est le seigneur 



1. Le fait a frappé les chroniqueurs. L'auteurdes Gesta consul. Andegav, 
{Chron. des comtes d'Anjou, p. 141) montre Geofîroi Martel le Jeune 
« videns terram turbatam et proceres tolius consulatus contra patrem 
cornua erigere » ; Orderic Vital, XI, 16, éd. Le Prévost, t. IV, p. 216, dit 
à peu près la même chose. 

2. Gesta Ambaz. dominorum, p. 184 des Chron. des comtes dWnjou. 

3. Ibid., p. 186-187. 

4. Ibid., p. 192-195. 



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LES BARONS 173 

d'Alluyes, Saint-Christophe et Vallières qui se soulève ^ ; un 
autre jour, c'est celui de Maillé ^ ; puis c'est celui du Lion-d'An- 
gers ^; en 1097, celui de Rochecorbon '*. Contre Barthélemi de 
risle-Bouchard il faut faire une vraie campagne, élever une for- 
teresse à Champigny-sur-Veude : Barthélemi d'ailleurs s'en 
empare, l'incendie et en fait la garnison prisonnière •''. 

Comme on a pu le voir à propos de la révolte de Hugue d'Am- 
boise, Foulque le Réchin ne ripostait pas ou ne ripostait que molle- 
ment ; on put même l'accuser de favoriser des soulèvements, 
qui lui fournissaient des occasions de pillage **». Un instant cepen- 
dant on put croire que l'autorité comtale allait enfin prendre sa 
revanche : après avoir tenté de déshériter son fils aîné, né de sa 
seconde femme, Geoffroi Martel le Jeune, au profit du fils qu'il 
avait eu de Bertrade ^, Foulque, vieux et usé, dut s'effacer 

i. Une charte originale des Archives de Maine-et-Loire, fonds de Mar- 
moutier, Bocé, n® 4, relate un accord passé « eodem die et loco quo cornes 
Andccavensis Fulco concordiam fecit cum Hugone de Sancto Chris- 
toforo. » 

2. Une charte de Foulque le Réchin, des années 1068-1084, est délivrée 
au siège de Maillé [Catalogue d'aclea^ n** 24-6). 

3. L'incendie du Lion-d'Angers par Foulque le Réchin, en 1087, est indi- 
qué au n® 182 du Cartul. de Saint-Aubin d'Angers, éd. Bertrand de Brous- 
sillon. 

4. Gesla consul. Andegai\, p. 141 des Chron. des comtes d'Anjou : 
« Quippe anno subséquente (MXCVII) Fulco et Martellus, filius ejus, 
Rupes Corbonis obsederunt el fumo ceperunt, quod municipium nemo 
pu ta bat capi posse. » 

5. Cartul. de Noyers, éd, Chevalier, n° 199. 

6. Orderic Vital, XI, 10, éd. Le Prévost, t. IV, p. 216: «... Quibus (praedo- 
nibus) pater ejus (Fulco) parcere jamdudum erat solitus, quia in praedis 
eorum et lalrociniis cum eisdem laetabatur crebrius, acceptis inde sibi 
portionibus. » 

7. « Cum Fulco Rechint Andecavorum cornes (ilium suum majorem 
Gaufridum, amore fdii sui minoris, multis et magnis consiliis atque moli- 
tionilnis exheredare voluisset.... » (Fragment de Saint-Aubin dWngers, 
dans le Recueil, d'annales angev. el vendôni., p. 43). L'auteur des Gesla 
consul. Andegav. {Chron. des comtes d'Anjou, p. 141), suivi par Orderic 
Vital, XI, 16 (éd. Le Prévost, t. IV, p. 216), prétend que Geoffroi le Barbu, 
ayant entendu parler des mérites de son neveu, lui transmit tous ses 
droits. 



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174 LE COMTÉ d' ANJOU 

devant lui * : Geoffroi, en effet, prenant les armes et s'alliant à 
Hélie, comte du Maine, avait marché contre son père, lui avait 
enlevé Marçon (1103), puis Briollay (1104) 2^ et Foulque avaitdû, 
malgré Talliance du comte de Poitou -^ reconnaître dès ce moment 
à Geoffroi le pouvoir dont il avait voulu lui enlever Théritage ^. 
Dès lors, il se réduisit lui-même au rôle d auxiliaire de son fils. 
Ardent, craint des barons, sympathique aux gens d'Église '^, le 
jeune comte entama hardiment la lutte contre les rebelles : avec 
son père, il vint prendre la Chartre '^, brûler Thouars ^ et enfin, 
accompagné d'Alain de Bretagne, d'Hélie du Maine et de Robert 
de Belléme, vint mettre le siège devant Candé, où Normand de 
Montrevault s'était enfermé. La place allait se rendre, quand 
Geoffroi fut traîtreusement tué (19 mai H06) ^. Avec lui s'éva- 

1. Orderic Vital, XI, 16, éd. Le Prévost, t. IV, p. 216 « Tandem ipse... 
annuente nihilominus pâtre, Andegavcasem comitatum accepit summoque 
conatu rectitudinem simplicibus et ogenis excrcuit ecclesiaeque Dei sin- 
ceram paeem laudabiliter servavit. » 

2. Fragment de Saint- Aubin d*Angers, dans le Recueil d'annales angev. 
et vendant. y p. 43 ; Annales de Saint-Aubin, ibid., p. 6. 

3. « Inde contra Willelmum comitemPictavorum, qucm praediclus Fulco 
cum ingenti exercitu super Andecavos adducebat, audacter praeliaturus 
occurrit » {ibid., p. 43). 

4. Par exemple, le n® 303 du Catalogue d'actes nous prouve que Geoffroi 
Martel exerça bel et bien le pouvoir, conjointement avec son père, sans 
doute, mais en son nom propre. Une charte du mois de mai H05, relatant 
une donation faite à Saint-Nicolas d'Angers par le seigneur de Montreuil- 
Bellay, est datée « Fulcone juniore et Goffrido Martello, filio suo, comili- 
bus » {Epitome S. Nicolai Andegav., p. 42). 

5. Voir les éloges que tous les annalistes angevins et vendômois lui ont 
décernés (Recueil d'annales angev, et vendo/n. p. 44, 68, 90), le panégyrique 
qu'en font l'auteur des Gesta consulum Andegav. [Chron. des comtes d'An- 
Jou, p. 141-142) et Orderic Vital, XI, 16, éd. Le Prévost, t. IV, p. 216-217. 

6. «... sequenti anno (MGIV) castellum Carceris ceperunt » (Fragment 
de Saint- Aubin, dans le Recueil d'ann. angev. et vend., p. 43). 

7. Voir ci-dessous, chap. III, § i. 

8. Les annales angevines et vendômoises notent ces événements avec 
force détails (Recueil d'annales angev. et vendôm.^p, 7, 44, 68, 89); Orderic 
Vital, XI, 16, éd. Le Prévost, t. IV, p. 216-217, nous apprend que le siège 
de Candé fut motivé par une révolte de Normand de Montrevault, qui en 
effet ayant épousé Denise fille de Rorgon, était devenu seigneur du Lion- 



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LES BARONS 175 

nouissait le seiil obstacle sérieux qu'eût rencontré l'esprit d'indé- 
pendance des baronsi. 

d'Angers et de Candé (voir ci-dessus, p. 168, n. 6). Voir encore les Gesta 
consulum Andegav., p. 142 des Chron. des comtes d'Anjou. L'obit de 
Geoffroi Martel est inscrit au 14 des calendes de juin dans VObituaire de 
Saint-Aubin (Bibl. d'Angers, ms. 830, ancien 747). Deux chartes de Mar- 
moutier transcrites par Marchegay (Bibl. nat., ms. fr. nouv. acq. 5022, 
fol. 204 ro-205 v°), sont datées de « Tannée où Geoffroi Martel mourut au 
siège de Candé ». Sur les poésies composées en son honneur, voir Hau- 
réau, Notice sur les Mélanges poétiques d'Uildehert de Lavardin^ dans les 
Notices et extraits des manuscrits de la Bibl, nationale, t. XXVIII, p. 311. 



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CHAPITRE III 

LA POLITIQUE DE FOULQUE LE RÉCHIN 

Arrêté sans cesse par toutes ces difficultés intérieures et, à ce 
qu il semble, aussi par une apathie naturelle, Foulque le Réchin 
fit preuve trop souvent dans ses rapports avec les états voisins 
de mollesse ou de peu de persévérance. Encore ne faut-il pas 
exagérer ainsi qu'on Ta fait * et le représenter comme un soldat 
sans courage et un prince sans esprit de suite. Et d ailleurs nos 
renseignements sont, en général, tellement fragmentaires qu'il 
est bien difficile de juger sa politique : nous en sommes réduits 
à quelques vagues données sur ses rapports avec l'Aquitaine, et 
sa politique dans le Maine n'est connue que par des chroniqueurs 
le plus souvent malveillants. Aussi est-ce ici plus que jamais 
qu'il convient d'apprécier l'ensemble et non le détail. 



I 

Pour les premières années du gouvernement de Foulque le 
Réchin, à part une attaque tentée, vers 1080, par Gui-Geoffroi 
de connivence avec un grand baron de Touraine, Geoffroi de 
Preuilly , le futur comte de Vendôme 2^ on ne sait rien des rapports 
du comte d'Anjou avec le duc d'Aquitaine. Sous Geoffroi le Jeune, 
ces rapports devinrent amicaux : vers 1089, le duc épousa la fille 

1. Notamment Miss Kate Norgate, dans son England under the angevin 
kings, sous l'influence d'Orderic Vital. 

2. Gesta Ambaziensium dominorum :« Intérim Lisoius, dum Fulco Réchin 
a coûsule Pictavensi et a Gosfrido Pruliaci et aliis pluribus impugna- 
retur... » [Chron. des comtes d'Anjou, p. 184). Ces faits se placent avant 
mars i085, date où Geofîroi de Preuilly devint comte de Vendôme 
(\^oir Pétigny, Histoire archéologique du Vendâmois), car Tauteur des 
Gesta Ambaz, indique son avènement comme postérieur (loc, cit,, p. i85). 



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LA POLITIQUE DE FOULQUE LE RÉCHIN 177 

du comte d'Anjou, Ermengarde*. Quand, peu après, ce mariage 
fut rompu ^, on peut croire que Tentente n'en subsista pas 
moins, puisqu'en H03 on vit le duc soutenir Foulque contre 
Geoffroi Martel révolté^. 

Mais ce dernier ayant triomphé de son père et ayant pris, 
nous Tavons vu, la direction des affaires, tout changea : il marcha 
contre le vicomte de Thouars, qui, sansdoute, s'était, en H03, joint 
à l'armée poitevine, incendia Thouars le 28 août H 04^, puis, 
poursuivant ses avantages, se disposa à aller arracher la Sain- 
tonge ^, perdue depuis plus de quarante ans, et vint offrir à Guil- 
laume, le 3 novembre (?), la bataille devant Parthenay. Grâce à 
une pluie qui retarda le combat, un accord put intervenir^; 
mais Guillaume courut se retrancher à*'Poitiers '^. 



1. Voir Richard, Hist, des comtes de Poitou^ t. I<", p. 395. 

2. Il le fut avant 1092 [Ibid,, p. 395). 

3. Ann. de Saint-Aubin: «Inde contra Willelmum comitem Pictavorum, 
quem praedictus Fulco cum ingenti exercitu super Andecavos adducebat, 
audacter praeliaturus (Gaufridus) occurrit » {Recueil d'annales angev. et 
vendant., p. 43). 

4. Ibid., p. 44 : «...Toartium, magnum et nobilissimum castellum con- 
cremaverunt. » Une charte de Saint-Florent de Saumur donne la date pré- 
cise ; elle se termine ainsi : « Sic namque difGnitum est apud Casam in 
presentia Gauzfridi vicecomitis, filii supradicti Aimerici, post combus- 
tionem castri Toarcii patratam a Gauzfrido Martello adhuc juvene comité 
anno dominice incarna tionis millesimo Cil II, die dominica, hora terlia, 
V kalendas septembris » (Marchegay, Cartulaires du bas Poitou, 1877, 
in-8», p. 346). 

5. Gesta consul. Andegav, ;« Landonense castrum Philippo régi calump- 
niabat et Guillelmo Pictavensi Santonicum consulatum » (Chron, des 
comtes d'Anjou, p. 142). 

6. Chronique de Saint-Maixent : « ...praeparatum fuit maximum bellum 
inter Willelmum comitem Pictavorum et GuofTredum Martellum filium Ful- 
conis Andegavorum VI** nonas novembris apud Partiniacum; sed Dominus 
per bonod et sanctos viros placitavit et pluviam magnam ubertim per 
duosdieset noctes assidue cadere permisit » (Chron, des églises d'Anjou, 
p. 422). La date « VI» nonas novembris » est une erreur évidente, qu'il 
faut peut-être corriger en « 111° nonas ». 

7. Gesta consul. Andegav., loc. cit. : « Qui, timoré ejus (Martelli), duas 
turres novas Pictavis constituit : unam in urbis ingressu et aliam prope 
aulam. » Cf. Richard, Hist. des comtes de Poitou, t. I, p. 446. 

Halphen. — Le comté d Anjou. 12 



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178 LE COMTÉ d' ANJOU 

Nous ne savons de quel prix Guillaume avait payé la paix ; on 
peut néanmoins supposer que c'était de quelques châteaux *. Aussi 
la mort deGeoffroi Martel, survenue brusquement^ comme nous 
Tavons vu 2, en 1106, fut-elle pour lui un soulagement et saisit- 
il avec empressement l'occasion, qui s'offrit bientôt, de prendre 
sa revanche : ayant été chargé par Philippe l®*" de ramener de la 
cour royale à Angers Foulque le Jeune, second fils de Foulque 
le Réchin, Guillaume le fit prisonnier et pendant plus d'un an le 
garda sous les verrous ; les supplications de Bertrade, mère du 
jeune comte, les menaces du roi, rien n'y fit : Foulque le Réchin 
dut, pour obtenir Télargissement de son fils, abandonner ou res- 
tituer au duc plusieurs places frontières ^, 

Somme toute, cette pt)litique n'aboutissait qu'à des résultats 
peu importants. Il n'en fut pas ainsi du côté du Maine. 



Il 



On se souvient que, lors de la prise du Mans par Geoffroi 
Martel, en 1051, Berthe, veuve de Hugue 111, s'était sauvée en 
Normandie avec son fils Herbert et sa fille Marguerite ^. Herbert, 
en principe comte du Maine par la mort de son père, avait prêté 
hommage à Guillaume le Conquérant ^, avait été fiancé à une de 
ses filles ^ et avait consenti dès ce moment au mariage de 
Marguerite avec Robert Gourteheuse, fils du duc '^. Il n'avait 

1. On verra en effet, en 1106, Guillaume ne rendre la liberté à Foulque 
le Jeune prisonnier que contre cession de quelques places frontières. 

2. Ci-dessus, p. 174. 

3. Orderic Vital, XI, 16, éd. Le Prévostg t. IV, p. 217-218. Cf. Richard, 
loc, cit. y p. 451. 

4. Cf. ci-dessus, p. 75. 

5. Guillaume de Poitiers, dans les Hist. de Fr.^ t. XI, p. 85 ; Orderic 
Vital, III, 8, éd. Le Prévost, t. Il, p. 102. 

6. Guillaume de Poitiers, loc, cit, 

7. Ibid, ; Orderic Vital, loc, cit. 



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LA POLITIQUE DE FOULQUE LE RÉCHIN 179 

pas tardé à mourir à son tour (1062) * et Guillaume le Conquérant 
avait franchi la Sarthe pour venir prendre possession du Maine 
au nom de Robert *^. 

Immédiatement le parti anti-normand et angevin, représenté 
surtout par GeofTroi de Mayenne, fidèle vassal du comte d'Anjou 3, 
et par le vicomte du Mans Hubert de Sainte-Suzanne, lui avait 
opposé un prétendant de son choix, Gautier, comte de Mantes et 
de Pontoise, époux de Biote, sœur de Hugue III ^. Appuyé par le 
comte d'Anjou, qui était alors Geoffroi le Barbu ^, et grâce à 
l'avance qu'il avait sur son adversaire, Gautier s'était rendu 
maitre du Mans ^. La lutte avec le Normand avait été ardente ; 
mais Guillaume, après avoir mis le Maine à sang et à sac '^, 
était resté vainqueur : Gautier et son épouse étaient tombés 
entre ses mains ^ et, emmenés prisonniers à Falaise, n'avaient 
pas tardé à y mourir empoisonnés ^, pendant que les Manceaux 
et Geoffroi de Mayenne lui-même étaient contraints de faire leur 
soumission (1063) *^. 

1. Annales de Quimperlé^ cd. Maître et de Berthou [CartuL de Sainte^ 
Croix de Quimperlé), ann. 1062; Orderic Vital, loc, cit,y donne par erreur 
la date de 1064. 

2. Orderic Vital, /oc. Cf7. 

3. Le seigneur de Mayenne est un des barons qui paraît le plus fré- 
quemment dans Tentouragedu comte d'Anjou: voir notamment lesn°» 231, 
262, 267, 271, 272 bis, 282 du Catalogue d'actes. 

4. Guillaume de Poitiers, dans les Hist. de Fr., t. XI, p. 85. Orderic 
Vital, loc. cit,, fait de Biote, par erreur, une fille de Hugue III. 

5. Voir ci-dessus, p. 137. 

6. Orderic Vital, loc, cit. 

7. Guillaume de Poitiers, dans les Hist. de Fr., t. XI, p. 85-86. 

8. Guillaume de Poitiers, ibid.. p. 86, dit que Gautier et son épouse se 
rendirent volontairement au duc de Normandie ; Orderic Vital, III, 8, éd. 
Le Prévost, t. II, p. 103, a Tair de dire le contraire. 

9. Orderic Vital, loc. cit. et p. 259. 

10. Guillaume de Poitiers, dans les Hist. de Fr., t. XI, p. 86-87 ; Orderic 
Vital, III, 8, éd. Le Prévost, t. II, p. 103-104 ; Annales du Mont-Saint- 
Michel : « 1063. Hoc anno subjugata est Cenomannis comiti Guillelmo » 
{Chron. de Robert de Torigni, éd. L. Delisle, t. II, p. 221) ; Chron. anglo- 
saxonne, éd. Plummer, Two of the Saxon chronicles, t. I, p. 190. ms. E : 
<c 1062. Hoc anno subjugata est Gynomannia comiti Normanniae Wil- 



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180 LE COMTÉ d'aNJOU 

A en croire Orderic Vital *, Robert Courteheuse, qui avait 
alors reçu le Maine des mains de son père, avait à ce titre prêté 
hommage à GeofTroi le Barbu. Celui-ci, en tout cas, avait pré- 
tendu conserver la haute main dans le comté : la querelle, à 
laquelle la nomination de Févêque du Mans Arnaud avait donné 
lieu, Tavait suffisamment prouvé 2. 

La chute de Geoffroi le Barbu avait permis au parti normand de 
triompher ; mais le succès n'avait été qu'éphémère : profitant de 
Tabsence de Guillaume le Conquérant, occupé à soumettre TAn- 
gleterre, les Manceaux, vers 1068 ^, avaient cherché un nouveau 
prétendant pour Topposer à Robert Courteheuse. Leurchoix s'était 
porté sur Azzon, marquis d'Esté, en Vénétie, qui, ayant épousé Ger- 
sent, fille d'Herbert Eveille-Chien, pouvait faire valoir des droits 
semblables à ceux dont Gautier de Mantes s'était déjà réclamé *. 
Ils l'avaient fait venir d'Italie avec sa femme et son fils Hug^e, 
l'avaient reçu au Mans et reconnu pour comte (1069 env.) ^, 



Iclmo. » Cette date de 1062 est erronée et doit être corrigée en 1063. Cf. 
ci-dessus, p. 137, n. 5. 

1. Orderic Vital, loccit,, p. 253 : « Goisfredus cornes Rodberto juveni 
cum fîlia Herberti totum honorem concessit et hominium debitamque fide- 
litatem ab illo in praesentia patris apud Alencionem recepit. » 

2. Voir ci-dessus, p. 141. 

3. D'après les Acliis pontificum Cenornannis in urbe degentium^ éd. 
Busson et Ledru, p. 376, ce soulèvement est postérieur au départ de Guil- 
laume le Conquérant pour l'Angleterre, en septembre 1066 ; d'autre part, 
encore en 1068, Robert Courteheuse était reconnu comme comte dans le 
Maine, ainsi que le prouve la charte n<^ 15 du CarluL de Saini-Pierre de la, 
Couture et de Saint-Pierre de Solesmes, Mais dès le 2 avril 1069, Hugue, fils 
d'Azzon, était dans la région, comme le prouve le n° 216 du CarluL de 
la Trin^ de Vendôme, éd. Métais. L'appel à Azzon par les Manceaux doit 
donc se placer vers 1068. 

4. Aclus pontif, Cenornannis in urbe degentium, éd. Busson et Ledru, 
p. 377 : « Erat autem uxor ejusdera marchisii Gercendis nomine, filia 
Herberti Cenomannorum illustrissimi comitis, qui vocatus est Evigila 
Canem. » Orderic Vital, loc, oit,, p. 252, a encore fait des confusions ici et 
cru que Gersent était fille et non sœur de Hugue III. 

5. Nous avons dit (ci-dessus, n. 3 ) que dès le 2 avril 1069, Hugue, fils 
d'Azzon, était dans la région. 



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LA POLITIQUE DE FOULQUE LE RÉCHIN 181 

avaient pourchassé les garnisons normandes et réduit Tévêque 
Arnaud à se sauver en Angleterre pour implorer le secours 
du Conquérant*. 

Le bon accord des Manceaux n'avait malheureusement pas été 
de longue durée : le jour où les largesses d'Azzon avaient dû s'ar- 
rêter faute de ressources, ses partisans l'avaient abandonné, et 
lui, se souciant peu de prolonger plus longtemps Taventure, 
était reparti pour Tltalie, se contentant de laisser sa femme 
Gersent et son fils Hugue sous la protection de GeofTroi de 
Mayenne ^. Le désaccord entre le parti représenté par ce dernier 
et la masse n'avait fait alors que s'accentuer : les habitants du 
Mans avaient formé une « commune » et e ntamé la lutte 
avec les seigneurs, pendant que Geoffroi de Mayenne, devenu 
l'amant de Gersent, renvoyait le jeune Hugue et parvenait 
par surprise à s'emparer du donjon du Mans ^. 

Le Maine n'était plus, auniilieu de ce désordre, qu'une proie à 
la merci du premier occupant: appelé par le parti populaire. 
Foulque le Réchin accourut avec une armée et reprit le donjon du 
Mans, d'où Geoffroi de Mayenne s'était enfui (1072 env.) * ; mais 
il ne poursuivit pas plus loin ses avantages et laissa ainsi le 
champ libre à Guillaume le Conquérant. Celui-ci, n'étant plus 
retenu en Angleterre, marcha en toute hâte contre les révoltés, 
en 1073, força Fresnay à se rendre, reçut la soumission du 
vicomte de Beaumont, du seigneur de Sillé et enfin de tous les 
Mandeaux ^. L'autorité de Robert Courteheuse était rétablie. 



i. Actus, éd. Busson et Ledru, p. 376-377. 

2. //)ir/.,p. 377. 

3. Ibid., p. 378-379. 

4. Ibicl,, p. 379-380. 

5. Ibid., p. 380-384 ; Orderic Vital, IV, 42, éd. Le Prévost, t. II, p. 254- 
255 ; Chron: anglo-saxonne, éd. Plummer, 1. 1, p. 209 : « 4073. On thisum 
geare WiUelm cyng laedde Engliscne hère Frencisce ofer sae gewan et 
land Mans hit Englisce men swyde amyrdon win geardas hi for dydon. » 
Cf. n*» 8 du Cartul. des abbayes de Saint-Pierre de la Couture et de Saint- 
Pierre de Solesmes : « Anno ab incarnacione Domini mille simo septuage- 



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182 LE COMTÉ D^ ANJOU 

Foulque le Réchin cependant ne se tint pas pour battu : en même 
temps qu'il envoyait des renforts aux seigneurs qui s étaient 
enfermés dans Dol pour résister non moins, semble-t-il, à Guil- 
laume le Conquérant qu'au duc de Bretagne Hoël (sept.-oct. 
1076) ^ et retenait ainsi Guillaume dans le nord, il se jetait sur la 
Flèche, dont le seigneur, Jean, était le principal défenseur de la 



simo [tercio] (voir ibid,^ n^ 9), III kalendas aprilis peticione Raj'naudi 
abbatis roborala est hec carta a Guillermo rege Anglorum apud Bonam 
Villam, qui GuiUermus Cenomannensis civitatis tune principalum tene- 
bat, » 

i. Annales dites de Renaud : « MLXXVI. In mense septembris cornes 
Norraannorum, qui et rex Anglorum, Willelmus obsedit in Britanniis cas- 
trum quod dicitur Dolum. Quod cum diu obsedisset, nichil profecil, sed 
etiam, machinis suis succensis, abeo infructuose discessit, defendentibus 
illud fortibus Andecavorum militibus » (Recueil d^ annales angev, et 
vendôm,, p. 88). Pour la date, voir encore une charte établissant qu'en 
octobre 1076, Philippe I**', de passage à Poitiers, se rendait à Dol pour 
aller en faire lever le siège (Recueil des actes de Philippe i", éd. Prou). 
Cf. Freeman, History of Ihe norman conquest, t. IV, p. 630-632 et p. 848- 
850. Freeman prétend, en se fondant sur les Annales dites de Renaud, 
dans le ms. desquelles l'événement est indiqué par une erreur de copie 
sous la fausse date de MLXXXVI, qu'il y a eu un siège de Dol postérieure 
1076 ; ce serait seulement à ce siège que les Angevins auraient pris part. 
Mais il faut sans hésitation, comme nous l'avons fait dans notre édition, cor- 
riger dans les Annales MLXXXVI en MLXXVI, puisque les Annales de 
Saint-Serge copiant un ms. meilleur (on le constate ailleurs encore) des 
Annales dites de Renaud, donnent bien cette dernière date (Recueil cTan- 
nales angev., p. 92). S'appuyer sur la Chron. de Saint-Brieuc (Hist, de Fr., 
t. XII, p. 567) n'est pas plus probant, puisqu'elle n'est que la mise en 
œuvre faite au xv« s. des « annaux », qui donnent la date de 1076 (Hist. de 
Fr., t. XI, p. 413. Cf., pour la capture d'Hoël en 1077, les Hist. de Fr., 
t. XII, p. 561). Quant à Orderic Vital, sur lequel déjà dom Lobineau, Hist. 
de Bretagne, t. I, p. 104, se fondait pour admettre un second sièg^ de 
Dol en 1086, parce que cet auteur (IV, 17, éd. Le Prévost, t. II, p. 291) donne 
le mariage de Constance, fille du Conquérant, avec Alain Fergent comme 
une suite de ce siège, il faut l'écarter aussi ; car ce n'est pas la seule confu- 
sion qu'il commette en cet endroit. — Enfin pour ce qui est de l'intérêt que 
Guillaume le Conquérant pouvait avoir à assiéger Dol et les Angevins à 
défendre la place, on le comprendra aisément si l'on admet avec dom 
Lobineau, op. cit., t. I, p. 101, que Raoul de Montfort, ennemi du Conqué- 
rant, s'y était enfermé. 



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LA POLITIQUE DE FOULQUE LE RÉCHIN 183 

cause normande dans le Maine ^ Mais Jean de la Flèche, qui 
avait eu le temps de demander du secours en Normandie, put 
lui résister, et Foulque, grièvement blessé, dut se retirer et aban- 
donner l'entreprise 2. 

Ce ne fut qu'un arrêt momentané. La lutte reprit presque 
aussitôt et occupa les années suivantes sans que nous en saisis- 
sions bien toutes les phases: Foulque avait pour allié le duc de 
Bretagne Hoël, et cette fois, c'était contre Guillaume lui-même 
qu'il allait avoir à se mesurer. Celui-ci parvint à protéger la 
Flèche 3. Vers 1079, semble-t-il, une trêve fut conclue*; mais 
en 1 081 , soutenu par les Bretons * , Foulque , grâce à une vigoureuse 
offensive, ressaisit et détruisit la Flèche ^ et marcha à la ren- 



1. Orderic Vital, IV, 12, éd. Le Prévost, t. II, p. 256. Pour la date, voir 
les Annales de Saint-Aubin: « MLXXVI. Exercitus de Fissa » (Recueil 
(Tannales angev. et vendôm., p. 5), et voir ci-dessous, n. 3. 

2. Orderic Vital, loc. cit.^ ne fait qu'un des deux sièges delà Flèche ; 
mais il montre Jean parvenant dès le début à résister. Une charte {Cata- 
logue d'actes^ n° 233) montre Foulque le Réchin, grièvement blessé à la 
suite d'une chute de cheval devant la Flèche, obligé de lever le siège et de 
se faire transporter à Angers en barque. 

3. Les Annales dites de Renaud, à l'année 1081, relatant la prise de la 
Flèche par Foulque le Réchin, disent que « rex Anglonim ei antea, génie 
maxima congregata, exciisserat » {Recueil d'ann. angev, et vend., p. 88), ce 
qui pourrait même peut-être faire supposer une première prise de la 
Flèche parle comte d'Anjou vers 1078, si Orderic Vital, loc, cil,, n'affir- 
mait que grâce à l'arrivée de Guillaume le Conquérant, Foulque ne put 
s'emparer de la place. 

4. Une charte du Cariul. de SainC-Vincent du Mans, éd. Charles et Men- 
jol d'Elbenne, t. I*', col. 68, n® 99, commence ainsi : a Eo tempore quo 
Willelmus rex Anglorum cum Fulcone Andegavensi comité juxta castel- 
lum Vallium treviam accepit... » La charte est antérieure au 9 novembre 1080, 
el l'on ne peut, semble-t-il, songer aux événements de 1076. Mais il 
ne s'agit pas, comme le croient à tort les éditeurs de la charte, de la paix 
de Blanchelande, laquelle est de 1081 et non de 1078, el ceci rend à peu 
près impossible l'indentiGcation du o castellum Vallium », tant les endroits 
de ce nom sont nombreux dans la région. 

5. Annales dites de Renaud: « MLXXXI... Comes Andecavorum Fulcho 
Junior obsedit castrum quoddam quod Fissa Johannis dicitur atque cepit 
necnon succendit » (Recueil d'ann, angev. etvendôm., p. 88). 



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184 LE COMTÉ d'aNJOD 

contre de Tarmée normande * : les deux armées se trouvaient en 
présence dans la plaine de Blanchelande ; un combat était immi- 
nent, quand des moines et un cardinal ^ s'interposèrent et par- 
vinrent à faire conclure une transaction : Robert Courteheuse, 
reconnu comte du Maine, prêtait hommage à Foulque le Réchin 
et, pour répondre de la paix, Guillaume donnait en otage son 
frère, le comte de Mortain (1081) ^. 



1. Orderic Vital, IV, i2, éd. Le Prévost, t. II, p. 257 : a Andegavenses 
vero et Britones, comperto régis et agminum ejus adventu non fugerunt, 
sed potius Ligerim fluvium audacter pertransierunt et transvécHy^-Xi_e_ 
timidiores spe fugiendi segnius praeliarentur, scaphas suas destruxerunt. » 
Freeman a déjà remarqué (op, cit., t. IV, p. 561) que Ligerim était très 
certainement une erreur d'Orderic pour Liderim, le Loir ; sans quoi la 
prétendue marche offensive de Foulque eût été une fuite honteuse. Miss 
Kate Norgate (op. cit,^ t. I, p. 257) a fait, d'autre part, observer que la 
Flèche étant sur la rive droite du Loir, la traversée du fleuve était bien 
un recul ; naais, suppose-t-elle ingénieusement, peut-être s'agissait-il de 
faire face à T^nneroi après un mouvement tournant accompli par celui-ci 
pour surprendre Tarmée angevine par le sud. En réalité, les hypothèses les 
plus diverses sont ici de mise : ou bien Orderic Vital en parlant de la tra- 
versée du fleuve « Ligerim » avait une conception complètement fausse 
des mouvements des deux armées et il ne faut retenir de ce qu'il dit que 
le fait d'une offensive hardie de Foulque, et dans ce cas, on pourra admettre 
qu'il s'est ensuite avancé assez loin vers le nord ; ou bien on supposera 
qu'Orderic aura oublié que la Flèche était sur la rive droite du Loir et 
qu'il avait par suite déjà fallu traverser la rivière pour prendre la place ; ou 
bien encore on admettra qu'après avoir pris la Flèche, Foulque avait tout 
d'abord regagné la rive gauche du Loir et qu'il le lui fallut alors retraver- 
ser, et dans ces deux derniers cas on aboutira à la même conclusion que 
dans le premier pour la suite de la campagne ; ou bien enfin on admettra 
l'hypothèse de Miss Norgate et l'on placera la rencontre des deux armées au 
sud du Loir. 

2. Freeman, op. cil,^ t. IV, p. 562, suppose qu'il s'agit du cardinal 
Hubert, agent d'Hildebrand en Normandie (?). 

3. Les Annales dites de Renaud, après avoir rapporté la prise de la 
Flèche de 1081, ajoutent que Guillaume « a Fulcone bello lacessitus, obsi- 
dibus pacis pro fide datis fratre suo, consule videlicet Mauritanie {corr, 
Mauritanii), et filio suo et multis aliis, recessit » (Recueil d'ann, angev, et 
vendôm., p. 88). Il s'agit évidemment de la paix dont parle Orderic Vital, 
IV, 12, éd. Le Prévost, p. 257-258 : après avoir montré Foulque devant la 
Flèche, puis Guillaume le Conquérant arrivant avec une forte armée, il 



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LA POLITIQUE PE FOULQUE LE RÉCHIN 185 



III 



Entre le Normand et Foulque l'accord n'était et ne pouvait être 
qu'apparent : Tévêque du Mans Arnaud étant mort le 29 novembre 
de cette même année 1081 *^^ ce fut Hoël, un des favoris du 
défunt, qui fut élu à sa place 2 ; et alors les mêmes difficultés qui 
s'étaient produites au moment de la nomination d'Arnaud se 
renouvelèrent, Foulque le Réchin employant contre l'archevêque 
de Tours Raoul de Langeais la menace, s'il consentait à consa- 
crer l'élu. Le pape Grégoire Vil, tout comme jadis Alexandre II, 
gourmanda l'archevêque, lui ordonnant de couper court à tout 



ajoute : a Dum ulraeque acies ad ambiguum certamen pararenlur... qui- 
dam Romanae ecclcsiae cardinalis presbyter et religiosi monachi adsunt, 
principes utriusque legionis divinitus animati adeunt, obsecrant et redar- 
guunt etc. » On aboutit finalement à la paix : « Rodberto juveni, régis 
filio, cornes Andegavensis Cenomannense jus concedit cum toto honore 
quem idem a comité Herberto cum Margarita sponsa sua suscepit. 
Denique Rodbertus Fulconi debitum homagium, ut minor majori, legaliter 
impeodit... Haec nimirum pax, quae inter regemet praefatum comitem in 
loco qui vulgo Blancalanda vel Brueria dicitur facta est, etc.. o Les deux 
textes se complètent l'un Tautre et les Annales dites de Renaud, que 
ni Freeman, ni Miss Kate Norgate n'ont su interpréter, donnent la date 
du traité placé par tous les érudits jusqu'ici en 1078, sans aucun argument 
à l'appui. Quant à l'endroit où ce traité fut conclu, suivant qu'on adoptera 
l'une ou l'autre des hypothèses présentées p. 184, n. 1, on le cherchera au 
nord ou au sud du Loir : dans le premier cas, on pourra supposer avec 
Freeman (op. cit., t. IV, p. 561) qu'il s'agit de Blanchelande en Sonnois 
au pays de Domfront ; dans le second cas, on admettra qu'il s'agit de 
la lande sise au sud de Thorée près de la Flèche (voir Cauvin, Géogra- 
phie ancienne du diocèse du Mans, p. 8, v® « Alba Landa », et la carte 
de Cassini). 

1. Annales de Vendôme, dans le Recueil d'annales angev. et vendant., 
p. 65 ; Actus pontif, Cenomannis in urbe degentium, éd. Busson et Ledru, 
p, 382 et la n. 1. 

2. Actus, éd. Busson et Ledru, p. 382-383. 



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186 LE COMTÉ d' ANJOU 

délai ^ Raoul, qui était en butte aux violences à la fois du 
comte d'Anjou et du roi 2, ne put agir ; mais Foulque ne put 
empêcher l'archevêque de Bouen de consacrer Hoël ^. 

La lutte était donc encore une fois rouverte, et il est permis de 
penser que cène fut pas sans l'assentiment du comte d'Anjou et 
peut-être sa complicité qu'un nouveau soulèvement des grands 
manceaux se produisit alors sous la direction d'Hubert, vicomte 
de Beaumont, Fresnay et Sainte-Suzanne. Mais cette fois encore 
l'appiui de Foulque fit défaut aux révoltés, qui, après une résis- 
tance désespérée de trois ans, durent accepter la paix que Guil- 
laume voulut leur imposer (1085 ou début de 1086) ^. 

Quelques années cependant s'étaient à peine écoulées, que 
le parti d'opposition reprenait le dessus : profitant de la mort du 
Conquérant (9 septembre 1087) ^, qui laissait Robert Courte- 
heuse livré à lui-même, les grands manceaux préparèrent une 
nouvelle révolte. Mais, loin de les soutenir, Foulque le Réchm, 
s'il faut en croire Orderic Vital, désireux de satisfaire sa passion 
amoureuse pour la belle Bertrade de Montfort et ayant dans ce 

1. Voir la lettre de Grégoire VII à Farchevêque Raoul publiée par 
M. Delisle, fît/)/, de V École des Chartes, t. XXVI, 1865, p. 559 (Jaffé-Watten- 
bach, Regesta, n» 5226) et les Actus, p. 383. 

2. Voir plus loin, chap. IV. 

3. En 1085 : voir les Actus, p. 383. 

4. Orderic Vital, VII, 10, éd. Le Prévost, t. III, p. 194-201. — D'après 
Orderic Vital, ce soulèvement a suivi presque immédiatement la mort de 
la reine Mathilde, survenue le 3 avril 1083 (suivant Freeman, op. cit,^ 
t. IV, p. 651), et a duré près de quatre ans. C'est quelque peu exagéré : 
une charte datée de Tan 27 du règne de Philippe I*^' et de l'an 1 de Tépis- 
copat d'Hoël, c'est-à-dire du 23 mai 1085 au plus tôt (voir Acius pontife 
Cenom., p. 383) et du 20 avril 1086 au plus tard, est donnée, en effet, au 
temps où a Hubertus yiceconies de Sancta Susanna fecit pacem et concor- 
diam cum Anglico rege {CartuL de Saint-Vincent du Mans, éd. Charles 
et Menjot d'Elbenne, t. I, col 285-286, n^ 492). Hubert de Sainte-Suzanne 
ayant, ainsi que le dit Orderic Vital lui-môme, fait sa paix en même temps 
que les autres Manceaux, la guerre était terminée avant la fin d'avril 1086. 
L'histoire de Guillaume le Conquérant semble même devoir faire admettre 
que les hostilités avaient cessé dès la fin de 1085 (voir Orderic Vital, loc, 
cit., p. 201, n. 1). 

5. Freeman, op, cit., t. IV, p. 709. 



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LA POLITIQUE DE FOULQUE LE RÉCHIN 187 

but besoin de Tentremise de Robert Courteheuse, entrava leurs 
desseins ^ L'insurrection n'en éclata pas moins en i090 ^ : Hugue, 
fils du marquis Azzon, se hâte de se rendre à l'appel des Man- 
ceaux 3, qui viennent à la Chartre lui prêter hommage ^ ; Tévêque 
Hoël implore en vain le secours de Robert Courteheuse ^ : Hugue 
triomphe. Toutefois, ne rencontrant pas dans le Maine Taccueil sur 
lequel il avait compté, il préfère retourner dans son pays et vend 
ses droits à Hélie, seigneur de la Flèche ^, qui, en tant 
qu arrière-petit-fils d'Herbert Éveille-Chien ^, pouvait prétendre 
lui-même au comté. Avec Hélie, le Maine échappait complète- 
ment à la domination normande pour retomber sous la suzerai- 
neté angevine^; Foulque le Réchin bénéficiait d'une situation 
qu'il n'avait rien fait pour faciliter. 

En 1098, il se réveilla de sa torpeur : le 28 avril de cette année, 
Hélie ayant été fait prisonnier et livré à Guillaume le Roux 9, 

1. Orderic Vital, VHI, 10, éd. Le Prévost, l. III, p. 320-321 (Cf. ci-des- 
sus, p. 170). 

2. /Z)iV/.,VIII,ll, p. 

3. On le voit dès 1091 ÎNSaint-Martin de Tours (Mabille, La pancarte 
noire de Saint-Martin de Tourèy^^ 194). 

4. Actus, éd. Busson et Ledru, f^. 386. 

5. Ibid,, p. 386-387. 

6. Ihid.,p. 393; Orderic Vital, VIII\ 11, éd. Le Prévost, t. III, p. 330- 
332. Une charCe du Cartul. de Saint-\finh^t du Mans, éd. Charles et Men- 
jot d'Elbenne, t. I, col. 79, n*» 117, i^st datée « eo anno quo Longobardus 
Cenomannicum comitatum Helie cojniti vendidit et recessit. » Elle nous 
apprend en outre que Tévêque Ho$l et Tabbé de Saint- Vincent du Mans 
avaient été exilés par Hugue, flls d'À'zzon : « Actum in capitulo Sancti Vin- 
centii, postquam Hoellus episcopus et pTedtcàs abbas (Rannulfus) de 
exilio ubi Longobardus eos exulaverat redierunt. 

7. Il était fils de Jean de la Flèche, fils lui-mêihe de Paule, fille d'Her- 
bert Éveille-Chien (voir Orderic Vital, VIII, 11, éd. Le Prévost, t. IH, p. 331; 
X. 7, t. IV, p. 35 ; ailleurs. IV, 12, t. II, p. 252, il fait de Paule une fille 
de Hugue III, au lieu d'en faire une fille d'Herbert Éveille-Chien). 

8. Hélie, par exemple, souscrit des chartes de Foulque le Réchin et fait 
souscrire plusieurs des siennes par le comte d'Anjou : voir, entre autres, 
les no» 262, 268 et 30i du Catalogue d'actes. Cf. ci-dessous, p. 188, n. 1, et 
190, n. 5. 

9. Orderic Vital, X, 7, éd. Le Prévost, t. IV, p. 43 et suiv., Actus, éd. 
Busson et Ledru, p. 400 ; Annales de Saint-Aubin, p. 42 du Recueil d'an- 
nales angev, et vendant. Cf. Dieudonné, Hildebert de Lavardin, p. 50. 



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188 LE COMTÉ d' ANJOU 

auquel Robert Courteheuse, parti en Terre-Sainte, avait laissé 
le soin de ses affaires, Foulque, en sa qualité de suzerain ^, marcha 
sur le Mans, y fut reçu par les habitants le samedi l®*" mai et y 
laissa une garnison, sous le commandement de son fils Geoffroi 
Martel 2. Guillaume le Roux, averti par quelques partisans, 
accourut. Mais les Manceaux lui résistèrent vaillamment et 
le roi d'Angleterre, abandonnant brusquement son camp la 
nuit suivante 3, dut, faute de vivres, se replier en hâte sur la 
Normandie ^, non sans avoir d'ailleurs ravagé la contrée et 
mis quelques troupes à Ballon, dont une trahison de Païen de 
Mondoubleau l'avait rendu maître ^. 

Foulque profita de cette retraite pour venir bloquer Ballon; 
malheureusement il se laissa surprendre un matin par les assié- 
gés : c^était l'heure du repas, les soldats avaient déposé leurs 
armes. Ce fut un sauve-qui-peut général : près de cent quarante 
seigneurs furent faits prisonniers et, dans le nombre, les plus 
grands barons angevins, comme Gautier de Montsoreau, Geoffroi 
de BrioUay, Jean de Blaison, Bellay de Montreuil-Bellay. Quant 
à Foulque, il n'avait eu que le temps de se réfugier au Mans, où 
il attendait à l'église l'issue des événements ^. Guillaume, que les 
assiégés avaient appelé au secours, ne tarda pas à arriver, et les 
Manceaux découragés, peut-être sous la pression d'Hélie lui- 

1. Orderic Vital, loc, cit., p. 47 : « ... quia capilalisdominus eral. » 

2. Annales de Saint-Aubin : « (MXCVIU.) Fulco Andecavorum cornes 
Rechint cognominatus Cenomanicam urbem ut suam sequenti sabbato 
recepit » (Recueil d'annales angev. et vendôm.^ p. 42). Actus, éd. Busson et 
Ledru, p. 400 : « Fulco, Andecavorum cornes, protinus cum filio suo Gau- 
frido, cui fîlia Helie comitis jam desponsata fuerat, in civitatem advenit et 
consensu civium in munilionibus civitatis custodiam posuit ibique relicto 
filio, ad alia négocia properavit. » Orderic Vital, loc. cit.y p. 47 : « Fulco 
cognomento Richinus, Andecavorum cornes, ut Hcliam captum audivit 
Cenomannis, quia capitalis dominus erat, aclutum advenit et a civibus 
libent^r susceptus, militibus et fundibulariis munivit. » 

3. ActuSf éd. Busson et Ledru, p. 400-401 ; Orderic Vital, loc. cit., p. 47. 

4. Orderic Vital et Actus, loc. cit. 

5. Orderic Vital, loc. cit. 

6. Orderic Vital, loc. cit., p. 48-50. 



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LA POLITIQUE DE FOULQUE LE RÉCHIN 189 

même, qui doutait du désintéressement du comte d'Anjou, peut- 
être aussi gagnés à prix d'argent par le roi d'Angleterre^, obtinrent 
que des négociations fussent entamées. La paix fut conclue : 
Hélie était remis en liberté et recouvrait ses places fortes, mais 
Guillaume le Roux était reconnu comte du Maine 2. 

Sitôt relâché, Hélie, soutenu par Geoffroi Martel, fils du 
Réchin 3, prit à nouveau les armes et, en juin 1099, réussit à 
s'établir au Mans ; mais la citadelle résista assez longtemps pour 
permettre à Guillaume le Roux d'arriver et de repousser l'as- 
saillant (juillet 1099) 4. La mort subite de Guillaume le Roux 
(2 août 1100), heureusement pour le comte d'Anjou, modifia 
brusquement la situation : appelé par Hélie, qui, rentré au 
Mans, avait repris sans succès le siège de la citadelle, il vint lui 
prêter main-forte '\ Bientôt la garnison, qui avait en vain imploré 
le secours de Henri Beauclerc, dut se rendre, et Hélie fut défini- 
tivement reconnu comte par les Manceaux(llOO) ^. 

Cette restauration d'Hélie, qui était, en grande partie, l'œuvre 
de Foulque, devait par la suite être des plus profitables à la 

1. Les Actus pontificum Cenom. degendum, loc. cit.^ racontent qu'Hélie 
craignit de voir Foulque, gagné par Guillaume le Roux, traiter, sans s'oc- 
cuper de sa libération, et négocia lui-même directement avec le roi d'An- 
g-leterre ; les Annales de Saint-Aubin [Recueil d'annales angev, et vendôm,, 
p. 42) disent que Foulque, abandonné par les Manceaux, dut rendre le 
Mans à Guillaume, t qui ipsam urbem magis pecunia quam viribus impu- 
gnabat eamque pêne possidebat. » 

2. Orderic Vital, loc. cil., p. 50; Actus, loc. cit. 

3. Gesla consul. Andegav. : « Saepe Martellus cum rege Rufo conflixit 
multaque municipia in Normanniam vastavit et succendil dum rex in 
Angliam moraretur et Robertus cornes, fraler régis, in Jerosolimitano 
exercitu cura multis peregrinis maneret » (Chron. des comtes d'Anjou, 
p. 142). 

4. Orderic Vital, X, 9. éd. Le Prévost, t. IV, p. 56-62 ; Actus pontif. 
Cenom., éd. Busson et Ledru, p. 402; Chron. anglo-saxonne, éd. Plummer, 
t. I, p. 235, ann. 1099. 

5. Orderic Vital, X, 17, éd. Le Prévost, t. IV, p. 99. 

6. Orderic Vital, loc. cit., p. 100-102 ; Actus, éd. Busson et Ledru, 
p. 403-404. — M. Dicudonné, dans son travail sur Hildebert de Lavardin, 
évêque du Mans, archevêque de Tours (Paris, 1898, in-S»), p. 48-59, a 
donné un récit rapide des événements qui précèdent. 



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190 LE COMTÉ d'aNJOI) 

maison d* Anjou. Le fils aîné de Foulque, Geoffroi Martel, avait 
été en effet, déjà avant 1098, fiancé à Tunique enfant d'Hélie * : 
c'était assurer à brève échéance la réunion du Maine à l'Anjou. 
Dès 1100, lalliance la plus étroite unit les deux états 2; on vit 
même Geoffroi Martel, continuant, comme en 1099, à servir la 
cause de son futur beau-père, intervenir avec empressement, en 
1105, contre Robert Gourteheuse et incendier Bayeux ^. La mort 
du jeune comte (1106) ^ ne compromit en rien la situation: car 
Foulque le Jeune, second fils du Réchin, épousa la fiancée du 
défunt ^ et se trouva ainsi Tunique héritier présomptif des deux 
comtés de TAnjou et du Maine. Jamais politique n'avait été plus 
féconde en résultats heureux. 

1. Voir la phrase des Actus citée ci-dessus, p. 488, n. 2, et les Gesta 
consul, Andegav.y p. 142 des Chron.des comtes cT Anjou, 

2. Voir ci-dessus, p. 474, et p. 487, n. 8, 

3. Annales de Saint-Aubin : i Sequenti anno (MCV) praedictus Gaufri- 
dus Martellus rogatu Hainrici régis Anglorum et Heliae comitis in Neus- 
triam cum exercitu perrexit et Bacuas urbem uno impetu incendit et 
cepit n (Recueil' d'annales angev. et vendant, j p. 44). Cf. Oixieric Vital 
XI, li, éd. Le Prévost, t. IV, p. 210. 

4. Voir ci-dessus, p. 174. 

5. La charte n*» 318 du Catalogue d^actes prouve, contrairement aux 
assertions de G. Dodu, De Fulconis Hierosolymitani regno (Paris, 1894, 
in-8°), p. 10, que ce mariage est antérieur à la mort de Foulque le 
Réchin. Cette charte semble, en outre, établir qu'Hélie eut un moment, 
pour une raison qui nous échappe, la garde du comté d'Anjou ; car il y est 
question d'Hélie « sub cujus manu tune temporis pagus Andegavensis 
habebatur. » 



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CHAPITRE IV 

CARACTÈRE DE L'AUTORITÉ COMTALE SOUS 
FOULQUE LE RÉCHIN 

Tout en ayant manqué souvent d'énergie et de décision, 
politique de Foulque le Réchin permettait d'espérer pour 
comté d'Anjou une ère nouvelle de grandeur et de puissanc 
Pour reconquérir et au delà le terrain perdu, il ne fallait qu'i 
comte plus hardi et d'un caractère mieux trempé. 



I 



Au surplus, à l'intérieur même de ses états, la situation 
comte était moins compromise au fond qu'elle ne le sembi 
tout d'abord : si médiocre que fût le prestige personnel de Foulq 
le Réchin, le pape n'hésitait pas, en 1096, à venir le visi 
et, pour rehausser l'éclat de cette visite, à le gratifier du d 
insigne d'une rose d'or^ 

Ajoutons qu'autour de ce prince, d'une culture intellectuc 
qui semble avoir dépassé de beaucoup celle des gens de sa a 
dition^, une cour assez importante s'était peu à peu formée, > 

1. Chron. de Foulque le Réchin : « Unde discedens Cenomannim veni 
inde Turonum ; ibique datis venerabili concilio decretis, média quadra 
sima coronatus est cum sollemni processione ab ecclesia Sancti Maui 
ad ecclesiam Beati Martini deductus, ubi niihi florem aureum quem 
manu gerebat donavit, quem ego etiam, ob memoriam et amorem ill 
in Osanna semper mihi meisque successoribus deferendum constit 
Chron. des comtes d'Anjou, p. 381). 

2. On sait, en effet, que Foulque composa presque certainement 
mémoires en latin, dont nous n'avons plus qu'un fragment. Voir VEi 
que nous avons publiée sur cette question dans la BibL de la FaculU 
lettres de Paris, fasc. XIIÏ, p. 7-48. 



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192 LE COMTÉ d'âNJOU 

rappelait la cour royale : les grands oflBces, à peine naissants au 
milieu du xi*' siècle, s'étaient constitués, et le comte était désor- 
mais régulièrement assisté, outre ses conseillers ordinaires^, 
d'un sénéchal^, d'un connétable ^ et d un chapelain^, chargé 
en général, semble- t-il, de diriger à la fois la chapelle comtale 

1. Il est un certain nombre de personnages qui sont sans cesse cités 
comme siégeant à côté du comte en cas de procès ou l'assistant dans ses 
principaux actes, tels Robert le Bourguignon, Foulque de Mateflon, 
Geudouin de Montrevault, Éon de Blaison, le connétable Sebrand, etc. 

2. Voici 1^ liste des sénéchaux cités postérieurement à 1060 : 1® Isem- 
bard i«^, seigneur de Thouarcé, qui, dans une de ses chartes où il s'inti- 
tule : o Isembardus, Toarciaci dominus, Gathonis filius », dit expressé- 
ment qu'il est sénéchal du comte GeolTroi (Geoffroi le Barbu, semble-t-il) : 
«...Deinceps veniens cornes GaufTredus ad Toarciacum, cum essem eg^ 
Isembardus ejus dapifer... » {Livre blanc de Saint-Florent de Saumur^ 
fol. 17-18 ro ; Catalogue d'actes, n® 187). Nous ne savons silsembard resta 
quelque temps sénéchal de Foulque le Réchin ; cela est possible cepen- 
dant : car son successeur ne paraît pas avant 1085, et c'est vers cette date 
qu'Isembard se retira au monastère de Saint-Florent, où il vivait encore 
en 1091 (voir Livre blanc de Saint-Florent, fol. 21, 23 v« et 24). — 2° Après 
lui, vient Girois, cité dans une charte de Foulque le Réchin du 7 mai 1085 
(Catalogue d'actes, n° 247). — 3* Ensuite vient Pierre, cité dans deux 
chartes de Foulque le Réchin, l'une du 22 décembre 1087 {ibid,, n^ 250), 
l'autre de 1085-1093 (ibid., n» 267). Cf. Cartul. de Saint-Aubin, éd. Ber- 
trand de Broussillon, n^ 78 (1082-1106). — 4° Puis vient GeolTroi Fouchard 
le Jeune, seigneur de Trêves, qui est cité comme sénéchal du comte dans 
quatre chartes, l'une des années 1087-1091, deux autres des années 1089-1 103 
(Catalogue d'actes, n»» 258, 314, 315), et une autre du 7 février 1093 {Livre 
blanc de Saint'Florent de Saumur, fol. 35), et dans deux actes souscrits par 
Foulque le Réchin, l'un en l'an 1096, l'autre entre les années 1089 et 
1109 {Catalogue d'actes, n»» 281 et 315). — 5° Enfin le 23 mars 1103, Pierre 
de Saint-Christophe, qui, en 1104, sera cité comme chapelain, est cité 
comme sénéchal du comte dans un acte de ce dernier {Catalogue d'actes^ 
n» 297). — Nous connaissons un sénéchal du comte Geoffroi Martel le 
Jeune, fils de Foulque le Réchin, du nom d'Hardouin ; il est cité en 
iiOi (ibid., n» 302). 

3. Nous ne connaissons qu'un connétable'au temps de Foulque le Réchin : 
c'est Sebrand, qu'on trouve cité depuis 1085 jusqu'après 1106. Voir ci- 
dessus, p. 103, n. 2. 

4. Voici la liste des chapelains cités après 1060 : i^ Foulque, qui paraît 
en 1061 et on 1062 dans trois chartes de Geoff'roi le Barbu (Catalogue 
d'actes, n»* 161, 168, 169). — 2° Robert, cité dans deux actes de Foulque 
le Réchin, l'un du 7 mai 1085, l'autre du 24 avril 1090 {Catalogue d'actes^ 



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CARACTÈRE DE L* AUTORITÉ COMTALE 19H 

et le service de chancellerie ^, et enfin d'un personnel complet de 
chambriers^, cellériers^ et autres fonctionnaires subalternes. Et 
cette cour, sans avoir encore d'assises bien régulières ^ ni bien 

1)01 247 et 256). — 3° Geoffroi de Rosligné, cité dans un acte du 22 août 
1096 [ibid., n® 280) et sans doute aussf dans un acte des années 1089-1109 
[ibid.^ n<* 315). — 4o Pierre de Saint-Christophe, cité dans trois actes, l'un 
de décembre 1104, l'autre des années 1097-1109, le troisième des années 
1102-1109 {ibid,, n°* 302, 307, 316). 

1. En effet, nous voyons, le 7 mai 1085, le chapelain Robert chargé par 
Foulque le Réchin d'aller à Marmoutier sceller un acte de donation 
accordé par le comte à Tabbaye (Catalogue d'actes, n" 247) ; aussi, quand 
nous constatons qu'il est question dans un autre acte du comte, des années 
1085-1093 [ibid.j n® 267), de « Rotbertus comitis cancelfarius », est-il per- 
mis, semble-t-il, d'identifier les deux personnages. 11 est également pos- 
sible que le « chancelier du comte o Gautier Lombard qui, le 9 sep- 
tembre 1080, « dictât » une charte de Foulque le Réchin [ibid,, n^ 2.*{6\ 
ait été son chapelain : car nous n'en connaissons pas entre les années 
1067 et 1085. Enfin on peut remarquer que Geoffroi de Rlaison fut à la 
fois chapelain et chancelier de Geoffroi Martel le Jeune, car on le voit 
paré du premier titre en 1104 et du second en 1105 {ibid., n*»" 302 et 303) 
et on le retrouve chapelain du comte en 1113 {Cnrliil. de Saint-Aubin, 
éd. Bertrand de Broussillon, n° 84). Faisons remarquer, en outre, qu'il 
existe dès ce moment un véritable service de chancellerie : le comte a 
désormais un sceau (voir Catalogue d'acten. Observations préliminaires) et 
il fait, non pas toujours, mais quelquefois rédiger ses actes lui-même, ainsi 
qu'on peut le voir, par exemple, aux n"** 236 et 267 du Catalogue d'actes : 
dans un cas, en 1080, le chancelier, nous l'avons vu, dictât lui-même 
la charte; dans l'autre, il Vécrit (« liane cartam Rotbertus, comitis can- 
cellarius, confirmans scripsit » ). 

2. On trouve cités, par exemple, les chambriers Garnier et Renaud au 
temps de Geoffroi le Barbu {Cartul. du Ronceray, éd. Marchegay, n" 8|, 
les chambriers Pierre et Girard le 7 mai 1085 [Catalogue d'actes, i\p 2i-7i, 
les chambriers Etienne et Ogier en 1095 et le 22 août 1096 [ibid., n«^ 274 
et 280). 

3. Citons notamment le cellérier' Guérin (Cartul. du Ronceray, éd. Mar- 
chegay, n®" 7, 38, 175; Cartul. de S^int-Aubin, éd. Bertrand de Broussil- 
lon, n*»" 90, 179 ; Cartul. de la Trin. de Vendôme, éd. Métais, n«» 239, 245, 
246), qu'on trouve au moins jusqu'au 17 mai 1076 ^Catalogue d'actes, 
n^ 231), le cellérier Etienne (Cartul. du Ronceray, n" 244, etc.), le cellérier 
Foucois (Catalogue d'actes, n°* 273, 280, 310). — Les chambriers et les 
cellériers font partie des servi du comte. 

4. On peut cependant remarquer qu'elle se tient de plus en plus fré- 
quemment à Angers et dans deux ou trois autres grandes villes du comté, 
comme Tours, Loches, Baugé, et peut-être à époques moins irrégulières 

Halphen. — Le comté d'Anjou. 13 



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494 Le comté d*anjod ' 

solennelles ^, a cependant, à la fin du xi® siècle, assez d*éclat 
pour que de grands seigneurs comme celui de Thouarcé ou celui 
de Trêves * en briguent les pnncipaux offices. 



II 



Le comte, en outre, continue à puiser une grande force dans 
son autorité sur le clergé angevin : sans même parler des abbés, 
qui, pour la plupart, doivent toujours, avant de se faire con- 
sacrer, obtenir de lui la délivrance du temporel de leur 
abbaye 3, il a, comme par le passé, sur la nomination de 
Tévêque d'Angers une influence considérable, Télu devant avant 
tout recevoir de ses mains Tin vestiture^. Cette influence, les docu- 
ments sont trop rares pour que nous la constations d'une manière 
expresse ; mais quand nous voyons se succéder sur le siège épis- 
copal Geoffroi de Tours, Geofîroi de Mayenne et Renaud de Marti- 
gné, l'un, frère de Hugue, seigneur de Langeais ^, le second, fils de 

qu'autrefois. Une charte (Catalogue d'actes^ n° 230) nous montre Foulque 
le Réchin se hâtant, en 1076, de regagner Angers pour y tenir sa cour à la 
Pentecôte, et l'on constate la présence du comte dans cette ville à ce 
moment, encore d'autres années, par exemple, en 1070 et en 1072 (Catalogue 
d'actes, n»» 215 et 219). 

1. Une charte des années 1087-1091 [Catalogue d'actes, n* 258) nous 
montre Geoffroi de Preuilly venant faire une démarche auprès de Foulque 
le Réchin et le trouvant « in aula sua sedentem super mensam et an te 
eum Goffredum Fulcradi, dapiferum suum ; stabat quoque ante eum super 
caballûm suum Gilduinus de Doado tenens accipitrem. » 

2. Voir ci-dessus, p. 192, n. 2. 

3. C'est le cas, par exemple, dans les monastères de Saint-Aubin d'An- 
gers, de Notre-Dame-de-la-Charité (le Ronceray),de Saint-Florent de Sau- 
mur : voir Catalogue d'actes, n° 22^,' Car tu l. de Saint-Aubin, éd. cit., 
n<> 31, Chron, des églises d'Anjou, p. 296, n. 1. 

4. On le constate très nettement au moment de la nomination de 
Renaud de Marligné en 1102 : Geoffroi de Vendôme reproche alors à 
Renaud d'avoir reçu l'investiture « de manu laici » et « per pastoralem vir- 
gam » (Hist. de Fr., t. XV, p. 278 D). Voir en outre, ci-dessous, p. 196. 

5. Geoffroi de Tours fut doyen de Saint-Martin de Tours avant d'être 
évêque et c'est en cette qualité qu'il paraît le plus souvent dans les chartes 



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Caractère de l autorité comtalë i% 

Hugue, seigneur de Mayenne ^, et le troisième, fllsde Briant, sei- 
gneur de Martigné 2, c'est-à-dire de trois grands barons, com- 
ptant au nombre des meilleurs vassaux de Foulque le Réchin, ne 
sommes-nous pas invités à penser que le comte avait gardé sur 
la nomination de Tévêque une action analogue à celle qu'avait 
pu exercer un Geoffroi Grisegonelle ou un Foulque Nerra ? 

N'exagérons rien cependant : la nomination de Tévêque ne 
peut se faire sans Taveu du comte ; mais, dans un cas au moins, 
nous pouvons constater avec certitude qu'il ne saurait se con- 
tenter de l'installer brutalement et de sa propre autorité sur le 
siège épiscopal. Que se passe-t-il, en effet, en 1101 , après que Geof- 
froi de Mayenne a donné sa démission ? Voyons-nous Foulque le 
Réchin nommer Renaud de Martigné sans autre forme de 
procès? — Non; bien au contraire, les électeurs, et notamment 
les électeurs ecclésiastiques, sont régulièrement convoqués ^. Le 
comte assiste, sans doute, à l'assemblée électorale comme les 
autres seigneurs et y a même, selon toute vraisemblance, une 
place d'honneur ; mais quand, après l'élection, les adversaires 
de Renaud de Martigné crieront à Tillégalité, ce qu'ils lui repro- 
cheront, ce ne sera pas d'avoir été imposé par le comte, mais 
d'avoir été porté au pouvoir par une faction populaire.^. 



relatives à la famille de Langeais : ainsi il paraît avec ses frères iïugue, 
seigneur de Langeais, et Hamelin en 1070 et 1078 dans deux chartes du 
Cartul, de Cormery, éd. Bourassé, n°* 41 et 42, et en 1068-1082 dans la 
charte n® 240 du Catalogue d'' actes, 

1. Voir Angot, Dictionnaire de la Mayenne, t. II, p. 817. 

2. Gallia christ,, t. XIV, col. 564; C. Port, Dictionn., t. II, p. 605-606. 

3. Nous avons conservé la lettre de convocation adressée à Geoffroi, 
abbé de la Trinité de Vendôme (Hist. de Fr., t. XV, p. 275). 

4. Geoffroi, abbé de la Trinité de Vendôme, dans une lettre à Renaud 
lui-même, s'exprime ainsi : « In illa siquidem actione, immo vulgi conspi- 
ration e, quam pro electione reputatis, lex velut inter arma siluit, vox 
divina locum non habuit ; totum ibi levitas vindicavit et vanitas, ubi mima 
quaedam et mulier publica, quae vos garruliter acclamabat, amplius potuit 
quam plebis maturitas vel clericalis honestas potuerit » (Hist. de Fr., 
t. XV, p. 278-279). Hildebert de Lavardin, alors évêque du Mans, lui fait 
le même reproche : « Tèstantur qui affuerunt quod ad juvenem infra 



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1Ô6 LE COMTÉ D*ANJOt 

Ainsi au début du xii® siècle, en tout cas, peut-être sous l'ac- 
tion des doctrines de Grégoire VII, un semblant d'élection a lieu, 
et peut-être l'influence du comte n y est-elle pas exclusive. Mais 
elle n'en existe pas moins : un des grands reproches que Geofiroi 
de Vendôme fait à Renaud de Martigné, c'est d'avoir reçu l'inves- 
titure d'un laïque et — cela ressort de toute la lettre qu'il lui 
adressa alors — de l'avoir reçue avant la consécration K Et pour- 
quoi ce reproche ? Est-ce uniquement parce que l'investiture, à 
ses yeux, est un véritable sacrement? Non: c'est aussi et sur- 
tout parce que l'investiture est pour les laïques un moyen de 
trafiquer de l'épiscopat et de s'assurer à la fois de bons revenus 
et la docilité des prélats 2. On ne saurait voir là une phrase 
en l'air: sans accuser formellement le comte d'Anjou, ce qui eût 
été au moins imprudent, Geoffroi de Vendôme ne pouvait plus 
clairement dénoncer son rôle dans l'élection de Renaud. 

Des évêques nommés dans ces conditions devaient continuer k 
être pour le comte, comme dans la première moitié du xi® siècle, 
des auxiliaires dociles. C'est en effet ce que nous constatons d'or- 
dinaire. Eusèbe Brunon se rallia dès le début à Foulque le Réchin ^, 

sacros ordines et annos inventum iiec a clero electum, seditiosus turbatae 
turbae clamor pontiûcalem exlorserit clectionem » [ibid.j p. 3i5). Sur 
cette affaire, voir Hauréau, Une élection d'évêque au XIl^ «., dans la Revue 
des Deux Mondes du l^'^ août 1870, et pour le rôle respectif de Geoffroi de 
Vendôme et d'Hildebert de Lavardin, Gompain, Geoffroi de Vendôme 
(Bibl, École des Haules-Eludes, fasc. 86), p. 189-195, et Dieudonné, Hilde- 
bert de Lavardin y p. 149-152. 

1. Remarquer notamment cette phrase: « Ibi enim in primis omnîs 
ecclesiaticus ordo confunditur, quando hoc quod unicuique a suo conse- 
cratore in ecclesia cum orationibus, quae ibiconveniunt dari débet, a saecu- 
lari potestate prius accipilur » {Hist. de Fr., t. XV, p. 279 A). 

2. (( Nam quae secularis potestas sibi vindicare nititurinvestiturara, nisi 
ut per hoc aut pecuniam extorqueat aut, quod est gravius, sibi inordinale 
subjcctam efficiat pontificis personam ? » [ibid,^ p. 279 B). 

3. Voir la lettre qu'il adressa au pape Alexandre II après 1068 et avant 
la consécration de l'archevêque de Tours Raoul, en 1073, dans Sudendorf, 
Berengarius Turonensis, p. 222, n° 15. G'est bien à tort que Géleslin Port 
{Dictionnaire, t. I, p. 528), suivant d'ailleurs la Gallia christiana, t. XIV, 
col. 561, a cru ^ une violente rupture entre Foulque et Eusèbe. U a été 



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CARACTÈRE DE L'AUTORITÉ COMTALE 197 

et lorsqu'il s'agit, vers 1070, de contester la nomination de Ta rehe- 
vêque de Tours Raoul de Langeais, Tévêque et le comte se trou- 
vèrent d'accord ^ Quant à leur attitude envers Bérenger de 
Tours, archidiacre d'Angers, sans avoir été absolument con- 
cordante, elle ne dénote pas entre eux \me opposition irré- 
ductible ; tout ce qu'on peut dire, c'est qu'Eusèbe Brunon 
resta le fidèle défenseur de Bérenger jusqu'à ce qu'il eût abjuré 
au concile de Latran, en février 1079 -, au lieu que Foulque le 
Réchin semble avoir été avant cette date lassé des discussions 
perpétuelles auxquelles la doctrine de l'hérésiarque donnait lieu, 



induit en erreur par une fausse interprétation donnée dans les Hist. de Fr.y 
t. XIV, p. 610, à l'adresse d'une lettre de Grégoire VII, visant en réalité Cen- 
tulle, comte de Béarn (Jaffé-Wattenbach, i?e^es/a, n^ ;>230), et non Foulque 
le Réchin. Ce n'est donc probablement pas non plus des «nariages de ce 
dernier, comme pourrait le faire croire l'édition de cette lettre dans les 
Ifist. (le Fr.^ que Ilugue de Die eut à s'occuper au concile de Poitiers de 
l'an 1077 (///s/, de Fr., t. XIV, p. 616 A), mais bien plutôt, comme encore 
en 1094 iibid,, p. 791), do la question de savoir s'il y avait Heu de lever 
l'excommunication lancée contre Foulque pour avoir renversé et empri- 
sonné son frère. Quant au concile de Poitiers, en dépit de la Chron. de 
S.'iinl'Maixpnt (Chron. des églises d'Anjou, p. 406-407), qui le place en 
1079, il est antérieur au 25 novembre 1078, puisqu à cotte date Grégoire VII 
y fait allusion comme à un événement passé (JafTé-Wattenbaeh, Regeslat 
n° 5088), et vraisemblablement de janvier 1077, date donnée par un frag- 
ment annalistique, très exact d'ordinaire {liecueil d\innales angev.elvend.f 
p. 41 1. Nous sommes sur ce point en complet désaccord avec M. Richard, 
Hial. des comtes de Poitou^ t. I, p. 339. 

1. Voir la lettre, déjj^ citée, d'Eusèbe au pape Alexandre II (Sudendorf, 
Berengarius Turon.,p. 223, n«lo). Après avoir protesté en termes violents 
contre la nomination de Raoul, Eusèbe ajoute : a Nos, ecclesiae Turonen- 
sis sulTraganeos, clerum et populum, et in populo maxime F. comitem 
nostrum, majorem ecclesiae casatum, ne uspiam contra jura divina sen- 
liamus, ne uspiam a christianitatis tuae prescripto deflectamur, sublimi- 
tatis tuaescriptis multum confirmari oportet. » 

2. A ce moment seulement, en effet, se place la lettre par laquelle 
Eusèbe fit savoir à Bérenger qu'il considérait désormais sa cause comme 
jugée et qu'il ne s'en occuperait plus dorénavant iCl. Ménard, S. Aurelii 
Augustini Hipponcnsis episcopi contra secundam Juliani responsionem, 
Paris, 1616, p. 74). Voir les articles de M. Brôcking, cités ci-dessus, 
p. 138, n. 1. 



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198 LE COMTÉ d'aNJOU 

ce qui força Grégoire VII à le faire rappeler par les prélats à la 
modération *. 

Jamais, en tout cas, entente ne fut plus complète entre le comte 
etTévêque que sous Tépiscopat deGeoffroide Tours (8 mai 1082- 
10 octobre 1093 -). Appelé dès le début à prendre parti entre son 
métropolitain et son seigneur, Geoffroi n'hésita pas, et fort de 
rimpopularité de Tarchevêque de Tours Raoul de Langeais 3, 

1. Voir la lettre à l'archevêque de Tours et à i'évèque d'Angers publiée 
dans les Ilist. de Fr.^ t. XIV, p. 637, et dans Jaffé, Monum, Gregoriana^ 
p. 504 (Jaffé-Wattenbach, RegestayU^ ."H97). Ona beaucoup hésitésur la date 
de cette lettre : JafTé la place en 1080 environ, c'est-à-dire après le con- 
cile de Latran de février 1079. W. Martens, Gregor VII, sein Leben und 
Wirken (1894), t. I, p. 251, a justement fait remarquer que, s'il n'y avait 
pas impossibilité absolue à adopter cette date, du moins semblait-il 
logi(jue de placer de préférence la lettre avant le concile de février 1079. 
En effet, à l'issue de ce concile, Grégoire VII, par une missive spéciale, 
menaça formellement d'excommunication tous ceux qui inquiéteraient 
Bérenger, qu'il venait de renvoyer en Anjou [Hist. de Fr., t. XIV, p. 637, 
et JaiTé, Mon. Gregor., p. 550; ; or, si la lettre adressée à Tarcheveque de 
Tours et à Tévêque d'Angers était contemporaine de celle-ci ou de peu 
postérieure, on y retrouverait une allusion à cette menace d'excommuni- 
cation ou un ton également menaçant, ce qui n'est pas : en conséquence, 
M. Martens propose de placer la lettre tout au début de l'an 1079, avant 
le concile. C'est peut-être trop préciser. M. Schwabe (Sfudien zur Ges- 
chischte des zweilen Abendmahlstreits, p. 128, n. 1) avait déjà remarqué 
que la lettre pourrait être antérieure môme à 1078, et Sudendorf {Berenga- 
rius Turonensis, p. r»l-!>2) proposait la date de 1073, supposant — tout à 
fait en l'air, d'ailleurs — la letfre écrite au moment de l'avènement do 
Grégoire VU. Tout ce que nous croyons pouvoir dire, c'est que la lettre 
semble antérieure au concile de Latran de 1079 et, par suite, à la lettre 
d'Eusèbe Brunon citée à la noie précédente, 

2. Voir pour ces dates notre Recueil d'annales angev. et vendôni., p. 6, 
en, 108. 

3. 11 importe d'observer que la Narralio controversiae, etc., publiée 
dans les Ilisl. de Fr., t. XII, p. 459 et suiv., dont on a fait jusqu'ici le 
plus grand cas pour l'histoire de Raoul de Langeais, n'a qu'une impor- 
tance 1res faible : non seulement c'est un pamphlet, mais c'est un pam- 
phlet écrit à une époque assez tardive l'en tout cas, postérieurement à la 
mort de l'évêque d'Angers Geoiïroi de Tours [1093] et même à celle de 
l'archevêcpie dé Reims Renaud [109G] et vraisemblablement pas avant le 
milieu du xii*^ siècle). Des confusions souvent graves y sont commises : 
ainsi l'auteur ne voit pas que GeolTroi, frère d'Hamelin de Langeais, et 
Geoffroi, doyen et chantre de Saint-Martin de Tours sont un même per- 



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CARACTÈRE DE l' AUTORITÉ COMTALE 199 

embrassa avec une ardeur et une audace incroyables la cause du 
comte d'Anjou ^ 

L'affaire de l'élection d'Hoël à Tévêché du Mans avait, en effet, 
on s'en souvient 2, provoqué entre Foulque et l'archevêque 
Raoul un conflit violent. Au même moment, Raoul s'était mis 
successivement à dos les moines de Marmoutier, les chanoines de 
Saint-Martin de Tours et enfin le roi, ce dernier lui reprochant 
ses complaisances excessives pour les légats pontificaux et les 
autres se plaignant qu'il attentât à leurs privilèges : il en était 
résulté une lutte acharnée où une partie des adversaires se bat- 
taient à coups d'excommunications ^. Entre le roi, Marmoutier, 

sonnage ; il en fait, à tort, somble-t-il, un proche parent de l'archevêque 
Raoul ; il prête à Grégoire VII une attitude que les lettres de ce pape 
semblent contredire ; il donne enfin des dates inadmissibles : car si Raoul 
avait dès 1081 été chassé de son siège, il n'eût pu le 8 mai 1082 consacrer 
évêquc d'Angers Geoflfroi de Tours et rien n'indique par ailleurs que cette 
consécration n'ait pas été régulièrement faite par lui ; de- plus, la lettre de 
Grégoire VII relative à Tévêché du Mans, qu'on ne j)eut placer avant le 
début de l'an 1082 (BihL de r École des (Chartes, t. 26, p. 'i.'iî)), serait vrai- 
ment d'une naïveté excessive. Les autres indications chronologiques de 
détail ne sont pas moins dilTiciles à justifier. La Xarrafio apparaît donc 
comme un document qu'il ne faut utiliser qu'avec la plus extrême pru- 
dpnce. 

1. Il ne faut cependant pas dire, comme Ta fait, par exemple, Pletteau, 
Annales ecclésiastiques [Rci^uede r Anjou, t. XIII), que le choix de GeofTroi 
de Tours comme évêcfue d'Angers était déjà par lui-même significatif, Geof- 
froi ayant été « un des chanoines (de Saint-Martin de Tours) qui avaient 
embrassé avec ardeur la cause commune de l'abbatiale et du comte d'Anjou 
contre l'archevêque. » Rien ne l'établit; car, même en attribuant à la Mi rra- 
lio conlroversiae une valeur qu'elle n'a pas (voir. la.n. précéd.), on n'y trou- 
vera qu'une chose, c'est le nom du futur évê(jue cité avec ceux des autres 
chanoines et dignitaires de Saint-Martin de Tours, sans que son ardeur 
contre l'archevêque fasse l'objet d'une mention spéciale, comme c'est le 
cas de plusieurs d'entre eux. D'ailleurs s'il y avait eu hostilité ouverte 
entre Geoffroi et l'archevêque Raoul, on s'explique mal que ce dernier 
l'eût consacré évêque dès le 8 mai 1082 (Annales de Vendôme^ p. 60 du 
Recueil d^ann. angev.et vendôm.), 

2. Voir ci-dessus, p. 185. 

3. Voir ici la Narralio confroi^ersiae i7//«/. de Fr.j t. XII, p. 4î>9, et le 
De Iribulalionibus et angusliis et persecutionibus Majoris Monaslerii mona- 
çfiis injuste illalis ab archiepiscopis et çlericis Saf\cti Mauricii T^f*onensi$ 



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200 LE COMTÉ D ANJOU 

Saint-Martin et le comte d'Anjou, laccord était inévitable contre 
l'ennemi commun. Raoul, poussé à bout, lança contre le comte 
une sentence d'excommunication et le somma de comparaître; 
celui-ci lui fît insolemment savoir qu'il consentirait tout au plus à 
avoir avec lui le 30 septembre, près de Rochecorbon, une entre- 
vue où ils mettraient la Loire entre eux et où lui, Foulque, pren- 
drait le premier la parole pour se déclarer injustement excom- 
munié et pour proclamer qu'il n'y avait plus lieu à discussion *. 
OeolFroi de Tours, de son côté, sommé par l'archevêque d'excom- 
munier le comte, loin de réfréner sa fureur, parut plutôt la favo- 
riser '. Cités Tun et l'autre devant les prélats de la province 
de Lyon à un synode qui devait se tenir dans le courant de 
l'année 1082 ^ comte et évêque firent défaut :1e synode, présidé 
par Hu^ue de Die, fulmina l'anathème contre les rebelles et 
suspendit Geoffroi de ses fonctions ^. 



publié dans les Ifisl. do Fr., t. XIV, p. 93 el siiiv., d'après Laurent Bochel, 
transcrivant lui-même le ms. de la Bibl. nat. lat. 13899, fol 47 v° et suiv., 
récit passionné et assez tardif, mais plein d'intérêt. 

1. Voii- la lettre du clerc GeofFroi publiée dans les Ilisi. de Fr,, t. XIV, 
p. 673. n. /*. (A'ite lettre ne peut émaner de Vfh'cque GeofFroi, quoi qu'en 
pense Mabillon, suivi par les //e.s/. de Fr., puisque son auteur s'intitule 
seulement sitcerdos ; elle se place, d'autre l)art, évidemment avant l'ex- 
communication prononcée par les prélats du synode de Lyon, puis par le 
pape, puisqu'il n'y est encore cjuestion que de celle qu'a prononcée l'ar- 
chevê(|ue lui-même. 

H. Les prélats du synode de Lyon l'en accusent formellement : « Ipsevero 
propositum suae j)rofessionis ecclesiasticae violans, nec divinls mandatis 
nec archicpiscopi sui monitis obediens, cum fratribus in dcfensionem jus- 
tiliae desudantibus, cor suum in otioet deliciis nutriens, fovit magisquam 
impugnavit supradicti Fulconis malitiam » (Ilisl. de Fr.y t. XIV, p. 673}. 

3. Ce concile est postérieur à la consécration de Geoffroi de Toui*s, 
la(juelle eut lieu le 8 mai 1082 Ann. de Vendôme, p. 65 du Heciieil d'ann, 
anyer. el vendôin.), cl antérieur, d'après l'intitulé delà lettre éci'ite par les 
pères du concile ^^ ///.s/, f/e Fr., t. XIV, p. 673-67 V), à la nomination de Hugue 
de Die à rarchevêclié de Lyon, laquelle eut lieu en 1082 [Ilist, de Fr.y 
t. Xin, p. 621 B) et après le 24 octobre (Ilist. de Fr., t. XIV, p. 656). 

4. Voir la lettre écrite par les pères du concile (Ilisl. de Fr., t. XIV, 
p. 673-67 i) et celle de Grégoire Vil aux Angevins et aux Tourangeaux 

ihid., p. 654, et JalTé, Monum Grerjor., p. 498). 



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CARACTÈRE DE L AUTORITÉ COMTALE 20t 

Foulque dès lors nje garda plus de mesure. Philippe I®"*, tout 
en ayant nommé lui-même Raoul à rarchevêché* , avait décidé de 
l'en expulser : le comte accepta avec empressement de mettre ce 
désir à exécution et chassant Tarchevêque, mit la main sur ses 
biens et son église -. La réponse ne se fit pas attendre : Grégoire 
VII, en même temps qu*il excommuniait les chanoines de Saint- 
Martin de Tours et les rappelait à la soumission 3, enjoignit à 
tous les « abbés, clercs, laïques de Tarchevêché de Tours et de 
Tévêché d'Angers, restés fidèles à l'autorité des légats du Saint- 
Siège », de s^abs tenir de tout rapport avec le comte et ses com- 
plices, et leur ordonna d'obéir à Raoul et de lui témoigner le 
respect qui lui était dû *. 

Arrivée ce degré de violence, le conflit ne pouvait plus durer, 
et sans qu*on sache au juste comment il s'apaisa, on constate 
qu'il avait pris fin avant le début de Tannée 1083, puisque le 
6 janvier de cette année Tarchevéque, Tévêque et le comte se 
trouvaient réunis et agissaient de concert dans la ville d'Angers ^. 
Foulque et Geoffroi de Tours avaient sans doute fini par céder ; 
mais ce qui est caractéristique, c'est que jusqu'au bout ils étaient 
restés unis. Un comte qui pouvait trouver dans son clergé un 
pareil appui avait un ressort suffisant pour ressaisir la puissance 
qui semblait prête à lui échapper. 

1. C'est ce dont Taccusail Eusèbe Brunon quelques années auparavant 
[Sudendorf, Berengarius Turonensis, p. 223, n<> 1")] et ce qui est attesté 
encore par la Xarratio conlroversiae [Hisl. de Fr., t. XII, p. 459). 

2. Voir la lettre de Grégoire Vil aux Angevins et aux Tourangeaux 
publiée dans les Hist, Fr., t. XIV, p. 654, et par Jaffé, Monuni. Gregor, 
p. 498: « ...fratrem nostrum Turonensem archiepiscopum de sede sua 
expulit bonisqueecclesiae penitus expoliavit» (JalTé-Wattenbach, Regesta^ 
no 5231). 

3. Jaffé-Wattenbach, Begesta, n» 5232. 

4. Lettre citée ci-dessus, n. 2. 

5. Catalogue d'actes, n» 243. Dans la Gallia christ,, t. XIV, col. 69, 
Ilauréau ne constatait le rapprochement qu'à la date du 10 novembre 1084. 



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CONCLUSION 

La mort de Foulque le Réchin, survenue le 14 avril 1109*, et 
ravènement de Foulque le Jeune, puis de Geoffroi le Bel, devaient 
permettre la prompte réalisation de cette tâche. 

Unis et vivants en bonne intelligence, les barons eussent été 
un obstacle redoutable ; mais malgré les liens de plus en plus 
étroits qui, nous l'avons vu, les avaient rapprochés chaque jour 
davantage les uns des autres, la discorde n'avait cessé de s ac- 
croître entre eux à mesure que leur puissance avait grandi: ainsi, 
les deux seigneurs de Montrevault, celui du Grand et celui du 

1. Ann, de Vendôme : « MCIX. Hoc anno, XVIII kalendas maii, obiit 
Fulco comos Andecavorum, vir pictatis et misericordie visceribus plenus, 
frater comitis GolTridi, qui Barbatus cognominabatur ; in monaslerio 
nostro Andegavensi Sanctç Trinitatis, sicut preccpit, est honorabilitcr 
sepultus » [Bec. d''ann, anr/ev. et vendâm,, p. 69). Cf. pour la date d'année 
les Ann. de Saint-Aubin, ibid,, p. 7, et ibid., p. 44, les fragments annal, de 
Saint-Aubin : « Sequenti anno (MCIX) obiit Fulco Rechint, Andecavorum 
cornes, XVIII kalendas maii. »Une charte du Cartul. de Saint-Laud d'Angers, 
éd. Planchenault, n» 9, par laquelle Foulque le Jeune affranchit un serf, 
est donnée « Andegavi, in ecclesia Sancti Mauricii, ubi patris Fulconis 
exequiecelebrabantur, XVIll kalendas maii, anno ab incarnacione Domini 
MCVIIÏ (MCIX, n. st.), indictione II, concurrente IIII, epacla XVII, etc. » 
Copie de VObituaire de Saint-Afaurice d'Angers, dans la Coll. Baluze, 
vol. 39, fol. 30 vo : « XV^III kalendas maii. Obiit Fulco, dulcissimus cornes 
Andegayensis, nepos Gaufridi prioris Martelli, anno Domini MCIX. » Pour 
le (juantième, voir VObituaire de Saint-Aubin d'Angers (Bibl. d'Angers, 
ms. 830, anc. 747) : « XVIII kalendas mai. Fulcho comes junior. Sicut de 
abbate nostro »; VObituaire de Saint-Srrge d'Angers (ibid., ms. 837, anc. 
753) : « XVIII kalendas maii. Obiit F'ulco comes, familiaris noster. Sicut 
pro abbatibus agendum est pro illo » ;VObituaire de la Trinité de Vendôme 
(éd. Métais, Cartul. de la Trin. de Vendôme, nouveau t. IV) : « XVIII 
kalendas maii. Obiit Fulco comes Andegavorum. » Comme il est dit dans 
les Ann. de Vendôme, citées plus haut, Fouhpie fut enterré à TEvière 
d'Angers :cf. Catalogue d'actes^ n° 319, et la lettre souvent citée de Geoffroi 
(ie Vendôme à la comtesse Ermengarde, dans les llist. de Fr., t. XV, 
p. 311-312. 



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- '^'^^^^^■^^r^^ 



CONCLUSION 203 

Petit, étaient à couteaux tirés*; les seigneurs deTIsle-Bouchard, 
de Mirmande, de Faye-ia- Vineuse passaient leur temps à se com- 
battre, renversant d'ailleurs leurs alliances avec une surprenante 
facilité*. Un jour, c'était une guerre entre le seigneur de 
Çhemillé et celui de Maulévrier ^ ; un autre, entre Barthélemi de 
risle-Bouchard et Huguede Sainte-Maure^; un autre, entre Jean 
de Montbazonet Eschivard de Preuilly ^. Les seigneurs de Ghau- 
mont et d'Amboise étaient en guerre contre tout le monde : une 
fois, contre le seigneur de Môntrésor^, une autre, contre les sei- 
gneurs de ChâteaUrenault et de Preuilly ^. Bref les barons s'en- 
tre-déchiraient. 

Le terrain était donc tout préparé pour que le comte pût prendre 
sa revanche. Aussi Thistoire intérieure du comté d'Anjou 
depuis la mort de Foulque le Réchin jusqu'au milieu du xii® siècle 
sera-t-elle le digne pendant de l'histoire du domaine royal. 
La tâche que Louis VI se donna dans la France proprement dite 
de reconquérir pied à pied une autorité partout menacée par la 
force croissante d'une nuée de petits châtelains. Foulque le Jeune 



1. Hist. de Saint-Florent, p. 298-299 des Chron, des églises d'Anjou, 

2. Leurs guerres sont spécialement racontées dans deux chartes-notices 
du Carlul. de Noyers, éd. Chevalier, n»» 67 et 310. 

3. Un accord est conclu le 24 avril 11 10, au temps où « Camilliaci 
guerra et Malebrarii pacificata esset » (Arch. de Maine-et-Loire, CnrtuL 
vélin de Çhemillé, n^ 16). 

4. CartuL de Noyers, éd. Chevalier, n*» 320 : « Notum sit omnibus tam 
praesentibus quam fuluris quod eo tempore quo Bartholomaeus, filius 
Borreli, erat dominus castri Insulae, ortum est bellum, quod vulgus guer- 
ram vocat, interipsumBartholomaeumet Ilugonem de Sancta Maura, etc. » 
La charte est antérieure à la mort de Josselin, fds de Ilugue de Sainte- 
Maure, c'est-à-dire à Tan i\(i^[GestaAmbaz. dominorum, p. 195 des Chron, 
des comtes d'Anjou), il est fait allusion à la même guerre au n° 289 du 
Carlul. de Noyers. 

5. Carlul. de Noyers, éd. Chevalier, n® 319 : « Accidit autem...utquadam 
die egressus isdem Johannes ad pugnam obviam haberet Eschivardum 
Prulliacensem dominum et orto bello, pugnaverunt totis viribus, etc. » 
(Charte postérieure, mais probablement de peu, à Tan 1101). 

6. Gesta Ambaz. dominorum, p. 181 des Chron, des comtes d'Anjou. 

7. Ibid., p. 184. 



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204 LE COMTÉ d'aNJOU 

et Geoffroi le Bel se la donnèrent dans leurs états : comme celle 
de Louis le Gros, leur vie ne fut qu une longue lutte contre les 
barons ; lutte non pas intermittente, ainsi qu'on lavait vue par- 
fois au xr siècle, mais lutte sans relâche et poursuivie jusqu'à la 
victoire définitive. L'Isle-Bouchard, Doué, Preuilly, Montbazon, 
Mon treuil-Bellay, Candé, Mirebeau, Champtoceaux, Briollay, 
Blaison, Sablé, pour ne citer que quelques places fortes, seront 
successivement attaquées * ; les comtes ne craindront pas de 
revenir plusieurs fois à la charge, mais toujours ou presque tou- 
jours ils garderont le dernier mot, annexant, par exemple, 
Montbazon -, réduisant à une humble dépendance le terrible 
Giraud de Montreuil- Bellay ^^ rasant les châteaux les plus dan- 
gereux^. 

Cette lutte victorieuse contre les barons leur rendra une force 
que les événements antérieurs avaient compromise et leur per- 
mettra de donner à l'état angevin une extension inespérée : non 

1 . Il n'existe pas encore d'étude sérieuse sur cesluttos : les pages consacrées 
par M. Dodu {De Fulconis Ilierosolymitani regno^ Paris, 1894, in-S*», 
p. 1-18), au gouvernement de Foulque le Jeune dans le comté d'Anjou 
sont de beaucoup inférieures à l'article « Foulques le Jeune » du Diction- 
naire de Célestin Port (t. H, p. 193-194) dont elles ne sont guère cepen- 
dant que le développement. Ce dernier article et l'article « Geoffroy le 
Bel » du même Dictionnaire {ibid., p. ■2;)4-2.*i6) ne donnent, bien entendu, 
qu'un rapide aperçu; Miss Kate SorgRie(England under the angevin kings, 
t. I, chap. IV-V) n'est guère allée plus loin. Les principaux détails sont 
donnés par les annales angevines, les Gesta consulum, les Gesta Amha- 
ziensium, Vllistoria Gaufredi de Jean de Marmoutier ; mais les chartes de 
l'époque sont pleines de renseignements complémentaires. 

2. Ges^ta cnnsulum Andegav.^ p. 144 des Chron. des comtes dWnjou, 

3. Voir spécialement Vllistoria Gaufredi, ihid., p. 282-287. 

4. C'est le cas de Doué ihid., p. 283), de Briollay {ibid., p. 268), de 
Candé, de Blaison (/?ec. d'ann. angev. et vend., j). 11, 97), etc. C'est sans 
doute à l'époque de Foubjue le Jeune qu'il faut rapporter la destruction 
du château de Segré à laquelle il est fait allusion dans une charte rela- 
tant un don fait au monastère de Marmoutier par la femme de Gautier 
Rouaud, Avoie, pour le re[)os de l'àme de son frère tué « ajuid castellum 
nomine Secreium, quando Fulco comes bellico impetu cepit illud et des- 
truxit » (Copie du xviii* s., dans la Coll. dom Housseau, vol. XIP, n® 6770, 
diaprés le Cartulaire tourangeau de Marmoutier, fol. 172 r°). 



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CoNCLUâlON âÔ8 

content d^annexer le Maine, quand la mort du comte Hélie Ten 
fera rhéritier, en 1110, Foulque le Jeune travaillera immédiate- 
ment à conquérir la Normandie : le mariage de son fils Geoffroi 
avec rhéritière de Tempire anglo-normand, Tex-impératrice 
Mathilde, en 1127, donnera consistance à ce rêve; et au bout de 
dix ans dune guerre acharnée, Geoffroi le Bel recevra, le 19 jan- 
vier 1144, la couronne ducale dans Téglise cathédrale de Rouen. 
Quelques années encore, et la maiàon d'Anjou allait monter sur 
le trône d'Angleterre. 



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APPENDICES 



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APPENDICE pr 

LES SURNOMS DES COMTES d' ANJOU DU XI** SIÈCLE 

C'est de leurs contemporains mêmes que Geoffroi Martel, 
Geoffroi le Barbu, Foulque le Réchin et Geoffroi Martel le Jeune 
ont reçu leurs surnoms. 

Celui de Geoffroi « Martel » (Martellus) apparait dans plusieurs 
documents rédigés de son vivant ou peu après sa mort^ et a été 
constamment employé dans la suite-. Son neveu Foulque le 
Réchin, qui s'en sert lui-même dans plusieurs de ses chartes 3, 
s'est chargé de nous en expliquer Forigine : « Propter quae omnia 
bella», dit-il dans sa Chronique^ après avoir raconté les exploits 
de son oncle, « propter magnanimitatem, quam ibi exercebat, 
merito Martellus nominatus est, quasi suos conterens hostes^.» 

Bien que Geoffroi le Barbu ait été plus souvent désigné par 
ses contemporains sous le nom de « Geoffroi le Jeune »^, son sur- 
nom de « Barbu » [Barbatus) apparait de son vivant même^ et 
est fréquemment employé par les chroniqueurs et les annalistes"^. 
Ce surnom ne demande pas d'explication. 

1. Catalogue d'actes, n»» 53, 132, 144, 149, 154, 158. 

2. Ibid,, n'» 221, 250, 269, 297, 299, 300, etc. 

3. Ibid,y no* ^12, 226, 301, etc. Voir, de même, la Chronique de Foulque le 
Réchin, passim (voir note suiv.). 

4. Chron, des comtes d' Anjou, p. 379. L'explication donnée par VHisl, 
de Saint^Florent de Saumur du surnom de Geoffroi Martel est sans valeur : 
« Goffredus, a fabri uxore apud Lucas castrum educatus, Martellus cogno- 
men accepit» {Chron. des églises d'Anjou, p. 260). 

5. Voir, entre autres, Catalogue d'actes, n°» 132, 159, 164, 167, 169, 197, 
198, 200, 202, etc. 

6. //>i(/., n**157et 200. On voit encore ce surnom employé dans une 
charte-notice des années 1068-1081 relatant un fait qui eut lieu en pré- 
sence de Foulque le Réchin, « frater Barbati » (Cartul. du Uonceray, éd. 
Marchegay, n*> 47). 

7. Voir les Annales de Vendôme, p. 64, et les Annales dites de Renaud, 
p. 87 du Recueil d'ann, angev. et vendômoises représentant des annales 

Halphbn. — Le comté d'Anjou. 14 



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210 LE COMTÉ d' ANJOU 

Celui de Foulque « le Réchin » [Rechinty Bichin)^ que les con- 
temporains appelèrent souvent aussi « le Jeune»*, apparaît dans 
plusieurs chartes contemporaines^ et chez les annalistes de 
Tépoque ^. 1^ sens en est facile à saisir : réchin est un 
vieux mot se rattachant au verbe actuel rechigner *. L'origine 
précise du surnom n'est pas, par contre, exactement connue. 
Célestin Port écrit, il est vrai : « C'est dans une de ses guerres, 
à la prise du Lude, qu'ayant voulu baiser avec trop d'empresse- 
ment, comme il le raconte dans une de ses chartes, les reliques 
conquises de saint Julien, sa bouche se tourna et laissa à son 
visage cet air rechigné, dont lui vint sans doute son surnom ^, >» 
Mais la charte à laquelle Célestin Port fait allusion (en confondant 
d'ailleurs le Lude avec Château-du-Loir) est un faux qui ne 
résiste pas àTexamen et dont le fond même est sans consistance §. 

Enfin le surnom de Geoffroi « Martel le Jeune » [Martellus 
junior ou Martellus) est, on peut le dire, constamment accolé 
à son nom ^ : il a été donné au jeune comte par souvenir pour 
son grand-oncle. 

Au contraire, le surnom de Foulque « Nerra » n'apparaît qu'à 
une époque extrêmement tardive. Les textes contemporains 
n'adjoignent à son nom aucun qualificatif. Quelques années après 
sa mort, on se borne, par allusion à ses pèlerinages, à l'appeler 



rédigées avant 1076 ; les Ann, de Vendôme, ibid., p. 69, note de Tan 1109 ; les 
généalogies n°» 3 et 4 des Généalogies angevines publ. par Poupardin, dans 
les MéL d'archéol, et d'histoire de l'École de Rome, t. XX, p. 207, généa- 
logies de la fin du xi« s. ; les Gesta consulum, Orderic Vital, etc. 

1. Catalogue d'actes, n»» 251, 264, 277, 280, 316, etc. ; Annales dites de 
Renaud, p. 88 du Recueil d'ann, anget\ et vendôm, (début du xii* s.). 

2. Ibid,, no« 298, 302 ; CarluL de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Brous- 
sillon, n« 426. 

3. Fragments annalistiques de Saint-Aubin, p. 42-44 du Recueil d'ann, 
angevines et vendômoises 

4. Cf. Du Gange, Glossarium, éd. Henschel, t. V, p. 617. 

5. Dictionn, de Maine-et-Loire, t. II, p. 192. 

6. Catalogue d' actes. Actes faux, n*» 10. 

7. Voir notamment Catalogue d'actes, n©» 295, 302, 303, 317. 



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LES SURNOMS DES COMTES d' ANJOU 21 

« le Jérosolimitain » * ou bien, pour le distinguer de Foulque 1 
Réchin et surtout, peu après, de Foulque le Jeune — le qualifia 
tif de Jérosolimitain prêtant dès lors à confusion — on Tappell 
Foulque « l'Ancien » [Antiquus^ Senior) ^ ou même Foulque « 1 
Jérosolimitain l'Ancien » ^. Mais personne parmi les rédacteui 
des chartes-notices, parmi les chroniqueurs ou les généalogistes 
ne l'appelle Foulque « Nerra ». 

Il faut attendre la première rédaction des Gesla consulur 
AndegavoruTRy soit le second quart du xii* siècle, pour voir c 
surnom faire tout à coup son apparition^. Et même alors no 
seulement il n'a pas fait une fortune rapide, mais il n'a et 
employé que par les auteurs qui ont copié directement les Gesta 
et une fois, à notre connaissance, postérieurement à l'an H5( 
par le rédacteur d'une charte de Geoffroi le Bel ^ qui avait saD 
doute lu les Gesta, Les autres scribes, les autres chroniqueui 
ont ignoré ce surnom et ont continué à appeler notre comi 
Foulque l'Ancien ou Foulque le Jérosolimitain '. 

1. Voir, entre autres, une notice du Cariul. de Saint-Aubin, éd. Bei 
trand de Broussillon, n<* 197, et les annales angevines et vendômoisi 
(p. 61, 86, 108, 118 du Recueil d'ann. angev. et vendôm.), dans la part 
qui dérive des annales composées par Renaud avant 1076. 

2. Voir une notice rédigée vers 1075 dans le Cartul. de Saint-Aubin, é< 
cit., n® 186, et ibid., n° 220, une notice des années 1080-1082 ; au Cartu 
du Ronceray, éd. Marchegay, n*> 202, une notice de Tan 1115 env. et ibid 
n» 203. 

3. Cartul, de Saint-Aubin, éd. cit., n*» 932 (ann. 1129) :« Fulco Iher 
solimitanus senior. » 

^ 4. Ms. lat 6218 de la Bibl. nat., p. 42; Chron, des comtes d'Anjou, p. 8 

5. Outre les auteurs des dernières rédactions des Gesla", nous ne poi 
vons citer que le compilateur de la Grande chron, de Tours (Salmon, Re 
des chron, de Touraine, p. 117 et suiv.) et Jean de Marmoutier, dans 
préface de son Hist.de Geoffroi le Bel [Chron. des comtes d'Anjou, p. 232 
« Fulcone Palmerio, cognomento Nerra » [P aimer ius = « paumier », c*es 
à-dire celui qui a été en Terre Sainte). 

6. Documents pour V histoire de V église de Saint-IIilaire de Poitiers, pu! 
par Rédet, dans les Mém. de la Soc. des Antiquaires de l'Ouest, 1847, p. 151 
«... Fulconem Nerrem... » 

7. Ainsi William de Malmesbury et Orderic Vital, qui écrivaient dai 
la première moitié du xii« siècle et sans doute après la composition d 



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212 LE COMTÉ D* ANJOU 

Le fait mérite d'autant plus d'être noté que ce surnom de 
«Nerra » est un surnom étrange. Tous les érudits jusqu'ici en 
ont fait l'équivalent de « Niger » et l'ont traduit : « le Noir w * ; 
mais personne n'a expliqué par quelle singulière fantaisie on a 
forgé le mot« Nerra » au lieu d'employer celui de « Niger », et 
l'explication serait, croyons-nous, d'autant plus difficile à four- 
nir que « Nerra » est une forme féminine. L'auteur des Gesta 
n'ayant pas donné d'éclaircissement à ce sujet et la philologie 
ne paraissant pas permettre jusqu'ici de résoudre ce petit pro- 
blème^ force nous est de rester sur un point d'interrogation. 

Geslû consulum Andegavorum, appellent Foulque Nerra, Tun, « Fulco anti- 
quior » (Hisl.de Fr,, t. XI, p. 180), Tautre, « Fulco senior » (éd. Le Prévost 
t. II, p. 252, et t. III, p. 218); l'auteur d'une généalogie insérée à la fin 
du XII® siècle dans le ms. des Annales de Saint-Aubin (publ. dans notre 
Recueil d'ann, angev, et vendant, ^ p. 49) Rappelle « Fulco Jerosolimi- 
tanus » ; Geoffroi le Bel lui-même, dans une charte de Tan 1143, Tappelle 
« Fulco Jherosolimitanus senior ))(CaWu/. de Saint-Aubin, éd. cit.,n<» 933), 
et dans le traité De senescalcia Franciae y composé vers 1158, Foulque 
est encore appelé « Fulco Jerosolimitanus » [Ckron, des comtes d'Anjou, 
p. 389). ^ 

1. Voir, en dernier lieu, Ferdinand Lot, Hugues Capety p. 271. 



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APPENDICE II 

LES PÈLERINAGES OE FOULQUE NERRA A JÉRUSALEM 

Combien de fois et à quelles dates Foulque alla-t-il en pèleri- 
nage à Jérusalem ? Cette question est une des plus controversées 
de rhistoire angevine. Mabille*, A. de Salies ^^ Célestin Port 3, 
M. Pfîster*, Miss Katç Norgate^ et enfin M. Lair^,pour ne citer 
que quelques noms, Tout tour à tour examinée et retournée sous 
toutes ses faces, sans arriver à en donner une solution entière- 
ment satisfaisante. Les textes permettent cependant, croyons- 
nous, d'atteindre une approximation très suffisante. 

Foulque partit pour la Terre Sainte ime première fois entre le 
24 octobre 1002 et le 2 septembre 1003: une charte qu'il sous- 
crivit à cette date « lors de son départ pour Jérusalem » nous 
en est garant'. 

Il était à peine de retour, après une absence d'un an 

1. Mabille, Introduction aux Chroniques des comtes d^ Anjou y p. lxxviii. 

2. A. de Salies, Histoire de Foulques Nerra, surtout le chap. XII. 

3. Port, Dictionnaire de Maine-et-Loire ^ t. Il, p. 190-191. 

4. Pfister, Études sur le règne de Robert le Pieux^ p. 231. 

5. Kate Norgate, England under the angevin kingSy t. I, p. 192-197. 

6. Lair, Études critiques sur divers textes des X^ et Xl^ siècles, t. I, 
p. 73-88. 

7. CartuL de Saint-Aubin d'Angers, éd. Bertrand de Broussillon, n» 130 
{Catalogue d'actes, n^ 20) : t Actum hoc in Andecava civitate sub manu Ful- 
conis comitis fratrisque cjus Mauricii comitis, eo quidcm Fulco ipso anno 
Iherusalem properante. » Toutes les chroniques sont d'accord pour placer 
un premier pèlerinage de Foulque Nerra avant la construction du monas- 
tère de Beaulieu, dédié vers Tan 1007 (cf. ci-dessus, p. 85) : voir Raoul 
Glaber, II, 4, éd. Prou, p. 32 ; les Gesta consul. Andegav,, ms. 6218, p. 45, 
p. 103 des Chron.des comtes d'Anjou ; ÏHist, de Saint-Florent deSaumur, 
p. 273 des Chron, des églises d'Anjou. Nous ne saurions admettre, comme 
le fait M. Lair, toc, cil,, un premier pèlerinage en 998, sous prétexte d'ex- 
pliquer la légende inacceptable du meurtre de Crescenlius par le comte 
d'Anjou. 



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214 LE COMTÉ d'aNJOD 

et demi^, qu'il faisait assassiner Hugue de Beauvais^. Poussé 
sans doute par le désir d'expier ce crime, il reprit, probable- 
ment dès Tan 1008, le chemin du Saint Sépidcre^. Il s'y 

1. Geata conaulum Andegav,^ ms. 6218, p. 47, p. 106 des Chron, des 
comtes d'Anjou. Le comte d'Anjou était de retour avant la fin de Tan 1004, 
comme le prouve un acte du 27 décembre 1004 [Catalogue d^actes, n° 21). 

2. Voir ci-dessus, p. 32. 

3. On sait par VHist, de Saint-Florent (Chron, des églises d'Anjou, 
p. 275] et par les Miracles de saint Nicolas de Joël, abbé de la Couture 
(Catologus codicum hagiogr, latin, BibL Paris, y t. III, p. 159-160), que 
Foulque a fait un second pèlerinage avant de fonder le monastère de 
Saint-Nicolas d'Angers, lequel fut achevé en 1020 (Catalogue d'actes, 
n° 30) ; ayant pris la route de mer, racontent les Miracles dans un récit 
peut-être un peu agrémenté à plaisir, Foulque fut assailli par une terrible 
tempête ; ayant appris alors Texistence non loin de là, à Myrrhe, d'une 
église dédiée à saint Nicolas, il implora le secours du saint et fit vœu, s'il 
échappait à la tempête, de construire à Angers dès son retour un monas- 
tère en son honneur : la mer se calma, et le comte put aborder en Pales- 
tine ; rentré en Anjou, il mit son vœu à exécution. — Si l'on admet que 
ce pèlerinage a été motivé par le meurtre de Hugue de Beauvais, en mai 
1008 (voir p. 32), comme les vraisemblances nous y invitent, on sera porté 
à le placer dès l'an 1008. Mais il y a encore d'autres raisons pour 
adopter cette date : en effet, remarquons que ce pèlerinage est for- 
cément, d'après tout ce que nous savons sur la fondation de Beaulieu, pos- 
térieur à 1007 et même, à cause de l'affaire de Hugue de Beauvais, 
postérieur au mois de mai 4 008 ; il est, d'autre part, antérieur non seule- 
ment à 1020, date de la dédicace de Saint-Nicolas d* Angers, mais même 
à la reprise des hostilités entre Eude de Blois et Foulque, en 1016 (voir 
p. 33). Il se place donc entre les années 1008 et 1015. Or on sait que le 
29 septembre 1010 ou 1009 (voir Pfister, Robert le Pieux, p. 347, et Lalr. 
Études critiques, t. ï, p. 18-38) Hakem détruisit l'église du Saint- 
Sépulcre, que pendant quelque temps aucun chrétien ne put en appro- 
cher, et même qu'avant 1020 on ne trouve pas un seul pèlerin qui se soit 
risqué à venir à Jérusalem. Dans ces conditions, il nous semble bien diffi- 
cile de ne pas placer avant la destruction des Lieux saints le pèlerinage 
de Foulque Nerra. La date de 1014-1015, qu'a proposée Miss KateNorgate, 
ne serait pas matériellement impossible, bien qu'on ne trouve pas de 
pèlerin à Jérusalem entre les années 1010-1020 ; mais les raisons qu'elle 
donne à l'appui de cette date ne résistent pas à l'examen (voir plus haut, 
p. 18, n. 4). Au contraire, la date de 1010-1011, communément adoptée 
(notamment par Mabille, Salies, Port, M. Pfistor, M. Lair) est à la fois 
matériellement impossible, à cause de la situation du Saint Sépulcre 
à cette date, et injustifiable. On a cependant essayé de l'établir en se fon- 
dant soit sur une charte du Livre noir de Saint-Maurice d'Angers, fol. 20 v^, 



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LES PÈLERINAGES DE FOULQUE NERRA 215 

rendit par mer: après une traversée mouvementée*, il aborda 
en Palestine et put gagner, non sans difficultés, à ce qu'il 
semble^, le tombeau du Sauveur. C'est au retour que, pour 
donner suite à un vœu fait pendant la tempête qui Pavait assailli 
à Tallée, il bâtit Tabbaje de Saint-Nicolas d'Angers ^, 
Quelques historiens ^ croient qu'il alla à Jérusalem une troi- 

•no 28, éditée dans ffi Gallia christiana, t. XIV, Instrum,, col. 557, 
d'après une mauvaise copie delà Bibl. nat.. Coll. Baluze, vol. 39, fol. 57, 
où Ton lit qu'en 1010 Tévêque Renaud partit pour la Terre Sainte « comi- 
lanle Fulcone vicecomile », soit sur une charte du Cartul. de Saint-Maur- 
sur-Loire, éd. Marchegay, Archives d'Anjou^ t. I, p. 356, n» 8 {Catalogue 
d'actes f Faux, n<» 5), où Ton voit Foulque Nerra passer à Saint-Maur, au 
moment de partir à Jérusalem, en compagnie de son fils Geoffroi MarteJ 
(né en octobre 1006) et de Téveque Renaud. Mais dans la première pièce 
il est question d'un vicomte et non du comte Foulque Nerra ; la leçon 
« Fulcone » donnée par la copie de Baluze est d'ailleurs une faute pour 
« Fulcoio » (voir la copie de la Coll. dom Housseau. vol II*, n*> 349, la 
seule faite directement sur le cartulaire), ce qui nous indique qu'il est ques- 
tion du vicomte d'Angers Foucois (voir ci-dessus p. 100) ; enfin la date de 
lOiOdoit y être corrigée en 1005 (voir ci-dessus, p. 114, n. 2). Quant à la 
seconde pièce, elle est impossible à dater, contient des éléments contra- 
dictoires et est certainement une pièce fabriquée après coup ou refaite 
(voir au Catalogue d'actes). Les preuves fournies sont donc illusoires. — La 
date de 1019-1020. proposée par M.» d'Arbois de Jubainville {Hist, des 
comtes de Champagne, t. I, p. 245) est doublement impossible : 1° parce 
que de 1017 à 1020, en tout cas, Adémar de Chabannes affirme qu'aucun 
pèlerin n'a pu aller à Jérusalem (Adémar de Chabannes, III, 54, éd. Chava- 
non, p. 178), ce qui — on peut le remarquer en passant — confirme la 
limite extrême de 1015 que la marche des hostilités entre Eude et Foulque 
nous a paru imposer ; 2® parce qu'il faudrait, si on l'admettait, supposer 
que l'abbaye de Saint-Nicolas a pu surgir de terre en quelques semaines. 

1. Voir le passage des Miracles de saint Nicolas cité à la n. précédente 
et cf. Hist, de Saint^Florent : « Quodam tempore Fulco comes secundo ab 
Jérusalem reversus... Tune quod in maris periculo voverat... » [Chron. 
des églises d'Anjou^ p. 275). 

2. Nous serions, en effet, assez porté à admettre (d'accord avec A. de 
Salies, op, cit., p. 370, n. 69) que les détails donnés (par confusion avec le 
premier pèlerinage) dans les Gesta consulum (ms. 6218, p. 46 ; Chron. des 
comtes d'Anjou, p. 102) sur les difficultés que Foulque éprouva d'abord 
pour entrer à Jérusalem, puis pour parvenir jusqu'au Saint Sépulcre, s'y 
rapportent : Hakem avait commencé ses persécutions. 

3. Voir ci-dessus, p. 214, n. 3. 

4. A. de Salies, Port, Miss Kate Norgate, M. Lair, loc. cit. — Par contre, 
Mabille et M. Pfister rejettent ce pèlerinage. 



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216 LE COMTÉ d' ANJOU 

sième fois, en 1035, parce que le duc de Normandie Robert le 
Diable, mort à Nicée cette année-là, aurait été, suivant les 
Gesta consulum Andegavorum^ son compagnon de route pendant 
un de ses pèlerinages *. Mais, outre que les textes ne mentionnent 
jamais à Tactif de Foulque plus de trois pèlerinages ^, quelle 
confiance accorder ici aux Gesta^ quand on les voit, tout en 
fixant le voyage de Robert, comme il convient, à la septième 
année de son règne, placer sa rencontre avec Foulque avant la 
fondation de Beaulieu (1007)? 

Cependant, dira-t-on peut-être, les chroniques ne nous appren- 
nent-elles pas encore que Geoffroi Martel, en lutte avec son père 
depuis Tan 1033, se réconcilia avec lui une première fois en 1034 
ou 1035 ; que Foulque partit alors pour la Terre Sainte; que 
Geoffroi profita de cette absence pour mettre la main sur le 
comté; qu'au retour de son père, il refusa de s'en dessaisir: 
d'où une seconde lutte entre eux, plus acharnée encore que la 
première ? — Ce récit, malheureusement, ne repose que sur 
quelques lignes des Abbreviationes chronicorum de Raoul « de 
Diceto » ^, ouvrage ici, on le sait, sans aucune autorité. 

4. Ms. 6218, p. 45; Chron. des comtes d'Anjou, p. iOl. — Sur la mort de 
Robert de Normandie, voir Raoul Glaber, IV, 6, éd. Prou, p. 108, 

2. Raoul Glaber, IV, 9, éd. Prou, p. 113 : « Prelerea Fulco, Andegavo- 
rum cornes, de quo superius quedam retulimus, ter Iherosolimam jam per- 
rexerat veniensque Metensem urbem, ibidem obiit... » Gesta consulum 
Andeg,, 2® rédaction {Chron. des comtes d' Anjou , p. 117), copiant Raoul 
Glaber en le développant : « Bis jam Jerosolymis perrexerat ; tertio autem 
itinere in eundo peracto... veniensque Mettensem urbem... diem clausit 
extremum. » Le ms. que nous possédons de la chronique de Foulque le 
Réchin fait erreur en n'indiquant que deux pèlerinages ; mais nulle part 
dans les textes anciens, on ne trouve mention de quatre pèlerinages. 

3. Éd. Stubbs (Collect du Maître des Rôles), 1. 1, p. 164: t Intérim, duna 
esset in peregrinatione, Gaufridus Martellus, filius ejus, quem custodem 
comitatus reliquerat, adversus patrem insurgit » (c'est le passage 
imprimé par erreur p. 329 des Chron, des comtes d'Anjou). Raoul a de 
Diceto », qui a dû imaginer la chose en voulant interpréter les Gesta ^ 
et William de Malmesbury, Gesta regum, III, 231 (éd. Stubbs, p. 288), 
a été suivi par Salies, Port, M. Lair, et par M. de Grandmaison, dans 
les positions dé sa th^se sur Geoffroi Martel (Positions des thèses des élèves 



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LES PÈLERINAGES DE FOULQUE NERRA 217 

Foulque dut donc attendre jusqu'à la fin deTaii 1039, c'est-à- 
dire jusqu'à la cessation complète des hostilités avec son fils * ' 
pour partir une dernière fois revoir le Saint Sépulcre ^. 



de V École des Chartes, ann. i887), etc. — On a encore essayé (notamment 
Salies et Miss Kate Norgate) de tirer argument du n® 34 du Catalogue 
(facteSy parce qu'il est terminé ainsi (c'est Foulque Nerra qui parle) : « Res 
autem ecclesiae praescriptas a domno Beringario atque domno Reginaldo 
scribere jussi et priusquam ad Jérusalem ultima vice perrexissem manu 
mea corroboravi. « On a déclaré qu'il ne pouvait être question ici du pèle- 
rinage de 1040. Nous ne voyons vraiment pas pourquoi Foulque, âgé d'en- 
viron soixante-dix ans, n'aurait pas pu déclarer en 1040 que c'était bien 
le dernier pèlerinage à Jérusalem qu'il allait accomplir? D'ailleurs la 
charte en question est forcément postérieure à 1036 (voir notre Catalogue): 
tout ce qu'on peut donc faire, c'est la citer à l'appui du pèlerinage de 
1040. — Un argument qu'on n'a pas invoqué, mais qui, en apparence, 
présenterait quelque force, pourrait se tirer de la Chron. d'Adémar de 
Chabannes, III, 68 (éd. Chavanon, p. 194) : Guillaume Taillefer, y est-il dit 
étant allé en 1026-1027 en pèlerinage à Jérusalem, son exemple fut suivi 
par de nombreux personnages et notamment par « le comte Foulque ». 
Mais Adémar, étant mort en 1034 et ayant quitté la France en 1028 ou 
1029, n'a pu, si le chapitre en question est son œuvre, penser à un pèleri- 
nage effectué en 1035; si le chapitre n'est pas de lui (opinion de^M. Lair), 
l'auteur a pu viser le pèlerinage de 1040. 

1. Voir ci -dessus, p. 60, n. 4 — En plaçant le départ de Foulque à la 
fln de l'an 1039, il ne reste plus qu'un délai assez court pour le pèlerinage 
même ; mais neuf mois (1<=' oct. 1026-juin 1027) suffirent à Guillaume, 
comte d'Angoulême, pour aller et revenir d'Angoulême à Jérusalem (Adé- 
mar de Chabannes, III, 65, éd. Chavanon, p. 190-191) ; on peut donc 
admettre que sept ou huit mois suffirent à Foulque pour aller d'Angers à 
Jérusalem et de Jérusalem à Metz ; cela fixe son départ en novembre- 
décembre 1039. 

2. Ce dernier pèlerinage est attesté par tous les auteurs : Raoul Gla- 
ber, Foulque le Réchin, 2« réd. des Gesta, etc. : Raoul Glaber, IV, 
9 (éd. Prou, p. 113-114) s'exprime ainsi : « Preterea Fulco, Andegavo- 
rum comes, de quo superius quedam retulimus, ter Jherosolimam jam 
perrexerat, veniensque Metensem urbem ibidem obiit », ce qui, nous 
l'avons dit plus haut, p. 216, n. 2, est paraphrasé par les Gesta, 2« réd. : « Bis 
jam Jerosolymis perrexerat ; tertio autem itinere in eundo peracto... 
veniensque Mettensem urbem... diem clausit extremum. » Foulque le 
Réchin dit de même dans sa chronique {Chron. des comtes d'Anjou y 
p. 377) : i( Bis etiam Jérusalem adiit : in cujus secundo reditu, rébus 
humanis excessit, circa festivitatem sancti Johannis, anno ab incarnatione 
Domini MXL » (sur le nombre erroné de pèlerinages, voir plus haut, 



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218 LE COMTÉ D ANJOU 

Au retour, à Metz, il fut surpris par la mort (21 juin lOiO) ^ 

p. 216, n. 2). Voir de même encore une charte-notice du Car lui. de Cor- 
mery, éd. Bourassé, n» 2 : « Anno ab incarna tione Domini M^LIVo... 
florente quoque in principatu, tam in Andecava regionequam in Turonica, 
bellicosissimo comité Gauiîredo, Fulconis comitis filio, illius videlicet 
Fulconis qui obiit peregre dum reverterefur a Sepulcro Domini... » 
Chron. de Saint-Maixent (Chron. des églises d'Anjou, p. 393) : « MXL. 
Fulco cornes pergens in Jérusalem, in eadem via defunctus est, sicut dici- 
tur. » Voir enûn les Miracles de saint Nicolas ^ loc. cit. 
\. Voir ci -dessus, p. 10 et p. 426. 



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APPENDICE III ^ 

lES CHARTES DE FONDATION DE l'aBBAYE DE BEAULlEt PRÈS LOCHES ^J 



On possède quatre chartes relatives à la fondation de Tabbaye 
de Beaulieu près Loches, celle par laquelle Foulque Nerra dote 
le nouvel établissement *, une bulle du pape Jean XVIII ^ et 
deux bulles du pape Serge IV ^. Mais la manière dont toutes 
ces chartes nous sont parvenues n'est pas sans exciter la 
défiance : non seulement il n'en subsiste plus actuellement ni 
originaux, ni copies anciennes, mais il semble que cette situation 
remonte fort loin. En 1689, en effet, un des bénédictins envoyés 
par dom Michel Germain à Tabbaye de Beaulieu afin de recueil- 
lir des notes pour la préparation du Monasticon benedictinum^ 
un nommé Daniel Billouet, s'excuse de ne pouvoir envoyer de 
renseignements précis, parce qu'il est, croit-il, « presqu'impos- 
sible qu'on puisse rien avoir d'asseuré de l'antiquité du monas- 
tère, les anciens n'ayant jamais tenu registre de rien et le char- 
trier ayant esté autrefois entièrement bruslé » *. Et, en tête des 
copies des premières chartes de Beaulieu insérées dans le Monas- 

4. Catalogue (Pactes, n® 25 bis. 

2. Sainte-Marthe, Gallia christiana, t. IV, p. 151 (reproduit dans Migne, 
Patrol.y lat,, t. CXXXIX, col. 1491). Copie du xvii» siècle, soi-disant 
d après Torig., Coll. Baluze, vol. 38, fol. 66 ; du xviii« siècle, d'après la 
même source, Coll. dom Ilousseau, vol. XVIII, fol. 486 . 

3. Sainte-Marthe, Gallia christiana, t. I, p. 756, et t. IV, p. 150 
(Migne, PatroL laL, t. CXXXIX, col. 1525 et 1527); l'une des deux bulles, 
du 14 avril 1012, a été rééditée par M. J. Lair, Etudes critiques sur 
quelques textes des X* et Xl^ siècles ^ t. I, p. 65, d'après Sainte-Marthe et 
une double copie de la Coll. dom Ilousseau, vol. 11*^, n«» 357, et XVIII, fol. 488. 

4. Orig., Bibliothèque nationale, ms. lai. 12662, fol. 132. 



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220 LE COMTÉ d'aNJOU 

ticon, on a écrit en matière d'avertissement : « Ces copies n'ont 
point été faites sur des originaux* qui sont ou perdus ou égarés ^ » 

Ceci est confirmé par une requête non datée adressée, au xvi° 
siècle, semble-t-il, par les moines de Beaulieu pour obtenir 
l'expédition des vidimus de leurs privilèges insérés dans les 
registres de la Chambre des comptes de Paris ; cette requête ^ est 
ainsi libellée : « A nos seigneurs des comptes. Supplient humble- 
ment les religieux abbé et couvent de Beaulieu sous Loches, 
comme il soyt ainsy que lesd. suppliants ayent plusieurs privi- 
lèges qui leurs ont esté octroyez et confirmez par les rois et par 
vous vérifiez et entérinez, ce considéré et que lesd , suppliants ont 
adiré^ leurs originaux desd, privilèges^ il vous * plaise ordonner 
extrait leur estre fait et baillé de ce qui se trouvera d'iceux privi- 
lèges et confirmations registrez au greffe desd. comptes, et vous 
ferez bien. » ^ 

A considérer tous ces textes, il semblerait que, dès le xvi* 
siècle, il n'y eût plus, pour les débuts, dans les archives de Beau- 
lieu que des copies ; et nous savons, en effet, que Tabbaye a été 
brûlée à plusieurs reprises, pillée de fond en comble en 1412, et 
que la partie subsistante de ses archives ne remonte pas aujour- 
d'hui plus haut que le milieu du xv® siècle •^. 

Et cependant le moine Yve Gaigneron, écrivant en 1685 l'his- 
toire de l'abbaye, dit analyser la charte de fondation « e dicto 
fundationis actu in archivis raonasterii Bellilocensis asservato » ; 
il déclare avoir vu dans les archives de Beaulieu la bulle même 

i. Bibl. nat.,ms. lat. 12662, fol. 138. 

2. Nous n'en connaissons qu'une copie fort mauvaise du xvii* siècle, 
ibid., fol. 140. 

3. La copie porte « adiré », qu'il faut évidemment corriger en « adiré ». 

4. La copie porte « nous ». 

5. Pour tout ceci, voir Loizeau de Grandmaison, Inventaire sommaire des 
Archives départementales. Indre-et-Loire, série II, p. 6 ; Archambault, His- 
toire de Beaulieu, dans la Revue de l'Anjou, .t. XI et XII, 1874, et surtout 
t. XI, p. 74-75 ; Carré de Busserolle, Dictionnaire d'Indre-et-Loire, 
vo Beaulieu; Yve Gaigneron, Bibl. nat., ms. lat. 12662, fol. 105-127 (Hist. 
de l'abbaye écrite en 1685). 



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LES CHARTES DE FONDATION DE BEAULIEU 221 

de Serge IV : « Extat in thesauro Bellilocensi diploma Sergii 
quarti summi pontifîcis ^ » De même, le copiste de la Collec- 
tion dom Housseau dit transcrire la charte de Foulque Nerra « ex 
autographo » ^ et le privilège de Serge IV « sur l'original avec 
la bulle pendante en plomb et lacs de soie yerte » ^. 

La contradiction est flagrante. Mais si Ion examine les pièces 
soi-disant transcrites sur les originaux, on s'apercevra que Gai- 
gneron et le copiste de la Collection dom Housseau ont pris 
, pour tels ce qui n'était certainement que des copies ou des pièces 
refaites. On a déjà été frappé du fait pour une des bulles de 
Sei^e IV 4, mais, faute de connaître l'histoire des archives de 
Beaulieu, on ne se l'expliquait pas ; et voici qu'aujourd'hui, 
outre le texte de la charte de Foulque Nerra que des copistes 
des XVII* et xvm® siècles ont prétendu avoir transcrit d'après l'ori- 
ginal, nous en retrouvons un autre, à la fois trop différent et 
trop voisin du premier pour qu'un examen approfondi de cette 
charte et des bulles de Jean XVIII et Serge IV ne s'impose pas. 



II 

Il existe, en effet, de la charte de Foulque Nerra, un vidimus 
délivré par Charles V en 1367 ^ çt dont les registres du Par- 
lement de Paris, notamment, nous ont conservé la copie ; mais 
dans le texte qui y est donné de cette charte, il est simplement 
dit que Foulque Nerra concède aux moines la terre de Beaulieu 
avec toutes ses coutumes, un marché hebdomadaire, les droits 
de justjce et de vente dans des limites fixées et enfin des droits 
d'usage dans le bois de Boisoger. 

1. Ms. orig. de Gaigneron, Bibl. nat., ms lat. 12662, fol. 107 v^-lOS r». 

2. Coll. dom Housseau, vol 11^, n*» 337. 

3. /Z>iV/.,no357. 

4. Jules Lair, Études critiques sur quelques textes des X^ et XI^ siècleSy 
t. I, p. 65-71. 

5. Pièce justificative n" 5 (Catalogue d'actes, n® 25). 



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222 LE œMTÉ d'anjou 

Voilà des concessions bien minces si on les compare à celles 
que renferme le texte communément cité * ; car dans ce dernier 
on trouve encore Toctroi de la liberté à quiconque viendra 
habiter dans le bourg de l'abbaye ou épousera un habitant de 
ce bourg, le droit accordé aux moines de fabriquer sur leurs 
domaines la monnaie comtale de Loches, le don des droits d'étal 
et de tavemage dans le bourg et toute une série de nouvelles 
propriétés, où Tabbé ne devra lever la taille que lors de son 
élection ou lorsqu'il achètera une terre ou pour quelque autre 
raison importante ; enfin on y trouve \m tarif d'amendes appli- 
cable à ceux des habitants du bourg qui s'attaqueraient soit aux 
moines, soit à leurs gens. Mais précisément toutes ces clauses 
nouvelles sont autant d'anachronismes : il n'est presque pas un 
des droits qu'elles stipulent qui puisse se rencontrer dans un 
acte authentique de Foulque Nerra. 

Cependant la découverte que l'on a faite, par exemple, d'une 
monnaie frappée à Beaulieu n'est-elle pas la confirmation d'une 
de ces clauses tout au moins, celle qui concerne la monnaie de 
Loches ? — Si l'on avait trouvé une monnaie comtale frappée à 
Beaulieu au xi® siècle, la confirmation eût été, en effet, éclatante ; 
malheureusement, on est loin de compte. En 1874, .M. Archam- 
bault s'exprime ainsi à ce sujet : « Les pièces sortant de cette 
fabrication sont aujourd'hui très rares : elles portent d'un côté 
la forme du Saint-Sépulcre et la légende Lucas castrum 2. » Or, 
M. Archambault n'a en vue qu un denier signalé en 1869 par Le 
Cointre Dupont ^, et ce denier, publié dès 1867 par GarieH et 
reproduit récemment par M. Caron 5, ne porte pas — est-il 

1. Catalogue d'actes, n° 25 his. 

2. Revue de r Anjou , t. XI, p. 12. C'est en 1869, au Congrès archéolo- 
gique de Loches, que M. Archambault eut communication d'une reproduc- 
tion du denier de Loches ; il prit part à la discussion qui eut lieu alors à 
propos de ce denier: voir Congrès archéoL de France, XXX VI^ session ^ 
Loches, p. 45. 

3. Congrès archéoL de Loches, p. 44-45. 

4. Annuaire de la Société de numismatique, 1867, pi. X, n<* 27. 

5. Congrès international de numismatique de 1900, p. 294-295. 



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LES CHARTES DE FONDATION DE BEÂULIEU 22S 

besoin de le dire ? — d'image du Saint-Sépulcre ; pour touU 
légende : Locas Castro, Est-ce donc bien une monnaie frappée 
à Beaulieu ? — Oui, écrit en 1869 M. labbé Baranger : « Ici, or 
trouve Loches et non Beaidieu, mais nous ne sommes pas éloi- 
gné de croire que les comtes d'Anjou, ayant cédé à Fabbaye d( 
Beaulieu leur droit de battre monnaie pour la seigneurie d( 
Loches, auraient stipulé que cette monnaie serait frappée au type 
de Loches ^ » Mais, en réalité, on le voit, on ne possède aucune 
monnaie dont on puisse un instant prétendre qu'elle ait été frap 
pée à Beaulieu. Le dernier de Loches ne prouve même pas qu< 
les comtes d'Anjou du xi® siècle aient frappé monnaie d'um 
manière régulière à Loches, et surtout il est loin d'être certaii 
qu'il faille le dater de l'époque de Foulque Nerra ou de son suc- 
cesseur : sur ce dernier point, les affirmations de M. Caron lui 
même nous semblent un peu trop faiblement étayées ^, et noui 
ne serions même pas étonné si l'on venait à montrer que la con 
cession du droit de frapper la monnaie de Loches, soi-disan 
accordée à l'abbaye de Beaulieu par Foulque Nerra, constitue 
non seulement en fait, mais en droit, un anachronisme. 

On peut, en outre, remarquer que VOffîce de Beaulieu^ rédig 
au XV* siècle au plus tard (c'est-à-dire avant ou peu après L 
principal incendie des archives de l'abbaye) et où sont noté 
avec soin tous les traits authentiques ou légendaires relatifs 
la fondation de Beaulieu, ne fait nulle allusion à toutes ces con 
cessions si singulières contenues dans la version la plus connu 
de la charte de Foulque Nerra, mais se contente de dire : « Dedi 

i. Congrès archéoL de Loches^ p. 42-43. 

2. M. Caron rapproche ce denier d'une monnaie frappée à Tours : le 
deux monnaies étant analogues, il en conclut qu'elles émanent à peu prè 
du même comte, soit ( Loches n'ayant cessé depuis le x« siècle d'être poî 
session angevine) d'un comte d'Anjou. Ce comte serait Geoflfroi Marte 
qui, au xi^ siècle, posséda Tours un moment, dit M. Caron. Mais le 
comtes d'Anjou ont bel et bien possédé Tours d'une manière continue 
partir de 4044 : or le j>oids du denier de Loches, la forme des lettre 
qu'on y lit et de celles qu'on lit sur celui de Tours nous reporteraiei 
plutôt, à ce qu'il semble, vers la fin du m^ ou le début du zii* siècle. 



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224 LE COMTÉ D*ANJOU 

ergo Fulco cornes ad susteniacionem monachorum ibidem Deo 
serviencium vinearum, pratorum, silvarum, aquarum culta et 
incidta, servos et ancillas per diversa loca, ut carte apud eos 
conservata demonstrant^ » 

On peut enfin relever dans le texte communément cité de la 
charte de Foulque Nerra certaines manières de s'exprimer qui 
semblent dénoter une rédaction faite après coup. Par exemple, 
on y parle du bourg de Beaulieu comme si ce bourg existait 
déjà ^, au lieu que dans l'autre texte il n*est question que de la 
« terre », de la « villa » de Beaulieu. Et dans ces conditions, 
quand on voit que le premier de ces deux textes, le plus 
détaillé, mais rempli de détails choquants, n'est connu que par 
des copies qui se prétendent dérivées d'originaux, brûlés pour- 
tant, à ce qu'il semble, en 1412, on ne peut s'empêcher de con- 
clure que seul le second, connu par une copie antérieure à cet 
incendie, émane véritablement de Foulque Nerra. 



III 



La bulle attribuée au pape Jean XVIII se condamne par sa 
forme seule. Elle débute par une adresse ainsi conçue : « Joannes 
episcopus, servus servorum Dei, omnibus regibus, episcopis, 
ducibus, comitibus atque nobilibus populis Francorum praesen- 
tibus et futuris sanctae fidei in Christo pacem et apostolicam 
benedictionem. » Or il n'est pas besoin, croyons-nous, d'insister 
pour montrer tout ce que cette adresse a d'extraordinaire et 
d'impossible. 

La formule de notification n'est pas moins choquante : « Qua- 
propter notum sit vestrae sublimitati^ quia... » Ce « vestrae 

i. A. de Salies, Histoire de Foulques Nerra, Appendice, p. 527. Sur cet 
office, voir notre Préface. 

2. « Trado autem huic monasterio et omnibus habitatoribus in eo bur- 
gum totum et omnes costumas ejusdem burgi. » 



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LES CHARTES DE FONDATION DE BEAU LIEU 225 

sublimita ti » s'applique sans doute aux rois, comtes et ducs, 
mais jamais le pape n'a pu s'adresser de cette manière aux 
évêques. 

En ce qui touche le protocole final, nous devons remarquer 
qu'il fait totalement défaut (à part les formules d'anathème, sur 
lesquelles nous allons revenir) : ni date, ni souscription, ni signe 
de validation. Il est vrai que nous n'avons affaire qu'à des copies ; 
mais nos copistes ont prétendu avoir vu l'original. 

Mais venons-en au dispositif même de la bulle. Nous n'y trou- 
vons que des termes vagues, imprécis : le pape a l'air de traiter 
le monastère comme un monastère exempt, et cependant il ne 
dit pas que Foulque Nerra l'ait donné en alleu au Saint-Siège, 
ce qui constitue <( le premier acte de toute soumission d 'une- 
église à Rome, au x® siècle et dans la première moitié du 
XI® siècle » * ; il dit seulement que Foulque a demandé « privile- 
^um sanctae apostolicae auctoritatis », qu'il a mis sa fondation 
« sub tuitione et defensione sanctorum apostolorum Pétri et Pauli 
successorumque nostrorum hujus sanctae sedis pontificum... » 
Quel est le résultat de cette protection accordée par le pape au 
monastère de Beaulieu ? — La phrase qui vient immédiatement 
après semble indiquer que le monastère ne dépend plus désor- 
mais que du Saint-Siège : « ut nullius dominatio régis et prin- 
cipis seu archiepiscopi et episcopi aut cujuscumque dignitatis 
personae praefatum monasterium inquietare vel disturbare seu 
minuere audeat » ; mais tout de suite nous voyons que le pape 
ne vise ici que les domaines de l'abbaye, il ne parle que des 
M eaux, terres, vignes, revenus, esclaves, églises donnés, ou qui 
seront donnés aux moines ». Mais voici que le privilège recom- 
mence sur de nouveaux frais. Le pape va-t-il déclarer nettement 
que les moines sont exempts de l'ordinaire pour tout ce qui 
touche aux ordinations, que l'évêque diocésain n'aura plus le 



1. M. Prou, Examen de la charte de fondation de Saint-Léonard de 
Bellême, dans les Mélanges Paul Fabre (1902), p. 222. 

Halphen. — Le comté d'Anjou. 15 



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226 LE COMTÉ D ANJOU 

droit de visite, qu'il ne pourra interdire le culte divin dans 
l'église monastique ? — Non, rien de précis, mais des for- 
mules vagues, qui semblent viser un état de choses qui serait 
réglé déjà depuis longtemps : « neque pro aliquo jure necordi- 
natione quamcumque molestiam ab eisdem episcopis oogatur 
sustinere, ut sit quietus idem locus sub jure et defensione bea- 
torum apostolorum Pétri et Pauli et pontificum suae sedis hujus 
in perpetuum », et de même, qu'aucun évêque ou archevêque 
n*ose lancer de sentence d'excommunication contre le monastère, 
sous peine d'être excommunié lui-même « et locus iste absolu- 
tus ». 

En outre, ce n'est pas, en réalité, un, mais deux dispositifs 
complets que nous trouvons juxtaposés dans cette bulle, .cha- 
cun de ces dispositifs étant terminé lui-même par des clauses 
comminatoires : 1** Qu'aucun roi, prince, archevêque, évêque ni 
qui que ce soit n'ose mettre la main sur quelqu'un des biens 
temporels du monastère ; s'il ose le faire, qu'il soit excom- 
munié, etc.. 2® Qu'aucun évêque ou archevêque n'ose excom- 
munier le monastère, ou lui causer quelque ennui « pro ali- 
' quo jure nec ordinatione » ; s'il ose le faire, qu'il soit excom- 
munié, etc... Et remarquons que le premier de ces deux disposi- 
tifs (si étrangement juxtaposés, sans rien pour les souder l'im à 
l'autre) s'adresse en fait, non pas aux évêques et aux arche- 
vêques, mais 'au seigneurs temporels. Or rapprochons cette 
observation de celle que nous faisions à propos de la notification : 
cette notification, disions-nous, s'applique aux rois, aux comtes, 
aux seigneurs temporels, non aux évêques et aux archevêques. 
N'est-il pas, en présence de cette double constatation, permis de 
supposer un faussaire prenant deux modèles distincts de privi- 
lèges, l'un pour des rois et des grands seigneurs, l'autre pour 
des évêques et des archevêques et les fondant maladroitement ? 
11 agrémente le tout de formules de son cru (dans l'adresse, 
par exemple) et par des emprunts faits à droite et à gauche 
arrive à composer une bulle de Jean XVIIl. 



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LES CHAKTES DE FONDATION DE BEAULIEU 227 

Nous ne saurions d'ailleurs préciser davantage ni dire à quels 
textes au juste le faussaire a fait ces emprunts. Si nous le sup- 
posons, comme il y a tout lieu de le croire, après ce que nous 
nous avons dit sur le sort des archives de Beaulieu, postérieur 
au début du xv® siècle, on conçoit qu'il soit singulièrement 
malaisé de déterminer ses sources. 



IV 



La première bulle de Serge IV est consacrée au récit du juge- 
ment par lequel le pape, ayant réuni ses cardinaux, les juges 
et les seigneurs de Rome, convainquit Tarchevêque de Tours 
qu'il n'avait point le droit de réclamer la consécration de l'ab- 
baye de Beaulieu. Examinant cette bulle, dont les copistes des 
XVII® et xvin** siècles déclarent avoir eu sous les yeux Toriginal 
« avec la bulle pendante en plomb sur lacs de soie verte », 
M. Lair^, frappé des incorrections dont est parsemé le texte 
transmis par ces copistes, a déjà fait observer que c'est seule- 
ment un prétendu original qu'ils avaient dû transcrire. 

En fait, cette bulle est un faux grossier. Bien qu'il y soit ques- 
tion d'une affaire publique, intéressant au plus haut point l'Eglise 
entière, cette bulle est, en effet, rédigée dans la forme des actes 
privés italiens du xi® siècle : le protocole initial, le préambule, 
le dispositif, le protocole final, tout le prouve. Qu'on rapproche 
seulement, pour s'en convaincre, notre texte de centaines 
de textes semblables conservés dans le Registre de Farfa ^ et 
notamment de Tacte par lequel le pape Benoît VIII, agissant en 
tant que particulier, fait une donation au monastère de Farfa -^ 

1. Etudes critiques, loc. cil. 

2. Regesto di Farfa, éd. Giorgi et Balzani, t. III, n** 488 (p. 195), 
492 (p. 199), t. IV, n» 608 (p. 6), 628 (p. 24), 637 (p. 34), 638 (p. 36), 650 
;p. 47), 651 (p. 48), 656 (p. 53), 657 (p. 54), 658 (p. 56), etc., etc.. 

3. Ihid., t. IV, p. 37,iio 639 (JalTé-Wallenbach, Hegesln, n» 3998). 



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228 LE COMTÉ d'aNJOU 

Toutefois une grave réserve doit être faite : la bulle de plomb 
sur lacs de soie, au lieu d'une simple souscription manuelle, 
rintroduction de formules (qui se condamnent d'ailleurs d'elles- 
mêmes), telles que « omni ecclesiae populo notum esse volu- 
mus praecipueque successoribus nostris et cohabitatoribus ' sacri 
Lateranensis palatii » ^, dans la notification, ou « sigillo nostro 
sigillari jussimus », dans les clauses finales, tendent à trans- 
former notre acte privé en acte public. 

Ce n'est pas d'ailleurs la seule contradiction qu'on puisse 
relever dans la pièce : ici, comme dans le privilège de Jean XVlli, 
après une première série de clauses comminatoires, qui semble 
indiquer la fin de l'acte, l'exposé des faits reprend pendant 
quelques lignes pour se terminer de nouveau par des clauses 
comminatoires, qui, celles-là, sont peut-être plus particulière- 
ment propres à un acte public. 

Quant à la manière dont le débat est raconté, elle prouve 
chez le faussaire une inexpérience vraiment choquante : dans 
une bulle rédigée au nom du pape, l'archevêque de Tours est 
qualifié « venerabilis archiepiscopus » ; Foulque Nerra est, par 
une méthode inverse, tout simplement désigné par son nom : 
(( Fulco ». S'agit-il du comte d'Anjou ?Rien ne nous en avertit. 
Le monastère de Beaulieu n'est lui-même désigné que par allu- 
sion : « monasterium quem Fulco a noviter construxit ». La dis- 
cussion s'engage et se termine comme s'il s'agissait, non de la 
consécration d'une église, mais d'un champ ou d'un étang con- 
testé entre deux particuliers ; les plaidoyers sont d'une naïveté 
que rien n'égale : le défenseur du Saint-Siège émet notamment une 
théorie suivant laquelle un seigneur peut disposer d'une église 
qu'il a fondée sur ses domaines comme bon lui semble et 
est libre, par suite, de la faire consacrer par qui il veut : a Gujus 
est hereditas, ipsius est consecratio. » De plus, dans cette affaire 



1. Nous corrigeons dans celte phrase les grosses incorrections qui la 
rendent inintelligible. 



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LES CHARTES DE FONDATION DE BEAULIEU 229 

OÙ il n^est question que du droit de consécration, des laïques de 
toutes sortes sont appelés à donner leur avis. En un mot, cet 
exposé des faits ne soutient pas un instant Texamen. 

Faut-il ajouter que le faussaire n'a pas su éviter les anachro- 
nismes ? Il fait paraître, comme évêque de Porto, Benoît, alors 
qu'en 1012 ce siège était occupé par Jean ^ ; comme évêque de 
Selva Candida, Grégoire, alors qu'en 1012 ce siège était occupé 
par Benoît 2. Les noms cités dans la bulle sont, d'une manière 
générale, ceux de contemporains de Benoît VIII plutôt que de 
Sei^e IV, et il faut même signaler à cet égard, comme à 
quelques autres encore, des ressemblances, peut-être dignes de 
remarque, avec une notice rédigée en 101 5 pour le monastère 
de Fruttuaria^. 

Il y aurait bien des remarques encore à faire sur notre bulle; 
mais nous croyons en avoir dit plus qu'assez pour prouver son 
inauthenticité ; et, s'il est une chose qui puisse étonner, c'est que 
les critiques l'aient jusqu'ici acceptée comme bonne et l'aient 
citée à l'envi pour réfuter Raoul Glaber*. 



Quant à la seconde bulle de Serge IV, qui est simplement une 
sorte de lettre de créance pour le cardinal envoyé par le pape 
afin de consacrer l'église de Beaulieu, elle est d'une fausseté 
non moins manifeste. L'adresse est ainsi conçue : « Sergius epis- 
copus, servus servorum Dei, omnibus fidelibus sanctae Dei eccle- 
siae episcopis. » Il n'est pas besoin d'insister pour montrer qu'une 

i. Ughelli, Italia sacra, 2« éd., t. I, col. 115-120 : Benoît a été évêque 
de Porto sous Benoit VIII. 

2. Ibid., col. 93 : Grégoire a été évêque de Selva Candida sous 
Benoît VIII. 

3. Migne, Pair. laL, t. CXXXIX, col. 1588. Sur cette notice, voir une 
note de M. Sackur, Die Cluniacensery t. II, p. 14, n. 2. 

4. G. d^Espinay, Pfister, Sackur, etc., ouvr. cités ci-dessus, p. 83, n. 5. 



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] 



230 LE COMTÉ d'aNJOU 

semblable adresse est impossible; toutefois on pourrait, à la 
rigueur, supposer le mot « episcopis » interpolé ou voir là le 
résultat d'une mauvaise lecture. 

Mais la notification ne vaut pas mieux : « Notum esse volu- 
mus vobis quia quidam cornes nomine Fulco construxit quoddam 
monasterium in suo proprio alodo, quod sancto Petro, aposto- 
lorum principi, tradidit ac nostrae dominationi successorumque 
nostrorum in perpetuo jure submisit. » Ici, on le voit, Foulque 
Nerra n'est plus appelé familièrement « Fulco » tout court ; 
mais on ne dit pas pour cela : (( Foulque, comte d'Anjou». Non : 
c'est « un certain comte Foulque » ! Le monastère de Beaulieu 
n'est nommé ni i(5i, ni dans le reste de Tacte : c'est « quoddam 
monasterium ». 

Le pape, dans le dispositif, déclare qu'il envoie « un de ses 
évêques sufTragants » consacrer l'église ; mais il ne le nomme 
pas non plus. 

Après quoi, viennent des clauses finales que le faussaire a 
rédigées, dans son désir de leur donner plus de force, d'une 
manière qui ne laisse aucun doute sur son faux : que tous 
ceux, est censé dire Serge IV, qui causeront quelque dommage 
au monastère, que tous les évêques ou archevêques qui vou- 
dront l'excommunier « sint ex auctoritate Patris et Filii et Spi- 
ritus sancti et sancti Pétri, apostolorum principis, cui a Christo 
coUata est potestas ligandi atque solvendi, omniumque sancto- 
rum et ex nostra auctoritate omniumque episcoporum atque 
archiespiscoporum sanctae rom^nae ecclesiae excommunitati 
atque anathematizati sive maledicti. Locus vero ille et omnes 
hujus loci servientes necnon et adju tores ejus sive amici ei ex 
eadem auctoritate superius dicta sint absoluti et benedicti nul- 
lamque timeant unquam excommunicationcm atque maledictio- 
nem ab ullo episcopo neque archiepiscopo qui vivere possit super 
terram. » Vraiment, le faussaire a voulu trop forcer la note ; et il 
y a là encore (sans tenir compte de Tabsence de la date, des sous- 
criptions, etc., qui peuvent avoir été omises dans les copies) plus 
qu'il n'en faut pour condamner la pièce. 



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LES CHARTES DE FONDATION DE BEAULIEU 231 

En résumé, il n'y a aucun fond à faire, ni sur les biilles de 
Jean XVIII et de Serge IV, ni sur la charte de Foulque Nerra 
jusqu'ici uniquement citée par les historiens de Beaulieu. Les 
bulles sont des faux fabriqués à l'aide de textes étrangers à 
l'abbaye ; la charte mise sous le nom de Foulque est un rema- 
niement et une amplification d'une charte authentique que les 
moines de Beaulieu ont laissé tomber dans l'oubli et que les 
érudits modernes ont ignorée. 



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APPENDICE IV 

LA DATE DU MARIAGE DE LA COMTESSE BERTHE AVEC LE ROI ROBERT 

La date du mariage de la comtesse de Blois Berthe avec 
Robert le Pieux est importante à connaître pour établir la chro- 
nologie de la campagne de Foulque Nerra en Touraine après la 
mort d'Eude P^ MM. Pfister *, Lex 2 et Lot^ ont déjà montré, 
en s'appuyant sur le témoignage de Richer et de Gerbert, que 
cette date était comprise entre le 24 octobre 996 (mort de Hugue 
Capet) et mai-juin 997. Une charte de Tabbaye de Bourgueil 
permet encore de préciser : le mariage a eu lieu, non pas à la Sq 
de Tannée 996, mais au début de Tannée 997. 

Cette charte à laquelle nous faisons allusion a été publiée 
déjà par M. Lex ^, mais d'après une copie fort mauvaise où les 
dates avaient été remaniées. Gaignières, dans le ms. lat. 17127 
de la Bibliothèque nationale, en avait laissé une transcription 
faite sur Toriginal, où il avait donné les dates exactes ; mais 
M. Lex en avait systématiquement rejeté les leçons. L'original 
ayant été depuis lors retrouvé au British Muséum (Additio- 
nal charters, n® 11225^), il est loisible de s'assurer qu'il porte 
bien : « Notitia rei gestae qualiter anno incarnationis dominice 
DCCCCXCVll, accedens Deo amabilis Pictavorum comitissa 
Emma an te presentiam venerabilis comitisse Bertae... » et : 
« Data hec est auctoritas Blesis castro anno incarnationis domi- 
nice DCCCCXCVll, indictione VIllI, régnante Hugone piissimo 
rege anno VIII. » 

1. Robert le Pieux, p. 48-50. 

2. Note III de son ouvrage sur Eudes de Blois. 

3. Hugues Capet, p. 109. 

4. Op. cit., Pièce justif. n° 6. 

5. Fac-similé héliogr. clans le Recueil des fac-similés de VEcole des 
Chartes, n» 283. 



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LE MARIAGE DE BERTHE AVEC LE ROI ROBERT 233 

On ne manquera pas d'objecter que les données de cette date 
sont contradictoires, puisqu'en 997 Tindiction était 10 et non 9, 
que Hugue Capet est mort le 24 octobre 996 et que d'ailleurs 
la huitième année de son règne allait de juillet 994 à juil- 
let 995. — Sans doute ; mais à Bourgueil, comme ailleurs, on 
a fait à cette époque de fréquentes erreurs sur T-an de règne, 
et ce n'est même pas non plus le premier exemple qu'on puisse 
citer d'une date fixée d après Tan de règne d'un souverain 
décédé * ; enfin, quant à l'indiction, on sait combien c'est un 
élément chronologique souvent erroné. L'année de Tincamation 
doit donc être acceptée, et il en faut conclure que le mariage de 
Berthe est du début de l'an 997, puisque, lors des événements 
narrés dans la charte précédente, elle n'était pas encore reine. 



i. Voir notamment la charte de Saint-Martin de Tours arguée de faux 
par tous les critiques et indiquée par Mabillon, Ann, ord, sancti Bene- 
dicti (éd. de 1707), t. IV, p. 96. 



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APPENDICE V 

LE TOMBEAU DK FOL'LQlîK NERRA 

On montrait encore avant la Révolution, à Tabbaye de Beau- 
lieu, le tombeau de Foulque Nerra. En 1870, des fouilles furent 
entreprises à Teffet de retrouver les traces de ce monument sou- 
vent décrit et dessiné au cours des xvii*^ et xvm® siècles ^. On 
découvrit, au bout de peu de temps, les substructions d'une 
chapelle du xiv® siècle et, en continuant à creuser, on mit à 
jour un cercueil de pierre monolithe, en forme d'auge, plus 
large à une extrémité qu'à l'autre; par-dessus, un lourd couvercle 
de pierre plate, brisé en plusieurs morceaux et percé de 
trous ayant servi à explorer et vider le cercueil des objets pré- 
cieux qu'il pouvait contenir 2. Quoique violé, ce cercueil conte- 
nait encore un crâne humain, quelques ossements, deux mon- 
naies du XIV* siècle, l'une de Gui I®"" de Châtillon, comte de 
Blois (1307-1342), l'autre du roi Charles IV '^, et, entres autres 
ornements, une petite tête de moine en pierre peinte, pouvant 

1. Sur ces fouilles, voir Congrès archéol. de France^ XXXVI' session, 
Loches, et surtout A. de Salies, Hist. de Foulques Nerra, note 132. Dans ce 
dernier livre, on trouvera non seulement toutes les pièces officielles 
relatives aux fouilles, mais des dessins et des pholotypies du toml>eau et 
des objets qu'on y a retrouvés. M. de Salies indique aussi les principaux 
auteurs qui, aux xvii« et xviii® siècles, ont décrit ou dessiné ce tombeau. 
Voir, en outre, à laBibl. nat., ms. lai. 12662, 

2. M. de Salies relève deux trous : l'un, en forme d'entonnoir étroit, a 
peut-être été creusé par le violateur poui* se rendre compte de ce que le 
cercueil pouvait contenir ; l'autre, largement pratiqué au centre du cou- 
vercle, lui a servi à vider le cercueil des objets précieux que la première 
exploration lui avait révélés. Ce second trou a été rebouché à l'aide d'une 
grosse pierre. 

3. Voir à ce sujet les indications données par M. de Salies, rectifiant le 
procès-verbal officiel. 



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% 



LE TOMBEAU DE FOULQUE NERRÂ 235 

dater elle aussi du xiv® siècle ^ De ces indications, il semblait 
légitime de conclure qu'on était en présence d'un cercueil remon- 
tant peut-être au xi® siècle, mais remployé au xiv^ : Tattribution 
des ossements trouvés à Foulque Nerra devait paraître plus que 
douteuse. 

Cette attribution fut cependant formellement admise a priori 
par ceux qui présidèrent aux fouilles. M., de Salies, dans son 
Histoire de Foulques Nerra^ a tenté d'en établir rigoureusement 
le bien fondé ; mais les arguments qu il a fait valoir sont d'une 
extrême faiblesse. Ils se réduisent, en somme, à cette constata- 
tion : depuis 1530, date à laquelle fut gravée sur cuivre une 
épitaphe de Foulque Nerra dont on a conservé le texte 2, jus- 
qu'à la fin du xvui® siècle, un seul et même emplacement n'a 
cessé d'être considéré comme renfermant les restes du comte 
d'Anjou. Mais quant à prouver, soit qu'il n'y a pas eu lors des 
fouilles de 1870 possibilité d'erreur au sujet de l'emplacement 
choisi •^ soit qu'on n'a pas pu au xvi® siècle ignorer la violation 
et le remploi du cercueil primitif, M. de Salies n'en a rien fait. 
Au lieu de considérer la présence dans le cercueil de monnaies 
et d'ornements exclusivement du xiv^ siècle comme un indice de 
remploi à cette époque d'une tombe plus ancienne, il a admis 
comme évident que tous ces objets « auraient été mis dans la 
tombe pour dater l'invention des restes du comte d'Anjou, 
auquel un nouveau monument allait être élevé » après les dévas- 
tations des Anglais ^. Nous n'insisterons pas sur les commen- 
taires pleins d'inexactitudes '^ et de suppositions bizarres dont il 



■t 






1. Une reproduction phototypique en a été donnée par M. de Salies. 

2. Ce texte a été publié par M. de Salies, note 130 (Cf. Bibl. nat., ms. 
lat. 12662). 

3. Le cercueil n'a pas été retrouvé à l'endroit qu'indique Foulque le 
Réchin dans sa cnronique (« in capitulo »). 

4. A. de Salies, op. cit., p. 473. 

5. Il prétend voir des restes de colonnes du xi* siècle là où il faut voir 
des restes de colonnes de trois ou quatre siècles postérieurs. 



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236 LE COMTÉ d'aNJOU 

a entouré ses déductions ^ ; ce qui précède suffit à montrer avec 
quelle légèreté on s'est empressé de conclure tant en 1870 
que depuis cette date et à quel point il serait nécessaire que la 
question fût reprise de près par un archéologue compétent. 

1. Voir, par exemple, les réflexions qu'il fait au sujet des deux trous 
signalés ci-dessus, p. 234, n. 2. 



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CATALOGUE DES ACTES 

FOULQUE NERRA, GEOFFROI MARTEL, 
GEOFFROI LE BARBU ET FOULQUE LE RÉCIIIN 



OBSERVATIONS PRfiLIMLNAIHKS 

Les actes des comtes d*Anjou, de Foulque Nerra k Foulqui^ 
le Réchin, n^obéissent à aucune règle diplomatique Hi^^tciult* : 
comime ils ont presque tous été rédigés par les bénélictairt^» eux- 
mêmes*, c'est la diplomatique de chacune des égliH^^n et dei» 
abbayes du comté qu'il Caudrait faire si Ton voulait ind'uiuétr U*m 
principes qui ont présidé à leur comjKmilion. Nou» uouh c^mUtH' 
ierons donc d'établir rapidement deux points e^^nentieU : <* qiii^l 
est dans les formules de date le style chronoUigiqui; anumun^- 
ment suivi : 2* quels sont le» signes de validation quM Ut i^tmi^ 
faisait apposer aux actes délivré» en son norn ou c^fniirnU^n \r^r 
lui. 



I 

Les cba rt^^ a ïï'^*^\in*f^ ^/u t pr<r w| u^r \/p\ o*jrh 4jaU*^. '^*j %r it.*/A *; 
et au début du xu\ ^k\ d ipr^r^ l*' ^t;. ;«r iU'A^^Uit ^u 1*^ ;:^i;^^rf . 



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238 LE COMTÉ d'aNJOU 

soit plutôt en comptant Tannée à partir du 25 décembre pré- 
cédent. Seules, à notre connaissance, une charte de Saint- 
Florent de Saumur, du 30 décembre 1092 (datée 1093) », et 
une note qui paraît tirée d'un obituaire ou d'un martyrologe de 
Saint- Aubin d'Angers ^ attestent le second usage ; mais des 
chartes en nombre suffisant prouvent qu'on ne suivait d'ordi- 
naire en Anjou ni le style de Pâques, ni celui du 25 mars. 

Ainsi, une charte du monastère de Saint- Aubin d'Angers ^ est 
datée de Tan 1103, 23 mars, lundi saint, indications qui ne con- 
cordent qu'en l'an 1103; une autre'* est datée du 13 février 1087, 
an 5 de l'épiscopat de Geoffroi de Tours : or Geoffroi ayant été 
consacré le 8 mai 1082^, le 13 février 1087 tombe bien la cin- 
quième année de son épiscopat*». De même, une charte de l'église 
Saint-Maurice d'Angers ^ est datée du 17 janvier, an 1000, indic- 
tion 13, an 4 du règne de Robert le Pieux: tous ces éléments 
concordent bien pour l'année 1000. Nous avons déjà cité pour 
l'abbaye de Saint-Florent de Saumur un exemple prouvant l'em- 
ploi du style de la Nativité (25 décembre) ; en voici d'autres conr 
cordants: une charte du 1 1 mars 1067^ est dite donnée l'an 8 
du règne de Philippe P*" et l'an 12 de l'abbatiat de Sigon, ce qui 
la place entre le 30 octobre 1066 et le 22 marfe 1067 et concorde, 
par suite, avec le 11 mars 1067, style moderne. Une charte 
du cartulaire de la Roë ^ donnée lors du passage d'Urbain II à 



1. Catalogue, n° 265. 

2. « VIII kalendas januarii. Aiini Domini immutanlur » (Recueil d'ann. 
angev. et vendôm., Inlrod^, p. liv, noie). 

3. Catalogue j n*» 297. 

4. Ibid., n» 250. 

5. Ann. de Vendôme, p. 65 du Rec. d'ann. angevines et vendômoises. 

6. Dans toute une série de chartes de Saint-Aubin Tindiction ne con- 
corde que si l'année a été calculée, de môme, à dater du 25 décembre ou 
du !«■• janvier : voir les n^" 30, 8i, 108, 424, 425, 661, 669 du Cartul. de 
Sainl-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon. 

7. Catalogue, n° 17. 

8. Ibid,, no 182. 

9. Ibid., n» 275. 



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CATALOGUE d'aCTES 239 

Tours, en 1096, est datée du 12 février 1096. On constate Je même 
usage à l'abbaye de la Trinité de Vendôme, dont on sait la 
dépendance à Tégard des comtes d'Anjou : on peut citer, par 
exemple, des actes datés du mardi de carême, 27 février 1056 *, 
du lundi 19 janvier 1069 2, du lundi saint, 6 avril 1069 3, du 
jeudi de carême, 5 mars 107S \ du mardi 4 février 1080 ^, du 
premier lundi de carême, 2 mars 1080 ^, dont les synchronismes 
ne conviennent que si Tannée y a été comptée à partir du 
25 décembre ou du l®*" janvier. 

Toutefois on constate en Anjou même des dérogations à cet 
usage : ainsi une charte de Saint-Florent de Saumur ^ est datée 
du jeudi 21 janvier 1075, alors que la concordance du jeudi et du 
21 janvier ne s'est rencontrée qu'en 1076 ; une charte de Saint- 
Nicolas d'Angers ^ est datée du vendredi 3 février 1099, alors 
que le 3 février n'est tombé un vendredi qu'en Tan 1100. 

Enfin il faut remarquer que, sinon dans toute la Touraine, du 
moins à l'abbaye de Marmoutier, l'usage régulier était, semble- 
t-il, ainsi qu'on l'a déjà observé ^, celui du style de Pâques : 
c'est ce que prouve un acte daté du same'di avant les Rameaux, 
3 avril 1063 (1064, n. st.)'^, et un acte daté du dimanche 
14 janvier 1094 (1095, n. st.) ^K 



1. Cartul. delà Trin, de Vendôme, éd. MéUis, n*» 108. 

2. Ihid., n« 188. 

3. //)«/., no 216 ; Catalogue, n» 214. 

4. Cartul. Trin. de Vend., n°249. 

5. Ibid., no 290. 

6. Ibid., n» 299. 

7. Arch. de Maine-et-Loire, Sainl-Florenl, fonds de la mense commune, 
domaine à Saumur, orig. : « Acta sunt haec apud Salmurum anno ab 
incarnalione Domini millesimo LXX quinto, mense januario, feria quinta, 
die feslivilatis sancte Agnelis virginis... » (Cf. Giry, Manuel de diploma- 
tique, p. 11;'), n. 3). 

8. Catalogue, n^ 289. 

9. Bertrand de Broussillon, La maison deCraon, t. Il, p. 300. 

10. Catalogue, n° 173. 

11. Bertrand de Broussillon, loc.cit., p. 311, n^ 74. 



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240 LE COMTÉ d'aNJOU 



II 



Jusque vers 1060, il semble que les comtes d'Anjou se soient 
contentés, pour valider les chartes, d'y tracer ou d'y faire tracer 
une croix. En cette année 1060, s'il faut se fier à un texte que 
nous a transmis Ghifflet, Geoffroi Martel aurait, en même temps 
que l'évêque de Poitiers Isembert, fait apposer son sceau à une 
charte délivrée en faveur de l'abbaye de Tournus *. Peu à peu cet 
usage se répandit, et avec Foulque le Réchin les chartes scellées 
par le comte d'Anjou deviennent de plus en plus nombreuses ^. 

La seule empreinte de sceau du xi® siècle qui nous ait été con- 
servée a été décrite récemment et reproduite par M. de Man- 
teyer ^ : ce sceau est d'un type qui persistera jusqu'à la fin du 
XI® siècle ^. 

Quant au mode de scellement, ce fut originairement le placage : 
dans la charte de Tan 1060 à laquelle nous avons fait allusion ^, 
le sceau annoncé était un sceau plaqué ^ ; c'est d'un sceau plaqué 
que nous possédons encore aujourd'hui une empreinte sur un 

1. Catalogue^ n° 130 bis. 

2. Nous pouvons citer onze chartes de Foulque le Réchin qui ont été 
certainement scellées: ce sont les n^* 246, 247, 255, 256,260, 274, 281, 297, 
298, 301, 302 du Catalogue, 

3. G. de Manteyer, Le sceau-matrice du comte d'Anjou Foulques leJeune^ 
dans les Mém. de la Soc. des antiquaires de France, t. LX, 1901, p. 332 et 
suiv. M. de Manteyer a attribué ce sceau à Foulque Nerra, rééditant 
une erreur contre laquelle s'étaient déjà élevés MM. de Fleury (Le siège 
de Maillé et le sceau de Foulques le Réchin, dans le Bulletin monumental, 
t. XLII, 1876), Godard-Faultrier (//ircAi/aire du Musée Saint- Jean d'Angers, 
n» 219) et Célestin Port [Dictionn. de Maine-et-Loire, t. Il, p. 193, col. 2.) : 
par là s'est trouvé faussé tout ce que M. de Manteyer a dit de la sigillo- 
graphie angevine au xi* siècle. 

4. On en constate l'emploi en 1090, 1095 et, semble-t-il, en 1103 (Cata- 
logue, n''^2^&, 274, 298). 

5. Catalogue, n° 130 bis. 

6. GeofTroi Martel y dit, en efîet : « praesentcm char ta m impressione 
sigilli nostri solemniter roboravi. » 



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CATALOGUE D'ACTES 241 

acte des années 1068-1084 * ; c'étaient, de même, des sceaux 
plaqués qu'on pouvait voir autrefois à des actes des années 1085, 
1095, 10962 et peut-être aussi du 31 janvier 1090 3. 

Il semble néanmoius que peu à peu un nouveau mode de 
scellement se soit introduit, sans toutefois que Thabitude du 
placage ait disparu brusquement ^ : un acte de Tan 1091 aurait été 
déjà, s'il faut en croire unvidimus de l'an 1560, « scellé en queue 
simple de cire jaulne «^ ; une charte de Tan 1103 ^ porte encore 
aujourd'hui des restes de lacs de soie. Ces lacs de soie ne paraissent 
pas suspects. Par contre, nous ne croyons pas qu'on puisse 
tenir pour une trace authentique d'un sceau pendant de Foulque 
le Réchin une double queue de parchemin qu'on voit au bas 
d'une charte délivrée par ce comte en l'an 1070 ^ et qui est. rete- 
nue à l'acte par deux incisions parallèles, mais sans aucun repli. 

A plus forte raison, doit-on rejeter, comme des additions, de 
prétendus sceaux pendants de Foulque Nerra, Geoffroi Martel et 
Geoffroi le Barbu. Ce dernier doit tout de suite être mis hors de 
cause : le seid de ses actes soi-disant scellé d'un sceau pendant ^ 
est un faux du xiv* siècle. 

De Geoffroi Martel, on a cité deux actes scellés de sceaux 
pendants et — première particularité à noter — ils concernent l'un 
et l'autre l'abbaye de la Trinité de Vendôme. Le premier est de 
1040; un vidimus de Tan 1520 le dit scellé d'un sceau de cire 
blanche appendu sur « laz de cuyr blanc » ^. Le second est de 
1050 ; l'original en a été vu par Gaignières, qui le dit « scellé 

1. Catalogue, n» 246. 

2. Ibid,, no» 247, 274, 281. 

3. Ibid., no 255. 

4. On trouve des sceaux plaqués des comtes d'Anjou encore en plein 
xii" siècle : Arch. de Maine-et-Loire, H i214, n^ 2 (sceau de Tan 1117, 
aujourd'hui disparu). 

5. Catalogue, n° 260. 

6. Tbid., no 297. 

7. Ibid., no 215. 

8. Catalogue. Actes faux, n° 7. 

9. Catalogue, n^ 65 bis. 

Halphen. — Le comté d'Anjou. 16 



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242 LE COMTÉ d' ANJOU 

en cire blanche sur las de soye violette » et donne un dessin du 
sceau ^ Ni dans Fune ni dans 1 autre de ces deux pièces, le sceau 
n'était annoncé. En outre, la première est un faux qui ne résiste 
pas à Texamen ; la seconde est plus que suspecte et, en tout cas, 
il est à peu près certain que le sceau vu par Gaignières était un 
sceau de Geoffroi le Bel 2. 

Enfin pour Foulque Nerra, on ne peut citer qu'un sceau, 
appendu par des lacs de soie à une charte authentique, semble- 
t-il, de ce comte pour Tabbaye de Saint-Aubin d'Angers ^, Mais 
les caractères mêmes de ce sceau, non annoncé d'ailleurs dans 
l'acte, trahissent, semble-t-il, le xn** siècle : c'est là, croyons- 
nous, une addition bien postérieure à la rédaction de la charte 
et peut-être doit-on supposer que nous avons affaire à un sceau 
apposé après coup en guise de confirmation par un des succes- 
seurs de Foulque Nerra ^. 

1. Catalogue, n° 96. 

2. Comparer le dessin de Gaignières, reproduit par M. Tabbé Métais, 
Cartul. de la Trin, de Vendôme, t. I, p. 174-, au sceau de Geoffroi le Bel 
reproduit par MM. Bertrand de Broussillon et P. de Farcy, Sigillographie 
des seigneurs de Laval (Paris, 1888, in-80), p. 10. 

'3. Catalogue, n<> 39. 

4. On n'a pas, croyons-nous, signalé jusqu'ici de confirmations de ce 
genre : d'habitude, l'apposition du sceau est annoncée par une formule; mais 
rien n'empêche de supposer qu'on ait agi avec le sceau comme avec les 
croix et les simples souscriptions (Cf. Giry, Manuel de diplomatique 
p. 741). Ceci permettrait d'expliquer sans doute bien des cas embarrassants. 



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ABREVIATIONS 



Hisl, de Fr Recueil des hislor.desGauleset de la France, 

Cariai, blésois de Marmouiier. Marmouii^r, Cartulaire blésois^ publié par 

Tabbé Métais. 

Céarlul, danois de Marmoalier, Cartalaire de Marmoalier poar le Danois 

publié par Mabillc. 

Cariai, vendôm, de Marmoalier , Carlulaire de Marmoalier poar le Vendu- 

mois, publié par A. de Trémault. 

Cariai, da Ronceray Carlulaire de V abbaye du Ronceray d^ An- 
gers, public par Marchegay. 

Cariai, de Sainl-Aubin . Carlulaire de V abbaye de Sainl- Aubin d'An- 
gers, publié par Bertrand de Broussillon. 

Cartul. de Sainl-Laud Carlulaire du chapilre de Sainl-Laud d'' An- 
gers, publié par A. Planchenaull. 

Carlul. de Sainl-Maur Carlulaire de Sainl-Maur-sur-Loire, publié 

dans Marchegay, Archives d'A njou, 1. 1*', 
p. 353-412. 

Breviculum S. Nicolai Laurent Lepeleticr, Breviculum fundalio- 

nis el séries abbalum Sancti Nicolai 
Andegavensis, 

Epilorne S, Nicolai , Laurent Lcpelctier, De rerum scilu dignis- 

simarum a prima fundalione monasle- 
rii Sancli Nicolai Andegavensis ad hune 
usque diem epilome necnon el ejusdem 
monaslerii abbalum séries, 

CartuL Trin, de Vend Cartulaire de C abbaye de la Trinilé de 

Vendôme, publié par Tabbé Mêlais. 

Livre noir de Sainl-Florenl . . . . Livre noir de Sainl-Florenl de Saumur, 

Biblioth. de sir Phillipps à Cheltenham, 
ms. 70. 

Livre d'argent dé Sainl-Florent, Livre d'argent de Saint-Florent de Saumur, 

ms. des Archives de Maine-et-Loire. 

Livre blanc de Saint-Florent. . . Livre blanc de Saint-Florent de Saumur, 

ibid. 

Livre rouge de Saint-Florent, . Livre rouge de Saint-Florent de Saumur, 

ibid. 

Coll. dom Rousseau , Collection d'Anjou et de Touraine, mss. 

de la Bibliothèque nationale. 

Tous les manuscrits et toutes les collections manuscrites (Coll.) men- 
tionnés sans indication de provenance sont conservés à la Bibliothèque 
nationale. 



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CATALOGUE 



1. — 974, 6 mars. Angers. 

Adèle, comtesse d'Anjou, donne au monastère de Saint- Aubin 
d'Angers les domaines d'Hondainville, de TIle-du-Mont et de la 
Pèlerine. Le comte Geoffroi (Grisegonelle) et ses deux fils 
Foulque (Nerra) et Geoffroi souscrivent. 

CartuL de Sainl-Aubiriy n» 3. 

2. — 975. 

Hugue Capet restitue le monastère de Saint-Jean d'Orléans à 
Téglise d'Orléans. Foulque (Nerra) souscrit. 
Hi$t.deFr,,i. IX, p. 733. 

3. — 978, janvier. Bessé. 

Donation au monastère de Saint-Julien de Tours par le comte 
d'Anjou Geoffroi (Grisegonelle) d'une aunaie et d'un moulin 
situés dans la paroisse de Saint-Pierre de Cersolis^ proche la 
Choisille. Foulque (Nerra) souscrit. 

* Grandmaison, Chartes du X^ siècle provenant de Saint-Julien de TourSy 
dans la Bibl, de l École desCharteSy t. XLVII, 1885, p. 328, ii<» 26. 

4. _ 978-^r mai 985. 

Geoffroi (Grisegonelle), comte d'Anjou, en vertu de l'autori- 
sation que lui avait accordée le roi Lothaire, construit l'église 
Notre-Dame de Loches. Ses deux fils Foulque (Nerra) et Maurice 
souscrivent. 

Copie du xviii« s. « ex antiquis mss. », dans la Coll. dom Housseau, 
vol. Ij n* 186 ; copie du xvii® s., par A. Du Chesne, probablement diaprés la 
même source, Coll. Baluze, vol. 38, fol. 69. — Éd. : Sainte-Marthe, Gallia 
christianay t. I, p. 753, probablement d'après la même source; Carré de 



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CATALOGUE d' ACTES 245 

BusseroUe» Dictionn. d'Indre-et-Loire, t. IV, p. 86, probablement d'après 
le précédent. 

Postérieur à la naissance de Maurice, fils de Geoffroi Grisegonelle, laquelle est 
de 978 au plus tôt (Mabille, Jntrod. aux Chron. des comtes d'Anjou, p. lxxi) ; anté- 
rieur à la mort, de l'archevêque de Tours Hardouin qui souscrit (Cf. Halphen 
et Lot, Recueil des actes de Lothaire et de Louis V, n*> LUI). 

5. — 985, 20 août. Angers. 

Donation d'une coUiberte au monastère de Marmoutier par le 
comte d'Anjou Geoffroi (Grisegonelle) et le comte de Vendôme 
Bouchard. Foulque (Nerra) souscrit. 

Livre des serfs de Marmoutier, éd. Salmon, n© 1. 

6. - 988. 

Notice relatant que Gontier, abbé de Saint-Aubin d'Angers, 
partant pour Rome et Jérusalem, a établi comme successeur 
Renaud, du consentement de Foulque (Nerra), qui souscrit. 

CartuL de Sainte Aubin, n® 23. 

7. — 989, octobre. Angers 

Foulque (Nerra), à la prière du moine Tbibaud, son parent, 
pour le salut de Tâme de son père Geoffroi, de sa mère Adèle, 
de son épouse Elisabeth et celui de son âme propre, et pour obte- 
nir de Dieu des fils capables de lui succéder, donne au monas- 
tère de Marmoutier son droit de pêche à Bessé pour tous les 
poissons, sauf les brochets. 

Gallia christiana, t. XIV, Instrumenta, col. 62, d'après le ms. lat. 5444, 
p. 391 (copie du xviii* s. de Forig.) ; Marchegay, Archives d'Anjou, t. II, 
p. 60, d'après le ms. lat. 12878, fol. 49 (copie du xvii* s. de Torig.). 

8. — 993, mars. 

Foulque (Nerra), pour expier les massacres de la bataille de 
Conquereuil, exempte de tout droit de réquisition le cloître de 



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246 LE COMTÉ d' ANJOU 

Notre-Dame et Saint-Maurille, appartenant à Saint-Maurice 
d'Angers. 

Copie du XVIII* s., d'après le Livre noir de Saint-Maurice d'Angers^ 
fol. 2&0, n® 27, Coll. dom Ilousseau, vol. 11^, n® 333 ; copie du xvii* s., par 
A. Du Chesne, d'après « un registre de papiers », Coll. Baluze, vol. 39, 
fol. 57 v». 

Les copies donnent la date de 1003, an 7 du rëf^ne des rois Hugue et Robert: 
M. Lot, Hugues Capety p. 168, n. 6, a montré qu'il fallait corriger 1003 en 993. 

9. — 993 env. 

Aimeri, « comte de Nantes », exempte un bateau du monas- 
tère de Bourgueil des droits qu'il percevait sur la Loire. Il fait 
souscrire Tacte par son suzerain Foulque (Nerra). 

Copie du XVIII* s. d'après Torig., ms. lat. 17127, p. 156; copie du xviii*' s. 
d'après le Cartul, de Bourgueil, fol. 32 v°. Coll. dom Housseau, vol. II\ 
n» 323, et partiellement par A. Du Chesne, Coll. Baluze, vol. 38, fol. 471 
v®. — Éd. : Dom Morice, Mémoires pour servir de preuves à rhist, de 
Bretagne, t. I, col. 352, d'après le cartulaire. 

Pour la date, cf. Merlet, Chronique de Nantes, p. 133, n. 1. 

10. — 996. 

Notice racontant comment Foulque (Nerra), ayant pénétré à 
main armée dans le cloître de Saint-Martin de Tours et fait 
détruire la maison d'un des chanoines, vint faire pénitence en 
Téglise Saint-Martin. 

Pièce Justificative n^ 3. 

Pour la date, voir ci-dessus, p. 30, note. 

11. — 987-996. 

Aimeri et son frère, le clerc Renoul, donnent au monastère 
de Saint-Cyprien de Poitiers des serfs et des terres à Mazaud, 
près Loudun, et à Bribcham, Le comte Foulque (Nerra) souscrit. 

Cartul, de Saint-Cyprien de Poitiers, éd. Rédet, dans les Arch, histo- 
riques du Poitou, t. III, p. 80. 



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CATALOGUE d' ACTES 247 

12. — 999, 12 août. Baugé 

Renaud donné aiî monastère de Bourgueil le domaine 
Téglise Notre-Dame « de Rabdina », ainsi que le domaine < 
« la Cigogne ». Foulque (Nerra) souscrit. 

Orig. fragment., Archives d'Indrc-el-Loire, H 24, n° 42 ; copie du xviii* 
d*un autre morceau de Torig., alors dans les archives du prieuré de Be^ 
Heu d*Angoulême, Coll. More^u, vol. 16, fol. 175 ; copies du xviii* 
d'après le Cartiil, de Bourgueil, fol. 80-81, Coll. dom Ilousseau, vol. 
n« 282, et ms. lat. 17127, p. 158. 

13. — 988-3 sept. 999. 

Foulque (Nerra) échange avec les moines de Saint-Aub 
d'Angers le domaine et Téglise de Bazouges contre le domaii 
d*Hondainville, tout en se réservant la moitié du domaine < 
Bazouges sa vie durant. 

Cartul. de Saint-Aubin, n® 677. 

Au temps de Tabbé Renaud, mort avant le 3 sept. 999 (voir n<* 16). 

14. — 996-3 sept. 999. 

Foulque (Nerra) nomme Gérard abbé de Saint- Aubin d'Anger 
Cartul, de Saint^Aubifiy n« 24. 

Antérieurà Tavènement de Hubert (3 sept. 999) et postérieur à la mort de Tabl 
Renaud, qui vivait encore en 996 {Cartul. de Saint-Aubirij n" 37). 

15. — 996-3 sept. 999. 

Frédéric, à la prière de Tabbé Gérard et du consentement d 
comte Foulque (Nerra), donne au monastère de Saint-Aubi 
d'Angers, sous condition d'un cens annuel de cinq sous, ui 
famille de colliberts, une terre et une pêcherie, qu'il tena 
dudit comte. Celui-ci souscrit. 

CartuL de Saint- Aubin, n® 395. 
Pour la date, voir n" 14. 



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248 Le comté d'anjou 

16. — 999, 3 sept. 

Foulque (Nerra) nomme Hubert abbé de Saint-Aubin d'An- 
gers, 

CarluL de Saint- Aubin, n® 25. 

L*acte est daté de l'an 9 du roi Robert, ce qui, pour le mois de septembre 
s*il faut compter rigoureusement, corresponde Tannée 999. 

17. — 1000, 17 janvier. Angers. 

Foulque (Nerra), à la prière de Tévêque d'Angers Renaud, 
fait remise à Saint-Maurice et Saint-Maurille d'Angers de la 
moitié du tonlieu perçu sur le pont de la Maine à Angers et 
renonce aux mauvaises coutumes établies par ses agents depuis 
la mort de Geoffroi (Grisegonelle) sur les terres de ladite église. 

Copie du XVIII* s. d'après le Livre noir de Sainl-Maurice d'Angers^ 
fol. 17, no 22, Coll. dom Ilousseau, vol II*, n<* 319 ; copie du xvii* s., par 
A. Du Ghesne, d'après « un registre de papiers », Coll. Baluze, vol. 39, 
fol. 44. 

18. — Oct. 999-oct. 1000. 

Foulque (Nerra) confirme la fondation de la collégiale de 
Graçay. 

Mention dans Raynal, Histoire du \Berry, t. I, p. 424, d'après un cartu- 
laire de Graçay aujourd'hui perdu. 

An 4 du règne du roi Robert, qui souscrit. 

19. — 1001, l^-^août. 

Notice relatant un procès entre Gautier, vassal de Foulque 
(Nerra), et le monastère de Bourgueil . au sujet des exactions 
commises par ledit Gautier. Foulque (Nerra) souscrit. 

Copie du xviii* s. d'après le Carful. de Bourgueil, fol. 130 v®, Coll. dom 
Housseau, vol. IV, n" 326. 



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CATALOGUE d' ACTES 249 

20. — 24 oct. 1002-2 sept. 1003. Angers. 

Renaud, évêque d'Angers, à la prière de Hubert, abbé du 
monastère de Saint-Aubin d'Angers et des moines dudit lieu, 
procède à la dédicace de l'église Saint-Aubin des Ponts-de-Cé. 
Foulque (Nerra), qui allait partir à Jérusalem, souscrit, ainsi 
que son frère le comte Maurice. 

Cartul.de Saint-Aubin^ n» i30. 

L*acte est daté de Tan 7 du roi Robert, an 30 de l'épiscopat de Renaud, an 3 de 
Tabbatiat de Hubert : Tan 7 du roi Robert va du 24 octobre 1002 au 23 octobre 
1003 ; Tan 30 de l*épiscopat de Renaud, successeur immédiat de Néflngue (mort le 
12 sept. 973, suivant VObituaire de Saint-Maurice ^ copié dans la Coll. Baluze, 
vol. 39,fol. 32, et les Ann. de Vendôme, p. 58 du Recueil d'ann.angev. et vendôm.), 
va du 12 sept. 1002 au 11 sept. 1003 ; Tan 3 de Hubert, nommé le 3 sept. 999 (ci- 
dessus, n"* 16), va du 3 sept. 1002 au 2 sept. 1003. 

21. — 1004, 27 décembre. Monastère de Maillezais. 

Guillaume V, duc d'Aquitaine, fait don au monastère de Bour- 
gueil de Brétigi^oUe, Faymoreau et d'une terre sise près de la 
Vendée. Foulque (Nerra) souscrit. 

Orig. à la Biblioth. de Reims, Collection Tarbé, carton 1, n»15. — Éd. : 
Besly, Hist, des comtes de PoictoUy p. 353, d'après le cartul. de Bourgueil. 

22. — 24 octobre 996-12 juin 1005. 

L'évêque d'Angers Renaud notifie que, certains biens, qu'il 
avait hérités de son père et donnés à l'église Saint-Maurice 
d'Angers, ayant été revendiqués par Foulque (Nerra) et son 
frère Maurice, sous prétexte qu'ils avaient été cédés à Geoffroi 
(Grisegonelle) comme condition de sa nomination à Tépiscopat, 
il a voué un de ses serfs au jugement de Dieu et que l'épreuve 
a tourné à son avantage. 

Pièce justificative n° 4, 

Antérieur à la mort de l'évêque Renaud (12 juin 1005 : voir ci-dessus, p. 114), 
ce procès est de 996 au plus Uit, parce que la donation à Saint-Maurice faite par 



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250 LE COMTÉ d'aNJOU 

ledit évêque est contemporaine de celle de Saint-Remy-en-Mauges à Saint-Ser^i^e 
d'Angers (voir charte de Saint-Serge, dans la Coll. dom Housseau, vol II*, n* 582) 
et que celte dernière donation est postérieure à la mort de Hugue Capet (voir le 
diplôme confîrmatif du roi Robert dans les HUt. de Fr., t. X, p. 583}, laquelle eut 
lieu le 24 octobre 996. 

23. — 1003, juillet. La Chartre. 

Renaud, évêque de Paris (et comte de Vendôme), fait remise 
au monastère de Saint-Julien de Tours des coutumes qu'il possé- 
dait à Vaubuan et Beaumont. Foulque (Nerra) souscrit. 

Orig., Arch. d'Indre-et-Loire, H 479, n* 3. — Éd. : Dom Piolin, Hisl, de 
Véglise du Mans, t. III, p. 643. 

Acte fort suspect ; le comte de Vendôme Bouchard le Vénérable, donné ici 
comme décédé, vivait encore le 1*' mai 1006, date à laquelle il délivrait aux moines 
de Saint-Maur-des-Fossés un acte dont on a Toriginal (Tardif, Carton des 
rois, n» 247). 

24. — 999 env.-1005. 

Donation de diverses terres et coutumes au monastère de 
Bourgueil par Guillaume, duc d'Aquitaine. Foulque (Nerra) 
souscrit. 

- Copies du xytii' s. : d'après Torig., ms. lat. 17127, p. 135 ; d'après le 
Cartul, de Bourgueil, Coll. Baluze, vol. 38, fol. 194. - 

Au temps d'Islon, évêque de Saintes depuis 999 env., et de l'abbé Joubert, mo *- 
en 1005. 

25. ~ 1006 ou 1007. 

Foulque (Nerra) dote le monastère qu'il vient de fonder à 
Beaulieu, près de Loches, 

Pièce justificative n« 5. 

Pour la date, voir ci-dessus, p. 85. 

25 bis. — 1006 ou 1007. 

Autre forme de la charte précédente, avec addition de nom- 
breux biens et de nombreuses prérogatives. 



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CATALOGUE d' ACTES 231 

Copies prétendument faites d'après Torig. : du. xvii* s., Coll. Baluze, 
vol. 38, fol. 72 ; ms. lat. 12662, fol. 133 ; ms. lat. 17128, p. 117 ; du xviii* s., 
Coll. dom Housseau, vol IV, n» 337, et vol. XVIII, fol. 479. — Éd. : Sainte- 
Marthe, Gallia christiana, t. IV, p. 149; Gallia chrisliana, t. XIV, Inslr., 
col. 64, d'après Sainte-Marthe. 

Acte faux, fabriqué à l'aide du précédent : voir p. 221-224. 



26. — 21 juillet 987-8 août 1011. 

Foulque (Nerra), à la prière de Robert, abbé du monastère de 
Saint-Florent de Saumur, oblige ses hommes à renoncer à 
toutes les violences et exactions auxquelles ils soumettaient les 
possessions dudit monastère et leur fait promettre de les res- 
pecter à l'avenir, quelles que soient les circonstances. 

Copie contemporaine, Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Saint-Florent ; 
Livre noir de Saint-Florent^ fol. 26 v^. 

Postérieur à la mort de Geoffroi Grisegonclle,antérieur à celle de Tabbé Robert, 
laquelle est du 8 août lOlt (Ann. de Saint-Florent ^ p. 117 du Recueil d'ann. angev. 
et vendôm.). 

27. — 990-8 août 1011. 

Foulque (Nerra), ouï la plainte de Robert, abbé du monastère 
de Saint-Florent de Saumur, met un terme aux exactions com- 
mises sur un domaine de ce monastère, situé à Saint-Georges- 
Châtelaison, par un de ses vassaux nommé Aubri, qui en était 
Tavoué, l'obligeant à se restreindre aux coutumes que Renaud 
(le Thuringien), précédemment chargé de ladite avouerie, y 
avait possédées. 

Pièce justificative n° 2. 

En 990, au moment des premières hostilités entre Eude I*" de Blois et Foulque 
Nerra, Renaud le Thuringien était encore avoue de Saint-Georges-Châtelaison 
[Pièce justificative n<* 1). La pièce est donc de 990 au plus tôt et, comme la pré- 
cédente, antérieure au 8 août 1011. Le vassal Âubri, dont il est ici question, fut 
plus tard seigneur deMontjean (voir ci-dessous, n** 66). 



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252 LE COMTÉ d' ANJOU 

28. — 8 août 10H-8 avril 1013. 

Notice relatant qu'un serf du monastère de Saint-Florent de 
Saumur, nommé Landri, ayant épousé une serve de Foulque 
(Nerra), celui-ci a exigé de Tabbé Aubert le partage des enfants 
issus de cette union et qu'en conséquence quatre enfants ont 
été attribués à chacune des parties, un neuvième restant 
indivis. 

Pièce Juslificaiive n^ 6. 

Postérieur à la mort de Tabbé Robert, qui est du 8 août 1011 (voir n» 26), et anté- 
rieur à celle de Tabbé Aubert, qui est du 8 avril 1013 {Ann. de Saini-Florenl^ 
p. 117 du Recueil d'&nn, angev. et vendôm.). 

29. — 1017, 9 juin. Compiègne. 

Foulque (Nerra), présent au couronnement de Hugue, fils de 
Robert le Pieux, souscrit un diplôme de ce dernier en faveur de 
Notre-Dame de Noyon. 

HUt.deFr., t. X, p. 599. 

30. — 1020, l^' décembre. 

Foulque (Nerra), Hildegarde, son épouse, et Geoffroi (Martel), 
leur fils, fondent le monastère de Saint-Nicolas d'Angers et le 
dotent de la terre d'Adésière, acquise de Gui, trésorier de Saint- 
Maurice d'Angers, d'une autre terre sise au delà du Brionneau, 
de douze arpents de prés à AUoyau, sur la Maine, d'une terre 
sise à Villenière et de onze arpents de vignes à Saint-Pierre. 

Copie du XVIII* s., Coll. dom Housseau, vol. 11^, n» 765, d'après le C&r^ 
tulaire de Sain t-Nico las. — Éd. : Breviculum S. Nicolai, p. 7, et Epiiome S. 
Nicolai, p. 7, d'après le Cartulaire. 

Date donnée par les annales de la région (p. 59, 106, 118 du i2ecoei7 d*ann. 
angev. et vendôm,). 

31. — 14 octobre 1006-13 octobre 1021. 
Foulque (Nerra) autorise' Gérard, abbé de Saint-Jouin-de- 



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CATALOGUE d'aCTES 21 

Marnes, à construire une église à Vihiers, la dote en lui acco 
dant les droits de sépulture et toutes les offrandes dudit Vihier 
ainsi que le marché qui se tient aux calendes de juin et le pr 
duit des amendes pendant les trois jours qui précèdent 
suivent cette date. 

Copies du xviii® s. d'après un vidimus de l'orig. du 21 mai 1521, ms. h 
5449, p. 101 ; Biblioth. de Poitiers, Coll. Dom Fonteneau, vol. 13 ; Co 
Moreau, vol. 19, fol. 101. — Éd. : Loizeau de Grandmaison, CarluL 
Saint'Jouin, dans les Mémoires de la Soc. de statistique des Deux-Sèvr 
t. XVII, 1854, p. 20, d'après le ms. lat. 5449. 

Donné au temps où Geoffroi Martel, né le 14 cet. 1006, était encore puer, c'est 
dire, pensons-nous, avant qu'il eût quinze ans. 

32. — 1010-1021. 

Guillaume, duc d'Aquitaine, fonde à Vouvant une église qu 
donne au monastère Saint-Pierre de Maillezais. Foulque (Nen 
souscrit. 

Besly, Hist, des comtes de Poictou, p. 307. 

Postérieur à la fondation de Saint-Pierre de Maillezais, qui est de 1010 (C/iri 
de Saint-MsLixeni^ p. 387 des Chron. des églises d'Anjou) ; antérieur à la mort 
révêque de Poitiers Gilbert (qui souscrit), mort en 1021 au plus tard (Gai 
christ,, t. II, col. 1162^ 

33. - 25 déc. 1021-24 déc. 1022, 
ou 29 mars 1025-28 mars 1026. Vendôme. 

Foulque (Nerra) afifranchitun serf dépendant du monastère 
Marmoutier. 

Livre des serfs de Marmoutier^ éd. Salmon, n« 52. 

Daté de Tan 35 du règne du roi Robert : suivant qu^on compte les années 
règne à partir du 25 déc. 987, ou qu on les compte à partir du 29 mars 991, 
obtient une des deux dates indiquées. Si l'on comptait à partir du 24 oct. 996, 
obtiendrait la date de 1030-1031, mais Thistoire du Vendômois semble dev 
faire écarter cette date. 

34. — 24 oct. 1022-23 oct. 1023, puis 1039 (?) 
Foulque (Nerra) donne au monastère de Saint-Nicolas, fon 



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254 LE COMTÉ d' ANJOU 

par lui près d'Angers en Tan 1020 et à la tête duquel il a placé 
Tabbé Baudri, des vignes et des plantations au bord du Brion- 
neau, douze arpents de prés à AUoyau, la terre d'Adésière, un 
essart à Villenière, une vigne entre la Maine et le Brionneau, 
d'autres vignes au delà de la Maine, l'exemption du banvin en 
deçà du ruisseau de la Barre, la justice sur les hommes du monas- 
tère, l'exemption du service d'ost, sauf le cas de guerre [bellum)^ 
et l'exemption des réquisitions de chariots, bœufs et ânes. — Au 
moment de partir une dernière fois à Jérusalem (1039 ?), 
Foulque conCrme cette donation, en rappelant que peu de temps 
après qu'il l'eut faite, l'abbé Baudri s'enfuit furtivement pour 
regagner son ancien monastère de Marmoutier ; que Tabbé 
Albert envoya à sa place Renaud, qui, à son tour, sans 
attendre sa consécration, s'enfuit auprès de GeofTroi (Martel), 
attiré par la promesse de Tabbatiat de la Trinité de Vendôme ; 
qu'il chassa alors de Saint-Nicolas les moines de Marmoutier 
et demanda pour abbé à Gautier, abbé du monastère de Saint- 
Aubin d'Angers, Audouîn, prieur dudit monastère, lequel fut 
ordonné l'an MXXX[ VJIII (?), an [V]11I (?) du règne de Henri I«. 

Copie du XVIII*' s.,Coll.dom Housseau, vol. II*, n°417, d'après le Carlul, 
de Saint-Nicolas, — Éd. : Breviculum S. Nicolai, p. 5, et Epitome S, Nicolai, 
p. 5, d'après le Carlul,; Migne, Patrol, lat,^ l. CLV, col. 481, d'après le Bre- 
viculum, 

La donation est datée de Tan 27 du rèçne de Robert. Dans la seconde partie de 
l'acte, il faut corriger les dates probablement comme nous le faisons* Gautier 
n'ayant été abbé de Saint-Aubin que depuis 1036. 

35. — 1023-1024. 

Foulque (Nerra) renonce à toutes les mauvaises coutumes 
établies sur les biens de Saint-Martin de Tours, depuis la mort 
de son grand-père Foulque (le Bon), à Parce, Précigné, Noyant, 
Genneteil, Chenu, Saint-Epain, Ligueil, Gourçay et Monnaie, 
sans en excepter les coutumes inféodées à ses vassaux. 

Copies de Torig., du xvii« s., dans la Coll. Baluze, vol. 76, fol, 256 ; du 
xviii* s., dans la Coll. dom Housseau, vol. II <, n» 358, et vol. XIII *, n<»8723. 



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CATALOGUE d'aCTES , 255 

Souscrit par le trésorier Sulpice (1023-1031) et le doyen Ulger (1007-1024). Pour 
ce» dates, cf. Mabille, Pancarte noire de Saint-Martin de Tours ^ p. 32. — Dans 
la première copie de la Coll. dom Housseau, cette note : « Cet authogi»aphe est 
souscrit au lieu de sijçnature, d'une croix tracée, à ce qu'il paroit, fort pesament 
au pinceau de la main mal assurée de Foulques luy même, et je la croirois de son 
san^, si l'écriture de toute la pièce n'avoit un peu jauni ; la matière dont la croix 
est formée paroit d'un jaune beaucoup plus rougeatre. » 

36. — Début de 1025. 

Foulque (Nerra) écrit au roi Robert, au nom de son suzerain 
Guillaume d'Aquitaine, au sujet des négociations engagées pai; 
ce dernier avec les princes italiens. 

//«/. de Fr,, t. X, p. 500. 

Pour la date, cf. Pfîstcr, Robert le Pieux, p. 376. 

37. — 1026. 

Foulque (Nerra) autorise son vassal Sebrand à donner au 
monastère de Saint-Florent de Saumur l'église Saint-Hilaire de 
Montilliers et renonce à tous les droits qu'il possédait sur cette 
église. 

Copie de l'an 1644 d'après Torig^., Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Saint- 
Florent, Montilliers, vol. 1 ; Livre noir de Saint-Florent ^ fol. 76. — Éd. : 
Marchegay, Bibl. de V École des Chartes, t. XXXVI, 1875, p. 384, d'après 
la copie de l'an 1644. 

Date donnée par la notice relatant la donation de Sebrand (Marche|çay, ibid.» 
p. 385). 

38. — 14 oct. 1006-1027. 

Donation au monastère de Saint- Aubin d'Angers par Girois, 
fils de Josselin de Rennes, de Téglise de Ghartrené avec deux 
manses de terres, la voirie et toutes les coutumes. Foulque 
(Nerra) et son fils Geoffroi souscrivent. 

Car lui. de Saint-Aubin, n« 241. 

Postérieur à la naissance de Geoffroi Martel, laquelle eut' lieu le li oct. 1006 
(voir ci-dessus, p. 10), et antérieur à Tavènemcnt de labbé Primaud (1027 : voir 
n" 40), Tabbë Hubert étant nommé dans l'acte. 



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256 LE COMTÉ d'aNJOC 

39. — 1014-1027. 

Foulque (Nerra), à la prière de Hubert, abbé du monastère de 
Saint-Aubin d'Angers, renonce en faveur dudit monastère à 
toutes les coutumes qu'il possédait sur la moitié du domaine de 
Chirriacus (Saint-Remy-la-Varenne) et sur les terres de Sauge, 
Sauvigné et des Alleuds, réserve faite du service d'ost, et sur la 
terre de Champigné, sauf la moitié^des droits sur Thomicide, le 
vol et rincendie. 

Orig. scellé sur lacs de soie, Arch. de Maine-et-Loire, H, 170. Sceau rond 
de cire brune, très mutilé, représentant un cavalier, la lance en arrêt, 
tourné à droite ; légende fruste. — Éd. : Cartul. de Saint-Aubin^ n» 4. 

Postérieur au partage du domaine de Chirriacus entre Saint-Aubin et Saint- 
Lézin, partage qui eut lieu en 1014 {Cartul. de Saint-Aubin, n" 197) ; antérieur à 
l'avènement de Tabbé Primaud, qui succéda à Hubert en 1027 (ci-dessous, n" 40). 
Sur le sceau appendu à Torig., voir ci-dessus, p. 242. 

39 bis. — 1014-1027. 

Même acte, sauf mention de la totalité du domaine de Chirria- 
cus (au lieu de la moitié) et addition, parmi les terres dont 
Foulque abandonne les coutumes, des Ponts-de-Cé, de la Forêt 
et de Vaux. 

Prétendu orig., jadis scellé sur lacs de soie, Arch. de Maine-et-Loire, 
II 170. — Éd. : CartuL de Saint-Aubin, n^ 4 bis. 

Faux du xn* siècle. 

40. — 1027. 

Foulque (Nerra) nomme Primaud abbé de Saint-Aubin d'An- 
gers. 

Cartul. de Saint-Aubin, n« 26. 

Pour la date, voir les Ann. de Saint-Aubin, p. 3 du Recueil d'ann, angev, et 
vendômoises. 



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CATALOGUE d'aCTES 237 

41. — 1028, avant le 10 avril. Paris. 

Le roi Robert confirme la fondation du monastère 'de Cou- 
lombs en Beauce. Foulque (Nerra) souscrit. 

Hist. de Fr,, t. X, p. 617. 

Pour la date, voir Pfîster, Robert le Pieuxy Catalogue, n» 83. 

42. — 13 juin 1006-13 juillet 1028. 

Gui, trésorier de Saint-Maurice d'Angers, donne aux moines 
de Saint -Aubin d'Angers l'église et le domaine de Saint-Mar- 
tin de Vertou pour y fonder un prieuré. Foulque (Nerra) sous- 
crit, ainsi que Tévêque Hubert. 

Acte perdu, mentionné dans le Carlul. de Saint-Aubin, n^ 160. 

Postérieur à la consécration de Tévêque Hubert (13 juin 1006 : voir ci-dessus, 
p. 115), antérieur au 14 juillet 1028, parcequ'au n° 44 le trésorier de Saint-Mau- 
rice est Bouchard, et non plus Gui. 

43. — 13 juin 1006-13 juillet 1028. 

Foulque (Nerra) confirme (en faveur des moines nouvellement 
installés à Saint-Martin du Lion-d'Angers ?) l'abandon fait 
antérieurement aux chanoines dudit lieu de toutes les coutumes 
qu'il possédait sur cinq manses. 

Acte perdu, mentionné dans le Cartul, de Saint-Aubin, n° 161. 

Acte sensiblement .contemporain du précédent. 

44. - 1028, 14 juillet. 

Foulque (Nerra), Hildegarde, son épouse, et Geoffroi, leur fils, 
dotent le monastère qu'ils ont fondé à Notre-Dame-de-la-Cha- 
rité, près d'Angers (le Ronceray), le jour même où Tévêque 
Hubert procédait à la dédicace de la nouvelle église. 

CartuL du Ronceray, n° 1. 
Halphen. — Le comté d'Anjou. 17 



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258 LE COMTÉ D ANJOU 

45. — 1028, peu après le 14 juillet. 

Les religieuses de Notre-Dame-de-la-Charité notifient qu'elles 
ont élu pour abbesse Leuburgis^ du consentement de Foulque 
(Nerra), d'Hildegarde, son épouse, et de Geoffroi, leur fils, qui 
souscrivent. 

Ibid., n« 15. 

46. — 14 juiUet 1028-20 juillet 1029. 

Foulque (Nerra) confirme les donations faites par lui jusqu'à 
ce jour à Notre-Dame-de-la-Gharité. 

Ibid,, n° 2. 

Postérieur au n" 44 ; antérieur au n«» 47, parce qu'il n'y est pas question de 
Seiches. 

47. - 21 juillet 1028-20 juillet 1029. 

Foulque (Nerra) donne l'église de Seiches à Notre-Dame-de 
la-Charité. 

Ibid., n° 426. 

Cette donation eut lieu dans la quarante-deuxième année du principat de 
Foulque, suivant le n<> 197 du CartuL de Saint- Aubin. 

48. ^ Avant le 20 juillet 1029. 

Notice relatant que Foulque (Nerra) et la comtesse Hildegarde 
ont restauré Téglise Saint-Martin d'Angers, y ont installé treize 
chanoines et enfin que la comtesse s'est employée à doter la collé- 
giale et a concédé une prébende à Lambert, fils de Renaud de 
la Barre, à la condition qu'il léguerait ses biens à la maison. 

Copies du xviii« s., d'après une« copie ancienne », Coll. dom Housscau, 
vol. 11^, n» 407 et partiellement, vol. XUI», n» 8553. — Éd. : Chopin, 
Police sacrée, éd. de 1621, III, p. 350. 

Contemporain ou de peu antérieur à la donation de certaines redevances du 
domaine de Saini-Remy-la-Varenne, faite à Saint-Martin d'Angers (restauré antë- 



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CATALOGUE d'aCTES 259 

rieurementf par xxinséqueni) par Foulque Ncrra Tan 42 de son principal, suivant 
le n* 197 du Càrtul. de Saint- Aubin, 



49. —1019-20 juillet 1031. 

Notice relatant Térection en collégiale par Aubri, seigneur de 
Montjean, de Téglise Notre-Dame et Saint-Léger de Loudun, du 
consentement de Foult[ue (Nerra), qui souscrit. 

Chirographe orig., Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Saint-Florent, 
prieuré de N.-D. de Veniers. — Éd. : Marchegay, Chartes poitevines de 
Saint-Florent, dans les Arch. histor. du Poitou, t. II, <873, n° 7. 

Au temps de Tévèque de Poitiers Isembert (depuis 1019] et du roi Robert 
(mort le 30 juillet 1031). 

50. — 1027-décembre 1036. 

Notice de la remise faite par Aubri au monastère de Saint- 
Aubin d'Angers de douze deniers de cens. Foulque (Nerra) et 
son Gis Geoffroi (Martel) souscrivent. 

Cartul. de Saint-Aubin, n» Sr». 

Au temps de l'abbé Primaud, nommé en 1027 (voir n» 40) et remplacé en 
décembre 1036 par Gautier {Ann. de Saini-Aubin, p. 4 du Recueil d'ann. angev. 
et vendôm., et no27 du Cartul. de Saint- Aubin). 



51. — 1027.décembrel036. 

Notice relatant, à propos d'un procès entre Saint-Aubin 
d'Angers et les fils de Sicher de Marigné, comment une rixe 
ayant autrefois éclaté entre des hommes du monastère et des 
hommes de Foulque (Nerra) et cinq de ces derniers ayant péri 
dans la lutte, Foulque avait exigé de Tabbé Primaud qu'il accor- 
dât la jouissance viagère d'une terre (sise à Saint-Remy-la- 
Varenne) à Etienne le Sot. 

Cartul. de Saint- Aubin, n» 186. 

Au temps de Tabbé Primaud. Cf. n** 50. 



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260 LE COMTÉ d'aNJOU 

52. — 1023-15 novembre 1037. Veuves. 

Notice. Foulque (Nerra), à la demande du comte de Blois 
Eude, à une entrevue qu'il a avec lui à Veuves, déboute Tarche- 
vêque de Tours Arnoul des réclamations qu'il avait élevées sur 
les dîmes du bois de Blémars. 

GartuL blésois de Marmoutier, n« 89. 

Au temps de Farchevôque Arnoul (1023-1052) et du comte Eudc, mort le 15 nov. 
1037 (Lcx, Eudes de Blois, p. 238). 

53. — 1037 (?). Angers. 

Notice. Renaud Ivon, châtelain de Ghâteau-Gojitier, reçoit du 
monastère de Saint-Aubin d'Angers un quart du domaine de 
Bazouges, à charge d'hommage et de protection. Foulque (Nerra) 
et son fils Geoffroi « Martel » souscrivent. 

Car lui , de Saint-Aubin, n® 1. 

Acte suspect dans sa forme actuelle : la date de 1037 est impossible, car on 
trouve parmi les témoins Tevôque du Mans Avesj^aud, mort le 27 oct. 1036 hoin» 
de son diocèse (Dom Piolin, Ilisl. de V église du Mans, t. III, p. 118), et Josselin 
de Rennes, mort avant 1028 (voir ci-dessus, p. 163, n. 2) ; d'autre part, en 1037, 
Foulque Nerra était en guerre contre son fils. 

N 

54. - 13 juin 1006-1039. 

Notice relatant comment deux coUiberts de Saint-Maurice 
d'Angers, possesseurs de la maison qui servait de buanderie à 
Tévêque Hubert, l'ayant vendue avec l'assentiment de ce dernier, 
des officiers du comte Foulque crurent que cette vente suppri- 
mait les droits de l'évêque et, bien que cette buanderie fût libé- 
rée de toute coutume, y pénétrèrent et, éparpillant les vêtements 
du prélat destinés à la lessive, enlevèrent le panier qui les con- 
tenait, le requérant pour le service de paneterie du comte à l'oc- 
casion de Pâques, comment enfin, sur la plainte de l'évêque, le 



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CATALOGUE d' ACTES 261 

comte fît flageller le meneur, un nommé Michel, et le força à 
rapporter lui-même le panier à Tendroit d'où il Tavait enlevé. 

Copies du xvii'' s. d'après le Livre jioir de Saint-Maurice d^Angers^ 
fol. 54, no 80, Biblioth. d'Angers, ms. 706 (ancien 636), p. 7, et ms. 673, 
fol. 21. ~ Éd. : Marchegay, Bibl. deVÉcolc des Chartes, t. XXXVI, 4875, 
p. 387, d'après une des copies précédentes. 

Au temps de l'évêque Hubert, consacré le 13 juin 1006 (ci-dessus, p. 115) ; 
avant le dernier départ de Foulque pour Jérusalem en 1039, puisqu'il ne revint 
plus ensuite en Anjou (ci-dessus, p. 60, n. 4). 

55. — 1026-1039. 

Notice relatant comment Tavouerie des domaines du tnonas- 
tère de Saint-Aubin d'Angers à Ghampigny-le-Sec, enlevée à 
Renard par Foulque (Nerra) après la prise de Saumur et donnée 
par lui à Gautier Tison, fut abandonnée par ce dernier au monas- 
tère du consentement dudit Foulque (Nerra). 

Cartul, de Saint-Aubin, n^ 236. 

Postérieur à la prise de Saumur (ci-dessus, p. 41) ; en 1039 au plus tard (voir 
n« 54). 

56. — 1026-1039. 

Gilles, cellérier du monastère de Saint-Florent de Saumur; 
ayant été trouver Foulque (Nerra) et son fils Geoffroi pour récla- 
mer contre des coutumes illégalement établies sur le bourg 
dudit monastère par certains de leurs hommes, ceux-ci lui font 
rendre justice. 

Livre noir de Saint-Florent, fol, 140. 

Même date qu'au n« 55. 

57. — 1026-1039. Saumur. 

Notice relatant que Tabbé de Saint-Florent de Saumur Frédé- 
ric s'étant plaint à Foulque (Nerra) des revendications exercées 
par Aimeri de Saunay sur une serve du monastère nommée 



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262 LE COMTÉ D^ANJOU 

Ermengarde, le comte a ordonné le duel judiciaire, mais qu'Ai- 
meri, n'osant s'y soumettre, a déclaré se désister. 

Livre noir de Saint-Florent^ fol. 428-129. 
Même date qu'au n<> 55. 

58.— 14 juilletl 028-1039. 

Foulque (Nerra), d'accord avec Hildegarde, son épouse, et 
Geoffroi, son fils, donne à Notre-Dame-de-la Charité, près d'An- 
gers, les pêcheries et moulins du pont de pierre qu'il vient d'éta- 
blir sur la Maine à Angers, réserve faite de l'arche donnée à 
Saint-Martin d'Angers. 

Cartul, du Ronceray^ n» 4. 

Postérieur au n<* 44; en 1039, au plus tard, comme pour le n<> 55. 

59. — 14 juillet 1028-1039. 

Notice du don fait par Foulque (Nerra) et Hildegarde, son 
épouse, à Notre-Dame-de-la-Charité, près d'Angers, du droit de 
s'approvisionner de bois vif dans le bois de Chacé, moyennant 
deux miches de pain et une mesure de vin à donner chaque 
semaine au forestier du lieu. 

Ibid.^ no 7. 

Même date qu'au n* 58. 

60. — 14 juillet 1028-1039. 

Foulque (Nerra) donne aux religieuses de Notre-Dame-de-la- 
Charité la terre d'Orgigné. 

//)«/., n« 229. 

Même date qu'au n* 58. 

61. — 14 juillet 1028-1039. 

Notice. Foulque (Nerra) et la comtesse Hildegarde font remise 



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CATALOGUE d'aCTES 263 

à Taumônçrie de Notre-Dame-de-la-Charité des coutumes aux- 
quelles ils avaient droil sur les terres de ladite aumônerie sises 
aux environs d'Angers. 

Ibid,, no 19. 

Même date qu*au n<> 58. • 

62. — 14 juillet 1028-1039. 

Notice du don fait par les mêmes à ladite aumônerie, pour 
servir à la nourriture des pauvres, de jardins situés près de la 
Maine, en deçà de l'église Saint-Nicolas. 

Ibid., no 18. 

63. -20 juillet 1031-1039. Cormery. 

Gérard donne au monastère de Cormery la terre de Riva- 
rennes, en présence du roi Henri I*"". Foulque (Nerra) souscrit. 

Cartul, de Cormery^ éd. Bourassé, n*» 38. 

Postérieur à la mort de Robert le Pieux (20 juillet 1031), antérieur à 1040, 
comme les n*»» précédents. 

64. — 15 nov. 1037-1039. 

Notice de la remise faite aux religieuses de Notre-Dame-de-la- 
Charité d'Angers par Foulque (Nerra) et Hildegarde, son épouse, 
de toutes les coutumes qu'ils possédaient à la Cour-de-Pierre. 

Cartul. du Ronceray, n® 171. 

Postérieur à la mort d'Eude II de Blois, laquelle est du 15 nov. 1037 (Lex, 
Eudes de BloiXy p. 53), parce que c'est son successeur, Thibaud, qui donna la 
Cour-de-Pierre à Notre-Dame-de-la-Charité (Cariai, du Ronceray^ n* 170) ; anté- 
rieur à 1040, comme les n'* précédents. 

65. — 1040, 31 mai. Vendôme. 

Le comte Geoffroi (Martel) et son épouse Agnès, ayant fondé le 
monastère de la Trinité de Vendôme, le dotent de nombreuses 



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264 LE COMTÉ d' ANJOU 

églises et terres sises dans le Veûdômois, le Maine et la Sain- 
tonge. 

Cartul, (le la Trin, de Vend., n' 3^). 

63 bis, — lOtO, 31 mai. Vendôme. 

Même charte avec addition de plusieurs biens et notamment 
de biens sis en Anjou, en Touraine et en Poitou, addition de 
privilèges divers et des souscriptions du roi Henri I®*" et des papes 
Benoît IX et Clément II. 

Ibid., no 36. 

Charte fausse, autrefois scellée « sur lacs de cuyr » : voir Le Moyen Age, t. XIV, 
1901, p. 69-112, et t. XVII, 1904, p. 401-411. 

66. — 1040, après le 21 juin. Angers. 

Geoffroi (Martel), dans un plaid réuni à Angers, faisant droit 
aux réclamations de Tabbé de Saint-Florent de Saumur Frédé- 
ric, délimite les droits de l'avoué du monastère à Saint-Geoi^es- 
Châtelaison. 

Copie contemp., Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Saint-Florent ; Livre 
noir de Saint-Florent^ fol. 28 v°. 

Postérieur k la mort de Foulque Nerra (21 juin 1040) ; daté de 1040. 

67. — 1043. 

La comtesse Agnès donne à Saint-Florent de Saumur la terre 
de Fosses en Poitou. Ses deux fils, Guillaume, comte de Poitou, 
et Geofifroi souscrivent, ainsi que Geoffroi (Martel), comte d'An- 
jou, son mari. 

Orig., Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Saint-Florent ; Livre noir de 
Saint-Florent, fol. 41. — Éd. : Marchogay, C/iar^es poitevines de Saint-Flo- 
rent, dans les Arch, hislor, du Poitou, t. II, 1873, p. 8"», n^ 68, d*après 
Torig. 



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CATALOGUE d'aCTES 265 

68. — 1044, avant le 21 août. 

Geoffiroi (Martel), au moment où il assiège Tours, pour 
réparer les dommages qu'il a fait subir au monastère de Saint- 
Julien de Tours, fait remise audit monastère de ses droits sur 
la terre de Sablé. 

Copie du XVIII" s. d'après Torig., ms. lat. 5443, p. 36. 
Antérieur  la bataille de Nouy (voir ci-dessus, p. 48). 

69. — 21 juin 1040-24 août 1044. 

Notice de Texemption de péages et autres coutumes accor- 
dée par Geoffroi (Martel) aux moines de Marmoutier pour les 
marchandises destinées à leur usage et passant par TAnjou. 

Marchegay, Archives d'Anjou, t. II, p. 50. 

Postérieur à la mort de Foulque Nerra ; antérieur à la cession de Tours â Geof- 
froi Martel (24 août 1044 : voir p. 48), cette ville étant dite encore en possession 
de Thibaud de Blois. 

70. — 1042-1044. 

Geoffroi (Martel) consent à la donation de Téglise Saint- 
Hilaire-sur-Yerre faite à Marmoutier par Ganelon, trésorier de 
Saint-Martin de Tours. 

CarluL dun. de Marmoutier y n° 22. 

71. —1045. 

Geoffroi (Martel) confirme toutes les possessions et tous les 
droits du monastère de Notre-Dame-de-la-Charité d'Angers. 
Cartul. du Ronceray, n» 6. 

72. — 1040-1045, 1" octobre. N.-D.-de-la -Charité d'Angers. 

Geoffroi (Martel), sur le conseil de sa mère, Hildegarde, et de 
son épouse, Agnès, confirme les dons faits au monastère de 



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66 LE COMTÉ d'aNJOU 

[otre-Dame-de-la-Charité par son père, le comte Foulque, 
éeemment décédé, et y ajoute la jouissance de certains droits et 
ertaines franchises. 

Ibid., no 5. 

Postérieur à la mort de Foulque Nerra (21 juin 1040), antérieur à la mort d'Hil- 
îgarde (!•' avril 1046 : voir p. 11, n. 1). 

73.— 1041-1046, un 20 mars. 

Notice du don fait par Geoffroi (Martel) aux clercs de Tous- 
aint d'Angers, lors de la dédicace de leur église, le 20 mars, de 
3utes les coutumes des domaines d'AstelleniSy Landellis, Éplu- 
hard et Béné. 

Copie du xvi«s., d'après rorig., Arch. de Maine-et-Loire, H 1281, n* 4». 
u bas de l'acte, la croix de Geoffroi Martel. 

Postérieur au 21 juin 1040, date de la mort 'de Foulque Nerra ; antérieur au 
mars 1047, date de la mort de révéque Hubert (ci-dessus, p. 120), la dédicace de 
^(çlise de Toussaint ayant été faite par lui (voir n* 74). — L'acte fut confirmé 
i 1103 par Foulque le Réchin (voir n" 298). 

74. — 1041-1046, un 20 mars. 

Le jour où Tévêque d'Angers Hubert procède à la dédicace de 
église Toussaint d'Angers, construite par le chantre Gérard, le 
omte GeofTroi fait abandon de tous ses droits sur deux mesures 
mansurœ) de terres et du vinage de sept arpents* de vignes. 

Mention du xviii® s., Coll. dom Housseau, vol. \l\ n^ 354, d'après le 
ivre noir de Saint-Maurice d'Angers, fol. 30, n*> 43. 

Pour la date, voir n* 73. 

75. — 21 juin 1040-1«' avril 1046. 

Don fait au monastère de Notre-Dame-de-la-Charité d'Angers 
ar Avoie des alleus de Martigné et d'Hussé, en présence de la 
ontesse Agnès et de Geoffroi (Martel), qui confirment. 

Carlul, duRonceray, n*> 237. 

Postérieur à la mort de Foulque Nerra ; antérieur à la mort de la comtesse 



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CATALOGUE d'aCTES 267 

Hildegarcle (!••■ avril 1046, : voir ci-dessus, p. 11 n. 1) parce qu'une contestation 
relative à ce don eut lieu encore de son vivant [CrfIuI. du Ronceray^ n* 238). 



76. — 21 juin lOiO-I*-^ avril 1046. 

GeofiTroi (Martel), d'accord avec sa femme Agnès, sur le conseil 
de sa mère Hildegarde ^et pour le repos de l'âme de son père, le 
comte Foulque, récemment décédé, confirme les possessions du 
monastère de Saint-Nidolas d'Angers, lui donne le torrent de 
Brionneau et réglemente les droits de justice du monastère. 

Breviculum S, Nicolai, p. 9 ; Epilome, p. 9. 

Comme le n* précédent, ce n** et les suivants sont postérieurs  la mort de 
Foulque Nerra (21 juin 1040) et antérieurs à celle d'Hildegarde (!•' avril 1046). 

77. — 21 juin lOiO-l^»^ avril 1046. 

Geoffroi (Martel), d'accord avec sa femme Agnès, sur le con- 
seil de sa mère, la comtesse Hildegarde, et pour le repos de 
l'âme de son père, le comte Foulque, récemment décédé, confirme 
les possessions du monastère de Saint-Nicolas d'Angers et y 
ajoute l'étang de Brionneau et le domaine de la Couture, près 
Pruniers. 

Copie du XVIII* s., d'après le Cartul. de Saint-Nicolas, Coll. dom Hous- 
seau, vol. II*, n*> 445. — Éd. : Epitome S. Nicolai, p.* 44. 

78. — 21 juin 1040-1-' avril 1046. 

GeofTroi (Martel), sur le conseil de sa mère, la comtesse Hilde- 
garde, donne au monastère de Saint-Nicolas d'Angers le torrent 
de Brionneau, le domaine de la Couture, neuf arpents dans les 
prés d'AUoyau, douze autres à Longa Silva, 

Copie du XVIII» s., d après Torig., Arch. de Maine-et-Loire, H 397, n° 1 ; 
copie du xviii« s., d'après le Cartul. de Saint-Nicolas, Coll. dom*Housseau, 
vol. II*, n«593.— Éd. : Prou, Recueil des actes de Philippe /««•, n» 157. 

L'acte fut confirmé plus tard par Foulque le Réchin puis par le roi Philippe I*'. 



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268 LE COMTÉ d'aNJOU 

79. — 21 juin 1040-1 «•• avril 1046. 

Geoffroi (Martel), par amour pour sa mère Hildegarde et pour 
le repos de Tâme de son père, le comte Foulque, donne au 
monastère de Beaulieu, où ce dernier repose, Téglise Saint-Ours 
et ses dépendances. 

Copies du xviii* s., Coll. dom Housseau, vol. II* n*> 475 ; ms. lat. 12662, 
fol. 135. — Éd. : Marlène, Thesaur. anecdol.y l. I, col. 151, d'après Torig. 

80. — 1047. Saintes. 

GeofTroi (Martel) et la comtesse Agnès dotent le monastère 
qu'ils ont fondé à Saintes en l'honneur de Notre-Dame. Guil- 
laume, comte de Poitou, et son frère Geoffroi souscrivent. 

Grasilier, CartuL inédits de Saintonge, t. II, n*> 1. 

81. — 1047. 

Notice relatant le don de la moitié de la monnaie de Saintes 
fait par Geoffroi (Martel) au monastère de Notre-Dame de 
^aintes, lors de la dédicace de Téglise. 

/AiV/., no77. 

82. — 1047. 

Notice. Geoffroi (Martel) et Agnès, son épouse, voulant fonder 
un second monastère en l'honneur de la Sainte Trinité, achètent 
à cet effet un terrain sis sous les murs d'Angers, près de la porte 
de l'Evière. 

CarluL Trin. de Vend,^-n'' 72. 

83. — 1041-1047, un l"mars. 

Hubert, évoque d'Angers, nomme Bougrin abbé du monas- 
tère de Saint-Serge d'Angers et donne aux moines dudit lieu le 



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CATALOGUE d'aCTES 269 

monastère de Saint-Maurille de Chalonnes. Geoffroi (Martel) 
souscrit. 

Orig., Biblioth. dWngcrs, ms. 838 (anc. 754), pièce n° 1. — Éd. partielle : 
Mabillon, Ann, ordinis S, Bened,, IV, 4, n<* 73, d'après le /<"^ Cariai, de 
Saint-Serge^ fol. 15, no 19. 

Postérieur à la mort de Foulque Nerra (21 juin 1040), antérieur a^i 2 mars 1047, 
date de la mort de l'évoque Hubert (voir p. 120). 

84. — 21 juin 1040-2 mars 1047. 

Gervais, évêque du Mans, dispose d'une partie de ses biens en 
faveur des chanoines de son église. Geoffroi (Martel), princeps 
du Maine, souscrit. 

Charlul. insignis ecclesiae CenomannensL% quod dicifur Liber albuSy 
n** m ; Aclus ponlif, denorn. in urbe degenlium, éd. Bussonet Ledru,p. 367. 

L'acte étant souscrit par l'évêque d'Angers Hubert, se place entre la mort de 
Foulque Nerra (21 juin 1040) et celle de Hubert (2 mars 1047 : voir p. 120). 



85. — 21 juin 1040-2 mars 1047. 

Renard donne à Marmoutier Téglise Saint-Martin de Daume- 
ray. Geoffroi (Martel) souscrit. 

Double orig., Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Marmoutier, Daumeray, 
n®« 1 et 1 bis. 

L'acte étant souscrit par l'évoque Hubert, se date comme le précédent. 



86. —21 juin 1040-2 mars 1047. 

Landri de Beaugency confirme le don de Téglise Saint-Martin 
de Daumeray, fait à Marmoutier par son vassal Renard. Geoffroi 
(Martel) souscrit. 

Double orig., ibid., n^* 2 et 2 ibis. 
Pour la date, même remarque qu'au n' 85. 



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270 LE COMTÉ d' ANJOU 

87. — 21 juin 1040-2 mars 1047. 

Notice de la donation faite au monastère de la Trinité de Ven- 
dôme par la comtesse Agnès de la moitié de Téglise de Villerable. 
Geoffroi (Martel) souscrit en même temps qu'Agnès et les fils 
d'Agnès, Guillaume d'Aquitaine et Geoffroi. 

CartuL Trin, de Vend,, n» 69. 

Pour la date, môme remarque qu'au n* 85. 

88. — 21 juin 1040-2 mars 1047. 

Notice de l'accord conclu, sur Tintervention de Geoffroi (Mar- 
tel), assisté, entre autres, de Hugue, comte du Maine, et de 
Hubert évêque d'Angers, entre Eon (de Blaison), abbé laïque de 
Sainl^Lézin d'Angers, et les chanoines de ladite église. 

Copie du XVIII* s., Coll. dom Housseau, vol. 11^, q«» 594, d'après ua ms. 
contenant la vie de saint Léziu, fol. 27. 

Pour la date, même remarque qu*au no 85. 

89. — 1047, 2-7 mars. Saint- Aubin d'Angers. 

Geoffroi (Martel), d'accord avec Agnès, son épouse, à leur 
retour de Fouille, affranchit son coUibert Robert, fils de Froger. 
Guillaume, comte de Poitou, et son frère Geoffroi souscrivent. 

CartuL du Ronceray, n° 35. 

« In transacta ante quadra^esiroa, defuncto Huberto pontificc Andegavensi i> 
(2 mars 1047). 

90. — \^r avril 1046-5 janvier 1049. 

Geoffroi (Martel), pour le repos de l'ème de ses parents, le 
comte Foulque et la comtesse Hildegarde, de concert avec 
Agnès, son épouse, donne au monastère de Saint-Serge d'An- 
gers une partie de ses droits à Saint-Melaine, Thorigné et 
Huillé. 

Copies d'après le /«'»• CartuL de Saint-Serge, n*» 50 : du xvii" s., Coll. 



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CATALOGUE d'aCTES 271 

Du Chesne, vol. 22, fol. 119 ; du xviii» s., ms. lat. 5446, p. 249, et Coll. dom 
Housseau, vol. IP, n® 446. — Éd. : Sainte-Marthe, Gallia chrUliana^ t. IV, 
p. 823, d'après le cartulaire. 

Postérieur à la mortdela comtesse Hildegarde (!•' avril 1046 : voirp.ll,n. 1), et 
antérieur à celle du chantre Gérard, qui souscrit, et qui mourut avant le 6 jan- 
vier 1049 (voirie n» suivant, où il est dit mort). — L*actc fut confirmé plus tard 
par Geoffroi le Bel qui y fît apposer son sceau. 



91. — 1049, 6 janvier. Angers. 

Geoffroi (Martel), de concert avec Agnès, son époase, donne 
au monastère de la Trinité de Vendôme Téglise Toussaint d'An- 
gers, que les chanoines de Saint-Maurice d'Angers lui cèdent 
moyennant la remise d'un certain nombre de coutumes à Doué, 
Epinats, Montfort, Saint-Denis. 

CarluL Trin, de Venc/., n<> 92. 

92. — 1049 (?), 22 février. 

Notice. Geoffroi (Martel) et Agnès, son épouse, achètent 
d'Effroi le Roux un moulin sis près Téglise Saint-Martin. 

Fragments et analyses, CartuL Trin, de Vend, y n*>* 9, 10, 48. 

Les trois n*>* du Cartul. de la Trin. de Vend, indiqués n'en font qu'un, mais 
une erreur de copiste a fait, dans Tun, remplacer le nom de Tabbé Orri par celui 
de Renaud. L'acte étant donné au temps d'Orri est postérieur à 1045. Certains 
extraits ^e rapportent à MXXXIII, 2* semaine de carême ; un autre, à MXLII, 
8 des calendes de mars. La concordance de la deuxième semaine de carême et du 
22 février, entre 1045 et 1060, n'eut lieu quen 1049 : une faute de lecture aura fait 
prendre MXLVIIII pour MXXXIII par les uns et pour MXLII par un autre. 

93. _ 1047-1050 {?). 

Geoffroi (Martel) et Agnès, son épouse, confirment les pos- 
sessions et les privilèges du monastère de la Trinité de Vendôme. 
Guillaume, duc d'Aquitaine, souscrit. 

Cartul. Trin, de Vend,, n° 37. 

Sur cet acte et sa date, voir Le Moyen Age, 1904, p. 7-17 et p. 404. 



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272 LE COMTÉ d'aNJOU 

94. —1032-1050. 

Jugement déboutant Bouchard des prétentions élevées par lui à 
rencontre de Fabbé'de Marmoutier Albert. Geoffroi (Martel) 
souscrit. 

CarïuL vend.de Marmoutier, n^ 116. 

Avant le rétablissement de Foulque l'Oison (1050 : voir ci-dessus, p. 66) et au 
temps de Tabbé Albert (1032-1064). 

95. — 1032-1050. Vendôme. 

Notice rapportant comment Bouchard de Carêmes se désista 
de ses prétentions sur un moulin, sis près du Loir à Vendôme, 
donné par son frère Ansaud aux moines de Marmoutier, mais 
comment ceux-ci, compatissant à sa misère,,à la demande du 
comte Geoffroi (Martel), lui abandonnèrent la jouissance via- 
gère de la moitié de ce moulin. Geoffroi (Martel) souscrit. 

CarluL vend, de Marmoutier, n^ 116. 

Môme date que le n* précédent. 

96. — 1050. La Trinité de Vendôme. 

Geoffroi (Martel) déclare avoir fait jurer à son neveu Foulque 
(rOison), quand il lui a «donné » le comté de Vendôme, de res- 
pecter les droits du monastère de la Trinité de Vendôme et de ne 
pas le soustraire à la domination des comtes d'Anjou. 

Ibid., n» 95. 

La charte était autrefois scellée « en cire blanche sur las de soye violette ». 
Sceau reproduit d'après Gaignièresdans le Cartal. Trin. Vend., lac. cit, — Acte des 
plus suspect : GeofTroi Martel est censé parler du comté de Vendôme « qu'U 
tenait par droit héréditaire »; or cette assertion est inexacte de tous points, et l*on 
ne voit pas quel intérêt GeolTroi aurait eu à la produire au moment môme où il 
rendait le comté à son neveu (sur ces faits, voir ci-dessus, p. 65). Geoffroi Mar- 
tel est censé parler de son beau-frère Boon en des termes étrangement mépri- 
sants et qui sont singulièrement analogues à ceux qu'a employés le rédacteur de 
la notice n"6 du Cartulaire. Geoffroi Martel est censé dire que le comté de Ven- 



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CATALOGUE D ACTES 273 

dôme avait été donné à Hoon et à Adèle, son épouse^ par Foulque Nerra, et cela 
sans son consentement, alors qu'il n'y a pas trace, et pour cause, d'une semblable 
donation, alors que Boon n'a jamais exercé le pouvoir en Vendômois, aloi*s enfin 
qu'à l'époque où Adèle hérita du Vendômois, Geoffroi Martel avait dix ans (voir 
ci-dessus, p. 63). La forme de Tacte est d'ailleurs étrange et, de plus, il aurait été 
scellé d'un sceau pendant qui est exactement du type de ceux de Geof&oi le Bel. 
Pour tous ces raisons, cet acte nous semble n'avoir tout au moins jamais été expé- 
dié sous la forme où il se présente. 

97. — 1050 env. 

La comtesse Agnès, de concert avec ses deux fils, Guillaume 
Aigret, comte de Poitou, et Gui, confirme toutes les dona- 
tions faites antérieurement au monastère de Saint-Jean-d'An- 
gély et y ajoute la remise de tous les droits qu'elle avait sur 
le bourg dudit monastère. Geoffroi (Martel) souscrit. 

Cartul. de Sainl-Jean-d'Angély^ éd. Musset, dans les Arch. hislor. de la, 
Sainlonge et de VAuniSy t. XXX, n° 216. 

" Le jour de la dédicace » de Saint-Jean d'Angély, événement de Tan 1050 env., 
suivant la Chron. de Saint-Maixenl (Chron. des églises d'Anjoa y p. 398). 

98. _ 1051, 27 juillet. 

Geoffroi (Martel) fait rendre justice aux moines de Marmou- 
tier par un certain Érard, qui avait, au mépris de leurs droits, 
construit un moulin sur le Cher, à Colombiers. 

Copie du xviii® s., d'après Torig., Coll. dom Housseau, vol. IP, n*» 535 bis. 

« MLI, in die V*® exeunte julio. » — Nobilleau, Cartul. tourangeau de Marmou- 
iier, p. 27, donne l'analyse d'un acte, soi-disant de juin 1051, et où interviennent 
Hamelin de Langeais et Eude de Blois. Cela semble être le résultat d'une confu- 
sion avec Tacte que nous analysons ici. 

99. _ 1046-lOSl, un 18 décembre. Angers. 

Geoffroi (Martel) et la comtesse Agnès, son épouse, donnent 
à l'abbé Orri et aux moines de la Trinité de Vendôme la part de 
tonlieu possédée par la comtesse à Saint-Florent-sur- Loire. 

Cartul. Trin, de Vend,, n» 88. 

Postérieur au 30 juin 1046, date à laquelle commença Tabbatiat d'Orri (Recueil 
Halphen. — Le comté d'Anjou. , IX 



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274 LE COMTÉ d'AiNJOC 

d'ann. angev. et vendôm., p. 65, n. 6) ; antérieur au 15 aoûl 1052, date à laquelle 
la femme de GeofTroi Martel n'était plus Agnès, mais Grccie (n* 111). 

100. — 1047-26 mars 1031 ou 1032. 

GeolTroi (Martel), comte d* Anjou, et Hugue, comte du Maine, 
confirment le don de l'église Saint-Pierre-des-Ormes fait au 
monastère de Saint- Aubin d'Angers par un certain Hubert. 

Carlul. Saint-Aubin^ n» 630. 

L'acte est postérieur au triomphe de Geoffroi Martel et à Temprisonnemcnt de 
révoque Gervais (10i7,au plus tôt : voir p. 71, n. 3) ; antérieur à la mort du comte 
tru|^ue(26 mars 1051 ou peut-être 1052 : voir p. 7i). La seule copie que nous con- 
naissions de l'acte (copie du xviii» s.) donne à l'abbé de Saint- Aubin le nom de 
Thierri : ce dernier n'ayant été abbé que depuis 1056, c'est certainement une 
erreur. 

101. — 21 juin 1010-14 août 1032. 

Hugue Mange-Breton, châtelain de Saumur, du consentement 
du comte GeolTroi et de la comtesse Agnès, concède à Tabbé Fré- 
déric et aux moines de Saint-Florent de Saumur ses droits de 
voirie dans le faubourg Saint-Hilaire. Geoffroi (Martel) et Agnès 
souscrivent. 

Orig., Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Saint-Florent ; Livre noir de 
Saint-Florent, fol. 117. 

Cet acte et les suivants sont postérieurs à la mort de Foulque Nerra et antë- 
rieursau n'*lll, où apparait.au lieu d'Agnès, divorcée, la nouvelle femme de-Geof- 
froi Martel, Grécie. 

102. — 21 juin 1010-14 août 1032. - 

Geoffroi (Martel) et Agnès, son épouse, donnent aux moines 
de Notre-Dame de Noyers la moitié de Teau proche le monas- 
tère et un quartier de terre qu'ils ont acheté à leur vassal Eude 
Brisehaste. 

CarluLde Noyers^éd. Chevalier, n^ 3. 

103. — 21 juin 1040-14 août 1032. 
Guillaume le Jeune, duc d'Aquitaine, du consentement de sa 



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CATALOGUE d' ACTES 275 

mère Agnès et de son frère Geoflfroi, donne aux moines de Saini- 
Jean-d'Angély la « villa » de Priaire. Geoffroi (Martel) souscrit. 

CarluL de Saint-Jcan-d'Angélt/y éd. Musset, dans les Arch, hislor, de 
Sainlonge el Aunis, t. XXX, n" 187. 

104. — 21 juin 1040-14 août 1052. 

Geoffroi (Martel) ratifie les donations faites aux moines de 
Saint-Maur de Glanfeuil par Albert et sa femme Béatrice et par 
Robert et son vassal S tabulas de divers biens sis en Poitou. 
Agnès, femme de Geoffroi, et Guillaume, comte de Poitou, 
souscrivent. 

CarluL de Saint-Maur, n*> 26. 

L'authenticité de cette charte n'est pas, dans sa forme actuelle, à l'abri de tout 
soupçon : le style, plusieurs erreurs étranges dans lea souscriptions et quelques 
expressions singulières méritent d'attirer l'attention. 

105. — 21 juin 1040-14 août 1052. 

Don au monastère de Bourgueil de Féglise et du domaine 
de Caziacus sur la Loire par Loon et Rahier. Geoffroi (Martel) 
et la comtesse Agnè^ souscrivent. 

Copies d'après le CarluL de Bourgueil, fol. 37 : du xvii« s., dans Coll. 
Baluze, vol. 38, fol. 185 ; du xviii^ s., dans Coll. dom Housseau, vol. 11^, 
n«> 549. 

106. — 21 juin 1040-14 août 1052. 

Geoffroi (Martel) prend sous sa protection tous les biens don- 
nés à Téglise Saint-Nicolas de Poitiers, tant par Agnès, son 
épouse, que par les comtes de Poitou, fils de ladite Agnès, et spé- 
cialement la terre d'Agressay, sise près des frontières de ses 
états ; à l'avenir, en cas de guerre entre le comte de Poitou et le 
comte d'Anjou, ladite terre sera sous la garde de ce dernier : 
mais ne pouvant personnellement y veiller, Geoffroi (Martel) 
charge Barthélemi, seigneur de Mirebeau, de la défendre. 

CartuLde Saint-Nicolas de Poitiers, éd. Rédel, dans les Arch. histor, du 
Poitou, 1. 1, p. 32, n» 27. 



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276 LE COMTÉ d'aNJOL* 



107. — 1043-14 août 1052. 

Guillaume, duc d'Aquitaine, et son frère Geoffroi confirment 
la donation de la terre de Fosses faite à Saint-Florent de Sau- 
mur par leur mère Agnès, laquelle souscrit l'acte, ainsi que 
Geoffroi (Martel), son époux. 

Chartes poilevines de Saint- Florent de Saumur, éd. Marchegay, dans les 
Arch, hislor, du PoiloUy t. II, p. 91, n*» 71 . 

Postérieur au n** 67 ; antérieur au n** 111 . — Cf. Richard, Hisl. des comtes de 
Poitou, 1. 1, p. 261, n. 2. 

108. — 30 juin 1046-14 août 1052. 

IJotice. La comtesse Agnès achète de Salomon, fils d'Otrcdus, 
et donne aux moines de la Trinité de Vendôme un pré contigu 
aux jardins du monastère. Geoffroi (Martel), son mari, témoin. 

CartuL Trin, de Vend,, n» 85. 

Postérieur à l'élection de l'abbé Orri, nommé dans l'acte (30 juin 1046 :voir 
Recueil d'a/in. angev. et vendôm., p. 65, n. &) ; antérieur aun* 111. 

109. — 1047-14 août 1052. 

Notice de rechange conclu entre les moines de la Trinité de 
Vendôme et les religieuses de Notre-Dame de Saintes de leglise 
de Cheviré contre la terre de Marennes. Geoffroi (Martel) et la 
comtesse Agnès souscrivent. 

CartuL aainlongeais de 4a Trin, de Vendôme, éd. Mêlais, dans les Arch, 
histor, de Saintonge et Aunis, t. XXII, n*» 10. — Ibid., n° 11, résumé du 
n» 10. 

Postérieur au n» «G ; antérieur au n" 111. 



110. —Décembre 1048-14 août 1052. 

Geoffroi (Martel) écrit au pape Léon IX pour lui exposer que 
Tévêque Gervais, auquel il s'était décidé à rendre la liberté, 



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CATALOGUE D*ACTES 277 

s'employant, au mépris de ses engagements, à exciter contre lui 
les Normands et le roi de France, ne saurait être replacé sur le 
siège épiscopal du Mans, et pour l'inviter, en conséquence, à 
pourvoir à cet évêché vacant. 

Sudendorf, Berengarius TuronensiSy p. 212, n° 8. 

Postérieure l'avènement de Léon IX ; antérieur à la paix de GeofTroi Martel 
avec le roi, paix qui était faite le 15 août 1052, comme le prouve le n* suivant. 

m. — 1052, 15 août. Orléans. 

Henri P*", roi de France, àj^la demande de Joubert, Guillaume 
et Hugolin, fils de Geoffroi de Sainte-Maure, accorde la liberté 
au serf Saucon [Salico). Geoffroi (Martel) et son épouse Grécie, 
témoins. * 

Copie contemp., ms. lat, 12677, fol. 179. — Éd. : Hist, de Fr., t. XI, 
p. 590, et Gallia christiana^ t. XIV, Instrum,, col. 71, d'après la copie pré- 
cédente. 

112. —1052, 15 août. Orléans. 

Geoffroi (Martel) et la comtesse Grécie, son épouse, affran- 
chissent leur serf Saucon. 

Copie contemp., ms. lat. 12677, fol. 179. 

L'acte, non daté, est évidemment donné en même temps que le précédent. 

113. — 1053, 26 mars. Angers. 

Geoffroi (Martel), rentré en possession du fief de Craon, donne 
Téglise Saint-Clément de Craon au monastère de la Trinité de 
Vendôme. La comtesse Grécie souscrit. 

CarluL^Trin, de Vend., n^ 96. 

114.— 1054-30 août 1055. 
Notice. Geoffroi (Martel), qui avait disposé de Téglise Saint- 



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278 LE COMTÉ d'aNJOU 

Clément de Craon en faveur de la Trinité de Vendôme, refuse de 
la restituer aux moines de S«int- Aubin d'Angers. 

CartuL de Saint- Auhin^ n° 721. 

L^acte est postérieur au concile de Tours de 105 i (voir Schwabe, S/udien zar 
Geschischte des zweiten AbendmahlstreUs^ p. 81) et antérieur à la nomination 
de Bougrin comme évoque, c'est-à-dire au 31 août 1055 {voir ci-dessus, p. 125, 

n. 5). 

115. — 1054-30 août 1055. Marmoutier. 

Geoffroi (Martel), faisant droit aux réclamations que lui 
avaient présentées les moines de Marmoutier lors du concile pré- 
sidé par le légat Hildebrand et conformément aux engagements 
qu'il avait pris envers eux à Saumur, leur restitue le domaine du 
Seijtier [Morts Hildulfi), de concert avec son neveu Foulque (TOi- 
son), qomte de Vendôme, et en présence de ses deux autres 
neveux, Geoffroi et Foulque. 

CartuL vend, de Marmoutier ^ n°H7. 

L'acte se date comme le n* 114. — Il fut confirmé en 1059 parle roi Henri I", 
au siège de Thimert. 

1 16. — 21 juin 1040-28 sept. 1055. 

Notice racontant comment Tristan Boureau {Torestennus 
Borrellas), ayant cédé à Tabbé de Saint-Florent de Saumur Fré- 
déric des vignes sises à Pont-Fouchard, que le comte Geoffroi 
(Martel) lui avait inféodées après en avoir dépouillé les moines 
de Saint-Florent, en échange de vignes sises à Tours, qu'il avait 
revendues aussitôt, fut pris et mis à mort par le comte irrité et 
comment ce dernier, confisquant tous les biens de Tristan, refusa, 
malgré les plaintes de l'abbé, de reconnaître rechange conclu 
sans son assentiment. 

Orig., Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Saint-Florent, diocèse de 
Tours, prieuré des Ulmes ; Livre noir de Saint-Florent^ fol. 111. 

Postérieur à la mort de Foulque Nerra ; avant celle de Tabbé Frédéric, le 
28 sept. 1055 {Hist. de Saint- Florent, p. 295 des Chron. des églises d'Anjou). 



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CATALOGUE d'aCTES 279 

117. - 21 juin 1040-29 décembre 1055. 

Notice. Geoffroi (Martel), sur la plainte de Tabbé Gautier, 
ordonne à son prévôt Audouin de retirer de TIle-du-Mont les 
vaches qu'il y avait envoyé paître au mépris des droits de Saint- 
Aubin d'Angers. 

Cartul. de Saint-Aubin, n<> 5. 

L'abbé Gautier mourut le 39 déc. 1055 {Ann, de Saint-Aubin, p. 4 du Recueil 
d'ann. angev. et vendôm.), 

118. — 21 juin 1040-29 décetnbre 1055. 

Geoffroi (Martel) confirme le don fait au monastère de Saint- 
Aubin d'Angers par Tlenoul et Guillaume de Sablé du tiers de 

l'église de Brion. 

f 

Ibid., no 376. 

Au temps de l'abbé Gautier (cf. n* 117). 

119. _ 1047-1056. 

Notice. Geoffroi (Martel) dote le monastère de la Trinité, dont 
la construction commençait près delà porte de TÉvière, à Angers, 
de trente arpents de prés sis sur les bords de la Maine. 

Car lui, Trin, de Vend,, n» 73. 
Postérieur au n»82; antérieur au n" 120. 

120. —1056. 

Geoffroi (Martel), qui, non content d'avoir fondé, d'accord avec 
la comtesse Agnès, le monastère de la Trinité de Vendôme, en a 
fondé un autre en l'honneur de la Trinité à Angers, les offre Tun , 
et l'autre en alleu au Saint-Siège. 

Cartul. Trin. de Vend., n« 105. 

Il y a sous le n» 38 du Cartul. Trin. de Vend, une refaçon de cet acte avec la 
fausse date de 1040 : voir Le Moyen Age^ lOOi, p. 409. 



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280 LE COMTÉ d'aNJOU 



121. _ 14 janvier 1056-1057. 

Geoffroi (Martel) ratifie l'échange fait entre le monastère de 
Saint-Aubin d*Angers et son père Foulque d'une terre sise à 
Hondainville en Beauvaisis contre le domaine de Bazouges, en 
présence, notamment, de la comtesse Grécie, son épouse, de 
Geoffroi et Foulque, ses neveux, et d'Eon de Bretagne. 

Car lui. Sainl- Aubin, n° 677. 

Postérieur à l'élection deTabbé Thierri, qui paraît dans Tacie (14 janv. 1056 : voir 
Ann. Saint- Aubin^ p. 4 du Recueil d'ann, angev. et vend.); antérieur à l'empri- 
sonnement d'Éon de Bretagne, qui dura de 1057 à 1062 (La Borderie, Hisl. de 
Bretagne, t. III, p. 16). 

122. —21 juin 1040-1058. La Chapelle-Vendômoise. 

Notice. Geoffroi (Martel), sur la demande que lui en fait le 
comte de Blois Thibaud, à une entrevue qu'il a avec lui à la 
Chapelle-Vendômoise [Capella Blesensis) pour tenter de conclure 
la paix, sans aboutir à autre chose qu'à une trêve, oblige Bou- 
chard de Carêmes à restituer la mainferme de Putellis à Gradul- 
fus, lequel la donne à Marmoutier en présence des deux comtes. 
Ceux-ci souscrivent. 

CartuL dun. de Marmoulier, n° 102. 

La paix entre les deux comtes était faite en 1058 :voir n" 123. 

123. — 1058, 25-31 décembre. 

Notice. Geoffroi (Martel) abandonne en faveur du monastère 
de la Trinité de Vendôme ses droits sur deux de ses serfs, Geof- 
froi Houssard et Richard, qui s'étaient mis en rupture de ban à 
la faveur de la guerre qui venait de mettre aux prises le comte 
d'Anjou et le comte de Blois. 

CartuL Trin. de Vend., n» 422. 

« Anno incarnationis MLVIII, post natalem Domini. » 



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CATALOGUE d'aCTES 281 



124.— Début de 1059. 

Geoffroi (Martel) écrit au cardinal H[ildebrand] pour lui 
demander d'avoir une attitude plus franche qu'au synode de 
Tours et de prendre nettement à Rome la défense de Bérenger. 

Sudendorf, Berengarius Turonensls, p. 215, n® 10. 

Pour la date, cf. Schwabe, StudienzurGeschichte des zweiten Abendmahlstreits, 
p. 88. 

125.— 30oct. 1055-1059. 

Notice. Geoffroi (Martel), moyennant cent sous, rend à Arnoul 
de Brisco la partie de Talleu de Flines qu'il lui avait enlevée pour 
la donner à Grimaud. 

Livre noir de Saint-Florent^ fol. 104. 

Sigon étant cité dans Tacte, cet acte est postérieur au 30 oct. 1055, date de son 
élection (Hist. de Saint-Florent , p. 296 des Chron. des églises d'Anjou)^ et antérieur 
à la fin de Tan 1059, parce que dans la charte suivante du Livre noir, fol. 104, qui 
est datée de 1059, il est question de la cession dudit alleu de Flines à l'héritier 
d*Arnoul de Brisco. 

126. — 14 janvier 1056-25 déc. 1059. 

Ernaud, frère de Tabbé Audouin {Hildinus), lègue ses biens 
à Renaud Grossin, mari de sa nièce, à l'exception d'une mesure 
(mansura) de terre, qu'il lègue au monastère de Saint-Nicolas 
d'Angers. Geoffroi (Martel) souscrit. 

Extraits du xviii« s., d'après le CartuL de Saint-Nicolas, fol. 91 V», dans 
Coll. dom Rousseau, vol. XIIH, n° 9571, et ms. fr. 22450, p. 172. 

Cet acte et les suivants sont donnés au temps de l'abbé de Saint-Aubin Thierri, 
élu le 14 janvier 1056 et mort le 26 déc. 1059 (Ann. de Saint-Aubin, p. i-5 du 
Becaeil d'ann. angev. et vend.). 



127. — 14 janv. 1056-26 déc. 1059. Saint-Aubin d'Angers. 

Notice. Aubri, seigneur du Lion-d'Angers, moyennant une 
certaine somme d'argent que lui versent les moines de Saint- 



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282 LE COMTÉ d'aNJOU 

Aubin d'Angers, renonce à ses revendications sur l'église du 
Lion, en présence de Geoffroi (Martel), qui souscrit, ainsi que ses 
neveux Geoffroi « le Jeune » et Foulque. 

CnrtuL de Saint- Aubin, n» 160. 

128. — 14 janv. 1056-26 déc. 1059. Angers. 

Notice racontant comment, sur la plainte de Thierri, abbé du 
monastère de Saint-Aubin d'Angers, Geoffroi (Martel) obligea 
Eon de Blaison à respecter les droits dudit monastère à Saint- 
Rem v-la-Varenne. 

Ibid., no 178. 

129. —14 janv. 1056-26 déc. 1059. 

Geoffroi (Martel) confirme de sa souscription les acquisitions 
des moines de Saint-Aubin d'Angers à Luché. 

//jW., n» 355. 

130. — 14 janv. 1056-26 déc. 1059, 

Geoffroi (Martel) exempte les moines de Saint-Aubin d'Angers 
du service de guet. 

Ibid., n° 6. 

130 bis, — 1060, avant le 23 mai. Loudun. 

Isembert, évéque de Poitiers, confirme la donation faite par 
Ilugue au monastère de Tournus de trois églises sises à Loudun 
dans le fief du comte d'Anjou. Geoffroi (Martel) et son épouse Adé- 
laïde la Teutone (Teutonica) souscrivent. 

Chifllel, Histoire de Tournus, Preuves^ p. 319 ; Juénin, Nout^etle histoire 
de Tournus, Preuves, p. 129, d'après (Chifllel. 

Daté de Tan 1060, an 30 du roi Henri I*' (donc avant la mort de ce roi, le 
i août 1060) et an 1 de Philippe I*' (23 mai 1059-22 mai 1060). L'acte contient une 
annonce de sceau de révéque de Poitiers et une autre du comte d'Anjou {« pi-ae- 
sentem chartam impresione sipilli nostri solemniter roboravi »). 



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CATALOGUE D* ACTES 283 



131. — 21 sept. 10524 août 1060. 

Notice. L'abbé Raimond et les moines de Bourgueil achètent 
de Tévêque Isembert et des chanoines de Poitiers une terre sise 
à Mirebeau pour y construire une église. Geoffroi (Martel) 
approuve Tachât, en même temps que Tarchcvéque de Tours 
Barthélemi. 

Copie du xvii« s. par Du Chesne, d'après le Cariul. de Bourgueil, dans 
la Coll. Baluze, vol. 38, fol. 195. 

Postérieur au 20 sept. 1052, date où Tarchevéque de Tours était encore Arnoul 
Gallia christ., t. XIV, col. 6r,; avant la mort du roi Henri [•% à cause du n*132. 



132. — 2i sept. 1052-4 août 1060. 

Notice. Barthélemi, archevêque de Tours, donne aux moines 
de Bourgueil pour leur prieuré de Mirebeau tout ce qu'il possé- 
dait aux alentours de ladite place, ainsi que divers droits hono- 
rifiques. Son suzerain, GeoflFroi « Martel », comte d'Anjou, sous- 
crit, ainsi que Geoffroi « le Jeune » et Foulque, neveux dudit 
Geoffroi. 

Copie du xviii« s., d'après l'orig., ms. lat. 17127, p. 95 ; copies d'après le 
Cartul. deBourgueilf fol. 91 : du wii*^ s., par Du Chesne, dans la Coll. Baluze, 
vol. 38, fol. 195, du xviii«, dans la Coll. dom Ilousseaii, vol II^, n° 566. 

Postérieur au 20 sept. 1052, comme le n" 131 ; antérieur à la mort du roi 
Henri !•% parce que l'acte est dit donné «au temps du roi Henri ». 



133. — 21 juin 1040-14 nov. 1060. 

Geoffroi (Martel) abandonne à Tabbé Airaud et aux moines de 
Saint-Nicolas d'Angers la moitié' du panage de la forêt des 
Echats, ainsi que ses droits de vinage et de fourrage et Villenière. 

Epitome S, Nicolai, p. 47. 

Cet acte et les suivants sont postérieurs à la mort de Foulque Nerra et anté- 
rieurs à celle de Geoffroi Martel. 



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28i LE COMTÉ d'anjou 

134. — 21 juin 1040-14 nov. 1060. 

Geoffroi (Martel) donne au monastère de Notre-Dame-de-la- 
Charité d'Angers le droit de panage pour deux cents porcs dans 
ses forêts. 

Car lui. du Roncerayj n° 7. 

135. — 21 juin 1040-14 nov. 1060. 

Notice de rechange conclu entre le comte « Geoffroi Martel de 
grande mémoire » et les religieuses de Notre-Dame-de-la-Cha- 
rité d'Angers d'une terre sise à TAnglée, où le comte voulait 
faire une plantation de vignes de Bordeaux, contre une terre sise 
au Pont, près Saint-Laurent. 

Ibid,, no 78. 

136. — 21 juin 1040-14 nov. 1060. 

Notice de la restitution faite au monastère de Notre-Dame-de- 
la-Gharité d' Angers par Alice, fille d'Avoie, de la part des terres 
de Martigné et d'Hussé qu'elle avait auparavant réclamée et 
obtenue du comte Geoffroi (Martel) et du don par elle de ce 
qu'elle possédait à Changé. Les deux neveux de Geoffroi (Mar- 
tel), encore enfants, Geoffroi « le Jeune » et Foulque, témoins. 

Ihid., n° 238. 

137. — 21 juin 1040-14 nov. 1060. 

Notice du jugement rendu par Geoffroi (Martel), déboutant 
Aumand de ses revendications sur le moulin de Gautier Rage, 
donné à Notre-Dame-de-la-Charité d'Angers par Avoie, veuve 
dudit Gautier, et sur la succession mobilière de cette dernière. 

Ibid,, T\o 240. 

138. — 21 juin 1040-14 nov. 1060. 

Notice du don fait par Geoffroi (Martel) aux moines de laTri- 



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CATALOGUE d'aCTES 283 

nité de Vendôme des dîmes des peaux de cerfs dans la Sain- 
tonge. 

CarluL saintongeais de la Trin, de Vend.^ éd. Métais, n® 19. 

139. — 21 juin 1040-14 nov. 1060. 

Etienne, abbé de Beaulieu, notifie qu'il a, avec le consente- 
ment du comte Geolfroi, acheté à Sanche de la Haye les droits 
qu'il possédait tant sur l'église que sur le bourg de Saint-Pierre 
de Balesmes et Téglise Saint-Symphorien. Geoffroi (Martel) 
témoin. 
Copie du xviii« s., Coll. dom Housseau, vol. II*, 11° 502. 

140. — 21 juin 1040-14 nov. 1060. 

Geoffroi (seigneur de Champtoceaux) donne à Tabbé Albert et 
aux moines de Marmoutier la chapelle Saint^Jean-Baptiste et un 
domaine sis à Champtoceaux et Téglise du Fuilet. Geoffroi (Mar- 
tel) souscrit. 

Orig., Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Marmoutier, pr. de Champto- 
ceaux, no 2; copie contemp.,i/)t(/., n» 1. 

En 1061, le seigneur de Champtoceaux était Thibaud de Jarzc, successeur d'Orri, 
successeur lui-même de Geoffroi (voir le n" 161, où Thibaud de Champtoceaux 
parait comme témoin). Donc, au temps de GeofTroi Martel. 

141. _ 21 juin 1040-14 nov. 1060. 

Notice du don fait par Orri, (seigneur) de Champtoceaux, à Tabbé 
Albert et aux moines de Marmoutier de la terre dite Truncata. 
Geoffroi (Martel) souscrit. 

Orig., Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Marmoutier, pr. de Champto- 
ceaux, n» ;i; copie contemp., ibid,^ n» 1. 

Pour la date, cf. n* 140. 

142. — l^»- avril 1046-14 nov. 1060. 

Geoffroi (Martel), pour le repos de Tâme de ses parents, le 



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286 LE COMTE d'aNJOU 

îomte Foulque et la comtesse Hildegarde, donne au monastère 
le Sainte-Geneviève de Paris la voirie de Borrcium^ qu'il tenait 
m fief du roi, dans le comté de Senlis. 

Gallia christ., t. VII, Insirum.y col. 222. 

Postérieur à la mort d'Hildegarde (1" avril 1046 : voir p. 11) ; antérieur à celle 
le Geoffroi Martel. 

U3. - 6déc. 10i7-U nov. 1060. Angers. 

Geoffroi (Martel) déboute Guillaume de Montsoreau de ses 
)ré tentions sur les essarts d'une forêt sise entre la Loire, la 
laye et le monastère de Bourgueil, appartenant audit monas- 
ère et qu'il prétendait avoir reçus en fief du comte d'Anjou. 

Orig., Biblioth. de Fieims, Coll. Tarbé, carton 1, n° 17. 

Souscrit par Eusèbe Brunon, évéque d'Angers depuis le 6 dcc. 104' (ci-dessus, 
►. 120). 

144. — 6 déc. 1047-14 nov. 1060. Beauvais-sur-Loir. 

Notice de la sentence rendue par Geoffroi « Martel » et par 
évêque d'Angers Eusèbe au sujet des limites de la paroisse de 
)urtal. 

Carlul. de Sainl-Aubin, n*> 306. 
Même date qu'au n" 143. 

145.— 1047-14 nov. 1060. 

Notice du don de Téglise Saint-Sulpice fait aux religieuses de 
«lotre-Dame de Saintes, moitié par Engebaud, moitié par Geof- 

roi (Martel). 

Carlul. de Noire-Dame de Saintes, n° 95, dans Grasilier, Cartul. inédits de 
1 Sain longe, t. II. 

Postérieur au n* 80. 

146. — 1049-1060, un 21 juillet. L'Ile-Saint-Aubin 
Notice de l'accord intervenu entre les religieuses de Notre- 



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CATALOGUE d'aCTES 287 

Dame-de-la-Charité d'Angers et Gilbert, neveu d'Aubri de Chi- 
non, au sujet de la Cour-de-Pierre. Geoffroi (Martel) et Grécie, 
son épouse, témoins. 

Carlul. du Ronceray^ n^ 174. 

Postérieur au n- 91, où Agnès apparaît encore comme femme de Geolîroi Mar- 
tel. 

147. — 1049-1060, un 14 septembre. Angers. 

La comtesse Grécie, pour le repos de Tâme de son premier 
mari, Bellay, et le salut de son mari, le comte Geoffroi, donne 
au monastère de Saint-Nicolas d'Angers Téglise Saint-Pierre 
de Mon treuil-Bellay, du consentement de ses deux fils Giraud 
et Renaud et du comte Geoffroi, qui souscrivent. 

Copies d'après le Carlul. de Sainl-XicolaSy fol. 51 : copie de l'an 1617, 
Arch. de Maine-et-Loire, H 640, n° 1 ; copie par Jean Hiret, Biblioth. d'An- 
gers, ms. 679, anc. 616, p. 121 ; mentions : Coll. dom Housseau, vol XIII*, 
no 9:>.33, ms. fr. 22450, p. 169, Coll. Baluze, vol. 38, fol. 49. — Éd. : Brevi- 
cul. S. Nicolai, p. 17 ; Epitome S. Nicolni, p. 16. 

Pour la date, cf. n» 146. 

148. _ 6 janv. 1049-14 nov. 1060. 

Notice de la donation faite au monastère de Marmoutier par 
Geoffroi (Martel), en présence de la comtesse Grécie, son épouse, 
de la « villa » de Carbay. 

Marchegay, Archives d'Anjou^ t. II, p. 1. 
Pour la date, cf. n" 146. 

149. — 6 janv. 1049-14 nov. 1060. 

Notice. Geoffroi « dit Martel », étant venu, au moment de 
carême, faire ses dévotions au monastère de Saint-Nicolas d'An- 
gers, renonce à ses droits sur la vente et le transport des mar- 
chandises dudit monastère et réglemente les droits de justice des 



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288 LE COMTÉ d'aNJOL 

moines, en présence de la comtesse Grécie et des fils de celle-ci, 
Giraudet Renaud. 

Copie du XVIII* s., d'après le Carlul, de Saint-Nicolas, Coll. dom Hous- 
seau, vol. II*, n^ 5"2;). — Éd. : Brevicul, S. iVico/ai, p. 15 ; Epilome S, Nico- 
/â<, p. 14» 

130. — 6 janv. 1049-14 nov. 1060. 

Notice. Geoffroi (Martel) réglemente les redevances en nature 
auxquelles ont droit de la part des moines de Saint-Maur de 
Glanfeuil ses percepteurs de panage à Coutures. Grécie, son 
épouse, témoin. 

Car lui, de Saint-Maur^ n° 37. 

151. —1050-14 nov. 1060. 

Notice. Geoffroi (Martel) reconnaît le mal fondé des prétentions 
de Foulque, comte de Vendôme, sur les terres du Sentier et de 
Monthodon, qu'il réclamait aux moines de Marmoutier. 

Carlul. vendôm. de Marmoutier, n° 119. 

Ce n" et les suivants sont postérieurs au n" 96, dont il semble qu'il faille retenir 
au moins la date (Cf. p. 66). 

152. — 1050-14 nov. 1060. 

Notice de Tachât de trente arpents, sis entre Courtiras et Vil- 
lechatiu, fait à Gerberge, serve du comte d'Anjou, parGermond, 
moine de Marmoutier. Geoffroi (Martel) et Foulque, comte de 
Vendôme, donnent leur consentement, Tun pour un muid, l'autre 
pour un muid et demi de grains. 

Ibid,, n° 20. 

153. — 1050-14 nov. 1060. 

Notice du don de Lavaré fait au monastère de Saint-Pierre de 
la Couture par Patrice de Cahors, au moment où il y fut reçu 



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CATALOGUE D*ACTES 289 

moine. Ses suzerains, Geoffroi (Martel), comte d'Anjou, et 
Foulque, comte de Vendôme, neveu du précédent, souscrivent. 

CarluL de Saint-Pierre de la Couture et de Saint-Pierre de Solesmes, 
n« 14. 

154. — 21 sept. 1052-14 nov. 1060. 

Landri, abbé de Saint-Père de Chartres, rapporte que Geoffroi 
(c dit Martel » a, sur la plainte qu'il lui en a faite, ordonné à son 
neveu Geoffroi, comte de Gâtinais, de restituer la terre de Villula^ 
dont celui-ci avait disposé en faveur de son vassal Tédouin. 
Geoffroi (Martel) souscrit. 

CartuL de Saint-Père de Chartres^ éd. Guérard, t. I, p. 125. 

Souscrit par Barthélemi, archevêque de Tours, lequel n'a succédé à Arnoul 
qu'après le 20 sept. 1052 {Gallia christ., t. XIV, col. 61). 

155. — 27 mars 1053-14 nov. 1060. 

. Geoffroi (Martel) confirme les dons qu'il a faits aux chanoines 
établis par lui dans la chapelle Sainte-Geneviève d'Angers. 

Orig. très mutilé, Biblioth. d*Angers, ms. 757, anc. 680, t. I, pièce n® 2 ; 
CartuL de Saint-Laud, fol. 80 v^. — Éd. : Cartul, de Saint-Laud, n« 25. 

L^acte est poslérieur au 26 mars 1053, parce qu'il est souscrit par le prévôt 
Robert, dont le prédécesseur, Audouin, paraît encore dans une charte de cette date 
{Cartul. Trin. Vend., n«» 96. Cf. Le Moyen Age, XV, 1902, p. 316-317). 

156. — 27 mars 1053-14 nov. 1060. 

Geoffroi (Martel) notifie que Thibaud d'Orléans a solennelle- 
ment confirmé le don qu'il avait fait au chapitre de Saint-Laud 
des revenus de la terre de Genneteil. 

CartuL de Saint-Laud, ii°76. 

Postérieur au n*155, où il n*est pas fait allusion à la donation relatée ici. 

157. — 1060, 14 novembre ou peu avant. Angers. 

Notice. Geoffroi (Martel), sur le point de mourir, en recon- 
Halpubn. — Le comté d'Anjou, 19 



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290 LE COMTÉ d'aNJOU 

naissance des soins que lui avait prodigués Tiébert, moine du 
monastère de Marmoutier, accorde, du consentement de sa 
femme Adélaïde la Teutoneet de ses neveux, Geoffroi, son suc- 
cesseur, et Foulque, lexemption des droits de tonlieu sur la 
Loire dans ses états au navire dudit monastère transportant le 
sel nécessaire à Talimentation des moines. 

Copie du XVII* s., ms. lat. 5441*, p. 129 ; copie du xviii* s., Coll. dom 
Rousseau, vol II*, n° 592. — Éd. : Marchegay, Archives d'Anjou^ t. II, 
p. 51, d'après la deuxième copie. 

158. — 1060, peu après le 14 novembre. 

Bouchard le Breton, douloureusement affecté par la mort 
récente du comte Geoffroi « Martel )^, donne pour lé repos de 
l'âme de ce dernier au monastère de Saint-Nicolas d'Angers, 
où il avait revêtu l'habit monastique et avait été enterré, deux 
îles de la Loire et une terre à la Bigotière. Geoffroi « le Barbu », 
qui ratifie cette donation, souscrit ainsi que Julienne, son épouse. 

Copie du xvii'^ s., d'après le Cartul, de Saint-Nicolas^ fol. 14 v®, Arch. 
de Maine-et-Loire, H 397, n° 22 ; analyses du xviii® s., d'après le cartul., 
ms. fr. 22450, p. 162, Coll. dom Housseau, vol. XIII*, n» 9511. — Éd. : 
Brevicul, S. Nicolai, p. 28 ; Epitome S. Nicolai^ p. 19. 

Acte souscrit plus tard par Foulque le Réchin. 

159. — U nov. 1060-23 mai 1061. 

Notice de l'abandon fait par Aimeri de Faye de toutes les cou- 
tumes qu'il percevait sur les terres de Notre-Dame de Noyers. 
Le comte Geoffroi « le Jeune » souscrit. 

CariuL de Noyers, éd. Chevalier, n° 653. 

Daté de l'an 1 de GeoiTroi le Barbu et de l'an 2 du roi Philippe 1". 

160. — 1061. 
Notice de la donation faite au monastère de Marmoutier- par 



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CATALOGUE D ACTES 291 

Geoffroi (le Barbu) du coUibert Jean, pêcheur de son état, ainsi 
que de sa femme et de ses enfants. Geoffroi (le Barbu) souscrit. 

Orig., Arch. dlndre-et- Loire, H 270. — Éd. : Livre des serfs de Afar- 
moutier, éd. Salmon et de Grandmaison, n®16, et append., n® 19. 

161. — 1061. 

Geoffroi (le Barbu) reconnaît aux moines de Saint-Florent de 
Saumur la libre disposition du château construit par son grand- 
père et son oncle à Saint-Florent-le- Vieil, s'en réservant seule- 
ment lusage en cas de nécessité. Foulque, frère de Geoffroi (le 
Barbu), souscrit. 

Livre noir de Saint-Florent y fol. 57 ; Livre rouge de Saint-Florent ^ foL 
28. — Éd. : Marchegay, BibL de C École des Chartes, t. XXXVI, 1875, p. 396. 

162. — 1062, 22 février. Angers. 

Geoffroi (le Barbu) ratifie la remise de tout tonlieu accordée 
verbalement pour un bateau par son oncle et prédécesseur 
Geoffroi aux moines de la Trinité de Vendôme. 

CartuL Trin. de Vend,, n^ 157. 

163. — 1062, 24 février. Angers. 

Geoffroi (le Barbu) ratifie Tabandon fait verbalement au 
monastère de la Trinité de Vendôme par son oncle et prédéces- 
seur Geoffroi de tous ses droits sur l'église Saint- Jean-sur-Loire, 

Ibid.y n<» 158. 

164. — 1062, 13 avril. Angers. 

Notice. Geoffroi « le Jeune » confirme les dons faits au monas- 
tère de Saint-Nicolas d'Angers par son oncle Geoffroi (Martel). 

Prou, Recueil des actes de Philippe 1^^, n® 159. 

Acte souscrit plus tard par le roi Philippe !•' et la reine Bertrade. 

165. — 14 nov. 1061-13 nov. 1062. 
Notice racontant les revendications exercées par Geoffroi, fils 



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292 LE COMTÉ D*ANJOU 

de Bérard, sur une terre enlevée jadis à son père lors de la con- 
quête de Saumur, puis restituée au monastère de Saint-Florent 
de Saumur, dont Bérard l'avait tenue à cens, et l'accord que 
Geoffroi (le Barbu), venant de succéder à son oncle Geoffroi 
(Martel) dans le comté d'Anjou, parvint à faire conclure entre 
ledit Geoffroi Bérard et l'abbé Sigon. 

Livre noir de Sainl-Floreniy fol. 108 v®. 
An 2 du principal de Geoffroi le Barbu. 

166. — 1062, 27 décembre. Loudun. 

Geoffroi (le Barbu) donne aux prêtres de son château de Lou- 
dun le terrain nécessaire à la construction d'un monastère 
(Sainte-Croix de Loudun). 

Gallia christ., t. II, col. 333. 

167. — 14 nov. 1060-1062. 

Geoffroi « le Jeime » confirme l'abandon fait par son oncle 
Geoffroi (Martel) des mauvaises coutumes levées autrefois sur les 
domaines de Saint-Florent-le-Vreil, confirme également les dis- 
positions prises au sujet du château dudit Saint-Florent-le- Vieil 
et promet enfin de renoncer aux mauvaises coutumes perçues sur 
les biens des moines aux environs de Saùmur quand cette 
place, alors entre les mains d'Adélaïde, dernière femme de Geof- 
froi (Martel), fera retour entre ses mains. Foulque, frère de Geof- 
froi (le Barbu), souscrit. 

Livre noir de Saint 'Florent^ fol. 96 ; Livre rouge de Saint-Florent ^ fol. 28 v*. 
Antérieur au n** 168. 

168. — 1062. Saint-Florent de Saumur. 

Geoffroi (le Barbu) exécute l'engagement qu'il avait pris 
envers les moines de Saint-Florent de renoncer aux mauvaises 
coutumes établies sur leurs biens à Saumur, comme il l'avait 



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CATALOGUE d' ACTES 293 

fait précédemment, d'accord avec son frère Foulque, pour les 
domaines de Saint-Florent-le- Vieil, alors que la ville de Sau- 
mur était encore entre les mains d'Adélaïde, veuve de Geoffroi 
(Martel). 

Orig., Arch. de Maine-et-Loire, H 4840, n^l ; copie contemp., ibid.^ 
H i840, no 8. — Éd. : Marchegay, Bibl. de VÉcole des Chartes, t. XXXVI, 
1875, p. 396, d'après Toriginal. 

169. — 1062 environ. 

Geoffroi «le Jeune » restitue aux religieuses de Notre-Dame- 
de-la-Charité un clos de vignes, qui, légué au monastère par 
la comtesse Hildegarde lors de son départ pour Jérusalem, mais 
laissé, sur sa demande, en usufruit à sa fille Ermengarde, mère 
dudit Geoffroi et veuve dès cette époque, avait été confisqué à cette 
dernière, pour cause de désobéissance, par le comte Geoffroi (Mar- 
'tel) et donné par lui à ses femmes Tune après l'autre et en der- 
nier lieu à Adélaïde la Teutone, et qui finalement venait d^être 
racheté à cette dernière par ledit Geoffroi « le Jeune » en même 
temps que Saumur. 

Cartul, du Roncerai/j W* 8, et sous forme de hotice, ibid,, n* 64. 
Contemporain du n*> 168. 

170. —21 juin 1040-1062. 

Notice. Geudouinde Maillé renonce par devant le comte d'An- 
jou Geoffroi à réclamer des droits de péage sur les objets appar- 
tenant à Marmoutier pour leur traversée dans Maillé. 

Copie figurée de Torig., exécutée au xviii« s., Coll. Moreau, vol. 23, fol. 
177 ; copie par Martène, d'après le CartuL tourangeau de Marmoutier^ ms. 
lat. 12878, fol. 127. 

Geudouin de Maillé mourut en 1063 au plus tard (Livre des serfs de Marmou- 
tier, éd. Salmon, n* 66). 

171. — 1063, 14 mars. 
Notice. Geoffroi (le Barbu), qui avait, à la mort de son oncle. 



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294 LE COMTÉ d'aNJOU 

hérité des comtés d'Anjou et de Touraine, ayant, au mépris des 
coutumes, fait semondre les hommes de Marmoutier habitant 
entre la Loire et le Vendômois de se rendre à son ost, lors de 
la campagne qu'il préparait pour porter secours aux Manceaux 
contre les Normands, reconnaît le bien fondé des plaintes que 
les moines 4ui en font et renonce à toutes les coutumes qu'il exi- 
geait d'eux à tort. 

Copies d'après le Cartul, tourangeau de Marmoutier, fol il5 : par Mar- 
tène, ms. lat. 12878, fol. i89 ; du xviii« s., dans Coll. dom Housseau, vol. 
lia, no 667. 

172. —1063. Candé. 

Notice des dons faits au monastère de Marmoutier par Geof- 
froi Papebeuf près de son château de Rillé. Geoffroi (le Barbu) 
souscrit lors d'un plaid qu'il a avec son frère Foulque à Candé. 

Orig., Biblioth. de Reims, Coll. Tarbé, carton i, no21. — Éd. : Marchcgay, 
Archives d'Anjou^ t. II, pi 28, d'après l'original. 

173. — 1064 (n. st.), 3-10 avril. 

Geoffroi (le Barbu) confirme de sa souscription l'abandon fait 
par Renaud de Château-Gontier, seigneur de Châteaurenault, 
des revendications injustes qu'il avait élevées aux dépens des 
moines de Marmoutier sur la forêt de Blémars. 

Copie par Martène, ms. lat. 12878, fol. 108 v<». 

Postérieur à Tabandon fait par Renaud, le samedi avant le dimanche des 
Rameaux, 3 des nones d'avril 1063 (3 avril 1064, n. st.) ; daté de 1' « an 1063, an 5 
de Philippe I*' », c'est-à-dire du début de Tan 1064, n. st., et par suite, avant Pâques 
(11 avril). 

174. — 1064. 

Thibaud, seigneur de Rochecorbon, cède au monastère de 
Saint-Julien de Tours tous ses droits sur Nouzilly, du consen- 
tement de Geoffroi (le Barbu). 

Copie du xvi« s., Arch. d'Indre-et-Loire, H 489 ; copie du xvii* s., ibid. 



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CATALOGUE d' ACTES 295 

175. —21 juin 1040-20 mai 1064. 

Notice du don fait aux moines de Marmoutier par le prévôt 
Érard d'un serf nommé Guibert à condition qu'il soit affranchi, 
lui et les siens, du consentement du comte Geoffroi, qui con- 
firme. 

Livre des serfs de Marmoutier, éd. Salmon, n<» 14. 

Cen» elles suivants sontposlérieurs à la mort de Foulque Nerra elanlërieurs à 
celle de Tabbé Albert, qui y est cité, et qui mourut le 20 mai 1064 (Prou, Vac- 
qaisHion du Gàtinais sous Philippe /•', loc. cil.^ p. 6 du tir. à part). 

176. — 21 juin 1040-20 mai 1064. 

Hugue de Rocé donne aux moines de Marmoutier l'église 
Saint-Martin près Belléme, du consentement de ses suzerains Ive, 
évêque de Sées, Eude, frère du roi Henri, et Geoffroi, comte 
d'Anjou, qui souscrivent. 

Orig., Arch. de l'Orne, H 2205. — Éd. : Cartul. de Marmoutier pour le 
Perche, éd. Barret [Documents sur la prov. du Perche, 3* série, n*» 2, 1894), 
p. 13, d'après Toriginai. 

Ce sont les chartes n*»* 7 et suiv. du Csiriul. de Marmoutier pour le Perche, qui 
permettent de dire que cet acte est, comme le précédent, antérieur à la mort de 
l'abbé Albert. 

177. — 21 juin 1040-20 mai 1064. 

Notice du jugement par lequel le comte Geoffroi, sur la plainte 
d'Albert, abbé de Marmoutier, déboute Frou (Fredulfus) le Bigot 
de ses prétentions sur le cens et la dîme de treize arpents qu'il 
avait enlevés à Marmoutier. 

Copie du xviii« s., Coll. dom Housseau, vol. XIW, n^ 6712, d'après le 
Çarlul. tourangeau de Marmoutier, fol. 58. 

178. — 6 déc. 1047-20 mai 1064. 

Notice de la donation faite au monastère de Marmoutier par 



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296 LE COMTÉ d' ANJOU 

Févêque d*Angers Eusèbe d'une terre sise près de Chalonnes et 
dite Mansura Gausberti. Le comte Geoffroi souscrit. 

Orig. ou copie contemp., Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Marmou- 
tier, prieuré de Chalonnes, n® 5. 

Poslérieur à rordinalion de Tévéque Eusèbe, qui est du 6 déc. 1047 (voir p. 120); 
comme les n*" précédents, antérieur à la mort de l'abbé Albert, nommé dans 
Tacte. 



179. —2 nov. 1049-20 mai 1064. Chinon. 

Notice. Geoffroi Papebeuf confirme la remise faite jadis 
par feu le prévôt Érard aux moines de Marmoutier du péage 
et du tonlieu sur ses terres, ainsi que le don fait auxdits moines 
par Renaud, fils de BaTdoul, du quart denier auquel il avait droit 
sur ce péage et ce tonlieu. Le comte Geoffroi acquiesce. 

Marcheg^y, Archives d'Anjou^ t. II, p. 3^. 

Postérieur à la mort du prévôt (de Tours) Érard, lequel vivait encore après le 
1«' nov. 1049, puisqu^il souscrit encore en même temps qu' Érard, évoque de 
Nantes, après cette date (GaUia christ., t. XIV, col. 810), la charte n«»87 du Cartul. 
Trin, de Vendôme, éd. Métais. 

180. — 1066, 2 août. 

Notice racontant comment Geoffroi (Martel) avait, à la fin de 
sa vie, renoncé aux coutumes injustes qu'il exigeait des hommes 
de Saint-Florent de Saumur à Saint-Martin-de-la-Place, mais 
comment Geoffroi (le Barbu), son neveu et successeur, après 
avoir tout d'abord confirmé cette renonciation, n'en avait plus, 
par la suite, tenu aucun compte et comment finalement les 
moines de Saint-Florent firent par un jugement de Dieu éclater 
leur bon droit. 

Livre noir de Saint-Florent, fol. 99. — Éd. : Marchegay, Archives d'Anjou, 
t. I, p. 472. 

181.-1066. 

Geoffroi (le Barbu) ratifie la donation faite aux moines de 



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CATALOGUE d'aCTES 297 

Saint-Maur de Glanfeuil par Guérin le Français et sa femme de 
biens sis à Bouman. 

CariuL de Saini-Maur^ n® 17. 

182. — 1067, H mars. Saint-Florent de Saumur. 

Notice. Les moines de Saint-Florent, qui s'étaient vus, à la 
suite de la prise de Saumur par Foulque (Nerra), dépouillés d'une 
partie^ de leurs biens et expulsés de l'église du château de Sau- 
mur et auxquels Geoffroi(le Barbu) n'avait restitué que le domaine 
et Téglise de Meigné, obtiennent enfin réparation de Foulque (le 
Réchin), qui venait de se rendre maître de la ville de Saumur. 
L'acte est souscrit, entre autres, par le « comte » Foulque (le 
Réchin) et par le légat du Saint-Siège Etienne, sur l'interven- 
tion duquel Foulque a fait droit aux réclamations des moines. 

Orig.. Arch. de Maine-et-Loire, H 1840, n<* 9. — Éd. : Sainte-Marthe, 
Gallia chrisL, t. IV, p. 395. 

L'acte est daté de 1067, an 8 du roi Philippe, an 12 de Sigon, 5 des ides de 
mars. L an 8 de Philippe va du 23 mai 1066 au 22 mai 1067 ; Tan 12 de Sigon, du 
30 oct. 1066 au 30 oct. 1067 : c'est donc bien ici, suivant Tusage, le style moderne 
qui est suivi. 

183. — 1067, 11 mars-3 août. Chinon. 

Renaud donne à l'abbé Raimond et aux moines de Bourgueil 
des coUiberts habitant à Coziacus, Foulque (le Réchin) souscrit. 

Copie du xvni« s., Coll. dom Housseau, vol. IP, n° 565, d'après le Car- 
tul. de Bourgueil, fol. 37 v®. 

Cet acte, antérieur à la mort de l'archevêque de Tours Barthëlemi (9 avril 
1068), qui souscrit, se place évidemment pendant la période intermédiaire entre 
le n* 182 et le n» 185, où Foulque usurpa une première fois le pouvoir ; car on 
sait (voir p. 148, n.) que sa seconde usurpation fut postérieure à la mort de Bar- 
thélemi. 

184. — 1067, 11 mars-3 août. 

Notice du don fait aux moines de Saint-Nicolas d'Angers par 
Hardouin, seigneur de Trêves, conjointement avec sa mère 



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298 LE COMTÉ d' ANJOU 

Thilde, des bois du Fouilloux et de la Carterie. Le comte Foulque 
(le Réchin) confirme. 

Extrait du xviii» s., Coll. dom Ilousseau, vol. XIII*, n® 9594, d'après le 
Cariul. de Saint-Nicolas, fol. 120. 

Pour la date, cf. n» 183 : en 1068, Hardouin de Trêves trahit Foulque et fut 
chassé de Trêves, où il ne rentra pas (voir n» 212). L'acte est donc donné au 
temps de la première usurpation du Réchin. 

185. — 1067, avant le 4 août. Chaumont-sur-Loire. 

Geoffroi (le Barbu) confirme la fondation d'un collège de cha- 
noines faite dans le monastère de Saint-Georges de Paye par 
Aimeri, seigneur du lieu. Foulque, frère de Geoffroi (le Barbu), 
souscrit, ainsi que le roi Philippe P*". 

Analyse par A. Du Chesne, Hisi. généalogique de la maison de Bélhune, 
PreuveSy p. 10. Réédition de cette analyse dans Prou, Recueil des actes de 
Philippe i»»", n» 33. 

Daté de 1067, an 7 de Philippe !•*. Cf., pour cette date. Prou, loc, cil. 

186. — 1067, 7 août. Chaumont-sur-Loire. 

Robert de Sablé et sa femme Avoie donnent aux moines de 
Marmoutier Téglise de Saint-Malo, les autres églises de Sablé, 
diverses terres, dont une destinée à la construction d'un bourg, 
et divers droits. Geoffroi (le Barbu) souscrit, ainsi que Philippe, 
roi de France, et Baudouin, comte de Flandre, au siège de Chau- 
mont-sur-Loire. Juliette, femme de Geoffroi, et Foulque, frère de 
Geoffroi, consentent. 

Orig., Arch. d'Indre-et-Loire, H 306, n° 2. — Éd. : Prou, Recueil des 
actes de Philippe /«>•, n^ 34. 

187. — 30 oct. 1055-9 avril 1068. Thouarcé. 

Notice relatant la confirmation accordée par Geoffroi, comte 
d'Anjou, à la fondation faite par Isembard, seigneur de 
Thouarcé, son sénéchal, d un prieuré de Saint-Florent de Sau- 
mur dans l'église Saint-Jean de Thouarcé et la démarche faite 



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CATALOGUE d'aCTES 299 

par ledit comte auprès de Geoffroi de Preuilly pour obtenir sa 
confirmation. 

Livre blanc de Saint-Florent y fol. 17. 

Au temps deSigon, abbé de Saint-Florent depuis le 30 oct. 1055 (Hist. de Saint- 
Florent^ p. 296 des Chron. des églises d'Anjou)^ et de Barthélemi, archevêque de 
Tours, mort le 9 avril 1068 [Gallia christ.^ t. XIV, col. 63). La présence du séné- 
ehal Isembard nous fait penser qu'il s'agit ici de GeofTroi le Barbu. 

188. — 1061-1068, un 13 avril. Angers. 

Geoffroi (le Barbu) souscrit la charte par laquelle la comtesse 
Grécie avait donné aux moines de Saint-Nicolas d'Angers un 
fournil près Grevia. 

Copie du XVIII* s., d'après le CartuL de Saint-Nicolas y Coll. dom Hous- 
seau, vol. III, n<> 941. — Éd. : EpitomeS, Nicolai, p. 48. 

189. — 21 juin 1040-18 juin 1068. 

Notice du don fait au monastère de Marmoutier par Josselin 
Bodel d'un coUibert nommé Guismand et de sa postérité. Geof- 
froi, comte d'Anjou, souscrit. 

Livre des serfs de Marmoutier y éd. Salmon et de Grandmaison, n® 89, et 
append., ii<> 9 ; CartuL vendant, de Marmoutier y n^ 115. 

Postérieur à la mort de Foulque Nerra ; antérieur, ainsi que les n"" suivants, à 
Teraprisonnement définitif de Geoffroi le Barbu, c'est-à-dire au IK juin 1068, au 
plus tard (voir n» 211). 

190. — 1«' avril 1046-18 juin 1068. 

Notice de l'accord intervenu entre le monastère de Notre- 
Dame-de-la-Charité et Girois de Beaupréau au sujet de la Cour- 
de-Pierre. Geoffroi, comte d'Anjou, témoin. 

CartuL du Ronceray, n^ 175. 

Postérieur à la mort de la comtesse Hildegarde (!•' avril 1046 : voir p. U, n. 1). 

191. — 1055-18 juin 1068. 
Notice. Foulque Normand, (seigneur) de Montrevault, et 



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300 LE COMTÉ d'aNJOU 

Mahaud, sa femme, ratifient le don de la moitié de l'église 
Saint-Jean de Montrevault fait au monastère de Saint-Serge 
d'Angers par le voyer d'Angers Bemon, fils d'Ansaud. Le comte 
Geoffroi approuve. 

Copie du xvin» s., ms. lat. 5446, p. 279, d'après le f*' Cartul. de Saint- 
Serge, no233. 

De 1055 au plus tôt, car le prédécesseur de Foulque Normand, Roger, était 
encore seigneur de Montrevault en 1055 (ms. lat. 5446, p. 261) et le resta même, 
semble-t-il, quelques années après. 

192. — 14nov. 1060-18 juin 1068. 

Augier et Valence, sa femme, donnent à Notre-Dame de 
Cunault les colliberts Constantin et Gautier avec leur mère 
Autrude, du consentement de Geoffroi (le Barbu) et de son frère 
Foulque. Geoffroi (le Barbu) souscrit. 

Copie contemp., Arch. du prieuré de Cunault, à Cunault, vol. 1, pièce 
no6. 

Cet acte et les suivants sont postérieurs à la mort de Geoffroi Martel et anté- 
rieurs à l'eroprisonnement définitif de Geoffroi le Barbu (antérieur lui-même au 
19 juin 1068). 

193. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. 

Notice. Geoffroi (le Barbu) confirme le don fait par Geoffroi 
(Martel) au monastère de Notre-Dame-de-la-Charité d'Angers 
du droit de panage pour deux cents porcs dans ses forêts. 

CartuL du Roncerat/y n° 7. 

194. - 14 nov. 1060-18 juin 1068. 

Notice de la restitution faite aux religieuses de Notre-Dame- 
de-la-Charité d'Angers par Geoffroi (le Barbu) des combres 
construites par elles sous le pont de la Maine à Angers et que 
Geoffroi (Martel) leur avait enlevées. 

Ibid., no 63. 

195. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. 

Notice. Robert le Bourguignon et Blanche, sa femme, donnent 



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CATALOGUE D ACTES 

aux religieuses de Notre-Dame-de-la-Charité la « villa » d 
nillé, du consentement du comte Geoffroi « le Jeune » 
son frère Foulque. 

Ibid.y n° 164. 

196. — 14nov. 1060-18 juin 1068. 

Notice. La comtesse Agnès s'étant emparée de certaines ' 
que les moines de Saint-Aubin d'Angers avaient concédé 
gèrement à la comtesse Hildegarde, et le comte Geoffroi (] 
les ayant, après son divorce avec Agnès, données à Rou 
Breton, Geoffroi (le Barbu), à la mort dudit Rouaud, les i 
au monastère, du consentement de son frère Foulque. 

CartuL de Saint-Aubin, n° 72. 

197. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. 

Geoffroi « le Jeune » confirme les dons faits au monasi 
Saint- Aubin d'Angers sur le territoire du Lion-d'Angers 
Ibid., n» 164. 

198. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. 

Geoffroi « le Jeune » fait remise aux moines de Saini 
d'Angers de toutes les coutumes qu'il possédait sur un ar] 
terres sis à Saint- Remy -la- Varenne, réserve faite du 
militaire. 

Ibid., no 179. 

199. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. 

Notice de la donation de tous ses biens faite par Renai 
ger au monastère de Saint-Aubin d'Angers, au mom 
revêtir l'habit monastique. Geoffroi (le Barbu) sousci 
frère Foulque, témoin. 

Ibid,, n» 263. 

200. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. 

Notice des dons faits au monastère de Saint- Aubin d 



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302 LL COMTÉ D*ANJOO 

par Thibaud de Jarzé dans le bois de Rougé. Geoffroi « le Jeune » 
souscrit. 

Ibid.,n^ 269. 

201. — U nov. 1060-18 juin 1068. 

Geoffroi (le Barbu), mettant à exécution une promesse faite 
peu avant sa mort par son oncle Geoffroi (Martel), restitue aux 
moines de Saint-Maur de Glanfeuil les serfs André, Guillaume 
et Renaud. 

CartuL de Saint-Maur, n<> 49. 

202. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. . 

Notice du don fait par Geoffroi « le Jeune » à Saint-Florent 
de Saumur de la dîme de ses fours et de ses moulins de Sau- 
mur, de remplacement d*un four et de la vente des noix, en vue 
de contribuer à l'éclairage de l'église. 

Livre noir de Saint-Florent, fol. 98 v°. 

203. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. 

Notice. Geoffroi « dit le Barbu », du consentement de son 
frère Foulque, confirme le don fait aux moines de Saint-Nicolas 
d* Angers par Hubert Ragot de Téglise de Cheffes et d'un terrain 
destiné à la construction d'un prieuré et d'un bourg. 

Vidimus de Torig., de Tan 1407, scellé du sceau de la cour aux contrats 
d'Angers, Arch. de Maine-et-Loire, 11 552, n® 1 ; analyse du xviii* s., d'après 
le Cartul. de Saint-Nicolas, fol. 37, dans le ms. fr. 22450, p. 166. 

204. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. Angers. 

Geoffroi (le Barbu) et (son frère) Foulque apposent leur sous- 
cription au bas de Tacte par lequel Hugue, comte du Maine, 
avait confirmé la fondation du monastère de Saint-Pierre de 
Solesmes faite par Geoffroi de Sablé. 

Çartul, de Saint-Pierre de la Couture et de Saint-Pierre de Solesmes, 



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CATALOGUE D^ACTES 303 

n« 9, d'après un vidimus de l'an 1408, où toutes les souscriptions ont été 
bouleversées. 

L'acte fut confirmé, le 30 mars 1073, à Bonneville-sur-Touques par Guillaume le 
Conquérant. 

205. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. 

Geoffroi (le Barbu), pour le repos de Fâme de son oncle et pré- 
décesseur Geoffroi (Martel) et pour qu'on célèbre régulièrement 
au monastère de Saint-Serge d'Angers, le 30 avril, Tanniversaire 
de la mort de son père Geofifroi, donne aux moines dudit monas- 
tère une pêcherie sur la Maine, appelée Tractu,» Testriij et le 
droit de panage pour cent porcs dans ses forêts. La comtesse 
Juliette souscrit. 

Copies du xviii" s., d'après le y®' CartuL de Saint-Serge^ n» 36, ms. lat. 
5446, p. 247, et Coll. dom Housseau, vol. 11^, n° 659. —Éd. : Sainte-Marthe, 
Gallia christiana, t. IV, p. 822, d'après le cartulaire. 

206. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. 

Notice de la sentence rendue par Geoffroi (le Barbu), prescri- 
vant la restitution aux moines de Saint-Serge d'Angers de deux 
arpents de vignes, que leur avait enlevés Geoffroi (Martel), 
pour les donner à son chapelain Bernaud, et dont Robert, frère de 
ce dernier, prétendait hériter. 

Copie du xvm« s., ms. lat.. 5446, p. 248, d'après le f»' CartuL de Saint- 
Serge y n» 37. 

207. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. Vihiers. 

Foulque (le Réchin), ayant hérité, à la mort de son oncle Geof- 
froi (Martel), de la châtellenie de Vihiers, abandonne aux moines 
de Marmoutier, à la prière de Sebrand (seigneur de Chemillé), 
les coutumes qu'il possédait à Gautrèche. 

Copie contemp., Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Marmoutier, carton 
13 ; copie du xiv« s., CartuL vélin de Chemillé, n° 81, Arch. de Maine-et- 
Loire ; copie duxv« s., CartuL papier de Chemillé, fol. 32, n® 61, ibid. 



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304 LE COMTÉ D^ANJOU 

208. — U nov. 1060-18 juin 1068. 

Notice. Foulque (le Réchin), auquel Geoffroi (Martel) avait, 
entre autres, légué le château^ de Vihiers, à condition de tenir 
tous ses bieiis en fief de son frère Geoffroi (le Barbu), héritier du 
comté, fait remise à Saint-Florent de Saumur, du consentement 
dudit Geoffroi (le Barbu), des coutumes qu'il avait sur la terre 
de Saint-Georges, dépendant de Vihiers. 

Livre noir de Saint-Florent y fol. 29 v®. 

209. — 1066 (?).i8 juin 1068. 

Agnès, veuve de Hubert de Durtal et épouse de Renaud de 
Maulévrier, donne au monastère de Saint-Aubin d'Angers les 
églises de Gouis, Durtal et Châtelais. Geoffroi (le Barbu) sous- 
crit. 

CartuL de Saint-Aubin, n» 287. 

M. Bertrand de Broussillon {CartuL de Saint-Aubin, t. III, p. 227) indique que 
cette charte est de 1066 au plus tôt ; nous ignorons ses raisons. 

2i0. - 5 avril 1067-18 juin 1068. 

Notice. Geoffroi « le Jeune » oblige Fouchard de Rochefort- 
sur-Loire à réparer le tort qu'il avait commis envers les reli- 
gieuses de Notre-Dame-de-la-Gharité d'Angers en contraignant 
leurs métayers de la Cour-de-Pierre à charrier des palissades des- 
tinées à enclore son château, pendant que ledit Geoffroi était en 
prison à Sablé. 

CartuL du lionceray, n*» 176. 

Postérieur au moment où GeofTroi sortit de la prison de Sablé, dans laquelle il 
fut enfermé le 4 avril 1067 (voir p, i46). 

211. —1068, 19 juin. 

Le comte Foulque (le Réchin), revenant du siège de Trêves, 
qu'il avait détruit le jour même, et entré enfin en possession du 



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CATALOGUE d' ACTES 305 

comté « qui lui revenait par droit héréditaire et par la donation 
de son oncle Geoffroi », confirme les privilèges du monastère de 
Saint-Jouin-de-Marnes. 

Cartulaire de Sainl-Jouin-de-Marnes^ éd. de Grandmaison, dans les 
Mém. de la Soc. de statistique du départ, des Deux-SèvreSj t. XVII, 1854, 
2* partie, p. 20, d'après un vidimus de l'an 1521. 

Le vidimus du xvi' s., qui donne le lexte de cet acte, porte la date : jeudi, jour 
des saints Gervais et Protais, 13 des calendes de juillet, an 1059, indiction 6. 
C'est en Tannée 1068 que le 19 juin tombait un jeudi et que Tindiction était 6 : 
il faut donc sans hésitation corriger 1059 en 1068. 

212. — 1068 env. (après le 19 juin 1068). 

Foulque (le Réchin), neveu de Geoffroi « Martel », ayant 
détruit le château de Trêves, qu'il avait pris à Hardouin, fils de 
Geoffroi le Fort, fait, pour subvenir aux besoins de ce dernier, 
qu'il avait châtié de sa défection imprévue en le privant de tous 
ses patrimoines et en le faisant aveugler, divers dons au monas- 
tère de Saint-Nicolas d'Angers, où il venait d'embrasser la vie 
monastique, et confirme aux nioines dudit lieu la possession de 
la terre.de Cumeray. 

Copie du xviii« s., Coll. dom Housseau. vol. IP, n° 735, et analyse du 
xviii" s., ms. fr. 22450, p. 164, d'après le Cartul. de Saint-NicolaSt fol. 25. 

De peu postérieur au n* 211. 

213. — 1068. 

Notice. Robert le Bourguignon donne au monastère de Saint- 
Florent de Saumur le coUibert Létard et sa progéniture. Le 
comte Foulque, neveu de Geoffroi « dit Martel », confirme. 

Livre noir de Saint-Florent^ fol. 137 v°. 
Daté de Tan 1, mois 3* du « consulat » de Foulque. 

214, — 1069, 21 avril. Baugé. 

Notice du désistement par Aubri, Geoffroi et Bernon, fils du 
prévôt d'Angers Geoffroi, de leurs prétentions sur la terre de 
Halphbti. — Le comté d'Anjou, 20 



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)6 LE COMTÉ D ANJOU 

'onnet, d abord paries deux premiers à Angers, le 6 avril 1069, 
lis par le dernier, quinze jours après, à Baugé. Foulque (le 
échin) témoin. 

Carlul. Trin, de Vend., n° 216. 

215. _ 1070, 24 mai. Angers. 

Foulque (le Réchin) donne à Saint-Florent de Saumur une 
rre, des bœufs et un bois sis aux Ulmes. 

Orig., jadis scellé (?) sur double queue de parchemin, sans repli, Arch 
Maine-et-Loire, H 1840, nMl. 

216. — 1068-12 juin 1070. Angers. 

Notice. Foulque (le Réchin) confirme la concession faite aux 
^ines de Saint- Aubin d'Angers par son oncle Geoffroi (Martel) 

droit de prendre sur les terres comtales le bois de chauffage 

de charpente. 

ZarluL de Saint-Aubiriy n^ 7. 

Lcte où paraît TabbéSigon, mort le 12 juin 1070 {Ann. de Saini-Florenl^p. 119 
Recueil d'ann. angev.et vendôm.). 

217. ~ 1070, 28 août. Tours. 

Foulque (le Réchin) donne la « villa » et Téglise de Vontes au 
)nastère de Gormery. 

^éartuL de Cormery, éd. Bourassé, n° 41. 

218. — 1070-1071. 

>îotice. Bouchard, seigneur de TIsle-Bouchard, donne Rivière 
ç religieux de Marmoutier pour les dédommager des torts qu'il 
r avait causés à Tavant en défendant son fief contre Geoffroi 
Liel, son oncle, qui voulait le lui ravir. Foulque (le Réchin) 
loin. 



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CATALOGLE d'aCTES 30' 

Copie du xviii« s;, Coll. dom Housseau, vol IP n® 769, d'après le Cartm 
tourangeau de Marmoulier, fol. 33 v°. , 

Daté de Tan 7 de l'abbé de Marmoutier Barthélemi, abbé depuis Tannée 106 
( GalUa ch rUL, t. XIV, col. 204). 



219. — 1072, 12 mai. Saint-Serge d'Angers. 

Foulque (le Réchin) donne au monastère de Saint-Serg 
d'Angers 1 église Saint-Symphorien de Rochefort. 

Copies d'après le i^^ Carlul. de Saint-Serge, n<* 340 : copie authentiqu 
du 7 avril 1629, Bibliotb. d'Angers, ms. 838, anc.754, pièce n» 6 ; du xviii 
s., ms. lat. 5446, p. 288, et dans Coll. dom Housseau, vol. IP, n® 770. 



220. - 1072. Tours. 

Foulque (le Réchin) souscrit, en même temps que Tarchevêqu 
de Tours Raoul et que Tévêque d'Angers Eusèbe, Pacte relatan 
l'accord intervenu entre les monastères de la Trinité de Ven 
dôme et de Saint-Aubin d'Angers au sujet du prieuré de Saint 
Clément de Craon. 

CartuL Trin, de Vend. y n° 234; CartuL de Saint- Aubin, n<> 731. 

221. — 1073, S mars. 

Notice. Foulque (le Réchin), neveu de GeofFroi « dit Martel >: 
fait droit aux réclamations des moines de Marmoutier et de leu 
abbé Barthélemi, qui étaient venus se plaindre à lui des exac 
lions commises par ses agents. 

Copies du xviii's., d'après Torig., conservé alors à Marmoutier, layetl 
de Lavaré, Coll. Moreau, vol. 30, fol. 226, et ms. lat. 5441 *, p, 93 ; copie 
du XVIII® s., d'après le Carlul. tourangeau de Marmoutier, fol. 41, dar 
Coll. dom Housseau, vol. 11^, n°» 773 et 776. 

222. — 1068-13 mai 1073. 
Odile et ses enfants donnent à l'abbé GeoITroi et aux moim 



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308 ' LE COMTÉ d'aNJOU 

de Notre-Dame de Noyers une terre sise à la Manse, pour y 
construire un prieuré. Foulque (le Réchin) souscrit. 

CartuL de NoyerSy éd. Chevalier, n« 40. 
La charte est contemporaine de la suivante. . 

223. — 1068-13 mai 1073. 

Notice des concessions faites aux moines de Notre-Dame de 
Noyers par Bouchard, seigneur de TIsle-Bouchard, en vue de la 
construction du prieuré de la Manse. Foulque (le Réchin) sanc- 
tionne et souscrit. 

Ibid.y no 51. 

Painni les témoins, Raoul, « alors doyen, plus tard archevêque de Tours ». Or 
Raoul fut consacré archevêque le 13 mai 1073 {Ann. dites de Renaud^ p. 88 du 
Rec, d'annales angev. et vendâm.). 

224. — 1068-13 mai 1073, 

Geoffroi, fils d'Alleaume, donne aux moines de Notre-Dame de 
Noyers le quart des sépultures et des offrandes de quatre fêtes 
dans Téglise de Crouzilles, à condition qu'il jouira de droits 
équivalents dans Téglise que lesdits moines étaient en train de 
construire à la Manse et à la condition qu'il recevra d'eux une 
maison à tenir à cens; il leur donne, en outre, la dîme de la 
terre sur laquelle ils construisent Téglise susdite, à condition 
qu'il recevra au moment de sa mort Thabit monastique soit à la 
Manse, soit à Noyers, suivant son gré. Foulque (le Réchin) sous- 
crit. 

Ibid.y no54. 

Contemporain des n»' précédents, puisqu'il y est question du prieuré en cons- 
truction à la Manse. 

223. — 1073, 23 juin. Angers. 

Les religieuses de Notre-Dame-de-la-Charité d'Angers noti- 
fient l'élection de Tabbesse Leburgis, faite du consentement du 



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CATALOGUE d' ACTES 309 

comte Foulque, ainsi que l'investiture du temporel et la consé- 
cration qui lui ont été accordées, Tune par le comte, lautre par 
Tévéque Eusèbe. Foulque (le Réchin) et Tévéque Eusèbe sous- 
crivent. 

CariuL du Honceray, n*» 16. 

226. - 4073. Angers. 

Foulque, neveu de Geoffroi « dit Martel », renouvelle aux 
moines de la Trinité de Vendôme Tautorisation de s'appi^ovi- 
sionner de bois dans les forêts de ses domaines. 

Cartul. Trin. de Vend., n» 239. 

227. — 1074, août. Angers. 

Notice de la restitution de Téglise de Cheviré, faite au monas- 
tère de la Trinité de Vendôme par Bon de Blaison, sur Tinterven- 
tion et en présence de Foulque (le Réchp), qui, lors d'une 
bataille contre les Poitevins, avait fait vœu de s'y employer. 

Ibid., n« 245. 

228. — 1068-13 janvier 1075. 

Notice du don fait aux moines de Notre-Dame de Noyers par 
Gui de Nevers, alors seigneur de Nouâtre, du serf Hubert avec 
sa femme, ses enfants et ses biens, du consentement du comte 
Foulque, qui le lui avait précédemment donné. Foulque sous- 
crit. 

Cartul. de Noyers, éd. Chevalier, n" 50. 

Antérieur au 14 janvier 1075, date où Bouchard III, comte de Vendôme, qui 
avait été jusque-là sous le bail de Gui de Nevers, tant pour le comté de Vendôme 
(Pétigny, Hist. archéolog. du Vendômois, 2« éd., p. 344-348) que pour le fief de 
Nouàtre [Cartul. de Noyers, n»" 116-118), commença à exercer le pouvoir (Car- 
tul. de la Irin. de Vend., n" 247 ; cf. le n" 249). 

229. — 1068-20 janvier 1076. 

Foulque (le Réchin) donne au monastère de Saint-Serge d'An- 



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310 LE COMTÉ d' ANJOU 

gers deux mesures [mansurae) de terre dans la forêt de Cham- 
biers. La comtesse Ermengarde (sa femme) souscrit. 

opie du xvni«s., ms. lat. 5^46, p. 275, d'après le /**" Carful. de Saint- 
gre, n» 200. 

ntërieur au 21 janv. 1076, puisqu 'à cette date (voir p. 169) Foulque épousa 
tngarde. 

230. — 1076, avant le 13 mai. Cunault. 

Foulque (le Réchin), passant à Cunault en se rendant èi Angers, 
[ine aux moines dudit lieu deux métairies, l'une à Louerre, 
litre à Sauge. 

)rig. ou copie conlemp., Arch. de Maine-et-Loire, G 842, fol. 279. — 
, :Marchegay, BibL de V École des Chartes, t. XXXVI, 1875, p. 405. 

^até de Tan de la Passion 1044, avant la Pentecôte. 



231. — 1076, 17 mai. Angers. 

Foulque (le Réchin), pour le salut de sa femme Orengarde, 
nne au monastère de Saint-Nicolas d'Angers une partie de la 
'et des Échats. 

Hopie du XVIII» s.. Coll. dom Rousseau, vol. III, n^ 789, d'après le Car- 
. de Saint-Nicolas, fol. 123 ; analyse du xvii® s., d'après le cartul.. Coll. 
iuze, vol. 38, fol. 50 v^. — Éd. : Epitome S. Nicolai, p. 68. 

^até du 16 des calendes de juin, troisième jour après la Pentecôte ; or Orcn- 
de à épousé Foulque le 21 janvier 1076 (voir p. 169) et se fit relifçieuse le 
lin 1080 (voir n" 236) : donc l'acte est de 1076-1080 ; mais c'est seulement en 1076 
, pendant ces cinq années, le 17 mai tomba le troisième jour de Pentecôte. 



232. — 23 mai 1074-3 août 1076. 

Foulque (le Réchin), pour le repos de Ta me de son père Geof- 
i et de sa mère Ermengarde, de son oncle, le comte Geoffroi, 
de son aïeul, le comte Foulque, donne aux moines de Notre- 
me et Saint-Philibert de Cunault le droit de faire un four libre 
toute redevance, en échange de Tassociation spirituelle pour 



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CATALOGUE D^ACTES 3H 

lui et ses parents, a Fait après la destruction du château de 

Trêves. » 

Orig., titres non reliés du prieuré de Cunault, à Cunault, 

Daté de Tan 16 du roi Philippe : si l'on a compté l'aq du rèjpie depuis le cou- 
ronnement (23 mai 1059), Tacte se place entre le 23 mai 1074 et le 22 mai 1075 ; si 
on Ta compté depuis la mort de Henri I" (4 août 1060), l'acte se place entre le 
4 août 1075 et le 3 août 1076. 

233. — 1076 et après. 

Notice. Girard Follet, prévôt d'Angers, qui avait sauvé la vie 
à Foulque (le Réchin), quand celui-ci, blessé grièvement à la 
jambe, à la suite d'un accident de cheval, et quittant le siège de 
la Flèche pour se faire transporter par eau à Angers, faillit 
sombrer dans le Loir près de la porte de Gorzé, et qui avait reçu 
du comte, en récompense de ce service, une pêcherie à la Roche- 
Béhuard, en fait don à Saint-Nicolas d'Angers. Foulque (le 
Réchin) ratifie ce don à Angers, dans sa chambre. 

Copie du XVIII» s., Coll. dom Ilousseau, vol. III, n° 989, d'après le Carlul, 
de Saint-Nicolas j fol. 15 ; analyse, d'après le cartul., ms. fr. 22450, p. 163. 

Cette notice se rapporte au premier siège de la Flèche, en 1076 {voir p. 182-183). 

234. — 1077. 

Notice. Foulque (le Réchin) confirme Tachât fait par les moines 
de Marmoutier de vingt-cinq arpents sis près du lieu appelé 
ad Praxinum, 

Copie partielle du xviii«s.,Coll. dom Housseau, vol. XIP, n® 6723, d'après 
le Cartul, tourangeau de Marmoutier, fol. 87 v<*. 

235. — 1068-1077. 

Notice relatant que les chanoines de Saint-Maurille d'Angers 
ayant réclamé la dîme des moissons récoltées par les moines de 
Saint-Nicolas d'Angers sur les terres défrichées par ceux-ci 
dans le bois de Villenière, les chanoines furent invités par 
Tévêque Eusèbe et le comte Foulque à soumettre un champion 



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312 LE COMTÉ D ANJOU 

à répreuve de Feau bouillante et que cette épreuve tourna à 
leur désavantage. Foulque (le Réchin) témoin. 

Copie du XVII" s., par A. Du Chesne, Coll. Du Chesne, vol. 26, fol, 66 ; 
ms. lat. H792, fol. 148. — Éd. : Epitome S. Nicolai, p. 66 ; Marchegay, 
Archives d'Anjou^ 1. 1, p. 474, diaprés VEpitome et la copie de la Coll. Du 
Chesne. 

De 1077, au plus tard, parce que parmi les témoins figure le doyen Robert, lequel 
mourut en cette année, au plus tard (Gallia christ,^ t. XIV, col. 588). 

236. — 1080, 9 juin, Tours, puis 9 septembre, Notre- 
Dame-de-la-Charité d'Angers. 

Foulque (le Réchin), pour la remise de ses péchés et ceux de sa 
femme Orengarde, qui se fait religieuse, abandonne aux moines 
de Saint-Florent de Saumur tous ses droits d'usage sur le châ- 
teau de Saint-Florent-le- Vieil, à condition qu'ils paieront aux 
religieuses de Beaumont-lès-Tours un cens de cinquante sous 
(9 juin, Tours). — Il confirme la charte le lendemain de la Nati- 
vité de la Vierge, dans le cloître de Notre-Dame-de-la Charité 
d'Angers. 

Livre blanc deSaini-Florent, fol. 3. 

237. — 1080. 

Foulque (le Réchin) confirme la remise de droits de péage 
accordée par Geoffroi « Martel » au monastère de Saint-Nicolas 
d'Angers pour un bateau de transport sur la Loire. 

Analyses du xviii* s. d'après le Cariul. de Saint-Nicolas, fol. 13 ou 14 : 
ms. fr. 22450, p. 162, et Coll. dom Housseau. vol. XIIH, no9510. 

Daté de l'an de l'ordination de l'abbé Noël : 1080 ^voir Port, Dictionn,, t. III, 
p. 11). 

238. — 1068-1081, un 4« dimanche de carême. Baugé. 

Notice du jugement rendu par Foulque (le Réchin), sur la 
plainte des moines de Saint-Serge d'Angers, aux termes duquel 



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CATALOGUE d' ACTES 313 

il est enjoint aux fourriers du comte de ne réclamer aucim four- 
rage au cimetière de Téglise Saint-Martin de Beauveau. 

Ménage. Hist. de Sablé, p. 354, d'après le /«' Cartul. de Saint-Serge, 
fol. 103 v», n» 201. 

Au temps de l'évêque Eusébe (mort le 27 août 1081 : voir Obit. de Saint-Serge, 
p. 108 du Recueil d'ann. angev. et vendôm.)^ un « dimanche de mi-carôme ». 

239. — 1068-H avrai082. 

Notice. Foulque (le Réchin) donne aux moines de Saint-Serge 
d'Angers une église qu'il venait de construire à Vendangé avec 
ses dépendances et une partie de la terre et du bois de Monnais. 

Copies du xvii* s., d'après le /•' CariuL de Saint-Serge, n^ 188, dans ms. 
lat. 5446, p. 177 (le scribe a eu Torig. sous les yeux), et dans Coll. dom Hous- 
seau, vol IP, n*» 625. — Éd. partielle : Sainte-Marthe, Gallia christ,, t. IV, 
p. 822, d'après le cartulaire. 

Antérieur à la mort de l'abbé Daibert (11 avr. 1082 : Obit. de Saint-Serge, 
p. 108 du Recueil d*ann. angev. et vendôm.)^ qui paraît dans l'acte. 

240. — 1068-7 mai 1082. 

Hugue de Langeais, du consentement de ses frères Hamelin 
et Geoffroi, le doyen, ainsi que de son suzerain Geoflfroi de 
Mayenne et du comte d'Anjou, <( le très victorieux » Foulque, 
donne au monastère de Bourgueil la moitié de la terre de Cha- 
lonnes et le tiers de la voirie que tenait de lui son vassal Gautier. 
Foulque (le Réchin) souscrit. 

Copie du XVII» s., Coll. Baluze, vol. 38, fol. 183, d'après le Cartul, de 
Bourgueil, fol. 97 ; copie du xviii« s., Coll. dom Housseau, vol. III, n^ 936, 
d'après le même cartul. ; copie du xix« s., par Salmon, Biblioth. de Tours, 
ms. 1338, fol. 312, d'après une copie du même cartul. dans le cartul. de 
dom Fouquet, p. 133. 

Le doyen Geoffroi, nommé ici, fut consacré évêquc d'Angers le 8 mai 1082 
(ilTiTi. de VcFid., p. 65 du Recueil d'ann. angev. et vend, et n. 4 ; ibid., p. 45). 
Si nous ne savions déjà par ailleurs (voir p. 148, n.) que Foulque le Réchin ne ren- 
versa définitivement son frère qu'après la mort de l'archevêque Barthélemi 
(9 avril 1068), on pourrait faire valoir que cet acte, étant souscrit par l'archevêque 
Raoul, est postérieur à cet événement. 



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314 LE COMTÉ d' ANJOU 



241. —1081 OU 1082(7). 

Notice du don fait à l'église de Saint-Etienne-en-Val par Guil- 
ime de Montsoreau de Téglise et du bourg de Saint-Pierre de 
lleio et de la confirmation du comte Foulque. 

[]opie du xviiic s., Coll. dom Housseau, vol. III, n° 934, d'après le Cartul. 
Saint-Étienne-en-Val^ fol. 3. 

Daté : « quand le légal Aimé vint à Tours » = 1081 ou plutôt 1082, d'après la 
rr&tio conlroversisB^ etc., publ. dans les flisl. de Fr.^ t. XII, p. 459, en tenant 
■npte des observations faites plus haut, p. 198, n. 3. 

242. — 1082, 13 septembre. Saint-Maurice d'Angers. 

Notice de l'accord intervenu entre le comte Foulque « le Jeune » 
l'évêque d'Angers GeolTroi au sujet de la juridiction des crimes 
îdultère et d'usure commis par des laïcs. 

[Copies du xvii« s., d'après le Livre noir de Saint -Maurice dWngers^ 
. 37 vo, no 53 : par A. Du Chesne, dans Coll. Baluze, vol. 39, fol. 62 v»; 
même vol., fol. 51 ; Biblioth. d'Angers, ms. 690, anc. 624, fol. 361. 
pie du xviiie s., d'après la môme source, dans Coll. dom llousseau, 
l. III, no 844. 

243. — 1083, 6 janvier. Angers. 

Notice du jugement rendu par GeolTroi, évêque d'Angers, 
loul, archevêque de Tours, Foulque, comte d'Anjou, et Renaud, 
mmé depuis archevêque de Reims, reconnaissant les droits 
s moines de Saint-Nicolas d'Angers sur l'église de Champtocé, 
le Renaud Méchin [Mischinus) leur avait donnée, mais que 
ubert le Borgne, gendre dudit Renaud, avait vendue aux 
oines de Saint-Florent de Saumur. 

Copie du xviii« s.. Coll. dom Housseau, vol. III, n° 829, d'après le Car- 
f. de Saint- Nicolas. 

[)até du jour de l'Epiphanie. Or l'acte est postérieur à la consécration de Geof- 
li comme évèque d'Anj^crs, c'est-à-dire au 8 mai 1082 (Voir n" 240), et aute- 
ur à l'avènement de Renaud de Montreuil-Bellay, trésorier de Saint-Martin de 
urs, à rarchevôché de Heims, c'est-à-dire A la fin de l'an 1083 (voir GalUa chrixt., 
X, col. 75). Il est donc du 6 janvier 10S3. 



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CATALOGUE D^ACTES 31; 



244. — 1068-1083. 

Don à Tabbé Raimoad et aux moines de Bourgueil par ur 
certain Bouchard de Téglise Sainte-Croix de Tours et de diven 
biens qu'il tenait en Qef du comte d'Anjou. Foulque (le Réchin 
souscrit. 

Copie du xviii« s., d'après Tôrig., ms. lat. 17127, p. 201 ; copie di 
XVII* s., dans Coll. Baluze, vol. 38, fol. 185, et du xviu® s., dans Coll. don 
Housseau, vol II*, n® 567, d'après le CartuL de Bourgueil, fol. 339. 

" Souscrit par Renaud de Montreuil-Bellay, encore trésorier de Saint-Martin d( 
Tours (voir n» 243). 

245. — 1068-1083. 

Notice du don fait aux moines de Marmoutier par Foulque (h 
Réchin) en la cour de Raoul, archevêque de Tours, des coutumes 
qu'il possédait sur la terre d'Angliers. 

Marchegay, Carlulaires du Bas-Poitou, p. 90, d'après Torig. 

La charte est souscrite par Alleaume de Semblançay. II ne peut s'agir qu< 
d'AUeaume I", mort en 1083 (Charte orig. des Arch. d'Indre-et-Loire, H 324 
copie dans Coll. dom Housseau, vol. III, n«» 849), car Alleaume II, qu'on trouve pos 
térieuremenl à 1091 (voir A. de la Ponce, Recherches géné&l. sur.,, les seignean 
de Semblançay^ dans les Mém. Soc. archéol. de Touraine, t. VI, 1854, p. 169 el 
suiv.), ne paraît pas dans les chartes au temps de GeolTroi Fouel et de GeoiTroi 
Papebeuf, qui souscrivent également. 

246. — 1068-1084. Au siège de Maillé, puis à Tours. 

Foulque (le Réchin) con!îrme de sa souscription la notice 
relatant la concession faite aux moines de Pontlevoy par le 
vicomte de Blois Geudouin de divers droits en la forêt Seutica^ 
d'une terre sise à Villare et de deux familles de serfs. — Ud 
peu plus tard. Foulque ayant revendiqué ce qu'il avait ainsi 
concédé, les moines vont le trouver à Angers, puis à Tours, 
et, en échange d'un vase d'argent valant huit livres, il leui 
confirme le don précédent. 

Orig. scellé d'un sceau plaqué au revers de Tacle, Arch. de Loir-et- 
Cher, fonds de Pontlevoy. — Éd. : Bcvue de Loir-et-Cher, t. XV, 1902, 



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316 LE COMTÉ d' ANJOU 

p. 145. Sceau reproduit et décrit par M. de Manteyer, dans les Mém, de Ut 
Soc. des antiquaires de France, t. LX, 1901, p. 332 et suiv. 

L'acte du début est souscrit par Thibaud de Rochecorbon, mort à une date 
antérieure à 1088, date où son fils Robert lui avait succédé (Livre des serfs de 
Marmoutier^ éd. Salmon, n" 117), et par Sulpice de Chaumont, mort À une date 
antérieure à 1085, puisque son fils lui avait déjà succédé quand GeofTroi de Preuilly 
devint comte de Vendôme {Gesta Ambaz,, p. 185 des Chron. des comtes d'Anjon), ' 



247. — 1085, 7 mai. Marmoutier, 

Foulque (le Réchin) pose sur l'autel du monastère de Marmou- 
tier la charte par laquelle il avait, relevant d'une grave maladie, 
donné audit monastère, où il désire recevoir plus tard la sépul- 
ture, toute la forêt Canevosa^ dont son chapelain Robert était 
déjà venu, le 14 mars, faire la remise aux moines. 

Copies d'après Torig. scellé d'un sceau plaqué : du xvii* s., par dom 
Martène, dansms. lat. 12878, fol 311 ; du iviii^^ s., dans Coll. dom Housseau, 
vol. III, no 881. 

248. — 1068-21 décembre 1087. 

Josselin de la Pouèze et sa femme Plaisance donnent aux 
moines de Saint-Nicolas d'Angers les coutumes de la terre de 
la Goumonière et une partie de la forêt à défricher. Foulque (le 
Réchin) confirme moyennant dix livres. 

Analyses du xviii* s., Coll. dom Housseau, vol. XIII*. n<» 9563, et ms. 
fr. 22450, p. 171, d'après leCariuL de Saint-Nicolas, fol. 82. 

L'acte est antérieur au 22 décembre 1087, parce qu'il est souscrit parle prévôt 
d'Angers Robert le Maréchal, prédécesseur de Girard Follet, qui paraît comme 
prévôt au n» 250 (Cf. Le Moyen Age, t. XV, 1902, p. 318). 

249. — 1087, avant le 13 décembre. Saumur. 

Notice racontant les revendications exercées par un . chevalier 
de Doué, nommé Gérard Belin, sur un alleu appartenant à Saint- 
Florent de Saumur et comment TafTaire, portée à Saumur 
devant le comte Foulque et Tévêque Geoffroi, ne put y être 
tranchée, Gérard n'ayant pas eu de témoins à produire. — Peu 



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CATALOGUE d' ACTES 317 

après, le 13 décembre 1087, un accord a lieu à Doué par devant 
Geudouin, seigneur du lieu, et Grécie, son épouse. 

Orig., Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Saint-Florent, prieuré de 
Dénezé. 

250. — 1087, 22 décembre. Saint-Aubin d'Angers. 

Notice de la réparation faite aux moines de Saint-Aubin par 
Foulque (le Réchin), neveu de Geoffroi «Martel », pour les rede- 
vances injustes qu il avait levées sur leurs troupeaux. 

Cartul, de Saint- Aubin, n® 8. 

251. — 1087. 

Foulque « le Jeune », revenant de Tincendie du Lion-d'Angers, 
fait remise à Saint-Aubin d'Angers de toutes les coutumes qu'i 
possédait à Saint-Remy-la-Varenne, réserve faite du service 
militaire. 

Ibid., no 182. 

252. — 1068-1089. 

Evrard, chevalier de Loudun, donne à l'abbé Raimond et au: 
moines de Bourgueil une église sise à Mont-Saint-Léger. Foulqu 
(le Réchin) souscrit. 

Copie du XVIII* s., ms. lat. 17127, p. 157, d'après Torig. ; copie du xvii* s 
Coll. Baluze, vol. 38, fol. 188, d'après le CartuL de. Bourgueil, fol. 47 
copie du XVIII» s., Coll. dom Housseau, vol. IP, n® 570, d'après le cartul. 

Antérieur, ainsi que les n'* suivants, à la mort de Tabbé Raimond, auquel Bai 
dri succéda en 1089 (Pasquier, Baudride Bourgueil^ p. 275). 

253. — 1068-1089. 

Evrard renouvelle la précédente donation et y ajoute les dîmei 
offrandes et sépultures de Téglise. Foulque (le Réchin) souscri 

Copie du xvin« s.,ms.lat. 17127, p. 164. d'après Torig. ; copie du xvii» j 
Coll. Baluze, vol. 38, fol. 188 ro-v*», d'après le CarluL de Bourgueil, k 



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318 LE COMTÉ d'aNJOU 

50 v» ; copie du xviii* s., Coll. dom Housscau, vol. IP, no570/)w, d'après 
1 e cartul. 

254. — 1068-1089. 

Evrard, au moment où son fils embrasse à Boui^ueil la vie 
nastique, confirme aux moines du lieu les donations précé- 
ites et y ajoute les droits de justice, qu'il avait d'abord rete- 
5. Foulque (le Réchin) souscrit. 

lopie du XVII" s., Coll. Baluze, vol. 38, fol. 189, d'aprèsle Cartul. de Bour- 
ily fol. 47 r»- y» ; copie du xviii* s., Coll. dom Ilousseau, vol. IP, n^ 571, • 
près le cartul. 

255. — 1090, 31 janvier. Loches. 

Foulque (le Réchin) donne aux moines de Bilangcrio le 
maine de Ghannay pour y constiniire une église. Son fils 
oflfroi confirme et fait apposer son sceau à l'acte. 

lopie du XVIII» s., Coll. dom Ilousseau, vol. III, n® 914, d'après Torig^. 
c « sceau arraché ». 

256. — 1090, 24 avril. 

Foulque (le Réchin), d'accord avec Bertrade, son épouse, et 
offroi, son fils, restitue Tîle Saint-Maur aux moines de Saint- 
mr de Glanfeuil. 

]artuL de Saint-Maur, no 23. 

>essin du sceau plaque aulrefois à Tacte dans le cartul. orig. de Saint-Maur, 
8 v, reprod. dans l'éd. Marcheçay, p. 323. 

257. — 1090, l®*" décembre. Angers. 

Notice de la promesse faite aux moines du Mont-Saint-Michel 
5 les terres et les vignes qu'ils possédaient alors en Anjou et en 
araine ne seraient pas saisies en cas de délit commis en Nor- 
ndie ou ailleurs. Foulque (le Réchin), qui reçoit trente livres, 
i fils Geoffroi et Tévêque d'Angers Renaud souscrivent, ainsi 
B Técolâtre Marbeuf et Geoffroi de Mayenne. 



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CATALOGUE D ACTES 

Copie de la fin du xiii® s., dans le Livre vert du Mont-Saint- 
Biblioth. dWvranches, ms. 210, fol. 77 (anc. 73). — Éd.: Gallia chr 
t. XI, Instrum., col. 108, d'après le Livre vert. 

258. — 23 décembre 1087-mars 1091. Angers. 

Notice relatant comment Geoffroi de Preuilly vint à A 
trouver le comte d'Anjou et l'ayant rencontré assis dans si 
derrière Geoffroi Fouchard, son sénéchal, et Geudouin de 
alors à cheval et le faucon au poing, obtint dudit comte 1 
Grmation des donations faites au prieuré de Thouarcé par 
bard le Jeune, seigneur du lieu. 

Livre blanc de Saint-Florent^ fol. 21. 

Postérieur au 22 déc. 1087, date où le sénéchal du comte était encore 
(voir p. 192, n. 2) ; antérieur à une nouvelle confirmation accordée par Gec 
Preuilly pendant le carême de Tannée 1091 (Livre blanc de Saint-Florent, 

259. — 1091, 25 avril. Saint-Maurde Glanfeuil. 

Foulque (le Réchin) confirme les dispositions prises p 
oncle au sujet du droit de panage des moines de Saint-M 
Glanfeuil. 

CartuL de Saint-Maur, n© 38. 

Vendredi [sexla feria)^ 3» jour après la saint Denis (22 avril) = \ 
25 avril. Or GeofTroi, « fils de Fouchard », qui se fit moine à Saint-Florent 
mur le 25 août 1089 {Livre blanc de Saint-Florent, fol. 33 v»-34 r"), et S 
connétable du comte depuis 1085 env. (voir p. 192, n. 3), paraissant l'un c 
dans l'acte, cet acte est des années 1090-1093, et ce n'est qu'en 1091 que, 
ce laps de temps, le 23 avril est tombé un vendredi. 

260. — 1091, 4 septembre. 

Foulque (le Réchin), ayant reconstruit le château de 1 
obtient des moines de Cunault la restitution du port et du r 
de Trêves, qu'il leur avait concédés lorsqu'il avait détruit ] 
teau, et leur fait remise, en échange, de tous les droits de ^ 
qu'il possédait sur leur «villa », sauf dans les cas d'homicid 
crimes entraînant la peine de mort, leur donne la terre de L 



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320 LE COMTÉ d'aNJOU 

leur confirme les dons que leur avait faits Geoffroi « Martel » et 
son épouse Agnès. 

!<• Copie de septembre 1243, dans un vidimus orig. de Joël, archevêque 
de Tours, d'après l'orig. «scellé «de la charte de Foulque le Réchin, Arch.de 
Maine-et-Loire. G 826, fol. 30 ; copie de l'an 1560, dans un vidimus orig. 
de Guillaume Maillet, sergent royal du bailliage de Gennes, d'après le 
même orig., «scellé en queue simplede cire jaulne», ibid., fol 31 ; copie du 
XVI* s., dansun vidimus donnée Loudun. d'après une copie de Tan 1301 de 
la charte de Foulque « scellée », ibid.y fol. 40. — 2° Notice de la donation 
de Foulque, orig., Archives du prieuré de Cunault, à Cunault, vol. 1, 
pièce n°l, avec la croix du comte. 

L'acte est daté de 1091, ind. 14, 2 des nones de septembre, « feria IIII h : 
il y a là une légère erreur, car c'est un jeudi et non un mercredi que tombait le 
4 septembre en 1091. 

261. — 1091, après le 24 février. Dans la maison de Guichard 

de Montbazon. 

Fouque (le Réchin) et son fils Geoffroi confirment la donation 
faite au monastère de Marmoutier par Archembaud, fils d'Ulger, 
de toutes les coutumes qu'il possédait au Louroux [Loratorium). 

Copies du xviii« s., d'après le Cartul, tourangeau de Marmoutier y {o\. 178, 
Coll. dom Housseau, vol.XII*. n® 6772 ;Coll. dom Fontencau, à la Bibl. de 
Poitiers, vol. 17, p. 389 ; Coll. Moreau, vol. 36, fol. 222, copie incomplète. 

Daté de 1091 , 8* année de l'abbé Bernard : celui-ci fut nommé abbé après le 
24 février 1084, date à laquelle mourut son prédécesseur Barthélemi (Salmon, 
Chron. de Touraine^ préface, p. cvn). 



262.— 1092, 27 juillet. Saint-Nicolas d'Angers. 

Foulque (le Réchin) confirme aux moines de Saint-Nicolas 
d'Angers les dons qui leur ont été faits par son oncle Geoffroi 
(Martel) et leur rend la dîme du panage de Monnais. Hélie^ 
comte du Maine, souscrit. — Geoffroi (Martel), fils de Foulque (le 
Réchin), souscrit la charte un peu plus tard, un samedi. 

Copie du xviii<*s., Coll. dom Housseau, vol. Ill, n° 937, d'après le Cartul. 
de Saint-Nicolas, — Éd. : Epitome S. Nicolai, p. 49. 



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CATALOGUE D ACTES 



321 



263. — 1092,27 juillet. Saint-Nicolas d'Angers. 

Foulque (le Réchin) souscrit la charte par laquelle la com- 
tesse Grécie avait donné aux moines de Saint-Nicolas d'Angers 
un fournil près Grevia, 

Cf. n» 188. 

- 264. — 1092, 7 décembre. Angers. 

Notice de la sentence rendue par Foulque « le Jeune », inter- i 

disant à son prévôt Giraud de réclamer des coutumes sur les | 

terres des chanoines de Saint-Maurice d'Angers sises à Long- 3 

champs. | 

Copie du XVII*' s., Bibl. d'Angers, ms. 689, aiic. 623, fol. 309 v°, d'après le A 

Livre noir de Saini-Maurice, fol. 38, n° .")6. 5 

265. — 1092, 30 décembre. Saumur. 

Notice du jugement par lequel Foulque (le Réchin) et Robert 
le Bourguignon déboutent Burnellus de Saumur de ses préten- 
tions sur la dîme de Mazières et de Pancereis. 

Livre noir de Saint-Florent^ fol. 44. 

Daté de l'an « MXCIII, III" kal. januarii, V» feria »». C'est en 1092, et non en 
1093, que le 30 déc. tombait un jeudi : on avait donc change le millésime à Noël. 

266. — 1092. Amboise. 

Giraud donne au monastère de Preuilly Téglise Saint-Pierre 
et Sainte-Juliette de Luigniaco, Foulque (le Réchin) souscrit. 

Copie du XVIII" s.. Coll. dom Rousseau, vol. III, n^ 931, d'après les « ïir- 
chives de l'abbaye de Preuilly ». 

267. — 8 mai 1085-6 février 1093. 

Foulque (le Réchin) donne au monastère de Saint-Sauveur de 
Villeloin tout ce qu'il possède dans la « villa » à^Hispaniacus, 
Halpbb.n. — Le comté d'Anjou. 21 



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322 LE COMTÉ d'aNJOU 

Copie du xvn« s., par A. Du Chesue, Coll. Du Chesne, vol. 22, fol. 
436, et du XVIII" s., dans Coll. dom Iloifssoau, vol. H"^, n° 616, d'après le 
Cariul. de Villeloin, fol. 56 v». 

Souscrit par le sjnéchal Pierre, qui n'était pas encore en fonctions le 7 mai 1085 
et qui ne Télait plus le 7 fyvrier 1093 (voir p. 192, n. 2). 

268. — 1093, 17 octobre. 

Notice de la donation faite par Hélie, comte du Maine « par 
droit de naissance », à Téglise Saint-Gervais et Saint-Protais du 
Mans de toutes les coutumes des terres de Villiers, Pruillé, 
Villegermain, Marcé, Savigné, Mulsanne, Bener, Maule. Foulque 
(le Réchin) témoin. 

Chartul, inslgnis ecclesiae CenoniannensiSj quod dicilur Liber alhus^ 
11° 118. 

Daté : le jour de la translation de la châsse de saint Julien dans la nouvelle 
éjflisc=:=l7 oct. 1093 {.ictus ponlif. Cenomannis in urbe degentiam. éd. Bussuu et 
Ledru, p. 39i). 

269.'— 1093, 4 décembre. 

Foulque (le Réchin) décide que désornrais le change de la 
monnaie et la vente des épices aura lieu exclusivement pour 
Angers et les faubourgs dans la cour du chapitre de Saint-Mau- 
rice d'Angers. 

Copie du xviii« s., Coll. dom Housseau, vol. III, n© 957, d'après le Livre 
noir de Saint-Maurice d'An<jerH, fol. 38 v*», u° 57 ; copie du .wii^ s., par 
A. Du Chesiie, Coll. Baluze, vol. 39, fol. 62 v°, d'après un registre de 
Saint- Maurice. — Ed. incomplète : Clioppin, De legibus Andiuni municipa- 
libus, t. I"»-, p. 106 (éd. de 1581). 

270. — 1093. 

Aimeri, (ils de Machel de Saintes, donne aux moines de 
Bourgueil l'église Saint-Michel de Langeais pour y fonder un 
prieuré. Foulque (le Réchin), pour le repos de l'âme de son 
oncle Geolîroi « Martel », souscrit. 

Orig., Piblioth. de Reims, Coll. Tarbé, carton i,n° 25. 



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CATALOGLE D ACTES 323 

271.— 1068-1093. 

Notice du jugement par lequel Foulque (le Réchin) oblige 
Eon de Blaison à renoncer aux droits de voirie auxquels son 
voyer prétendait sur des terres de Saint- Nicolas d'Angers. 

Analyse du xviii® s.,-4ns. fr. 22450, p. 170, d'apros le Cartul. de Saint- 
Nicolas, fol. 69- * 

Parmi les témoins, Girois de Beaupréau, dont le fils, Orri, avait recueilli la suc- 
cession en 1093, au plus tard, au temps de l'abbë de Saint-Serge Achard (voir le 
n«69 du 2* Cartul. de Saint-Serge, analysé dans G. Durville, Le cartulaire de 
Saint'SergCy p. 110). 

272. —1094, 24 juin. Saint-Florent de Saumur. 

Hugue de Die relève Foulque (le Réchin) de Texcommunica- 
tion lancée contre lui pour avoir tenu son frère Geoffroi en pri- 
son ; Foulque s'engage en échange, au cas où Geoffroi revien- 
drait à la raison, à s'accorder avec lui ou à s'en remettre à un 
tribunal ; il promet, en outre, de ne plus contracter de 
mariage sans prendre conseil des évêques. 

IlisL de Fr., t. XIV, p. 791 ; Cartul. de Saint-Laud, n^ 16. 

272 bis. — 1074-1093, un !«•• mai. Saumur. 

Notice du jugement par lequel Foulque (le Réchin) déboute 
Thomas de Chinon de ses revendications sur la Cour-de-Pierre. 

Cartul. du Ronceray, n° 177. 

Au temps de l'abbessc llichilde, c'est-à-dire postérieurement au 23 juin 1073 
(voir n" 225), et de l'archidiacre Marbeuf, c'est-à-dire avant mars 1096, date où 
Marbeuf fut nommé évèque de Rennes (Port, Dictionnaire/i. II, p. 587). 

273. — 1095. Saint-Serge d'Angers. 

Foulque (le Réchin) donne aux moines de Saint-Serge d'An- 
gers une grande partie de la forêt de Verrières. Son fils Geoffroi 
souscrit. — La charte est donnée « au temps où la France était 
souillée par l'adultère de l'indigne roi Philippe ». 



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324 LE COMTÉ D*ANJOU 

Copies d'après le h^ CirtuL de Saint-Serge y n** 163 : du xvii* s., par 
A. Du Ghesne, Coll. Baluze, vol. 39, fol. 71 ; du xviii" s., dans ms. lat. 
")446, p. 268 ; du xyiii" s., par Bouhier, dans ms. lat. 17709, p. 17 ; du 
xviii» s., Coll. dom Housseau, vol. III, n^ 980. — Éd. : Sainte-Marthe, Gallia 
chris/iana^ t. I, p. 764, et t. Il, p, 129, d'après le cartulaire. 

274. — 1095. Angers. 

Foulque (le Réchin) juge un différend survenu entre les moines 
de Saint-Nicolas d'Angers et Geoffroi Rorgon, seigneur de 
Candé, au sujet de la terre d'Etriché, et abandonne lui-même tous 
les droits qu'il possédait sur cette terre. 

Copie du xviii" s., Coll. dom Housseau, vol. III, n<>981, d'après Torig. 
scellé d'un sceau <« en placard », représentant « un cavalier habille de 
toutes pièces, avec ces mots autour iSigillum comitis Fulconis. » 

275. — 1096, 12 février. Angers. 

Foulque (le Réchin) confirme, en même temps qu'Urbain II, et 
appose sa souscription à la charte par laquelle Renaud, fils de 
.Robert le Bourguignon, avait fondé et doté le monastère de la 
Roë. 

Copie du xii" s., dans le CirliiL de la Ro^^, fol. 3, n*» 1. — Éd. : Baluze, 
Miscellanea, t. III, p. 18. 

275. — 1096, li février. Saint-Nicolas d'Angers. 

Foulque (le Réchin) donne au monastère de Saint-Nicolas 
d'Angers, le jour où le pape Urbain II procède à la dédicace de 
son église, trois charruées de terre dans la forêt des Ëchats, ainsi 
que la terre et le bois d'Avalou. 

Copie du xvn« s , Biblioth. d'Angers, ms. 839, anc. 755, fol. 50. — Epi- 
tome 5. Nicolaiy p. 64. 

Une notice di Tan 10 JS rappelle cette donation ; elle est éditée dans le Brevi- 
culiim S. yicolai. p. 27, VKpitome S. Nicolai^ p. 29, le Cartul, de Saint-Aubin^ 
n" 889, et se trouvait au fol. 70 du Carlid. de Saint- Nico las, suivRnl le ms. fr. 22450. 

277. — 1096, 10 mars. Marmoutier. 
Notice racontant comment Foulque « le Jeune », après avoir 



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CATALOGUE d' ACTES 323 

assisté, le 9 mars, à la harangue dans laquelle Urbain II avait 
déclaré solennellement confirmer les privilèges du monastère de 
Marmoutier, avait lui-même accordé, le lendemain, sa protec- 
tion aux moines, lors de la dédicace de l'église par le pape et à la 
prière de ce dernier. 

Hist. de Fr., t. XIV, p. 69 ; reproduit dans le De comme ndatione Turon. 
provinciae, p. 315 de Salmon, Recueil des chron. de Touraine, 

278. — 1080-mai 1096. 

Notice du jugement rendu par devant Foulque (le Réchin), 
déclarant mal fondée l'opposition faite par les moines de Saint- 
Nicolas d^Angers à Tachât de la terre de Montreuil-sur-Maine 
conclu par les religieuses de Notre-Dame-de-la-Charité. 

CartuL du Ronceray, n» 225. 

Au temps de Noël, abbé de Saint-Nicolas de 1080 à mai 1096 (Port, Diclionn,, 
t. III, p. 11). 

279. — 1096, 23 juin. Angers. 

Foulque (le Réchin), du consentement de ses fils GeofTroi et 
Foulque [Fulconellus] et de sa fille Ermengarde, qui souscrivent, 
donne à Téglise Saint-Maurice d'Angers et à Tévêque GeofTroi 
tout ce qu'il possède dans Tîle de Chalonnes, en échange d'une 
somme de cinq mille sous angevins. 

Copies d'après le Livre noir de Saint-Maurice, fol. 42, n° 65 : de Tan 
1613, Arch. de Maine-et-Loire, G 87, n» 5 ; du xvii® s., Bibl. d'Angers, 
ms. 688, anc. 622, n» 50, et ms. 690, anc. 624, vol. I, fol. 362 ; du xviii« s.. 
Coll. dom Rousseau, vol. III, n° 990. — Éd. : Sainte-Marthe, Gallia chris- 
tiana, t. II, p. 128 ; Migne, Patrol. lat.^ t. CLV, col. 479. d'après le précé- 
dent. 

280. — 1096, 22 août. Angers. 

Foulque « le Jeune » donne la forêt des Echats, en échange 
d'une somme de six mille sous, au monastère de Saint-Nicolas 
d'Angers, où repose le corps de son oncle GeofTroi (Martfel). 



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326 LE COMTÉ d'aîs'jou 

Geoffroi et Foulque, fils de Foulque (le Réchin), et Ermen^rde, 
sa fille, souscrivent Tacte le 2i août. 

Copie contemp., mutilée, au couvent des religieuses du Bon-Pasteur, à 
Angers. — Copie du xviii«s., Coll. dom Ilousseau, vol. 111, n^ 1018. d'après 
le Cariai, de Saint-Micolas, fol. 6 ; analyses du xvin« s., Coll. Baluze, 
vol. 38, fol. 49, et du xviii» s., ms. fr. 22450, p. 161, d'après le cartulaire. — 
Kd. : Breviculum S, Nicolniy p. 28 ; Epitome S. Nicolai, p. 30. 

281. — 1096. Tours. 

Foulque (le Réchin) et son fils Geoffroi souscrivent la notice 
relatant la donation de Téglise Notre-Dame et Saint-Florentin 
d'Amboise faite aux moines de Ponllevoy par Hugne, seigneur 
de Chaumont, et Aimeri de Courron, au moment de leur départ 
pour la Terre Sainte. En échange de la confirmation accordée 
par les deux comtes, les moines devront prier tous les lundis 
pour le salut de leurs âmes et celles des soldats morts à ]m. 
bataille de Pontlevoy. 

Orig., autrefois scellé d'un sceau plaqué, Arch. de Loir-et-Cher, fonds 
de Pontlevoy. — Éd. : Bévue de Loir-et-Cher, t. XV, 1902, col. 201. 

La date est donnée par les Gesla Ambaz. (p. 1X8 des Chron. des comtes d^ Anjou) ^ 
où l'on lit que le départ de Hugue et d'Aimeri pour la Terre Sainte eut lieu en 
1096. 

282. — 1084-1096. 

Notice de la sentence par laquelle Foulque (le Réchin) rejette la 
réclamation formée par Aimeri le sellier contre la convention 
qui avait attribué à Saint-Aubin d'Angers le Bourg-de-la-Rive. 

Cartul. de Saint- Aubin, n^ 414. 

Postérieur au n* 403 du même Cartulaire (108 i), d'après le contexte; antérieur à 
la nomination comme abbé de Saint-Maur de Glanfcuil, en 1096 [Ann. dites de 
Renaud, p.89 du Rec. d'ann. angev. et vendôm.]^ de Gérard, qui souscrit en qua- 
lité de prieur de Saint-Aubin. 

283. —1098 (?), 16 février. Saumur. 

Notice du jugement rendu par Foulque (le Réchin) et ses 
barons, déclarant mal fondées les revendications d'Aubri, gendre 



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CATALOGl'E d'aCTES 321 

de Ilugue Mange-Breton, sur la voirie que les moines de Saint- 
Florent de Saumur avaient rachetée dudit Hugue. 

Orig., Arch de Maine-ct- Loire, H 18V0, 11° S. 

Daté du 16 février, mardi, 3» jour de carême, «onçordnnce qui ne se trouve, 
entre 1067 et 1109, que dans les années 1076, 10S7, 109S ; or l'année 1076 est à 
écarter, parce que Huj^ue Manj?e-Bret(mélait aloi*s encore en vie ; l'année 10H7 csl 
de même à écarter parce que, parmi les témoins, figure Pa'ien tle Mirebeau. dont le 
père, Guillaume, était encore seig^neurau temps de l'abbé de Bourfjrueil Haudri. 
nommé abbé en 1089 (Coll. Baluzc, vol. 3K, fol. 196 v . 



28i. — 1098, 14 mars. Angers, au palais épiseopal. 

Gérard, abbé de Saint-Aubin d'Ani^^ers, raconte comment, 
sur sa demande, Foulque (le Réchin) avait consenti à resti- 
tuer à son monastère le bois de Pruniers, la tentative faite 
auprès du comte par les moines de Saint-Nicolas d' Angers 
pour empêcher cette restitution et obtenir pour eux-mêmes 
la cession dudit bois, le procès qui en résulta entre les deux 
monastères et comment enfin, en présence de nombreux clercs 
et laïcs et sur la déposition du comte Foulque lui-même, 
le droit de Saint-Aubin fut reconnu. 

CartuL de Saint-Aubin, n» 108. 

285. — 25 déc. 1096-8 nov. 1098. Saumur. 

Notice des revendications exercées par les moines de Saint- 
Aubin d'Angers sur la forêt des Echats, donnée précédemmeni 
aux moines de Saint-Nicolas d'Angers par Foulque (le Réchin), 
qui soutient ces derniers et renouvelle le don qu'il leur avait 
fait. 

Copies du XVIII'' s., d'après lo Cartul. do Snint-Xicnlns^ (]oll. dom Ilous- 
seau. vol. 111, 11° 1022, et nis. lat. 12088. fol. r»!.— Kd. : nrrviculuni S. Xico- 
lai, p. 27 ; Epilonic S. iWicolni, p. 21) ; Cartul. de Saint-Aubin, n^ 880. 

Cette charte est donnée en même temps et au même lieu que le duel relnté au 
n" 2«6. 11 est du 25 déc. 1090 au plus tôt, j)arre (pic Ilildeberl, évêque du Mans 
depuis cette date (l)ieudonné, Ilildehert de Lavardin, p. \\0\ y paraît en cette 
qualité : il est antérieur à un accord intervenu apiès coup entre Sainl-.Vubin el 
Saint-Nicolas, le 8 nov. I09S [Cartul. Suint- Aubin, n" H90j. 



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328 LE COMTÉ DANJOU 



286. — 25 déc. 1096-8 nov. 1098. 

Notice du jugement par lequel Foulque (le Réchin) et ses 
assesseurs, pour mettre un terme aux contestations survenues 
entre Aimeri de Trêves et Lambert, abbé de Saint-Nicolas d'An- 
gers, ont ordonné de recourir au duel judiciaire et du refus de 
combattre opposé au moment du duel par Aimeri en la cour du 
comte, à Saumur. 

Copies du xviii* s., d'après le Carlul. de Saint-Nicolas ^ fol. 26, Coll. dom 
llousseau, vol. III, n» 1001, et Bibl. d'Angers, ms. 706, anc. 636, p. 36; ana- 
lyse, ms. fr. 2241)0, p. 165. 

Au n* précédent, il est dit que le duel judiciaire était fixé au même jour que 
les débats entre Saint-Aubin et Saint-Nicolas pour la forêt des Échats. 

287. — 1099, 12 avril. 

Notice du jugement rendu par Foulque (le Réchin) et ses 
barons, aux termes duquel Gaudin de Malicorne, qui prétendait 
tenir la terre de TOnglée en fief de Robert le Bourguignon, est 
mis en demeure d'en faire donner la preuve par ce dernier en la 
cour du comte, le 12 juin suivant, à Baugé. 

CartuL de ^aint-Laud, n*» 20. 

288. — 1068-1099. 

Notice racontant les démêlés survenus au sujet d'un héritage 
entre des serfs de Foulque (le Réchin) et des serfs du monastère 
de Marmoutier. Un premier jugement est rendu au temps de 
Tabbé Barthélemi (1064-1084) par Gui de Nevers et Robert le 
Bourguignon contre le comte et ses serfs ; mais ceux-ci refusent 
de s'y soumettre. Sur l'intervention du comte et de son consen- 
tement, un accord a lieu finalement au temps de Fabbé Bernard 
(1084-1099). 

Livre des serfs de Marmoutier^ éd. Salmon, n° 116. 



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CATALOGUE D ACTES 

289. — HOO, n. st., 3 février. Angers. 

Notice de Taccord intervenu entre les' moines de Saint-Nic 
et les chanoines de Saint-Laud d'Angers par devant Foulqui 
Réchin), à Angers, au sujet des bois du Fouilloux [boscus C 
munalis). 

Analyse du xvn« s., d'après le Car lui. de Sainl-Nicolas^ fol. 72, < 
Baluze, vol. 38, fol, 50 ; du xviii® s., d'après le même, Coll. dom H 
seau, vol XIII',, n^ 9552. — Notice rappelant le môme fait, dans le Ca 
de Saint-Laud, n*» 11. 

L'acte est daté de l'an 1099, 3 des noncs de février, vendredi : c'est en l'an 
que cette concordance eut lieu. 

290. — HOO, 3 février. 

Notice de la confraternité conclue entre le chapitre de Se 
Laud et le monastère de Saint-Nicolas d'Angers par de^ 
révêque Geofîroi et le comte Foulque. Ce dernier décide que 
dîmes de Saint- Jean-des-Marais, de Saint-Jean-de-Linières e 
Villenière seront désormais partagées entre les deux égli 
de même que le droit de panage dans le bois du Fouille 
contesté jusqu'alors entre les moines et les chanoines. 

Breviculum S. Nicolai, p. 33 ; EpilomeS. Nicolaij p. 36 ; Cartul. de Si 
Laudy no 74. 

Le passage relatif au bois du Fouilloux montre que Tacte est exactement 
tcmporain du précédent. 

291. — 1068-7 juillet 1100. 

Notice de la cession de Técluse de Rusebouc faite par Foui 
(le Réchin) aux chanoines de Saint-Laud et aux religieuses 
Notre-Dame-de-la-Charité d'Angers. 

Cartul. du Ronceray, n° 100 ; Cartul. de Saint-Laud, n° 7. 

Antérieur au n" suivant, où il est dit que l'ancienne écluse, dont on ordonr 
la destruction, était restée intacte, malgré cela. 



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330 LE COMTÉ d'aNJOU 

292. —1100, 8 juillet. Saint-Laud d'Angers. 

Notice. Foulque (le Réchin) concède aux chanoines de Saiat- 
Laud d'Angers moyennant trois cents sous Tancienne écluse de 
Rusebouc, dont il avait ordonné antérieurement la destruction. 

CarluL de Snint-Laud , n^ 18. 

293. — 1100, 30 novembre. 

Notice du don fait aux moines de Saint-Nicolas d'Angers par 
Foulque de Mateflon, au moment de son départ pour Jérusa- 
lem, de la dîmed'Azé, en échange d'une somme de mille sous et 
rentrée au monastère de son neveu Robert d'Arbrissel. Foulque 
(le Réchin) témoin. 

Analyses du xviii'^ s., d'après le Cartul. de Saint-NicnlaSy fol. 67, ms. fr. 
22450, p. 470, et Coll. dom Rousseau, vol. XIII^, n» 9548. 

29t. — 1100. 

Foulque (le Réchin) rend aux moine^ de Saint-Nicolas d'Angers 
le pertusage perçu sur leur marché [pertusagium feriae nostrae). 

Analyse du xviii® s., Coll. dom Housseau, vol. XIII*, n° 9551, d'après le 
Cartul. de Saint-Nicolas, (o\, 69 v«. 

295. — 1068-16 déc. 1101. Durtal. 

Notice du jugement par lequel Foulque (le Réchin), père de 
Geofîroi « Martel » et de Foulque « le Jeune », déboute Renaud 
de Craon des prétentions qu'il élevait sur un prieuré de Mar- 
moutier. 

Bertrand de Broussillon, La maison de Craon, t. ï, p. 45, n'^^O, diaprés 
une copie incomplète de la Coll. dom lïousseau, vol. III, n** 1050. 

Antérieur à la mort de Renaud de Craon, survenue le 16 dëc. 1101 (Bertrand 
de Broussillon, op. cil., p. 27). 

296. — Mars 1096-1101. 
Notice d\in jugement par lequel Foulque (le Réchin), GeofFroi 



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CATALOGUE d'aCTES 3o 

de Mayenne, évêque d'Angers, Marbeuf, évêque de Rennes, et pli 
sieurs autres grands laïques et ecclésiastiques déboutent Renai 
Chaignard de ses revendications sur un domaine donné à Sain 
Aubin d'Angers par André Païen, fils de Hubert Pitrate. 

CartuL de Saint-Aubin, n^ 412. 

Postérieur à la noniinatkm de Marbeuf, en mars 1096, à Tévêché de Renn 
(Port, Dictionn.y t. II, p. 5)<7) ; antérieur à la démission de Geoffroi de Maycnr 
en 1101 {Ann. de Saint-Aubin, p. 47 du Rsc. d\inn. angev. et vendôm.). 

297. — H03, 23 mars. Saint-Aubin d'Angers. 

Le comte Foulque, neveu de Geoffroi « Martel », renonce au 
nouvelles coutumes imposées par ses gens sur les domaines < 
Saint-Aubin d'Angers dans la partie de la Vallée proche de Trèv( 
et de Saint-Remy-la-Varenne. — Le 29 mars suivant, à Sain 
Maurice d'Angers, GeolTroi, fils aîné du comte Foulque, confirn 
la charte. 

Orig., jadis scellé sur lacs de soie, Cabinet de M. d'Achon, à Gennes. 
Éd. : CartuL de Saint-Aubin, n° 930, avec fac-similé. 

298. — H03. 

Notice. Foulque « dit le Réchin» [qui appelaius fuit Richint) 
son fils Foulque confirment les donations faites aux moines i 
Toussaint d'Angers par Geoffroi (Martel) à Astellenis^ Landelli 
Épluchard et Béné et y ajoutent une île sise dans la Vallée 
la terre à' Aralazrum avec le vinage. 

Copie du xvi« s., d'après rorip^. scellé <f de cire vert, d'un grand se 
ouquol est emprainct ung homme à cheval, une lance gaye en la main 
Arch. de Maine-et-Loire, H 1281, n^ 4 *; copie du xviii« s., d'après le Cfl 
tul, do Toussaint. Coll. dom llousseau, vol. IV, n^ 1224. 

299. — 27 juin 1073-14 février HOi. Baugé. 

Notice du jugement rendu par Raoul, archevêque de Tours, et 
comte Foulque, neveu de Geoffroi « Martel », condamnant Garni 
Bodin à restituer aux religieuses de Notre- Dame-de-la-Chari 



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332 LE COMTÉ d'aNJOU 

d'Angers le moulin de Morannes, dont il s'était emparé, et à 
leur payer une amende. 

CartuL du Ronceray, n° 221. 

Au temps de labbesse Richilde, nommée le 27 juin 1073 {QartuL da Ronceray, 
n" 16) et morte avant le 15 février 110 i {Ibid., n» 435). 

300. —1091-14 février 1104. 

Notice de l'abandon fait par Foulque, neveu de Geoffroi « Mar- 
tel », à la demande de Clérembaud, seigneur de Rochefort-sur- 
Loire, et de Richilde, abbesse de Notre-Dame-de-la-Charité 
d'Angers, de toutes les coutumes auxquelles il avait droit sur le 
bourg de l'église construite à Sainte Foy par ladite abbesse. 

CartuL du Ronce ray, n® 269. 

Cette donation fat confirmée dix-huit ans après par Foulque le Jeune, comte 
d'Anjou depuis le 14 avril 1109 : elle est donc de Tan 1091, au plus tôt. Elle est 
antérieure au 15 février 1104, comme le n» 299. 

301. — 1104, 8 juin. 

Foulque (le Réchin), neveu de Geoffroi « Martel », restitue au 
chapitre de Saint-Laud d'Angers la terre de Genneteil, qu'il lui 
avait enlevée pour la donnera Robert le Bourguignon. 

CartuL de Saint-Laud, n° 55. 

Les clauses finales de Tacte comportent une annonce de sceau. 

302. — 10 décembre 1104-14 janvier 1105. Angers. ^ 

Notice relatant comment, le 10 décembre 1104, à Saint-Aubin 
d'Angers, Geoffroi « Martel le Jeune », fils aîné de Foulque « dit 
le Réchin » [qui Ritchinus cognominatus est), confirma la restitu- 
tion du bois de Pruniers faite aux moines de Saint- Aubin par 
son père ; comment, le 13 décembre suivant, à Angers, en pré- 
sence de Foulque le Réchin lui-même, Foulque « le Jeune », 
son second fils, confirma, de son côté, la restitution précédente ; 
comment, le 14 janvier 1103, Foulque le Jeune vint poser la pré- 



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CATALOGUE d'aCI'ES " 333 

sente notice sur l'autel de Saint- Aubin, et enfin comment les 
trois comtes y apposèrent leur souscription. 

Cariai, de Sainl-Aubin, n" 111. 

D'après une copie de Tan 1673 (Arch. de Maine-et-Loire, H 229, fol. 10), l'acte 
était scellé « sigillo magno m. 

303. — HOo. Angers. 

Geoflfroi « dit Martel », comte d'Anjou, sur la plainte portée 
devant lui et son père, le comte Foulque, contre Maurice, 
seigneur de Craon, par Geoffroi, abbé de la Trinité de Vendôme, 
d'accord avec ses barons et l'évêque d'Angers Renaud, enjoint à 
Maurice de cesser ses exactions sur Téglise Saint-Clément de 
Craon. Foulque (le Réchin) et Foulque (le Jeune) témoins. 

Carlul, Trin. de Vend., n^ 412. 

304. —H06, 29 juillet. Angers. 

Foulque (le Réchin) confirme l'abandon fait aux moines de 
Saint-Nicolas d'Angers par Papot des dîmes des défrichements 
de Monnais. Hélie, comte du Maine, témoin. 

EpUome S. Nicolaiy p. 62. On sait par une analyse de la Coll. Baluzc, 
vol. 38, fol. 50 v°, que la charte était au fol. 126 du Carlul, de Sainl-Nico- 
las, 

305. — H08. Bourgueil. 

Notice. Foulque (le Réchin), s étant accordé à Mouliherne avec 
les moines de Saint-Pierre de Bourgueil au sujet de la vente du 
pain à Chinon, appose sa croix à la charte qui relate cet accord. 

Copie du XVIII*' s., ms. lat. 17127, p. 175, d'après Torig. ; copie du 
xvii« s., Coll. Baluzc, vol. 38, fol. 187 v*», d'après le CarluL de Bourgueil, 
et du xviii*' s., Coll. dom Ilousseau, vol. IV, n° 1285, d'après le même car- 
tulaire. 

306. — 12 janvier 1102-29 juillet 1108. 
Foulque (le Jeune), comte d'Anjou, donne aux religieuses de 



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334 LE COMTÉ d'aNJOU 

Fontevrault la terre de la Breille et les coutumes qu'il possède à 
* Verrou. Son frère Philippe témoin. 

Copie duxii« s., dans le Ca/*/u/. de Fontevrault, ms. Phillipps, à Cliel- 
tenham, n" 67, pièce n° 702. 

Au temps du roi Philippe !•% c'est-à-dire le 29 juillet 1108 (Luchaire, Louis VI 
le Gros^ p. 30) au plus tard, et de Renaud, évéque d'Angers, c'est-à-dire après le 
12 janvier 1102 [Ann. de Saint-Aahin, p. 47 du Rec. d'ann. angev. et vendôm.). La 
mention de Philippe, (demi) frère de Foulque {le fils de Bertrade et de Philippe I"), 
nous prouve que le donateur est Foulque le Jeune et non Foulque le Réchin. 
Nous n'en relevons pas moins ici cet acte, parce qu'il est donné «ncore du vivant 
du Réchin. 

307.-1097-1109, un 10 février. Baugé. 

Foulque (le Réchin) confirme le don qu'il avait fait aux moines 
de Maillezais de la terre de Vendangé, où ils avaient, avec son con- 
sentement, construit une église et un prieuré, et leur concède, 
en outre, le droit de faire paître cent porcs dans sa forêt et de 
s'y approvisionner de bois. 

Copie du xviii«s., Bihl. de Poitiers, Coll. dom Fonleneau, vol. 25, p. 35, 
d'après Toriginal. 

Postérieur au 22 août 1096, date où parait encore Geoffroi, chapelain du comte 
(voir p. 192, n. i), parce que l'acte est souscrit par son successeur, Pierre. 

308. — H09, 12 avril. Angers. 

Notice. Foulque (le Réchin), « sous le gouvernement pacifique 
duquel le peuple angevin put fortement s'accroître », sentant sa 
fin venir, donne à Téglise Saint-Maurice d'Angers par les mains de 
Marbeuf, évêque de Rennes, remplaçant alors l'évêque Renaud 
parti à Rome> et sur le conseil de sa fille, la comtesse de Bretagne 
Ermen garde, tout ce qu'il possède au Plessis-Grammoire et à 
Reugné. Son fils Foulque souscrit. 

Copies du xvii® s., d'après le Livre noir de Saint-Maurice d'Angers^ fol. 
62, no 93, Bibl. d'Angers, ms. 706, anc. 636, p. 66, ms. 690, anc. 624, vol. 
I*"", p. 409, et ms. 741 , anc. 671 , p. 68 ; copie par A. Du Chesne, Coll. Baluze, 
vol. 39, fol. 65, d'après un ancien registre de Saint-Maurice. 

309. —1068-14 avril 1109. 
Notice. Josselin d'Aussigné se désiste par devant Foulque (le 



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CATALOGUE 1) ACTES 

Réchin) des revendications qu'il avait élevées sur la terre 
Gautier Rage léguée par Avoie, veuve de ce dernier, à Noi 
Dame-de-la-Charité d'Angers. 

CarluL du Honceray', n» 244. 

. 310. —1068-14 avril 1109. 

Notice du don fait par Foulque (le Réchin) à Geoffroi Caïp 
son chapelain, d'une petite maison sise près de l'église Sai 
Aignan, en échange d'une autre, dont il voulait faire sa me 
chalerie. 

Cartul. de Saint-Laud, n*» 10 et 41. 

311. — 1068-14 avril 11 Oy. 

Notice du don de la terre d'Artenay fait aux moines de Sa 
Serge d'Angers parHugue de Lavardin. Foulque (le Réchin) c 
firme. 

Copie du xviiic s., ms. lat. 5446, p. 265, d'après le h*^ CarluL de Si 
Serge, n^ 153. 

312.— 1068-14 avril 1109. 

Notice. Foulque (le Réchin) donne aux moines de Marmou 
une partie du bois de Chambiers pour le repos de l'âme de 
vassal chéri Hugue de Ballon, mort par accident. 

Copie ibid., p. 280, d'après le /«■• Cartul. de Saint-Serge, n° 246. 

313. — 1068-14 avrim09. 

Foulque (le Réchin) écrit à Renaud de Château-Gontier f 
lui enjoindre de cesser les exactions qu^il faisait subir 
moines de la Trinité de Vendôme dans le bourg du Méni 
invoquant une prétendue concession que lui, Foulque, lui ai: 
faite. 

Cartul. Trin. de Vend., iio297. 



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336 LE COMTÉ d'aNJOU 

314. — 23 décembre 1087-14 avril 1109. 

Notice relatant que Foulque (le Réchin) a porté de quinze à 

vingt sous le cens dû par lui aux chanoines de Saint-Mesmin de 

Chinon, payable avant tout autre sur le montant du cens dû au 

comte par les habitants de Chinon. 

Copie du XVIII» s.. Coll. dom Ilousseau, vol. III, n° 805, d'après « les 
archives de Saint-Mesmin ». 

Souscrit par Gcoffroi Fouchard, sénéchal du comte : or, le 22 déc. 1087, le séné- 
chal du comte était encore Pierre (voir p. 192, n. 2j. 

315.— 25 août 1089-11 avril 1109. 

Geoffroi, sénéchal de Foulque (le Réchin), coilfirme le don de 
Téglise de Rest et de la dîme de Tîle sise près de Montsoreau 
fait le 25 août 1089 aux moines de Saint-Florent de Saumur par 
son père Geoffroi, fils de Fouchard. Foulque (le Réchin) souscrit. 

Livre blanc de Saint-Florenl, fol. 34. 

316. — 12 janvier 1102-14 avril 1109. 

Renaud, évêque d'Angers, rappelle que Foulque « le Jeune », 
comte d'Anjou, pour obtenir l'association spirituelle, donna aux 
chanoines de Toussaint d'Angers une île où habitait son cha- 
noine Geoffroi ; mais Foulque le Vieux [Senex = le Réchin), 
ayant refusé d'approuver tout d'abord ce don, les chanoines sont 
obligés, pouç obtenir son consentement, de lui remettre dix 
livres et de remettre cent sous à Geoffroi Garnier pour faire 
cesser les revendications qu'il avait élevées sur cette île. L'acte 
est souscrit par Foulque (le Réchin). 

Copie du XVII* s., d'après l'orig., Arch. de Maine-et-Loire, H 1281, n** 4**. 

Postérieur à la nomination de Renaud à révôchë d'Angers, le 12 janvier 1102 
{Ann. de Saint-Aubin^ p. 47 du Rec. d'ann. an^ev. et vend.), 

317. — 20 mai 1106-14 avril 1109. 
Notice de Taccord intervenu, après la mort de Geoffroi « Mar- 



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CATALOGUE d'aCTES 337 

tel le Jeune » au siège de Candé, entre Âbbon, seigneur de Roche 
fort-sur-Loire, et les religieuses de Nôtre-Dame de-la-Charib 
d'Angers, au sujet de la forêt du Lattay et de la Cour-de-Pierr< 
et de la confirmation qu en firent solennellement Foulque (1( 
Réchin) et son fils Foulque. 

Cartul, du Ronceray, n*» 482. 
Après la mort de GeofTroi Martel, le 19 mai 1106 (voir p. 174). 

318. — 20 mai 1106-14 avril H09. Tours. 

Notice racontant les revendications injustes exercées contre 
les moines de Marmoutier par Robert, seigneur de Rochecorbon 
et comment, un jour qu^ils se trouvaient à Tours, Foulque (1( 
Réchin), comte de Touraine, son fils Foulque, déjà chevalier e 
marié, et le comte du Maine Hélie, « sub cujus manu tune tem- 
poris pagus Andegavensis habebatur», lui ordonnèrent soit d< 
venir plaider, soit de cesser ses revendications. 

Copie du XVIII* s., Coll. dom Housseau, vol, III, no963. — Éd. partielle 
A. Flach, Les origines de l'ancienne France, t. I, p. 276, n. 

Foulque le Jeune ne s*étant marié qu'après la mort de GeofTroi Martel (voii 
p. 190), Tacte estf comme le précédent, postérieur au 19 mai 1106. 

319. — 1109, 14 avril ou peu avant. 

Notice de l'abandon fait par Foulque (le Réchin), au momen 
de sa mort, aux moines de TEvière d^Angers, dans l'église des< 
quels il est enterré, de toutes les coutumes auxquelles il avai 
droit sur leur bourg, leur cellier, leur sacristie et leur aumô 
nerie. 

Cartul. de la Trin, de Vend., n» 422. 

320. — H09, 14 avril bu peu avant. L'Évière d'Angers. 

Notice. Foulque (le Réchin), à son lit de mort, sur les sup 
plications de sa fille, la comtesse Ermengarde, et de Tévêqui 

Halphen. — Le comté d'Anjou. 22 



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338 LE COBITÉ D^ANJOU 

Marbeuf, restitue aux chanoines de Saint-Maurille d'Angers 
la censived'un terrain qu'il leur avait enlevé. Foulque (le Jeune) 
et Ermengarde souscrivent l'acte le jour même des obsèques 
de leur père. 

Orig., British Muséum, Additional charters, n» 21198, fol. 447. — Éd. : 
Marchegay, Bihl. de l'École des Chartet, t. XXXVI, 1875, p. 421, n^ 24, 
d'après Torig. 

ACTES DE FOULQUE LE RÉCHIN OU DE FOULQUE LE JEUNE 

321. — 28 juin 1070-30 mai 1118. Alonnes. 

Notice de l'accord intervenu par devant le comte Foulque 
entre Guillaume, abbé de Saint- Florent, et Guillaume de Mont- 
soreau, au sujet de la terre d' Alonnes. 

Livre blanc de Saint-Florent y fol. 51. 

L*abbé Guillaume resta en fonctions du 28 juin 1070 au 30 mai 1118 (Aiifi, de 
Saint'Florentj p. 119-120 du Rec. d'ann» angev. et vendôm.),Le Livre blanc donne 
la date : « anno ab incarnatione Domini millesimo... ». 

322.— 110H120. 

Notice. Le comte Foulque, sur la plainte de Tabbesse de Notre- 
Dame-de-la-Charité d'Angers Teburgis^ fait restituer par son 
prévôt Raoul Toaret dix sous qu'il avait indûment exigés de 
rhôte de la maison du monastère située en tête du pont d'An- 
gers. 

Cartul. du Ronceray, n*» 65. 

Au temps de Tabbessc Teburgis (Port, Dictionn.f t. I, p. 70). 

323. — Fin du xi* siècle ou début du xii*^. 

Notice du don fait aux moines de^Marmoutier par le comte 
Foulque de tous ses droits de voirie à Bocé moyennant une 
indemnité de dix sous que les moines s'engagent à verser à son 
voyer GeofTroi. 



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CATALOGUE D* ACTES 339 

Copie du XVI* s., CartuL de Bocé, Arch. de Maine-et-Loire, p. 13, n*» 48. 
Nous datons d'après les personnages cités dans Tacie. 



ACTES FAUX 

1. —990, mai. 

Prétendue donation faite par Bouchard, comte de Paris, à 
Foulque, comte d'Anjou, des villes de Vendôme, Lavardin et 
Montoire. Foulque souscrit, en même temps que les rois Hugue 
et Robert. 

Copie du XVIII» s., Coll. dom Housseau, vol. I, n» 243, soi-disant d'après 
une transcription d'un acte de la Tour de Londres. — Éd. : Métais, Car- 
tuL de la Trin, de Vend., n° 4, avec des omissions. 

Faux généalogique, probablement du xvii* siècle. 

2. — 4015, 2 mars. 

Foulque (Nerra) fonde au monastère de Saint- Aubin d'Angers 
un office de chambrier, qu'il confère à son parent Arthur de Craon 
et dont les titulaires successifs devront être à perpétuité dési- 
gnés par les abbés du monastère. 

Prétendu orig., Arch. nationales, K 48, n» 4. — Éd. : Ménage, Histoire 
de Sablé, p. 342. 

Faux, probablement du xvi« siècle. 

3. — 1028, février. Paris. 

Foulque (Nerra) donne à Bouchard de Montmorency, à sa 
femme et à ses enfants ses domaines d'Ecouen, Chevreuse, 
Marly, que le comte Bouchard, son oncle, et Renaud, évêque de 
Paris^ avaient possédés avant lui. 

Copie du XVIII» s.. Coll. dom Rousseau, vol. 11^, n° 400, soi-disant d'après 
une transcription d'un acte de la Tour de Londres. — Éd. : Métais, CartuL 
de la Trin, de Vend,, n« 5. 

Faux généalogique, probablement du xvii" siècle. 



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340 LE COMTÉ d'âNJOU 

4. — 1036. Saumur. 

Le comte d'Anjou GeolTroi confirme aux moines de Saint- 
Maur de Glanfeuil la possession de la terre et de Téglise de 
Moult-en- Vallée, des prés de Mortes-Eaux, d une terre sise au 
bord de TAuthion et du pré de la Chaintre-Notre-Dame. 

Cartul. de Saint-Maur^ n® 61. 

En 1036f GeofTroi Martel n'était pas comte en Anjou ; si Ton admettait que 
Tacte a été délivré par lui quand il était révolté contre son père, on ne compren- 
drait pas que les moines ne l'eussent pas fait renouveler par Foulque Nerra ; 
enfin Tacte est visiblement inspiré du n* 36 du Cartal. de Sainl-Maur. 

5. — Sans date. 

Notice relatant comment Foulque (Nerra), partant pour Jéru- 
salem, donna, à la prière de Tévéque d'Angers Renaud, à l'église 
Saint-Maur de Glanfeuil, où il était de passage en compagnie de 
sa femme Hildegarde et de son (ils GeofTroi Martel, les biens 
qu'il possédait à Gennes. 

Cartul. de Saint-Maur, n® 8. 

Les données de cette notice sont contradictoires : Tévèque Renaud est mort le 
12 juin 1005 (ci-dessus, p. 114) et GeofTroi Martel est né le 14 octobre 1006 (ci- 
dessus, p. 10). Il est question dans Tacte d'un prieur de Saint-Maur nommé 
Durand : nous n'en connaissons un de ce nom que vers 1060 ; il y ^st question 
d'un archidiacre Guillaume : il n'y en avait pas de ce nom au diocèse d'Angers 
au temps de Foulque Nerra. La liste des témoins présente des ressemblances 
étranges avec les n"' 17 (1066; et 40 dif Cartul. de Saint-Maur et l'acte est pour le 
fond singulièrement voisin du n*> 33 de ce même cartulaire. C'est un acte faux ou 
refait. 

6. — Sans date. 

Guillaume de Bellême déclare avoir construit Téglise Saint- 
Léonard de Bellême et avoir obtenu du roi Robert et de l'évéque 
de Sées pour ladite église l'exemption de l'ordinaire. Foulque 
(Nerra) souscrit. 

Prétendu orig., Archives de l'Orne, H 2151. — Éd. : Prou, Examen de la 
charte de fondation de Saint-Léonard de Bellême, dans les Mélanges Paul 
Fabre, p. 232. 

Sur la fausseté de l'acte, voir Prou, loc. cit. y p. 215-232. 



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CATALOGUE d' ACTES 341 

7. — 1066, septembre. Angers. 

Geoffroi « Martel » relate raccord intervenu au sujet des 
droits de justice entre lui et Pierre, abbé de Saint-Maur-sur- 
Loire. 

Prétendu orig., jadis scellé sur lacs de soie, Arch. de Maine-et-Loire, 
H 1777, nM. — Éd. : CartuL de Sainl-Maur, no 63. 

L'écriture et l'aspect de l'acte ne conviennent en rien au xi* s., mais dénotent 
le XIV s. {cf. Port, Invent. somm. des Arch. de Maine-et-Loire, série H). Le 
fond ne résiste pas à l'examen : en 1066, le comte était Geoffroi le Barbu ; il n'y 
eut pas d'abbé de Saint-Maur avant 1095 {Recueil d'ann. angev. etvendôm.j 
p. 89). Ce faux a été probablement forgé pendant les démêlés survenus au xiv s. 
entre Saint-Maur-des-Fossés et Saint-Maur-sur-Loire. 

8. _ 1090, 25 avril. Saint-Maur de Glanfeuil. 

Foulque (le Réchin), d'accord avec son fils Geoffroi, faisant 
droit aux plaintes portées par les moines de Saint-Maur de Glan- 
feuil contre ses baillis, détermine les droits de justice du monas- 
tère et concède à ce dernier le cours de la Loire et la Vienne en 
toute propriété depuis Saint-Maur jusqu'à Bessé. 

Prétendu orig., jadis scellé sur lacs de cuir, Arch. de Maine-et-Loire, 
H 1777, no 2. — Éd. : Cartul. de Saint-Maur, no64. 

Ecriture du xiv* s. ; faux contemporain du précédent et non moins manifeste, 
où parait un prétendu abbé Galeran, alors que le premier abbé de Saint-Maur 
de Glanfeuil au xi" s. fut nommé en 1095 (cf. l'acte précédent). Fabriqué à l'aide 
du n« 356 du Catalogue. 

9. — 1092, 24 avril. Saint-Maur de Glanfeuil. 

Foulque (le Réchin) fait remise à Tabbé Galeran et aux moines 
de Saint-Maur de Glanfeuil de toutes les coutumes qu'il levait 
sur la terre de Cru, réserve faite du service militaire. 

Prétendu orig,, jadis scellé sur lacs de soie, Arch. de Maine-et-Loire, 
H 1777, n» 5. — Éd. : CartuL de Saint-Maur, n» 65. 

Mômes remarques que pour le n* 8. 



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342 LE COMTÉ d'aNÎOU 

10. — Sans date. 

Lettre supposée de Foulque, comte d'Anjou, à Lambert, doyen 
de Saint-Laud d'Angers, lui annonçant Tenvoi des reliques de 
saint Julien et de saint Guingalois, dont il s'est emparé au siège 
de Château-du-Loir. 

Car lu L de Saint-Laud, n® 77. 

Faux manifeste tant par sa forme que par son fond et résultant d'une confusion 
entre Foulque le Réchin et GeofTroi Martel, qui seul prit Château-du-Loir. Le 
doyen Lambert a été inventé pour la circonstance. 

11. — Sans date. 

Foulque, comte d'Anjou, confirme la donation d'une partie 
du bois du Fouilloux, faite au chapitre de Saint-Laud d'Angers 
par Joubert de Maillé, seigneur de Trêves, du consentement de 
Thilde, sa sœur, et d'Hardouin, son neveu. 

Ibid,, n<»4. 

L'histoire des maisons de Maillé et de Trêves prouve qu'il n'y a pas eu de 
Joubert de Maillé, seigneur de Trêves, et frère de Thilde : Thilde, flUe de Jou- 
bert de Maillé, sœur d'Hardouin de Maillé, épousa GeofTroi le Fort, seigneur de 
Trêves (cf. p. 166). 



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PIÈGES JUSTIFICATIVES 



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PIÈCES JUSTIFICATIVES 



No 1 

Ann. 990 et suiv. 

« Narratio de quartis quae Daiceae vocantur. » 

(Copie du XI* s., au Livre noir de Saint-Florent de Saumur, fol. 116^) 

[Prejdecessorum nostrorum temporibus, quodam abbate abba- 
tiam S. Florentii in Salmuro disponente^ prenominatae quartae 
pro tuitione villarum S. Florentii, scilicet Sancti Georgii, Dana- 
ziaci, Distriaci, Ulrais et reliquarura terrarum ipsius sancti con- 
cessae sunt cuidam nobili militi nomine Rainaldo Torench. Ratio 
vero tutelae quam diximus haec comprobatur : abbatia S. Floren- 
tii et Salmurum castrum in ditioni Odonis comitis manebant. 
Fulco igitur, Andecavorum cornes, eundem nobilem comitem 
preliis urgebat assiduis et cum crebris hostibus in terris sub 
ditione ipsius consistentibus discurrebat sicque S. Florentii ter- 
ras eundo et redeundo valde atterebat et hospitando pessime 
vastabat. Dédit ergo abbas ille jam dictam terram predicto militi, 
ut tutor existeret terrae S. Florentii et qnandocumque in expedi- 
tionem cornes Fulco procederet, ipse antehostem, in terra S. Flo- 
rentii staret et auctoritate ac deprecatione sua ne in eam hospi- 
taretur averteret. Incassum vero ex magna parte provisio abbatis 
cessit : nam tutela quamoptabat prout sibi opus esset non accepit 

i. Les pièces tirées du Livre noir de Saint-Florent de Saumur sont pu- 
bliées ici d'après les copies de Marchegay, conservées aux Archives de 
Maine-et-Loire. 



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346 LE COMTÉ D^NJOU 

et terrain de potestate sancti Tel sua emisit. Rainaldus enim jam 
nominatus, qui Rainaldi, Andecavorumpresulis, paterfuit,terram 
de quartis Daicee, quam supra nominavimus^ Rotgerio seniori de 
Lausduno dédit et ille eam Adelelmo falsa minuta * de Toarcio 
item dédit. Cujus (ilius Gauzfridus Rufus^ coUocutus postea cum 
Mainardo vicario de Doado, persuasit, precio exinde accepto, ut 
postularet jam dictas quartas a Rotgerio, filio predicti Rotgerii, 
ipseque Gauzfridus libentius fatebatur eas se velle a Mainardo 
quam a Rotgerio tenere. Cujus verbisassen tiens, Mainardus jam 
dictam terram postulavit et accepit a Rotgerio prefatô, annuente 
eodem Gauzfrido. Qui Gauzfridus postea vendidit illam terram 
Aymerico Wandrilloni, cuidam militi, talitenore utservitium ex 
eadem terra Mainardo in antea solveret. Haec ita esse extant 
testes Warinus de Catver, Frotgerius, frater ejus, Stabilis, item 
ejus frater, ac mater eorum. 



N« 2 

990-lOH. 

« Decretum Fulconis comitis de potestate sANcri Georgîi 

MARTYRIS. » 

(Copie du xi« s., au Livre noir de Sainl-Floreni de Saumur, fol. 28. — 
Catalogue d'actes, n° 27.) 

In Dei nomine. Fulco, gratia Dei comes. Notum esse volumus 
omnibus sanctae Dei ecclesiae (idelibus, praesentibus scilicet et 
futuris, praecipueque successoribus nostris quoniam adiit nos 
abbas S. Florentii Rotbertus nomine cum suis monachis, recla- 
mans se suaeque potestatis hommes injuste opprimi a quodam 
fideli nostro, Alberico nomine, occasione commendisiae novas 
exactiones et consuetudines injustasque leges[ ..quae]temponbus 

1. (rlose supralinéaire : I obolum. 



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PIÈCES JUSTIFICATIVES 347 

praedecessorum nostrorum nunquam in illa poiestate... velauditae 
fuerunt. Illa autem potestas ob honorem sanctissimi martyris 
Georgiiin tanta veneratione a praedecessoribus nostris est habita, 
ut nuUus ibi advocatus aliquam exactionem inferre praesumeret 
nec sibi quaestum aliquem adquirere, sed omni tempore, pro Dei 
amore et salute animae suae, salvam faceret. Quod nos diligentius 
cum nostris fîdelibus inquirentes, cognovimus justam esse recla- 
mationem abbatis ac monachorum, ibique coram nobis adesse jus- 
simus mulierem praefati Alberici et filium ac fldeles, suadentes 
eis ut, pro anima senioris sui, quae nobis pro bac causa videbatur 
in magno periculo esse, illas malas consuetudines dimitterent et 
anunqum amplius de illa potestate requirerent, nisi quantum 
Rainaldus ^, ejusdem potestatis advocatus, habere visus est; 
quod et sponte fecerunt. Nos vero abbatem et monachos obnixe 
deprecati sumus ut,^ pro Dei amore, mala quae jam dictus Albe- 
ricus contra sanctum Florentium commiserat indulgeret et absol- 
vere dignaretur. Fecit namque ut jussimus praescriptus abbas et 
monachi tenore tali et ratione ut uxor illius saepedicti Alberici 
cum filiis suis ac fidelibus ad locum S. Florentii pergeret et ibi 
coram omnibus quae ille commisit, prout posset, emendaret et 
malas consuetudines, ut coram nobis fecerat, ibi, ante sancti 
Florentii praesentiam, dimitteret. Nos ergo, ex nostra auctoritate 
et praeceptione, jubemus ut nuUus unquam ex haeredibus Albe- 
rici bas quas dimittimus repetere audeat malas consuetudines, 
quia, si fecerit, pro Dei amore et animae meae salutem, vindex 
existam et ipse Dominus noster Jhesus Christus, pro cujus amore 
beatus martyr Georgius acerba sustinuit supplicia, illum qui 
repetere voluerit, si non emendaverit, in profundum infernum 
demergat et cum diabolo et angelis ejus adjunctus poenas infer- 
nales sustineat cum Dathan et Abiron et cum Juda traditore, qui 
Dominum nostrum tradidit. 



1. Glose supmlinéfiire : Thoringjus, pater Fulcodii, vicecomitis de Roca 
Forli. 



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348 LE COMTÉ d' ANJOU 



N«3 

Notice racontant la violation du cloître de* Saint-Martin 
DE Tours par Foulque Nerra (996). 

A. Original perdu. — B. Copie du xvii" s., BibL nat, Coll. Baluze, vol. 
76, fol. 257, d'après A, — C. Copie du xviii* s., faite pour Gaignières, 
Bibl. nat., ms. lai. 17128, p. 179, d'après A. — D. Copie du xviii» s., Bibl. 
nat., Coll. dom Ilousseau, vol. IV, n® 1318, d'après A. 

Éd. partielle dans Mabillon, Annales or dinis S . Benedicli (éd. de 1707), 
t. IV, p. 108. — Indiqué dans Mabille, Pancarte noire de Saint-Martin de 
Tours j p. 200 (par erreur sous H 12-1113), d'après D. 

{Catalogue d^actes, n® 10.) 

Quoniam stili memoriae * commendata dierum longitudine vix 
aut 2 numquam possunt deleri, pateat universis tam presentibus^ 
quam futuris harum testificatione litteranim Fulconem, Andega- 
vensium comitem, claustri Beati Martini sacrum jus violasse. 
Ipsius siquidem claustri, locum, omnibus païens refugium *, 
armata manu, quamvis nuUis resistentibus, violenter intravit ; 
domus deinde propugnacula cujusdam canonici et cellerarii pre- 
cipitari ^ injuste fecit. Cujus rei inauditae ^ atrocitate et magni- 
tudine canonici vehementer perculsi et contra hoc malum tan- 
tum, tam subitum et insperatum quid novum agere possent solli- 
citi, corpora protinus sanctorum et crucifîxumterrae^ déponentes, 
super ipsum beatissimi confessons Martini sepulchrum ^ et circa 
corpora sanctorum et crucifixum spinas adposuerunt. Portae^ 

1. memorie C. 

2. autem C 

3. praesentibus B, 

4. omnibus patens totum refugium D. 

5. praecipitari B, 

6. inauditc CD. 

7. terre C. 

8. sepulcrum B, 

9. Porte C. 



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PIÈCES JUSTIFICATIVES 349 

insuper ecclesiae ' die et nocte continuo ^ clausae ^, castrensibus 
etiam non introeuntibus, solis peregrinis patuere. Consul itaque, 
non multo post facti sui poenitens ^* et misericordiam quaerens ^, 
sponte sua in claustrum et in domum domni Sicardi, magistri 
scolarum, venit ibique discalciatus^ nudis pedibus, et quidam cum 
eo sui proceres in ecclesiam humiliter perrexerunt. Primum ante 
beati Martini sepulchrum ^, dato pignore, consul Deo et beato 
Martino per manum Rainaldi ^, Andegavensis episcopi, et Hispa- 
niae"^ Occensis ^ episcopi promisit se nihil amplius taie quid 
facturum ; deinde *^ ante corpora sanctorum, ad ultimum ante 
crucifixum satisfactionem fecit. 

No 4 

996-1005. 

Notice d'on procès survenu entre l'évèque d'Angers Renaud, 
d'une part, Foulque Nerra et son frère Maurice, de l'autre. 

A, Original perdu. — B, Copie du début du xii® s., au Livre noir de 
Saint-Maurice d'Angers, fol. 19, n^ 25, perdue. — C. Copie du xviii« s., 
Bibl. nat., Coll. dom Ilousseau, vol. I, n° 211, d'après B. — i). Copie du 
XVII® s., par André Du Chesne, Bibl. nat., Coll. Baluze, vol. 39, fol. 57 v^,, 
d'après un « registre de papier contenant plusieurs tiltres de TÉglise d'An- 
gers et autres ». 

(Catalogue d'actes, n» 22.) 

Omne quod ad memoriam revocare volumus sacris litterarum *^ 
institutionibus praenotandum decernimus, ut a successoribus 

1 . ecclesie C. 

2. continue C. 

3. clause C. 

4. penitens C 

5. querens C. 

6. sepulcrum B, 

7. Rainaldy C. 

8. Hispanio C. 

9. Occiensis ; et Hispaniae Occensis episcopi omis par D. Il s'agit de 
Vévêque d'Oca, plus tard Burgos, 

10. exinde C. 

11. literarum D. 



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350 LE COMTÉ D*ANJOU 

memorabilius teneatur firmiusque credatur. Unde notum esse 
volo cunctis fîdelibus sanctae Dei ecclesiae tam praesentibus quam 
et futuris ego Rainaldus, Andecavorum episcopus, quod Fulco 
cornes Mauriciusque, frater ejus, calumniam mihi intulerunt de 
heredîtate mea, quam post tumulationem patris mei solidam et 
quietam tenueram, quin etiam sanctae Dei genetrici Mariae et 
sancto Mauricio martiri * et sancto Maurilio confessori pro reme- 
dio animae patris mei et matris necnon meae devoto corde con- 
cesseram, dicentes patrem meum Rainaldum eam dédisse patii 
eorum Goffrido ^ ia conventiis ^ episcopatum adipiscendi. In hac 
ergo ^ pertinacia cum durarent, quemdam ^ ejusdem haereditatis 
servum ad judicium Dei liberavi, ut in eo Deus suam ostendere 
dignaretur ^ virtutem et declarare veritatem. Qui, gratia Dei, 
libéra tus tertia die, ut moris est, cum requireretur, salvus 
coram omnium "^ astantium conspectibus apparuit. Ex qua igitur 
causa, quod absit, si quis, diabolica stimulatione pervasus, ab 
hodierna die et deinceps aliquid praesumere ausus fuerit aut 
calumniam intulerit, ex auctoritate Dei Patris omnipptentis et 
Filii et Spiritus Sancti et sanctae Dei genetricis Mariae atque 
apostolorum principis Pétri omniumque sanctorum Dei et nos- 
tra damnatus et excommunicatus ab omnique iidelium coetu 
sequestratus sine fine permaneat. 



1. martyri D, 

2. Gaufrido D. 

3. conventionibus D. 

4. igitur D. 

5. quendam D. 

6. dignaretur ostendere D, 

7. omnibus D. 



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PIÈCES JUSTIFICATIVES 351 



N«5 



Donations faites pas Foulque Nerra au monastère de Beaulieu 

qu'il VIENT DE FONDER (1007 ?). 

A, Original perdu. — B, Vidimus originaux : 4° de Charles V (4367), 
20 Charles VI (4444), 3*» Charles VIT (4423), 4° Louis XI (4463), 5° Charles VIII 
(4493), 6<* François I'^' (4500), perdus. — C. Copies des xv«-xvi*s. dans 
les registres du Parlement de Paris : 4® du vidimus de Charles VIII, en 
4494, Arch. nat., X<*8609, fol. 496 v*; 2«du même vidimus, en 4498,i7)i(/., 
X** 8640, fol. 39 v° ; 3° du vidimus de François I", en 1523, ibid,, X<» 
8644, fol. 225 vo. '— D. Copie duxviiies. d'une expédition du vidimus de 
François \^% Bibl. nat., ms. lat. 42662, fol. 444. 

Éd. : Ordonnances des rois de France, t. XVI, p. 67. — Indiqué dans le 
Catalogue des actes de François /«'', n» 523, d'après C^. 

{Catalogue d'actes, n*» 25.) 

Quoniam quidem, sicut boni ^ mes est ut exemplo aliorum 
semper ad meliora prodciant, ita mali, malorum exemplis corrupti, 
semper deteriorantur. Quod ego Fulco cornes ita esse nostris 
temporibus videns et in futuro détenus esse sciens, ob pacis cus- 
todiam et ut semper quieti vivere valerent, ne ab aliquo succes- 
sore nostro uUara inquietudinem paterentur pro nuUa re habita- 
tores hujus loci, idest Belliloci, quem ipse construxi, ob meam 
meorumque parentum salutem, concessi eis omnem terre eorum 
coustumam et illius quam modo eis do seu daturus sum aut alter 
dederit seu ipsi emerint. Necnon concessi eis mercatum meum 
perpetuo habendum in predicta villa die sabbati. Do eis eciam 
sanguinem, fures et omnia forefacta, cujusmodi sint, que fue- 
rint facta a rivulo de Concere et a quercu sancti Hilarii 2 et ab 
oleriis et ab ulmo suspensi. Et si aliquis forefactum fecerit infra 
hos terminos, ex quo vicaria exigere ^ debeat, vel aliquid ven- 
derity et vicaria et venda monachis Belliloci sit. Necnon si bur- 

4 . bonus CD ; corr, boni. 

2, Ilylarii C. 

3, exire />, 



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3S2 LE COMTÉ d' ANJOU 

genses inter se pugnare voluerint, bellum in ipsa villa sit et bel- 
lum et omnis forefactura ^ sit monachis ^, et similiter sit et omni 
terra eorum, ut, ubicumque bellum presentatum fuerit, in ipsa 
terra sit, si eis placet, aut ubi eis placuerit, prêter ^ hoc quod si 
bellum cum meo homine esse debuerit aut eum aliquo milite, 
Lucas Castro sit : ita plane ut si homo monachorum victus fuerit, 
liberum eum reducant. Et in quocumque loco terre mee abbas 
loci illius pro qualicumque re bellum fecerit, si homo suus victus 
fuerit, liberum eum adducat, ita ut nuUam forefacturam emen- 
det nec preposito nec vicario. Adhuc eciam do eis ut de nemore 
meo Besolgerio quantum eis opus fuerit ad molendinos faciendos 
seu domos et ad callefaciendum et ad villam claudendam et ad 
omnia eorum facienda et in ipso nemore glandem ad centum 
porcos [capiant]. Et hoc, ut in perpetuum teneatur, litteris tra- 
dere mandavi. Signum Fulconis comitis. Signum Marraldi *, 
hujus rei testis. Et isti sunt testes : Ricardus, Gauterius Tison, 
Hugo Bonterius, Hugo Mansellus, Guarinus Franciscus, Cadilo ^ 
de Blason, Arraldus prepositus, Ganillusde Castellione. 

« Dé Landrico de Platea. » 

(Copie du XI* s., au Livre noir de Saint-Florent de Saumur, fol. 129. — 
Catalogue d'actes, n® 28.) 

Notum sit cunctis fidelibus sanctae Dei ecclesiae et maxime 
successoribus nostris per succedentia tempora in abbatia beati 

1. forefacta C; forfactum D, 

2. CD intercalent ici une phrase qui, croyons-nous, ne peut être 
admise dans le texte. La voici : « Meo quoque tempore quoddam habuit bel- 
lum de Vitale tinctore et quodam latrone, pro hoc quod latro dicebat Vita- 
lem secum manducasse unum baconem quem furatus fuerat — et ex illo 
bello habuerunt monachi scutum — et levé aliud bellum de Lamberto et 
Mauricio draperio et, in tempore Gauffridi comitis, de Gastesal et Rainaldo 
Pinco, aliud de Rainaldo garrum, de Roscelino de Romeyo. »> 

3. propter C. 

4. Maraldi C. 

5. Gadili CZ>; corr. Cadilo, 



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PIÈCES JUSTIFICATIVES 353 

confessons Ghristi Florentii Salmurensis coenobii consistentibus 
quod venerandus abbas Rotbertus, qui utriusque coenobii, Sancti 
Florentii videlicet et Sancti Maximini Aurelianensis, praeerat, 
adduxit secum de Sancto Maximino Dodonem, patrem Landrici, 
et commendavit ei villam de Platea ac uxorem dédit illi de fami- 
lia Sancti Florentii; et genuitex ea très fiiios, Albaldum, Landri- 
cumet Andream, et filiam nomine Dodam. Qui Landricus, vide- 
licet cognominatus de Platea, conjugem accepit, inscio abbate 
istius loci, ex ancillis comitis Fulconis, Letheardem scilicet, 
filiam Odonis de Pauliniaco, et habuit ex ea quinque fiiios etfilias 
sex. Post haec transacto aliquanto tempore, ad placitum exinde 
venerunt predictus comes et abbas Sancti Florentii Adhebertus : 
contendebant enim pro filiis servorum predictorum. Abbas 
namque omnem fructum eorum ad partem Sancti Florentii perti- 
neresecundum morem istius pagi dicebat; comes autem medieta- 
tem sibi pertinere contendebat. Tandem tamen, ob immanitatem 
ferociae ipsius, consensit abbas, assentientibus monachis, ut 
partirentur filii Landrici predicti servi. Accepit ergo Fulco comes 
in suam partem istos : Odonem Brunellum et Dodonem, buttella- 
rium postea suum, Witbergam quoque, uxorem Hubaldi vena- 
toris, Adelaidem etiam, uxorem Constantii venatoris de la Poyza, 
et abbas predictus ad partem Sancti Florentii accepit Archem- 
baldum et Herbertum presbiterum, SuflRciam quoque et Witbur- 
gem. Ingebaldus autem, unus e fratribus, in commune mortuus 
est. Praefuit a parte comitis huic partitioni Berno prepositus 
pluresque alii servientes comitis et a parte Sancti Florentii affuit 
visor et testis Rotbertus prepositus, monachus, Ermenoldus 
monachus, Andréas etiam Rodulfusque Calcea Rubra, Willelmus 
Pannonicus et, ex famulis nostris, Sorinus, Rainulfus, Hubertus et 
Albertus Belon. 

Postea autem domnus abbas Fredericus neptem suam nomine 

Feliciam dédit Archembaldo supranominato, ex qua genuit duos 

fiiios et très filias : Burchardum primogenitum habuit Sanctus 

Mauricius et Hildeburgem et Sanctus Florentins Sulionem et 

Halphen. — Le comté d'Anjou. 23 



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354 



LE COMTÉ d'aNJOU 



Letheardem ; et hoc tali pacto fecit abbas Fredericus ut casaraen- 
tum Sancti Florentii remaneret suis servis et empticia in com- 
mune fuissent. 



No 7 

Catalogue di:s comtes et des évêques d'Angers 
COMPOSÉ A Saint-Albin d'Angers 

en 1155. 

[Obiluaire de Saint-Aubin d' Angers ^ à la Bibl. d'Angers, ms. 830, 
ancien 7^7, p. 78.) 



Galfridls comes, annis XXVII. 
Grisagonella et Adela 
uxor, qui dederunt 
Insulam *. 

FuLco comes, annis LUI. 

Gacfridus, annis XXI. 
Martellus. 

Galfridus Bakbatls, vu annis. 
Fi'LCO comes, annis XLIII. 
FuLCO rex, annis XX com[ita- 

tus]. 
Gaufridls dux, annis XXIII. 
Hainhicus rex, III annis. 



Nefingls episcopus. 

In tempore istius canonici de 
ecclesia Sancti Albini dijifciun- 
tur]'^. Post donum Insuie IX an- 
nis supervixit 3. 

Rainaldls II, XXXI.I annis. 

Isle confirinavil Insulam Monlis 
et Arduinus archiepiscopus *. 

Hlbkrtus, XXXX pêne annis. 
EusEBiLs, XXXIII annis. 
Gaufridls, XII annis. Gessavit 
episcopatus annis ^11 ?J. 

Gaufridls, VI annis. 

Hujus tempore Urbanus papa 
confirmavit Insulam ^. 



1. 11 s'agit <!e l'Ile du Mont (aujourd'hui l'Ile Saint-Aubin, dans la Maine, 
c"* d'Angers), donnée en 97 i par Adèle et GeofTroi Grisegonelle à Saint- 
Aubin d'Angers Carlul de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n<* 3). 

2. En 966 (voir la charte n^ 2 du même Cartulaire). 

3. Erreur : l'auteur de ce catalogue a placé ici en 964, au lieu de 974, la 
donation de l'Ile du Mont, car c'est en 973 que Néfingue est mort. 

4. C'est la chartemenlionnée ci-dessus, n. 1. 

5. La bulle est dans le Carlul. de Saint-Aubin, n* 413. 



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PIÈCKS JU8TiriCATlVKS *^S«^ 

Rainaldls, XXIII annis. 
Ulgkkils, XXIII annis. 
NoRMANDUs, un annis. 

Tempore istius^ Hugenius papa 
confirmavit Insulam '. Cessa vit 
episçopatus annis duobus.. 

Anuo ab incarnatione Domini M(^LV. 
1. La bulle est dans le Carlul. de Saint-Aubin, n^ 456. 



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ADDITIONS ET CORRECTIONS 



P. III, note 2. — Au lieu de « Études critiques sur quelques textes », lire 
« Études critiques sur divers textes ». 

P. VII, 1. 22. — Au lieu de « en il 54 », lire « vers 1155 ». 

P. 7, note 4, 1. 4. — Nous avons appelé ici et dans le reste du volume 
« l"*^ rédaction des Gesta consulum Andegavorum » la rédaction contenue 
dans le ms. lat. 6218 de la Bibliothèque nationale, qui est la plus ancienne 
de toutes celles que nous avons conservées. 

P. 27-28. — Ces pages étaient déjà à Timpression quand M. Alfred 
Richard a fait paraître dans le Bulletin de la Société des Antiquaires de 
rOuest, 1904, 4« trimestre, un article intitulé : M. Lot et Vhistoire du Poi- 
tou, 11 s'est efforcé d'y prouver, entre autres, que la charte d'Eude I*' de 
Blois citée ci-dessus, p. 27, n. 2, et donnée au siège de Langeais, était datée 
du 12 février 995, et non 996, ce qui nous ramènerait à la chronologie 
ancienne des événements que nous avons racontés. M. Lot a répondu dans 
le même Bulletin^ 1905, l»' trimestre; mais M. Richard ne s'est pas déclaré 
convaincu et a répliqué dans le fascicule suivant du Bulletin. Ses arguments 
relativement à la tradition manuscrite de la charte d'Eude ne sont pas 
défendables : il n'a tenu compte ni de l'original même, ni des copies faites 
d'après cet original et notamment de celle qui a été faite pour Gaignières 
dans le ms. lat. 17127 de la Bibliothèque nationale, fol. 120, et qui, comme 
toutes les autres copies de ce recueil, mérite la plus grande confiance. 
On ne peut, en bonne critique, attacher aucune importance aux leçons de 
Besly, surtout quand elles ont contre elles la totalité des autres copies 
faites d'après la même source. Plus spécieux, en apparence, est l'argument 
que M. Richard tire des notes finales de Richer:ces notes, dit-il, sont ran- 
gées dans l'ordre chronologique ; or Richer a relevé successivement : 1® le 
concile d'ingelheim (5 février 996); 2° les tentatives faites parGerbert pour 
empêcher le mariage de Berthe avec Robert le Pieux (ce qui est postérieur 
à la mort d'Eude l*"") ; 3° le voyage de ce même Gerbert à Rome. D'autre 
part, M. Lot admet comme vraisemblable (Études sur le règne de Hugues 
Capet^ p. 104) que Gerbert assista au concile d'ingelheim et qu'il se rendit 
de là directement eu Italie, sans repasser par la France. Donc, conclut 
M. Richard, les tentatives faites par Gerbert pour empêcher le mariage 
de Berthe et de Robert et, par suite, la mort d'Eude I*"" de Blois sont anté- 
rieures au 5 février 996. — Mais rien ne prouve la présence de Gerbert à 
Ingelheim : ce n'est là qu'une hypothèse, sur laquelle on ne saurait 
appuyer un raisonnement. De plus, si l'on admet à la fois que Gerbert alla 



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358 LE COMTÉ d'aNJOU 

à Ingelheim, qu'il gagna ensuite directement l*Italie el que les notes de 
Richer sont rangées dans un ordre rigoureusement chronologique, il faut 
supposer que les tentatives faites par Gerbert pour empêcher le mariage 
de Berthe l'ont été par correspondance ; et dès lors l'argument de M. Richard 
s'écroule ; car il n'y a, quoi qu'il en dise (p. 8 du tir. à part), aucune diffi- 
culté à placer entre le 12 mars et le 24 octobre 996 tous les tiraillements 
auxquels l'union projetée par le roi Robert donna lieu à la cour de Hugue 
Capet. 

P. 30, note, 1. 3. — Au lieu de « Eude II », lire « Eude !«' ». 

P. 30, note 1. — Dans le second de ses articles cités plus haut [Bulletin 
de la Société des Antiquaires de r Ouest ^ i905, 2* trimestre), M. Richard 
(p. 14-15 du tir. à part) distingue avec bien peu de vraisemblance et sans 
que les textes l'y autorisent un siège de Châteauneuf et un siège de Tours. 

P. 47-48. — Aux textes que nous avons utilisés, il convient d'ajouter 
André de Fleury, Miracula S. Benedicti, VII, 2, éd. de Certain (Soc. de 
l'Hist. de France), p. 251-252. Cet auteur, qui est contemporain des évé- 
nements, dit que Henri I*"", faisant alliance avec GeoflFroi Martel, le poussa 
contre Thibaud; que Geofîroi vint alors mettre le siège devant Tours, mais 
que voyant l'ennemi prêt à fondre sur lui avec de nombreux alliés, il mar- 
cha à sa rencontre, le mit en fuite, fit prisonnier Thibaud et sept cent 
soixante-six chevaliers et se rendit maître de Tours « cum omnibus appen- 
diciis illius et honoris sumfna ». Ce récit, on le voit, concorde avec celui 
des autres chroniqueurs. 

P. 53, 1. 7. — Ajouter la date de 1057. 
' P. 57, note 2, dernière ligne. — Au lieu de « Montcontour », lire «Mon- 
contour ». 

P. 80, 1. 6. — Au lieu de « Hugue IV m, lire « Herbert II ». 

P. 113, 1. 1-2. — Supprimer la phrase « Hubert de Durtal est, lui aussi, 
expulsé de son fief et remplacé par Renaud de Maulévrier » ainsi que la 
note 2. C'est par alliance que les seigneuries de Maulévrier et de Durtal 
furent un instant unies. Voir Cartul. de Saint-Aubin^ n^ 287 (1066-1067). 

P. 144, note, 1. 3. — Au lieu de « Épinaces », lire « Épinard». 

P. 145, note 2. — Au lieu de « que l'évêque d'Angers »,lire « qu'il ». 

P. 156, note 1, 1. 17. — Au lieu de « fit partie des domaines que Foulque 
le Réchin hérita de GeofTroi Martel », lire « était à la fin du xi* siècle aux 
mains de Foulque le Réchin [Cartul. du Ronceray^ n°221) ». 

P. 163, note 1. — Au lieu de « p. 57, n. 2 », lire « p. 157, n. 2 ». 

P. 165, note 6. — Au lieu de « Ardouin », lire« Hardouin ». 

P. 169, 1. 4. — Supprimer les mots « Durtal que pour le livrer à Renaud 
de Maulévrier », conformément à la correction indiquée ci-dessus pour la 
p. 113. 

P. 176, 1. 17. — Au lieu de « sous GeofTroi le Jeune », lire '< sous Guil- 
laume le Jeune ». 

P. 183, note 4,1. 4. — Après les mots « La charte est antérieure au 
9 novembre 1080 », ajouter « parce qu'on y voit paraître en qualité d'abbé 



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ADDITIONS ET œRRECTIONS 359 

de Saint-Vincent du Mans Guillaume, promu à cette date évêque de 
Durham {Histoire littéraire de la France, t. VIII, p. 434) ». 

P. 203, 1. 2. — Au lieu de « Mirmande », lire « Marmande ». 

P. 21 i, 1. 9. — Au lieu de « le second quart du xii* siècle », lire « la 
première moitié du xii® siècle », en tenant compte des observations faites 
sur la plus ancienne rédaction des Gesta dans notre thèse complémen- 
taire. 

P. 214, note 3, 1. 8. — Au lieu de « Myrrhe », lire « Myra ». 

P. 249, n*» 21. — Au liey de « BrétignoUe », lire « Brétignolles ». 

P. 252^ n® 30. — Aux éditions indiquées, ajouter Migne, PatroL lat,, 
t. CLV, col. 482, d'après le Breviculum, 

P. 253, 1. 7. — A la suite de « Coll. dom Fonteneau, vol. 13 », ajouter 
« p. 277 ». 

P. 256, n° 39. — Au lieu de « Sauvigné », lire « Chauvigné ». 

P. 267, n° 78. — Pour la confirmation de Foulque le Réchin, ajouter un 
renvoi au n° 278 bis du Catalogue (voir ci-dessous). * 

P. 275, 1. 2. — Au lieu de « Priaire », lire « Priaires». 

P. 297, 1. 2. — Au lieu de « Bournan », lire « Boumand ». 

P. 325. — A la suite du n° 278, ajouter un n« 278 bis : « 1080-mai 1096. 
— Notice. Foulque le Réchin confirme le don fait à Saint-Nicolas d'Angers 
par Geoffroi Martel du torrent de Brionneau, de la Couture, du pré d'Al- 
loyau et du domaine de Longa Silva et y ajoute les vignes de Géraud le 
Chauve, la dîme du panage de Monnais et déclare, en outre, affranchi du 
droit de rouage le domaine de Longue-Ile; en échange de quoi, Tabbé Noël 
lui remet dix livres de deniers. » Mêmes sources que pour le n° 78, dont 
celui-ci est la confirmation et à la suite duquel il est transcrit. Pour la date, 
voir le n» 278. 

P. 334, n» 308. — Au lieu de « ms. 741, anc. 671 », lire « ms. 745, anc. 
671 ». 

P. 337, 1. 3. — Au lieu de « Lattay », lire « Latay ». 

P. 338, n® 321. — Au lieu de « Alonnes », lire « Allonnes ». 



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TABLE ALPHABÉTIQUE 



Abbon, seigneur de Rochefort-sur- 
Loire, 337. 

AcHARD, abbé de Saint-Serge d'An- 
gers, 323. 

Adalard, archevêque de Tours, 2. 

Adalberon, évêque de Laon. — Voir 
Asselin. 

Adélaïde, femme de Constant, 3")3. 

Adélaïde, fille de Foulque le Bon et 
de Gerberge, 4. — Femme d'Etien- 
ne de Gévaudan, du roi Louis V, 
puis de Guillaume !«' d'Arles, 6. 
— Mère de la reine Constance. 
6. — Surnommée Blanche, a, n. 

Adélaïde de Chalon, femme de Lam- 
bert, comte de Chalon, puis de 
Geoflfroi Grisegonelle et mère de 
Maurice, 9, n. 3. 

Adélaïde la Teutone, quatrième 
femme de Geoflfroi Martel, 128, n., 
290, 293. — Reçoit de lui le terri- 
toire de Saumuren apanage, 136, 
292-293. — Souscrit, 282. 

Adèle, « fille du comte Eude», troi- 
sième femme de Geoflfroi Marlel, 
127, n. 3. 

Adèle, fille de Foulque Nerra et 
d'Elisabeth de Vendôme, 11, n. 1, 
63. — Épouse Boon, 63. — Hérite 
du comté de Vendôme, 63, 273, — 
Transmet ses droits sur le Ven- 
dômois à son fils aîné Bouchard 
(1016), 63. — L'autorise à prêter 



hommage à Geoflfroi Marlel,' 64. 
— Fait investir du comté de Ven- 
dôme son second fils, Foulque 
rOison, 65. — Cède à Geoflfroi 
Martel la moitié de ce comté, 65. 

Adèle, prétendue fille de Foulque 
Nerra et d'Hildegarde, 12, n. 

Adèle de Vermandois, fille de Her- 
bert Il de Vermandois, femme de 
Geoflfroi Grisegonelle, .mère de 
Foulque Nerra et d'Ermengarde, 
9. n. 3, 56, n. 3, 245, 354. — 
Donne aux moines de Saint-Aubin 
d'Angers l'église des Alleuds 
(974), 89, n. 2, 244. — Leur donne 
nie du Mont (974), 354. 

Adelelmus. — Voir Alleaume. 

Adémar de Chabannes, chroniqueur, 
xv-xvi, 55, 68. 

Adésière (L'), comm. Avrillé, cant. 
et arr. Angers \ 252, 254. 

Ad Fraxinum^ localité inconnue, 
311. 

Adhebertu». — Voir Aubert. 

Ad raid us. — Voir Airaud. 

Agnès, femme de Hubert de Durtal, 
puis de Renaud de Maulévrier, 
304. 

Agnès, fille d'Otle-Guillaume, comte 
de Bourgogne, veuve de Guil- 
laume le Grand, duc d'Aquitaine, 
femme de Geoflfroi Martel, 265, 
267, 270, 271, 279, 287, 301, 



1. Nous supprimons l'indication (lu département pour les localités sises 
en Maine-et-Loire. 



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362 



LE COMTÉ D ANJOU 



320. — Épouse GeofTroi Martel 
(1032), 56-57, 127, n. 3. —Exerce 
l'autorité en Aquitaine, 60^1. — 
Va à Goslar, en Prusse, à la cour 
de son gendre l'empereur Henri III 
(1045), 128 n. 1. — Son voyage en 
Italie (1046), 128, 270. — Va en 
pèlerinage au Monte Gargano 
(1046), 128, n. 1. — Est répudiée 
par GeofTroi Martel (1050 env.), 
64, 127, n. 3, 274, 301. — N'a pas 
été reprise par GeofTroi Martel 
après sa répudiation, 128, n. — 
Actes d'elles, 263, 264. 266, 270, 
271,273-276. 

Agnès, ûUtr de la précédente,fenime 
de l'empereur Henri III, 128, n. 1. 

Agnès de Jarzé, fille de Thibaud I*', 
seigneur de Jarzé. — Epouse Ro- 
ger II de Montrevault, 168. 

Agressay, comm. Thurageau, cant. 
Mirebeau, arr. Poitiers (Vienne), 
275. 

Aimé, légat apostolique. — Vient à 
Tours (1081 ou 1082), 314. 

AiMBRi, inconnu, 246. 

AiMBRi, prévôt de Saumur. — Fait 
prisonnier lors de la prise de 
Saumur (1026), 40. 

AiMBRi, sellier, 326. 

AiMBRi de Courron. — Choisi par 
Foulque le Réchin comme gardien 
du « Domicile » d'Amboise, 172. 

— Fait prisonnier, 172. — Part 
en Terre Sainte (1096), 326. 

AfMBRi de Doué, fils de Geudouin, 
seigneur de Doué, et de Grécie de 
Montreuil-Bellay, 167, n. 2 et 3. 

AiMBRi I«' le Jeune ou l'Enfant, sei- 
gneur de Faye-Ia-Vineuse, fils 
d'Aimeri de Loudun, 161, n. 6. — 
Époux d'Ausent et père d'Aime- 
ri II, 162, n. — Sa mort, 162, n. 

— Actes de lui, 290, 298. 
AiMBRi II, seigneur de Faye-la-Vi- 

neuse, fils du précédent, époux 



d'Eustache, père d'Aimeri III. 
162, n. 

AiMERi III, seigneur de Faye-la- Vi- 
neuse, fils du précédent, 162, n. 

AiMERi de Loudun, père d'Aimeri I*""" 
de Faye-la-Vineuse, 161, n. 6, 
162,n. 

AiMERi I"^ seigneur de Maulévrier, 
père de Renaud I*"", 161, n. 5. 

AiMBRi de Saintes, fils de Machel, 
322. 

AiMERi de Saunay, 261-262. 

AiMERi III, vicomte de Thouars. — 
Blessé à la bataille de Conque- 
reuil (992), 23. — Baillistre du 
comté de Nantes (992), 25, 246. 

AiMERi IV, vicomte de Thouars. — 
Peut-être allié de Guillaume Ai- 
gret contre GeofTroi Martel (1053), 
61, n. 7. 

AiMERi, seigneur de Trêves, succes- 
seur de GeofTroi le Fort, 163, n., 
328. 

AiMBRi Gandrillon [Ayniericus Wan- 
drillo)^ chevalier, 346. 

AiRAUD, abbé de Saint-Nicolas d'An- 
gers, 283. — Donne l'habit monas- 
tique à GeofTroi Martel, 12, n. 

AiRAUD(j4rra/(/w8), prévôt, 352. 

Alain, comte de Nantes, fils de 
Guérech. — Sa mort, 17. 

Alain I*"" le Grand, duc de Breta- 
gne et comte de Vannes, 2, n. 2. 
— Cède l'abbaye de Saint-Serge 
d'Angers à l'évèque d'Angers Rai- 
non, 82, n. 4. 

Alain II Barbetortb, duc de Breta- 
gne, 5. 

Alain III, duc de Bretagne et comte 
de Rennes, époux de Berthe de 
Blois, 71 . — Fait reconnaître sa 
suzeraineté à Nantes, 51-52. — 
Allié de Herbert Éveille-Chien, en- 
lève du Lude les otages livrés par 
celui-ci à Foulque Nerra (1027), 
69. 



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TABLE ALPHABÉTIQUE 



363 



Alain IV Kergent, duc de Bre- 
tagne et comte de Cornouailies, 
époux de Constance, flile de Guil- 
laun)e le Conquérant, 182, n. 1. 

— Allié à Geoflfroi Martel le Jeune, 
l'aide à assiéger Candé (1106), 
174. 

Albericuê. — Voir Aubri. 

Albert. — Voir Aubert. 

Albert, inconnu, 275. 

Albert, abbé de Marmoutier, 272, 
285, 295. — Envoie dos moines 
et des abbés à Saint-Nicolas d'An- 
gers, 86-87, 254. — Sa mort ( 1064), 
139, 295. 296. 

Albert Belon, serf de Saint-Florent 
de Saumur, 353. 

Alençon (Orne). — Pris par Geoffroi 
Martel, 72, 73, n. 4, 78, n. 2. 

Alexandre II, pape, 185, 197, n. 1. 

— Protège Bérenger de Tours 
contre GeoflFroi le Barbu, 139. — 

— Enjoint à Tarchevêque de Tours 
de consacrer Arnaud évêque 
du Mans, 141. — Invite l'arche- 
vêque de Tours à excommunier 
Geoffroi le Barbu, 142. — Envoie 
en Anjou le légat Etienne, 142. — 
Enjoint à Foulque le Réchin de 
rendre la liberté à Geoffroi le 
Barbu (1067), 146. 

Alice, fille d'Avoie, 284. 

Aliénor, fille de Bellay !•' de Mon- 

treuil-Bellay. — Épouse Hugue I»' 

de Sainte-Maure, 167. 
Alleaume, inconnu, 104. 
Alleaume, père de Geoffroi, 308. 
Alleaume, père de Geoffroi le Roux, 

346. 
Alleaume I*^ seigneur de Semblan- 

çay. —Sa mort (1083), 315. 
Alleaume II, seigneur de Semblan- 

çay, 315. 
Alleuds (Les), cant. Thouarcé, arr. 

Angers, 256. — L'église en est 

donnée par la comtesse Adèle aux 



moines de Saint-Aubin d'Angers 
(974), 89, n. 2. —Ceux-ci y fondent 
un prieuvé, 89. — Prieur : Asce- 
lin. 

Allonnbs, cant. et arr. Saumur, 338. 

Alloyau (Pré d'), comm. Angers, 
au sortir de la ville, sur la rive 
droite de la Maine, 252, 254, 267, 
359. 

Alluyes, cant. Bonneval, arr. Châ- 
teaudun (Eure-et-Loir). — Sei- 
gneurs : Hugue 1'% Hugue IL 

Amauri, scribe de Saint-Aubin d'An- 
gers, 105, n. 6. 

Ambofse, arr. Tours (Indre-et-Loire), 
27, 34, 36, 321. — La défense y 
est organisée contre les Noimands, 
152. — Est concédée à Enjeuger, 
2, 15, n. 6. — Geoffroi Grisego- 
nelle y construit un nouveau châ- 
teau qu'il inféode à Landri de 
Chàteaudun. 158. — Fait partie 
du comté d^Anjou à l'avènement 
de Foulque Nerra, 15. — Landri 
deCh&teaudun en est chassé (990 
ou 991), 18. — Ce dernier attaque 
la place, 19. n.. 31, n. — Le tré- 
sorier Sulpice y construit un 
donjon en pierre, 44. — Eude II 
de Blois tente en vain de prendre 
la ville (1027), 44. — La seigneu- 
rie en est unie à celle de Chau- 
mont-sur-Loire, 166, 168. — Lutte 
qui s'y livre entre Foulque le 
Réchin et Sulpice d'Amboise 
(1068 env.), 148-149. — Forte- 
resses : Domicile (Jei, Motte (la)- 
Foucois, Tour (la t-de-Pierre. — 
Église : Saint-Florentin. — Sei- 
gneurs : Sulpice !•••■, Hugue II, 
Sulpice II (voir à Chaumont-sur- 
Loire). 

AMBRièiŒS, arr. Mayenne (Mayenne). 
— Guillaume le Bâtard s'y éta- 
blit, 78. — Geoffroi Martel assiège 
la place, 78. — Elle tombe aux 



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364 



LE COMTÉ d'aNJOU 



mains de Geoffroi de Mayenne, 
79. 

Ancbnis (Loire-Inférieure), 8. n. 6, 

André, inconnu, 353. 

André, serf. 302. 

André Païen, flls de Hubert Pilrate, 
331. 

Angers, 62, n. 2. 130, i78, 183, n. 2, 
193, n.4, 201. 214, n. 3, 217, n. 1, 
244, 245, 248, 249, 262-264, 268, 
271,273,277,282,286,287,289,291. 
299, 300, 302. 306, 308-311, 314, 
315. 318. 319, 321, 322, 324, 325, 
327, 329, 332-334. 341 . — La défense 
y est organisée contre les Nor- 
mands, 152. — La ville est atta- 
quée par les tîls de Conan. 6, 25, 
n. 3, 131. — Prétendu incendie de 
la ville par Foulque Nerra (1000), 
130. — Prétendu siège de la ville 
par Eude II de Blois, 40, n. 1. — 
Développement de la ville dans 
la première moitié du xi* siècle, 
94-96. — Incendie qui y éclate 
(1032), 96. — Bérenger de Tours 
en est expulsé par Geoffroi le Bar- 
bu, 138. — Synode qui y est 
réuni (1062), 138, n. 1. — La ville 
tombe aux mains de Foulque le 
Réchin (1067), 146. — Foulque le 
Réchin y reçoit le roi Philippe I" 
et Bertrade de Montfort (1 106),171 . 

— Eglises : Saint-Aignan, Saint- 
Évroult, Sainte-Geneviève, Saint- 
Laud, Saint-Laurent, Saint-Mar- 
tin, Saint-Maurice, Saint-Mau- 
rille, Saint-Michel-la-Palud, Saint 
Michel-du-Terlre, Saint-Pierre, 
Toussaint. — Monastères : Notre- 
Dame-de-la-Charité (le Ronceray), 
Saint-Aubin, Saint-Lézin, Saint- 
Nicolas, Saint- Serge. — Prieuré : 
Evière (V) ou la Trinité d'Angers. 

— Portes : Angevine, Boulet, 
Chanzé, de l'Evière, Girard, Hu- 
gon, Pied-Boulet. — Pont : Grand- 



Pont. — Prévôts : Audouin, 
Geoffroi, Girard Follet, Robert, 
Robert le Maréchal. — Voyer : 
Bernon. 

Angers (Diocèse d'), 13, n. 1, 16, n. 
— Soumis à un interdit (1049), 
121-122. — Cet interdit est levé, 
125. — Évêques : Eusèbe Brunon, 
Geoffroi de Mayenne, Geoffroi de 
Tours, Hubert de Vendôme, Né- 
fingue. Normand de Doué, Rainon, 
Renaud II, Renaud III de Martigné, 
Ulger. — Archidiacres : Bérenger 
de Tours, Gui, Landri, Marbeuf, 
Renaud. 

Angevine (Porte), à Angers, 95. 

Anglée(L'). — Voir Onglée (L'). 

Angleterre (I/). — Conquise par 
Guillaume le Conquérant, 143, 
n. 2, 144, 180. — L'évêque du 
Mans Arnaud y va demander 
secours à Guillaume le Conqué- 
rant, 181. — Passe aux mains des 
comtes d'Anjou, 205. — Rois : 
Guillaume le Conquérant, Guil- 
laume le Roux, Henri I**" Beau- 
clerc, Henri II Plantagenêt. 

Angliers, cant. Moncontour, arr. 
Loudun (Vienne), 315. 

Angouleme (Charente), 217, n. 1. — 
Comte : Guillaume Taillefer. 

Anjou {V),pasêim. — Comtes : Eude 
\^', Eude II. Foulque I®*- le Roux, 
Foulque H le Bon. Foulque III 
Nerra, Foulque IV le Réchin, 
Foulque V le Jeune, Geoffroi I'"' 
Grisegonelle, Geoffroi II Martel, 
Geoffroi III le Barbu, Geoffroi IV 
Martel le Jeune, Geoffroi Vie Bel, 
Henri Plantagenêt, Hugue l'Abbé, 
Lambert, Robert le Fort. — Vi- 
comtes : Foucois, Foulque le Roux, 
Renaud le Thuringien. 

Ansaud, frère de Bouchard de Ca- 
rêmes, 272. 

Ansaud, père du voyer Bernon, 300. 



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TABLE ALPHABÉTIQUE 



36S 



Aquitainb (L'), 17, n. 1, 54. 60, 61.— 
Voir Poitou. 

Aralazrum^ localité inconnue, 33i. 

AncHEMBAUD, archcvêque de Tours^ 
S4, n. 4. 

Arguembaud, fils de Landri de la 
Place, 353. 

Abchembaud, fils d'Ulger, 320. 

Arghembaud, frère de Sulpice (tré- 
sorier de Saint-Martin de Tours), 
«, n. 

Ardouin. — Voir Hardouin. 

Arles (Bouches-du-Rhône). — Com- 
te : Guîllfiume I•^ 

Arnaud, évêque du Mans. — Son 
élection (1065), 141-142, 180. — 
Chassé du Mans, va en Angleterre 
demander secours à Guillaume le 
Conquérant, 181. — Sa mort 
(1081), l«r» — Son favori Hoël 
lui succède, 185. 

Arnoul. archevêque de Tours, 260, 
283. 289. 

Aanoul deBriêco^ 281. 

Arnoidu*. — Voir Airaud. 

Am-EMAr, comm. des Verchers, cant. 
Doué, arr. Saamur, 335. 

Aatuur de Craon, prétendu parent 
de Foulque Nerra, 339. 

AscBLiN, prieur des Alleuds, 89, n. 2. 

AsABLiN (Adalberon, évêque de 
Laen). — Son complot contre 
HugueCapet,28, n. 1. 

Astetieniê (Terra de), domaine in- 
connu, £66, 331. 

Atton. vicomte de Tours, 3, n. 4. 

Atton. — Voir Azzon. 

Aubbrt, abbé de Saint-Florent de 
Saumur, 252, 353. — Sa mort 
(1013), 252. 

AuBAi, inconnu, 259. 

AuBRi, comte de Gâtinais. — NVst 
pas le père de Geoffroi le Barbu 
et de Foulque le Réchin, 134,n. — 
Ses frères, 134 n. 



AuBRi, fils du prévôt d'Angers Gui, 
305. 

AuBRi, gendre de Hugue Mange- 
Breton, 326. 

AuBRi de Chinon, 287. 

AuBRi, seigneur du Lion-d'Angers, 
fils du trésorier Gui. — Est dépos- 
sédé de son fief par le comte d'An- 
jou (1060 env.), 113. 169. — Acte 
de lui, 281-282. 

AuBRi, premier seigneur de Mont- 
jean, 164.. — Gendre de Thibaud 
le Bouteiller, seigneur de Trêves, 
162, n. 2. — Avoué de Saint-Flo- 
rent de Saumur à Saint-Georges- 
Chàtelaison, 251, 346-347. — Entre 
en possession de l'église de Chà- 
teaupanne, 157, n. 4, .164, n. 3. 
— Érige en collégiale l'église 
Notre-Dame de Loudun, 164, n. 3, 
259. 

AuBRi, seigneur de Montrésor, allié 
de Foulque le Réchin contre 
Hugue d'Amboise, 172. 

AunsBKRT, comte de la Haute Mar- 
che et du Périgord. — Aide 
Foulque Nerra à prendre Tours 
(996) , 29. — AtUque Poitiers, 30, n. 

Audemand, prétendu chancelier de 
Geoffroi Grisegonelle et de Foulque 
Nerra, 104-105. 

AuDouiN, prévôt d'Angers, 279, 289. 

AuDoufN, prieur de Saint-Aubin 
d'Angers, nommé abbé de Saint- 
Nicolas d'Angers, 87, 254. — 
Frère d'Ernaud, 281. 

AuGiER (Hildegarius), trésorier de 
Saint-Hilaire de Poitiers. — Piie 
Fulbert de Chartres de venir À 
Poitiers, 55. 

AuGiER, époux de Valence, 300. 

AuMAND, inconnu, 284. 

AuMODE, première femme de Guil- 
laume le Grand, duc d'Aquitaine, 
mère de Guillaume le Gros, 30, 
n.^56. 

AuRENGARDE. — Voir Orcngardc. 



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366 



LE COMTÉ D ANJOU 



AuRiscAND, évêque de Vannes. — 
Chargé de garder le château du 
Bouffay, 20, n. 2. 

AusBNT, femme d'Aimerî \^^ de Faye, 
mère d'Aimeri II, 162, n. 

AussiGNÉ, comm. et cant. Durtal, 
arr. Baugé. — Voir Josselin. 

AuTHiON (L'), rivière, affluent de la 
Loire. 340. 

AuTRUDE, inconnue, 300. 

AvALOu (Le Petit-), comm. Brain- 
sur-l'Authion, canton et arr. An- 
gers, 324. 

AvESGAUD, évêque du Mans. — Sa 
mort (1036). 69, 260. 



AvoiE, femme de Gautier Rage, mère 
d'Alice, 266, 284, 335. 

AvoiE, femme de Gautier Rouaud, 
204, n. 4. 

AvoiB ou Blanche, femme de Robert 
le Bourguignon, 298, 300. 

Azé, comm. Saint-Georges-du-Bois, 
cant. Beaufort-en- Vallée, arr. Bau*- 
gé, 330. 

AzzoN, marquis d'Esté, époux de 
Gersent, fille de Herbert Éveille- 
Chien, père de Hugue. 180, 187. 
— Reconnu comte du Maine (1069 
env.), 180. — Abandonné par ses 
partisans, regagne Tlialie, 181. 



Babin, sénéchal de GeofTroi Martel, 
102. 

Balesmes, cant. la Haye-Descartes, 
arr. Chinon (Indre-et-Loire). — 
Églises : Saint-Pierre, Saint-Sym- 
phorien. 

Ballon, arr. du Mans (Sarthe). — 
Pris par Guillaume le Roux (1098), 
188. — Assiégé par Foulque le 
Réchin, 188. — Voir Hugue de 
Ballon. 

Bardoul, père de Renaud, 296. 

Barre (La), comm. Angers, 254. 

Barthélemi, seigneur de l'Isle-Bou- 
chard. — Sa révolte contre 
Foulque le Réchin, 173. — En 
guerre contre Hugue de Sainte- 
Maure, 203. 

Barthélemi, abbé de Marmoutier 
(1064-1084), 328. —Son élection, 
139 140. 307. —Sa mort, 320. 

Barthélemi, archevêque de Tours, 
seigneur de Mirebeau, 275. — 
Succède h Arnoul, 289. — Geoffroi 
Martel se plaint à lui de Févêque 
(lu Mans Gervais, 71, n. ^. — 
Défend Bérenger de Tours contre 



Geoffroi le Barbu, 139, 142. — 
Son conflit avec ce dernier pour 
rélection à Vévêché du Mans, 141- 
142. — Excommunie Geoffroi le 
Barbu, 142. — Prend part au 
synode de Saumur (1067), 144. — 
Sa mort (1068), 148, n., 297, 299, 
313. — Actes de lui, 283. 

Baudouin, chapelain de Foulque 
Nerra, puis aumônier de Saint- 
Aubin d'Angers, 106, n. 1. 

Baudouin, comte de Flandre, 298, 

Baudri, abbé de Bourgueil. — Sa 
nomination (1089), 317, 327. 

Baudri, abbé de Saint-Nicolas d'An- 
gers. — Se sauve de son abbaye, 
86, 254. 

Baugé, 193, n. 4, 247, 305, 306, 312, 
328, 331, 334. — Château construit 
en cet endroit par Foulque Nerra, 
156. — Formation de là ville, 93, 
n. 4. — Reste en la possession 
directe des comtes d'Anjou au 
xi« siècle, 156, n. 1. 

Baveux (Calvados). — Incendié par 
Geoffroi Martel le Jeune (1105), 
190. 



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TABLE ALPHABÉTIQUE 



367 



Bazougbs, ancien nom de Chàteau- 

Gontier, 16, 247, 260. 
Béarn (Le). — Comte : CentuUe. 
BéATRicE, épouse d'Albert, 275. 
Beaugb (La), région de la France, 257. 
Beaugency, arr. Orléans (Loiret). 

— Seigneur : Lancelin. — Voir 
Landri de Beaugency. 

Beaulieu, cant. et arr. Loches (In- 
dre-et-Loire). — Foulque Nerra 
construit une abbaye en cet 
endroit (1007?), 32, n., 83-86, 94, 
213, n. 7, 214, n. 3, 216, 351-352. 

— L'archevêque de Tours Hugue 
refuse de venir la consacrer, 84, 
118. — Foulque Nerra y est en- 
terré, 127, n., 234-236. —Forma- 
tion d'une ville autour de Tabbaye, 
94. — Les chartes relatives à la 
fondation de cette abbaye, 97, n., 
219-231,250-251. — Autreschartes 
de l'abbaye, xxiri, 268, 285. — 
L' « Office du Saint-Sépulcre » de 
Beaulieu, xi. — Abbé : Etienne. 

Beaumont-la Chartre, cant. La 
Chartre, arr. Saint-Calais (Sarthe), 
250. 

Beaumont-sur-Sarthe, arr. Mamers 
(Sarthe). — Se soumet à Guil- 
laume le Conquérant, 181. — 
Vicomte : Hubert. 

Beaumont-lès-Tours, comm. Tours 
(Indre-et-Loire). — Monastère de 
femmes : Orengarde de Châtelail- 
lan s'y retire peut-être, 170, n. 1. 

— Acte pour ce monastère, 312. 
Bbaupréau, arr. Cholet. — Fonda- 
tion du château, 157. — Les pre- 
miers seigneurs, 157, n. 3, 163. — 
Ilamelin, frère de Girois, menacé 
d'en être déshérité (1028-1029), 
113, 163, n. 2. — Les seigneurs 
du lieu possèdent le Vieil-Baugé, 
156. — Seigneurs : Girois l^', 
Girois II, Hamelin, Josselin de 
Rennes, Orri. 



Beauvais-sur-Loir, comm. et cant. 
Seiches, arr. Baugé, 286. 

Beauveau, cant. Seiches, arr. Bau- 
gé. — Église : Saint-Martin * 

Bellay I»»", seigneur de Montreuil- 
Bellay, époux de Grécie, 127, n. 3, 
128, n., 287. — Reçoit son fief de 
Foulque Nerra, 112, 161. — Dona- 
tion qu'il fait à Saint-Florent, 161, 
n. 1. 

Bellay II, seigneur de Mon treuil- 
Bellay, frère de Grécie, 167, n. 3. 
— Fait prisonnier au combat de 
Ballon, 188. — Sa fille Aliénor 
épouse Hugue I®"" de Sainte-Maure, 
167. — Donation qu'il fait à Fon- 
tevrault, 167, n. 3. 

Bbllême, arr. Mortagne (Orne), 295. 
Église : Saint-Léonard. — Sei- 
gneurs : Guillaume, Robert. 

BÉNé, comm. Juigné-Béné, cant. et 
arr. Angers, 266, 331. 

Bener, comm. Yvré-l'Évêque, cant. 
et arr. du Mans (Sarthe), 322. 

Benoît, évêque de Porto (Italie), 
229. 

Benoît, évêque de Selva Candida 
(Italie), 229. 

Benoît VIII, pape, 227,229. 

Benoît IX, pape. — GeofTroi Martel 
se plaint à lui de l'évêque Ger- 
vais, 71, n. 3. — Prétendue sous- 
cription de ce pape, 264. 

Bérard, père de Geoffroi Bérard, 
292. 

Bérengbr de Tours, archidiacre dans 
le diocèse d'Angers, 116. — Écrit 
un acte de Foulque Nerra, 106, 
n. 4. — Débuts de son hérésie, 

123, n. 3, 124. — Défendu par 
Geoffroi Martel et Eusèbe Brunon, 

124, 126, 281. — Se rend au con- 
cile de Rome (1059), 126, n. 1. — 
Comparaît devant un concile à 
Angers (1062), 138, n. 1. - Geof- 
froi le Barbu le persécute et l'ex- 



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368 



LE COMTÉ d'aNJOU 



puise d'Angers, 138-139, 142. — 
Sa lettre au cardinal Etienne, 138, 
n. 2. — Soutenu par Eusèbe Bru- 
gnon jusqu'en 1079, abandonné par 
Foulque le Réchin avant cette 
date, 197-198. — Recueils de ses 
lettres, xvii. 

Bernard, abbé de Marmoutier(1084- 
1099), 328. —Sa nomination, 320. 

Bernard, écolàlre de Saint-Maurice 
d'Angers, auteur des « Miracles 
de sainte Foy », 116. 

Bernard de Glermont, prétendu 
chancelier de Foulque Nerra, 104- 
105. 

Bernard ou Bernaud, chapelain de 
GeofTroi Martel, 106, n. 1, 303. 

Bbrnier, percepteur comtal de ton- 
lieu, 108, u. 4. 

Bbrnon, fils du prévôt d'Angers 
Geoffroi, 305. 

Bernon, prévôt de Foulque Nerra, 
353. 

Bernon, voyer d'Angers, 300. 

Berthe, femme d'Eude I*"" de Blois, 

29. — Épouse le roi Robert (997), 

30, 232-233, 357. — Son parti à 
la cour, 32. 

Berthe, sœur de Thibaud, comte de 
Blois, veuve d'Alain, comte de 
Rennes. — Épouse Hugue III, 
comte du Maine, 67, n., 71. — 
Chassée du Mans, se sauve en 
Normandie avec ses enfants, 75, 
178. 

Bertin, scribe de Saint-Aubin d'An- 
gers, 105, n. 6. 

Bbrtrade de Monlfort, cinquième 
femme de Foulque le Réchin, 170, 
186, 3l8. — Se sauve auprès du 
roi Philippe I" (1092). 170. — 
L'épouse (1092), 171, n. — Vient 
avec lui à Angers (1106), 171. — 
Mère de Foulque le Jeune, 171, 
173. — Tente d'obtenir son élar- 
gissement, 178. — Mère de Phi- 



lippe, 334. — Souscrit un acte, 
291. 

Bessé, aujourd'hui Saint-Pierre-du- 
Lac, comm. etcant. Beaufort, arr. 
Baugé. 244, 245, 341. 

BEuvRON(Le),rivière, affl.de la Loire. 
34. 

BiGOTiÈRE (La), comm. Rochefort- 
sur-Loire, cant. Chalonnes. arr. 
Angers. 290. 

Bilangerio [Monasterium c/e), monas- 
tère inconnu, 318. 

BiOTE, sœur de Hugue III, comte du 
Maine. — Épouse Gautier de 
Mantes, 179. — Emmenée prison- 
nière à Falaise avec son mari, y 
meurt empoisonnée, 179. 

Blaison, cant. des Ponts-de-Cé, arr. 
Angers. — Les premiers seigneurs 
du lieu. 164. — La place est assié- 
gée par GeofTroi le Bel, 204. — 
Seigneurs : Éon, Jean, Thibaud I", 
Thibaud IL — Voir Cadilo et 
Geoffroi de Blaison. 

Blanche, surnom d'Adélaïde, fille 
de Foulque le Bon, 5, n. 

Blanche, surnom d'Ermengarde, 
fille de Foulque Nerra, 12, n. 

Blanche ou Avoie, femme de Robert 
le Bourguignon, 298, 300. 

Blanchblandb, localité d'emplace- 
ment incertain, 185, n. — Paix 
qu'y concluent Guillaume le 
Conquérant et Foulque le Réchin 
(1081), 183, n. 4, 184. 

Blémars, ancienne forêt de Tou- 
raine, 260, 294. 

Bléré, arr. Tours (Indre-et-Loire), 
47. 

Blésois, pays de Blois. — Dévasté 
lors d'une guerre entre Geoffroi 
Martel et Thibaud III, 51, n. 1. 

Blois (Loir-et-Cher), 6, 44. — 
Foulque Nerra en incendie les 
faubourgs (990 env.), 18. — Com- 
tes : Eude I", Eude II, Gui de Chà- 



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TABLE ALPHABÉTIQUE 



369 



tillon, Thibaud I«' le Tricheur, 
Thibaud II, Thibaud III. — Vi- 
comte : Geudouin. 

BoGÉ, canton et arr. Baugé, 338. — 
Voyer : Geoffroi. 

BoDON. — Voir Boon. 

BoisoGBR, comm. Loche, cant. Mon- 
trésor, arr. Loches (Indre-et- 
Loire). — Droits concédés à Tab- 
baye de Beaulieu dans les bois de 
ce lieu, 221, 352. 

BoNNEviLLK-suR-TouQUES, cant. et 
arr. Pont-FÉvêque (Calvados), 303. 

BooN, probablement fils du comte 
de Nevers Landri, mari d'Adèle, 
fille de Foulque Nerra, 63, 272- 
273. 

Bordeaux (Gironde). — Le légat 
Etienne s'y rend (1067), 145, n. 4. 

Borrelum, localité sise au comté 
de Senlis, 286. 

Bouchard, inconnu, 272. 

Bouchard, inconnu, 315. 

Bouchard, comte de Paris, 339. 

Bouchard le lb Vénérable, comte 
de Vendôme, père de Tévêque 
de Paris Renaud et beau-père de 
Foulque Nerra, 11, n. 1, 62,63. 
Prétendu oncle de Foulque Nerra, 
339. — Vient à Angers (985), 62, 
n. 2. — Sa mort, 250. — Actes de 
lui, 245, 250. 

Bouchard II le Chauve, comte de 
Vendôme, fils d'Adèle (fille de 
Foulque Nerra), 63. — Placé sous 
le bail de Foulque Nerra, 63-64. 
— Sa majorité, 64. — Prête hom- 
mage à Geofîroi Martel, 65, 66, 
n. 2. — Sa mort, 65. 

Bouchard III, comte de Vendôme, 
seigneur de Nouâtre. — Sa majo- 
rité (1075), 309. 

Bouchard, serf, 353. 

Bouchard, seigneur de Briollay, tré- 
sorier de Saint-Maurice d'Angers, 
112, 257. — Reçoit son fief de 

Halphen. — Le comté d'Anjou, 



Foulque Nerra, 112, 157, n. 2, 
162-163. — Son rôle dans les 
guerres de Geoffroi Martel, 117. 
— Sa femme et ses enfants, 117, 
n. 2. 

Bouchard de Carêmes, 51, n. 1, 272, 
280. 

Bouchard, seigneur de l'Isle-Boù- 
chard, neveu de Geoffroi Fouel, 
306, 308. 

Bouchard de Montmorency, 339. 

Bouchard, seigneur de Montrésor et 
de Montrichard, 149. — Allié de 
Foulque le Réchin contre Sulpice 
d'Amboise, 149. — Épouse une 
fille de Lisois d'Amboise, 166. 

Bouchard le Breton, inconnu, 290. 

BouFFAY (Le), forteresse établie à 
Nantes par Conan, comte de 
Rennes, 17. — La garde en est 
confiée à l'évêque Auriscand, 20, 
n. 2. 

BouGRiN {Vulgrinus). — Est nommé 
abbé de Saint-Serge d'Angers, 91, 
n. 4, 92, 268.— Est nommé évêque 
du Mans (1055), 79, n. 1, 80, 125, 
n. 5, 278. — Sa mort (1065), 139, 
n., 141, 142, n. 3. 

Boulet (Porte), porte d'Angers, 95. 

Bourg-de-la-Rive. — Voir Rive (La). 

BouROUEiL, arr. Chinon (Indre-et- 
Loire). — Monastère de Saint- 
Pierre de Bourgueil, 233, 286. — 
Chartes de ce monastère, xxii, 
246-250,275, 283, 286, 297, 313, 
315, 317, 318, 322, 333. — Abbés : 
Baudri, Joubert, Raimond. 

BouRNAND, cant. Trois-Moutiers, arr. 
Loudun (Vienne), 297. 

Bourré, cant. Montrichard, arr. 
Blois (Loir-et-Cher), 33. 

Brain-sur-Allonnes, cant. et arr. 
Saumur, 39. 

Braye (Bois de), ancien bois de Tou- 
raine,près de Saint-Martin-le-Beau. 

24 



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370 



LB COMTÉ d'aNJOU 



— Thibaud III, comte de Blois. 
y est fait prisonnier (1044), 48. 

Breille (La), cant. et arr. Saumur, 

334. 
Bretagne (La). — Ducs : Alain I*"", 

Alain II, Alain 111, Alain IV, 

Conan I*»", Conan II, Erispoô, 

GeofTroi Bérenger, Hoël, Salo- 

mon. 
Brétignolles, cant. Saint-Gilles-sur- 

Vie, arr. Sables-d'Olonne(Vendée), 

249. 
Breton d'Amboise, auteur d'une 

rédaction des Gesla consulum 

Andegavoruniy vu. 
Bretons (Les), 1, 2. — Expulsés de 

l'Anjou occidental, 3. 
Briant, seigneur de Martigné, père 

de révoque d'Angers Renaud 111, 

195. 
Bribcham, localité inconnue du Poi- 
tou, 246. 
Brienne, arr. Bar-sur- Aube (Aube). 

— Comte : Gautier I®'. 
Briollav, arr. Angers, 167. — Fon- 
dation d'un château en ce lieu, 
157. — Ce château est inféodé par 



Foulque Nerra au père du tréso- 
rier Bouchard, 112, 157, n. 2, 162- 
163. — Origine de la maison de 
Briollay, 162-163. — La place est 
prise par GeofTroi Martel le Jeune 
(1104), 174. — Elle est assiégée 
par GeofTroi le Bel, 204. — Sei- 
gneurs : Bouchard, GeofTroi. 

Brion, cant. Beaufort, arr. Baugé, 
279. — Fondation d'un prieuré de 
Saint-Aubin d'Angers en ce lieu, 
90. 

Brionneau (Le), ruisseau, afÛ. de la 
Maine, 252,254, 359. 

Brisce, seconde femme de Guillaume 
le Grand,duc d'Aquitaine, et mère 
d'Eude, 56. 

Brissac, cant. Thouarcé, arr. An- 
gers, 143, n. 2. — GeofTroi le 
Barbu y assiège Foulque le Ré- 
chin (1068), 147. 

BuDic, comte de Nantes, fils de 
Judicaêl. — Reconnaît la suzerai- 
neté de Foulque Nerra, puis celle 
du comte de Rennes, 51-52. 

Burchardus, — Voir Bouchard. 

BurnelluSf inconnu, 321. 



Cadilo de Blaison, 352. 

Candé, arr. Segré, 167. — Pourpar- 
lers qui y ont lieu entre Foulque le 
Réchin et GeofTroi le Barbu (1063), 
137, 294. — Le fief en est uni à 
ceux du Lion-d'Angers et du 
Petit Montrevrault, 168, 175, n. — 
GeofTroi Martel le Jeune et Foul- 
que le Réchin viennent y assiéger 
Normand de Montrevault (1106), 

174. — GeofTroi Martel le Jeune 
meurt devant la place (1106), 174, 

175, n., 337. — La place est assiégée 
par GeofTroi le Bel, 204. — Sei- 
gneurs ; Foulque Normand de 



Montrevault, GeofTroi Rorgon, 

Rorgon. 
Canei'o«a, forêt de Touraine, 316. 
Carbay, cant. Pouancé, arr. Segré, 

287. — A la limite des comtés 

d'Anjou et de Nantes, 17, n. — 

Fondation en ce lieu d'un prieuré 

de Marmoutier, 93, n. 1. 
Carêmes, comm. Menetou- Salon, 
. cant. Saint-Martin-d'Auxigny, arr. 

Bourges (Cher). — Voir Bouchard 

de Carêmes. 
Carolingiens (Les), 15. 
Carterib (La), comm. Bécon, cant. 



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TABLE alphabétique: 



371 



Louroux-Béconnais, arr. Angers, 

298. 
Castellarium, vieux nom de Roche- 
fort-sur-Loire. 
Catver, Chavais. 
Caux, région de la Normandie. — 

Dévastée par Eude, frère du roi 

Henril«'(1054), 77. 
Caziacus, domaine sis sur la Loire 

près de Bourgueil, 275. 
Centulle, comte de Béam, 197, n. 
Chacé, cant. et arr. Saumur, 108, 

n. 4, 262. 
Chaintrb (La) -Notre-Dame, clos 

appartenant à Notre-Dame-de-la- 

Charité d'Angers, 340. 
Chalonnes, arr. Angers, 296, 313, 

325. — Fondation d'un prieuré de 

Marmoutier en ce lieu, 93, n. 1. 

— Église : Saint-Maurille. 
Chambiers, comm. et cant. Durtal, 

arr. Baugé, 310, 335. 

Champagne (Comté de). — Difficul- 
tés survenues pour la succession 
de ce comté, 37, 38, n. 1. 

Champigné-sur-Sarthe, cant. Châ- 
teauneuf, arr. Segré, 256. — Fon- 
dation d'un prieuré de Saint- Aubin 
d'Angers en ce lieu, 89. — Le fief 
est repris par le comte à la mort 
du seigneur, 162, n. 

Champigny-le-Sec, comm. Souzay, 
cant. et arr. Saumur, 261. 

Champigny-sur-Veude, cant. Riche- 
lieu, arr. Chinon (Indre-et-Loire). 

— Foulque le Réchin y élève une 
forteresse, 173. — Barthélemi, 
seigneur de l'Isle-Bouchard, la 
prend et l'incendie, 173. 

Champtocé, cant. Saint-Georges-sur- 
Loire, arr. Angers, 314. — La 
seigneurie en est unie à celles de 
Craon, Sablé et Ingrandes, 168. 

Champtoceaux, arr. Cholet. — Fon- 
dation d'un prieuré de Marmou- 
tier en ce lieu, 93, n. 1. — Le fief 



est enlevé à Orri par Geoffroi 
Martel et donné à Thibaud de 
Jarzé, 112, 169. — La place est 
assiégée par Geoffroi le Bel, 204. 

— Église : Saint-Jean-Baptiste. 

— Seigneurs ; Geoffroi, Orri, Thi- 
baud de Jarzé. 

Changé, comm. Chenillé-Changé, 
cant. Chàteauneuf, arr. Segré, 284. 

Channay, cant. Chèteau-la-Vallière, 
arr. Tours (Indre-et-Loire), 318. 

Chantocé. — Voir Champtocé. 

Chantoceaux. — Voir Champtoceaux. 

Chanzé (Porte), porte d'Angers, 95. 

Chapelle (La) - Vendômoise, cant. 
Herbault, arr. Blois (Loir-et- 
Cher). — Trêve conclue en ce lieu 
par Geoffroi Martel et Thibaud III 
de Blois, 50-51, 280. 

Chardonnet (Le), quartier de la ville 
actuelle de Saumur. — Les moi- 
nes de Saint-Florent y recons- 
truisent leur monastère (1026), 41, 
n. 2, 44, 88, 94. 

Charles II le Chauve, roi de France, 
1. — Conclut avec Salomon, duc 
de Bretagne, le traité d'Enlram- 
mes, 16, n. 4. — Nomme Lambert 
comte d'Anjou, 81, n. 2. 

Charles III le Simple, roi de France, 
3. 

Charles IV, roi de France, 234. 

Charles V, roi de France, 221. 

Chartre (La), arr. Saint-Calais 
(Sarthe), 250. — Ilugue, fils d'Az- 
zon, y reçoit l'hommage des Man- 
ceaux (1090), 187. — La place est 
prise par Geoffroi Martel le Jeune 
et Foulque le Réchin (1104), 174. 

Chartrené, cant. et arr. Baugé, 255. 
— Fondation d'un prieuré de 
Saint-Aubin d'Angers en ce lieu, 
91, n. 1. 

Chartres (Eure-et-Loir). — Monas- 
tère : Saint-Père de Chartres. 



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3t2 



LE COMtÉ D^ANJOt 



Chateaubriant (Loire- Inférieure), 

17, n. 
Château- DU- Loir, air. Saint-Calais 
(Sartho), 8, n. 6, 210. — Assiégé 
par Geofîroi Martel, 71, 74. — Lui 
est cédé par Tévêque Gervais, 75, 
342. — Seigneur : Gervais. 
Chateaudun (Eure-et-Loir), 27, n.5, 
28, n. 2. — Assiégé par Foulque 
Nerra (990 env.), 18, 19, n. — 
Vicomtes : GeofTroi, Hugue. 
Chateau-Gontier (Mayenne). — Fon- 
dation d'un prieuré de Saint- 
Aubin d'Angers en ce lieu, 90. - 
Foulque Nerra y construit une 
forteresse (1007 env.), 155, 158. — 
Il rinféode à Renaud Ivon, 111, 
n. 4, 158. — Formation de la ville, 
93, n. 4. — Conan II meurt sous 
les murs de cette place (1066), 143. 
— Seigneurs : Renaud Ivon, Re- 
naud II. 
Chateau-Landon, arr. Fontainebleau 
jSeine-et-Marae), 1, n. 3, 2,. n. 1 
Chateau-la- Vallière, arr. Tours 
(Indre-et-Loire). — Fait partie du 
comté d'Anjou à l'avènement de 
Foulque Nerra, 15. 
CnATEAUNEUF, faubourg de Tours. — r 
Incendié (997), 31 n. — N'a pas 
été assiégé isolément, 358. 
Chateaupanne, comm. Montjean, 
cant. Saint-Florent-le-Vieil, arr. 
Cholet. — L'église en est donnée 
à Aubri I"^»" de Montjean, 157, n. 4, 
164, n. 3. 
Chatraurenault, arr. Tours (Indre- 
et-Loire). — Cédé parThibaud III 
de Blois à GeofTroi Martel (1044), 
48. — Confisqué par ce dernier et 
inféodé à Renaud de Chàteau- 
Gontier, 50, n. — Premiers sei- 
gneurs du lieu, 165. — Lutte des 
seigneurs du lieu avec ceux de 
Chaumont-sur-Loire, 203. — Sei- 



gneurs : Guicher I*', Renaud II 
de Chàteau-Gontier. 
Chatelais, cant. et arr.'Segré, 304. 
Cuateliers (Les), comm. des Murs, 
cant. Ponts-de-Cé, arr. Angers, 
99,n, 1. 
Chaumont-sur-Loire, cant. Montri- 
chard, arr. Blois (Loir-et-Cher), 
298. — Inféodé par Eude II de 
Blois à Geudouin de Saumur, 44, 
n. 2, 165. — Passe aux mains des 
seigneurs d'Amboise, 168. — As- 
siégé par GeofTroi le Barbu, 
Foulque le Réchin et Philippe I*' 
(1067), 147, 298. — Lutte des sei- 
gneurs du lieu avec ceux de Mon- 
trésor,Chàteaurenault et Preuilly, 
203. — Seigneurs : GeofTroi, Geu- 
douiit de Saumur, Hugue I*"", Sul- 
pice. 
Chauvigné, comm. Saint-Remy-la- 
Varenne, cant. Ponts-de-Cé, arr. 
Angers, 256. 
Chavais {Catver)^ comm. Dénezé, 
cant. Doué, arr. Saumur. — Voir 
Guérin. 
Chef -Boutonne, arr. Melle (Deux- 
Sèvres). — Foulque le Réchin et 
GeofTroi le Barbu y battent Gui- 
deoffroi (1061), 136, 150,n. 5. 
CHEFFES,cant. Briollay, arr. Angers. 
— Fondation d'un prieuré de 
Saint-Nicolas d'Angers en ce lieu, 
302. 
Chelles, cant. Lagny, arr. Meaux 
(Seine-et-Marne). — Synode tenu 
en ce lieu (1008), 33. 
CiiEMiLLÉ, arr. Cholet. — Compris 
dans le pagus AndegavensiSy 13, 
n. 1. — Fondation d'un château 
en ce lieu, 157. — Premiers sei- 
gneurs du lieu, 157, n. 4, 158, n., 
163, 164, n. — La charge de con- 
nétable du comte d'Anjou ne leur 
appartient pas héréditairement, 
102 104. — Leur cour, 164, n. — 
En guerre contre ceux de Maulé- 



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TABLE ALPHABÉTIQUE 



373 



vrier, 203. — Fondation d'un 
prieuré de Marmoutier en ce lieu, 
93, n. 1. — Archives de ce prieu- 
ré, XXII. — Seigneurs : Gauvain, 
Pierre I", Pierre II, Sebrand I»', 
Sebrand II. 

CHêNBHUTTB,comm. ChênehuUe-les- 
Tuffeaux, cant. Gennes. arr. Sau- 
mur, 14, n. 5. 

Chbnu, cant. du Lude, arr. La Flè- 
che (Sarthe), 254. — Fait partie 
du comté d'Anjou à Tavènement 
de Foulque Nerra, i5. 

Cher (Le), fleuve, 31, 33,34,47,149, 
273. 

Chese (Gué de). — Ne semble pas 
être le gué de Chissay, 34, n. 4. 

Chevir6-le-Rougb, cant. et arr. Bau- 
ge, 276, 309. 

Chetreusë, arr. Rambouillet(Seine- 
et-Oise), 339. 

Chinon (Indre-et-Loire), 14, n. 5, 
296. 297, 333, 336. — Attaqué par 
Foulque Nerra (990 env.), 19. — 
Cédé à Geoffroi Martel par Thi- 
baud III de Blois (1044), 48. — 
Geoffroi le Barbu y est empri- 
sonné (1068), 146, n. 2, 147. — Il 
y reste jusqu'en 1096, 148, n. — 
Église : Saint-Mesmin. — Voir 
Aubri, Thomas de Chinon. 

Chirriacus, ancien nom de Saint- 
Remy-la-Varenne. 

Chissay, cant. Montrichard, arr. 
Blois (Loir-et-Cher). — Ne semble 
pas être le lieu appelé Chese, 34, 
n. 4. 

Choisillb (La), rivière, afll. de la 
Loire, 37. 244. 

Cigogne (La), domaine de l'abbaye 
de Bourgueil, 247. 

Clément II, pape. — Geoffroi Martel 
se plaint à lui de Tévêque Gervais, 
71, n. 3. — Est censé souscrire un 
acte, 264. 



Cléreubaud, seigneur de Rochefort- 
sur-Loire, 332. 

Cluny (Abbaye de), 9, n. 3. — Abbé: 
Hugue (saint). 

Colombiers, propriété de Marmou- 
tier sise sur le Cher, 273. 

CoMPièGNE (Oise), 252. 

CoNAN I«' LE Tort, comte de Rennes 
et duc de Bretagne, mari d'Ermen- 
garde (ûlle de Geoffroi Grisego- 
nelle), 9. — Père de Geoffroi Bé- 
renger, 51. — Grand-père d'Éon 
de Bretagne, 78, n. 4. — Livre 
au comte de Nantes Guérech la 
première bataille de Conquereuil 
(981 ou 982), 6. —Expédition de 
ses fils contre Angers au temps 
de Geoffroi Grisegonelle, et non 
sous Foulque Nerra, 6, 25, n. 3. 
131. — Vassal du comte de Blois, 
17. — Prend Nantes (990), 17. - 
Met garnison dans le château et 
dans la ville, 20. — Assiège la 
ville qui lui a échappé (992), 21. 
— Est battu et tué à la seconde 
bataille de Conquereuil (992),21-25. 

CoNAN II, comte de Rennes et duc 
de Bretagne. — Le comte de 
Nantes Hoël se soulève contre 
lui, 53. — Éon de Bretagne tente 
de le renverser. 78. n. 4. —Tradi- 
tion suivant laquelle Guérin de 
Craon lui aurait prêté hommage, 
143, n. 2. — Envahit FAnjou, 
prend Pouancé, Segré, mais meurt 
devant Chàteau-Gontier (1066), 
143, 144, n. — N'est pas mort 
devant Craon, 143, n. 2. 

Concere {Rivulu8de)f près de Loches, 
351. 

Conquereuil, cant. Guéméné-Pen- 
fao, arr. Saint-Nazaire (Loire- 
Inférieure). — Bataille livrée en 
cet endroit par Guérech, comte 
de Nantes, contre Conan I«' de 
Rennes (981 ou 982), 6. — BaUille 



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374 



LE COMTÉ D ANJOU 



livrée en cet endroit par Foulque 
Nerra contre Conan I»"" de Rennes 
(992), 7, n., 20, n. 1, 21-25, 129, 
245. 
Constance, femme d'Alain Fergent, 
fille de Guillaume le Conquérant, 
182, n.l. 
Constance, femme du roi Robert le 
Pieux, 6. — Cousine de Foulque 
Nerra, 32. — Tente de renverser 
le roi Henri !•', 45. 
Constant, veneur à La Pouèze, 353. 
Constantin, collibert, 300. 
CoRBON, premier seigneur de Roche- 

corbon, 165. 
CoRMERY (Monastère de), cant. Mont- 
bazon.arr. Tours (Indre-et-Loire), 
32, n. 1. — Chartes de ce monas- 
tère, xxiii, 263, 306. 
CoRNiLLÉ, cant. Seiches, arr. Baugé, 

301. 
CoRzÉ, cant. Seiches, arr. Baugé, 311 . 
Coijdray(Le) -MAcouARD.cant. Mon- 

treuil-Bellay, arr. Saumur, 14. 
CouLAiNES, cant. et arr. du Mans 
(Sarthe). — Réuni à TAnjou par 
Foulque le Bon, 16. 
Coulombs, cant. Nogent, arr. Dreux 
(Eure-et-Loir). — Monastère qui 
y est fondé (1028), 257. 
CouRÇAV, cant. Bléré, arr. Tours 
(Indre-et-Loire), 254. — Fait par- 
tie du comté d'Anjou à l'avène- 
ment de Foulque Nerra, 15. 
Cour (La) -de-Pierre, comm. Roche- 
fort-sur- Loire, cant. Chalonnes, 
arr. Angers, 263. 287, 299, 304, 
323, 337. 
CouRTiRAS, comm. Vendôme (Loir- 
et-Cher), 288. 



Couture (La), comm. Bouchemaine, 
cant. et arr. Angers, 267, 360. 

Coutures, cant. Gennes, air. Sau- 
mur, 288. 

CoziacuSf domaine de l'abbaye de 
Bourgueil,297. 

Craon, arr. Chàteau-Gontier (Mayen- 
ne), 277. — Fondation d'un prieu- 
ré de Saint-Aubin d'Angers en ce 
lieu, 89. — Premiers seigneurs du 
lieu, 165. — Le fief est confisqué à 
Suhard par Geofîroi Martel et donné 
à Robert le Bourguignon, 53, n. 2, 
112-113, 144, n. — Prétendue mort 
de Conan II de Rennes devant cette 
ville, 143, n. 2. — Prétendue mort 
de Guérin de Craon devant cette 
ville. 144, n. — Le fief est uni à 
ceux de Sablé, Ingrandes et Champ- 
tocé, 168. — Église et prieuré : 
Saint-Clément. — Seigneurs : 
Guérin, Maurice, Renaud, Robert 
le Bourguignon, Suhard I'*" le 
Vieux, Suhard II le Jeune. — Voir 
Arthur de Craon. 

CrescentiuSy seigneur romain préten- 
dument tué par Foulque Nerra, 
131, 213, n. 7. 

Creuse (La), rivière, 15. 

Crouzillbs, comm. et cant. Isle- 
Bouchard, arr. Chinon (Indre.et- 
Loire), 308. 

Cru, comm. Meigné, cant. Doué, arr. 
Saumur, 341. 

Cumeray, comm. Saint-Georges-des- 
Sept- Voies et du Toureil, cant. 
Gennes, arr. Saumur, 305. 

CuNAULT, comm. T rêves -Cunault, 
cant. Gennes, arr. Saumur, 310. — 
Prieuré : Notre-Dame. 



Daibert, abbé de Saint-Serge d'An- 
gers. -—Sa mort (1082), 313. 
Danaziacus, Dénezé. 



Danois (Les). — Alliés de Richard 

de Normandie, 7. 
Daumeray, cant. Durtal, arr. Baugé. 



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TABLE ALPHABÉTIQUE 



375 



— Fondation en ce lieu d'un 
prieuré de Marmoulier, 93, n. 1. 

— Prieuré : Saint-Martin. 
David, père du comte du Maine 

Hugue I", 67, n. 

DéNEzÉ (Danaziacus), cant. Doué, 
arr. Saumur. 345. — Ne fait pas 
partie du comté d'Anjou à l'avène- 
ment de Foulque Nerra, 14. 

Denise, fille de Rorgon, seigneur de 
Candé. — Épouse Foulque Nor- 
mand, seigneur de Montrevault, 
168, 174, n. 8. — Hérite des sei- 
gneuries de Candé et du Lion-d'An- 
gers, 168, n. 6. 

Denise, nièce de Geoffroi, seigneur 
de Chaumont-sur-Loire. — Épouse 
Sulpice d'Amboise, 166, 168. 

Deux (Les) -Evaillbs, cant. Mont- 
surs, arr. Mayenne (Mayenne), 16, 
n. 4. 

DissAY-sous-CouRGiLLON, caut. Châ- 
teau-du-Loir, arr. Saint-Calais 
(Sarthe). — Réuni au comté 
d'Anjou par Foulque le Bon, 16. 

DisTRÉ, cant. et arr. Saumur, 345. 

— Ne fait pas partie du comté 
d'Anjou à l'avènement de Foulque 
Nerra, 14. 

DivE (La), rivière de Normandie, 
14, n. 5, 79. 

DoDON, père de Landri de la Place, 
353. 

DoDON, fils de Landri de la Place et 
bouteiller de Foulque Nerra, 101, 
353. 

DoL,arr. Saint-Malo (Ille-et- Vilaine). 

— Soulevé contre Hoël, duc de 
Bretagne, et peut-être aussi contre 
Guillaume le Conquérant (1076), 
182. — Raoul de Monlfort est par- 
mi les assiégés, 182, n. 1. — Pré- 
tendu siège de Dol en 1086, 182, 
n.l. 



DoMFRONT (Orne), 185, n. — Compris 
dans le comté du Maine, 72. — 
Assiégé par Guillaume le Bâtard, 
72, 73, n. 4. 

Domicile (Le), château des comtes 
d'Anjou à Amboise, 158, n. 2. — 
Foulque Nerra en confie la garde 
à Léon de Meung, 159, n. — Le 
gardien Ernoul y est remplacé 
par Renard Pourceau, 148-149. — 
Foulque le Réchin en confie la 
garde à Aimeri de Courron, puis à 
Hugue du Gué, 172. — Ce château 
est détruit par Hugue d'Amboise, 
172. 

DoucÊLiN (Saint). — Reliques de ce 
saint, 40. 

Doué, arr. Saumur, 271, 316, 317. — 
Aimeri, prévôt de Saumur, y est 
enfermé (1026), 40. — Assiégé 
par Geoffroi le Bel, 204. — Sei- 
gneur : Geudouin. — Voyer : Mé- 
nard. 

Dreu ou Drogon, prétendu fils de 
Foulque le Bon, 5, n. 1. 

Drogon, fils d'Alain Barbetorte, as- 
sassiné par Foulque le Bon, 5. 

DuNOis (Le), pays de Châteaudun, 
dévasté lors d'une guerre entre 
Thibaud III de Blois et Geoffroi 
Martel, 51,n.l. 

Durand, prieur de Saint-Maur de 
Glanfeuil, 340. 

DuRTAL, arr. Baugé, 286, 304, 330. 

— Geoffroi Martel" construit un 
château en ce lieu. 156-157, 161. 

— Il l'inféode à Hubert le Rasoir, 
112, 161. — Ce château passe aux 
mains de Renaud de Maulévrier, 
1 13,169 {voir la correction, p. 358). 

— Seigneurs : Hubert le Rasoir, 
Renaud de Maulévrier. 



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376 



LE COMTÉ D^ANJOU 



E 



Ebbon de Faye-la- Vineuse, prétendu 
seigneur de ce lieu, 154, n. 3. 

ÉcHATS (Forêt des), comm. Saint- 
Lambert-la-Poterie, cant. et arr. 
Angers, 283, 310, 324, 325, 327, 
328. 

ÉcouEN, arr. Pon toise (Seine-et- 
Oise), 339. 

Effroi le Roux, inconnu, 271. 

Elisabeth, première femme de Foul- 
que Nerra, fille de Bouchard le 
Vénérable, comte de Vendôme, 
mère d'Adèle, 11, n. 1, 62,63, 
245. — Sa mort (1000), 62. — 
Prétendument tuée par son mari, 
130. 

Elisabeth (ou Isabelle), femme de 
Renaud II de Château -Gontier, 
50, n. 

Embrun (Hautes- Alpes). — L'évêque 
d'Angers Renaud y meurt (1005), 
114, n. 2. 

Emma, femme de Guillaume IV 
d'Aquitaine, 56, n. 3, 232. 

Emma, femme de Raoul, vicomte du 
Mans, fille d'Etienne de Montre- 
vault, 159, 160, n, 1. — Nièce de 
l'évêque d'Angers Hubert, 115, 
n. 2. — Hérite du Grand-Montre- 
vault, 159, 160, n. 1. 

ENGEBAUD,inQonnu, 286. 

Engebaud {Ingebaldus), inconnu, 353. 

Enjeuger, fils de Bouchard de Briol- 
lay, 117, n. 2. 

Enjeuger, fils de Foulque le Roux, 
4. 

Enjeuger (Ingelgerius)^ fils de Ter- 
tulle et père du comte d'Anjou 
Foulque I"^ le Roux. — Reçoit 
Amboise, 2, 15, n. 6. — Son rôle 
en Anjou, 2-3. 



ENTRAMMES,cant. et arr. Laval (May- 
enne). — Traité conclu en ce 
lieu (863), 16, n. 4. 

ÉoN, troisième seigneur de Blaison, 
successeur de Thibaud II, 164, 
n. 2, 282,323. — Parmi les fidèles 
du comte, 192, n. 1. — Abbé laïque 
de Saint-Lézin d'Angers, 270. — 
Acte de lui, 309. 

ÉoN de Bretagne, second fils de 
Geofîroi I" de Rennes. — Allié de 
Geofl*roi Martel contre Guillaume 
le Bâtard, 78. 

Épinard. comm. Cantenay-Épinard, 
cant. et arr. Angers. — Prétendue 
défaite de Guérin de Craon en ce 
lieu, 144, n. (voir la correction 
de U p. 358). 

Épinats, comm. Cizay, cant. Mon- 
treuil-Bellay, arr. Saumur, 271. 

Épluchard, comm. Angers, 266,331. 

Érard, inconnu, 273. 

Érard, évêque de Nantes, 296. 

ÉRARD,gardiendu château de Loches, 
108, n. 5. 

Érard, prévôt de Tours, puis sei- 
gneur de RiUé, 165, 295, 296. — 
Père de Marca, femme de Geof- 
froi Papebeuf, 165, n. 3. -^ Sa 
mort, 296. 

Érard de Faye-la-Vineuse, prétendu 
seigneur de ce lieu, 154, n. 3. 

Éremburge, filled'Héliede la Flèche, 
fiancée à Geofl'roi Martel le Jeune, 
puis mariée à Foulque le Jeune, 
190. 

Érispoé, duc de Bretagne, 2, n. 2. 

Ermengardb, fille de Foulque Nerra 
et d'Hildegarde, U, n. 1, 293,310. 
— Femme de Geoffroi, comte de 
Gâtinais, et mère de Geofifroi le 



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TABLE ALPHABÉTIQUE 



377 



Barbu et de Foulque le Réchin, 
12, n., 133. — Surnommée Blan- 
che, 12, n. 

Ermbngarde, fille de Foulque le 
Réchin, 169, n. 2, 202, n. 1. — 
Épouse Guillaume VII le Jeune, 
duc d'Aquitaine (1089 env.), 176- 
177. — S'en sépare, 177. — Com- 
tesse de Bretagne, 334. — Sous- 
crit des actes de Foulque le 
Réchin, 325, 326, 337. 

Ermengarde, fille de Geoffroi Grise- 
gonelle. — Épouse Conan !«' de 
Rennes, 9. 

Ermengarde, serve, 262. 

Ermengarde de Bourbon, seconde 
femme de Foulque le Récliin, 
mère de Geoffroi Martel le Jeune, 
169. —Est répudiée, 169.— Sous- 
crit un acte de son mari, 310. 

ErmenolduSf moine de Saint-Florent 
de Saumur, 353. 

Ernaud, frère de Tabbé de Saint- 
Nicolas d'Angers Audouin, 281 . 

Ernoul, gardien du château comtal 
d'Amboise. — Est congédié par 
Foulque le Réchin, 148. 

EscHivARD, seigneur de Preuilly. — 
En guerre contre Jean de Mont- 
bazon, 203. 

Este, ville de Vénétie (Italie). — 
Marquis : Azzon. 

Etienne, abbé de Beaulieu, près 
Loches, 285. 

Etienne, cardinal. — Bérenger de 
Tours se plaint à lui de Geoffroi 
le Barbu, 138, n. 2. — Envoyé en 
Anjou par le pape Alexandre II, 
142. — Tient un synode à Saumur 
et y excommunie Geoffroi le Barbu 
(1067), 144-145. — Y souscrit un 
acte, 297. — Va de là à Bordeaux, 
145, n. 4. 

Etienne, cellérier de Foulque le 
Réchin, 193, n. 3. 



Étiepwe, chambrier de Foulque le 
Réchin, 193, n. 2. 

Etienne II, comte de Champagne, 
fils et successeur d'Eude II de 
de Blois. — En guerre contre le 
roi Henri I",46. — Battu par Geof- 
froi Martel à la bataille de Nouy 
(1044), 47, 

Etienne, comtedeGévaudan, épouse 
Adélaïde d'Anjou, 6. 

Etienne, seigneur du Grand-Mont- 

revault, beau-frère de Tévêque 

d'Angers Hubert. — Reçoit son fief 

de Foulque Nerra, 112, 159, 160, 

, n. 1. 

Etienne le Sot, inconnu, 259. 

Étriché, cant. Durtal, arr. Baugé, 
324. 

EuDE, abbé de Marmoutier, auteur, 
suivant Mabille, de la première 
rédaction des « Gesta consulum 
Andegavorum », vu, 2, n. 1. 

EuDE, comte d'Anjou et abbé de 
Saint-Aubin d'Angere, 81, n. 2. 

EuDE, comte d'Anjou, puis roi de 
France, fils de Robert le Fort, 3, 
n. 3, 82, n. 

EuDE !•', comte de Blois, 51, 251, 
345. — Sa participation au com- 
plot contre Hug^e Capel, 28, n. 1 . 

— Suzerain du comte de Rennes, 
27. — Envahit l'Anjou (990), 17. 

— Repoussé par Foulque Nerra, 
18-19. — Assiège Langeais (995- 
996), 27. — Obtient une trêve de 
Hugue Capet (996), 27, 28, n. 2. 

— Sa mort (12 mars 996), 27, n. 5, 
28, 29, 30, n., 357. 

EuDE II, comte de Blois, fils du pré- 
cédent, 28, n. 2, 30, 31, 117, 118, 
214, n. 3, 273. — Marche sur 
Montrichard (1016), 33. — Est 
battu par Foulque Nerra à Pont- 
levoy (1016), 34-36. — Assiste au 
sacre de Hugue, fils de Robert le 
Pieux (1017), 36. — Ses démêlés 
avec Robert le Pieux à propos de 



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378 



LE COMTÉ d'aNJOU 



la succession de Champagne, 37, 
39, n. 2. — Assiège Montboyau 
(1026), 39. — Lève le siège de 
cette place, 42-43. — Tente en 
vain de reprendre Saumur (1026), 
43-44, 155, n. 2. — Inféode Cliau- 
mont-sur-Loire à Geudouin de 
Saumur, 44, n. 2, 165, n. 7. — 
Tente en vain de prendre Am- 
boise (1027), 44. — A avec Foul- 
que Nerra une entrevue à Veuves, 
260. — S'unit à la reine Cons- 
tance contre le roi Henri I**", 45. 
— Sa campagne contre le duc de 
Lorraine, 37, n. 2. — Sa mort 
(1037), 46, 260, 263. — Peut-être 
père d* Adèle, troisième femme de 
Geofîroi Martel, 127, n. 3. 

EiTDE, duc de Gascogne, fils de 
Guillaume V le Grand d'Aquitaine, 
56. — Tente de succéder à son 
frère Guillaume le Gros en Aqui- 
taine, mais meurt au siège de Mau- 
zé (1039), 59-60. 

EuDE, fourrier du comte d'Anjou, 
108, n. 4. 

EuDE, frère du roi de France Hen- 
ri I*"*. — Est battu à Mortemer 
(1054), 77. — Souscrit un acte, 
295. 

EuDB de Poligné, inconnu, 353. 

EuDE Brisehaste, inconnu, 274. 

EuDE LE Bnvs (Brunellus), serf, 353. 

EuDB LE ROUX {Rufinus)y inconnu, 
assiégé dans Marçon (987), 8, n. 6. 

Eugène 111, pape, 355. 

EusÈBE Brunon, évêque d'Angers, 
117, 144, n. 3,'198, n. l,201,n. 1, 



313, 354. — Son ordination (1047), 
120, 296. — Défend Geoffroi Mar- 
tel, excommunié par le pape, 122- 
123. — D'accord avec Geoffroi 
Martel, prend la défense de Bé- 
renger de Tours, 124, 126. — 
Protège ce dernier contre Geoffroi 
le Barbu, 138-139. — Est invité 
par l'archevêque de Tours à excom- 
munier Geoffroi le Barbu, 142. — 
L'excommunie après le synode de 
Saumur (1067), 144-145. — Son 
entente avec Foulque le Réchin, 
196-198. — N'abandonne Bércnger 
de Tours qu'après le concile de 
Latran (1079), 197. -- Actes de 
lui ou souscrits par lui, 286, 295- 
296,307, 309, 311-312. 

EusTACHE,femmed'Aimeri II de Faye- 
la-Vineuse, mère d'Aimeri III, 
162, n. 

ÉvièRE (Porte de 1'), à Angers, 268, 
279. 

ÉvièRE (Prieuré de 1'), prieuré de la 
Trinité de Vendôme, à Angers, 
337. — Sa fondation, 88, 268, 279. 
— Foulque le Réchin y est enter- 
ré, 337. 

Evrard, gardien de la « Tour-de 
Pierre i, à Amboise. — Rend 
cette forteresse à Foulque le Ré- 
chin, 149. 

Evrard de Loudun, inconnu, 317, 
318. 

ÉvREux (Eure). — Les environs en 
sont occupés par Geoffroi Martel 
et par le roi Henri I*', 77. 



Farfa (Abbaye de), en Italie, 227. 

Faye-la- Vineuse, cant. Richelieu, 
arr. Chinon (Indre-et-Loire). — 
Foulque Nerra en fonde sans doute 



le château, 154. — Premiers sei- 
gneurs du lieu, 154, n. 3, 161-162. 
— Lutte des seigneurs du lieu 
contre ceux de Marmande et de 



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TABLE ALPHABÉTIQUE 



379 



risle-Bouchard , 203. — Monastère : 
Saint-Georges de Faye. — Sei- 
gneurs : Aimeri I**" le Jeune, Ai- 
meri II, Aimeri III, Ganelon de 
Châtillou, Gui de Nevers, Nive. 

Faymoreau, cant. Saint-Hilaire-des- 
Loges, arr. Fontenay-le-Comte 
(Vendée), 249. 

Félicib, mère de Tabbé de Saint- 
Florent de Saumur Frédéric, 353, 

Flandre (La), 29, n. — Comte : 
Baudouin. 

Flèche (La) (Sarthe), 184, n. 1, 185, 
n. — Assiégée par Foulque le Ré- 
chin (1076), 182-183, 311. — Pro- 
tégée par Guillaume le Conqué- 
rant, 183. — Prise et détruite par 
Foulque le Réchin (1081), 183. — 
Seigneurs : Hélie, Jean. 

F LINES, comm. Saint- H ila ire-Saint- 
Florent, cant. et arr. de Saumur, 
281. 

Florent (Saint). — Foulque Ner- 
ra veut emporter ses restes à An- 
gers (1026), 130. — Ses restes sont 
transportés dans la nouvelle église 
de Saint-Florent, au Chardonnet 
(1030), 88, n. 4. 

FoNTEVRAULT, cant. et arr. de Sau- 
• mur. — Charles du monastère, 
XXI, 333, 334. 

Foret (La Grande), comm. Andard, 
cant. et arr. Angers, 256. 

Fosses, comm. Brioux, arr. Melle 
(Deux Sèvres). 264, 276. 

FouciiARD de Rochefort-sur-Loire, 
304. 

Foucois, cellérier de Foulque le Ré- 
chin, 193, n. 3. 

Foucois, vicomte d'Angers, sans 
doute fils du vicomte Renaud le 
Thuringien, 99, n. 1, 100. — Ac- 
compagne révêque d'Angers Re- 
naud, partant pour la Terre Sainte 
(1005), 100, n. 2,215, n. 

Foucois de Thorigné, baron d'Am- 



boise. — Allié de Foulque le Ré- 
chin contre Sulpice d'Amboise, 
149. — Epouse une fille de Lisois 
d'Amboise, 166. 

FouiLLOux (Bois du), bois situé en 
Anjou et dont une partie subsiste à 
Savennières, cant. Saint-Georges- 
sur-Loire, arr. Angers, 298, 329, 
342. 

Foulque, chapelain de Geoffroi le 
Barbu, 192, n. 4. 

Foulque I**" le Roux, vicomte d'An- 
gers, puis comte d'Anjou, fils 
d'Enjeuger, 3-4, 90, n. 5. — Pos- 
sède Loches, Villentrois et La 
Haye, 4. 15, n. 2. — Abbé de 
Saint-Aubin et Saint-Lézin d'An- 
gers, 3. — Un moment, vicomte de 
Tours, 3, n. 4. — Époux de Rous- 
sille, 4. — Ses enfants, 4. 

Foulque II le Bon, comte d'Anjou, 
fils et successeur du précédent, 
4, 13, 254. — Tente de s'emparer 
de Nantes, 5. — Réunit à l'Anjou 
Coulaines et Dissay-sous-Courcil- 
lon, 16. — Ses mariages et ses 
enfants, 4-5. 

Foulque III Nehra, comte d'Anjou, 
fils et successeur de Geoffroi Gri- 
segonelle, père de Geoffroi Martel, 
6, n. 5, 8, 10, 12, 13, 15, n. 8, 17, 
49,51, 90, n. 1 et 4, 97, 99, 100, 
101, 107-110, 113, 162, n. 2, 166, 
195, 237, 266, 270-274, 283, 286, 
295, 299,310,353, 354. — Sa nais- 
sance (970 env.), 9, 126, n. 3. — 
Épouse Elisabeth de Vendôme, 
11, n. 1, 62. — Son avènement 
(987), 9. 126. — Envahit le Blésois, 
assiège Châteaudun et repousse 
Eude I«' (990 env.), 18-19. — Ra- 
vage le Saumurois, 345. — Prend 
Nantes, sauf le château (992), 20. 
— Bat Conan. comte de Rennes, 
à Conquereuil (992). 21-25. — 
Prend le château de Nantes (992), 



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380 



LE COMTÉ d'aNJOU 



25. — Ses prétendus exploits 
contre les fils de Conan, 13f. — 
Envahit la Touraine et y construit 
Langeais (994-995), 26, 159.— Y 
soutient un siège d'Eude I*', 27- 
28. — Allié d'Audebert de Péri- 
gord, 29,30, n. — Ses prétendues 
hostilités contre Guillaume le 
Grand, duc d'Aquitaine, 30, n., 
55, n. — Envahit la Touraine et 
prend Tours (996). 29, 232. — 
Viole le cloître de Saint-Martin 
de Tours (996), 30, n., 129, 246, 
348-349. — Légende suivant la- 
quelle il aurait incendié Angers et 
tué Elisabeth (1000), 130. — S'éta- 
blit à Montrevault (1000 env.), 52, 
155, 159. — Son premier pèleri- 
nage à Jérusalem (1002-1003, ou 
1003-1004), 31, 84, 130, 213, 249.— 
Ses prétendus exploits contre 
CresceniiuSt 131. — Il laisse peut- 
être pendant son absence la ré- 
gence à Maurice, 19, 31, n. 2, 111. 

— Budic, comte de Nantes, Tap- 
pelle.en vain à son secours, 52. — 
Il envahit le Saumurois, 31. — 
Construit Montrichard (1005 ou 
1006), 31. 84. 118, 153. —Cons- 
truit Montbazon, 32, 153. — 
Construit Mirebeau, 32, n. 1, 154. 

— Nomme Hubert évêque d'An- 
gers (1006), 114-115. — Construit 
Château-Gontier (1007 env.), 155, 
158. — Fonde Tabbaye de Beau- 
lieu, près Loches (1007 env.), 83- 
86, 94, 219-231. 351-352. — Son 
conflit avec l'archevêque de Tours 
Hugue, 117-119. — Fait assassiner 
Hugue de Beauvais (1008), 32, 118, 
129, 130. — Accusé de ce meurtre 
au synode de Chelles (1008), 33, 
118. — Son second pèlerinage à 
Jérusalem (1008 ou 1009), 33, 130. 
214-215. — Confie peut-être pen- 
dant son absence la régence à 



Geoffroi Martel, 111. — Est bail- 
listre du comté de Vendôme (1016), 
63-64. — Reprend la lutte contre 
Eude II de Blois, 33, 214, n. 3. — 
Le bat à Pontlevoy (1016), 33-36. 

— A Herbert Éveille-Chien pour 
allié, 67. — Assiste au sacre de 
Hugue, fils de Robert le Pieux 
(1017), 36. — Construit la forte- 
resse de Montboyau (1017), 37, 
153. — Pille les biens de l'arche- 
vêché de Tours, 38. 84, 118. — 
Fonde l'abbaye de Saint-Nicolas 
d'Angers (1020), 86-87, 214, n. 3, 
215,252. — Restaure Saint-Martin 
d'Angers et y fonde une collégiale, 
258. — Fait prisonnier Herbert 
Éveille-Chien (1025), 68. — Cons- 
truit le château de Montreuil-Bel- 
lay, 153, 161. — Envahit le Sau- 
murois et y construit la forteresse 
de Trêves, 39. 153. — Prend Sau- 
mur (1026), 40-42, 129-180, 297.— 
Assiège Montbazon. 42-43. — Or- 
ganise la défense à Saumur, 43. — 
S'engage à détruire Montboyau 
(1026), 44. — Prend Montbazon 
et emprisonne Geoffroi de Saint- 
Aignan (1027), 45. — A avec Eude 
II de Blois une entrevue à Veuves,' 
260. — Relâche Herbert Éveille- 
Chien (1027), 68-69. — Fonde avec 
la comtesse Hildegarde Fabbaye 
de Notre -Dame -de -la -Charité 
d'Angers (1028), 87. 257. — S'éta- 
blit à Montfaucon et à Saint- Flo- 
rent-le-Vieil(1030env.),52.155.— 
Allié du roi Henri I", vient avec 
lui assiéger Sens (1032), 45-46. — 
S'emploie à obtenir la soumission 
de la reine Constance, 46. — Sa 
lutte contre son fils Geoffroi Mar- 
tel (1032-1039), 46, 58, 60, 216-217. 

— N'a pas fait de pèlerinage en 
1035 ou 1036, 215-216. — Son 
troisième pèlerinage à Jérusalem 



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TABLE AtPtlABénQtE 



38i 



(1039-1040), 60. n. 4, 126, 130, 
217-218, 254, 261. — Sa mort à 
Metz (1040), 10, 60, n. 4, 126. 218, 
264-267, 269, 278. — Il est enterré 
à Beaulieu, 234-236, 268. — Châ- 
teaux construits par lui, 153-157. 

— Inféode Baugé à Renaud Ivon. 
158. — Inféode BrioUay au père 
du trésorier Bouchard, 112, 1^7, • 
n. 2, 162-163. — Inféode Montreuil- 
Bellay à Bellay I«', 112, 161. — 
Inféode Montrevault à Etienne. 
112, 159, 160, n. 1. — Inféode un 
domaine près de Montrevault à 
Roger le Vieux, 159. 160, 161, n. — 
N'inféode pas Trêves à Herbert le 
Rasoir, 162, n. 2. — Confie la 
garde du « Domicile » à Léon de 
Meung, 159, n. — Reçoit Saintes 
en fief du duc d^Aquitaine, 30, n., 
54. — Vassal fidèle de ce dernier, 
55-56. — Prétendue donation 
qu'il aurait faite à Adèle du comté 
de Vendôme, 273. — Consent à 
ce que Bouchard le Chauve, comte 
de Vendôme, prête hommage à 
Geoffroi Martel, 66, n. 2. — « Sub- 
jugue» Hugue II, comte du Maine, 
66. — Son rôle dans les affaires 
ecclésiastiques du comté, 113-120. 

— N'a eu ni sénéchal, ni conné- 
table, ni chancelier, 102-106. — A 
eu un chapelain, 106. — Cou- 
sin germain de la reine Cons- 
tance, 32. — Ses mariages. 11, 
n. 1. — Son caractère, 129-132. 

— Ses surnoms, 210-212. — Actes 
de lui ou souscrits par lui, 15, 
n. 1, 244-263, 339, 340, 346-352. — 
Sceaux qui lui sont attribués, 240, 
n. 3, 242. 

Foulque IV le Réchin, comte d'An- 
jou, neveu de Geoffroi Martel, père 
de Geoffroi Martel le Jeune et de 
Foulque le Jeune, 108, n. 4, 152, 
169, n. 2 et 3, 170, 190, 194, n., 209, 



211, 237, 278, 301, 310, 354. — 
Fils de Geoffroi, comte de Gâti- 
nais, et d'Ermengarde (fille de 
Foulque Nerra), 133, 134, n. — 
Armé chevalier par Geoffroi Mar- 
tel, reçoit en apanage la Sain- 
tonge (1060), 134. -- Hérite de la 
chàtellenie de Vihiers et de la 
Saintonge (1060), 134, 303, 304. — 
Vassal de son frère Geoffroi le 
Barbu, 134, 136. — Geoffroi Mar- 
tel ne lui a pas transmis le comté 
d'Anjou, 135, n. 3. — Avec son 
frère Geoffroi le Barbu, bat Gui- 
Geoffroi à Chef-Boutonne (1061), 
136. — Perd la Saintonge, 137. — 
Ses premiers dissentiments avec 
Geoffroi le Barbu, 137, 294. — 
S'empare de Saumur et prend le 
titre de comte (1067), 144, 145, 297. 

— Prend Angers et fait Geoffroi le 
Barbu prisonnier (1067), 145-146. 

— Remet Geoffroi le Barbu en 
liberté (1067), 146. — L'accom- 
pagne au siège de Chaumont-sur- 
Loire (1067), 147. — Prend Bris- 
sac, bat Geoffroi le Barbu et le 
fait prisonnier (1068), 147. — 
Détruit Trêves (1068), 150, 304.— 
Sa lutte contre Sulpice d'Am- 
boise, 148-149. — Cède le Gàtinais 
à Philippe I", 150. — Prête hom- 
mage pour la Touraine à Thibaud 
de Blois, 150. — Repousse Gui- 
Geoffroi, duc d'Aquitaine (1068), 
150. — S'empare du donjon du 
Mans, 181. — Envoie des renforts 
aux assiégés de Dol (1076), 182. — 
Assiège la Flèche et est blessé 
devant la place (1076), 182-183. — 
Épouse Orengarde de Chàtelaillon 
(1076), 310. — Hugue de Die exa- 
mine son cas au concile de Poi- 
tiers (1077), 197, n. — Conclut une 
trêve avec Guillaume le Conqué- 
rant (1079 env.), 183. — AtUqué 



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382 



LE COMTÉ d' ANJOU 



par Gui-Geoffroi et Geoffroi de 
PreuiUy (1080 env.), 176. —Prend 
et détruit la Flèche (1081), 183. — 
Conclut avec Guillaume le Con- 
quérant la paix de Blanchelande 
(1081), 184. — Empêche l'arche- 
vêque de Tours de consacrer ré- 
voque du Mans Hoël (1081), 185- 
186, 199. — Fait la paix avec 
Raoul de Langeais, archevêque 
de Tours (1083), 201. — Incendie 
le Lion-d'Angers (1087), 317. — 
Favorise sans doute un nouveau 
soulèvement du Maine, 186. — 
Se rapproche de Robert Cour- 
teheuse afin qu'il s'entremette 
pour lui auprès de Bertrade de 
Montfort, 186-187. — Accuse Phi- 
lippe I" d'inceste, 171. — Relevé 
par Hugue de Die de son excom- 
munication (1094), 323. — Reçoit 
du pape Urbaia II une rose d'or 
(1096), 191. — Prend possession 
du Mans (1098), 188. — Bloque 
Ballon, mais est battu devant la 
place, 188. — Aide Hélie de la 
Flèche à se faire reconnaître comte 
du Maine (1100), 189. — Tente de 
déshériter son fils Geoffroi Martel 
au profit de Foulque le Jeune, son 
second fils, 173. — Soutenu contre 
Geoffroi Martel par Guillaume VII 
de Poitou, 174, 177. — Battu par 
Geoffroi Martel, doit lui recon- 
naître l'autorité comlale, 173-174. 
— L'accompagne aux sièges de la 
Chartre, Thouars etCandé, 174. — 
Reçoit Philippe I*' et Bertrade de 
Montfort à Angers (1106), 171. — 
Sa lutte avec Hugue I" d'Amboise, 
1-72. — Sa lutte avec les autres 
seigneurs du comté d'Anjou, 173. 
Sa mort (1109), 172, 202, 203. — 
Il est enterré à l'Évière d'Angers, 
202, n. 1. — Auteur d'une chro- 
nique latine, vi, 191, n. 2. — 



Ses sénéchaux, 192, n. l. — Son 
connétable, 103, 192, n. 2. — Son 
chapelain, 192, n. 4,193, n. — Ses 
chambriers,193, n. 2. — Ses cellé- 
riers, 101, n. 4, 193, n. 3. — Pos- 
sède Baugé, 156, n. i {et correc- 
tion, p, 358). — Son rôle dans les 
élections épiscopales et abba- 
tiales, 194-196. — Son entente avec 
Tévêque Eusèbe Brunon, 196-198. 

— Son conflit avec l'archevêque 
de Tours, 198-201. — Ses ma- 
riages, 169-171. — Ses surnoms, 
210,— Son sceau, 240-241. — Fait 
sceller et quelquefois rédiger ses 
actes par son chapelain, 192-193. 

— Actes de lui ou souscrits par 
lui, 267, 282-284, 290-292, 297, 
298, 300-339, 341, 342, 359. 

Foulque V le Jeune, comte d'Anjou, 
fils 'du précédent et de Bertrade 
de Montfort, 170, 211, 330, 354. — 
Foulque le Réchîn veut l'avanta- 
ger au détriment de Geoffroi Mar- 
tel le Jeune, 173. — Il est fait 
prisonnier par Guillaume VII de 
Poitou, puis relâché, 178. — Son 
avènement (1109), 202. — Épouse 
la fille d'IIélie de la Flèche et hé- 
rite du comté du Maine, 205. — Sa 
lutte contre les barons angevins, 
203-204. — Prépare l'annexion de 
la Normandie, 205. — Actes de lui 
ou souscrits par lui, 325, 326, 331- 
334, 336-338. 

Foulque de Champagne, prétendu 
fondateur du château de Mateflon, 
156, n.2. 

Foulque, fils du comte du Maine 
Hugue I", 67, n. 

Foulque, deuxième seigneur de Ma- 
teflon, 112, 157, n., 161, 192, n. 1. 

— Fait une donation au moment de 
partir à Jérusalem (1100), 330. 

Foulque Normand, seigneurdu Petit- 
Montrovault, héritier de Roger II 



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TABLE ALPHABÉTIQUE 



383 



de Montrevault, 160, n. d, 161, n. 
— Époux de Mahaud, 299. — 
Épouse Denise de Candé, 168. — 
Devient seigneur de Candé et du 
Lion-d*Angers, 168, n, 4, 174, n. 8, 
175, n. — Se révolte contre le 
comte d'Anjou, 174, n. 8. — Est 
assiégé dans Candé par Geoffroi 
Martel le Jeune (1106), i74. — Sa 
lutte contre Raoul, vicomte du 
Grand-Montrevault, 202-203. — 
Acte de lui, 299-300. 

Foulque l'Oison, comte de Ven- 
dôme, fils d'Adèle (fille de Foulque 
Nerra), 51, n. 1, 63, n. 3, 288. — 
Prête hommage à Geoffroi Martel, 
65, 66, n. 2. — Se révolte contre 
lui et est dépouillé du comté, 65. 
— Rentre en possession de ce 
comté (1050 env.), 66, 272. — 
Actes de lui ou souscrits par lui, 
278, 288, 289. 

Fraxinum (Ad), localité inconnue, 
311. 

FRÉDÉmc, inconnu, 247. 

Frédéric, abbé de Saint-Florent de 
Saumur, 42, n., 162, n, 2, 261, 



264, 274, 278, 353, 354. — Sa mort 
(1055), 278. 

Fresnay, arr. Ma mers (Sarthe). — 
Pris par Guillaume le Conquérant 
(1073), 181. — Vicomte : Hubert. 

Fréteval, cant. Morée, arr. Ven- 
dôme (Loir-et-Cher). — Pris par 
Geoffroi Martel, 50. — Seigneurs : 
Névelon, Païen. 

Froger, frère de Guérin de Chavais, 
346. 

Froger, père du collibert Robert, 
270. 

Frou le Bigot, inconnu, 295. 
Fruttuaria (Monastère de), monas- 
tère italien, 229. 

FuiLET (Le), cant. Montrevault,' arr. 
Cholet, 285. 

Fulbert, évêque de Chartres, ix. — 
Prend la défense de Foulque 
Nerra au synode de Chelles(1008), 
33. — L'invite à la modération, 
38, n. 2. — Prié* par le trésorier 
Augier de venir à Poitiers, 55. — 
Ses lettres, xvii. 



6 



Galeran, prétendu abbé de Saint- 
Maur de Glanfeuil, 341. 

Galon ou Ganelon, moine de Saint- 
Aubin d'Angers, écrit un acte de 
Foulque Nerra, 106, n. 4. 

Ganelon, trésorier de Saint-Martin 
de Tours, 265. 

Ganelon de Châtillon, 352. — Reçoit 
de Geoffroi le Barbu le fief de 
Faye-la-Vineuse, 162, n. 

GARNiER,chambrier de Geoffroi Mar- 
tel, 101, n. 2. 

Garnier, chambrier de Geoffroi le 
Barbu, 193, n. 2. 



Garnier, père de Roussille, femme 
de Foulque le Roux, 4. 

Garnier, prieur de Saint-Aubin du 
Lion-d'Angers, 89, n. 3. 

Garnier Bodin, inconnu, 331. 

Gascogne (La). Ducs: Sanche, Eude. 

Gastesal, inconnu, 352, n. 2. 

Gatinais (Le). — Tertulle y reçoit 
un bénéfice, 1. — Le comté n'en a 
pas été attribué à.Enjeuger, 2, 
n. 1. — Geoffroi le Barbu en 
hérite, 135. — Cédé par Foulque 
le Réchin à Philippe 1" (1068), 



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â84 



LE COMTÉ D^ANJOtl 



150. — Comtes : Aubri,. Geoffroi, 
GeofTroi le Barbu. 

Gatines (Forêt de), forêt qui cou- 
vrait le bas Vendômois et une 
partie du nord de la Touraine. — 
Prétendue révolte des colons de 
cette forêt, 64, n, 4. 

Gauwn de Malicorne, 328. 

Gautier, inconnu, 248. 

Gautier, inconnu, 313. 

Gautier, abbé de Saint-Aubin d'An- 
gers, 89, 90, n. 2, 279. — Sa nomi- 
nation (1036), 115, n. 3, 254, 259. 

— Envoie le prieur Audouin 
comme abbé à Saint-Nicolas d'An- 
gers, 87, 254.— Samort(1055),279. 

Gautier, collibert, 300. 

Gautier !«', comte de Brienne, père 

de la quatrième femme de Foulque 

le Réchin, 170. 
Gautier, comte de Mantes et de Pon- 

toise, époux de Biote (sœur de 

Hugue III, comte du Maine). — Se 

rend maître du Mans et est reconnu 

comte du Maine, grâce à l'appui 

de Geoffroi le Barbu, 137, 179- 

180. — Il est fait prisonnier et 

meurt à Falaise, 179. 
Gautier, évêque de Nantes. — Ses 

hostilités contre Budic, comte de 

Nantes, 51. 
Gautier de Baupréau, fils de Josse- 

lin de Rennes, mort jeune, 163, 

n. 2. 
Gautier de Langeais, fils d'Hame- 

lin I«''de Langeais, 159, n. 1. 
Gautier de Langeais, frère d'IIame- 

lin !«' de Langeais, 159, n. 1. 
Gautier I"', seigneur de Montso- 

reau, 164. — Père de Guillaume I*'*' 

de Montsoreau, 164, n. 1. 
Gautier II, seigneur de Montsoreau. 

— Épouse Grécie de Monlreuil- 
Bellay, 167. — Fait prisonnier au 
combat de Ballon, 188. — Ses 
enfants, 167, n. 3. 



Gautier Loubard, chancelier et 
peut-être chapelain de Foulque le 
Réchin, 193, n. 1. 

Gautier Rage, époux d'Avoie, 284, 
335. 

Gautier Rouaud, inconnu, 204, n.4. 

Gautier Tison, avoué de Saint- 
Aubin d'Angers à Champigny-le- 
Sec, 261, 352. 

GAUTRècHE (La Grande-), comm. 
Tout-le-Monde, cant. et arr. Cho- 
let, 303. 

Gauvain, seigneur de Chemillé, 104, 
n. 1. 

G.vzoN, premier seigneur de Thouar- 
cé, 165. — Père d'Isembard I»', 
165, n.4. 

Gelduinus, — Voir Geudouin. 

GENNES,arr. Saumur, 340. — Marque 
la frontière du Saumurois et de 
l'Anjou, 14, 39, n. 3. 

Genneteil, cant. Noyant, arr. Baugé, 
254, 289, 332. — Fait partie du 
comté d'Anjou à l'avènement de 
Foulque Nerra, 15. 

Geoffroi, abbé de Notre-Dame de 
Noyers, 307. 

Geoffroi, abbé de la Trinité de Ven- 
dôme, 202, n. 1. 333. — Son atti- 
tude lors de la nomination de 
l'évêque d'Angers Renaud de Mar- 
tigné (1102), 194, n. 4, 195. n. 3 et 
4. 196. 

Geoffroi, chanoine, 336. 

Geoffroi, clerc angevin, 200, n. 1. 

Geoffroi I«' Grisegonelle, comte 
d'Anjou, fils de Foulque le Bon, 
père de Foulque Nerra et de Mau- 
rice. 62, n. 2, 99, 156, n. 2. 
195, 245, 248, 249. — Époux d'A- 
dèle de Vermandois, 56, n. 3, 
354. — Succède à Foulque le Bon 
(960 env.), 6. — Possède Loches, 
4, n. 2. — Réorganise Saint-Aubin 
d'Angers (966), 82, n. — Tradition 



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TABLE ALPHABÉTIQUE 



385 



suivant laquelle il aurait reçu cette 
abbaye de Lothaire et de Hugue 
Capet, 82, n. — Sa lutte contre 
Conan, comte de Rennes, 6. — Sa 
lutte contre Guillaume Fièrebrace, 
dont il reçoit Loudun en fief, 7, 
54. — Prend part aux guerres 
contre Richard de Normandie et 
les Danois et à la défense de Paris, 
7-8. — Nomme Renaud évèque 
d'Angers (973), 36, 113. — Donne 
la terre de Vihiers à un de ses 
vassaux, 13, n. 3. — Possède 
Méron, 14. — Construit un nou- 
veau château à Amboise et l'in- 
féode à Landri de Châteaudun, 
158. — N'a pas eu de chancelier, 
104. — Ses rapports avec le roi, 
8. — Sa mort au siège de Marçon 
(987), 8, 251. — Ses enfants, 8-9. 
— Actes de lui, 4, n. 5, 14, n. 5, 
15, n. 1 et 13, 17, 244-245. 
Geoffroi II Martel, comte d'Anjou, 
fils de Foulque Nerra et d'Hilde- 
garde, oncle de Geoffroi le Barbu 
et de Foulque le Réchin, 9, n. 3, 
11, 108, 109, 113, 135, n. 2, 160, 
n. 1, 215, n., 253-254, 257, 258, 
262, 273, 283, 291, 292, 296, 300- 
307, 309, 310, 312, 317, 319, 320, 
322, 331, 332, 354, 359. — Sa 
naissance (1006), 10, 255, 340. — 
Son prétendu rôle à la bataille de 
Pontlevoy (1016), 35, n. 1. — 
Chargé du gouvernement de Sau- 
mur(1026), 111. — Reçoit l'hom- 
mage du comte de Vendôme Bou- 
chard le Chauve, puis celui de 
Foulque l'Oison, 65. — Confisque 
le comté de Vendôme, 65, 69. — 
Épouse Agnès, veuve de Guillaume 
le Grand, son alliée au troisième 
degré (1032), 56-57. — Se révolte 
contre son père (1032-1039), xiv, 
46, 58, 60, 69, 70, n., 216, 260. — 
Incite l'abî;6 i]c Saint-Nicolas 

Halphen. — Le comté d'Anjou. 



Renaud à déserter son poste pour 
venir à Vendôme, 87. — Bat et 
fait prisonnier Guillaume le Gros, 
duc d'Aquitaine, au Mont-Couer, 
(1033), 57. — Lui rend la liberté 
(1036), 58. — Repousse Eude, duc 
de Gascogne, 59. — En guerre 
contre Gervais, évêque du Mans, 
60, 69. — Est blessé et forcé de 
traiter, 60, 69-70. — Son autorité en 
Aquitaine, 60-61. — Est peut-être 
chargé par son père de la régence 
du comté d'Anjou pendant le troi- 
sième pèlerinage de celui-ci (1039) 
111. — Lui succède (1040), 61. — 
Assiège Tours, bat Thibaud III de 
Blois et son frère à Nouy et s'em- 
pare de la Touraine (1043-1044), 
46-49,265, 358. —Chasse de leurs 
fiefs les seigneurs de Touraine 
qui refusent de reconnaître son 
autorité, 49, 50, n. — Son voyage 
en Italie (1046-1047), 70, 71, n. 3, 
128, 270. — Assiège Chàleau-du- 
Loir, 71, 74, 342. — Fait prison- 
nier l'évèque du Mans Gervais, 71, 
120. — Guillaume le Bâtard et le 
roi Henri I'^' envahissent ses états 
(1048), 71-72. -- n prend Alençon 
et va au secours de Domfront, 72. 

— Bat en retraite, 73. — Assiège 
Henri I«' dans Sainte- Maure (1049 
eny.),74. — Est menacé d'excom- 
munication par le pape Léon IX 
au concile de Reims (1049), 120. 

— Est excommunié par lui 
(1049), 74, 121. — Est convoqué 
par lui au concile de Rome ou à 
celui de Verceil, 122-123. — Prend 
la défense de l'hérésiarque Béren- 
ger, 124. 126, 281. — Comparaît 
devant un concile réuni à Tours 
(1050), 74, 124. — Se plaint de 
l'évèque Gervais au pape et à 
l'archevêque de Tours, 71, n. 3, 
276-277. — Répudie sa femme 

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386 



LE COMTÉ D ANJOU 



Agnès (1050 env.), 61, 301. — 
Épouse Grécie de Montreuil-Bel- 
lay, 61, n. 6. — Rend le comté de 
Vendôme à Foulque TOison (1050 
env.), 66, 272. — Entre au Mans 
(1051 env.), 75, 178. — Remet 
l'évêque Gervais en liberté, 75, 
125. — Traite avec le roi Henri I" 
(1052), 76, 124, 125, n. 4. — Dé- 
clare qu'il ne laissera plus rentrer 
Gervais dans son évêché, 76. — 
Sur le point de livrer bataille à 
Guillaume Aigret, traite avec lui 
(1053), 61. — Envahit la Norman- 
die avec le roi Henri I"»" (1054), 

77. — Abandonné par ce dernier, 
bat en retraite, 77-78. — Assiège 
Ambrières, 78. — Bat en retraite, 

78. — Ressaisit l'autorité dans le 
Maine, 79-80. — Fait nommer 
Bougrin évèque du Mans (1055), 

79. n. 1, 80, 125. — Son conflit 
sur les confins du Vendômois avec 
Thibaud III de Blois (1050-1057 
env.), 50, 51, n. 1, 280. — Prend 
et reperd Nantes (1057), 53. — Est 
assiégé dans Saumur par Guil- 
laume Aigret (1058), 61. — En- 
vahit à nouveau la Normandie 
avec Henri I®"" (1058), 79. — Arme 
son neveu Foulque le Réchin che- 
valier et lui donne en apanage la 
Saintonge (1060), 133-134. — Il 
donne le territoire de Saumur en 
douaire à sa femme Adélaïde, 136, 
293. — Il est soigné par Tiébert, 
moine de Marmoutier (1060), 127, 
n. 2, 290. — Il partage ses biens 
entre ses neveux, 133, 135, n. 3. 
— Sa mort à Saint-Nicolas d'An- 
gers, où il a revêtu l'habit monas- 
tique (1060), 12, 126-127, 133,286, 
300. — Il est enterré à Saint- 
Nicolas d'Angers, 325. — Son 
rôle dans les élections abbatiales 
du comté, 113, 115. — Ses rap- 



ports avec l'évêque d'Angers, 120- 
126. — Restaure plusieurs églises, 
83. — Fonde la Trinité de Ven- 
dôme, rÉvière d'Angers, Saint- 
La ud d'Angers, 88, 263, 279. — 
Achève la construction de Saint- 
Florent-le-Vieil, 155, n. 3. — 
Construit Mateflon et Durtal et 
les inféode, 112, 156-157, 161. — 
Enlève à Orri le fief de Chçimpto- 
ceaux et le donne à Thibaud de 
Jarzé, 112, 169. — Enlève à 
Suhard de Craon le fief de Craon 
et le donne à Robert le Bourgui- 
gnon, 112-113, 143, n. 2, 144. — 
A eu un sénéchal, 102. — A eu un 
chapelain, 105-106. — N'a pas eu 
de chancelier, 104-106. — Ses 
femmes, 127, n. 3, 128, n. — Son 
caractère, 128. — Son surnom, 
209.— A-t-il eu un sceau? 240-242. 

— Actes de lui ou souscrits pai- 
lui, 252, 255, 259, 260, 261, 263, 
264-292, 296, 300-,307, 309, 340- 
341. 

Geoffroi III LE Barbu ou le Jeune, 
fils de Geoffroi, comte de Gâti- 
nais, et d'Ermengai*de (fille de 
Foulque Nerra), neveu de Geof- 
froi Martel et frère de Foulque le 
Réchin, 108, n. 4, 133, 134, n.. 144, 
n., 152, 159, 160, n. 1, 162. n., 278, 
341, 354. — Épouse Julienne de 
Langeais, 134-135. — Hérite du 
comté de Gàtinais, 135, 289. — 
Succède à Geoffroi Martel dans le 
comté d'Anjou, 135, 293-294, 304. 

— Porte secours à Foulque le 
Réchin contre le duc d'Aquitaine, 
qu'il bat à Chef-Boutonne (1061), 
136. — Rentre en possession directe 
de Saumur (1062), 136. — Fonde 
le monastère de Sainte-Croix de 
Loudun (1062), 292. — Ses pre- 
miers dissentiments avec F'oulque 
le Réchin, 137, 294. — Soutient 



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TABLE ALPHABÉTIQUE 



387 



Gautier de Mantes contre Guil- 
laume le Bâtard (1063), 137, 179, 
294. — Aurait reçu l'hommage de 
Robert Cour teheuse, 180. — Pré- 
tend conserver la haute main dans 
le Maine, 180. — Persécute Bé- 
renger de Tours, 138-139. — Me- 
nacé d'excommunication par le 
pape, 139. — Son conflit avec les 
moines de Marmoutier, 139-140, 
144. — Son * conflit avec l'arche- 
vêque de Tours à propos de 
l'élection de Tévêque du Mans, 
141-142. — Situation désespérée 
dans laquelle il se trouve (1067), 
143. — Il est excommunié au sy- 
node de Saumur (1067), 144-145. 

— Il est fait prisonnier par Foul- 
que le Réchin et enfermé à Sablé 
(1067), 146. — Il est remis en 
liberté (1067), 146. — Il vient avec 
Foulque le Réchin et le roi assié- 
ger Chaumont-sur-Loire (1067), 
147. — Il est battu et fait prison- 
nier par son frère (1068), 147, 180. 

— 11 est enfermé au château de 
Chinon, 144, n. 3, 146, n. 2, 147. 

— Le comte de Blois, Philippe I»' 
les Manceaux et des seigneurs 
s'efforcent d'obtenir sa mise en 
liberté, 148, 150. — Sa folie, 148. 
n. — Foulque le Réchin promet 
de négocier avec lui au cas où il 
reviendrait à la raison (1094), 323. 

— Tradition suivant laquelle il au- 
rait transmis ses droits à Geoffroi 
Martel le Jeune, 173, n. 7. — Il 
est remis en liberté (1096), 148. n. 

— Son sénéchal, 192, n. 2. — Son 
chapelain, 192. n. 4. — Ses cham- 
briers, 193, n. 2. — Sceau pendant 
qu'on lui a attribué, 241. — Ses 
surnoms. 209. — Actes de lui ou 
souscrits par lui, 282-284, 290- 
304. 

Geoppuoi IV Mahtel le Jeune, comte 



d'Anjou, fils de Foulque le Réchin 
et d'Ermengarde de Bourbon, 169, 
n.3. 318. 330, 341. — Son père 
lui confie la garde du Mans (1098), 
188. — Il soutient Hélie de la 
Flèche contre Guillayme le Roux 
(1099), 189. — Il est fiancé à la 
fille d'HéUe de la Flèche, 190. — 
Foulque le Réchin tente de le 
déshériter, 173. — Il prend Mar- 
çon (1103), Briollay (1104) et force 
son père à lui reconnaître l'auto- 
rité comtale. 174, 177. — Tente de 
reprendre la Saintonge et force 
le duc d'Aquitaine à traiter (1104), 
177-178. — Il incendie Bayeux 
(1105), 190. — Prend la Chartre, 
brûle Thouars. assiège Candé 
(1106), 174, 177. — Il meurt au 
siège de Candé (1106), 174-175, 
178, 190, 336-337. — Son carac- 
tère, 174. — Son sénéchal, 192, 
n. 1. — Son chapelain, 193, n. 1. 

— Son surnom, 210. — Actes de 
lui ou souscrits par lui, 318, 320, 
323, 325, 326, 331-333. 

Geopproi V LE Bel, comte d'Anjou, 
fils de Foulque le Jeune, 201,211, 
354. — ÉpKJuse l'ex-impératrice 
Mathilde (1127), 205. — Sa lutte 
contre les barons angevins, 204. 

— Il est couronné duc de Norman- 
die (1144), 205. — Son sceau, 242, 
273. — Acte de lui, 271. 

Geopproi, comte de Gâtinais,' époux 
d'Ermengarde (fille de Foulque 
Nerra), père de Geoffroi le Barbu 
et de Foulque le Réchin, 11, n. 1, 
12, n , 133, 134, n., 303, 310. — 
Peut-être frère d'Aubri, comte de 
Gâtinais, 134, n. — Sa mort, 134, 
n., 135, n. 2. 

Geopproi !•', comte de Rennes et 
duc de Bretagne, fils et succes- 
seur de Gonan le Tort, père d'Éon 
dé Bretagne, 78^ n. 4. — Fait 



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388 



LE œMTÉ d'aNJOC 



périr Judicaël, comte de Nantes, 
51. 
Geoffroi I®*", de Tours, évêque d'An- 
gers, 194, 238, 314. 316-317, 354. 

— Frère de Hugue^ seigneur de 
Langeais et dllamelin, 194, 195, 
n., 198, n. 3. — Ne semble pas 
avoir été parent de l'archevêque 
de Tours Raoul de Langeais, 199, 
n. — D'abord doyen et chantre 
de Saint-Martin de Tours, 194, 
n. 5, 198, n. 3, 313. — Sa consé- 
cration à l'épiscopat (1082), 200, 
n. 3, 313-314. — Son entente avec 
Foulque le Réchin contre l'arche- 
vêque de Tours Raoul, 198-201. — 
Il est excommunié et suspendu de 
ses fonctions par le concile de 
Lyon (1082), 200. — Réconcilié 
avec l'archevêque de Tours, 201. 

— Sa mort (1093), 198, n. 3. 
Geoffroi II, de Mayenne, évêque 

d'Angers, fils de Ilugue, seigneur 
de Mayenne, 194, 195, 325, 329- 
331, 354. - Sa démission (1101), 
195, 331. 
Geoffroi, fils d'Agnès, comtesse de 
Poitou, et de Guillaume le Grand. 

— Voir Gui-Geoffroi. 
Geoffroi, fils d'AUeaume, 308. 
Geoffroi, fils de Foulque le Bon et 

de Gerberge, 4. 
Geoffroi, fils de Geoffroi Grise- 

gonelle, 8, n. 7, 244. 
Geoffroi, frère d'Aubri, comte de 

Gàtinais, peut-être le même que 

Geoffroi, comte de Gàtinais, 134, n.